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	<title>colombie-venezuela &amp;laquo; WordPress.com Tag Feed</title>
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	<description>Feed of posts on WordPress.com tagged "colombie-venezuela"</description>
	<pubDate>Sun, 20 Jul 2008 11:22:39 +0000</pubDate>

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<title><![CDATA[ Révélations : Il y avait des négociateurs français, Uribe et les Etats-Unis et le camouflet à la france ]]></title>
<link>http://reopen911.wordpress.com/?p=127</link>
<pubDate>Thu, 06 Mar 2008 16:45:34 +0000</pubDate>
<dc:creator>reopen911</dc:creator>
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Il est clair que la Colombie et les Etats Unis ont beaucoup de mal à expliquer qu’il y aurait]]></description>
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<div class="snap_preview"><font color="#000000"><a href="http://reopen911.wordpress.com/files/2008/03/capt_sge_elp98_110307203419_photo00_photo_default-421x512.jpg" title="capt_sge_elp98_110307203419_photo00_photo_default-421x512.jpg"><img src="http://reopen911.wordpress.com/files/2008/03/capt_sge_elp98_110307203419_photo00_photo_default-421x512.jpg" alt="capt_sge_elp98_110307203419_photo00_photo_default-421x512.jpg" /></a></font><font color="#000000">Il est clair que la Colombie et les Etats Unis ont beaucoup de mal à expliquer qu’il y aurait connivence entre Chavez , Correa et les FARC pour pratiquer le terrorisme international. D’abord  parce que d’autres pays étaient impliqués non seulement la France mais, les Espagnols et les Suisses. Nous allons voir jusqu’à quel point. Et d’autre part la thèse de la lutte contre le  terorisme international, qui justifierait tout de la part des Etats-Unis, a du mal à passer dans le continent Amérique latine. Ce sous continent ne cesse de subir le terrorisme d’Etat des Etats-Unis, qui soit directement, soit par le biais d’hommes de main qu’ils protègent comme Poasada Carriles, assassinent des hommes d’Etat, destabilisent des gouvernements élus et installent des assassins formés à leur école.</font></p>
<p><font color="#000000">Il faut bien mesurer que ce qui s’est passé en Equateur a soulevé l’indignation générale .En Franc, les médias aux ordres ont bien tenté de faire porter le chapeau de la crise andine à Chavez, aux FARC ou à tout autre victime (1) mais de toute la planète est venue la réprobation. Les Etats-Unis paraissent bien isolés avec leurs alliés criminels et voyous, Israël et La Colombie.</font></p>
<p><font color="#000000">Notre presse servile tente encore de nous cacher ce qui paraît de plus en plus évident: il y avait des négociateurs français à proximité de Reyes, ils préparaient la venue de Sarkozy.</font></p>
<p><font color="#000000">Nul n’ignore désormais que l’incursion en Equateur et l’assassinat a été préparé par l’armée nord américaine jouissant de techniques sophistiquées.  Résultat sur le fond cette crise témoigne de la perte d’influence du président Bush. L’OPEP, à laquelle appartient Chavez a refusé d’augmenter la production pétrolière après la flambée des cours du pétrole malgré la demande de Bush, les pays pétroliers lui ont répondu que cette augmentation ne dépendait pas d’eux. On ne saurait être plus clair. Même attitude de l’organisation (OEA) des Etats d’Amérique qui a longtemps été le symbole de la vassalité de l’Amérique latine aux Etats-Unis. Dans sa réunion d’urgence cette organisation a condamné l’incursion en Equateur. Et voici que la France partie prenante dans cette affaire, puisque c’est bien en préparant l’accueil du président français pour récupérer Ingrid Bétancourt que Reyes et 16 compagnons et compagnes ont été assassinés en territoire équatorien(2) , continue à discuter  avec Chavez la libération de la franco colombienne. Celui-ci paraît plus décidé que jamais à cette libération quitte à envoyer 10 bataillons à la frontière pour éviter un coup fourré de Uribe et Bush.</font></p>
<p><span><font color="#000000"></font></span></p>
<p><font color="#000000"> Dans tout l’Amérique latine, aujourd’hui même 6 novembre dans toutes les capitales, y compris à Paris vont défiler des centaines de milliers de personnes qui vont réclamer la paix en Colombie, désigner le système mafieux et l’allégeance aux Etats-Unis de ce pays. Ces manifestants vont dénoncer le rôle de ce pays qui est devenu la plate-forme des Etats-Unis et d’un véritable terrorisme d’Etat contre ses voisins. Dans ce pays s’imbriquent des phénomènes dont peu de gens sont au courant en Europe, les liens étroits entre les Etats-Unis le terrorisme qu’ils font régner dans toute l’Amérique latine, les trafiquants de drogue et les paramilitaires payés par l’oligarchie qui font régner la terreur dans la paysannerie indigène (3). Sans cette connaissance de la région il est impossible de comprendre qui sont les FARC et comment ils ont été contraints de devenir guérilleros pour échapper à ce système qui a fait des milliers de morts de syndicalistes, de journalistes. Donc les manifestations qui auront lieu aujourd’hui réclameront la paix ,l’indépendance et la fin du terrorisme d’Etat pour la Colombie et elles prendront aussi l’allure d’un hommage à Reyes et ses compagnons autant qu’une exigence de libération des otages.</font></p>
<p><font color="#000000">Si chez nous les milliards déversés dans nos médias, l’incurie intellectuelle de nos journalistes, et le poids d’un système de propagande peut entretenir l’idée de la criminalisation des FARC, voir d’une réaction outrée de Chavez, cette position a du mal à contenir la réalité des faits et surtout l’incontournable évidence de la condamnation unanime de l’Amérique latine et le rôle joué dans l’assassinat par la négociation avec le président français.</font></p>
<p><strong><font color="#000000">Les négociations entre Sarkozy et Chavez se poursuivent</font></strong></p>
<p><font color="#000000">«<em>Le président de la République s’est entretenu aujourd’hui par téléphone avec le président vénézuélien, Hugo Chavez, pour évoquer la situation régionale et la question des otages en Colombie</em>», a annoncé dans un communiqué le porte-parole de l’Elysée, David Martinon.<br />
Peu auparavant, M. Chavez a indiqué depuis Caracas avoir exprimé sa volonté de paix, dans un entretien téléphonique avec Nicolas Sarkozy. «<em>Les deux présidents ont exprimé le souhait que les récents développements n’enrayent pas la poursuite du processus de libération des otages qui restent aux mains des Farc</em>» (Forces armées révolutionnaires de Colombie), a précisé M. Martinon.</font></p>
<p><font color="#000000">Selon le porte-parole, «devant la montée préoccupante des tensions dans la région andine», le chef de l’Etat français «<em>a réitéré son appel à tous les pays de la région et à tous les acteurs concernés à faire preuve de retenue et de responsabilité, afin que soit rapidement retrouvé le chemin du dialogue et de la coopération</em>».</font></p>
<p><font color="#000000">M. Sarkozy «<em>a une nouvelle fois remercié le président Hugo Chavez pour ses efforts qui ont permis la libération de six otages</em>», a ajouté M. Martinon.</font></p>
<p><strong><font color="#000000"> Les conditions de l’assassinat de Reyes, l’implication française</font></strong></p>
<p><font color="#000000">Rafael Correa, le président de l’Equateur avait été avisé on le sait personnellement par un coup de téléphone d’Uribe de la mort de Reyes à l’occasion d’une “poursuite à chaud”, mais l’Equateur avait découvert que non seulement il s’agissait d’un bombardement d’hommes et de femmes endormis, mais que les troupes d’Uribe et les conseillers étasuniens  étaient venues en territoire équatorien chercher le corps de Reyes pour l’exhiber triomphalement.</font></p>
<p><font color="#000000">La présidence française paraît avoir été alerté par le même Uribe qui a expliqué aux négociateurs français qu’ils ne pouvaient se rendre sur le lieu fixé toujours selon la même fiction de “la poursuite à chaud” et ce quelques heures avant l’ouverture de la négociation.</font></p>
<p><font color="#000000">” Comme l’a déclaré à la presse française l’ex-mari de Ingrid bétancourt: “Ce qui est extrêmement choquant, c’est que le 26 février, une réunion à Panama réunit les délégués des pays médiateurs (Espagne, France, Suisse, NDLR) et le haut-commissaire colombien pour la paix Luis Carlos Respreto. Les délégués annoncent qu’ils vont rencontrer Raul Reyes. Respreto répond : «<em> Oui, faites-le, c’est important. » Et dans la nuit de vendredi, Uribe décide sciemment de faire abattre Reyes en territoire équatorien ! Sans prévenir les présidents des Etats médiateurs, ni le président Correa alors qu’il commet un acte de guerre dans son pays. Il se moque du monde !</em> “(4)</font></p>
<p><strong><font color="#000000">Ce qu’il faut savoir et que notre presse servile nous laisse ignorer alors que toute la presse d’Amérique latine et du monde en fait état est que, en  total accord avec Uribe, le président Sarkozy avait trois envoyés personnels en Colombie. Depuis octobre dernier, ils menaient la négociation avec Reyes pour obtenir la libération de la franco-colombienne et ex-candidate présidentielle Ingrid Betancourt. Les trois négociateurs français étaient installés dans une zone proche de celle où l’attaque s’est produite. Le mois dernier, un autre envoyé personnel de Sarkozy avait maintenu une réunion avec le Commissaire pour la Paix, Luis Carlos Restrepo, qui fait partie du gouvernement de Uribe. À ce qu’il semble, samedi, les trois négociateurs se trouvaient à 200 kilomètres de la zone de l’attaque et se dirigeaient vers une réunion avec Reyes quand ils ont reçu l’appel téléphonique. Le Commissaire pour la Paix les a prévenu de ne pas s’approcher du point de rencontre dans les heures suivantes. Le même Carlos restrepo qui s’était engagé au Panama. </font></strong></p>
<p><font color="#000000"> Alors que Uribe avait donné des garanties pour qu’ils traitent de la libération des otages, il a violé sa parole avec l’aide des Etats-Unis dont il est l’homme des basses oeuvres. D’ailleurs seul Washington a soutenu le président colombien.</font></p>
<p><font color="#000000">La presse latino américaine fait état de la présence des négociateurs français, du processus engagé, donc le camouflet a donc été infligé non seulement à Rafael Correa et à Chavez mais à la France.</font></p>
<p><font color="#000000">Il faut toute la vassalité française aux Etats-Unis pour qu’il n’y ait pas d’incident diplomatique. Le coups de téléphone à Hugo Chavez était bien le moins que le président français puisse faire surtout s’il voulait réellement récupérer ingrid Bétancourt.</font></p>
<p><strong><font color="#000000"></font></strong></p>
<p><strong><font color="#000000">L’isolement d’Uribe et des Etats-Unis</font></strong></p>
<p><font color="#000000">L’entretien téléphonique est intervenu le jour même où l’Organisation des Etats Américains (OEA) se réunissait à nouveau à Washington pour tenter de trouver une issue diplomatique à la crise, déclenchée par un raid colombien mené samedi en territoire équatorien contre la guérilla des Farc.</font></p>
