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	<title>bibliotheque-electronique-de-lisieux &amp;laquo; WordPress.com Tag Feed</title>
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	<description>Feed of posts on WordPress.com tagged "bibliotheque-electronique-de-lisieux"</description>
	<pubDate>Sat, 26 Jul 2008 07:33:15 +0000</pubDate>

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<item>
<title><![CDATA[Alphonse Daudet, Albert Cohen, la chèvre et le petit Salomon...]]></title>
<link>http://naturewriting.wordpress.com/?p=94</link>
<pubDate>Fri, 02 May 2008 18:22:20 +0000</pubDate>
<dc:creator>memoire2silence</dc:creator>
<guid>http://naturewriting.wordpress.com/?p=94</guid>
<description><![CDATA[Quand l’écrivain Albert Cohen (1895-1981) nous entraîne, entre l’île de Céphalonie en Grèce]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-family:Verdana;">Quand l’écrivain <strong><span style="font-family:Verdana;"><a href="http://www.atelieralbertcohen.org/">Albert Cohen</a></span></strong> (1895-1981) nous entraîne, entre l’île de Céphalonie en Grèce, la Ville de Marseille en France, et celle de Genève en Suisse, dans son épopée en quatre volumes (Solal, 1930; Mangeclous, 1938; Belle du Seigneur,1968; Les Valeureux, 1969), il est un grand, très grand conteur.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-family:Verdana;color:white;">.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-family:Verdana;">Il fait dire à ses rocambolesques personnages des choses impossibles, de même qu’il leur fait asséner de profondes vérités. Ça se moque, et c’est… poésie pure. Et c’est déchirant, et c’est délirant…souvent.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family:Verdana;">En lisant Le “Mangeclous”, l’extraordinaire et succulent Mangeclous, qu’ Albert Cohen a écrit dans une période où il n’allait pas bien, je tombe sur un extrait qui, ni plus ni moins, me sidère. Je poursuis l’histoire, et je reviens sur cet extrait.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family:Verdana;color:white;">.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family:Verdana;">Salomon, l’oncle Salomon, plus exactement le petit Salomon, le plus naïf des cinq oncles de Solal, les Valeureux, comme Albert Cohen les appelle, et bien Salomon, non, je ne rêve pas…<strong><span style="font-family:Verdana;">gambade dans la nature !</span></strong></span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><span style="font-family:Verdana;">La nature lui fait fête, et elle finit, à la nuit tombée, par lui être hostile.</span></strong></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family:Verdana;color:white;">.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-family:Verdana;">En 1869, <strong><span style="font-family:Verdana;"><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Alphonse_Daudet">Alphonse Daudet</a></span></strong> (1840-1897), un autre talentueux conteur, qui avait acheté en 1864, au plein cœur de Provence, un moulin à vent et à farine, publie : “<strong><span style="font-family:Verdana;"><a href="http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/actions-france_830/livre-ecrit_1036/collection-textes_5281/foire-aux-textes_5283/alphonse-daudet_16442.html">Les lettres de mon Moulin</a></span></strong>“. Du moulin, situé à Fontvieille, près de Arles, vont partir plusieurs lettres. La quatrième de ces lettres a pour titre : <strong><span style="font-family:Verdana;">La chèvre de Monsieur Seguin</span></strong>.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-family:Verdana;color:white;">.</span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><span style="font-family:Verdana;">La chèvre de Monsieur Seguin !</span></strong></p>
<p class="MsoNormal"><strong><span style="font-family:Verdana;">mais c’est bien sûr…</span></strong></p>
<h3><span style="font-size:12pt;font-family:Verdana;">Quand le “petit Salomon” gambade dans la nature, la petite chèvre n’est pas loin.</span></h3>
<p><span style="font-family:Verdana;color:white;">.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:center;" align="center"><span style="font-family:Verdana;">Mesdames et Messieurs, attachez vos ceintures je vous prie, en avant toute pour :</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:center;" align="center"><span style="font-family:Verdana;color:white;">.</span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><span style="text-decoration:underline;"><span style="font-family:Verdana;">Une partie de liberté avec petit Salomon</span></span></strong><span style="font-family:Verdana;">, extraît de Mangeclous, 1938 par Albert Cohen.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family:Verdana;">et</span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><span style="text-decoration:underline;"><span style="font-family:Verdana;">Une partie de liberté avec Blanquette</span></span></strong><span style="font-family:Verdana;">, extraît de La chèvre de Monsieur Seguin, in Les lettres de mon Moulin, 1869 par Alphonse Daudet.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family:Verdana;color:white;">.