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	<title>democratiser &amp;laquo; WordPress.com Tag Feed</title>
	<link>http://wordpress.com/tag/democratiser/</link>
	<description>Feed of posts on WordPress.com tagged "democratiser"</description>
	<pubDate>Fri, 10 Oct 2008 19:26:22 +0000</pubDate>

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<item>
<title><![CDATA[lecture d'Alain Badiou : De quoi Sarkozy est-il le nom]]></title>
<link>http://sortirdelaconfusion.wordpress.com/?p=8</link>
<pubDate>Wed, 10 Sep 2008 13:28:26 +0000</pubDate>
<dc:creator>Jean-Pierre Dussaud</dc:creator>
<guid>http://sortirdelaconfusion.fr.wordpress.com/2008/09/10/lecture-dalain-badiou-de-quoi-sarkozy-est-il-le-nom/</guid>
<description><![CDATA[1. (La relecture de cette lecture, après lecture de Logique des mondes, se marque par des caractèr]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="margin-left:72pt;text-align:justify;text-indent:72pt;"><!--[if !supportLists]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span>1.<span style="font-family:&#34;font-style:normal;font-variant:normal;font-weight:normal;font-size:7pt;line-height:normal;"> </span></span></span><!--[endif]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">(La relecture de cette lecture, après lecture de Logique des mondes, se marque par des caractères gras) Ce qui domine actuellement, ce sont les affects de peur, la peur primitive des possédants et la peur socialiste de la réaction des possédants.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left:54pt;text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span> </span>Les affects collectifs sont organisés par l'État et relayés par l'ensemble de ses appareils, c'est-à-dire les partis, les grands corps, les syndicats et les médias. Les médias sont des puissances de déraison et d'ignorance spectaculaires, propageant les affects dominants. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Ils ont par exemple joué un rôle dans la psychose en relation avec Le Pen en 2002, cette folie se terminant en 2007 par la cavalcade Sarkozy-Royal. L'affect collectif qui projette en avant Sarkozy peut être appelé « la grande peur ». </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><strong><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">La peur essentielle, ou la première peur, la peur primitive, la peur de réaction </span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Les élections sont dominées par la peur essentielle qui caractérise la situation subjective des privilégiés qui sentent que leur privilèges sont relatifs et menacés, la peur des étrangers, des ouvriers, du peuple, des jeunes de banlieue, des musulmans, des noirs, peur créant le désir d'un maître qui vous protège, fût-ce en vous opprimant et paupérisant plus encore. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><strong><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">La peur de la peur, la peur seconde, la peur d'opposition, la peur socialiste</span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Mais il y a aussi la peur du flic agité, agitation provoquée par cette première peur. Le petit-bourgeois socialiste n'apprécie pas le flic agité. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Il n'oppose pas à la peur primitive une affirmation hétérogène par principe aux variations sur le thème policier, escomptant engranger les douteux bénéfices de la peur de la peur. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Pour la droite comme pour le parti socialiste, puisqu'on est peur contre peur, la seule question est : « doit-on avoir plus peur du balayeur tamoul que du flic qui le pourchasse ? ». </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Il n'est pas question de dire qu'il y a un seul monde, car <strong>pour eux le monde n'existe pas. On n’envisage pas de discussion publique sur les questions de guerre ou de paix, ou sur les lois contre les sans-papiers, les jeunes des quartiers pauvres ou les malades insolvables.</strong> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left:72pt;text-align:justify;text-indent:72pt;"><!--[if !supportLists]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span>2.<span style="font-family:&#34;font-style:normal;font-variant:normal;font-weight:normal;font-size:7pt;line-height:normal;"> </span></span></span><!--[endif]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">La politique, c'est la transformation de l'état de choses existant, ce n'est pas le néant des affects.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Avec cette peur, ou cette peur de la peur, il y a donc la négativité affective omniprésente de tous ceux qui votent, sur cette convocation truquée de l'État. Une participation au vote tellement massive qu'elle intimide. Si <strong>la politique est l'action collective organisée, conforme à quelques principes, et visant à développer dans le réel les conséquences d'une nouvelle possibilité refoulée par l'état dominant des choses</strong>, le vote, soumis au sans-principe de l'affect, est apolitique. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left:72pt;text-align:justify;text-indent:72pt;"><!--[if !supportLists]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span>3.<span style="font-family:&#34;font-style:normal;font-variant:normal;font-weight:normal;font-size:7pt;line-height:normal;"> </span></span></span><!--[endif]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">La peur socialiste, comme politique, est dépourvue de réalisme</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">La peur seconde, la peur d'opposition, est plus éloignée du réel que la peur primitive, la peur de réaction. En effet, la droite réagit à quelque situation effective, tandis que l'opposition ne redoute que l'amplitude de la réaction. L'opposition de gauche est distante d'un cran de plus de tout ce qui existe effectivement. Elle n'a comme réel que le réel crée par la peur primitive ou, dans une moindre mesure, le réel distant qui créé la peur primitive. Le contenu de l'opposition de gauche, c'est essentiellement les effets redoutés de cette peur primitive. La peur seconde, la peur socialiste, trop déchargée de réel, ou en partage avec le réel de son supposé adversaire, ne peut se fixer que sur le vague des proses sans arrimage dans le monde. Ce manque de tout réel, c'est l'exaltation vide, le néant du pôle subjectif des peurs. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left:72pt;text-align:justify;text-indent:72pt;"><!--[if !supportLists]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span>4.<span style="font-family:&#34;font-style:normal;font-variant:normal;font-weight:normal;font-size:7pt;line-height:normal;"> </span></span></span><!--[endif]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">La peur qui domine les élections laisse les mains libres à un État qui devient terroriste et guerrier</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span> </span>Le rite électoral organise les peurs. Toute chaîne de peurs conduisant au néant, le vote conduit au néant. Le vote est une opération de l'État, une opération non politique de l'État. L'opération électorale incorpore la peur et la peur de la peur à l'État. Autrement dit, un élément subjectif de masse, la peur, valide l'État. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Le vote ne configure que des affects de peur. Il ne construit qu'une apparence de choix. Le vote entre deux indiscernables exprime et provoque la désorientation, même s'il se donne l'apparence d'un choix. Il laisse les mains libres au personnel de l'État. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Dès que l'État est investi par la peur, il peut librement faire peur<strong>. Un État légitimé par la peur est habilité à devenir terroriste</strong>. La terreur d'État a des formes démocratiques : radar, photos, contrôle d'Internet, écoute systématique de tous les téléphones, cartographie des déplacements. Le mécanisme principal de la terreur d'État est la surveillance, et de plus en plus la délation. Le seul avenir de la peur est la terreur. Le contrôle se change en terrorisme d'État. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">La vérité de cette tension peureuse est la guerre contre le terrorisme, pour maintenir les disparités par la force. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">La guerre n'est pas ailleurs, car elle n'a pas de localisation fixe. Elle ne se laisse pas facilement contenir dans l'espace. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">L'Occident veut interdire un pôle de puissance hétérogène à sa domination, un État voyou qui ne partagerait pas les délices du marché et du nombre électoral. Il craint l'alliance des États voyous de l'extérieur avec les voyous de l'intérieur, les sauvageons, la racaille. