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	<title>culture-vernaculaire &amp;laquo; WordPress.com Tag Feed</title>
	<link>http://wordpress.com/tag/culture-vernaculaire/</link>
	<description>Feed of posts on WordPress.com tagged "culture-vernaculaire"</description>
	<pubDate>Sat, 26 Jul 2008 05:00:15 +0000</pubDate>

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	<language>en</language>

<item>
<title><![CDATA[La culture intime des femmes nuit-elle aux femmes?]]></title>
<link>http://ysengrimus.wordpress.com/?p=129</link>
<pubDate>Wed, 23 Jul 2008 11:51:34 +0000</pubDate>
<dc:creator>ysengrimus</dc:creator>
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<description><![CDATA[Commençons avec un chiffre qui, sans procéder directement des questions de sexage, dit tout: dans ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>Commençons avec un chiffre qui, sans procéder directement des questions de sexage, dit tout: dans nos civilisations, 70% de la totalité des investissements qui sont placés, casés, transig</span></strong><strong><span style="font-weight:normal;" lang="FR-CA">é</span></strong><strong><span style="font-weight:normal;" lang="FR-CA">s, boursicotés ou circulent sont en fait… les dépenses de consommation ordinaire. Le capitalisme mise encore massivement sur la pure et simple consommation de tous les jours et, si vous vous demandez pourquoi les démarcheurs sont toujours sur votre dos comme des frelons pour vous faire les poches, repensez simplement à ce chiffre crucial. Le capitalisme ne vit pas de la Bourse. Il vit de vous et moi. Ceci, pour dire simplement que la pression </span></strong><strong><span style="font-weight:normal;" lang="FR-CA">à</span></strong><strong><span style="font-weight:normal;" lang="FR-CA"> la consommation, ce n'est pas une petite affaire. C'est un poids immense, constant, tangible sur nous tous.<br />
</span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:5.65pt;text-align:justify;"><strong><span style="font-weight:normal;" lang="FR-CA">Ensuite, pensons à l’intelligence de la petite fille. Plus avancée plus tôt que le petit garçon (ils se rejoignent éventuellement plus tard), la petite fille fascine par son pif précoce pour le jeu social et son aptitude fulgurante à décoder les règles explicites ou implicites émanant d’un modèle comportemental, individuel ou collectif. Ajoutons à cela un sens du devoir qui s’articule très tôt, une ouverture naturelle aux questions sociales, aux enfants, aux animaux, </span></strong><strong><span style="font-weight:normal;" lang="FR-CA">à</span></strong><strong><span style="font-weight:normal;" lang="FR-CA"> l'habitat, aux opprimés du monde, pour conclure qu’on a affaire, avec la petite fille et la jeune femme, à une personne configurée mentalement avec un sens aiguë du </span></strong><strong><em><span lang="FR-CA">devoir-faire</span></em></strong><strong><span style="font-weight:normal;" lang="FR-CA"> et du </span></strong><strong><em><span lang="FR-CA">devoir-être</span></em></strong><strong><span style="font-weight:normal;" lang="FR-CA">.</span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:5.65pt;text-align:justify;"><strong><span style="font-weight:normal;" lang="FR-CA">Posons ensuite l’axiome féministe sur lequel repose tout le raisonnement proposé ici. </span></strong><strong><em><span lang="FR-CA">Toute régression vers des valeurs patriarcales qui replaceraient la femme en position de subordination socio-économique et ethnologique devant l'homme, comme celles longtemps imposées dans la société rurale ancienne, est non recevable</span></em></strong><strong><span style="font-weight:normal;" lang="FR-CA">. La libération et la valorisation de la culture intime des femmes sont là pour rester et leur caractère irréversible s’impose dans les faits effectifs autant que dans la totalité de nos représentations éthiques. Le problème n’est pas que la femme soit libre (devant un ordre r</span></strong><strong><span style="font-weight:normal;" lang="FR-CA">é</span></strong><strong><span style="font-weight:normal;" lang="FR-CA">volu). Le probl</span></strong><strong><span style="font-weight:normal;" lang="FR-CA">è</span></strong><strong><span style="font-weight:normal;" lang="FR-CA">me est qu’elle est "libre" dans une civilisation contemporaine qui, elle, ne l’est pas…</span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:5.65pt;text-align:justify;"><strong><span style="font-weight:normal;" lang="FR-CA"> </span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:5.65pt;text-align:justify;"><strong><span style="font-weight:normal;" lang="FR-CA">Car il faut constater froidement un fait catastrophique que le féminisme classique n’avait pas prévu. La rencontre d’un vif sens féminin du devoir-être et du capitalisme consumériste effréné de notre temps produit un mutant mental et comportemental, un monstre socio-culturel particulièrement pugnace: </span></strong><strong><em><span lang="FR-CA">l’auto-dénigrement morbide face à un modèle de féminité irr</span></em></strong><strong><em><span lang="FR-CA">é</span></em></strong><strong><em><span lang="FR-CA">aliste car conçu exclusivement pour amplifier des réflexes de consommation</span></em></strong><strong><span style="font-weight:normal;" lang="FR-CA"> </span></strong><em><span style="font-weight:normal;" lang="FR-CA"><strong>qui, pour perdurer, se doivent de ne jamais se voir assouvis</strong></span></em><strong><span style="font-weight:normal;" lang="FR-CA">. La moindre pube de teinture pour cheveux contient le tout du drame en un micro-théâtre regrettablement tragi-comique. Femme Lambda dit à Femme Epsilon : </span></strong><strong><em><span lang="FR-CA">«Tu te crois bien coiffée, Cocotte? Grave erreur! Regarde plus attentivement la racine de tes cheveux dans ce miroir. Oh horreur, tu n’es plus conforme au canon, tu débordes poisseusement du moule comportemental, tu trahis la morale élémentaire du Souverain Beau, tu es moche et méprisable... Pourquoi? Tout simplement parce que regarde: la couleur naturelle de tes cheveux revient te hanter à leurs racines. Imite–moi, moi femme éclatante, abstraite, th</span></em></strong><strong><em><span lang="FR-CA">éorique, i</span></em></strong><strong><em><span lang="FR-CA">llusoire, dont tu revendiques le prestige. Jalouse moi d’abord. Imite moi ensuite. Consomme r</span></em></strong><strong><em><span lang="FR-CA">é</span></em></strong><strong><em><span lang="FR-CA">guli</span></em></strong><strong><em><span lang="FR-CA">è</span></em></strong><strong><em><span lang="FR-CA">rement la teinture Zinzin. Tes cheveux seront alors un modèle pour celui des autres femmes qui te surveillent et te jugent…»</span></em></strong><strong><span style="font-weight:normal;" lang="FR-CA"> Libre de tous ses choix, la femme est aussi libre… de vendre de la saloperie à d’autres femmes en les terrorisant, selon la configuration (et les tics, et les perversions) d’une intelligence qu’elle connaît parfaitement puisqu’elle en procède librement. Libérée du patriarcat antique, la femme n’en est pas pour autant libérée du capitalisme. Et, sous le capitalisme, la femme est une louve pour la femme… égale de plus en plus effective de l’homme (qui est un loup pour l’homme, sous le même régime social).</span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:5.65pt;text-align:justify;"><strong><span style="font-weight:normal;" lang="FR-CA"> </span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:5.65pt;text-align:justify;"><strong><span style="font-weight:normal;" lang="FR-CA">La configuration de leur intelligence étant ce qu’elle est, les femmes feront des leaders socialistes extraordinaires. Quand la société civile se concentrera sur les devoir qu’elle doit assumer envers elle-même, sur ses enfants, sur la paix et la nutrition dans le monde, sur un environnement et un habitat sains, sur le respect mutel et la résorption du grossier, du brutal, du violent, la configuration mentale des femmes les amènera à mettre en forme une culture intime, puis une culture de la cité, qui nous poussera tous vers plus de sens des responsabilités, plus de justice, plus de d</span></strong><strong><span style="font-weight:normal;" lang="FR-CA">é</span></strong><strong><span style="font-weight:normal;" lang="FR-CA">cence, plus de grandeur. On y arrive. Un jour viendra… Mais sous le capitalisme consumériste, le sens du devoir des femmes se gauchit, se d</span></strong><strong><span style="font-weight:normal;" lang="FR-CA">é</span></strong><strong><span style="font-weight:normal;" lang="FR-CA">forme, se transmute en une fixation morbide sur les modèles hypertrophiés (martel</span></strong><strong><span style="font-weight:normal;" lang="FR-CA">é</span></strong><strong><span style="font-weight:normal;" lang="FR-CA">s pour vendre) et sur un stéréotypage conformiste des rôles, dont l’effet est particulièrement cruel, insensible, normatif et toxique. La déontologie féminine est fondamentalement incompatible avec le cynisme marchand (et menteur) du capitalisme. La première est l’avenir et l’espoir du monde contemporain. Le second est le carcan rétrograde qui empoisonne l’existence contemporaine de la totalité de la société civile.</span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-right:5.65pt;text-align:justify;"><strong><span style="font-weight:normal;" lang="FR-CA"> </span></strong></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Débats sur blogues publics: le code d’éthique d’Ysengrimus]]></title>
<link>http://ysengrimus.wordpress.com/?p=78</link>
<pubDate>Sat, 28 Jun 2008 19:51:22 +0000</pubDate>
<dc:creator>ysengrimus</dc:creator>
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<description><![CDATA[Laissez moi vous asséner les cinq mesures autocritiques permanentes d’Ysengrimus quand il ferrail]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span lang="FR-CA">Laissez moi vous asséner les cinq mesures autocritiques permanentes d’Ysengrimus quand il ferraille sur des blogues publics :</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left:36pt;text-indent:-18pt;"><!--[if !supportLists]--><span lang="FR-CA"><span>1-<span> </span></span></span><!--[endif]--><span lang="FR-CA">Ysengrimus, mon bon, lis d’abord tous les commentaires. Si ton idée a déjà été exprimée, ne fais pas se répéter le blogue. Si le thème ne t’inspire pas, eh bien, reste silencieux, un autre jour viendra. Évite soigneusement redites, ritournelles et platitudes.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left:36pt;text-indent:-18pt;"><!--[if !supportLists]--><span lang="FR-CA"><span>2-<span> </span></span></span><!--[endif]--><span lang="FR-CA">Traite le sujet, Ysengrimus, pas seulement le thème lancé mais l’argumentation formulée sur ce thème par l’animateur ou animatrice de la discussion ou par les intervenants. Ne digresse que pour exemplifier. Soit original, articulé, songé si possible, utile, fécond, agréable à lire. Apporte quelque chose. Soit bref. Si ton développement est trop long, résume–le ici et pose tout simplement un hyperlien. Ceux que cela captive iront. Les autres se passeront de ta diatribe en un saut plus court.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left:36pt;text-indent:-18pt;"><!--[if !supportLists]--><span lang="FR-CA"><span>3-<span> </span></span></span><!--[endif]--><span lang="FR-CA">Si tu n’es pas d’accord avec des éléments de contenu venant de l’animateur ou l’animatrice du blogue ou des intervenants, critique-les explicitement sans complexe mais en focus strict sur le contenu et en évitant toute référence <em>ad hominem</em>. Car, mon Ysengrimus, tu es ici dans un débat d’idées pas dans une querelle de personnes. Corollairement, signe donc le tout de ton vrai nom, cela t’aidera à ne dire que ce que tu dirais sans que l’anonymat électronique ne se mette à te servir de planque involontaire.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left:36pt;text-indent:-18pt;"><!--[if !supportLists]--><span lang="FR-CA"><span>4-<span> </span></span></span><!--[endif]--><span lang="FR-CA">Ysengrimus, gars, interviens le moins fréquemment possible. C’est souvent tentant et ça pique les doigts d’y retourner en cataracte, en mitraille, mais tu dois penser à ceux qui lisent en silence, pas seulement à ceux qui ferraillent avec toi sur l'agora.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left:36pt;text-indent:-18pt;"><!--[if !supportLists]--><span lang="FR-CA"><span>5-<span> </span></span></span><!--[endif]--><span lang="FR-CA">Et surtout, Ysengrimus, aime ces gens, aime cet animateur ou cette animatrice et ces intervenants. Ils sont à redéfinir la communication entre médias et lecteurs. C’est difficile mais ils le font et ils le font globalement de bonne foi. Si bien que, s’ils te cassent un verre, ils ne le font pas exprès et t’invitent, même sans le savoir, à te mettre un peu... au recyclage du verre... </span></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Contrôler l’accès à l’internet de nos enfants… écoper la mer…]]></title>
<link>http://ysengrimus.wordpress.com/?p=60</link>
<pubDate>Tue, 17 Jun 2008 22:49:34 +0000</pubDate>
<dc:creator>ysengrimus</dc:creator>
<guid>http://ysengrimus.wordpress.com/?p=60</guid>
<description><![CDATA[Il est de vogue de prétendre contrôler l’accès de nos enfants à l’internet, sous prétexte d]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">Il est de vogue de prétendre contrôler l’accès de nos enfants à l’internet, sous prétexte de les protéger des nouveaux monstres contemporains, tout en se gardant de décrire explicitement les hideurs de ces derniers (qui gardent alors implicitement tout leur suave mystère). Toutes les formules circulent. Mettre l’ordi au milieu de la cuisine, implémenter des logiciels de surveillance, se pencher intempestivement sur l’écran sans préavis, verrouiller des sites, interdire les amitiés virtuelles sur </span></em><em><span lang="FR-CA">msn</span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">, etc. La répression est féroce, pugnace, ardue, futile. Je le dis froidement: faire cela, c’est espérer ni plus ni moins que la machine joue notre rôle de parent à notre place. La répression est un réflexe sécurisant à court terme, mais destructeur au fil du temps. </span></em><em><strong><span lang="FR-CA">À bon chat, bon rat.</span></strong></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA"> Nos enfants, qui nous battront toujours sur ce terrain, entrent simplement dans le maquis. Ils accèdent à un ordi «libre» chez des cousins, dans le sous-sol du voisin (ils ne nous diront plus où, nous les avons assez réprimé) et là notre fantasme de contrôle tombe court. On se fait détester, juger, dénigrer. On intensifie une guerre sournoise sans espoir, on dialogue de moins en moins, on se braque des deux bords et cela n’accomplit, au bout du compte, rien. Je n’ai jamais rien verrouillé des ordis de mes enfants. Je les ai laissé juges, et ils se sont lassés de jeux violents et de cybercopains ineptes par eux-même, bien plus souvent qu’à leur tour. Mais j’ai discuté avec eux, sans artifice: </span></em><em><strong><span lang="FR-CA">«Soyez prudent. Il peut y avoir des pédophiles qui se font passer pour ce qu’ils ne sont pas, même sur les papoteurs de jeux interactifs». «Quessé ça un pédophile?». «C’est un adulte que cherche à avoir des relations sexuelles avec un enfant». «Ewww!»… «Oui, ça existe. Gardez l’œil ouvert. Si c’est bizarre, faites ce qu’il faut».</span></strong></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA"> Un enfant, même jeune, comprend haut et fort ce message et pose toujours les bonnes questions le concernant. Et i</span></em>l y a un principe qui est vieux comme Socrate. Quand un enfant pose une question, c’est qu’il est prêt pour la réponse, la vraie. Ne pas la fournir ou la brouiller est un jeu risqué. Comment formuler la réponse? Simple. L’enfant vous fournira déjà le ton et le style dans la formulation de sa question. Sa question est le cadre pour votre réponse. Il vous guide par l’orientation de sa question. Répondez dans ce ton, ce style et à ce niveau, et cela tiendra parfaitement. Quand un développement plus fin sera requis, il reviendra avec une question plus fine. Si toutes les questions sont répondues calmement et sans jugement de valeur, il se tournera vers vous comme source cardinale d’info avant bien d’autres instances, Internet inclu.</p>