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:center;" align="center"><strong><span style="font-family:Verdana;">Une partie de liberté avec petit Salomon</span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><em><span style="font-family:Verdana;">“Fils de mon coeur, petit Salomon, jeunesse du monde, naïveté et confiance, bonne bonté, rédemption des monstres aux râteliers de canons, aux narines soufflant l’ ypérite, et de tous les mannequins qui ont oublié d’être hommes. Salomon, petit prophète des temps bienheureux où les hommes seront tous pareils à toi. Salomon, petit mais vrai sauveur, il n’y a que moi qui t’estime et te respecte. Et tu es un trop vrai grand humain pour le savoir, ô escargot, ô microbe, ô grande âme. Laisse-les sourire et se moquer de toi et va gambader, petit, tout petit immortel. Va, mon agneau, mon mignon messie chéri.</span></em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><em><span style="font-family:Verdana;">L’ardent soleil sécha bientôt Salomon sauvé des eaux qui reprit sa course à travers la forêt embaumée. Une centaine de petits oiseaux l’entouraient, tous pépiants, car ils trouvaient excellentes les algues dont il était orné et les picoraient sans peur. Lorsqu’il s’arrêtait, ceux qui le connaissaient bien se juchaient sur sa tête pour se décontracter les pattelettes et se délasser avec insolence. Lorsqu’il se remettait à gambader, ils s’enfuyaient dans un grand froulis de soie et ils allaient se poser, petites boules innocentes, sur de hautes et fines ramures balancées.</span></em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><em><span style="font-family:Verdana;">Il s’amusa longtemps à chanter, à sauter et à baguenauder, environné par une multitude de petits amis voletants et aussi gais que lui. Parfois, il tournait comme un toton et disait des louanges à Dieu, créateur du ciel et de la terre. Ses manches déchirées volaient tant de côté et d’autre qu’elles semblaient des ailes.</span></em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><em><span style="font-family:Verdana;">Les heures passaient. Les insectes craquaient, criquetaient, menaçaient et Salomon, ivre de drachmes, de coruscation et de voyages, ne songeait qu’à danser et à chanter et à crier la nouvelle devise des Valeureux.</span></em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><em><span style="font-family:Verdana;">- Vive la France !</span></em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><em><span style="font-family:Verdana;">Si bien que lorsque la nuit fut tombée, il se trouva perdu dans une sombre forêt où des chouettes commençaient à faire semblant de ricaner. Se bouchant les oreilles, une intense frayeur dans le dos tout mouillé, il chercha longtemps sa voie, chantant la Marseillaise pour se donner du courage</span></em><span style="font-family:Verdana;">.”</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-family:Verdana;color:white;">.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family:Verdana;">[Mangeclous, 1938, Albert Cohen. - Gallimard, Folio n° 1170, page 113 et suivante]</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family:Verdana;color:white;">.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family:Verdana;color:white;">.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:center;" align="center"><strong><span style="font-family:Verdana;">Une partie de liberté avec Blanquette</span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-family:Verdana;">” <em><span style="font-family:Verdana;">Quand la chèvre blanche arriva dans la montagne, ce fut un ravissement général. Jamais les vieux sapins n’avaient rien vu d’aussi joli. On la reçut comme une petite reine. Les châtaigniers se baissaient jusqu’à terre pour la caresser du bout de leurs branches. Les genêts d’or s’ouvraient sur son passage, et sentaient bon tant qu’ils pouvaient. Toute la montagne lui fit fête.</span></em></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><em><span style="font-family:Verdana;">Tu penses, Gringoire, si notre chèvre était heureuse ! Plus de corde, plus de pieu…rien qui l’empêchait de gambader, de brouter à sa guise…</span></em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><em><span style="font-family:Verdana;">C’est là qu’il y avait de l’herbe, jusque par dessus les cornes, mon cher !…Et quelle herbe ! Savoureuse, fine, dentelée, faite de mille plantes…C’était bien autre chose que le gazon du clos. Et les fleurs donc !… De grandes campanules bleues, des digitales de pourpre à longs calices, toute une forêt de fleurs sauvages débordant de sucs capiteux !…</span></em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><em><span style="font-family:Verdana;">La chèvre blanche, à moitié soûle, se vautrait là-dedans les jambes en l’air et roulait le long des talus, pêle-mêle avec les feuilles tombées et les châtaignes…Puis, tout à coup elle se redressait d’un bond sur ses pattes. Hop ! la voilà partie, la tête en avant, à travers les maquis et les buissières, tantôt sur un pic, tantôt au fond d’un ravin, là-haut, en bas, partout… On aurait dit qu’il y avait dix chèvres de M.Seguin dans la montagne.