<p><font color="#000000">La Colombie s’est retrouvé isolée avec les Etats-Unis, Uribe d’ailleurs n’a cessé avec le même embarras que Bush de soufller le chaud et le froid, appelant à la paix et au dialogue et l’instant d’après sortant les accusations les plus outrées et les plus fantaisistes contre Hugo Chavez et les FARC.</font></p>
<p><font color="#000000">Face aux annonces de mobilisation de troupes vénézuéliennes et équatoriennes à la frontière avec la Colombie, Uribe  a dit qu’elle ne mobiliserait pas ses force. Ce qui ne veut strictement rien dire vu que l’armée colombienne flanquées de “conseillers” étasuniens est de toute façon en permanence à la frontière et y protège les incursions de voyous paramilitaires voire de terroristes contre le Venezuela.  Après , il a provoqué  les présidents du Venezuela et d’Équateur en les accusant de ”connivence” avec la guérilla des FARC.  Alors qu’il avait donné sa parole de ne pas intervenir.</font></p>
<p><font color="#000000">On n’imagine bien qu’ un tel contexte  soulève l’indignation de toute l’Amérique latine et des gouvernements du monde entier. Même si les grandes orgues médiatiques font tout pour créer une situation d’égalité entre l’agresseur et la victime, en entretenant l’opacité et le flou sur la réalité.</font></p>
<p><font color="#000000"> Le président vénézuélien Hugo Chávez,  accusé  Uribe d’être un “assassin” et un  ”mafieux”,ce qui est rude mais parfaitement exact. Même le président du pérou, qui est lui-mêmes suspect des mêmes tares que Uribe, Alan García, a appelé au dialogue mais il a précisé qu’il n’était pas possible de ne pas critiquer la violation de la souveraineté territoriale équatorienne.</font></p>
<p><font color="#000000">La Colombie s’est retrouvée isolée avec les Etats-Unis qui ont du néanmoins faire profil bas pour éviter d’être directement impliqués . Le porte-parole du Conseil National de la Sécurité Gordon Johndroe, qui a exprimé sa surprise “<em>pour l’étrange réaction du président Chávez</em>“. Et plus tard, une déclaration officielle du département d’État disait :”<em> Nous soutenons le gouvernement de la Colombie dans son combat contre les organisations terroristes qui menacent la stabilité et la démocratie </em>“.</font></p>
<p><font color="#000000"> Mais Uribe a tenté d’impliquer plus franchement son allié nord-américain, craignant que celui-ci ne le lâche, et  le directeur national de la police colombienne, Oscar Naranjo général, a révélé dans une conférence de presse, que la localisation de Reyes a été possible grâce à une information fournie  par la CIA. Selon Naranjo, l’agence nord-américaine avait détecté un téléphone cellulaire que Reyes utilisait sporadiquement. Le chef policier a souligné que l’information a été délivrée aux forces colombiennes environ dix jours avant samedi. Comme l’a souligné le quotidien El Païs qui rapporte ces faits, <em>“il confirmait  que l’opération avait quelques jours de préparation, tandis que se développait y compris la la négociation des français avec les FARC et qu’il ne s’agit pas d’une réaction défensive comme l’a argué le gouvernement colombien dans un premier temps</em>.”</font></p>
<p><font color="#000000">Ureibe est allé jusqu’à se plaindre du changement d’attitude du président Correa calme à le samedi quand il lui avait téléphoné et “furieux” le dimanche. Il oubliait de signaler que entre temps Correa avait découvert qu’il ne s’agissait pas d’une poursuite à chaud comme le lui avait dit Uribe.  Entre temps Correa a été informé que les guerrilleros dormaient quand leur campement a été bombardé et après de brèves consultations avec d’autres gouvernements il en est arrivé à la conclusion que l’attaque était planifiée depuis longtemps. Uribe avait menti et lui avait caché durant tout ce temps quil préparait une incursion sur le territoire de l’Équateur.</font></p>
<p><font color="#000000">Tous les gouvernement, celui d’Argentine, celui du Brésil ont déployé une intense activité qui a abouti à cette condamnation unanime de l’OEA. Parce qu’il s’agissait d’établir les véritables responsabilités pour éviter une guerre que semblent souhaiter les Etats-Unis et la Colombie. C’est d’ailleurs le seul sens que l’on puisse donner à cette expédition meurtrière et en violation de toutes les paroles données. Il s’agissait d’un piège pour destabiliser la région et tenter d’arrêter le processus de libération et d’unification bolivarienne qui ne cesse de gagner du terrain. Dans cetre affaire les etats-Unis et la Colombie n’ont pas réussi à entraîner les gouvenrments dits “modérés” derrière eux, et le rôle joué une fois de plus par Lula et christina kichner doit être souligné.</font></p>
<p><font color="#000000"> Correa avait sollicité une réunion urgente de l’Organisation des Etats Américains (OEA) pour discuter de la crise mais les Etats Unis ont essayé e’ampêcher la convocation. Finalement les chancelleries sud-américaines, surtout celles d’Argentine, Brésil et Chili ont obtenu qu’elle ait lieu et qu’elle aboutisse à cette condamnation et à l’isolement de ceux qui souhaitent que la violence ne s’arrête jamais ici comme au Moyen-orient, parce qu’elle est la garantie de leur domination et de leur pillage.</font></p>
<p><font color="#000000">Nos médias fauteurs de guerre qui cachent ces réalités deviennent de plus en plus criminels dans une monde où montent les dangers.</font></p>
<p><font color="#000000">Danielle Bleitrach</font></p>
<p><font color="#000000">(1) on aura tout lu y compris que Chavez était lié aux FARC par le trafic de drogue. Quand on connait un peu la région il y a pourtant des évidences, la drogue ne peut quitter la Colombie que par les zones totalement contrôlés par les paramilitaires et Uribe a des liens avec ces paramilitaires tranfiquants de drogue. Alors que Chavez subit de la Colombie voisine des incursions de ces mêmes paramilitaires trafiquants qui déstabilisent le Venezuela, assassinent les syndicalistes et les paysans.</font></p>
<p><font color="#000000">(2) Des rumeurs insistantes font état du fait que c’est en localisant les appels de Chavez à Reyes pour la libération d’Ingrid bétancourt que l’armée américaine a pu assassiner le porte-parole des FARC. De même aujourd’hui Chavez a décidé d’employer les grands moyens d’envoi de troupes pour mettre en place la récupération des otages et la protection du chef historique des FARC qui paraît s’impliquer lui-même dans cette opération comme pour affirmer la volonté de paix des FARC.</font></p>
<p><font color="#000000">(3) Quand je lis des sondages sur l’opinion de la population colombienne contre les FARC ou le soutien à Uribe, je ne peux m’empêcher de penser à toute cette population, environ 40 % qui vit dans des conditions de sous développement abominables, depuis les enfants des rues de Bogota, drogué et prostitués, jusqu’aux pauvres peons des zones rurales frappés, violés, menacés par les paramilitaires de l’oligarchie et je me demande qui a répondu aux sondages.</font></p>
<p><font color="#000000">(4) Propos recueillis par Isabelle Horlans pour le journal France Soir, le jeudi 6 mars 2008. Selon Fabrice Delloye,lex-mari d’Ingrid bétancourt, le président Alvaro Uribe se comporte en saboteur à des fins personnelles. L’ex-époux d’Ingrid place son dernier espoir dans les Farc. </font></p>
<p><a href="http://www.francesoir.fr/dossier/20"><font color="#2277dd">http://www.francesoir.fr/dossier/20</font></a>…</div>
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<p><!-- .entry-content --><!-- #post-ID --><a href="http://socio13.wordpress.com/2008/03/06/revelations-il-y-avait-des-negociateurs-francais-uribe-et-les-etats-unis-et-le-camouflet-a-la-france/" class="pj"></a></div>
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<title><![CDATA[Pour comprendre la tragédie colombienne]]></title>
<link>http://reopen911.wordpress.com/?p=239</link>
<pubDate>Tue, 27 May 2008 19:04:01 +0000</pubDate>
<dc:creator>reopen911</dc:creator>
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<description><![CDATA[Pour comprendre la tragédie colombienne
En quelques dates, en quelques mots…
http://www.elcorreo.]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<h3><strong>Pour comprendre la tragédie colombienne</strong><br />
En quelques dates, en quelques mots…</h3>
<p><a href="http://www.elcorreo.eu.org/article.php3?id_article=4097" target="_blank">http://www.elcorreo.eu.org/…id_article=4097</a></p>
<p><strong>Etant donné l’actualité, et avec l’autorisation de l’auteur et de la maison d’édition, nous publions la préface d’Ignacio Ramonet du livre <span style="text-decoration:underline;"><strong><em>Colombie </em></strong><strong><em>Derrière le rideau de fumée. Histoire du terrorisme d’Etat</em></strong></span> de Hernando Calvo Ospina.</strong></p>
<p>A ce qu’on dit, il existe en Colombie, depuis la seconde moitié du XIXe siècle, deux partis - le libéral et le conservateur. Ce n’est pas faux. Mais ce n’est pas suffisant. En réalité, et depuis cette époque, le pays est surtout coupé entre ceux qui ont tout et ceux qui n’ont rien.</p>
<p>On ne rentrera pas dans les détails de la tragédie colombienne, largement développée ici, avec grand talent, par Hernando Calvo Ospina. En guise d’introduction, on se contentera de rappeler quelques faits significatifs, emblématiques de la situation.</p>
<p>Elu au Congrès en 1929, un certain Jorge Eliecer Gaitan a entrepris de combattre ce qu’il appelle l’oligarchie - les riches des deux partir. Au fil du temps, ses discours se font de plus en plus incendiaires. En bras de chemise á la tribune, il termine invariablement ses harangues par : « Contre l’oligarchie, à la charge ! » Il n’en plaide pas moins pour un changement pacifique. Le 9 avril 1948, alors qu’on le donne favori dans la course à la présidence, Gaitan est assassiné á Bogota.</p>
<div style="text-align:center;"><img class="postimg" src="http://www.hoy.com.ec/sigloxx/0222.gif" alt="http://www.hoy.com.ec/sigloxx/0222.gif" /><br />
Gaitan</div>
<p>Détail insolite : la loi des États-Unis permet aux citoyens d’examiner, passé un certain temps, les documents qui reposent dans ses organismes publics, CIA, FBI, secrétariat d’Etat. La CIA possède des informations sur la mort de Gaitan. Aujourd’hui encore, elle refuse de les révéler.</p>
<p><strong>L’assassinat de Gaitan a provoqué une insurrection généralisée - imputée par Washington au « communisme international » - et une guerre civile, la La Violencia (1948-1957) qui fera quelque 300 000 morts á travers les campagnes.</strong> En ces temps d’horreur et d’apocalypse, les libéraux et les communistes, désignés comme cibles, se voient destinés au supplice.</p>
<p>Les hommes politiques et les grands propriétaires utilisent, en charmants supplétifs du pouvoir, des policiers en uniforme ou en civil, les chulavitas, qui font montre d’une cruauté sans limites. Ou encore les pájaros (oiseaux), d’autres pilleurs qui « volent » de région en région et font de la terreur leur compagne familière.</p>
<p>Promis à la mort, vaincus, battus et dispersés dans un premier temps, les opposants ont vite compris qu’une lutte gigantesque était engagée. On leur a flanqué des gifles, on les a traités de lie de la société, on les a pourchassés comme des clochards importuns. Les milliers de misérables qui ne possédaient rien et pour qui le respect de la vie et un morceau de terre auraient été tout ont rejoint les groupes d’opposition armée. Désormais, pour tenter de subsister et de défendre la vie de leurs petites communautés, ils se battent. Influencés par la révolution cubaine, des groupes d’intellectuels et d’étudiants les appuient.</p>