<p class="MsoNormal"><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">Il y a nettement lieu de se demander si certains parents qui, agissant sur le comportement sans rien expliquer, ne cherchent pas en fait à contrôler la bécane pour justement s’éviter ce genre de conversation délicate avec leurs jeunes enfants… tout juste comme dans le bon vieux temps. Or quiconque a la naïveté de croire qu’il peut faire l’économie des mises aux points sensibles de la vie contemporaine grâce à un bouton «off», des sites verrouillés ou un logiciel de surveillance est en fait </span></em><em><span lang="FR-CA">de facto </span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">celui ou celle qui abdique ses devoirs de parentalité à une technologie. C’est la version moderne du piquet de la chèvre de Monsieur Séguin, sauf que la petite biquette dispose de douzaines de terminaux pour arracher son piquet désormais. Prétendre contrôler l’accès à l’internet de nos enfants, c’est prétendre écoper la mer…et c’est emprisonner notre enfant dans un cachot incompréhensible sans s’expliquer. Et, il faut s’en aviser froidement, avec ce genre de conditions carcérales de vie, tout ce que vous faites, vous augmenter les motivations poussant votre jeune fille en fleur vers le motel avec un cybercopain, plutôt que vous ne les réduisez. La parentalité totalitaire a ses coûts. En fliquant l’ordi de vos bambins de 12 ou 13 ans, sans commencer à ouvrir le dialogue délicat en cause ici, vous hypothéquez votre compréhension réelle de la situation présente et future. Et vous recevrez la facture d'ici quelques années. Votre biquette obéissante et hypocrite au clavier bien tempéré à 13 ans sera une lionne révoltée à 16 ans. On verra où sera son ordi alors… Parlez-en aux hommes et aux femmes de moins de trente ans aujourd’hui. Eux ont de la technologie, ils ont vécu cette dynamique et disposent maintenant du recul de l’adulte. Ils vous le diront clairement. </span></em><span lang="FR-CA">Vous les verrez décrire de l’intérieur, avec la voix du coeur, exactement le beau risque auquel je crois. Ce sera: <strong><em>voici comment j’ai contourné mes parents méfiants</em></strong>, ou <strong><em>voici comment je me suis tourné vers mes parents confiants au moment où…</em></strong> <span> </span>Le parent totalitaire est voué au résultat contraire à ses espoirs, sur les cyberquestions comme ailleurs. Liberté n’est pas négligence. Respect n’est pas insensibilité. Confiance n’est pas indifférence. Il ne faut pas chercher à écoper la mer, il faut contempler ensemble son flux torrentiel avec lucidité et ouverture. C’est là le pari incontournable de la parentalité actuelle. Et,</span><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA"> observation corollaire non n</span></em><span lang="FR-CA">é</span><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">gligeable, nos enfants sont dans leurs chambres devant leurs ordis. Ils sont avec nous, au logis. Ils ne sont pas dans la ruelle, au </span></em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">billard</span><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA"> ou à la taverne. Il y a des parents d'il y a 30 ans qui trouveraient cette conjoncture du 21<sup>ième</sup> si</span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">è</span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">cle parfaitement paradisiaque... Je n’ai pas à épiloguer…</span></em></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[À propos de l’Oubli]]></title>
<link>http://ysengrimus.wordpress.com/?p=55</link>
<pubDate>Thu, 12 Jun 2008 22:21:31 +0000</pubDate>
<dc:creator>ysengrimus</dc:creator>
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<description><![CDATA[L’OUBLI. est un phénomène complexe et c’est aussi –surtout- un mal à combattre. L’oubli c]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span lang="FR-CA">L’</span><span lang="FR-CA"><strong><em>OUBLI</em></strong>.</span><span lang="FR-CA"> est un phénomène complexe et c’est aussi –surtout- un mal à combattre. L’oubli c’est ce réseau de tuyaux de bois résinés bien étanche qu’on a retrouvé à Saint Fabien (compté de Rimouski) en construisant la nouvelle autoroute. C’est ce qui pousse à élire Thatcher et Reagan cinquante ans seulement après avoir élu Mussolini et Hitler. C’est la technologie du vitrail médiéval. C’est la genèse historique du pain et l’origine géographique des nouilles. C’est l’acte manqué des psychanalystes. C'est le sort de Louis XVII et le faci</span><span lang="FR-CA">è</span><span lang="FR-CA">s du Masque de Fer. C’est ce qui amène à négliger la friction entre les parties d’un mécanisme le jour où il s’avère que cette friction est non négligeable. C’est ce quelque chose qui fait que le pont s’est effondré, que le rendez-vous a été raté. C’est pratiquer le kendo comme un art alors qu’à l’Ère Edo on le pratiquait comme une technique guerrière. C’est la quasi-impossibilité de se rendre aussi près du Pôle Sud que le fit James Cook, même en mobilisant des technologies dont James Cook ignorait tout. <span> </span>C’est le mystère indéchiffrable de la langue étrusque. C'est le vrai visage de Samuel de Champlain. C'est la nouvelle mode branch</span><span lang="FR-CA">é</span><span lang="FR-CA">e du lait cru. C'est le son du Jazz et de la bastringue en 1896. C’est l’invention graduelle et vernaculaire du baseball. Ce sont les Statues de l'Île de Pâque. Ce sont les papesses, les soldates, les flibusti</span><span lang="FR-CA">è</span><span lang="FR-CA">res, les </span><span lang="FR-CA">é</span><span lang="FR-CA">claireuses, les bûcheronnes de l'Histoire. C’est l’existence de la gastronomie sur une planète où tout le monde a faim. C’est se faire surprendre pour la troisième fois par un choc pétrolier. C’est la quasi-intégralité de notre enfance. C'est le fait absolument terrible que qui a bu, boira. C’est le Soldat Inconnu, sa guerre oubli</span><span lang="FR-CA">é</span><span lang="FR-CA">e et le nerf de cette guerre. L’oubli, c’est l’instrument d’oppression et de sujétion par excellence. Tous ensembles, il faudrait ne jamais rien oublier.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR-CA">Et je constate, avec tristesse, qu'il y a quelque chose de vachement non dialectique dans certains développements de la gnoséologie (théorie de la connaissance) marxiste autour de questions de ce type. Certes elle établit que la connaissance humaine peut, par delà les artefacts de la subjectivité et des conflits d'opinions, parvenir à fouiller, </span><span lang="FR-CA">à </span><span lang="FR-CA">capter, </span><span lang="FR-CA">à</span><span lang="FR-CA"> saisir la complexité du monde matériel extérieur à nos consciences individuelles et collectives (on se rappellera les discussions par Lénine des positions de Kant dans <strong><em>Matérialisme et Empiriocriticisme</em></strong>). Par contre, on sombre dans le positivisme le plus béat aussitôt qu’on affirme que la connaissance humaine tend irréversiblement vers l’illimité sans perte en chemin (Lénine, Engels et aussi Mao Zedong,<strong><em> De la Pratique</em></strong>). Je n’ai trouvé nulle part dans le marxisme classique ce concept, pourtant fondamental en gnoséologie, qu’est l'oubli. La prise en compte de l’oubli dans l’évolution (tant ontogénétique que socio-historique) de la connaissance va inévitablement de pair avec une autre démarche absolument indispensable à notre époque: la dénonciation du triomphalisme scientiste. Il y a encore bien du travail </span><span lang="FR-CA">à</span><span lang="FR-CA"> faire pour comprendre tout cela.<br />
</span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><em><span lang="FR-CA">La vérité, la vérité, la vérité, la vérité, c’est une poignée de sable fin... qui glisse entre les doigts</span></em></strong><span lang="FR-CA"> (Raoul Duguay)</span></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Hypersexualisation, hyper-information, hyper-oubli]]></title>
<link>http://ysengrimus.wordpress.com/?p=51</link>
<pubDate>Mon, 09 Jun 2008 23:19:30 +0000</pubDate>
<dc:creator>ysengrimus</dc:creator>
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<description><![CDATA[Dans la chanson Sweet Little Sixteen, écrite il y a un demi-siècle, Chuck Berry parle des robes é]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">Dans la chanson </span></em><em><strong><span lang="FR-CA">Sweet Little Sixteen</span></strong></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">, écrite il y a un demi-siècle, Chuck Berry parle des robes étroites, du rouge à lèvre vif et des talons aiguilles portés par la jeune adolescente de 1958, quand elle sort danser le rock’n roll tard le soir (alors qu’elle se refringuera en écolière le matin suivant. Elle a tout juste seize ans et... se tr</span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">é</span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">mousse ainsi dans toutes les salles de danse de l'Am</span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">érique</span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">). Marjolène Morin rendit hommage, dans les années 1970, à cette composition, dans son interprétation tonitruante de la pièce </span></em><em><strong><span lang="FR-CA">Suite 16</span></strong></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA"> du groupe québécois <strong>Corbeau</strong>. On se souviendra de l’évocation que nous servit alors Marjo (née en 1953, elle avait 5 ans quand Chuck Berry </span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">écrivit sa ballade</span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA"> rock):<span> </span></span></em><em><strong><span lang="FR-CA">J’me suis mis à r’garder les magazines. Tout c’que j’voyais c’était des sweet sixteen déchaînées…</span></strong></em></p>
<p class="MsoNormal"><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">Déjà des magazines… Déjà des tenues provocantes… Déjà de toutes jeunes femmes… Ce sont là de simples exemples pour dire qu’on pourrait faire une histoire détaillée de l’hypersexualisation des très jeunes femmes qui remonterait facilement tout le vingtième siècle à rebours. Il suffirait d’y appliquer l’attention et la prudence habituelle des mémorialistes: revoir les vieilles bandes d'actualit</span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">é</span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">s, compulser les films et les photos de famille, r</span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">é-examiner attentivement les mini-jupes de la prime jeunesse des ann</span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">ées 1960 et les tenues modernistes</span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA"> de la prime jeunesse des ann</span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">ées 1920</span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">... ou simplement en discuter doucement avec nos mamans et nos grand-mamans. Oh, mais en matières sexuelles, on aime tellement oublier et réinventer! On aime tant croire que tout débute en notre temps. La sexualisation est pourtant avec nous depuis un bon moment. Il s’agit ni de minimiser ni d’hypertrophier le phénomène. Surtout il s’agit de bien passer le tamis entre le sain et le malsain.</span></em></p>
<p class="MsoNormal"><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">C’est que le pépin qu’on semble rencontrer ici n’est pas un problème de </span></em><em><strong><span lang="FR-CA">sexe</span></strong></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA"> mais un problème de </span></em><em><strong><span lang="FR-CA">sexage</span></strong></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA"> (c'est-à-dire de </span></em><em><strong><span lang="FR-CA">rapport</span></strong></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA"> entre les sexes). Il semble que, du temps des </span></em><em><strong><span lang="FR-CA">sweet sixteen</span></strong></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA"> de Berry et de Marjo, sexualisation allait de pair avec libération. Marjo: <strong><em>À douze ans déjà j'commencais à bouger, J’me doutais ben qu’un jour, toute allait exploser</em></strong>. La libération sexuelle, pour le personnage féminin de sa ballade rock, va directement de pair avec quitter le voyou bagarreur et obtus qui se prend pour son amoureux et affirmer son indépendance de femme (<strong><em>Roméo, va falloir que j'men aille</em></strong>), tout comme les gamines de la chanson de Berry affirmaient leur indépendance de jeunes adultes face aux valeurs parentales traditionnelles… Sauf que… de nos jours, rien ne va exploser... On dirait plutôt que </span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">ça</span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA"> va imploser… tant<span> </span>et tant que même le terme </span></em><em><strong><span lang="FR-CA">libération sexuelle</span></strong></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA"> cloche passablement à l’oreille contemporaine. Sexualisation aujourd’hui va de pair avec soumission oppressante à l’ordre de la version contemporaine du petit voyou obtus de la chanson de Marjo. </span></em><em><strong><span lang="FR-CA">Oppression sexuelle</span></strong></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA"> serait le mot de ce jour, on dirait. Ça ça ne va pas. En ce sens que ce n’est pas le sexe ou la s</span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">éduction </span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">qui faussent l'</span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">é</span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">quation ici, c’est ce qu’on en fait au coeur d'un rapport humain plus global.</span></em></p>
<p class="MsoNormal"><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">Aussi, prudence. Si les particularités contemporaines de la sexualisation ne trouvent comme réplique adulte que le repli bigot et le resserrement moraliste face au sexe et aux relations intimes des jeunes, on fonce tête baissée vers un mur. C’est que l’hypersexualisation de notre temps, c’est aussi une hyper-information. Nos gamines en savent un bout et tenter de verrouiller leurs ordinateurs est l’option parfaite pour faire rire de soi sans effet tangible. Essayons minimalement de dire nos lignes adultes avec le peu de panache dont on dispose. On disposait du sexe et des relations intimes à leur âge… pas de l’ordinateur…</span></em></p>
<p class="MsoNormal"><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA"> </span></em></p>