</span></em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><em><span style="font-family:Verdana;">C’est qu’elle n’avait peur de rien la Blanquette. Elle franchissait d’un saut de grands torrents qui l’éclaboussaient au passage de poussière humide et d’écume. Alors, toute ruisselante, elle allait s’étendre sur quelque roche plate et se faisait sécher par le soleil… Une fois s’avançant au bord d’un plateau, une fleur de cytise aux dents, elle aperçut en bas, tout en bas dans la plaine, la maison de M. Seguin avec le clos derrière. Cela la fit rire aux larmes.</span></em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><em><span style="font-family:Verdana;">- Que c’est petit ! dit-elle. Comment ai-je pu tenir là-dedans ?</span></em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><em><span style="font-family:Verdana;">Pauvrette ! de se voir si haut perchée, elle se croyait au moins aussi grande que le monde…</span></em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><em><span style="font-family:Verdana;">En somme, ce fut une bonne journée pour la chèvre de M. Seguin. Vers le milieu du jour, en courant de droite et de gauche, elle tomba dans une troupe de chamois en train de croquer une lambrusque à belles dents. Notre petite coureuse en robe blanche fit sensation. On lui donna la meilleure place à la lambrusque, et tous ces messieurs furent très galants… Il paraît même, (ceci doit rester entre nous, Gringoire) qu’un jeune chamois à pelage noir eut la bonne fortune de plaire à Blanquette. Les deux amoureux s’égarèrent parmi les bois une heure ou deux, et si tu veux savoir ce qu’ils dirent, va le demander aux sources bavardes qui courent invisibles dans la mousse.</span></em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><em><span style="font-family:Verdana;">Tout à coup le vent fraîchit. La montagne devint violette : c’était le soir…</span></em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><em><span style="font-family:Verdana;">- Déjà ! dit la petite chèvre. Et elle s’arrêta fort étonnée.</span></em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><em><span style="font-family:Verdana;">En bas, les champs étaient noyés de brume. Le clos de M. Seguin disparaissait dans le brouillard, et de la maisonnette on ne voyait plus que le toit avec un peu de fumée. Elle écouta les clochettes d’un troupeau qu’on ramenait, et se sentit l’âme toute triste…Un gerfaut, qui rentrait, la frôla de ses aîles en passant. Elle tressaillit… puis ce fut un hurlement dans la montagne :</span></em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><em><span style="font-family:Verdana;">- Hou ! Hou !</span></em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><em><span style="font-family:Verdana;">Elle pensa au loup ; de tout le jour la folle n’y avait pas pensé… Au même moment une trompe sonna bien loin dans la vallée. C’était ce bon M Seguin qui tentait un dernier effort.</span></em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><em><span style="font-family:Verdana;">- Hou! Hou ! faisait le loup.</span></em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><em><span style="font-family:Verdana;">- Reviens ! Reviens ! criait la trompe.</span></em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><em><span style="font-family:Verdana;">Blanquette eut envie de revenir; mais en se rappelant le pieu, la corde, la haie du clos, elle pensa que maintenant, elle ne pouvait plus se faire à cette vie, et qu’il valait mieux rester.</span></em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><em><span style="font-family:Verdana;">La trompe ne sonnait plus…</span></em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><em><span style="font-family:Verdana;">La chèvre entendit derrière elle un bruit de feuilles. Elle se retourna et vit dans l’ombre deux oreilles courtes, toutes droites, avec deux yeux qui reluisaient…C’était le loup.”</span></em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-family:Verdana;color:white;">.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family:Verdana;">[Extrait de La Chèvre de Monsieur Seguin, Les Lettres de mon Moulin, 1869, Alphonse Daudet]</span></p>
<div><span style="color:#ffffff;">.</span></div>
<div>Réjane.</div>
<div>_______________________</div>
<div>Pour information :</div>
<div><span style="color:#ffffff;">.</span></div>
<div>La prochaine journée de l'atelier Albert Cohen aura lieu le samedi 31 mai 2008 à Paris IV Sorbonne (Amphi Guizot). Elle aura pour thème : <strong>Cohen et l'animal</strong>. Voir le programme <a href="http://www.atelieralbertcohen.org/breve.php3?id_breve=48">ici</a>.</div>
<div><span style="color:#ffffff;">.</span></div>
<div>Sur le site de la <a href="http://www.bmlisieux.com/">Bibliothèque électronique de Lisieux</a>, on trouve beaucoup de textes tombés dans le domaine public comme ceux de <a href="http://www.bmlisieux.com/litterature/daudet/daudet.htm">Daudet</a> ou encore sur  <a href="http://gallica2.bnf.fr/Search?q=alphonse+daudet&#38;n=10&#38;p=1&#38;lang=fr">Gallica 2</a>, le site de la Bibliothèque Nationale de France.</div>
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