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left:72pt;text-align:justify;text-indent:72pt;"><!--[if !supportLists]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span>5.<span style="font-family:&#34;font-style:normal;font-variant:normal;font-weight:normal;font-size:7pt;line-height:normal;"> </span></span></span><!--[endif]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Le pétainisme consiste à créer la peur de la guerre et à promettre la protection par l'acceptation de la domination</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span> </span>Le pétainisme créé de toutes pièces chez les gens la peur de la guerre, externe ou interne, une guerre qui est déjà là. Et il promet de protéger contre les effets de la guerre, de rester à l'écart. Il faut avoir plus peur de la guerre que de la défaite. Il faut survivre plutôt que de faire le fanfaron. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Le pétainisme présente les abominations subjectives du fascisme, la peur, la délation, le mépris des autres, sans sa force affirmative, sans son élan vital. Acceptons les lois du monde, la servilité, la domination, le dur travail, la surveillance, la suspicion des étrangers, le mépris des peuples, et alors tout ira bien. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left:72pt;text-align:justify;text-indent:72pt;"><!--[if !supportLists]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span>6.<span style="font-family:&#34;font-style:normal;font-variant:normal;font-weight:normal;font-size:7pt;line-height:normal;"> </span></span></span><!--[endif]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Faisons l'alliance des sans peur, refusons l'affect comme arme de la politique</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Pour éliminer ce péril, faisons l'alliance des sans peur. Le courage est de se soustraire tant à la peur primitive qu'à la peur de la peur. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">L'illusion entretenue par la gauche est qu'on peut faire confiance à la peur de la peur pour éviter les effets réactifs de la peur, pour éviter que le flic agité soit le maître du jeu, alors que, dans le cadre de cette illusion, en aura à la fois et la peur et le flic. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Rejeter ces illusions, c'est <strong>affirmer qu'une orientation de la pensée et de l'existence peut s'affirmer au-delà des affects.</strong> Ce qui est plus important que le vote, c'est d'organiser politiquement les ouvriers de provenance étrangère et les ouvriers sans-papiers pour qu'ils expriment la vérité.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left:72pt;text-align:justify;text-indent:72pt;"><!--[if !supportLists]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span>7.<span style="font-family:&#34;font-style:normal;font-variant:normal;font-weight:normal;font-size:7pt;line-height:normal;"> </span></span></span><!--[endif]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">La dépression créée par la peur qui s'insinue partout en nous est la composante pulsionnelle de la situation actuelle</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Nous sommes déprimés. On estime que Sarkozy partage notre peur, ce qui le rend proche de nous, et qu'il connaît les moyens d'en limiter les causes, qu'il va construire des murailles de Chine contre les fauteurs de troubles, qu'il va s'occuper de nos peurs. Sarkozy redoute infiniment toute épreuve réelle, comme tous les personnages qui croient se tirer d'affaire par la corruption des adversaires et le tapage des effets d'annonce. Et Sarkozy à peur que sa peur devienne visible. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left:72pt;text-align:justify;text-indent:72pt;"><!--[if !supportLists]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span>8.<span style="font-family:&#34;font-style:normal;font-variant:normal;font-weight:normal;font-size:7pt;line-height:normal;"> </span></span></span><!--[endif]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">La nostalgie d'une gauche puissante</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Nous sommes nostalgiques de la période où gaullistes et communistes partageaient le même bilan du pétainisme. Jospin, avec le vote Chirac, et Sarkozy mettent à mort la référence à la gauche et à la droite. Le parti socialiste, c'est la gauche décomposée, du fait de la faiblesse dans l'affrontement, de l'irruption de l'impossibilité d'une victoire de la gauche. La gauche ne fait plus peur à personne. Vivent les riches ! </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Le parti communiste a perdu ses vertus ouvrières. Il donne des signes de chauvinisme, de peur de tout mouvement qu'il ne contrôle pas, de crétinisme parlementaire. En 1968, il devient l'ennemi organisé de toute la jeunesse révolutionnaire et le rempart de l'ordre électoral et syndical. Il sacrifie ses fétiches verbaux pour rentrer dans le consensus démocratique, apparaissant comme une forme acariâtre et égocentrique de la démocratie. Il s'allie avec Mitterrand et disparaît. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">L'URSS était l'apparent gardien des repères idéologiques marxistes. Du temps de Staline, les organisations ouvrières et populaires se portaient mieux et le capitalisme était moins arrogant. Ce sont les liquidateurs, Brejnev et Gorbatchev, qui ont plongé le monde de la gauche dans la misère. Le référent communiste semble mort.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left:72pt;text-align:justify;text-indent:72pt;"><!--[if !supportLists]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span>9.<span style="font-family:&#34;font-style:normal;font-variant:normal;font-weight:normal;font-size:7pt;line-height:normal;"> </span></span></span><!--[endif]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">La stalinisation de la démocratie</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span> </span>Symptômes de la désorientation, les rats de gauche courent partout, signalant les prémices d'un tremblement de terre, la mise en place de la <strong>logique du parti unique</strong>, dès lors que tout le monde accepte l'ordre capitaliste, l'économie de marché, la démocratie représentative. Le stalinisme est donc l'avenir de la démocratie parlementaire, avec des moyens de contrôle des populations encore plus efficaces. Sarkozy joue le rôle de Staline, tentant de bâtir le parti unique, l'Union pour le l'unanimité présidentielle. Pour que Sarkozy réussisse, il suffirait que les ralliés, les rats qui quittent le navire de la gauche en perdition, constituent petit à petit un flot, un tsunami de rats. Nous avons déjà des rats d'avant-garde pour la construction de l'Union pour l'unanimité présidentielle, prolongeant la renégation contre-révolutionnaire initiée par les nouveaux philosophes en 1976.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left:72pt;text-align:justify;text-indent:72pt;"><!--[if !supportLists]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span>10.<span style="font-family:&#34;font-style:normal;font-variant:normal;font-weight:normal;font-size:7pt;line-height:normal;"> </span></span></span><!--[endif]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Le sentiment d'impuissance</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Après la composante pulsionnelle et la composante nostalgique, la composante d'impuissance. L'impuissance était effective. Elle est maintenant avérée comme dimension intrinsèque de la démocratie électorale, <strong>impuissance de ceux qui tentent de gouverner leurs actions et leurs passions selon l'idée qu'après tout le réel est rationnel</strong>. La démocratie électorale enregistre de manière passive les dispositions étrangères au vouloir éclairé.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><strong><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Le suffrage universel et les élections peuvent devenir, dans le contexte constitutionnel actuel, des instruments de conservatisme, voire d'oppression</span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span> </span>Il est consternant d'entendre dire que l'importance de la participation électorale est une victoire de la démocratie. Hitler, une victoire de la démocratie ? Si le nombre à lui seul exige qu'on on ont le célèbre, alors cela veut dire que la démocratie est indifférente à tout contenu. On ne peut plus vilipender ces absurdes votants. Si c'était pour nous faire le cadeau de Sarkozy, ils auraient mieux fait de rester chez eux. Ils ont organisé un désastre. Les « démocrates » disent constater que le résultat est incontestable et donc qu'il n'y a plus rien à faire. Respectons le suffrage universel, la volonté populaire, agenouillons nous devant le nombre. Il faut juger le suffrage universel sur ses effets. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Une chose n'est pas valide indépendamment de ses effets réels. Le suffrage universel a légitimé Hitler, Pétain, la guerre d'Algérie, l'invasion de l'Irak. Les majorités démocratiques ne sont pas a priori innocentes. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Il faut être dépressif pour respecter une décision majoritaire dans une indifférence affichée à son contenu, pour être obligé de ne pas exprimer son dégoût du résultat. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Les élections deviennent un instrument de répression et non un instrument d'expression qu'elles prétendent être. Par exemple, les élections de 1968 ont été le recours essentiel pour la dissolution du mouvement de mai 68, car les élections sont incorporées à la forme d'État qu’est le capitalo-parlementarisme, forme appropriée à la maintenance de l'ordre établi, et dans ce cadre elles ont une fonction conservatrice, voire répressive. Si <span> </span>les espaces de décision étatique ne nous laissent que le vote, on se sent impuissant.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left:72pt;text-align:justify;text-indent:72pt;"><!--[if !supportLists]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span>11.<span style="font-family:&#34;font-style:normal;font-variant:normal;font-weight:normal;font-size:7pt;line-height:normal;"> </span></span></span><!--[endif]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Pour sortir de la dépression, de la nostalgie et de l'impuissance, il faut tenir un point réel, c'est-à-dire un point tenu pour impossible.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><strong><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Notre situation subjective, celle des débris de la gauche, c'est ce mélange de pulsions négatives, de nostalgie historique et d’impuissance avérée. En bref une asthénie dépressive.</span></strong><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> Il faut une cure élevant l'impuissance à l'impossible, c'est-à-dire <strong>trouvant le point réel sur lequel tenir coûte que coûte, un point tenu unanimement comme une lubie impossible</strong>,<strong> nous constituant ainsi en exception au syndrome dépressif</strong>. Nous ne serons plus dans le filet vague de l'impuissance, de la nostalgie historique et de la composante dépressive. <strong>Nous serons enchaînés aux conséquences du point réel trouvé, nous nous incorporerons à la construction de ses conséquences, au corps subjectivé que ces conséquences constituent peu à peu.</strong> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Si la temporalité d'opinion consiste à dire qu'il faut attendre la prochaine échéance électorale, alors nous devons construire dans la temporalité d'opinion une autre durée. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Au mieux on est déprimé, au pire on devient un rat. Le rat est celui qui ne peut supporter d'attendre. Il ne veut pas mariner dans l'impuissance, encore moins dans l'impossible. Il se précipite dans la durée qu'on lui offre, sans être en état de construire une autre durée. Sarkozy a peut-être été rat lui-même, en tout cas il a une bonne connaissance de la subjectivité des rats et les attire avec virtuosité. C'est l'homme aux rats. N'être ni rat ni déprimé, c'est <strong>construire un temps autre que le temps auquel l'État ou la situation nous assigne, un temps impossible, mais qui est notre temps. </strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left:72pt;text-align:justify;text-indent:72pt;"><!--[if !supportLists]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span>12.<span style="font-family:&#34;font-style:normal;font-variant:normal;font-weight:normal;font-size:7pt;line-height:normal;"> </span></span></span><!--[endif]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Ce quelque chose dont mai 68 est l'un des noms est le communisme, comme nom générique de la défaite des réactionnaires</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Mai 68, ce n'est pas par-delà le bien et le mal, c'est l'identification précise du mal, les gens de la finance et de la puissance qui ressemblent à Sarkozy, le bien étant l'ouvrier politisé, les peuples levés, les militants de la révolution. Les réactionnaires veulent éradiquer toute idée qui suppose qu'on peut tenir <strong>un point réel hors de la loi de l'État, hors de la contrainte du monde</strong> qui nous domine. En mai 68, des gens ont dit qu'il fallait tenir <strong>un point réel, l'alliance des intellectuels et des ouvriers</strong>, et ils ont tenté de le tenir. Les réactionnaires veulent déraciner non seulement la réalité mais la possibilité de penser que l'obstination à tenir un point réel est possible. Ils veulent que soit publiquement et unanimement reconnue la disparition du spectre, la disparition du communisme empirique ne suffisant pas. Il faut la suppression de toute forme de communisme possible. Il faut que, même à titre d'hypothèse, le communisme ne puisse plus être mentionné, car il est le nom générique de la défaite des réactionnaires, et même de leur disparition. Les militants de mai 68 tentaient de tenir des points dont on peut discuter le contenu, mais qui relevaient tous de l'hypothèse communiste, en son sens générique (passer outre le capitalisme, la propriété privée, la circulation financière, l'État despotique, etc.), avec la discipline neuve et l'abnégation nouvelle d'un point réel tenu dans l'indifférence joyeuse à la loi étatique et commerciale du monde. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left:72pt;text-align:justify;text-indent:72pt;"><!--[if !supportLists]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span>13.<span style="font-family:&#34;font-style:normal;font-variant:normal;font-weight:normal;font-size:7pt;line-height:normal;"> </span></span></span><!--[endif]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Tenir un point illégal ou se soumettre au service des biens</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span> </span>Sarkozy pense qu'on peut en finir avec ce quelque chose dont mai 68 est l'un des noms, le plus récent en France, en <strong>faisant en sorte que la métamorphose des individus consommateurs, passifs et stéréotypés, en sujets d'un processus réel, où tenir quelque point est la règle, soit hors la loi, pas uniquement au sens policier mais au sens où cette métamorphose appartiendrait à l'ordre de l’irreprésentable absolu.</strong> Faire quelque chose qui ne soit pas interne à la temporalité proposée tomberait en dehors non seulement de la loi du monde empirique mais de la loi de tout monde possible ou imaginable.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><strong>Tenir un point illégal est la seule chose qui soit en dialectique authentique avec la pulsion négative</strong>, avec la dépression soumise. S'il n'y a pas ce point, alors la seule chose vivable est la soumission la plus abjecte à la réalité. Si rien ne vient trouer la réalité, si rien n'est en exception avec elle, alors il n'y a que la réalité de la soumission à cette réalité, la soumission au service des biens.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span> </span>La violence contre mai 68 cherche à<strong> préserver l'hégémonie sans réserve du service des biens, c'est-à-dire le service de ceux qui ont des biens. Il n'y a rien de mieux que le gain personnel. Tout est désormais sous la règle du service des biens. Le service des biens est la loi du monde. Et on se sert en servant ceux qui ont des biens, en servant le service des biens. On a voté pour que le service des biens soit la maxime du monde</strong>. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">On n'a rien à répondre si on n'a pas un point réel, en exception à la règle, un point autour duquel on parle universellement de manière désintéressée, un point qui soit nôtre et que, contre la loi du monde, nous disons vouloir tenir coûte que coûte, <strong>un point qui doit être en exception de la particularité du service des biens et qui propose universellement la discipline d'une vérité. Le service des biens est l'impuissance du possible. Il nous faut élever l'impuissance à l'impossible. </strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left:72pt;text-align:justify;text-indent:72pt;"><!--[if !supportLists]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span>14.<span style="font-family:&#34;font-style:normal;font-variant:normal;font-weight:normal;font-size:7pt;line-height:normal;"> </span></span></span><!