<p class="MsoNormal"><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">Il ne faut pas réprimer. Il faut démontrer. Fondamentalement, il faut démontrer que séduire n’est pas obéir et que le nouvel hédonisme féminin, sous toutes ses formes et manifestations, est parfaitement légitime tant qu’il reste une affirmation de soi et non une négation de soi face à l’homme... et face aux autres femmes si celles-ci servent outrageusement l'homme. La ligne </span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">à</span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA"> tirer est l</span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">à, pas ailleurs</span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">. C'est une ligne f</span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">éministe, pas moraliste. </span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">Vaste programme… raison de plus pour laisser l’alarmisme au vestiaire et pour puiser dans notre propre h</span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">é</span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">ritage, personnel et historique, de sexualisation adolescente pour voir plus clair dans cette crise actuelle du sexage, ultime chant du cygne d’un phallocratisme qui n’en finit plus d’agoniser en se vautrant tapageusement dans les médias et partout ailleurs. Et notre pire handicap sur cette question face </span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">à nos filles</span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA"> n’est pas leur hypersexualisation ou leur hyper-information. </span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">Notre pire handicap, c</span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">’est notre propre </span></em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA"><strong>hyper-oubli</strong></span><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">. Hyper-oubli de Berry, de Marjo, de tant de (jeunes) femmes du pr</span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">é</span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">c</span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">é</span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">dent </span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">siècle, </span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">mais surtout hyper-oubli de notre propre adolescence et de nos propres motivations passionnelles d’origine. Souvenons-nous. Simplement. Au lieu de refouler, souvenons-nous... Ce sera déjà une solide base de dialogue dans la difficile mais cruciale démonstration féministe qui est bel et bien à faire </span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA">à</span></em><em><span style="font-style:normal;" lang="FR-CA"> la jeune femme curieuse et attentive de notre temps…</span></em></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Le paradoxe nord-américain du port d’arme: une histoire d'ours...]]></title>
<link>http://ysengrimus.wordpress.com/?p=45</link>
<pubDate>Mon, 02 Jun 2008 22:16:23 +0000</pubDate>
<dc:creator>ysengrimus</dc:creator>
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<description><![CDATA[L’histoire en question débute au 18ième siècle, à l’époque de la ci-devant culture de la fr]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span lang="FR-CA">L’histoire en question débute au </span><span lang="FR-CA">18<sup>ième</sup></span><span lang="FR-CA"> siècle, à l’époque de la ci-devant culture de la frontière, quand ce qui bruissait dans le bois sur le bord de la route était soit ami, soit ennemi, soit ours. Le port d’arme dans ce temps était un strict atout nobiliaire et inutile de dire qu’un ours n’a pas conscience de ces distinguos de classe quand il charge. Aussi les révolutionnaires américains firent tôt du droit de se défendre dans le bois et sur leurs fermes une de leurs priorités fondamentales. On surestime d’ailleurs le caractère américain de cette exigence. Elle est en fait plus <em>républicaine</em> qu’américaine. En effet, si on lit attentivement les très copieux cahiers de doléances de la période prérévolutionnaire française, on s’aperçoit que la réclamation du port d’arme populaire y figure en bonne position dans de très nombreuses communes. Ceci dit, rien à faire. Il y a bel et bien dans les repr</span><span lang="FR-CA">é</span><span lang="FR-CA">sentations modernes une profonde américanité de l’arme à feu. Inventeurs et concepteurs de plusieurs types d’armes de poing, de la carabine à répétition, du fusil mitrailleur (utilisé pour le première fois lors de la guerre de Sécession), j’en passe et des meilleurs, l'industrie, la culture, le folklore et la symbolique américains sont profondément et solidement marqué par le flingue et l’individu à flingue. </span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR-CA">Révolution américaine, le port d’arme est légalisé. Révolution américaine, le Canada, comme à son habitude, ne suit pas... Depuis 1760, les britanniques au Canada opérant très ouvertement et très sereinement comme des occupants, seuls les officiers et les militaires ont le droit, strictement restreint par leurs fonctions, de porter les armes. La population française occupée ne s’attend d’ailleurs pas à autres choses. L’occupation a sa logique, et cette dernière exclut les flingues de la propriété du petit peuple. Révolution américaine,<span> </span>l’Amérique du Nord Britannique se recroqueville au Nord et les administrateurs coloniaux, surtout après 1776 et 1789, craignent suffisamment les courants d’idées républicains pour bien voir à ne jamais mettre des flingues entre les pattes ni de cette population française frondeuse, ni, en bonne coh</span><span lang="FR-CA">é</span><span lang="FR-CA">rence l</span><span lang="FR-CA">é</span><span lang="FR-CA">galiste, de la population anglaise en croissance (dont une portion significative d</span><span lang="FR-CA">é</span><span lang="FR-CA">barque d'ailleurs justement du sud tricolore). Pas de </span><span lang="FR-CA">ç</span><span lang="FR-CA">a chez nous. Du moins légalement car… et je me dois ici de faire revenir l’ours. Les folklores québécois et acadien sont solidement garnis d’un type très particulier de court conte populaire, les <strong><em>histoires d’ours</em></strong>. C’est toujours le même patron. Un homme a tué un ours dans le bois sans témoin, vient en vendre la fourrure au village et s’empêtre sans fins dans des explications tarabustées et filandreuses sur comment il est parvenu à réaliser un tel exploit <strong><em>puisqu’il n’est pas autorisé à se promener dans le bois ni nulle part ailleurs avec un flingue…</em></strong> Le protagoniste raconte à un auditoire goguenard et semi-complice qu’il est grimpé à un arbre dont la branche a cassé et qu’il est tombé sur le point faible du dos de  l’ours, qu’il l’a chatouillé jusqu’à ce qu’il meurt de rire, qu’il l’a empoisonné avec la tambouille du chantier de coupe de bois, qu’il lui a redit le dernier sermon dominical le tuant d’ennui, qu'il a attendu l'hiver pour qu'il meurt de froid. Les variations sont infinies. Ces traits de folklore indiquent clairement que les acadiens et les québécois portèrent des armes illégalement dans leur propre dynamique de la frontière et narguèrent discrètement l’occupant avec des pétards déjà importés de chez nos voisins du sud… Un certains nombres de ces armes illégales, dont même des canons, firent d’ailleurs opinément leur apparition lors des révoltes anti-coloniales de 1837-1838 dans les portions tant française qu'anglaise du Dominion du Canada.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR-CA"> 18<sup>ième</sup> siècle, l’administration américaine apparaît donc comme magnanime, libertaire, valeureuse, confiante et respectueuse du droit à se défendre. L’administration canadienne apparaît comme rétrograde, coloniale, vétillarde, aristo, renfrognée et peu soucieuse du bien-être de ses fermiers et de ses trappeurs. 21<sup>ième</sup> siècle, la perspective s’est inversée. Les américains passent pour des psychopathes qui font des cartons dans les restos famille avec des AK47 parfaitement légaux mais qui pourraient pulvériser l’ours sans qu’il ne reste plus rien d’utile de sa fourrure. Les canadiens passent pour de courageux modernistes qui tiennent tête au vaste fléau continental du flingue, l’œil vif et alerte aux frontières. Le développement historique a de ces revirements paradoxaux et les Dominions et les Républiques voient parfois s’inverser la légitimité de leurs systèmes de valeurs de façon toute inattendue.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR-CA">Le Canada ne s’est pas départi de sa bêtise pour autant. Oh, là là! Voyez plutôt. Toronto, 2001-2010, trois millions d’habitants, métropole du Canada, voit le nombre de ses meurtres par flingues, y compris en plein jour sur rues passantes avec balles perdues et tout le tremblement, augmenter sans arrêt. Quoi, quoi, quoi? Mais les armes de poings ne sont-elles pas illégales dans ce fichu patelin? Réponse des autorités canadiennes: <strong><em>oui tous les crimes commis avec armes à feu sur Toronto dans la guerre des gangs, trafic de drogues et autres mitraillages pour raisons fumeuses dans les cafés branchés du centre-ville sont accomplis avec des armes bel et bien illégales</em></strong>. Ah bon! Tiens donc, mais d’où sort donc toute cette quincaillerie interdite? C’est un véritable arsenal, c’est… c’est comme les plans de cannabis en Colombie Britannique! Les ricains, eux, achètent ça à l’armurerie du coin. On n’en veut pas plus, mais au moins on sait d’où ça sort. Mais nous? Réponse des autorités canadiennes: <strong><em>oh vous savez, des pétoires qu’on chaparde au cas par cas lors de cambriolages chez des collectionneurs, des carabines et des pistolets de tir sur mire que des tireurs sportifs détenteurs de permis récréatifs se font voler un par un dans leurs coffres de bagnoles, des r</em></strong></span><span lang="FR-CA"><strong><em>é</em></strong></span><span lang="FR-CA"><strong><em>pliques r</em></strong></span><span lang="FR-CA"><strong><em>é</em></strong></span><span lang="FR-CA"><strong><em>alistes d'armes </em></strong></span><span lang="FR-CA"><strong><em>à feu</em></strong></span><span lang="FR-CA"><strong><em> rachet</em></strong></span><span lang="FR-CA"><strong><em>é</em></strong></span><span lang="FR-CA"><strong><em>es </em></strong></span><span lang="FR-CA"><strong><em>à</em></strong></span><span lang="FR-CA"><strong><em> des studios de cin</em></strong></span><span lang="FR-CA"><strong><em>é</em></strong></span><span lang="FR-CA"><strong><em>ma par des braqueurs imaginatifs, le fusils à chevrotines de chasse de grand-papa qu’on tronçonne. Les gens sont d</em></strong></span><span lang="FR-CA"><strong><em>ébrouillards</em></strong></span><span lang="FR-CA"><strong><em>, vous savez…</em></strong></span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR-CA"> Pardon, excusez-moi, pardon! C’est un autre type d’histoire d’ours ça…</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR-CA">Les autorités canadiennes se voilent la face sur leur incompétence à maintenir un interdit gagnant de plus en plus en importance sociale de la même façon que les américains se voilent la face sur leur incapacité à enrayer les crimes que leur constitution désuète facilite. C’est l’Amérique partout, que voulez-vous. Les faits sont les suivants, implacables: la quasi-totalité des armes à feu utilisées au Canada dans les circuits de grande comme de petite criminalité sont des armes modernes, pratiques, design, efficaces, non folkloriques, importées directement en contrebande des États-Unis. Les autorités canadiennes se voilent tellement la face et collent tellement à leur histoire de clubs de tirs sur mire artisanalement cambriolés par on ne sait qui que le maire de Toronto a décidé en 2008 de porter un coup sec. Il a rendu la totalité des clubs de tir sur mire illégaux sur tout le territoire de sa municipalité, les versant de ce fait aux profits et pertes d’une lutte contre la banalisation des armes de poings dans la vie urbaine qui passe ici par une lutte contre le mensonge et la tartufferie insidieusement complice sur l’origine glauque de tous ces pétards.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR-CA">Après une telle mesure, si elle tiens, on va bien voir si le nombre de flingues diminue tant que cela dans la Ville-Reine, ou si plutôt, comme les constables villageois du vieux Dominion ont dû fort souvent le constater, l’ours n’a pas un trou béant et évident entre les deux yeux.</span></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Mai 68  -  Mai 88  -  Mai 08  –  Quarante graffitis de l’ère intermédiaire]]></title>
<link>http://ysengrimus.wordpress.com/?p=44</link>
<pubDate>Wed, 28 May 2008 21:32:30 +0000</pubDate>
<dc:creator>ysengrimus</dc:creator>
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<description><![CDATA[C’était en mai 88, vingt ans après Mai, vingt ans avant ce jour, et il y avait partout dans Pari]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span lang="FR-CA">C’était en mai 88, vingt ans après Mai, vingt ans avant ce jour, et il y avait partout dans Paris, des graffitis. Il ne se passait rien de percutant, rien d'historique, rien de bien pr</span><span lang="FR-CA">é</span><span lang="FR-CA">cis, mais ces traces graphiques fugitives de la constance de la r</span><span lang="FR-CA">é</span><span lang="FR-CA">sistance humaine, sociale et politique ne sauraient mentir... Nostalgie d’un temps intermédiaire entre nous et Mai (et… je suis un ancien de Denis Diderot alias Jussieu, vous l’aurez deviné).</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR-CA">1-</span><strong><em><span lang="FR-CA"> VIVE LE MYTHE ERRANT</span></em></strong><span lang="FR-CA"> (Jussieu)</span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><em><span lang="FR-CA"> </span></em></strong></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR-CA">2-</span><strong><em><span lang="FR-CA"> VOTONS MITTERAND, HÉLAS</span></em></strong><span lang="FR-CA"> (Jussieu)</span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><em><span lang="FR-CA"> </span></em></strong></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR-CA">3-</span><strong><em><span lang="FR-CA"> INTELLECTUELS RÉVOLUTIONNAIRES OU PANTINS SERVILES (ET CORROMPUS DANS LEUR DÉMISSION)</span></em></strong><span lang="FR-CA"> (Jussieu)</span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><em><span lang="FR-CA"> </span></em></strong></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR-CA">4- </span><strong><em><span lang="FR-CA"> TROTSKOS SSALIGOTS </span></em></strong><span lang="FR-CA">(sic - Jussieu)</span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><em><span lang="FR-CA"> </span></em></strong></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR-CA">5-</span><strong><em><span lang="FR-CA"> VIVE L’IMAM KHOMEINY, LE GUIDE </span></em></strong><span lang="FR-CA">(ici un second graffitiste a biffé et remplacé par<strong><em> FUHRER</em></strong>)<strong><em> DES OPPRIMÉS DU MONDE</em></strong> (Jussieu)</span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><em><span lang="FR-CA"> </span></em></strong></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR-CA">6-</span><strong><em><span lang="FR-CA"> À BAS TOUT. VIVE LA MORT</span></em></strong><span lang="FR-CA"> (Jussieu)</span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><em><span lang="FR-CA"> </span></em></strong></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR-CA">7-</span><strong><em><span lang="FR-CA"> QUOI DE PLUS PUANT QU’UN TROTSKO</span></em></strong><span lang="FR-CA"> (Jussieu)</span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><em><span lang="FR-CA"> </span></em></strong></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR-CA">8-</span><strong><em><span lang="FR-CA"> ANARCHIE VAINCRA</span></em></strong><span lang="FR-CA"> (Jussieu)</span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><em><span lang="FR-CA"> </span></em></strong></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR-CA">9-</span><strong><em><span lang="FR-CA"> MURS PROPRES, PEUPLE MUET </span></em></strong><span lang="FR-CA">(Jussieu)</span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><em><span lang="FR-CA"> </span></em></strong></p>