<p><strong>En 1964, pour en finir avec les prémices de cette révolte - une guérilla de paysans insoumis qu’on disait « moscovites », les États-Unis envoyèrent des conseillers, des armes et mirent 300 millions de dollars sur la table pour financer l’opération Marquetalia. En 1999, il leur faudra débourser 1,6 milliards de dollars pour mettre en œuvre le Plan Colombie. Quand viendra 2006, 4 milliards de dollars auront été dépensés dans le cadre de ce brillant exercice. Sans plus de résultat qu’en 1964.</strong></p>
<p>L’immensité des plaines - les llanos-, les obstacles naturels, la présence de forêts inexplorées qui permettent la dispersion et favorisent l’embuscade, rendraient impossible l’annihilation des guérilleros. Mais pas de la population civile. <strong>Une année plus tard, en 1965, pour lutter contre la « subversion », les conseillers militaires états-uniens prônent la création d’organisations civiles armées. On ne les appelle plus paya ros ou chulavitas, mais « autodéfenses », légalement reconnues cette fois.</strong></p>
<p>Le 2 septembre 1958, déjà, les guérilleros communistes faisaient parvenir une lettre au président Alberto Lieras Camargo : «<em> La lutte armée ne nous intéresse pas et nous sommes disposés à collaborer de toutes les manières à notre portée, avec l’entreprise pacificatrice que s’est disposé à mener l’actuel gouvernement.</em> » Parmi les signataires, Manuel Marulanda, l’actuel chef des FARC.</p>
<p><strong>Dans une lettre au Parlement datée du 20 juillet 1984, et alors qu’elles négocient avec le président Belisario Betancur, les FARC annoncent le lancement d’un mouvement politique national - l’Union patriotique (UP). Leur objectif est de revenir peu à peu à la vie politique légale, aux côtés d’autres partis et mouvements démocratiques. Cet ouvrage d’Hernando Calvo Ospina raconte en détail ce qu’il en advint. Une tragédie pour 3 000 militants, sympathisants et dirigeants de l’UP - qui pour la plupart n’appartenaient pas aux FARC -, victimes des escadrons paramilitaires et de l’intransigeance politique totale de la classe dirigeante.</strong></p>
<p>La Colombie, prétend-on encore, constitue une exception notable en Amérique Latine : elle n’a connu que cinq coups d’État depuis son accession à l’indépendance et est demeurée aux mains des civils depuis 1958 et la chute du général Gustavo Rojas Pinilla. Un modèle démocratique en quelque sorte. Toutefois, durant la même période, quatre candidats à l’élection présidentielle sont tombés sous des balles assassines : Jaime Pardo Leal (1987), Luis Carlos Galan (1989), Carlos Pizarro et Bernardo Jaramillo (1990). A des degrés divers, tous réclamaient des réformes. Curieuse conception de ce qu’est une démocratie.</p>
<p>Suralimentés et avares, incapables d’appréhender la réalité, riches et puissants pensent que des civilisés dignes de ce nom peuvent, pour réduire à merci des « barbares », se servir de barbares encore plus barbares qu’eux. <strong>C’est ainsi que les paramilitaires prennent du galon et qu’on les autorise à s’allier aux barons de la cocaïne qui contribuent au financement de « leur » guerre. Cul et chemise avec l’armée, qui les équipe, les renseigne, les appuie. En phase avec une partie de la classe politique et des secteurs économiques.</strong></p>
<p>Les paramilitaires s’acharnent contre les populations civiles rurales et massacrent systématiquement l’opposition politique légale. Ces pseudo clandestins des Autodéfenses unies de Colombie (AUC) descendent ainsi un à un tous les échelons qui séparent l’homme de la bête : la terreur doit frapper au cœur de quiconque serait un ennemi en puissance et l’exemple l’arrêter à temps.</p>
<p>Début décembre 1997, le président Ernesto Samper annonce la création d’un « groupe spécial de recherche » contre la justice privée et promet que les groupes paramilitaires « seront poursuivis jusqu’en enfer ». De belles paroles. A la même époque, M. Phil Chicola, chef du Bureau des affaires andines du Département d’État des Etats-Unis estime que « d’après la loi des États-Unis, ces groupes doivent commettre des actions menaçant les intérêts nationaux des États-Unis pour pouvoir être inclus formellement dans la liste [des groupes terroristes]. » [1] En revanche, dès 1982, l’ambassadeur des Etats-Unis à Bogota, M. Lewis Tamb, avait inventé le terme « narcoguérilla » pour qualifier, sans preuves, les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). <strong>Tout comme l’autre groupe d’insurgés, l’Armée de libération nationale (ELN), les FARC deviendront « narcoterroristes » par la grâce de M. George W Bush, après le 11 Septembre 2001. Deux poids, deux mesures.</strong></p>
<p>« Narcoguérilla » ? « Narcoterroristes » ? Ex-révolutionnaires dévoyés ? En provoquant un appauvrissement de secteurs importants de la population, les pouvoirs successifs ont favorisé la culture de la coca et les activités liées au trafic de la cocaïne. Mais, à des degrés divers, tout le monde a les mains plongées dans « la blanche » : les militaires, beaucoup d’hommes politiques de droite, les secteurs économiques et financiers. Le paramilitaire surtout. La guérilla, dans une moindre mesure, pour financer la cause. C’est ce qu’on retient le plus.</p>
<p>On se contentera ici de reprendre les paroles de M. Daniel Garcia Pena qui, en 1997, sous la présidence de M. Samper, dirigea une Commission exploratoire pour définir les termes et les conditions de possibles conversations de paix : « <em>Le discours mille fois répété sur une guérilla sans idéaux et transformée en organisation maffieuse est faux. Il’ s’agit d’une organisation politico-militaire qui, comme la guerre coûte cher, impose son impôt révolutionnaire sur la récolte [de coca], mais n’a aucune participation dans le trafic. S’il s agissait d’un cartel, elle ne prendrait pas des villages, ne mènerait pas des opérations militaires […] </em>» Un peu plus tard, le 18 mai 2003, l’envoyé spécial du secrétaire général des Nations Unies, M. James Lemoyne, affirmera : «<em> La colonne vertébrale de la principale guérilla du pays est composée de gens engagés idéologiquement.</em> »</p>
<p>Tout conflit politique se termine à la table de négociations. Et, pourquoi pas, puisqu’elles sont nécessaires, par des réformes sociales. Pas en Colombie. <strong>Avec un entêtement stupéfiant, chaque gouvernement a déclaré la guerre aux guérillas, multiplié les dépenses militaires, augmenté les rémunérations des soldats.</strong> Et chaque président, depuis le milieu des années soixante, a affirmé qu’il en finirait avec la guérilla avant la fin de son mandat, pour constater qu’à son terme, portée par l’injustice sociale et la répression aveugle, l’opposition armée était plus forte que quatre années auparavant.</p>
<p><strong>Rien, dans ce désastre, n’est dû au hasard.</strong> Le « nettoyage » politique effectué par l’armée et les paramilitaires a vidé de nombreuses régions colombiennes de leurs paysans pauvres. Des hommes et des femmes qui ont commis une ou toutes ces erreurs : vivre sur un territoire extrêmement riche, s’être organisé pour exiger leurs droits, militer ou avoir voté pour une formation politique de l’opposition, ou avoir sympathisé - peut-être - avec les guérilleros. Leurs terres ont été transférées à des terratenientes, à des chefs paramilitaires et à des représentants de puissants intérêts économiques.</p>
<p>Le hasard n’existe pas. En 1997, évoquant le futur des relations commerciales entre la Colombie et les États-Unis, l’ambassadeur étasunien Myles Frechette déclarait : « <em>Mon gouvernement invite avec insistance le gouvernement colombien à ouvrir le plus largement possible le marché des télécommunications dans le cadre de la loi colombienne, ou à changer la loi si c’est nécessaire, pour adopter les règles adéquates et effectives de compétition </em>» [2], avant de réclamer la même chose pour le pétrole, l’énergie et l’agriculture. Deux ans plus tard, la priorité à l’investissement étranger et en particulier pour l’industrie pétrolière a été l’une des exigences de l’amendement au Plan Colombie imposé par les sénateurs américains Dewine, Grassley et Coverdell. Le Consortium US Columbia Business Partnership - Occidental Petroleum Company, BP, Caterpillar, Bechtel &#38; Pfizer- défendait becs et ongles l’adoption du plan.</p>
<p>Leurs vœux furent exaucés. De plus, les Forces armées et leurs paramilitaires se chargèrent, avec le soutien du Plan et de conseillers états-uniens, d’intensifier l’expulsion des paysans et des indiens hors des immenses zones pétrolières.</p>
<p>Octroyant également à ses « donneurs d’ordre » entière satisfaction, en 2006 le président Alvaro Uribe négociera avec Washington un Traité de libre commerce assassin pour l’économie colombienne. Tout en offrant une réinsertion « soft » aux paramilitaires, pourtant mis à leur tour, mais sans grandes conséquences, sur la liste des organisations terroristes par les États-Unis. <strong>Des diplomates états-uniens n’hésitent pas à participer à des actes publics en présence de chefs paramilitaires, dont l’extradition est réclamée par leur propre gouvernement, pour trafic de drogue. Car non seulement ils massacrent les populations, mais ils sont devenus le cartel de drogue le plus puissant de Colombie. Washington n’apprécie qu’à moitié… mais réagit à peine. Les paramilitaires n’ont jamais porté atteinte à ses intérêts stratégiques en Colombie : au contraire, ils les ont protégés.</strong></p>
<p><strong>M. Uribe a donc les mains libres pour faire passer la loi Justice et Paix du 21 juin 2005, qui accorde aux « paras », accusés de crimes contre l’humanité, une quasi impunité, la légalisation de leurs fortunes et une retraite dorée.</strong> Bien que, en quatre années, depuis le « cessez-le-feu » signé à Santa Fe de Ralito, le 15 juillet 2003, ils aient encore commis environ 4 000 assassinats.</p>
<p><strong>Mais le gouvernement pouvait-il faire moins ? C’est lui - comme ceux qui l’ont précédé - qui a amené ce fléau sur le peuple. C’est l’État qui a encouragé, assisté, formé, aidé et poussé les paramilitaires. Ils sont une stratégie d’État, autorisée et soutenue par Washington.</strong> Pour sauvegarder les profits et assurer les bénéfices des siens, le pouvoir a permis aux tueurs de piller et de ravager, et il a même partagé le butin avec eux.</p>
<p><strong>Seulement, les paramilitaires sont devenus de trop puissants seigneurs de guerre et la Cour constitutionnelle a révisé la loi, la rendant beaucoup moins clémente. Peu décidés à accepter le châtiment le plus minime, et à être les seuls à « porter le chapeau », les chefs mafieux paramilitaires font peser une menace sur leurs commanditaires : si la justice « s’acharne » sur eux, ils pourraient révéler leurs petits secrets.</strong></p>