--[endif]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Rétablir la puissance et l'honneur des ouvriers immigrés</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Il faut rétablir le signifiant ouvrier dans le discours action de la politique, <strong>ouvrier étant le nom générique de tout ce qui peut se soustraire, sous une forme organisée, à l'hégémonie du capital financier et de ses servants</strong>. La cible de la droite, du parti socialiste et de la politique parlementaire est le contrôle de l'immigration, le renvoi des gens chez eux, pour qu'ils apprennent le français, l'interdiction du regroupement familial, la chasse des enfants scolarisés, la limite puis l'abolition du droit d'asile, les campagnes civilisées contre les coutumes des gens qui arrivent, le féminisme agressif, la laïcité d'exclusion et de répression vestimentaire, les délations et les rafles. La cible de l'ennemi indique le lieu de notre action. Les ouvriers de provenance étrangère doivent être reconnus par l'État comme de libres sujets. Ils doivent être protégés et pouvoir s'organiser comme puissance politique populaire, afin que chacun, fût-ce sous l'effet de la crainte de leur force, les considère comme libres sujets, honneur de ce pays quand ils deviennent intellectuels organiques de la politique nouvelle. <strong>Ceux qui sont persécutés doivent être honorés, non parce qu'ils sont persécutés, ce serait l'abomination humanitaire et charitable, l'opium du petit-bourgeois, mais parce que, au nom de nous tous, ils organisent l'affirmation d'une pensée différente de la vie humaine</strong>. Marx honore les ouvriers, qui n'ont rien et sont considérés comme la classe dangereuse, et il participe activement à leur organisation, en tant qu'ils sont les principaux bâtisseurs d'une société égalitaire. Tous les ouvriers qui travaillent ici sont d'ici.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left:72pt;text-align:justify;text-indent:72pt;"><!--[if !supportLists]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span>15.<span style="font-family:&#34;font-style:normal;font-variant:normal;font-weight:normal;font-size:7pt;line-height:normal;"> </span></span></span><!--[endif]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">L'art</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span> </span>L'art comme création est supérieure à la culture comme consommation. Il faut l'affirmer dans les médias et dans les écoles.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left:72pt;text-align:justify;text-indent:72pt;"><!--[if !supportLists]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span>16.<span style="font-family:&#34;font-style:normal;font-variant:normal;font-weight:normal;font-size:7pt;line-height:normal;"> </span></span></span><!--[endif]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">La science et la technique</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span> </span>La science, intrinsèquement gratuite, l'emporte sur la technique, même et surtout quand cette dernière se proclame profitable. Ce qui a une valeur universelle doit être honoré. On honorera les créateurs en mathématiques comme les ouvriers qui viennent faire ce que personne d'autre n’a envie de faire et s'incorporent aux inventions politiques.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left:72pt;text-align:justify;text-indent:72pt;"><!--[if !supportLists]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span>17.<span style="font-family:&#34;font-style:normal;font-variant:normal;font-weight:normal;font-size:7pt;line-height:normal;"> </span></span></span><!--[endif]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">L'amour</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span> </span>L'amour est une procédure de vérité portant sur la différence et sur le deux. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Il est menacé par le libertinage, qui le réduit aux variations sur le thème du sexe (l'individu aurait alors droit à la jouissance sous toutes ses formes : les libertaires font fonctionner le marché de la pornographie et recourent au désir) et par la conception libérale qui le subordonne au contrat (les avantages de l'un des partenaires devant équilibrer ceux de l'autre : les libéraux cherchent aussi la satisfaction des individus et recourent à la demande.). Dans les deux cas il s'agit d'intérêt individuel. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">L'amour est violent, irresponsable, créateur, à durée irréductible à celle des satisfactions privées. Il enseigne la vacuité et l'insignifiance de l'individu, la mutilation qu'impose à l'existence la prétendue souveraineté de l'individu.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left:72pt;text-align:justify;text-indent:72pt;"><!--[if !supportLists]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span>18.<span style="font-family:&#34;font-style:normal;font-variant:normal;font-weight:normal;font-size:7pt;line-height:normal;"> </span></span></span><!--[endif]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Le serment d'Hippocrate doit être rappelé.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left:72pt;text-align:justify;text-indent:72pt;"><!--[if !supportLists]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span>19.<span style="font-family:&#34;font-style:normal;font-variant:normal;font-weight:normal;font-size:7pt;line-height:normal;"> </span></span></span><!--[endif]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Politique et gestion</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Tout processus fragment d'une politique d'émancipation est supérieur à toute nécessité de gestion, même quand la contrainte gestionnaire se déclare moderne, réformatrice, en opposition aux archaïsmes. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">La modernisation est le nom d'une définition stricte et servile du possible, rendant impossible pour le grand nombre ce qui était praticable et rendant fructueux pour l'oligarchie dominante ce qui n'était pas praticable. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Contre les gestionnaires du possible, qui considèrent ce que nous allons faire comme impossible, affirmons que cela est en réalité la création d'une possibilité antérieurement inaperçue et universellement valide.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left:72pt;text-align:justify;text-indent:72pt;"><!--[if !supportLists]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span>20.<span style="font-family:&#34;font-style:normal;font-variant:normal;font-weight:normal;font-size:7pt;line-height:normal;"> </span></span></span><!--[endif]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Les médias</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span> </span>Un média qui appartient un riche manager n'a pas à être consommé par quelqu'un qui n'est ni manager ni riche. Désintéressons nous des intérêts que leur intérêt souhaite voir devenir les nôtres.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left:72pt;text-align:justify;text-indent:72pt;"><!--[if !supportLists]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span>21.<span style="font-family:&#34;font-style:normal;font-variant:normal;font-weight:normal;font-size:7pt;line-height:normal;"> </span></span></span><!--[endif]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Face à la fragmentation du monde par la concurrence, la peur, la ségrégation, la violence, la guerre et les murs, nous faisons la proposition politique qu'il y ait un seul monde</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span> </span>Il y a un seul monde. C'est une proposition performative à laquelle nous resterons fidèles et dont nous tirerons toutes les conséquences, un principe d'action, un impératif politique, celui de <strong>l'égalité des existences dans ce monde.</strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><strong><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span> </span>Le lien entre la question analytique de savoir dans quel monde nous vivons et la question normative de savoir dans quel monde nous désirons vivre définit la politique, comme moyen de passer d'un monde à l'autre.</span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span> </span>Mais il faut <strong>constater qu'il n'y a pas un seul monde</strong>, puisqu'il y a le monde des riches et des puissants d'un côté et le monde des exclus, des persécutés et des soumis de l'autre, si bien que la question politique est d'affirmer l'existence d'un seul monde, celui, indivisible, de tous les vivants.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span> </span>La question politique est donc plus une question d'existence que de qualité. Avant de se soucier de la qualité de la vie, il faut vivre. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">L'axiome réel de la politique dominante est que le monde unifié n'existe pas, car le monde qu'on déclare exister et qu'on veut imposer à tous est le monde des objets et des signes monétaires, un monde de la libre circulation des produits et flux financiers, le monde du marché où les sujets humains n'existent pas librement, puisqu'ils n'ont pas le droit de circuler et de s'installer où ils veulent, qu'ils n'ont pas, dans leur écrasante majorité, accès à ce monde. Ils sont enfermés à l'extérieur par des murs, y compris les murs des prisons. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span> </span>Selon l'opinion commune, après le mur séparant le monde capitaliste, dit démocratique, et le monde socialiste, dit totalitaire, il y aurait le monde unique de la démocratie, alors que, en fait, il y a les territoires des privilégiés et ceux des autres. Les étrangers qui arrivent et dont on dit qu'ils posent problème sont la preuve que la thèse de l'unité du monde est fausse. Ils viennent d'un autre monde. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Des gens, animés par la peur, et organisés dans cette peur par l'État, se demandent avec anxiété combien de gens viennent de l'autre monde, ce qui prépare la persécution, l'interdiction, l'expulsion de masse. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">La maxime subjective fondamentale du monde démocratique occidental est la concurrence, la libre concurrence qui impose la suprématie de la richesse et des instruments de la puissance, la séparation des corps vivants, par et pour la défense acharnée des privilèges de la richesse et de la puissance. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">L'élargissement de la démocratie (l'imposition de la loi du nombre, les lois comptables, la loi monétaire du nombre, mais aussi la loi du nombre électoral, dans ce monde où tout est compté, la loi du bon nombre, le bon compte qui fait élire des clients dociles) se fait par la guerre. Ce qui existe est un faux monde clos, maintenu séparé de l'humanité générale par la violence.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">D'abord, ces gens d'origine étrangère sont du même monde que moi, ils existent comme moi. Je discute avec eux. J'ai avec eux des désaccords et des accords. L'unité du monde est celle des corps vivants, ici et maintenant, avec leurs identités et leurs différences. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left:72pt;text-align:justify;text-indent:72pt;"><!--[if !supportLists]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span>22.<span style="font-family:&#34;font-style:normal;font-variant:normal;font-weight:normal;font-size:7pt;line-height:normal;"> </span></span></span><!--[endif]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">La fausse solution de l'intégration ou de l'amour de la patrie ou des lois</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span> </span>L'étranger n'a pas à s'intégrer ou à aimer la France, c'est-à-dire aimer la France de Sarkozy, ou à partager nos valeurs, c'est-à-dire partager les valeurs de Sarkozy. Je préférerais l'expulsion de Sarkozy à celle d'un immigré, et en ce sens je ne suis pas intégré.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Les différences sont le principe d'existence du monde, la logique immanente du monde. La mesure des intensités identifiantes, donc des différences, est la même pour tous. Une collectivité qui serait telle que, pour avoir le droit d'y figurer, il faudrait être identique à tous les éléments qui en font partie, ne saurait être un monde, mais une forme barbare de nationalisme mental. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Quant aux lois, on ne demande pas de les aimer. Les lois valent égalitairement pour tous. Elles sont des règles provisoires dans telle région, des règles auxquelles il faut obéir. Mais elles n'imposent pas des conditions subjectives ou culturelles d'existence. Elles n'imposent pas, pour vivre dans la communauté où elles s'exercent, d'être comme autrui, ou plutôt comme les gens du monde de Sarkozy. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left:72pt;text-align:justify;text-indent:72pt;"><!--[if !supportLists]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span>23.<span style="font-family:&#34;font-style:normal;font-variant:normal;font-weight:normal;font-size:7pt;line-height:normal;"> </span></span></span><!--[endif]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Tout le monde est différent</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Le monde unique est celui où existe l'infinité des différences. Ceux qui y vivent existent comme moi, mais ils ne sont pas comme moi. Si on demande à ceux qui vivent dans le monde d'être les mêmes, alors ce monde se ferme et devient différent d'un autre monde, ce qui prépare les murs, les contrôles, le mépris, les morts et finalement la guerre.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left:72pt;text-align:justify;text-indent:72pt;"><!--[if !supportLists]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span>24.<span style="font-family:&#34;font-style:normal;font-variant:normal;font-weight:normal;font-size:7pt;line-height:normal;"> </span></span></span><!--[endif]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">L'identité, avec un usage défensif se subordonnant à l'usage affirmatif, est le support d’un échange d'expérience, dans un climat d'égalité, rejetant la consommation nihiliste et l'ordre policier</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><strong><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span> </span>Une identité est l'ensemble des traits, des propriétés, par le moyen desquels un individu ou un groupe se reconnaît comme étant lui-même</span></strong><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">. L'identité est l'ensemble des propriétés qui soutiennent une invariance. Elle est ce qui est différent du reste, en tant qu'identité statique, invariance dans l'espace, et ce qui ne devient pas différent, en tant qu'identité dynamique, invariance dans le temps. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Sous l'hypothèse que nous vivons dans le même monde, <strong>j'ai le droit d'être le même, de maintenir et développer mon identité, de conserver et d'organiser les propriétés invariantes qui sont les miennes, en refusant toute intégration comme dissolution de ma propre identité au profit d'une autre qui, a priori, n'a pas de raison d'être meilleur que la mienne.</strong> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Il y a alors un usage affirmatif de mon d'identité, dans le désir que mon devenir reste intérieur au même (deviens qui tu es), selon un développement immanent de mon identité dans la nouvelle situation, une appropriation créative au lieu où je me trouve dans le monde, une invention de ce que je suis comme mouvement subjectif, sans cassure intime, mais par dilatation de mon identité. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Il y a aussi un usage négatif de mon identité, qui consiste à défendre avec acharnement que je ne suis pas l'autre, quand on exige mon intégration. J'affirme avec force que mes traditions et mes usages ne seront pas ceux du petit-bourgeois européen, et je renforce même mes traits identitaires religieux et coutumiers, n'acceptant pas la supériorité du monde occidental. Je me défends contre la corruption par l'autre. Je préserve ma pureté.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span> </span>Toute identité est le jeu d'un mouvement de création et d'un mouvement de purification, la dimension négative devant se subordonner à la dimension positive.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span> </span>La politique est un opérateur pour la consolidation de ce qu'il y a d'universel dans les identités. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Nous pouvons discuter avec l'étranger de ce que nous pouvons faire ensemble, affirmant ainsi que nous existons dans le même monde, quoique sous des identités distinctes, et en égalité, comme ami. Nationaux et étrangers ouvrent leur identité à leur dimension mobile, se rassemblant pour dire leurs différentes façons d'être dans le même monde. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Comme perspective sur le monde unique, l'identité est le support d'un échange d'expériences. J'apprends du nomade comment il voit la politique de mon pays et comment envisager ensemble de la changer, et le nomade apprend de moi comment on essaye de changer cette politique et combien la place du nomade est essentielle. Il en sort des idées et des organisations nouvelles.