<p class="MsoNormal">10-<strong><em> BEGIN, HITLER : KIF, KIF</em></strong> (Jussieu)</p>
<p class="MsoNormal"><strong><em> </em></strong></p>
<p class="MsoNormal">11-<strong><em> SHARON</em></strong><strong><em> = CHAROGNE</em></strong><span lang="FR-CA"> (Jussieu)</span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><em> </em></strong></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR-CA">12-</span><strong><em><span lang="FR-CA"> VIVE LA LUTTE DES JUÏFS ANTISIONISTES</span></em></strong><span lang="FR-CA"> (Jussieu)</span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><em><span lang="FR-CA"> </span></em></strong></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR-CA">13-</span><strong><em><span lang="FR-CA"> P.C.I., PIÈGE À CON</span></em></strong><span lang="FR-CA"> (Jussieu)</span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><em><span lang="FR-CA"> </span></em></strong></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR-CA">14-</span><strong><em><span lang="FR-CA"> LA TÉLÉ REND CON</span></em></strong><span lang="FR-CA"> (non loin du parc de Montsouris)</span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><em><span lang="FR-CA"> </span></em></strong></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR-CA">15-</span><strong><em><span lang="FR-CA"> MATÉRIALISME HYSTÉRIQUE</span></em></strong><span lang="FR-CA"> (banderole d’une manif féministe sur une photo au Centre Simone de Beauvoir)</span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><em><span lang="FR-CA"> </span></em></strong></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR-CA">16-</span><strong><em><span lang="FR-CA"> LA BOURGOGNE AUX ESCARGOTS</span></em></strong><span lang="FR-CA"> (rue Notre-Dame-des-Champs)</span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><em><span lang="FR-CA"> </span></em></strong></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR-CA">17-</span><strong><em><span lang="FR-CA"> LES PUTES AU POUVOIR, LEURS FILS Y SONT DÉJÀ</span></em></strong><span lang="FR-CA"> (Place d’Italie)</span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><em><span lang="FR-CA"> </span></em></strong></p>
<p class="MsoNormal">18-<em><strong> CHIR(arn)AC</strong></em> <span lang="FR-CA"> (Place d’Italie)</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR-CA">19-</span><strong><em><span lang="FR-CA"> RAS LE VIOL, MACHOS DEHORS</span></em></strong><span lang="FR-CA"> (dans le métro, un huit mars)</span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><em><span lang="FR-CA"> </span></em></strong></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR-CA">20-</span><strong><em><span lang="FR-CA"> VOTONS ROUGE SANG</span></em></strong><span lang="FR-CA"> (dans le métro – celui là est de moi)</span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><em><span lang="FR-CA"> </span></em></strong></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR-CA">21-</span><strong><em><span lang="FR-CA"> HITLER EST DE RETOUR SOUS LE MASQUE TRANQUILLE DU RACISME ORDINAIRE</span></em></strong><span lang="FR-CA"> (dans le métro)</span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><em><span lang="FR-CA"> </span></em></strong></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR-CA">22-</span><strong><em><span lang="FR-CA"> SÉNAT = MAFIA DE DROITE</span></em></strong><span lang="FR-CA"> (sortie de la station de métro Nationale)</span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><em><span lang="FR-CA"> </span></em></strong></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR-CA">23-</span><strong><em><span lang="FR-CA"> TINTIN</span></em></strong><span lang="FR-CA"> (sous un bronze de Thomas Paine, sur le boulevard Jourdan)</span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><em><span lang="FR-CA"> </span></em></strong></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR-CA">24-</span><strong><em><span lang="FR-CA"> I.R.A. PUNK</span></em></strong><span lang="FR-CA"> (dans le métro)</span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><em><span lang="FR-CA"> </span></em></strong></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR-CA">25-</span><strong><em><span lang="FR-CA"> TOUS À LA MANIFESTATION CONTRE LA CHASSE À COURRE , À MONTMARTRE</span></em></strong><span lang="FR-CA"> (station de métro Cité Universitaire)</span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><em><span lang="FR-CA"> </span></em></strong></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR-CA">26-</span><strong><em><span lang="FR-CA"> USA = SS</span></em></strong><span lang="FR-CA"> (station de métro Concorde)</span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><em><span lang="FR-CA"> </span></em></strong></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR-CA">27-</span><strong><em><span lang="FR-CA"> DÉPENSEZ MOINS. VOLEZ PLUS </span></em></strong><span lang="FR-CA">(station de métro Luxembourg)</span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><em><span lang="FR-CA"> </span></em></strong></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR-CA">28-</span><strong><em><span lang="FR-CA"> MANGEURS DE VIANDE = AFFAMEURS DES PAYS PAUVRES</span></em></strong><span lang="FR-CA"> (station de métro Denfert-Rochereau)</span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><em><span lang="FR-CA"> </span></em></strong></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR-CA">29-</span><strong><em><span lang="FR-CA"> QUAND NOUS, LES PUNKS, SERONT AU POUVOIR, L’ANARCHIE ET LE CHAOS RÈGNERONT</span></em></strong><span lang="FR-CA"> (station de métro Porte d’Orléans)</span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><em><span lang="FR-CA"> </span></em></strong></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR-CA">30-</span><strong><em><span lang="FR-CA"> USA, HORS DE GRENADE  - URSS, HORS D’AFGHANISTAN  -  CHINE, HORS DU TIBET</span></em></strong><span lang="FR-CA"> (station de métro Luxembourg)</span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><em><span lang="FR-CA"> </span></em></strong></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR-CA">31-</span><strong><em><span lang="FR-CA"> 1984 : 2 + 2 = 5</span></em></strong><span lang="FR-CA"> (station de métro Saint Michel)</span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><em><span lang="FR-CA"> </span></em></strong></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR-CA">32-</span><strong><em><span lang="FR-CA"> UNE FRANCE, UN ROI. VIVE ALPHONSE II, ROI DE FRANCE</span></em></strong><span lang="FR-CA"> (dans le métro)</span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><em><span lang="FR-CA"> </span></em></strong></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR-CA">33-</span><strong><em><span lang="FR-CA"> L’ŒIL ÉTAIT DANS L’ANUS ET CONTEMPLAIT COCTEAU</span></em></strong><span lang="FR-CA"> (rue Racine, en lettres noires de 1 mètre de haut)</span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><em><span lang="FR-CA"> </span></em></strong></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR-CA">34- </span><strong><em><span lang="FR-CA"> CARNAVAL<span> </span>-<span> </span>CARNAGE</span></em></strong><span lang="FR-CA"> (sur la vitre d’une cabine téléphonique, boulevard Saint Michel)</span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><em><span lang="FR-CA"> </span></em></strong></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR-CA">35-</span><strong><em><span lang="FR-CA"> JE NE SAIS PAS COMMENT SE FERA LA TROISIÈME GUERRE MONDIALE, MAIS LA QUATRIÈME SE FERA SÛREMENT À COUP DE BÂTONS ET DE PIERRES - FRED</span></em></strong><span lang="FR-CA"> (wagon de RER, en direction de la station Charles de Gaulle-Étoile)</span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><em><span lang="FR-CA"> </span></em></strong></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR-CA">36- </span><strong><em><span lang="FR-CA"> NI TRUSTS, NI SOVIETS</span></em></strong><span lang="FR-CA"> (Gare du Nord)</span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><em><span lang="FR-CA"> </span></em></strong></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR-CA">37-</span><strong><em><span lang="FR-CA"> VIVE LA HAINE</span></em></strong><span lang="FR-CA"> (station de RER, Cité Universitaire)</span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><em><span lang="FR-CA"> </span></em></strong></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR-CA">38-</span><strong><em><span lang="FR-CA"> LIBÉREZ, SAKHAROV, LÉNINE VOUS ÉCRIRA</span></em></strong><span lang="FR-CA"> (rue du père Corentin)</span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><em><span lang="FR-CA"> </span></em></strong></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR-CA">39-</span><strong><em><span lang="FR-CA"> MAIS… 68</span></em></strong><span lang="FR-CA"> (Cité Universitaire)</span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><em><span lang="FR-CA"> </span></em></strong></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR-CA">40- </span><strong><em><span lang="FR-CA"> JE NE SAIS PLUS QUOI ÉCRIRE</span></em></strong><span lang="FR-CA"> (Cité Universitaire)</span></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Athée, rationaliste et… solidaire de ma compatriote au hidjab]]></title>
<link>http://ysengrimus.wordpress.com/?p=42</link>
<pubDate>Sat, 24 May 2008 08:17:35 +0000</pubDate>
<dc:creator>ysengrimus</dc:creator>
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<description><![CDATA[La lancinante question du hidjab est une question simple, traitée, par nos cultures, en jésuite in]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span lang="FR-CA">La lancinante question du hidjab est une question simple, traitée, par nos cultures, en jésuite inepte, dans la mauvaise foi ethnocentriste la plus alarmante. Il me semble qu’il y a une différence profonde entre déshériter une femme des biens de son patrimoine parce qu’un code religieux l’exigerait (profondément inacceptable) et susurrer (non sans une certaine condescendance) à des jeunes filles en quête de repères: <em>libère toi, tombe le hidjab…</em> (beaucoup plus délicat). Dans le premier cas il ne faut pas hésiter à répondre avec toute la fermeté requise: haro sue les codes de la famille moyenâgeux. L’égalité des femmes prime. Embrassez nos valeurs ou faites face aux conséquences de la loi. Exemple: un homme veut répudier la femme qu’il vient d’épouser en prétendant qu’elle n’était pas vierge au moment du mariage et que la virginité est, <em>de jure</em>, une exigence matrimoniale « essentielle ». Si la virginité est ainsi essentialisée, au mépris de nos juridictions et de notre jurisprudence, le droit de cette femme est ouvertement brimé. Ce n'est pas acceptable. Si ce monsieur n'est pas content, qu'il divorce comme tout le monde et en assume le fardeau de la démonstration sans invoquer des principes n'ayant pas court en république... ou en les invoquant, mais à ses risques juridiques et périls argumentatifs. Ici je considère qu'une femme est directement privée de son patrimoine et de ses droits. Donc, c'est non.<em></em></span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR-CA"> </span><span lang="FR-CA">Mais, dans le cas du hidjab, tout à fait distinct, je dis et redis prudence… il faut savoir laisser la chimie du contact interculturel jouer plus doucement… et savoir miser sur la déréliction, comme prise de conscience graduelle, naturelle, non imposée… et savoir éviter de fabriquer inutilement des martyrs à petit tarif. La rationalité ne se dicte pas depuis la chaire. Elle émerge suite à une vie d’expériences critiques ordinaires. Si, sur la rue où se retrouvent tous les temples en quelque grande cité multiculturelle, je dois signaler mon respect pour le fétiche divin en retirant mon chapeau dans une église mais en le gardant sur la tête dans une synagogue, et si on me laisse vivre ces expériences, à la fois distinctes et semblables, à ma guise et sans encombre, dans une église, puis dans une synagogue, puis, un peu plus bas sur la même rue, cette fois-ci avec mes godasses, dans une mosquée etc… il en résultera inévitablement une relativisation des pratiques coutumières (vestimentaires et autres) entourant le rapport au fétiche divin, et, en dernière instance, la relativisation cruciale de ce dernier de surcroît. Il faut savoir <em>patienter</em> face à ce genre de question. La <strong><em>patience méthodique</em></strong>, une valeur bien peu en rythme avec la trépidation culturelle contemporaine, s’impose pourtant ici… Le fait fondamental demeure en effet que dicter aux gens comment ils doivent s’habiller n’a jamais été une option très compatible avec un plein respect des droits de la personne. Je n’ai pas besoin de me vautrer bien longtemps dans les chemises brunes et les cols maos pour vendre cette idée criante… Or cela ne se transige tout simplement pas, et cela s’applique clairement à ceux qui imposent le port du hidjab <strong><em>mais aussi</em> </strong>à ceux qui prétendent le retirer d’autorité. Combattre le feu par le feu, c’est bon dans la tactique de la terre brûlée, mais autrement… Les objets vestimentaires, c’est de l’ethnologie profonde, complexe, séculaire, délicate à manœuvrer. Que celui ou celle dont les talons aiguilles et les cravates rigides ne lui donnent pas des maux de dos trop criants jette la première pierre… Il s’agit ici d’un choix privé, procédant de la culture intime, et réduire cela à une simple question de laïcité publique, de signes religieux ostensibles, ou, encore pire, de soumission tremblante et mystérieuse à quelque père crypto-tyrannique, ma foi (boutade), cela procède d’un jacobinisme grossier et inique. Tranchons le nœud et cessons de toujours s’en prendre aux mêmes boucs émissaires. Cette jeune femme, ma compatriote au hidjab, l’enlèvera elle-même de son plein grée, ou ne l’enlèvera pas, sinon ce sera sa fille, sinon sa petite-fille, sinon, eh bien, mes vieux yeux finiront simplement par s’habituer à cette nouvelle impression visuelle monde… </span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR-CA"> Cette question toute simple devient compliquée uniquement quand on commence à essayer de déguiser nos préjugés ethnocentristes en droits fondamentaux. Comme on l’a souvent signalé aussi: commençons donc par donner aux femmes occidentales une équité salariale réelle et une représentativité politique et professionnelle effective (notre iniquité profonde – tout aussi inacceptable, mais plus banalisée dans notre culture ordinaire, que les codes familiaux arriérés venus d’ailleurs) et fichons une bonne fois la paix aux gens sur comment ils s’habillent, se chaussent, ou se coiffent. Sinon, de fil en aiguille, en jouant ainsi les antipapes de la fripe, on finirait purement et simplement, dans notre bonne foi hautaine et outrecuidante, comme l’Iran (cf les observations savoureuses de Marjane Satrapi dans <strong><em>PERSEPOLIS</em></strong> sur le harcèlement vestimentaire quotidien par les constables de Téhéran) ou, <em>plus proche de nous</em>, comme le régime des colonels grecs de 1974, quand les soldats arrêtaient les garçons dans le vent sur la voie publique et leurs coupaient les cheveux de force…</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="FR-CA">En rajustant un salaire ou un code d’héritage injuste, en bons démocrates, on protège directement le droit de quelqu’un. En dictant aux gens comment se coiffer, en mauvais démagogues, on instille nos préjugés dans l’affaire et on ne protège le droit de personne. Ce sont là des problèmes parfaitement distincts et, encore une fois, finalement assez simple... quand on les d</span><span lang="FR-CA">é</span><span lang="FR-CA">pouille de la compulsion x</span><span lang="FR-CA">é</span><span lang="FR-CA">no inavou</span><span lang="FR-CA">ée </span><span lang="FR-CA">qui les </span><span lang="FR-CA">é</span><span lang="FR-CA">mulsionne et les brouille </span><span lang="FR-CA">à</span><span lang="FR-CA"> l'exc</span><span lang="FR-CA">è</span><span lang="FR-CA">s.<br />