<p>Des documents saisis à l’un d’entre eux - « Jorge 40 » -, en mars 2006, ont déjà provoqué la mise en détention de députés et sénateurs de la côte atlantique, tous liés aux partis appuyant le président Uribe. L’effet boule de neige a alors fait éclaté le scandale de la « parapolitique ». A travers son père et son frère, inculpés pour leurs liens avec les paramilitaires, la ministre des Affaires étrangères, Maria Consuelo Araujo, est éclaboussée et doit démissionner. Pour les mêmes raisons, l’ex-chef de la police politique - le Département Administratif de Sécurité (DAS) qui dépend de la présidence de la République -, M. Jorge Noguera, l’un des protégés de M. Uribe, a été incarcéré. <strong>Ce ne sont que des échantillons, car la liste est longue et accuse la classe politique traditionnelle colombienne, et tout particulièrement les alliés du président Uribe Vêlez. L’hécatombe judiciaire se poursuit et touche sénateurs, députés et de nombreux hauts fonctionnaires d’État, ainsi que des responsables de l’armée et de la police.</strong></p>
<p>Un certain nombre de notables ont de plus en plus de mal à avaler leur salive. Ils découvrent que le chien qui les gardait hier les menace aujourd’hui. Pour empêcher de possibles révélations, les 59 chefs paramilitaires sont soudain transférés du centre de loisirs où ils étaient regroupés vers une prison de haute sécurité. Du coup, ils annoncent, le 7 décembre 2006, qu’ils considèrent le « processus de paix » comme terminé. Mais Uribe déclare le contraire.</p>
<p><strong>Tandis que les révélations continuent de pleuvoir, le président Uribe, acculé, répond par des attaques et s’acharne toujours contre les mêmes.</strong> Il accuse les mouvements de défense des droits de l’homme et la gauche légale, comme le Pôle démocratique alternatif, de pactiser « avec les terroristes »… et ne semble guère se soucier que de telles assertions font courir d’immenses risques aux membres de ces organisations. Depuis plusieurs mois, de nouveaux escadrons de la mort apparaissent un peu partout dans le pays, menaçant et assassinant les opposants.</p>
<p>Le chef d’État s’en est même pris à la Cour suprême de Justice. Son président, César Julio Valencia, s’est vu obligé à réagir en octobre 2007, face aux accusations d’Uribe qui prétendait ainsi entraver l’action de la justice, dans le cadre des enquêtes menées sur la « parapolitique ». Il se trouve que les juges étaient sur une piste sérieuse de liens entre chefs narco-paramilitaires et de nombreux parlementaires. Résultat : 17 prisonniers et plus de 40 inculpés, tous membres de groupes politiques pro Uribe. Sans parler des gouverneurs et maires « uribistes » incarcérés.</p>
<p>Le bras de fer ne fait sans doute que commencer. Qui sait si les importantes révélations faites dans cet ouvrage par Hernando Calvo Ospina sur les mécanismes du terrorisme d’État ne seront pas, à court ou moyen terme, confirmées par les propres intéressés ? Ce document n’en a que plus de valeur. Impossible de comprendre la tragédie colombienne sans le lire attentivement.</p>
<p><strong><em>Ignacio Ramonet<br />
</em></strong></p>
<p><strong><em>Traduction de l’espagnol de : Karine Alvarez</em></strong></p>
<p>Hernado Calvo Ospina, Colombien résidant en France, est écrivain, journaliste et collaborateur du Monde Diplomatique. Il a participé à des documentaires pour la chaîne de télévision britannique BBC, la franco-allemande Arte et l’allemande ARD. Il est l’auteur de plusieurs livres qui ont été traduits en plus de dix langues.</p>
<hr />ISBN-10 : 284109720X</p>
<p>ISBN-13 : 978-2841097203<br />
Le Temps de Cerises<br />
6, avenue Edouard-Vaillant - 93500 Pantin<br />
Tél : + 33 1 49 42 99 11 - Fax : + 33 1 49 42 99 68<br />
http://www.letempsdescerises.net<br />
400 Pages, 20€</p>
<hr /><strong>Notes :</strong></p>
<p>[1] El Tiempo, Bogota, 11 mai 2000.</p>
<p>[2] Apolinar Diaz Callejas, « Colombia bajo doble fuego : crisis interior y señorío de EE UU », Papeles de cuestiones internacionales, N° 62, Madrid, 1997.</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Portrait du président Alvaro Uribe]]></title>
<link>http://reopen911.wordpress.com/?p=233</link>
<pubDate>Mon, 19 May 2008 17:24:53 +0000</pubDate>
<dc:creator>reopen911</dc:creator>
<guid>http://reopen911.wordpress.com/?p=233</guid>
<description><![CDATA[


Hernando Calvez Ospina
 






 



Extrait du nouveau livre d&#8217;Hernando Calvez Ospina
Col]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<table border="0" cellspacing="0" cellpadding="0" width="95%" align="center">
<tbody>
<tr>
<td><span class="auteur">Hernando Calvez Ospina</span></td>
<td align="right"><img src="http://reopen911.wordpress.com/img/puce2.gif" alt="" width="5" height="5" /> </td>
</tr>
</tbody>
</table>
<table border="0" cellspacing="0" cellpadding="0" width="95%" align="center">
<tbody>
<tr>
<td class="txtnormal"> </td>
</tr>
<tr>
<td class="intro">
<div>Extrait du nouveau livre d'Hernando Calvez Ospina<br />
Colombie, derrière le rideau de fumée - Histoire du terrorisme d’Etat<br />
Aux éditions du Temps des cerises<br />
Contact : Karine Alvarez : karine_tdc@yahoo.fr</div>
</td>
</tr>
<tr>
<td class="txtnormal"> </td>
</tr>
<tr>
<td class="txtnormal">
<div><a href="http://reopen911.files.wordpress.com/2008/05/capt_sge_elp98_110307203419_photo00_photo_default-421x512.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-234" src="http://reopen911.wordpress.com/files/2008/05/capt_sge_elp98_110307203419_photo00_photo_default-421x512.jpg?w=246" alt="" width="246" height="300" /></a></div>
<div>Chapitre 16 Portrait du Président</div>
<p><strong></strong></p>
<p><strong>1. Le narco- paramilitarisme entre au Parlement.</strong></p>
<div>Ce fut un véritable « bulletin de guerre triomphal ». Les élections législatives du 10 mars 2002 venaient de se dérouler quand le narco-paramilitaire Salvatore Mancuso se félicita sur Internet du fort pourcentage de candidats élus qui communiaient avec les « idéaux » paramilitaires. « Nous pouvons affirmer, chiffres en main, que notre objectif des 30 % a été largement dépassé, ce qui constitue une date marquante de l’histoire des AUC […] C’est pour nous un motif d’immense satisfaction que les candidats ayant nos préférences, issus dans leur majorité de nos bases sociales et politiques et donc fruits du vaste et solide travail de formation réalisé par les Autodéfenses, aient obtenu le soutien massif des électeurs ».</div>
<div>Le dirigeant libéral Carlos Lemos Simmons, qui pourtant ne s’était jamais fermement opposé au paramilitarisme, a déclaré face à de tels résultats électoraux: « Cela veut dire qu’aujourd’hui les Autodéfenses forment la majeure partie du Congrès et y sont la force la plus importante […] Mais ce qui est le plus effrayant dans cette affaire, c’est l’indifférence avec laquelle le pays a reçu l’annonce de tels résultats. Un événement de cette gravité n’a pas soulevé la plus minime réaction de la part des médias, des syndicats patronaux, du gouvernement, de l’Eglise, de la dite société civile ou de la communauté internationale […] Des considérations électorales indignes ont fait que ce qui était tenu pour haïssable et mauvais hier est devenu avantageux et bon aujourd’hui » (1).</div>
<div>Le ministre de l’Intérieur d’alors, Armando Estrada Villa, a confirmé les paroles de Mancuso sans toutefois annoncer de quelconques mesures à cet égard: « L’analyse qui a été faite de ces personnes, leur élection, les circonscriptions où ils furent élus se trouvant être des endroits où les paramilitaires sont influent, ,tout cela permet d’arriver à la conclusion que les paramilitaires ont donné l’ordre de voter pour ces candidats ou qu’ils sont arrivés à s’entendre pour que des pressions soient exercées sur les communautés afin qu’elles portent leurs voix sur les noms qu’ils avaient choisis » (2).</div>
<div>Tout le monde savait que dans les régions où les paramilitaires commandaient, les hommes politiques leur avaient versé 100 millions de pesos pour l’obtention d’un fauteuil au Sénat. « Comme monnaie d’échange, les seigneurs de la guerre garantissaient à leurs protégés qu’ils n’auraient pas de compétiteurs dans leurs circonscriptions et que le peuple voterait massivement pour eux le jour du scrutin. Les élus, en échange de leur « aval », fermèrent les yeux sur leurs activités et allèrent même jusqu’à adjudiquer à leurs sociétés des contrats publics » (3).</div>
<div>L’establishment savait que ces élections allaient être la concrétisation d’une avancée décisive de la paramilitarisation de l’Etat vu qu’on avait tout préparé pour cela. Le jour même du scrutin, Francisco Santos Calderon, qui allait être élu vice-président de la Colombie quelques mois plus tard, avait écrit dans son journal El Tiempo: « […] ce qui est certain, c’est que le Congrès que nous allons élire sera encore pire que celui que nous avons aujourd’hui. Il va être, à quelques exceptions près, un Congrès à la solde des caciques politiques traditionnels, des « narcos » et des paramilitaires ». Il ne s’agissait pas d’une prophétie mais de paroles prononcées en connaissance de cause.</div>
<div>On n’a pas même ouvert la plus modeste enquête officielle pour vérifier le genre de relations que certains parlementaires auraient entretenu avec les paramilitaires. Et, à l’inverse des élus de l’Union Patriotique et d’autres partis politiques de gauche ou de formations simplement critiques à l’égard du système, ces paramilitaires n’ont pas été les victimes d’un plan d’extermination. Les défenseurs du système se tuent rarement entre eux!</div>
<p><strong>2. Uribe Velez, un passé qui sent le trafic de drogue.</strong></p>
<p>Ses révélations ont coïncidé avec celles d’Ignacio Gomez Gomez qui a dû, lui aussi, quitter la Colombie pour des raisons identiques. Lorsqu’il reçut, en 2002, le Prix International de la Liberté de la Presse attribué par le Comité Mondial pour la Protection des Journalistes, CPJ, il a expliqué qu’il devait cette récompense au « travail sur les antécédents qui relient Alvaro Uribe Velez au Cartel de Medellin. Il s’agissait d’une enquête divisée en cinq parties.</p>
<div>L’une d’elles se rapportait à la coïncidence qui fit qu’au moment où Pablo Escobar siégeait au parlement et s’occupait énormément d’activités politiques ou de prosélytisme dans les quartiers pauvres de Medellin, Alvaro Uribe en était le maire et y réalisait des programmes forts parallèles à ceux de Pablo Escobar. Ensuite, Alvaro Uribe fut directeur de l’Aviation Civile. Avant lui, de 1954 à 1981, 2 339 licences avaient été accordées par l’Etat, alors qu’en 28 mois d’exercice, il réussit, lui, à en concéder 2 242, soit presque autant que pendant les 35 années précédentes, avec la circonstance aggravante qu’un très grand nombre de licences, 200 environ, est tombé aux mains du Cartel de Medellin […] On a trouvé l’hélicoptère [du père] au moment de l’héritage de ce dernier dans le laboratoire extrêmement fameux de Pablo Escobar appelé Tranquilandia. L’hélicoptère appartenait à [Alvaro] Uribe et à son frère. Il y avait aussi une relation étroite entre le père d’Uribe et le clan Ochoa, une famille très importante du Cartel de Medellin. Et la dernière partie [de la série] a été le moment où Pablo Escobar s’est évadé de prison et a essayé de passer un nouvel accord avec le gouvernement et où la personne chargée d’arriver à cet accord a été Alvaro Uribe Velez […] Sur les cinq enquêtes, nous n’avons réussi à en publier qu’une, celle qui se rapporte à l’hélicoptère. Et le jour où nous l’avons publiée, le président s’est mis excessivement en colère, il m’a insulté à la radio… ».</div>