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span> </span>Les étrangers ne sont pas un problème mais une chance. C'est avec eux que s'invente la politique à venir. Sans eux, nous sombrerons dans la consommation nihiliste et l'ordre policier. Les étrangers ont à nous apprendre à être étranger à nous-mêmes, pour ne pas être captif de l'histoire occidentale, dont nous n'avons attendre que la stérilité et la guerre.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left:72pt;text-align:justify;text-indent:72pt;"><!--[if !supportLists]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span>25.<span style="font-family:&#34;font-style:normal;font-variant:normal;font-weight:normal;font-size:7pt;line-height:normal;"> </span></span></span><!--[endif]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Le courage, plus que l'héroïsme, comme morale provisoire</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Nous cherchons une morale provisoire. <strong>Le courage est la vertu qui se manifeste par l'endurance dans l'impossible.</strong> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Le moment d'héroïsme, c'est le moment de l'expérimentation de l'impossible. L'héroïsme est représenté comme une posture, éventuellement sublime, parce que c'est le moment où on se tourne vers l'impossible, c'est-à-dire le réel requis, et quand on lui fait face. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Le courage est une vertu, non un moment où une posture. Il n'est pas une disposition mais une vertu qui se construit, une vertu qui se manifeste dans la construction d'un temps particulier, sans égard aux lois du monde et aux opinions qui supportent ces lois. Ce qui demande du courage est de se tenir dans une durée différente de la durée imposée par la loi du monde. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><strong><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Un des buts du travail politique est de donner du courage aux gens</span></strong><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left:72pt;text-align:justify;text-indent:72pt;"><!--[if !supportLists]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span>26.<span style="font-family:&#34;font-style:normal;font-variant:normal;font-weight:normal;font-size:7pt;line-height:normal;"> </span></span></span><!--[endif]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Le courage n'est pas dans la répétition mais dans le local créatif</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left:54pt;text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Le courage n'est pas le courage de recommencer ce qui était (reconstruire la gauche, réformer le parti socialiste), car toute répétition décourage. Le courage est d'abord l'héroïsme de se dissoudre, dissoudre l'individu, se dérober aux intérêts puissants de notre animalité individuelle, pour se tourner face au point d'exception. Cette désindividualisation, ce retournement, c'est une <strong>conversion qui nous détourne de la réalité pour nous mettre face au réel de l'impossible, le réel de l'idée</strong>, ce qui est héroïque puisque c'est une rupture dans le tissu du temps de la réalité. Le courage commence par ce retournement qui cisaille les opinions et ne tolère aucune nostalgie. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Quand on constitue une durée séparée, qui s'origine en ce point, on n'est ni dans la mesure par rapport à la situation globale ni dans la confrontation avec cette situation. Il ne s'agit pas de réitérer sans courage les circonstances qui ont provoqué l'impuissance. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Lorsqu'on reçoit un coup global, sous la forme de l'élection de Sarkozy, le courage qui y répond est local. C'est en un point que nous reconstruisons la possibilité de vivre sans perdre son âme dans les effets dépressifs du coup reçu. <strong>Le courage oriente localement dans la désorientation globale</strong>, cette désorientation facteur d'impuissance et qui chemine depuis Mitterrand, savant organisateur de la confusion. Le courage local fait trouée dans la <strong>disposition globale dont Sarkozy n'est que le nom.</strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left:72pt;text-align:justify;text-indent:72pt;"><!--[if !supportLists]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span>27.<span style="font-family:&#34;font-style:normal;font-variant:normal;font-weight:normal;font-size:7pt;line-height:normal;"> </span></span></span><!--[endif]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Le pétainisme</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span> </span>Le subjectivité de masse qui porte Sarkozy au pouvoir trouve ses racines inconscientes dans le pétainisme, quelque chose qui donne sa loi à une disposition collective. Antidémocratique ou bonapartiste, c'est trop faible. Fasciste, pré-fasciste, c'est trop excessif, trop ultra-gauche. Le pétainisme concerne les formes françaises étatiques de la <strong>désorientation</strong>. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">En 1815, un gouvernement s'installe dans les fourgons des étrangers et avec le consentement d'un peuple fatigué, restaurant l'ordre et la moralité, contre l'anarchie.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span> </span>En 1940, un gouvernement installé par l'étranger sort le pays de la crise. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left:72pt;text-align:justify;text-indent:72pt;"><!--[if !supportLists]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span>28.<span style="font-family:&#34;font-style:normal;font-variant:normal;font-weight:normal;font-size:7pt;line-height:normal;"> </span></span></span><!--[endif]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Une entreprise de désorientation des consciences</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">En premier lieu, l'État et les médias désorientent la population. La capitulation et la servilité se présentent comme révolution, invention, régénération, rupture, réforme, volonté de surmonter la crise morale, remettre la France au travail. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left:72pt;text-align:justify;text-indent:72pt;"><!--[if !supportLists]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span>29.<span style="font-family:&#34;font-style:normal;font-variant:normal;font-weight:normal;font-size:7pt;line-height:normal;"> </span></span></span><!--[endif]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Le remplacement de la politique par la morale : les gens doivent être responsables</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span> </span>Dans un deuxième temps, le gouvernement parle le déclin et de crise. Le déclin est imputable à la crise morale, au manque de discernement entre le bien et le mal, à la crise du travail, de la famille et de la patrie. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Face à la crise, il faut un redressement, mais un <strong>redressement qui n'exige pas une mobilisation politique des gens. Les mesures de police suffisent. La morale vient à la place de la politique. Le recours à la morale évite la politique faite directement par les gens du peuple. L'État se charge de tout, puisque les gens sont en état de crise morale.</strong> Il faut seulement honorer ceux qui se font une joie de travailler plus, en récompensant le mérite par une médaille en chocolat. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Les nouveaux philosophes procèdent de la même façon en moralisant le jugement historique, <strong>substituant à l'opposition entre les politiques inégalitaires et les politiques égalitaires l'opposition purement morale entre les États despotiques et cruels et les États de droit, ignorant que ces derniers sont à l'origine de massacres.</strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span> </span><strong>L'état du pays n'est pas le résultat de l'action des financiers et des hommes des médias, mais le résultat de la moralité des citoyens</strong>, celle des jeunes des quartiers populaires, celles des ouvriers de provenance étrangère, ces pelés, ces galeux. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><strong><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">L'État va se charger de régénérer, étant donné l'irresponsabilité des gouvernés, par des mesures énergiques : police, justice, contrôle, expulsion, loi, prison. </span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left:72pt;text-align:justify;text-indent:72pt;"><!--[if !supportLists]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span>30.<span style="font-family:&#34;font-style:normal;font-variant:normal;font-weight:normal;font-size:7pt;line-height:normal;"> </span></span></span><!