</span></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[L’anarchie est-elle possible?]]></title>
<link>http://ysengrimus.wordpress.com/?p=40</link>
<pubDate>Mon, 12 May 2008 22:10:57 +0000</pubDate>
<dc:creator>ysengrimus</dc:creator>
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<description><![CDATA[Il y a sur le terme anarchie, dans la culture vernaculaire actuelle, ce que l’on pourrait appeler ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span>Il y a sur le terme <strong><em>anarchie</em></strong>, dans la culture vernaculaire actuelle, ce que l’on pourrait appeler une équivoque. Vite, bien trop vite, le terme est devenu le synonyme trivial de chaos politique, de mise </span><span>à</span><span> feu et a sang, de foutoir remuant et indescriptible, de bordel sans horizon, etc. Ce sens vulgaire d’<strong><em>anarchie</em></strong> est exploité couramment et sert même de principal argument contre ceux se réclamant de l’Anarchie ou de l'Anarchisme comme doctrine politique. Par exemple, en 1920, lors de son procès, Nicolas Sacco a tenté d’expliquer à son jury les principes et les fondements de ce qu’il entendait par <strong><em>anarchie</em></strong>. Simultanément, le procureur faisait circuler parmi les jurés des photos de voitures incendiées, de coups de mains divers dus à des anarchistes. Exploitation de l’équivoque… Sacco et Vanzetti furent condamn</span><span>é</span><span>s sans avoir </span><span>é</span><span>t</span><span>é</span><span> vraiment compris. Et pourtant, un graffiti en noir charbon sur le pont Le Gardeur de Repentigny disait autrefois, en renouant avec l'id</span><span>é</span><span>e que cherchait </span><span>à</span><span> faire passer Sacco: <strong><em>L’Anarchie n’est pas le chaos mais la responsabilité</em></strong>. L’absence d’instances directrices (le sens premier d’anarchie c’est simplement cela: «absence d’instances directrices») impliquerait effectivement une très grande prise de responsabilités individuelles et collectives, si…</span></p>
<p class="MsoNormal"><span> Risquons un exemple: celui de la cafétéria ordinaire d’une entreprise quelconque. Si on isole la cafétéria de notre boîte de l’ensemble de la société civile dont elle fait partie, si on en fait –fictivement, il va sans dire – un système clos, il y a là <strong><em>anarchie</em></strong>. Bien sûr tout est en ordre, des gens mangent, d’autres servent les plats, d’autres nettoient les plateaux. On vaque. Chacun est à sa tâche. Mais il n’y a <strong><em>PAS</em></strong> d’instance directrice (surveillant, policier, etc). Chacun voit à son affaire. Or, la semaine dernière, une bagarre a éclaté dans la cafétéria méconnue d’une grande ville anonyme entre un petit moustachu nerveux et un grand escogriffe les cheveux coiffés en crête de coq. Comment a réagit l’<strong><em>anarchie</em></strong> face à cet événement chaotique? L’absence d’instances autoritaires ou de leurs représentants a fait que nos deux gogos ont pu se tapocher bien à leur aise pendant une bonne cinquantaine de secondes. Toute la salle les regardait faire, l'un dans l'autre assez sereinement. Les nettoyeurs de plateaux ont même interrompu leur travail et se sont adossés au fond de la salle, bras croisés, pour contempler le percutant tableau. Mais rapidement, les gens assis non loin des deux ardents pugilistes ont senti leur stabilité existentielle pour le moins compromise. Les tables tremblaient. Les carafes risquaient de se renverser. On approchait le désagrément plus généralisé. Tant et tant que trois ou quatre individus se sont levés spontanément, calmement, sans raideur. Un solide gaillard du cru a immobilisé l’escogriffe à la crête de coq sans violence. Les autres ont éloigné le petit moustachu, l’ont fait s’asseoir plus loin, ne l’ont pas bousculé, ni sermonn</span><span>é</span><span>. Ça s’est calmé, sous une nouvelle surveillance implicite, collective, d</span><span>écontracte</span><span> et temporaire... Scène banale, fréquente. Moment ordinaire parlant<strong><em>. L’Anarchie n’est pas le chaos mais la responsabilité</em></strong>.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Pour sûr, vouloir instaurer l’absence d’instances directrices d’un seul coup d’un seul, ce serait comme couper le courant la nuit à New York (en 1977, sinon en 2003…). Mais pourquoi, sinon parce que la société civile est comme un chien rageur attaché à une lourde chaîne. Il y a longtemps pourtant qu’existe le remède contre la rage… il faudrait peut-être un peu inspecter, suspecter et questionner... la chaîne.</span></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Les retouches photographiques sont en train de devenir un enjeu sur lequel on nous juge]]></title>
<link>http://ysengrimus.wordpress.com/?p=39</link>
<pubDate>Sun, 11 May 2008 22:21:06 +0000</pubDate>
<dc:creator>ysengrimus</dc:creator>
<guid>http://ysengrimus.wordpress.com/?p=39</guid>
<description><![CDATA[Les retouches photos faites à l’ordi, qui s’en souciait au tournant du siècle? Une photo de mo]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal">Les retouches photos faites à l’ordi, qui s’en souciait au tournant du siècle? Une photo de moi sur une vaste pelouse verte vif, tendrement penché sur mon épagneul Médor, me semblait ratée parce qu’Oncle Firmin apparaissait, titubant au loin, entre mon épagneul et moi, et comme grotesquement perché sur le bout de la truffe de ce dernier. Basta, en quelques clics et mouvements de souris, je pulvérisais le vieil oncle en fond et rapprochait légèrement Médor de moi, le tout, évidemment, sans altérer le vert serein de la pelouse. Deux amis fraternels et sans enquiquineur aucun étaient alors voués à s’aimer d’un amour sans mélange… visuel. Tout était alors dit, et nul n’y trouvait à redire. Puis, pourquoi pas, de fil en aiguille, je me suis mis à me noircir les cheveux, à me pâlir le teint, à me ciseler le nez, à me lisser les rides, à … me mincir le bide.</p>
<p class="MsoNormal">Le phénomène des retouche photos s’est répandu entre 2000 et 2010 comme une explosion de fond, au point de prendre l’ampleur et la proportion d’un vaste événement culturel collectif. Vers 2008 la majorité des photos de personnes ordinaires figurant sur le site de relations sociales <em>Facebook</em> étaient des retouchées. Le gratin ne fut naturellement pas en reste. Des acteurs et des actrices virent leur apparence altérée au point de devenir méconnaissables. Les peaux sont devenues comme plastifiées ou métallisées, les cheveux ont pris un lustré sci-fi irréel, les silhouettes sont devenues d’une cambrure impossible, la photo s’est transformée en une sorte de dessin animatronique figé dans ledit irréel et ledit impossible. Puis nos yeux –sinon ceux des persos de ces images- se sont graduellement descillés. On a commencé à pester devant les caisses du supermarché. Révolte de l'entendement. Une actrice a poursuivi un canard qui lui avait vissé la tête sur le corps d’une autre, un de ces corps de guêpe inepte qu’elle n'approuvait pas. Une compagnie de savonnette a basé une de ses pubes sur une dénonciation du caractère irréel et illusoire d’une images de jeune fille ordinaire engloutie sous une suites quasi ininterrpompue de retouches aussi factices que déshumanisantes. Ce fut le choc empirique. La même enterprise s’est ensuite fait tancer pour avoir elle-même retouché des photos de modèles qui devaient pourtant avoir subversivement transgressé les normes ineptes de ce temps, en se démarquant comme natures et non soumises aux canons. Ce fut alors le choc moral…</p>
<p class="MsoNormal">Nous entrons maintenant nettement dans l’ère de <strong><em>la retouche photo comme d</em><em>iscré</em><em>dit</em></strong><strong><em> sur lequel on nous juge</em></strong>. Je vous assure que, sous peu, apparaitront des labels comme <strong><em>CETTE ILLUSTRATION EST GARANTIE SANS RETOUCHE</em></strong> qui seront, eux aussi, vrais ou mensongers, ce sera selon. De fait, certaines feuilles à potins garantissent déjà le caractère non retouché de photos qu'elles utilisent... pour dénigrer l'apparence physique, ou la santé, ou le tonus d'une personnalité qu'elles mettent au ban des normes (car il y a aussi le monde sournois et perfide des <em><strong>anti-retouches</strong></em>). Et on débattera. Et les juristes s’en mêleront. La difficultueuse courbe d’évolution de la technologie des retouches photos est clairement en train de perdre tout de sa froide inertie technique de jadis et de devenir un autres épisode de la sourde résistance contemporaine des femmes à la tyrannie des normes d’apparence. Et quand un film attendu fera un bide à cause du fait que la tête d’affiche aura été retouchée sur ladite affiche, les vendeurs de beauté factice en prendront de la graine et, de nouveau, le technologique devra s’incurver devant les pressions du social. On entrera alors dans l’ère de la <em><strong>rectitude photographique</strong></em>. Oncle Firmin ne sera probablement pas restitué au bout de la truffe de Médor sur ma vieille photo de jeunesse… mais toute une imagerie privée et publique des corps et des visages entrera alors abruptement dans le souvenir papier-glacé 2000-2010… l’âge d’or de la retouche photo sauvage (dont nous ne voulons d'ailleurs plus et qui ne nous manque vraiment pas)…</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[De l’univers cosmique global à l’univers humain concret]]></title>
<link>http://ysengrimus.wordpress.com/?p=38</link>
<pubDate>Fri, 09 May 2008 14:23:38 +0000</pubDate>
<dc:creator>ysengrimus</dc:creator>
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<description><![CDATA[En matière de non-création de l&#8217;univers, je suis MATERIALISTE. Une riche et complexe masse m]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>En matière de non-création de l'univers, je suis <strong><em>MATERIALISTE</em></strong>. Une riche et complexe masse matérielle en mouvement permanent engendre la vie organique inférieure, puis la vie organique supérieure, puis la vie pensante. L'univers matériel est donc incréé. Il ne commence nulle part et ne finit nulle part, juste comme la ligne du temps vers le passé et le futur. L'infinité de l'univers exige qu'il soit incréé. La création est un mythe de l'irrationalité religieuse anthropomorphisante. Il faut faire l'effort de rationalité de se libérer de cette chimère myope. <span>Les seuls univers parallèles que je connaisse sont ceux de la pensée abstraite. Je les esquinte ici d’office non pas à cause de leur parallélisme avec l'univers effectif, mais à cause du fait navrant qu'ils ne le touchent soi-disant jamais et prétendent en être autonomes. Le seul univers parallèle qui se vaille est en fait perpendiculaire! Mental et imaginaire, il coupe le nôtre, ne s'en sépare donc pas complètement, en </span>é<span>mane et en fait donc finalement fondamentalement partie. </span>L'être humain apparaît dans l'univers et disparaîtra. Mais il est doté d'une aptitude particulière face à la réalité matérielle. Il peut la détourner, la distordre, la distendre pour l'assimiler et la mettre à son service concret et pratique. Cela commence quand notre lointain ancêtre s'approprie l’outil, le pâturage puis l'agriculture, et cela se poursuit avec la locomotive, le haut fourneau, la télégraphie, l’électricité, L’internet. <span>Un primate qui produit et reproduit la complexe structure de ses propre conditions matérielles d'existence tant et tant qu'il en devient historicisé ne s’arrête pas facilement de fureter et de papoter... Ce qui, chez nos ancêtres, n'était que grégarisme, devient chez nous ensemble crucial de rapports sociaux, nous déterminant si profondement que finalement l'humain <strong><em>EST</em></strong> l'ensemble des rapports sociaux spécifiques s'entrecroisant en nous en une phase historique donnée. Dans l’univers humain, celui du d</span>é<span>veloppement historique, tout arrive en son temps, sans «faute». Il n'y a jamais de retards absolus en histoire, mais il y a toujours des retards corrélés. Une peuplade se battant encore à la sagaie souffre un retard par rapport à un peuple voisin se battant à l'arc. Ce dernier retarde tout autant ou plus devant une phalange d'arbalétriers. Naturellement, certains retards historiques sont plus déterminants que d'autres. Ainsi, dans le mouvement global de l'émergence du capitalisme, la France et l'Espagne sont entrées dans la révolution industrielle en retard par rapport à l'Angleterre malgré le fait que l'Angleterre est entrée en phase coloniale en retard par rapport à la France et à l'Espagne. Le premier retard est économiquement plus déterminant que le second, comme le déploiement historique l'a ultérieurement démontré. Certaines avancées politiques et militaires cachent parfois des retards économiques profonds et vice-versa. Le Bonapartisme et le Stalinisme sont de bons exemples d'un retard économique temporairement masqué par une illusoire surchauffe politico-militaire. Il faut indubitablement admettre que l'histoire se développe par poussées inégales. Il n'y a pas là quelque jugement moral abstrait sur les peuples, mais simplement un fait politico-économique qu'il faut toujours prendre le temps de décrire et ne jamais perdre son temps à justifier, car quiconque y voit le moindre démérite est un petit propagandiste de feuille d'opinion. </span>Pour atteindre le palier suivant, le travailleur devra jouir pleinement du fruit de son travail sans qu'une autre classe l'opprime et détourne son activité productive contre lui. Il faut qu'il soit réclamé de chacun selon ce qu'il peut donner, et qu'il soit donné à chacun selon ses besoins réels. L'homme et la femme doivent s'attendre à ce minimum de justice dans le cadre de leur univers concret, mais cette attente est inévitablement active, car l'homme et la femme devront obtenir ce rajustement des valeurs de leur vie par la lutte. L'être humain n'est pas libre. Il est le résultat infime de l'action de forces historiques gigantesque. Une classe sociale peut se libérer d'une autre, mais l'être humain ne se libérera pas de ses déterminismes. Il les tranformera simplement en d'autres déterminismes. C’est en agissant volontairement sur cet univers historique concret dont il ne sort jamais que l’être humain assure sa position et son action dans un univers global qu’il ne peut appréhender qu’indirectement et sans arrêt.</p>
<p class="MsoNormal"><span> L’univers concret est Histoire. L’univers global est Nature. Leur point de contact est Environnement.</span></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[CRYSTAL METH: le témoignage fictif qui nuance toutes les propagandes]]></title>
<link>http://ysengrimus.wordpress.com/?p=35</link>
<pubDate>Tue, 06 May 2008 13:36:37 +0000</pubDate>
<dc:creator>ysengrimus</dc:creator>
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<description><![CDATA[Ceci est un texte de FICTION anonyme que j’ai traduit de l’anglais. 