<div>Les menaces commencèrent alors contre lui, contre le directeur du journal télévisé et contre leurs familles. La série fut arrêtée et plus aucune télévision n’accepta de la diffuser ni en Colombie ni à l’étranger…</div>
<div>C’est de cette manière que l’on apprit que l’actuel président de la Colombie avait passé les premières années de sa vie au sein d’une famille de la classe moyenne qui avait régulièrement des problèmes d’argent. Cette situation changea radicalement un beau jour, quand le père, Alberto Uribe Sierra, se mit à faire des affaires comme agioteur ou, pour utiliser une expression plus appropriée selon les investigateurs, comme homme de paille. C’est-à-dire qu’il fut le propriétaire factice de biens appartenant à des trafiquants de drogue, activité qu’il inaugura pour les caïds du clan Ochoa, des parents de son épouse. Les Uribe commencèrent à accumuler leur propre fortune ainsi que leurs propres grandes exploitations rurales. « Uribe Sierra était tellement plongé dans un monde de trafics hallucinants que, racontait un de ses amis, il pouvait s’endormir un jour à la tête de 23 propriétés ou de 10 et se réveiller le lendemain en en ayant 41 » (5). Un vrai tour de magie! Et, quel hasard, en Colombie on surnomme les « narcos » des « magiciens »!</div>
<div>Malgré ses hautes responsabilités, le président Uribe Velez ne s’est jamais expliqué avec objectivité sur l’origine de sa grande fortune. Les fois où il fut contraint d’aborder cette question, il le fit avec des phrases creuses sans rien dire de précis. Dès qu’un journaliste le presse de questions, il fait preuve d’agressivité. Aucune autorité ne s’est décidée à enquêter.</div>
<div>Le père du président est mort en juin 1983, au cour de l’attaque de son hacienda par les FARC. Les Uribe disent que les guérilleros voulaient le kidnapper et qu’il s’était retranché chez lui pour les en empêcher. Nous avons lancé cette attaque pour flanquer par terre le camp d’entraînement militaire qui s’y trouvait, assurèrent les guérilleros. Voici la partie dramatique de l’histoire. Après avoir appris l’attaque, Alvaro Uribe Velez décida de se rendre sur les lieux en hélicoptère pour tenter de sauver son père et ses frères. Interrogé à ce sujet, il répondit: « Je suis monté dans le premier hélicoptère qu’ils se sont procurés, la nuit étant presque tombée […] L’autre jour, le journal El Mundo a dit que l’hélicoptère appartenait au richissime Pablo Escobar » (6). Selon les informations parues dans la presse, l’appareil était l’un des plus modernes du pays pour la haute technologie de ses instruments de navigation et, de ce fait, le « richissime » ne le prêtait pas à n’importe qui.</div>
<div>Quand il était maire de Medellin, Uribe Velez présenta à Bogota, dans un grand concert médiatique, le programme « Medellin sans taudis ». Tout juste après, l’on sut qu’il s’agissait d’un plan doté d’un un sens civique évident financé par Escobar Gaviria qui recherchait la solidarité sociale et l’acceptation politique. Ledit programme consistait à construire mille maisons pour les donner aux familles qui dormaient dans des bicoques près d’une décharge d’ordures.</div>
<div>Les étranges « concours de circonstances » qui relient le président Uribe Velez à certains caïds du trafic de stupéfiants ne se sont pas arrêtés là. En mars 1984, la police arriva au laboratoire du traitement de cocaïne, considéré le plus grand et le plus moderne au monde, connu sous le nom de Tranquilandia, dont le propriétaire majoritaire était Escobar Gaviria. S’y trouvaient plusieurs appareils d’aviation dont trois avaient des licences de vol délivrées par l’Aéronautique Civile du temps où son directeur était Alvaro Uribe Velez (mars 1980, août 1982). On découvrit aussi un hélicoptère dont les frères Uribe Velez avaient hérité…</div>
<div>En dépit de tous ces faits, le président affirma avec insistance: « Je n’ai pas eu de relations avec Escobar, pas même à l’époque où il était fréquentable » (7).</div>
<div>Après avoir quitté la direction de l’Aéronautique, le futur président colombien fut élu gouverneur du département d’Antioquia. Du haut de cette charge, il devint le promoteur et l’incitateur principal des Coopératives de Sécurité Rurales, « Vivre ensemble ». Carlos Castaño Gil, chef paramilitaire, devait dire qu’Uribe Velez réussit à « faire prospérer des coopératives de Sécurité avec lesquelles je n’avais jamais été d’accord. Je ne vais pas nier qu’elles rendaient service aux Autodéfenses, mais avec elles, on n’a pas tellement avancé. Ce sont les trafiquants de drogue qui en ont profité lorsqu’ils se sont occupés de monter de petites « Vivre ensemble » sur leurs terres » (8).</div>
<div>Le 30 juillet 2004, le Président de la Colombie réfuta publiquement un document émanant de la Defense Intelligence Agency (DIA), une dépendance du Pentagone qui est un des services de sécurité les plus secrets et les plus puissants des Etats-Unis. Ce rapport qui avait été déclassifié au mois de mai précédent, disait dans l’alinéa 82: « Alvaro Uribe Velez – un politicien et sénateur colombien qui se consacre à la collaboration avec le cartel de Medellin à un haut niveau gouvernemental. Uribe était lié à une entreprise impliquée dans des activités de narcotrafic aux Etats-Unis. Son père a été assassiné en Colombie, en raison de ses liens avec les narcotrafiquants. Uribe a travaillé pour le cartel de Medellin et c’est un ami proche de Pablo Escobar Gaviria » (9).</div>
<div>Le communiqué de la Présidence n’a présenté aucun argument capable de démentir de façon catégorique une révélation d’une telle gravité. Par contre, il a essayé de faire débouter le rapport de la DIA sous prétexte qu’« il s’agit d’une information qui n’a pas été vérifiée », ce que dit effectivement le texte: « Not finally evaluated ». Ce qui est frappant, c’est que cette information a bel et bien été utilisée au cours d’enquêtes et de procès afin de mettre en cause de nombreux narcotrafiquants dont la description figurait dans ses pages…</div>
<p><strong></strong></p>
<p><strong>3. Les parents du président…</strong></p>
<div>« Je n’en ai pas la moindre idée, je n’en ai rien su », a répondu le président Uribe Velez au journaliste qui le questionnait. Pas un mot de plus. La veille, le 21 juin 2005, au cours d’une session du parlement, le congressiste Gustavo Petro Urrego avait affirmé que, Santiago, le frère du président colombien avait été mis en examen par la justice pénale pour création d’un groupe paramilitaire et assassinats de plusieurs paysans. « Dans des procédures judiciaires anciennes, le frère du président de la république fait figure d’accusé pour avoir autorisé, protégé et établi des groupes paramilitaires » soutenait Petro Urrego.</div>
<div>Un groupe paramilitaire appelé « Les douze apôtres » avait été basé dans l’hacienda « La Carolina », dans le département d’Antioquia, dont les frères Uribe Velez sont les copropriétaires. En 1997, le ministère Public avait interrogé le frère du président au sujet de délits criminels, d’enlèvements de personnes, d’extorsion de fonds et assassinats commis entre 1993 et 1994 par « Les douze apôtres ». Le groupe paramilitaire avait été accusé d’avoir assassiné 50 personnes et d’avoir perpétré le massacre d’un groupe de six personnes dont deux sont toujours portées « disparues » alors que les corps des quatre autres ont été retrouvés. Sur ce cas, une plainte a été déposée auprès de la Commission Interaméricaine des Droits de l’Homme.</div>
<div>Le soir même de la dénonciation faite par le parlementaire, le procureur Luis Camilo Osorio confirmait que le frère du président avait fait l’objet d’une instruction en 1999 mais en indiquant qu’un « arrêt inhibitif [avait été rendu] en faveur de Monsieur Uribe Velez et qu’on avait ordonné le classement définitif » de l’affaire, la même année.<br />
Petro Urrego mit l’accent sur le fait qu’il est du devoir d’Alvaro Uribe Velez, en tant que président, « d’expliquer à toute la Colombie ce qui s’est passé pendant la procédure judiciaire ouverte contre son frère et ce qui le reliait directement au paramilitarisme et à des crimes contre l’humanité… ».</div>
<div>Le parlementaire dénonça aussi le fait que trois parents du président colombien, dont deux de ses cousins germains, avaient commandé une autre bande paramilitaire connue sous le nom de « Los Erre » et soupçonnée d’avoir assassiné une cinquantaine de personnes dans plusieurs communes du département d’Antioquia. Ces parents furent condamnés en première instance et furent incarcérés pendant près d’une année, jusqu’à ce qu’un juge d’appel les remette en liberté et archive le dossier pour insuffisance de preuves. Les parents du président, Carlos Alberto Velez Ochoa, Juan Diego Velez Ochoa et Mario Velez Ochoa, sont aussi de la famille des caïds Ochoa…</div>
<div>« Je proteste contre Uribe qui a l’audace de défendre une loi qui réclame l’impunité des paramilitaires alors qu’il sait que ses proches parents sont poursuivis pour paramilitarisme… ». Telles ont été les paroles accusatrices que Petro Urrego lança pendant la fameuse session du Parlement colombien, couronnée par le vote de la dénommée « Loi de Justice et de Paix » qui confère un statut politique aux narco-paramilitaires qui sont en « négociation » avec le gouvernement du président Uribe Velez. Une loi qui devrait profiter à sa famille…</div>
<div>Notes du chapitre 16<br />
1) El Tiempo. Bogota, 28 mars 2002.<br />
2) El Colombiano. Medellín, 24 avril 2002.<br />
3) « Los tentáculos de las AUC ». Semana. Bogota, 10 juillet 2005.<br />
4) Garavito et le correspondant pour l’Amérique Latine de la revue étasunienne Newsweek, Joseph Contreras, ont publié Biografía no autorizada de Alvaro Uribe Velez. (El señor de las Sombras). Ed. Oveja Negra. Bogota, 2002. Cet ouvrage est disponible gratuitement en espagnol sur le site: www.arlac.be/2007/biografia_auv.pdf<br />
5) El Mundo. Medellín, 16 juin 1983.<br />
6) El Tiempo. Bogota, 21 avril 2002.<br />
7) El Tiempo. Bogota, 21 avril 2002.<br />
8 ) Aranguren Molina, Mauricio. Op.cit.<br />
9) L’information complète est disponible sur le site:<strong> </strong><a href="http://www.gwu.edu/~nsarchiv/NSAEBB/NSAEBB131/index.htm"><strong>http://www.gwu.edu/~nsarchiv/NSAEBB/NSAEBB131/index.htm</strong></a></div>
<div><strong> </strong></div>
<div><a href="http://www.michelcollon.info/articles.php?dateaccess=2008-04-26%2006:19:23&#38;log=invites"><strong>http://www.michelcollon.info/articles.php?dateaccess=2008-04-26%2006:19:23&#38;log=invites</strong></a></div>
<p>Après la publication d’une série d’enquêtes qu’il avait menées sur les connections pouvant exister entre le narcotrafic, le paramilitarisme et le candidat de l’époque à la présidence, Alvaro Uribe Velez, Fernando Garavito Pardo, chroniqueur à El Espectador, a reçu des menaces de mort qui l’ont contraint à s’exiler en mars 2002 (4).</td>
</tr>
</tbody>
</table>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[L'ordinateur de gauche et l'ordinateur de droite, Interpol, les FARC et Chavez ]]></title>
<link>http://reopen911.wordpress.com/?p=231</link>
<pubDate>Sat, 17 May 2008 13:50:01 +0000</pubDate>
<dc:creator>reopen911</dc:creator>
<guid>http://reopen911.wordpress.com/?p=231</guid>
<description><![CDATA[
Le 1er mars 2008, dix bombes GBU 12 Paveway - de 227 kilos chacune - explosaient en pleine jungle ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class="chapeau">
<h3 class="access">Le 1er mars 2008, dix bombes GBU 12 Paveway - de 227 kilos chacune - explosaient en pleine jungle équatorienne rasant toute la végétation aux alentours et laissant des cratères de 2.40 mètres de diamètre et 1.80 mètres de profondeur. (1)[1] La Colombie venait de violer la souveraineté de l'Equateur et d'assassiner Raul Reyes, le principal négociateur pour la libération d'Ingrid Bétancourt et des autres otages retenus par la guérilla.</p>
<p>Romain Migus</h3>
</div>
<p><br class="texte clear" />Au sol, les combattants des FARC et des étudiants de l'Université de Mexico ne résistèrent pas à un bombardement d'une telle ampleur. En revanche, gisait au beau milieu des cratères un ordinateur indestructible qui contient, selon Bogota, des informations cruciales sur les alliances régionales.</p>
<p>Cet ordinateur dont la marque n'est malheureusement pas connue, c'est l'ordinateur de Raul Reyes. C'est l'ordinateur de gauche.</p>
<p>Rappelons, avant d'aller plus loin, que les relations avec les FARC sont tout ce qu'il y a de plus normal pour les voisins de la Colombie. L'ancien vice-président vénézuélien, José Vicente Rangel, rappelait il y a peu, qu'avant l'arrivée de Chavez au pouvoir, un responsable des FARC disposait d'un bureau au ministère des Affaires étrangères vénézuélien, notamment pour traiter des dommages collatéraux du conflit colombien au Venezuela. Imaginez qu'une armée de quinze mille hommes en guerre contre le pouvoir suisse stationne près du lac Léman. Il y a fort à parier que le gouvernement français, mais aussi les autorités régionales et locales entretiendront des relations avec des responsables de cette armée pour éviter des dérapages en France.</p>
<p>Le Venezuela et l'Equateur : cibles des accusations</p>
<p>Le 3 mars, soit deux jours à peine après l'agression de l'Equateur par la Colombie, le gouvernement d'Alvaro Uribe commence à dévoiler une partie du contenu de l'ordinateur de gauche. Les preuves abonderaient pour prouver l'alliance régionale entre l'Equateur et le Venezuela et les FARC.</p>
<p>Dans le cas du Venezuela, Chavez est accusé d'avoir reçu 100 millions de pesos (environ 35.000 euros) de la guérilla lorsqu'il était en prison (1992-94), et en retour de financer la guérilla pour 300 millions de dollars. De même, le Venezuela est accusé de faciliter le trafic d'armes pour le compte des FARC, voire même d'armer les rebelles colombiens.</p>
<p>En ce qui concerne l'Equateur, les autorités colombiennes accusèrent le ministre de l'Intérieur équatorien, Gustavo Larrea, de connivence avec les FARC. Une photo prétendûment tirée de l'ordinateur de gauche montre Raul Reyes conversant selon les autorités colombiennes avec le ministre équatorien. La nouvelle fait le tour du monde, jusqu'à ce que Patricio Echegaray, secrétaire général du Parti Communiste Argentin déclare que c'est lui qui apparaît sur la photo. Qu'importe, le mal est fait. De plus, d'autres documents prouveraient la connivence de Quito avec les FARC.</p>
<p>Les gouvernements équatorien et vénézuélien rejettent ces accusations, soulignant l'invraisemblable indestructibilité de l'ordinateur et le fait que Bogota a pu fabriquer de fausses preuves.</p>
<p>Alvaro Uribe va donc faire appel à Interpol pour donner une résonance médiatique mondiale à ses accusations.</p>
<p>Une mission de crise est envoyée à Bogota. Elle est dirigée par un ancien directeur du département du Trésor étatsunien et ancien fonctionnaire du ministère de la Justice de ce pays: Ronald Kenneth Noble, actuel secrétaire général de Interpol. Imaginons un instant qu'un ancien fonctionnaire cubain, biélorusse ou iranien ait été nommé chef de cette mission et que son rapport favorise nettement le Venezuela. On peut légitimement penser que la machine médiatique aurait hurlé à la fraude. Mais il est bien connu que les Etats-Unis ne fraudent pas…</p>
<p>Que dit le rapport d'Interpol ? (2)[2]</p>
<p>- Que les fichiers des ordinateurs, des disques durs externes et des clés USB pèsent 609.6 gigaoctets soit 39.5 millions de pages Word.</p>
<p>En conférence de presse, Ronald Kenneth Noble, a souligné que vu l'ampleur des fichiers cela prendrait plus de "mille ans pour en vérifier le contenu" et qu'Interpol n'avait pas vérifié l'authenticité du contenu des preuves. Autrement dit, ce qu'Interpol peut fait en mille ans, les Colombiens l'ont réalisé en 48 heures, du 1er mars date du bombardement, au 3 mars, date de la première déclaration sur les prétendues preuves de l'ordinateur de gauche. Notons au passage que les informaticiens colombiens allient la rapidité à la chance puisqu'ils ont seulement ouvert des fichiers incriminant le Venezuela et l'Equateur. Rien sur les relations des FARC avec la France ou le Brésil, par exemple.<br />
Que s'est-il donc passé durant ces 48 heures ? Le rapport d'Interpol est limpide:</p>
<p>- "L'accès aux données contenues dans les huit pièces à conviction informatiques provenant des FARC entre le 1er mars 2008, date à laquelle elles ont été saisies par les autorités colombiennes, et le 3 mars 2008 à 11 h 45, lorsqu'elles ont été remises au Grupo Investigativo de Delitos Informáticos de la Police judiciaire colombienne, n'a pas été effectué conformément aux principes reconnus au niveau international (c'est nous qui soulignons) en matière de traitement des éléments de preuve électroniques (…) En d'autres termes, au lieu de prendre le temps de créer des images des contenus de chacune des huit pièces à conviction saisies en les protégeant contre l'écriture avant d'y accéder, ils ont accédé directement aux données en question."</p>
<p>Bizarrement, c'est précisément durant ce laps de temps où la police judiciaire colombienne attend les ordinateurs que sont révélées les prétendues preuves. C'est-à-dire que ces prétendues preuves ne sont pas le travail scientifique des informaticiens de la police mais d'une officine de l'armée colombienne qui n'a pas pris le soin de créer des images des contenus des documents avant de les ouvrir.</p>
<p>- De plus selon le rapport d'Interpol, des fichiers systèmes ont été créés ou modifiés après le bombardement du camp guérillero:</p>
<p>"83. L'examen de la pièce à conviction N° 26 – un ordinateur portable – a révélé les incidences suivantes sur les fichiers le 1er mars 2008 ou après cette date :<br />
273 fichiers système ont été créés ;<br />
373 fichiers système et utilisateur ont fait l'objet d'accès ;<br />
786 fichiers système ont été modifiés ;<br />
488 fichiers système ont été supprimés."</p>
<p>(C'est identique pour toutes les pièces à convictions: voir les points 84, 85, 86, 87, 88, 89, 90 du rapport)</p>
<p>- Certes le rapport affirme que les fichiers utilisateurs (texte word, photos, etc…) n'ont ni été modifiés ni créés après le 1er mars. Mais dans la même conclusion, Interpol souligne qu'il existe dans toutes les pièces à conviction des milliers de fichiers datés de 2009 ou 2010.</p>
<p>Concernant ces fichiers, Interpol conclut "que ceux-ci ont été créés à une date antérieure au 1er mars 2008 sur une ou plusieurs machines dont les paramètres de date et d'heure système étaient incorrects."</p>
<p>Or, comment attester de l'authenticité des fichiers s'il est si simple de changer la date de la création du document ? Autrement dit, l'officine de l'armée colombienne qui a eu pendant 48 heures les pièces à conviction aurait très bien pu créer un document en l'antidatant. Surtout si, comme le révèle Interpol, les fichiers systèmes ont été modifiés.</p>
<p>Comme on le voit, le rapport d'Interpol soulève plus de questions sur la validité des documents de l'ordinateur de gauche qu'il n'apporte de réponses. Qu'importe, le tsu-na-mi médiatique s'abat déjà sur le Venezuela (mais pas sur l'Equateur, allez savoir pourquoi…).<br />
Marie Delcas du Monde (3)[3] , confondant le travail de juge avec celui de journaliste, reprend à son compte les accusations du gouvernement colombien, alors que, rappelons-le, d'une part Interpol ne s'est pas prononcé sur le contenu des documents, d'autre part le rapport jette de forts doutes sur l'authenticité de l'origine des documents.</p>
<p>On aimerait que Marie Delcas puisse répondre à l'invitation lancée par le président équatorien Rafael Correa depuis Paris le 13 mai dernier: "Nous ne donnons aucune crédibilité à ces ordinateurs, mais si quelqu'un le fait, alors il devra aussi accorder de la crédibilité lorsque les FARC accusent Uribe d'être un paramilitaire et un narcotrafiquant". Jusqu'à maintenant, pas une ligne dans le Monde ou dans les autres médias sur ce sujet…</p>
<p>Et pourtant…</p>
<p>L'ordinateur de droite</p>
<p>Et pourtant, il existe un autre ordinateur. Celui-là a encore son propriétaire vivant pour authentifier les documents saisis. Cet ordinateur-là appartient au chef paramilitaire Rodrigo Tovar, alias "Jorge 40". C'est l'ordinateur de droite.</p>
<p>Dans l'ordinateur de droite, saisi en 2006, ont été trouvées des preuves de plus de cinquante assassinats perpétrés par les paramilitaires (4)[4] contre des leaders syndicaux et de mouvements sociaux en 2005 et 2006.</p>
<p>De plus, une liste d'élus colombiens (sénateurs, députés, maires, gouverneurs) parrainés par les paramilitaires va être mise à jour. Des dizaines d'élus bénéficient de la protection, du financement, des contacts et des moyens de pression des paramilitaires. Et, plus grave, l'ordinateur de droite compte mêmes des preuves de fraudes électorales organisées par les paramilitaires pour diverses élections dont celle du président Alvaro Uribe.</p>
<p>L'ordinateur de droite va être le déclencheur du scandale de la parapolitique en Colombie. Ce néologisme fait allusion au lien unissant certains hommes politiques, des membres des services secrets, des hommes d'affaires avec les groupes mafieux paramilitaires, connus entre autres pour découper leurs victimes à la tronçonneuse et jouer au football avec leur tête.</p>
<p>A-t-on eu besoin d'appeler Interpol pour prouver l'authenticité des documents trouvés dans l'ordinateur de droite ? Non, car son propriétaire, Jorge 40, a confirmé par la suite l'authenticité des documents.</p>
<p>Mais Jorge 40 ne va pas s'arrêter à ce témoignage. Il confirme l'existence des Accords de Ralito. Une alliance officielle, avec documents signés à l'appui, entre quatre chefs paramilitaires et 29 personnalités politiques (députés, sénateurs, maires, gouverneurs de régions), un journaliste, et deux propriétaires terriens pour "refonder la Patrie" et "protéger la propriété privée". Lors de la signature de ces accords, on a pu noter la présence du conseiller de Nicolas Sarkozy, le bourreau argentin Mario Sandoval (5)[5] .</p>
<p>Le scandale de la parapolitique touche désormais des ministres et l'actuel vice-président dont la famille possède le seul quotidien de diffusion nationale. Le cercle se réduit autour d'Alvaro Uribe.</p>