Mon nom est Ulysse Darby. J]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><em><span><strong>Ceci est un texte de FICTION anonyme que j’ai traduit de l’anglais.</strong> </span></em></p>
<p class="MsoNormal"><span>Mon nom est Ulysse Darby. Je suis un personnage fictif. Je n’existe pas. Ce qui je vous raconte ici n’existe pas non plus. Je suis un professionnel de Montréal (Canada) de 42 ans, célibataire et crypto-homosexuel. Je consomme de la Crystal Meth sur une base régulière. C’est une experience à la fois fascinante et dangereuse dont il faut parler sans faire de propagande. Alors allons-y. Le plus difficile fut d’abord de trouver un dealer. Ils crèvent littéralement de trouille et vous prennent constamment pour un flic. C’est que les peines sont lourdes. À force de tirer des ficelles à gauche et à droite au bain sauna pour hommes, j’ai fini par rencontrer un quidam qui en connaissait un qui serait là dans une heure, s’est déplacé en fait après plusieurs heures et a palabré, s’est apprivoisé, a procédé à la transaction, m'a donné une adresse électronique à laquelle il n'a jamais répondu, et est retourné se cacher pour rester bien introuvable. La première erreur à ne pas commettre c’est de s’imaginer qu’on peu trouver de la meth comme on trouve de la mari. Beaucoup de temps et d’énergie sont perdus dans la simple recherche et la transaction avec le dealer tend à ne tenir qu’une seule fois. Le crystal est vendu par unités de $40. Chaque unité vaut pour une dose. Achetez plusieurs doses à la fois, sinon vous allez vous polluer l’existence en recherche infinie de dealers. Mais c’est une recommendation expresse de s’en tenir à une seule dose par experience... </span></p>
<p class="MsoNormal"><span> </span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Le contenu du petit sachet ressemble </span>à<span> du gros sel. Il s’agit d’abord d’écraser le tout sans ouvrir le sachet avec le dos d’une cuill</span>è<span>re jusqu’</span>à<span> ce que cela prenne la texture fine du sucre en poudre. On pose ensuite la ligne dans une assiette bien plate et bien noire et on renifle le tout en quatre ou cinq coups, comme on fait avec la cocaine. Vous toussez, les larmes vous montent aux yeux, la gorge s’irrite, le nez vous pique. Ces d</span><span>é</span><span>sagrements m</span><span>é</span><span>canico-chimiques du reniflage durent cinq </span>à<span> dix minutes. L’effet «récréatif» lui, est aussi subit et instantané que torrentiel et tumultueux, et c’est l</span>à<span> que le premier danger débute car cette puissante sensation, issue d’une seule dose, va durer entre 12 et 14 heures (et, </span>ç<span>a ce n’est pas une l</span><span>é</span><span>gende). Il est donc imp</span><span>é</span><span>ratif de s’en tenir </span>à<span> une dose unique par exp</span><span>é</span><span>rience... De plus, il faut procéder avec méthode ou alors c’est la catastrophe. Apr</span>è<span>s diff</span><span>é</span><span>rents essais et erreurs, j’ai stabilisé une procédure qui maximalise mon plaisir et réduit les risques. Je fréquente un bain sauna pour hommes homosexuels depuis plusieurs années. J’y ai une routine stable, le personnel me connait, mes habitudes y sont rodées, j’ai m</span>ê<span>me ma chambrette attitrée dont je peux verrouiller la porte </span>à<span> tout moment pour m’isoler (important)... Le premier grand danger étant celui de la perte des rep</span>è<span>res usuels, il faut absolument se donner ce genre de refuge stable sinon l’exp</span><span>é</span><span>rience peut vraiment tourner mal.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span> </span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Que vous fait tant la crystal meth. D’abord, c’est un euphorisant. Un peu comme avec la cocaine, vous devenez «le roi de la terre». Ensuite, et corrolairement, c’est un d</span><span>é</span><span>shinibiteur. La timidité, les hésitations, les contraintes de la vie sociales, l’autocritique g</span>ê<span>n</span><span>é</span><span>e sont pulvérisées. Vous dites ce que vous pensez et vous faites ce que vous voulez au point de découvrir vous m</span>ê<span>me ce que vous vouliez tant dire et faire... Finalement c’est un stimulant. Vous allez bouger, remuer, vous trémousser, vous agiter pendant des heures sans manger (la meth coupe l’app</span><span>é</span><span>tit) ni dormir (la meth interromp le sommeil) et vous serez plus fort et résistant qu’</span>à<span> votre habitude (ce jour l</span>à<span>... Le lendemain, c’est autre chose). Et surtout par dessus tout, ces trois effets DURENT DES HEURES. Il est donc clair qu’avec cette substance on s’embarque pour un voyage longuet, un voyage sublime, un voyage risqué.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span> </span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Voici donc ma procé</span><span>dure. Je vous recommande express</span><span>é</span><span>ment de vous en inspirer en faisant les transposition nécessaires. Je lib</span>è<span>re d’abord une fin de semaine de trois jours (une journ</span><span>é</span><span>e pour l’exp</span><span>é</span><span>rience, deux journ</span><span>é</span><span>es pour r</span><span>é</span><span>cup</span><span>é</span><span>rer – c’est un minimum). Je renifle ce qui sera ma dose unique </span>à<span> 9:00 du matin le premier jour et je pars imm</span><span>é</span><span>diatement pour le bain sauna. Je n’apporte absolument aucune autre substance avec moi. La r</span><span>é</span><span>serve de meth reste sagement </span>à<span> la maison, une fois la dose prise. Il faut imp</span><span>érativement </span><span>se s</span><span>é</span><span>parer de la substance quand son effet d</span><span>é</span><span>marre sinon l’envie pourrait venir d’en reprendre et l</span>à<span> ce serait simplement trop. Souvenez-vous d’Ulysse et du chant des sir</span>è<span>nes. Le trajet vers le bain douche dure cinquante minutes. Le temps pour l’euphorie de bien finir de se mettre en place. Inutile de dire qu’il ne faut pas conduire. Prendre le transport en commun est impératif ce qui pose un autre probl</span>è<span>me. Il faut r</span><span>é</span><span>primer une envie irr</span><span>é</span><span>sistible de parler aux gens, de les enquiquiner, de les narguer, de les draguer. Il faut rester conscient que l’on n’est pas dans son </span><span>é</span><span>tat normal... ce qui est ardu, vu qu’on ne l’est pas! Je me r</span><span>é</span><span>fugie dans l’anticipation de ma journ</span><span>é</span><span>e de plaisir et m’efforce au mieux de ficher la paix aux autres. Je n'y arrive pas toujours... Arriv</span><span>é</span><span> au bain douche, je fais op</span><span>é</span><span>rer ma routine au mieux, mais il y a toutes sortes de pépins. Je subis des micro-pertes de m</span><span>é</span><span>moire. J’oublie mes clefs dans me chambrette, je ne verouille pas le cadenas du casier, j’</span><span>é</span><span>gare des petits objets. Il faut se concentrer sur cette routine. Tout doit </span>ê<span>tre stable. Vous ne voulez pas foutre une pr</span><span>é</span><span>cieuse heure en l'air </span>à<span> chercher maniaquement des clefs ou un porte-monnaie. L'euphorie n'est pas cens</span><span>é</span><span>e se r</span><span>é</span><span>duire </span>à<span> cela. Improviser sous l’effet de cette substance est un coup plus que hasardeux: dangereux. Il faut enclaver cette exp</span><span>é</span><span>rience dans un dispositf rod</span><span>é</span><span> et exempt au maximum d’imprévus imparables. Il y a une perte de compr</span><span>é</span><span>hension des </span><span>é</span><span>v</span><span>é</span><span>nements ordinaires et, oui, une certaine paranoia. Une paranoia compulsive, tr</span>è<span>s certainement chimique, un peu comme les petites souris qui ont peur de tout. Nous y reviendront.<br />
</span></p>
<p class="MsoNormal"><span> </span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Le dispositf doit </span>ê<span>tre rod</span><span>é</span><span> mais actif. Il faut, sans subvertir ledit dispositif, pouvoir danser, s’agiter, se trémousser, marcher fi</span>è<span>rement dans des corridors, se dandiner langoureusement dans un jaccuzzi. Je n’ai pas besoin de m’étendre sur les formidables qualités aphrodisiaques de la chose, sauf pour dire qu’il faut demeurer prudent dans toutes les interactions, le partenaire n’étant pas enrubann</span><span>é</span> <span>dans le m</span>ê<span>me paradis jubilatoire que nous. Si quelque chose de bizarre se passe, il faut savoir l</span>â<span>cher prise en restant conscient qu’on ne per</span>ç<span>oit pas totalement tout ce qu’on vient de faire ou de ne pas faire. De l</span>é<span>g</span>è<span>res hallucinations pourront se manifester. Marchant dans un corridor sombre que je traversais pour la premi</span>è<span>re fois (important), j’ai cru voir un visage dans un judas, alors qu’il n’y avait qu’un mur. Mais l’effet hallucinatoire reste marginal. On peut dire que la meth c’est l’opposé radical des champignons hallucinog</span>è<span>nes. Les champigons sont passifs et contemplatifs. On peut rester des heures </span>à<span> converser les yeux dans les yeux avec le partenaire, et tout devient géom</span><span>é</span><span>trique, tranquille et serein, et l’univers est beau et compréhensible. La meth est active et interactive. Elle fait exploser l’int</span><span>é</span><span>gralité des passions sauvages, les belles et les moins belle. Elle nous donne temporairement le courage illusoire de notre folie. </span></p>
<p class="MsoNormal"><span> </span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Il faut constamment lutter contre l'ass</span>èchement de<span> la bouche. Boire beaucoup, mais par petites quantités (éviter l’alcool. Son effet tranquilisant lutte absurdement contre l’effet euphorisant de la meth. C’est un mélange bien con, et en plus, l'alcool augmente la soif qu'il faut au contraire r</span><span>é</span>duire<span>), s’humecter la bouche, se gargariser. La meth rend la bouche vraiment tr</span>è<span>s s</span>è<span>che. La meth rend ausi maniaque, obsessif, </span>ç<span>a non plus ce n’est pas une l</span><span>é</span><span>gende. Les gestes compulsifs n'auront pas vraiment l'air de se r</span><span>é</span><span>p</span><span>é</span><span>ter. Huit heures vont passer comme deux. Je r</span><span>é</span><span>p</span>è<span>te : huit heures vont passer comme deux. Ayez toujours une montre </span>à<span> vue, on perd compl</span>è<span>tement la notion du d</span><span>é</span><span>roulement du temps. Et, r</span><span>é</span><span>trospectivement, de ces 14 heures, on aura le plus de difficult</span><span>é</span><span> </span>à<span> se rem</span><span>é</span><span>morer la troisi</span>è<span>me, la quatri</span>è<span>me, et/ou la cinqui</span>è<span>me. Apr</span>è<span>s huit heures de folie intensive, vous allez ressentir un petit mou, une l</span><span>é</span><span>g</span>è<span>re baisse d’intensit</span><span>é</span><span>. Vous n’</span>ê<span>tes pas vraiment fatigu</span><span>é</span><span>, mais vous recommencez </span>à<span> subrepticement </span><span>é</span><span>conomiser vos mouvements, vous vous remettez </span><span>subtilement </span>à<span> h</span><span>é</span><span>siter socialement, vous n’</span>è<span>tes plus dans l’absolu absolu. C’est l</span>à<span> le moment le plus traitre de tous. Le moment ou la d</span><span>é</span><span>cision se prend de savoir si vous contr</span>ô<span>lez l’exp</span><span>é</span><span>rience ou si c’est l’exp</span><span>é</span><span>rience qui vous contr</span>ô<span>le. C’est le moment ou on serait vraiment tenté de se reprendre une autre petite dose, histoire de retrouver promptement le plateau supérieur. Mais, oh sagesse, Ulysse a eu la prudence de laisser se réserve </span>à<span> la maison (ce qui est aussi une bonne protection contre les éventuelles descentes de flics. Vous n’avez rien sur vous au moment de l’action). Heureux qui, comme Ulysse, il est piégé dans sa m</span><span>é</span><span>thode. Bon tant pis. Les quatre ou six prochaines heures seront tr</span>è<span>s bien au niveau B, et on fera avec. Je vais continuer de m’amuser et me pr</span><span>é</span><span>parer doucement pour les terribles effets secondaires de demain. Si on se résume: 9:00, reniflage; 10:00 arrivée dans l’espace sécurisé et installation;<span> </span>10:30 du matin </span>à<span> 7 00 du soir, fougeuse folie au palier A; <span> </span>7:00 </span>à<span> 11:00, tr</span>è<span>s honorable ardeur au palier B. Minuit, Cendrillon est-elle pr</span>ê<span>te </span>à<span> rentrer du bal? Eh bien non. Elle subit alors le plus </span><span>é</span><span>trange et le plus maladif des effets de la meth. On pourrait l’appeller <strong><em>nostalgie instantan</em></strong></span><strong><em><span>é</span></em></strong><span><strong><em>e et convulsionnaire du paradis perdu</em></strong>. Je... Je ne veux pas partir, je ne veux pas retourner en ce triste monde, je veux que cela continue, continue, continue. J'</span><span>étire. Je temporise. </span><span>Je m'</span><span>é</span>ternise. <span>Il faut donc se pr</span><span>é</span><span>voir un autre <span> </span>trois heures ou l’effet euphorisant est bien diminu</span><span>é</span><span> mais l’obsession paradisiaque est </span>à<span> son maximum. Cendrillon ne partira que vers trois heures du matin (en taxi, imp</span><span>é</span><span>rativement), triste, frustr</span><span>é</span><span>e, renfrogn</span><span>é</span><span>e que les plaisirs soient si courts et que la vie soit si laide.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span> </span></p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal"><span>Je rentre alors chez moi, bois un petit verre d'une boisson sans alcool et me met au lit. Cette nuit l</span>à<span> sera mauvaise, comme si vous aviez pris un caf</span><span>é</span><span> ou deux de trop un peu trop tard, et les </span><span>é</span><span>tranges effets secondaires de la meth vont se manifester et venir vous hanter. Ils sont psychologiques d’abord. Je suis obs</span><span>é</span><span>d</span><span>é</span><span>, obnubil</span><span>é</span><span> par mes activit</span><span>é</span><span>s des 12 derni</span>è<span>res heures. Je me repasse le film, je planifie des modifications, je cherche des options, j’imagine des sc</span><span>é</span><span>narios, je fixe sans fin sur des moments. Cela va durer toute la journ</span><span>é</span><span>e suivante, cette fixation d'id</span><span>é</span><span>e, cette langueur obsessive, cette r</span><span>étention mentale </span><span>et je ne pourrai rien faire de tr</span>è<span>s utile de ce jours 2. La nuit, toujours, la paranoia de la petite souris peureuse revient alors en force, par bouff</span><span>é</span>es. Le moindre petit d<span>é</span>clic nocturne me terrifie. J'ai peur sans raison, comme dans l'enfance. <span>Puis il y a cet </span><span>é</span><span>tonnant effet sur la m</span>â<span>choire. La propagande parle des «dents de meth» (les accros finissent avec les dents compl</span>è<span>tement niqu</span><span>é</span><span>es, </span><span>é</span><span>miett</span><span>é</span><span>es, pour des raisons peu claires). Je n’ai pas </span>ç<span>a pour l'instant, mais je corrobore une <em>m</em></span><em>â</em><span><em>choire de meth</em> qui pourrait bien </span>ê<span>tre une version att</span><span>é</span><span>nu</span><span>é</span><span>e du ph</span><span>é</span><span>nom</span>è<span>ne. C’est certainement un truc neurologique. Dans mon sommeil, ma m</span>â<span>choire </span><span>é</span><span>met subitement un solide claquement, totalement incontr</span>ô<span>l</span><span>é,</span> <span>comme quand on claque des dents au froid. Mais un claquement unique, parfois assez subit pour vous r</span><span>é</span><span>veiller. On sort de la premi</span>è<span>re nuit les l</span>è<span>vres et la langue mordues par ces claquements de m</span>â<span>choire incontr</span>ô<span>lables. C’est tr</span>è<span>s d</span><span>é</span><span>plaisant et ce n’est pas fini au second jour. De plus, et l</span>à<span> gare au choc, pendant mes deux jours de pause, je me sens plus confortable la bouche grande ouverte (ou m</span>ê<span>me la bouche grande ouverte et la langue sortie, pendue litt</span><span>é</span><span>ralement - vous avez bien lu) que la bouche ferm</span><span>é</span><span>e. Il y a vraiment quelque chose l</span>à<span> qui vous tourneboule les m</span>âchoires pour vrai. <span>C’est seulement quand je n’ai plus envie de me tenir comme un gogo qui baille en permanence que je juge que l’effet de la meth est l'un dans l'autre termin</span><span>é</span><span>. Cela ne se manifeste que vers la fin de mon troisi</span>è<span>me jour. Sinon, j’ai mal partout, comme le lendemain d’une sempiternelle randonn</span><span>é</span><span>e en montagme, la bouche me picote, j’ai sommeil et je suis tristounet. L’appetit normal ne reviendra que le troisi</span>è<span>me jours. C’est aussi au debut du troisi</span>è<span>me jour que le pire du pire survient. Le <em>manque</em> apparait. Le manque terrible monte dans mon thorax. Je me sens comme un fumeur qui a envie de fumer, un buveur qui a envie de boire. Je veux que tout recommence au plus vite. Je veux me retrouver dans l'univers fou que j'ai associ</span><span>é</span> à la substance. Je veux le tout, la sensation autant que l'action. Le bain sauna et la meth son indissolublement unis en mon d<span>ésir</span> et je les pense dans le manque comme une entit<span>é</span> unique, un <span>é</span>tat paradisiaque aussi indistinct que cardinal.<span> Pour l’instant, je r</span><span>é</span><span>siste assez bien au manque et il finit pas s’en aller comme il est venu sans me faire alt</span><span>é</span><span>rer mon programme. Mais il revient de plus en plus souvent. Mes exp</span><span>é</span><span>riences restent s</span><span>é</span><span>par</span><span>é</span><span>es de deux bonnes semaines les unes des autres et mes doses n’augmentent pas. Mais comme tous les bourlingueurs qui fr</span>ô<span>lent ce genre de r</span><span>é</span><span>cif, je ne peux absolument rien garantir pour l’avenir, tant au plan de mon comportement qu'au plan des effets </span>à<span> long terme de cette drogue terrible et merveilleuse sur mon cerveau.</span></p>
<p class="MsoNormal">
]]></content:encoded>
</item>
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<title><![CDATA[Les poupées mannequins, ce n'est PAS du marketing...]]></title>
<link>http://ysengrimus.wordpress.com/?p=32</link>
<pubDate>Thu, 01 May 2008 22:50:16 +0000</pubDate>
<dc:creator>ysengrimus</dc:creator>
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<description><![CDATA[Il me semble qu&#8217;on en donne vraiment beaucoup trop de nos jours au «marketing». Sans trop sa]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><span>Il me semble qu'on en donne vraiment beaucoup trop de nos jours au <strong><em>«marketing».</em></strong> Sans trop savoir ce qu'il est exactement, on <em><strong>«le»</strong></em> prend pour le démiurge de la manipulation subconsciente des masses, une sorte de «Big Brother» tentaculaire qui nous ferait faire tout ce qu'il veut. C'est falsificateur au possible. Je suis suffisamment consommateur ordinaire de ma poersonne pour pouvoir observer la règle d'acier suivante: si vous avez un produit de merde, votre campagne marketing n'y fera pas grand chose. Pour bien comprendre mon argument, pensons, par exemple, au film <strong><em>DICK TRACY</em></strong> avec Warren Beatty et Madonna. Costumes aux couleurs criardes, grosses têtes d'affiches racoleuses, campagnes marketing tapageuses, mondovision tonitruante, film de merde, résultat médiocre au guichet, divorce inexorable entre Warren et Madonna. Point-barre... Plus personne ne se souvient de ce navet. Vous en souvenez-vous, vous? Des exemples similaires de l'incompétence chronique du marketing absolu et sans substance existent par milliers, dans tous les secteurs de production. Le marketing rate bien plus souvent son coup qu'il ne fait mouche. Et surtout: le marketing se fait bien plus souvent prendre par surprise par le produit que le contraire... Maintenant méditons ceci: <em><strong>les poupées-mannequins miniatures existent depuis 1959 </strong><strong>et il se vend dans le monde une de ces effigies toutes les deux secondes</strong></em>, le tout avec un marketing compétent et solide, certes, mais sans extravagance particulière... Il n'y pas une campagne marketing qui puisse produire des résultats aussi durables et d'une telle puissance! Jamais. Cela n'existe pas. Le fait est que ce sont les poupées-mannequins qui font vivre leurs agents de marketing, pas le contraire. Tout simplement parce qu’il s’agit l</span><span>à</span><span> d’un objet bien plus ancien que tous les marketings de la terre. Une petite poupée ado ou adulte, une effigie, un fétiche, un totem... Les extorqueurs qui s'engraissent aux dépens de celles qui aiment et adulent les poupées-mannequins comprennent cela bien mieux que vous et moi et ce, sans cette doctrine candide et non avenue de «marketing».</span></p>
<p>Il importe d’ajouter -corrolaire crucial ici- que le temps de la femme-objet pour l'homme, c'est fini. Et même le temps de la femme qui cherche à s'affirmer en singeant l'homme touche à son terme. Nous en arrivons à la femme qui reste elle-même, se maquille, se pomponne, s'amuse avec ses copines, jouit de ses amants et gouverne sa vie. Les nouvelles poupées-mannequins de ce temps sont naturellement centrales dans cette symbolique ludique, parce qu’elles ont la p<span>ê</span><span>che, la d</span><span>é</span><span>gaine, elles pratiquent absolument tous les sports et embrassent toutes les professions, mais leur maquillage ne se défait jamais, leur talons aiguilles ne s'enfoncent pas dans la boue de la jungle, et la grande tempête historique n'altère en rien leurs tignasses polychromes et indécoiffables. Elles sont donc un rêve. Car c'est un grand rêve de femme ça: tout accomplir sans transiger sur sa jouissance corporelle et ses fantaisies coquettes. Or, le fait est que les poupées-mannequins sont des jouets de petites filles. Ce sont donc les gamines qui décident de leur sort commercial de masse en dernière instance, pas leur père ou quelque vague «Big Brother Marketing» impalpable. Il va donc falloir cesser de crier <strong><em>«marketing»</em></strong> et <strong><em>«femme objet»</em></strong> à chaque fois qu'il s'agit de poupées-mannequins et commencer à comprendre les vrais fantasmes de celles qu'elles amusent depuis des lustres. Nous allons alors faire face à une ou deux surprises, mais nous allons bien finir par arriver à nous débarrasser de nos stéréotypes condescendants et faussement salvateurs sur les femmes et les petites filles... C'est un ajustement indispensable si nous, hommes notamment, voulons approcher adéquatement le monde superbe et terrible de la poupées-mannequin indocile de ces temps passionnels et de sa symbolique effective...</span></p>
]]></content:encoded>
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<title><![CDATA[La déréliction ce n'est pas un changement de religion]]></title>
<link>http://ysengrimus.wordpress.com/?p=28</link>
<pubDate>Wed, 30 Apr 2008 04:49:15 +0000</pubDate>
<dc:creator>ysengrimus</dc:creator>
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<description><![CDATA[Bon, bon, partons de l&#8217;opposition Bible/Coran. Fondamentalement le problème se résume comme ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>Bon, bon, partons de l'opposition Bible/Coran. Fondamentalement le problème se résume comme suit. Si on dit à un Jesus-freak de n’importe quel tonneau que la Bible est en fait un ensemble éclectique de 73 livres noués ensemble sur une période de deux mille ans, et que –par exemple- aux quatre évangiles reconnus s’en ajoutent plusieurs autres apocryphes que l’on édite et étudie pour trouver les éléments tardifs des évangiles reconnus, cela ne pose pas de problème particulier de foi. Jésus continue de mourir sur la croix, de tendre l’autre joue, de multiplier les pains et les poissons et de ressusciter trois jours trop tard, même si les rapports écrits sur son sujet sont brouillés par le flot bringuebalant de l’Histoire.</p>
<p>Par contre, si on dit à un musulman: gars, c’est prouvé par l’analyse philologique effectuée par des gens fiables, la rédaction du Coran s’étale sur plusieurs siècles. On y dégage des textes anciens et des textes tardifs. Ces différents segments ne peuvent pas procéder d’un auteur unique. Oh ça, ça pose un gros problème de foi. C’est que, contrairement à la foi chrétienne, la foi musulmane <em><strong>PRENDS POSITION SUR LA FAÇON DONT LE TEXTE SACRÉ A PRIS CORPS</strong></em>. Dicté par Dieu dans la langue divine via un ange sur une période brève et consigné par un messager unique. Point barre. Le fricfrac philologique dans le Coran fait chier les musulmans autant que font chier les chrétiens, ces creuseux qui trouvent la tombe d’un Christ bel et bien mort et enterré, marié à une Marie de Magdala qui repose avec lui et leurs enfants. C’est pour ça que bien des savants arabes pompent comme ça sur ces histoires de textes. La philologie coranique agresse leur foi <em>de facto</em>, implacablement. Et cela fait de la philologie coranique une démarche difficile, délicate, emmerdante et mal acceptée dans le monde musulman.</p>
<p>Maintenant, sur cette base, observons que changer de religion et abandonner toute pratique religieuse, ce sont là deux dynamiques parfaitement distinctes, et les amalgamer intempestivement, ma foi (farce), c’est de la pure malhonnêteté intellectuelle. Il y a déréliction dans le monde occidental (et même dans le monde en général) depuis un bon siècle et cette déréliction se poursuit, inexorable. Traiter la déréliction comme un “changement de religion” c’est perpétuer la brume religieuse et occulter le vrai phénomène, celui de la montée de l’athéisme, allant de concert avec l’augmentation des connaissance objectives, le recul des valeurs traditionnelles, le désintérêt pour le conformisme, le discrédit des autorités abstraites, le foutoir des doctrines, l’individualisme immanent, l’hédonisme, le déclin irréversible des vieilles peurs archaïques, et le retour des légendes à leurs dimensions de légendes. La religion n'est pas abattue comme un arbre vif, elle tombe doucement et se change en humus le temps venu, comme les feuilles mortes... Aussi, quand mon ex-chrétien se mettra à l'archéologie des tombeaux araméens (entre autres parce que l'Islam lui aura fait comprendre que la croyance en une résurrection et en une paternité divine est nettement un relent superstitieux dépassé) et quand mon ex-musulman se mettra à la philologie de la langue arabe (entre autres parce que le Christianisme lui aura fait piger que le culte du livre, c'est bel et bien un peu fétichiste quand même dans les coins), il y aura là une dynamique qui n'aura absolument plus rien de religieux, de mystique ou de mystifiant. Ces gens assureront alors l'intendance pacifique et savante d'un patrimoine ethno-culturel riche, intéressant, marrant et parfaitement inoffensif. Or aucun de mes deux gogos ici ne se sera converti à la religion de l'autre. Il y aura eu de fait déréliction sans changement de religion.</p>
<p>Et ce jour "béni" viendra... Il viendra, je le crois...</p>
]]></content:encoded>
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<title><![CDATA[Le Grand Noir de 2003, bof, banal...]]></title>
<link>http://ysengrimus.wordpress.com/?p=26</link>
<pubDate>Tue, 29 Apr 2008 20:59:57 +0000</pubDate>
<dc:creator>ysengrimus</dc:creator>
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<description><![CDATA[Il y a eu deux grandes Noirceurs électriques dans l&#8217;histoire de l&#8217;est de l&#8217;Améri]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a eu deux grandes Noirceurs électriques dans l'histoire de l'est de l'Amérique du Nord. Une en 1977. et une en 2003. Panne de courant intégrale de plusieurs heures dans les deux cas. comportements sociaux à l'avenant. La question intéressante dès lors, c’est celle du contraste 1977/2003 face à l'obscurité opaque et au silence des génératrices. Exemple: New-York. En 1977: la folie pillarde et paillarde. En 2003: le calme morose et pas rose. On pourrait vouloir y voir un indice de l’augmentation de la prospérité new-yorkaise et pourquoi pas. Mais hélas, il y a un autre effet qui entre en ligne de compte, je pense. L’effet de banalisation. Je pense toujours à cet idiot d’André Breton qui disait en son temps que l’acte surréaliste par excellence serait de sortir sur la rue avec un flingue et de tirer au hasard. Nous du vingt-et-unième siècle, à qui c’est arrivé, on ne la sacralise plus comme surréaliste et on ne cite plus Breton sur la question. On la subit et c’est fini. Pour lui c’était surréaliste, pour nous c’est ordinaire. Effet de banalisation. Même phénomène ici, en moins tragique. En 1977, la Noirceur Absolue c’était nouveau, c’était énorme, c’était le party, c’était les enfants face au fruit défendu. En 2003, c’est un pépin de plus dans le gros sac avec le terrorisme, les crimes aléatoire, le vol d’identité, le 11 septembre, les magouilles de l’après-Bhopal, les prises d’otages à répétition, la piraterie maritime, l’esclavage et le trafic d’êtres humains, la perte du portable, le réchauffement global et la feuille d’impôt. La civilisation contemporaine banalise plus la catastrophe qu’il y a une génération. Par la force des choses on a collectivement les nerfs plus solides. D’où indifférence insensibilisée face à la Noirceur new-yorkaise (et torontoise) de 2003.</p>
]]></content:encoded>
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<title><![CDATA[Britney Spears, notre symptôme...]]></title>
<link>http://ysengrimus.wordpress.com/?p=25</link>
<pubDate>Tue, 29 Apr 2008 20:21:42 +0000</pubDate>
<dc:creator>ysengrimus</dc:creator>
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<description><![CDATA[Quelqu’un qui a une oreille et un oeil fort fiables pour la musique pop m’a expliqué la combine]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>Quelqu’un qui a une oreille et un oeil fort fiables pour la musique pop m’a expliqué la combine qui roule dans une des vidéos de <strong>Madonna</strong>. Madonna se serait emparée du look, du son, du swing et du mec de Britney Spears, pour lui chiper son segment de suiveux, pendant que l’autre s’effondre et sort du circuit en laissant le vide qu'on devine. La fausse grande amie à couteau dans le dos, en somme. Les Spearsologues affirment sans rougir que le tout de la chose de la chanson et du clip <em><strong>FOUR MINUTES</strong></em> est une copie carbone poisseuse de Spears. C'est-tu assez rapace, l’affaire? C'est-tu assez régressant? C'est-tu assez symbolique, surtout? La plus vieille qui <em>outdate</em> la plus jeune, la mère putative qui poignarde la fille adoptive, en avouant implicitement ce trip juvéniliste et cette jalousie latente qui sont les nôtres… Voilà. On pousse nos enfants juste qu’au coton du blé d’Inde. On les hyperactive. On les écoeure à fond parce qu’on voudrait plus que tout au monde être le père ou la mère de Mozart. Qu’ils dansent, qu’ils chantent, qu’ils marchent sur l’allée lumineuse, qu’ils se tortillent. Qu’ils deviennent des <strong><em>Gipsy Rose Lee</em></strong> s’il le faut. Puis, quand on «rate» notre petit prodige, on se retrouve avec un gars ou une fille ordinaire que l’on regarde en chien de faïence jusqu’à la fin de nos jours, notre enfant jouant involontairement son rôle de bouc émissaire de nos propres regrets. Ou, quand on «réussit» notre petit prodige, on se retrouve avec le côté diurne et le côté nocturne de Britney Spears. Et naturellement, quand elle pète son câble, comme l’immense majorité des enfants stars le font, on la regarde de haut et/ou on lui chipe ses billes à la Madonna. Elle est alors devenue le réceptacle sous pression de nos propres envies de gloriole. C’est de sa faute, pas de la nôtre… Et on piste sa déchéance, la bave aux lèvres, dans toutes les feuilles à potins disponibles…</p>
<p>Nous sommes tous malades du Trip de Star, et Britney Spears est notre plus saillant symptôme…</p>
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<title><![CDATA[Seul le paradoxe du menteur ne ment jamais...]]></title>
<link>http://ysengrimus.wordpress.com/?p=24</link>
<pubDate>Tue, 29 Apr 2008 20:15:25 +0000</pubDate>
<dc:creator>ysengrimus</dc:creator>
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<description><![CDATA[Vous dites toujours la vérité, vous?