<p>Qu'à cela ne tienne, les Etats-Unis viennent d'obtenir l'extradition de Jorge 40 et de 12 autres chefs paramilitaires. Jorge 40 et son ordinateur n'ont désormais plus de compte à rendre à la justice et au Peuple colombien. L'ordinateur de droite était gênant, on a pu le faire disparaître discrètement pendant que tous les médias parlaient de l'ordinateur de gauche. Raul Reyes, lui, n'est plus là pour témoigner de l'authenticité des documents de son ordinateur indestructible…</p>
<p>Romain Migus</p>
<p>Notes :</p>
<p>[1] Rapport des Forces Armées Equatoriennes, cité par El Commercio: http://www2.elcomercio.com/noticiaEC.asp?id_noticia=178869&#38;id_seccion=4</p>
<p>[2] Rapport d'expertise d'Interpol sur les ordinateurs et le matériel informatique des Farcs saisis par la Colombie: http://www.interpol.int/Public/ICPO/PressReleases/PR2008/pdfPR200817/ipPublicAbstractFR.pdf</p>
<p>[3] Marie Delcas, "Le Venezuela est accusé d'avoir fourni armes et argent aux FARC", Le Monde, 16/05/08.</p>
<p>[4] Pour en savoir plus sur les pratiques des groupes paramilitaires colombiens, lire l'excellent article de Jorge Chavez Morales, "Offensive paramilitaire au Venezuela": http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=32272 .</p>
<p>[5] Sur ce sujet voir Nora Veiras, "Talento Argentino para el gobierno de Francia", Pagina 12, 16/03/08. http://www.pagina12.com.ar/diario/elpais/1-100805-2008-03-16.html#inicio</p>
<p><br class="texte clear" /></p>
<div id="date" class="date">
<div class="access">Samedi 17 Mai 2008</div>
</div>
<p><br class="texte clear" /></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Amérique latine : la démocratie attaquée]]></title>
<link>http://reopen911.wordpress.com/?p=212</link>
<pubDate>Fri, 02 May 2008 11:14:35 +0000</pubDate>
<dc:creator>reopen911</dc:creator>
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<description><![CDATA[&#8220;Les média étaient notre arme secrète&#8221;
par John Pilger, Mondialisation.ca, Le 30 avri]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<h3 style="text-align:center;">"Les média étaient notre arme secrète"</h3>
<p><em>par John Pilger, </em><a href="http://www.mondialisation.ca/"><em>Mondialisation.ca</em></a><em>, Le 30 avril 2008</em></p>
<p>Au-delà du bruit et de la fureur de sa conquête de l’Irak et de sa campagne contre l’Iran, la première puissance mondiale mène une guerre discrète sur un autre continent, l’Amérique latine. En ayant recours à des intermédiaires, Washington vise à restaurer et renforcer le contrôle politique d’un groupe de privilégiés qui prétendent appartenir aux classes moyennes, à détourner la responsabilité des massacres et trafics de drogue du régime psychotique colombien et ses maffieux, et d’écraser les espoirs de la majorité pauvre d’Amérique latine qui ont été soulevés par les gouvernements réformistes du Venezuela, de l’Equateur et de la Bolivie.</p>
<p class="spip" align="justify">En Colombie, le principal champ de bataille, la véritable nature de la lutte, une lutte de classes, est brouillée par les FARC qui se livrent aux enlèvements et trafics de drogue, fournissant ainsi des arguments à ceux qui tentent de salir l’image de tous ceux qui ont marqué l’histoire épique de la rébellion en Amérique latine par leur opposition au proto-fascisme du régime de Bush. « <em>On ne combat pas le terrorisme par le terrorisme</em>, » a déclaré le Président Hugo Chavez lorsque les avions de guerre US écrasèrent sous leurs bombes des milliers de civils afghans, après les attentats du 11 septembre. C’est ainsi qu’il devint l’homme à abattre. Pourtant, comme tous les sondages le confirment, il ne faisait qu’exprimer l’opinion de la grande majorité des gens qui ont compris que la « guerre contre le terrorisme » était en réalité une croisade pour la domination. Pratiquement le seul chef d’Etat à oser défier Bush, Chavez fût déclaré un ennemi, et son projet d’une social-démocratie indépendante des Etats-Unis fût considéré comme une menace pour le contrôle du continent par Washington. « <em>Pire encore</em>, » écrivait le spécialiste de l’Amérique latine, James Petras, « <em>la politique nationaliste de Chavez représentait une alternative en Amérique latine au moment (2002-2003) où les insurrections massives, les révoltes populaires, les chutes de régimes marionnettes des Etats-Unis (Argentine, Equateur, Bolivie) faisaient tous les jours la une des journaux</em>. »</p>
<p class="spip" align="justify">Il est impossible de sous-estimer la menace que cette alternative représente aux yeux des « classes-moyennes » de ces pays où foisonnent privilèges et misères. Au Venezuela, leur « <em>grotesque fantasme à affirmer qu’ils sont gouvernés par un dictateur communiste brutal</em> », pour citer Petras, rappelle la paranoïa de la population blanche qui soutenait le régime de l’Apartheid en Afrique du Sud. Comme en Afrique du Sud, le racisme est omniprésent au Venezuela où les pauvres sont ignorés, méprisés ou traités avec condescendance, et où un commentateur peut se permettre de qualifier Chavez, qui est métissé, de « singe ». Ce venin est dispensé par les super-riches qui vivent derrière les murs de quartiers appelés « Country Club », mais aussi par ceux des classes moyennes qui aspirent à les rejoindre, cadres, journalistes, publicitaires, artistes, éducateurs et autres professions qui s’identifient à tout ce qui vient des Etats-Unis. Les journalistes ont joué un rôle clé – rôle reconnu par un des dirigeants et financiers du coup d’état avorté contre Chavez en 2002. « <em>Nous n’aurions pas pu le faire sans eux</em>, » dit-il. « <em>Les média étaient notre arme secrète</em> ».</p>
<p class="spip" align="justify">Bon nombre de ces gens se considèrent comme « progressistes » et ont leurs entrées auprès des journalistes étrangers qui aiment se dire « de gauche ». Ce n’est pas une surprise. Lorsque Chavez fût élu la première fois en 1998, le Venezuela n’était pas une dictature archétype de l’Amérique latine, mais une démocratie libérale avec certaines libertés, dirigée par et pour ses élites qui pillaient les revenus pétroliers en laissant quelques miettes aux millions d’invisibles des <em>barrios</em>. Un pacte entre les deux partis principaux, appelé « puntofijismo », ressemblait à la convergence entre le New Labour et les Conservateurs en Grande Bretagne, ou les Républicains et les Démocrates aux Etats-Unis. A leurs yeux, l’idée de souveraineté populaire représentait un anathème, et le représente encore.</p>
<p class="spip" align="justify">Prenez le cas de l’éducation supérieure. A l’Université Centrale Vénézuélienne, un établissement « public » financé par l’argent des contribuables et réservé à l’élite, plus de 90 pour cent des étudiants sont issus des classes supérieures et « moyennes ». Ce milieu élitiste, avec d’autres, a été infiltré par des groupes liés à la CIA et, lorsqu’ils ont défendu leurs privilèges, ont été soutenus par des « progressistes » à l’étranger.</p>
<p class="spip" align="justify">Dans la guerre contre la démocratie en Amérique latine, la ligne de front est la Colombie et la cible principale est Chavez. Il est facile de comprendre pourquoi. Une des premières mesures de Chavez a été de relancer l’organisation des producteurs de pétrole, l’OPEP, et forcer le prix du pétrole à des niveaux historiques. Dans le même temps, il a réduit le prix du pétrole pour les pays les plus pauvres de la région des Caraïbes et d’Amérique centrale. Il a utilisé la nouvelle richesse du Venezuela pour rembourser la dette, notamment celle de l’Argentine, et <em>de facto</em> a expulsé le Fonds Monétaire International d’un continent sur lequel, jadis, ce dernier régnait. Il a réduit de moitié la pauvreté tandis que le PNB grimpait. Et surtout, il a donné aux pauvres l’espoir de voir leurs vies s’améliorer.</p>
<p class="spip" align="justify">L’ironie de l’histoire est que Chavez, contrairement à Fidel Castro à Cuba, ne représente aucune menace réelle pour les riches qui sont devenus encore plus riches sous son gouvernement. Mais il a démontré qu’une social-démocratie pouvait se développer et s’occuper réellement des plus démunis, et sans les affres du « néolibéralisme » - une notion très peu progressiste qui fût endossée à une époque par le Parti Travailliste britannique. Ces Vénézuéliens ordinaires qui se sont abstenus lors du référendum l’année dernière voulaient protester et dire qu’une social-démocratie « modérée » n’était pas suffisante lorsque la corruption des fonctionnaires se poursuit et que les égouts débordent.</p>
<p class="spip" align="justify">De l’autre côté de la frontière avec la Colombie, les Etats-Unis ont transformé le voisin du Venezuela en Israel de l’Amérique latine. Dans le cadre du « Plan Colombie », plus de 6 milliards de dollars d’armes, d’avions, de forces spéciales, de mercenaires et de logistique ont été déversés sur un des groupes les plus sanguinaires de la planète. Héritiers du Chili de Pinochet et autres juntes militaires qui ont terrorisé l’Amérique latine pendant toute une génération, leurs divers Gestapos ont été formées à l’Ecole des Amériques en Géorgie. « <em>Non seulement nous leur avons appris à torturer</em> » m’a confié un ancien instructeur étatsunien, « <em>mais aussi à tuer, assassiner, éliminer.</em> » Et ceci est encore vrai en ce qui concerne la Colombie, où le terrorisme d’état généralisé a été largement documenté par Amnesty, Human Rights Watch et de nombreux autres groupes. Dans une étude de 31.656 cas d’assassinats et disparitions entre 1996 et 2006, la Commission Colombienne de Juristes a découvert que 46 pour cent des meurtres avaient été commis par les escadrons de la mort et 14 pour cent par les FARC. Les paramilitaires étaient responsables de plus de 3 millions de personnes déplacées dans le pays. Cette misère est le résultat de la soi-disant « guerre contre la drogue » du Plan Colombie, dont le véritable objectif est l’élimination des FARC. A cette fin, une nouvelle guerre d’usure a été déclenchée contre les nouvelles démocraties populaires, particulièrement le Venezuela.</p>
<p class="spip" align="justify">Les forces spéciales US « conseillent » les militaires colombiens de traverser la frontière avec le Venezuela et d’assassiner et d’enlever ses citoyens et d’y infiltrer des paramilitaires afin de tester la loyauté des forces armées vénézuéliennes. Le modèle suivi est celui de la campagne de la <em>Contra</em> dirigée par le CIA au Honduras dans les années 80 pour renverser le gouvernement réformiste du Nicaragua. La défaite des FARC est à présent considérée comme un prérequis à une attaque en bonne et due forme contre le Venezuela au cas où l’élite vénézuélienne – revigorée par son étroite victoire au référendum de l’année dernière - réussit à élargir sa base lors des élections locales et nationales prévues au mois de novembre 2008.</p>