Vous venez de commander des fleurs pour votre bien aimé(e)]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>Vous dites toujours la vérité, vous?</p>
<p>Vous venez de commander des fleurs pour votre bien aimé(e)… à être livrées dans quelques heures pour le petit souper surprise que vous préparez sans trompettes. Vous rentrez du fleuriste en douce, sans faire de vagues. Manque de bol, elle/il est à la maison et vous demande: <em><strong>“Tu étais où là?”</strong></em>. Il faut absolument et promptement répondre:<em><strong> “À la bibliothèque”</strong></em>, sinon votre surprise romantique est éventée. Vous ne le faites pas? Allons, allons… ne me mentez pas, surtout ne vous mentez pas à vous-même… Et les enfants que l’on protège des informations douloureuses, les vieux parents auxquels on atténue les tranches les plus inquiétantes de notre vie, les ennemis jurés à qui on ne dévoile quand même pas l’intégralité de notre stratégie, les sondages d'opinion auxquels on affirme sans broncher qu'on mange des légumes frais trois fois par jour,  les enquiquineurs spontanés à qui on ne veut pas révéler en trente secondes le tout de notre vie intime… Allons, allons…</p>
<p>Quiconque dit qu’il ne ment jamais exemplifie pour la gallerie le vieux paradoxe du menteur des Grecs… et quiconque dit <em><strong>“cela n’est pas vraiment un mensonge”</strong></em> s’enfonce encore plus avant dans le susdit paradoxe… Et le mensonge par omission n'est pas une solution... Nous mentons, au moins admettons-le sereinement et vivons avec... Les conséquences ethnoculturelles de ce fait ordinaire sont incalculables. On les écrira un jour <em><strong>l'Encyclopédie des Mensonges Humains, grands &#38; petits</strong></em> et, bien entendu, <strong><em>le Vade Mecum de la Menteuse et du Menteur</em></strong>. La documentation est omniprésente, et imposante, et pourquoi pas...</p>
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<title><![CDATA[Consommer du symbolique, c’est aussi de la consommation]]></title>
<link>http://ysengrimus.wordpress.com/?p=16</link>
<pubDate>Tue, 29 Apr 2008 15:48:36 +0000</pubDate>
<dc:creator>ysengrimus</dc:creator>
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<description><![CDATA[Il faut continuer de regarder attentivement ce que le consommateur consomme: de l’utilitaire ou du]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>Il faut continuer de regarder attentivement ce que le consommateur consomme: de l’utilitaire ou du symbolique? Voiture: on peut soit la percevoir comme un objet utilitaire. On la veut alors solide, fiable, un peu carrée même, 2-chevauxesque, c’est en masse. On peut la percevoir comme un objet symbolique. On cherchera alors la meilleure affaire pour pouvoir tenir le char de l’année, parce qu’il y a les contraintes de la mode et des tendances. Vêtements: on peut les percevoir comme utilitaires. On les voudra chauds, solides, facilement réparables, commodes, même si un peu paysans. On peut les percevoir comme objets symboliques. Et ce sera alors la soumission aux déjeuners de soleil (les français désignent ainsi un beau vêtement qui ne dure pas) encore une fois de la mode. Consommer du symbolique, c’est aussi de la consommation, simplement elle joue socialement plutôt qu’individuellement. Et cette alternance utilitaire/symbolique variera non seulement avec les cultures mais avec les classes au sein d’une même culture. L'opposition québécois/français joue, encore une fois, à plein ici. Il faut en fait l'amplifier. Passons donc doucement de “québécois” à “nord-américain” dans notre analyse. C’est beaucoup plus juste, ethnologiquement, sur cette question, où nous sommes en fait plus continentaux que sur bien d’autres. Ce sera pour dire que je crois sincèrement que les observations sur l’euro-durable et l’américano-éphémère que l'on entend deci et delà s’appliquent en fait plus à la durabilité de l’échangeur Turcot et du transport en commun (les infrastructures lourdes, donc, où les Euros investissent beaucoup plus sérieusement que les Américanos sur le long terme) qu’aux produits de consommation légers et éphémères. <em>IKEA</em> est après tout une entreprise européenne… et se faire arnaquer avec un cossin joli et subtil mais qui casse ou déchire plus tôt que prévu sans garantie, c’est aussi une aventure typiquement européenne... Ce n'est pas qu'ils aiment le fragile et nous le costaud ou le contraire. C'est, plus simplement, que nous ne consommons pas les mêmes symboles...</p>
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<title><![CDATA[Microcélébrité?... ou célébrité sans intermédiaire]]></title>
<link>http://ysengrimus.wordpress.com/?p=13</link>
<pubDate>Tue, 29 Apr 2008 14:37:08 +0000</pubDate>
<dc:creator>ysengrimus</dc:creator>
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<description><![CDATA[Une dame un peu forte se met subitement à chanter son petit karaoké sur YouTube. Sentiment étrang]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>Une dame un peu forte se met subitement à chanter son petit karaoké sur <em>YouTube</em>. Sentiment étrange quand on l'écoute. Il y a un fond de velour là dedans. Cela vibre. on le sent vachement et... des dizaines de milliers d'autres internautes confirment notre impression diffuse mais imparable. Les journaleux, ces préchiprécheurs sur le déclin, nous crient alors: <em><strong>c'est une autre microcélébrité</strong></em>. Or, ce terme de <em><strong>“microcélébrité” </strong></em>est boiteux, téteux, condescendant, en un mot: médiatique. Il donne une impression de petitesse (comme dans “petit” peuple) qui déforme passablement les choses. Si ton cabotinage sur <em>YouTube</em> est cliqué par des miiliers, des millions de gogos, il n’y a rien de “micro” là-dedans. Je parlerais plutôt de <em><strong>CÉLÉBRITÉ SANS INTERMÉDIAIRE</strong></em>. Autrefois, cette dame un peu forte à la voix au petit velour se serait fait mettre dans le son (i.e. ici, ils lui auraient dit: vas-te coucher, tu chantes trop mal, tu es trop forte, cela ne pognera juste pas) par un studio, un agent, toute une vermine d’entremetteurs et de déformeurs qui sont aujourd’hui voués à lentement se reconvertir ou disparaître parce qu’ils sont remplacés par une technologie de masse simple d’accès. Mais il ne faut pas s’y tromper. Le public fait bel et bien toujours sa sélection. Il y a donc bel et bien toujours des gagnants et des perdants, mais les metteux dans le son et autres filtres élitaires ne sont plus là pour dicter la norme des goûts populaires. Je suis plutôt très pour. Aux gens de faire leur choix directement et de juger par eux mêmes ce qu’ils retiendront comme marquant leur temps. Et, j'insiste là dessus, une fois ces intermédiaires expurgés, eh bien... le problème intellectuel ou artistique reste entier. Il y a des millions de farfeluteries qui se déploient sur <em>YouTube </em>et ailleurs. Certaines ne drainent que huit commentaires et d’autres en drainent huit millions. Tout le monde a maintenant se chance et pourtant une sélection se fait encore. <em>YouTube</em> ou pas, il n’est toujours pas si évident de marquer son époque… La solution technique n’a pas du tout fourni la clef du mystère social en cause ici…</p>
<p>Le tout ici postule naturellement que <em>YouTube</em> ne se mette pas à censurer insidieusement ce genre de tendance vernaculaire... On sait déjà qu'ils protègent le copyright à fond le carton, ils pourraient tout autant -reniant alors ouvertement jusqu'à leur nom- se mettre à protéger l'intégralité de la <em>Jet Set</em> culturelle ancienne... moyennant rémunération discrète et sans trompette des instances menacées. Il faudra voir...</p>
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<title><![CDATA[On est toujours un petit peu pingre, dans le regard de la culture de l'autre]]></title>
<link>http://ysengrimus.wordpress.com/?p=12</link>
<pubDate>Tue, 29 Apr 2008 14:24:09 +0000</pubDate>
<dc:creator>ysengrimus</dc:creator>
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<description><![CDATA[Bon encore une crise, encore des questions de fond. Où gratter, comment économiser, sur quoi coupe]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>Bon encore une crise, encore des questions de fond. O<span>ù </span>gratter, comment économiser, sur quoi couper. et surtout, comment démarquer la sagesse de Diog<span>è</span>ne de l'ostentation de Midas? La question ici, en fait, ce n’est pas de savoir s’il faut acheter ou non sa savonnette chez Wall-Mart. Oui, évidemment, si elle y est moins ch<span>è</span>re. Non, évidemment, si on en a marre de voir les employées de Wall Mart se faire exploiter. La question, ethnologique en fait, est: les Québécois sont ils intrinsèquement des pince-la-cennes impénitents et les Francais, de laxistes grands seigneurs. Je ne suis pas certain que ce soit si simple que cela. On touche du doigt la réponse en observant que les français sont prêts à en mettre plus sur la bouffe. Sauf que nous on est prêts à en mettre plus sur l’entretien et le fini de nos bagnoles que les français. Les français sont prêts à en mettre plus sur les vacances comme déplacement dépaysant. Nous sommes prêts à en mettre plus sur les vacances comme Balconville (finir la salle de bain du sous-sol) ou chalet dans le nord. Qui des français ou de nous est plus enclin à prendre un billet de saison pour une manifestation sportive? Qui des français ou de nous dépense le plus en romans, en sorties au théâtre, en bière, en vin. Combien d’ordi et de jeux d’ordi par français, par québécois? Les fonds ethnologiques de ces deux groupes humains organisent leurs budgets en fonction de priorités culturelles historiques qui sont souvent fort anciennes et qui ne disparaissent pas nécessairement avec l’aisance économique. Ma matante hyper-riche trouva un jour «immoral» de payer un certain montant pour une jupe dans un Grand Magasin de Paris et ne l’acheta pas. J’ai un jour payé $100.00 pour deux beaux battes de baseball en bois pour mes fils, un par fils. Les français ne jouent pas au baseball dans le champ, et les godillots de foot, les québécois s'en foutent… Même à l’aise, les dépenses restent l’objet de jugements de valeurs très profonds, codés culturellement, si bien que, dans un domaine de consommation donné, tout le monde finit à un moment ou à un autre par être le gratteux ou le pingre d’un autre… Séraphin et Harpagon n'ont donc pas fini de se toiser interrogativement...</p>
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<title><![CDATA[La porno au féminin]]></title>
<link>http://ysengrimus.wordpress.com/?p=5</link>
<pubDate>Tue, 29 Apr 2008 05:26:12 +0000</pubDate>
<dc:creator>ysengrimus</dc:creator>
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<description><![CDATA[Je maintiens contre vents et marées que la porno au féminin reste pour les hommes un mystère ondo]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><span>Je maintiens contre vents et marées que la porno au féminin reste pour les hommes un mystère ondoyant et qu’on (au masculin) a encore énormément à apprendre sur la question. Si le seul fait de juger que j’en ai encore à apprendre est une faiblesse, ma foi, c’est une faiblesse méritoire et je la maintiens avec toute la fierté et toute la modestie requise. Sans me démonter ni faillir, je revendique froidement le droit de l’homme à s’autocritiquer. Si pour d’autres mecs c’est s’auto flageller, pas pour moi et je n’ai absolument aucun esprit de corps envers ma meute de taverne sur les questions de sexage. L’aveugle solidarité des pitons, très peu pour moi. </span></p>
<p>Regardons donc brièvement la question de la porno pour femme directement, dans le cadre de notre logique de gars: tripper sur une jolie houri ne portant rien d’autre que de longues cuissardes moulantes de cuir rouge à talons aiguilles, sur un site porno conventionnel, un soir de solitude glauque signifie-t-il automatiquement qu’on fait du lobby auprès de notre blonde pour qu’elle se procure les même dites cuissardes ? Restons sérieux. Restons surtout décents. Il s’agit ici de pornographie, de fantasmes extrêmes, du monde de la fantaisie et du rêve fou. Or, dans ce même cadre <em>out of this world</em>, on nous montre quoi dans certaines subtiles publications de pornographie pour femmes? <strong><em>UN HOMME ÉLÉGANT, BIEN TENU, SOURIANT, AVENANT ET MODERNE QUI MANIFESTE UN SOUCI SINCÈRE ET SANS ARTIFICE POUR L’INTÉRIEUR COMMUN</em></strong>. Exquise rareté. Explosion des ardeurs compensatrices. Cri pulsionnel du manque. Appel des chairs. Le monde du fantasme irréel, impossible et débridé et les gars qui entrevoient cela paniquent. Allons, allons restons calme. Cela n’arrivera pas demain, mes gars. C’est de la porno. Elles ne s’illusionnent en rien...</p>
<p>Mais cette fantasmatique pour femme me fait vachement réfléchir et débalance un bon nombre de mes croyances en matière pornographique. Mes certitudes érotiques en sont sens dessus dessous et cela me dépayse. Ce que je ne comprends pas par contre, c’est pourquoi, en tant qu’homme, cela devrait me faire me sentir agressé, typé, fiché ou dénigré. Un gars gentil et bien vêtu dans un intérieur agréable, l’un dans l’autre, c’est un trip comme un autre, déroutant pour ma fibre mâle mais pas du tout questionnable dans son principe. Un mystère parfaitement fascinant et étonnant s’ouvre subitement à moi. Que je développe un peu brièvement sur la déroute qu’il me suscite tant, ce type bien tenu, doux et humain. Nous (au masculin), on associe quasi automatiquement porno et nudité. Je le fais aussi, constamment. Le syndrome de <em>Playgirl</em>, en quelque sorte. Notre fantasmatique de gars inversée et transposée tant bien que mal nous fait caler notre moteur lubrique sur la bonne vieille nudité, et les postures, et le bazar... Or j‘ai l’impression tangible que cette association porno/nudité n’est pas aussi automatique pour nos partenaires de vie de la planète Vénus… Le gars doit vraiment (pas toujours je suppose, mais disons, assez souvent) être habillé... et même préférablement frais et moderne, élégant sans excès, décontracte, force tranquille, et surtout, tout absorbé à quelque petite tâche domestique, pas de pensées interlopes en arrière fond (qui impliqueraient alors une utilisation de la tendresse comme hameçon éventuel. Elles ont visiblement horreur que le tout de la chose soit joué dans le goût contrainte-de-jeu-vidéo que l’on contourne ou «bat» pour niquer le prix sexy juste après), d’où la nudité ou les références sexuelles explicites à éviter parce que cela fait alors truc, truqué, trucage, arrière-pensée rigide, idée fixe… enfin, je présume…</p>
<p>Pour tout dire et synthétiser, elles me font finalement l’impression d’être plus érotisées par la sincérité et la spontanéité du mouvement qu’elles aspirent à me voir réaliser dans la maison de poupée de leurs langueurs que par les rondeurs de mon corps illustre. C’est intégralement un autre monde. Un monde à découvrir...</p>
<p class="MsoNormal"><span style="line-height:200%;"> </span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="line-height:200%;"> </span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-size:14pt;line-height:200%;"> </span></p>
<p><span style="font-size:22pt;"> </span></p>
<p class="MsoNormal"><span> </span></p>
]]></content:encoded>
</item>
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<title><![CDATA[La jolie blonde qui dit des sottises]]></title>
<link>http://ysengrimus.wordpress.com/?p=4</link>
<pubDate>Tue, 29 Apr 2008 04:00:17 +0000</pubDate>
<dc:creator>ysengrimus</dc:creator>
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<description><![CDATA[La jolie blonde qui ne retrouve pas son pays sur une mappemonde ou qui prend Gandhi pour un dieu hin]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>La jolie blonde qui ne retrouve pas son pays sur une mappemonde ou qui prend Gandhi pour un dieu hindou. Jolie et sotte, on la citera partout sur la toile ad nauseam, fragments vidéo à l'appui. Gnagnagna, ha, ha, ha, que c’est donc comique. Très bien. Voici donc le premier coin du carré. La jolie femme qui balbutie des fadaises. Maintenant, par soucis d’impartialité et de toute simple symétrie logique, admettez avec moi qu’il faudrait nous trouver un beau gars qui balbutie des conneries (ce triste monde, j’en suis certain, fourmille de volontaires), ensuite un beau gars qui dit des choses intelligentes, pour conclure avec une jolie femme qui dit des choses intelligentes. Ensuite, on pourrait construire le même carré avec des moches (moche à conneries, moche à choses intelligentes, sur les deux sexes)… Je dis ça parce que ça me fatigue vraiment royalement que la chaloupe penche toujours sur le même bord dans ce genre de grosse bouffonnerie crampante: la jolie blonde qui dit des sottises (alors que des beaux gars à sport, char, philosophie matrimoniale édifiante, doctrine sociale cruciale, vulgarités éructées, rire gras inepte il en pleut aussi sur <em>YouTube</em> et ailleurs). On pourrait faire varier la couleur de cheveux aussi, tiens pour le coup, sur les beaux/belles et sur les moches, ça reposerait du sempiternel blond…</p>
<p>En fait, pour exprimer le fond de ma pensée et vraiment me vider le coeur ici, je dois dire que je suis pas mal fatigué de la femme-objet qui peut raconter n’importe quelle sornettes et crever l’écran. Las, épuisé, tanné, écoeuré. J’attends avec ardeur le retour de la femme intelligente et articulée avec du charme et qui vous séduit par ses propos et sa pensée. Parce que la phase hédoniste, photoshop, couverture de rev