<p class="spip" align="justify">L’homme des Etats-Unis et le Pinochet de la Colombie est Alvaro Uribe. En 1991, un rapport déclassifié des serves de renseignement de l’armée des Etats-Unis révélait que le sénateur (à l’époque) Uribe « travaillait pour le Cartel de Medellin » en tant « qu’ami proche » du baron du cartel de la drogue, Pablo Escobar. A ce jour, 62 de ses alliés politiques ont fait l’objet d’enquêtes pour complicité avec les paramilitaires. Une des principales caractéristiques de son règne est le sort réservé aux journalistes qui osent éclairer le côté sombre du personnage. L’année dernière, quatre journalistes ont reçu des menaces de mort après avoir critiqué Uribe. Depuis 2002, au moins 31 journalistes ont été assassinés en Colombie. Une autre habitude d’Uribe est d’accuser les syndicalistes et les militants des droits de l’homme de « collaborer avec les FARC ». C’est une manière de les « marquer ». Les escadrons de la mort colombiens, écrit Jenny Pearce, auteur du livre <em>Under the Eagle : US Intervention in Central America and the Caribbean</em> (1982) « <em>sont de plus en plus actifs, confiants dans le fait que le président (Uribe) a si bien réussi à mobiliser le pays contre les FARC et que leurs atrocités pourront ainsi passer quasi inaperçues</em> ».</p>
<p class="spip" align="justify">Uribe était personnellement soutenu par Tony Blair, ce qui est assez typique de l’interventionnisme ancien mais discret de la Grande Bretagne en Amérique latine. Une « assistance contre insurrectionnelle » est fournie à l’armée colombienne, impliquée jusqu’au cou aux escadrons de la mort, ainsi qu’un entrainement dispensé par des (forces spéciales) SAS à des unités telles que les Bataillons de Haute Montagne, souvent condamnés pour leurs atrocités. Le 8 mars, des officiers Colombiens furent invités par le Foreign Office (<em>ministère des affaires étrangères britannique – ndt</em>) à un « séminaire sur la contre-insurrection » au centre de conférences de Wilton Park au sud de l’Angleterre. Il est rare que le Foreign Office parade aussi ouvertement avec les tueurs qu’il forme.</p>
<p class="spip" align="justify">Les rôle des médias occidentaux suit d’anciens modèles, comme les campagnes qui ont ouvert la voie à l’éclatement de la Yougoslavie et le crédit accordé aux mensonges sur les armes de destruction massive en Irak. La préparation psychologique pour une attaque contre le Venezuela est en bonne voie, avec la répétition des mêmes types de mensonges et de calomnies.</p>
<h4>La route de la Cocaine</h4>
<p class="spip" align="justify">Le 3 février, le journal « the Observer » consacra deux pages aux accusations de complicité entre Chavez et les trafiquants de drogue colombiens. Similaires aux célèbres articles du journal sur les soi-disant liens entre Saddam Hussein et Al Qaeda, le titre du journal disait « Révélation : le rôle de Chavez dans la route de la Cocaïne vers l’Europe ». Allégations gratuites, rumeurs non recoupées, aucune source identifiée. En réalité, le journaliste a même écrit, avec la volonté évidente de se couvrir, qu’ « <em>aucune de mes sources n’a accusé Chavez d’avoir un rôle direct dans le gigantesque business du trafic de drogue en Colombie</em>. »</p>
<p class="spip" align="justify">En fait, le Bureau des Nations Unies sur le Crime et la Drogue a rapporté que le Venezuela participait pleinement dans les opérations antidrogues et qu’en 2005 avait saisi la troisième plus grosse quantité de cocaïne au monde. Même le Ministre des Affaires Etrangères a reconnu « l’énorme effort de coopération de la part du Venezuela ».</p>
<p class="spip" align="justify">Les calomnies sur la drogue ont récemment été renforcées par des articles sur « <em>les alliances de plus en plus ouverts entre Chavez et les FARC</em> » (voir l’article "Dangerous liaisons", New Statesman, 14 Avril). Là encore, « aucune preuve », dit le secrétaire général de l’Organisation des Etats Américains. A la demande d’Uribe, avec l’appui du gouvernement français, Chavez a joué le rôle de médiateur pour la libération d’otages retenus par les FARC. Le 1er mars, les négociations furent sabotées par Uribe qui, avec l’appui logistique des Etats-Unis, a fait tirer des missiles sur un camp en Equateur, tuant Raul Reyes, le premier négociateur des FARC. Selon les militaires colombiens, un « courrier électronique » découvert dans l’ordinateur portable de Reyes montre que les FARC ont reçu 300 millions de dollars de la part de Chavez. L’accusation est fausse. Le document en réalité mentionne Chavez dans une affaire d’échange d’otages. Et le 14 avril, Chavez a sévèrement critiqué les FARC. « <em>Si j’étais un guérillero</em>, » dit il, « <em>je n’aurais pas besoin de retenir une femme, un homme qui ne sont pas soldats. Libérez les civils !</em> »</p>
<p class="spip" align="justify">Tous ces mensonges ont cependant un objectif. Le 10 mars, l’administration Bush a annoncé qu’elle avait entamé la procédure pour placer le Venezuela sur la liste des « états terroristes », en compagnie de la Corée du Nord, de la Syrie, de Cuba, du Soudan et de l’Iran, ce dernier pays étant actuellement dans l’attente d’une attaque de la part du plus grand état terroriste au monde.</p>
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</item>
<item>
<title><![CDATA[Opinion : Bruit de bottes et rideau de fumée en Amérique latine, par Jean-Luc Mélenchon]]></title>
<link>http://reopen911.wordpress.com/?p=134</link>
<pubDate>Fri, 07 Mar 2008 20:03:46 +0000</pubDate>
<dc:creator>reopen911</dc:creator>
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<description><![CDATA[
La crise andine a un « arrière plan non dit », note M. Mélenchon, c’est le « conflit fro]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div style="margin-top:30px;margin-bottom:30px;" class="txtArt">
<p class="txtChapo"><font color="#000000">La crise andine a un « arrière plan non dit », note M. Mélenchon, c’est le « conflit frontalier sur le partage du golfe de Maracaïbo qui compte beaucoup de pétrole offshore. » La personnalité de M. Uribe, l’allié de Washington, soulève également des interrogations. « En 1991, un rapport officiel du Pentagone américain classait Uribe parmi la centaine de personnalités directement impliquées dans le soutien au narcotrafic en Colombie, » nous rappelle-t-il.</font></p>
<p><font color="#000000"><img src="http://contreinfo.info/IMG/arton1797.jpg" style="float:left;margin:0 10px 5px 0;" /> </font></p>
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<p class="spip"><strong><font color="#000000">Jean-Luc Mélenchon, 5 mars 2008</font></strong></p>
<p class="spip"><font color="#000000">Le président colombien, Alvaro Uribe, essaie de détourner l’attention du cœur de l’affaire : la violation par l’armée colombienne du territoire équatorien.</font></p>
<p class="spip"><font color="#000000">Ce n’est pas une première. Les paramilitaires colombiens entrent au Venezuela assez régulièrement. Avec le lancement du « Plan Colombie », la Colombie est devenue coutumière des incursions militaires chez ses voisins. Notamment via les groupes militaires conjoints avec les Etats-Unis. Ces incursions se sont multipliées, officiellement au nom de la lutte anti-drogue. Une couverture facile pour la répression politique ou les opérations purement militaires.</font></p>
<p class="spip"><font color="#000000">Mais surtout il y a le contexte, l’arrière plan non dit. Colombie et Venezuela sont aussi en conflit frontalier sur le partage du golfe de Maracaïbo qui compte beaucoup de pétrole offshore. Les provocations d’Alvaro Uribe permettent de préparer une utile diabolisation de Chavez avant d’éventuels conflits publics à ce sujet. L’annonce par Bush de son soutien total (brrrr !) à la « démocratie colombienne » est ainsi tout un programme. Supposons que ce soit en haine du Venezuela.</font></p>
<p class="spip"><font color="#000000">Mais pourquoi ne rien dire du fait que l’Equateur, victime de l’intrusion militaire colombienne, est aussi une démocratie ! Enfin notons ce qu’il en est de cette démocratie colombienne ! Uribe est élu à chaque fois à la faveur d’un climat de terreur qui conduit la majorité de la population à ne pas voter : 56 % d’abstention à la présidentielle de 2006 où il l’a emporté avec 62 % des suffrages.</font></p>
<p class="spip"><font color="#000000">Petite mention spéciale : Alvaro Uribe n’a pas hésité à faire modifier la constitution en 2004 pour pouvoir être réélu président en 2006 ! Cette possibilité de réélection indéfinie était jusque là exclue dans la constitution colombienne de 1991. Personne n’a rien trouvé à y redire aux Etats-Unis.</font></p>
<p class="spip"><font color="#000000">Pourtant une proposition similaire a été violemment dénoncée chez Chavez et par nos robots médiatiques européens. Il est frappant de le voir dénoncer Chavez pour financement de la guérilla et autre sornettes douces aux oreilles des USA. La Colombie n’a evidemment pour l’instant apporté aucune preuve des accusations sensationnelles contre le Venezuela et l’Equateur.</font></p>
<p class="spip"><font color="#000000">En matière de financements illicites ou douteux, le président Uribe ferait mieux d’être discret. En 1991, un rapport officiel du Pentagone américain (rapport du Defense Intelligence Agency publié par l’hebdo NewsWeek en août 2004) classait Uribe parmi la centaine de personnalités directement impliquées dans le soutien au narcotrafic en Colombie.</font></p>
<p class="spip"><font color="#000000">En tant que maire puis gouverneur puis sénateur de Medellin, il était alors décrit par les Etats-Unis comme un « Politicien et sénateur spécialisé [dedicated] dans la collaboration avec le Cartel de Medellin dans les plus hauts niveaux gouvernementaux », « ami proche » du célèbre parrain de la drogue Pablo Escobar.Le même rapport américain précisait au passage que, loin de la légende familiale de persécution par les FARC qu’Uribe reprend systématiquement, son père, Alfredo Uribe, a été « assassiné pour ses liens avec les narcotrafiquants ».</font></p>
<p class="spip"><font color="#000000">Alvarado Uribe a obtenu que les Etats-Unis passent l’éponge en contrepartie d’un soutien indéfectible de la Colombie à leur politique impériale dans la région. Ce n’est pas tout. Comme gouverneur de Medellin, Uribe a aussi directement soutenu la mise en place des réseaux paramilitaires (Autodéfenses Unies de Colombie) qui terrorisent le pays. Il a contribué au climat d’impunité dont ils jouissent.</font></p>
<p class="spip"><font color="#000000">A Medellin puis au Sénat, il est devenu un spécialiste des « techniques de gestion des conflits », notamment par la militarisation des populations civiles et le développement de la délation. Il a notamment soutenu le général « pacificateur », Rito Alejo del Río, commandant de la 17e Brigade, qui s’est illustrée par de multiples exactions et massacres de masse.</font></p>
<p class="spip"><font color="#000000">Voila ce qu’est la figure de proue de la « démocratie colombienne » ! Où peut-on le lire ou l’entendre ? Reste le résultat. L’assassinat du numéro 2 des FARC Raul Reyes fragilise les possibilités de libération des otages. Dont Ingrid Bettancourt. Alvarado Uribe manipule l’opinion internationale. Faut-il l’aider en laissant dire ?</font></p>
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<p><!-- Pied article--><font color="#000000"><br />
<hr class="thin" /></font><span class="txtPS"></p>
<p class="spip"><font color="#000000">Publication originale </font><a href="http://www.jean-luc-melenchon.fr/?p=578" class="spip_out">Jean-Luc Mélenchon</a></p>
<p class="spip">Illustration : Alvaro Uribe et George Bush</p>
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