--[endif]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">La référence à un modèle étranger qu'il faut imiter passivement</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Les expériences étrangères ont une fonction paradigmatique. L'exemple du redressement vient de <strong>l'étranger, qui fait mieux que nous, qui a surmonté la crise morale, qui en fait voir aux démoralisateurs</strong>. La référence au redressement de l'étranger comme matrice de notre redressement est une esthétique politique, une <strong>théorie du modèle et de l'imitation, reconfigurant la société de manière passive, sans faire appel à la créativité</strong>. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Il faut de puissants moyens de répression pour faire suer le burnou et enrichir les riches.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left:72pt;text-align:justify;text-indent:72pt;"><!--[if !supportLists]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span>31.<span style="font-family:&#34;font-style:normal;font-variant:normal;font-weight:normal;font-size:7pt;line-height:normal;"> </span></span></span><!--[endif]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">La référence à un événement négatif, décadent, de structure ouvrière et populaire, à l'origine du déclin</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">La propagande dit qu'<strong>à</strong> <strong>l'origine du déclin et de la crise morale, il y a un événement désastreux</strong>, liés aux revendications populaires, la Révolution, le Front populaire, Mai 68. À l'événement négatif, de structure ouvrière et populaire, est lié l'événement positif, de structure étatique, électorale ou militaire. On va <strong>de la décadence à la régénération</strong>, selon une lisibilité simplifiée de l'histoire présentant l'État a comme seul légitime.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left:72pt;text-align:justify;text-indent:72pt;"><!--[if !supportLists]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span>32.<span style="font-family:&#34;font-style:normal;font-variant:normal;font-weight:normal;font-size:7pt;line-height:normal;"> </span></span></span><!--[endif]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Le racisme</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span> </span>Il y a le racisme. Sous Pétain, il fallait en finir avec les juifs. Maintenant, « contrairement à d'autres peuples, nous ne sommes pas une race inférieure ». <strong>La France n'a de leçon à recevoir de personne. Tout ce qu'elle fait est bien, légitime. Il ne faut pas en douter. L'Afrique ne nous vaut pas. Nous avons besoin d'étrangers, mais nous les trions.</strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left:72pt;text-align:justify;text-indent:72pt;"><!--[if !supportLists]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span>33.<span style="font-family:&#34;font-style:normal;font-variant:normal;font-weight:normal;font-size:7pt;line-height:normal;"> </span></span></span><!--[endif]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">La pente naturelle de la démocratie, comme liberté des désirs, est la corruption généralisée</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">En 1793, certains veulent que soit admis comme normal un certain degré de corruption. Ils veulent la liberté, c'est-à-dire le droit de faire des affaires et de mêler ses affaires à celle de l'État. <strong>Ils s'élèvent contre la Terreur, non parce qu'ils sont contre le combines louches, mais parce qu'ils sont contre l'obligation vertueuse d'avoir à ne considérer que le bien public.</strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Un gouvernant, dans une démocratie, mandaté sans autre garantie que le suffrage, doit s'oublier lui-même, réprimer ses penchants à n'exercer le pouvoir qu'en fonction de sa jouissance personnelle ou de celle des milieux dominants. La démocratie est exposée à la confusion des intérêts privés et du bien public. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><strong><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Si la puissance publique est au service des désirs et de leur satisfaction, elle obéit à la richesse, moyen de cette satisfaction, et à l'opinion, qui décide des objets du désir et de la force intime avec laquelle on croit devoir se les approprier, si bien qu'elle est inapte au service de quelque idée vraie que ce soit.</span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><strong><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">En 1793, les républicains appellent « corruption » non l'enrichissement de tel ou tel, profitant de sa position de pouvoir, mais le fait de tenir l'enrichissement collectif ou privé comme le but de l'action politique, l'asservissement de la puissance gouvernementale au cours des affaires, à la croissance, au niveau de vie, à l'abondance marchande, à l'afflux des capitaux, aux hausses des actions ou à la prospérité des riches. </span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Sur le plan électoral, tout se joue dans la capacité à au moins faire croire aux citoyens que les choses iront mieux du côté des affaires, petites et grandes, s'ils votent pour nous, la politique étant ce qui rencontre l'intérêt des sujets. Si la démocratie est représentation, elle est représentation du système général. <strong>Si la démocratie électorale est représentative, elle est la représentation consensuelle du capitalisme</strong>, de ce qu'on appelle l'économie de marché. La corruption est l'essence de la démocratie. En effet, <strong>tant que la démocratie est le libre jeu des intérêts des groupes ou des individus, elle s'abîme dans la corruption. </strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left:72pt;text-align:justify;text-indent:72pt;"><!--[if !supportLists]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span>34.<span style="font-family:&#34;font-style:normal;font-variant:normal;font-weight:normal;font-size:7pt;line-height:normal;"> </span></span></span><!--[endif]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">La lutte contre la corruption, comme résistance au pétainisme et démocratie véritable</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">La démocratie véritable est l'égalité devant l'idée communiste. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">La ruine de cette idée identifie démocratie et corruption généralisée. <strong>L'idée communiste doit prévaloir sur le jeu des intérêts</strong> par d'autres moyens que le terrorisme bureaucratique, selon une nouvelle définition et une nouvelle pratique de ce qui fut nommé Vertu ou dictature du prolétariat. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Avec Sarkozy, l'harmonie entre les intérêts privés et le bien public cesse de se dissimuler. <strong>L'amour de l'argent</strong>, de nature excrémentielle ou anale, n'est plus honteux.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Si <strong>le pétainisme est l’invariant logique de la corruption, le transcendantal des abjections</strong> possibles de notre pays, tout courage est le courage de ne pas être pétainiste. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><strong><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">En 1940, être contre le nazisme et l'occupation ne suffisait pas pour entrer en Résistance. Il fallait le dégoût du pétainisme, comme infection proprement nationale de la subjectivité, comme forme subjective de masse, et le courage de tenir un point absolument hétérogène au pétainisme.</span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left:72pt;text-align:justify;text-indent:72pt;"><!--[if !supportLists]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span>35.<span style="font-family:&#34;font-style:normal;font-variant:normal;font-weight:normal;font-size:7pt;line-height:normal;"> </span></span></span><!--[endif]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">La nécessité de se réclamer d'un événement faste</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span> </span>Pour soutenir cette tension qui consiste à <strong>tenir un point hétérogène, contredisant la doctrine pétainiste de l'événement néfaste à l'origine de la décadence </strong>en disposant,<strong> </strong>à titre d'allégorie personnelle, d'un recours publique à des événements fastes. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Notre immanence subjective ne doit pas être celle qui prétend <strong>réparer les conséquences d'un événement néfaste, immanence agressive, policière, morose</strong>, mais celle qui affirme <strong>être créativement fidèle à quelques événements fastes</strong> de la vie personnelle ou politique, un amour ravageur, la destruction de l'esclavage, une démonstration lumineuse, la contemplation bouleversante d'un tableau, mai 1968. Il n'y a résistance que si la maxime de son courage comme les emblèmes événementiels dont ils se réclament sont affirmatifs. Prétendre être du côté de l'affirmation, de la création, du devenir collectif égalitaire, de la vérité, c'est se réclamer de vérités qui nous firent le bonheur d'apparaître en un lieu, dans la force singulière de leur universalité. Les drapeaux ornés des allégories de l'élément faste, c'est nous qui les portons, tout en acceptant que tout autre, échappé du consensus pétainiste, soit au relais du transport de ce drapeau. Ce drapeau, ce n'est pas l'imitation d'un modèle extérieur, par exemple Blair dont se réclament Sarkozy et Royal.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left:72pt;text-align:justify;text-indent:72pt;"><!--[if !supportLists]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span>36.<span style="font-family:&#34;font-style:normal;font-variant:normal;font-weight:normal;font-size:7pt;line-height:normal;"> </span></span></span><!--[endif]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">L'hypothèse communiste</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span> </span>Le communisme est la bonne hypothèse, et il n'y en a pas d'autre. Quiconque abandonne cette hypothèse se résigne à la minute même à l'économie de marché, à la démocratie parlementaire et au caractère inévitable, naturel des inégalités les plus monstrueuses. Le communisme est une idée relative au destin de l'humanité générique. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">En son sens générique, communiste signifie que la logique des classes, de la subordination des travailleurs réels à une classe dominante, avec un pouvoir oligarchique cristallisé dans la puissance d'un État, peut être surmonté. L'hypothèse communiste dit qu’une autre organisation collective est possible, qui éliminera l'inégalité des richesses et même la division du travail, avec des travailleurs polyvalents. L'appropriation privée de richesses monstrueuses et la transmission familiale pas héritage disparaîtront. L'appareil d'État coercitif, séparé de la société civile, dépérira. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Le communisme, comme ensemble très général de représentations, est l'horizon de toute initiative rompant avec l'ordre des opinions établies (avec l'idée que les inégalités sont nécessaires et que l'instrument étatique de leur protection également), pour s'insérer dans une politique d'émancipation. C'est une idée régulatrice, non un programme, non une utopie. Elle élabore des schèmes intellectuels, toujours actualisés de façon différente, servant à produire entre les politiques des lignes de démarcation. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Ou bien une séquence politique est compatible avec les principes communistes, elle est émancipatrice, ou bien elle s'y oppose, elle est réactionnaire.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span> </span>« Communisme » est une hypothèse heuristique d'usage très fréquent dans la polémique, même si le mot n'apparaît pas. Toute séquence politique qui, dans ses principes ou son absence de tout principe, est contradictoire avec hypothèse communiste s'oppose à l'émancipation de l'humanité, et donc au destin proprement humain de l'humanité. Qui n'éclaire pas le devenir de l'humanité par l'hypothèse communiste réduit cette humanité, en ce qui concerne son devenir collectif, à l'animalité. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Le nom contemporain de cette animalité est « concurrence », c'est-à-dire la guerre des intérêts. L'hypothèse communiste, comme idée pure de l'égalité, existe à l'état pratique dès que les masses s'opposent, au nom de la justice égalitaire, à la coercition. Elle inaugure la modernité politique, jetant bas les structures mentales de l'Ancien régime. Elle ne s'articule pas aux formes politiques démocratiques, puisque l'État, fût-il démocratique, doit être détruit. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left:72pt;text-align:justify;text-indent:72pt;"><!--[if !supportLists]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span>37.<span style="font-family:&#34;font-style:normal;font-variant:normal;font-weight:normal;font-size:7pt;line-height:normal;"> </span></span></span><!--[endif]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Le monde sans l'hypothèse communiste</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Si l'hypothèse communiste n'est pas bonne, l'humanité n'est pas très différente des fourmis. Si la concurrence, le libre marché, la sommation des petites jouissances et des murs qui nous protègent du désir des faibles sont l'alpha et l'oméga de toute existence, collective ou privée, la bête humaine ne vaut pas un clou. Sarkozy veut réduire l'existence de l'immense majorité des humains vivants à ce « pas un clou », à l'abri de la discipline « travail, famille, patrie ». </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">À la victoire en carton pâte des fils et des filles à papa, au ridicule surhomme de la finance déchaînée, au héros shooté des bourses planétaires, la « gauche » oppose les mêmes acteurs avec un peu de gentillesse sociale, des miettes de pain béni pour les déshérités. En finir avec mai 68, c'est consentir à ce qu'il n'y ait d'autre choix pour nous qu'entre le nihilisme héréditaire de la finance et la pitié sociale. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left:72pt;text-align:justify;text-indent:72pt;"><!--[if !supportLists]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span>38.<span style="font-family:&#34;font-style:normal;font-variant:normal;font-weight:normal;font-size:7pt;line-height:normal;"> </span></span></span><!--[endif]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span> </span>Les deux premières séquences de l'hypothèse communiste</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Mai 68 inaugure une nouvelle séquence de l'hypothèse communiste véritable, celle qui se tient toujours à distance de l'État. Nous ne laisserons pas Sarkozy nous dicter le sens de l'existence, ni les tâches de la philosophie.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Si l'hypothèse communiste est le fond de toute orientation émancipatrice, elle est présente dans l'intériorité des formes d'organisation et d'action de différentes manières. Sa présentation est ce qui détermine une séquence. Les formes de présentation matérielle de l'hypothèse communiste ont été successivement le mouvement ouvrier et le Parti.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span> </span>La première séquence communiste, de 1792 à 1871, lie le mouvement populaire de masse, la thématique de la prise de pouvoir (par la révolution, supprimer la propriété privée, l’héritage, la séparation en nations, la division du travail et instaurer l'égalité, la communauté des égaux) et le paramètre du mouvement ouvrier (la fonction dirigeante de la classe ouvrière). La Commune est la forme suprême de ce mouvement. <strong>Cette première séquence formule l'hypothèse communiste et se préoccupe de la réaliser en un mouvement. </strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><strong><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">La deuxième séquence se pose la question de comment durer</span></strong><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> face à la réaction des possédants, comment donc organiser le pouvoir. Il s'agit de réaliser l'hypothèse communiste. Le problème est celui de la victoire et de la durée. C'est la <strong>passion du réel</strong>, comme forme subjective typique de cette époque. Cette obsession de la victoire et du réel s'est concentrée dans les problèmes de l'organisation et de la discipline et incarnée dans la théorie et la pratique du <strong>parti de classe, centralisé et homogène, symbole du réel de l'hypothèse communiste. La deuxième séquence de l'hypothèse communiste est l'organisation disciplinée et militarisée, la victoire locale et la durée.</strong> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Cette seconde séquence créée à son tour un problème : le parti se révèle inapte à la construction d'un État de transition vers le non État. Cette séquence a expérimenté une forme d'État autoritaire, voire terroriste, en tout cas très séparé de la vie des gens. Le principe étatique était vicié. La violence policière n'a pas sauvé ce principe étatique de son inertie bureaucratique. <strong>Le parti est inadéquat à assurer la durée réelle et la transformation créatrice de l'hypothèse communiste. </strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Il faut tremper le parti dans le mouvement de masse pour le régénérer, pour le dé-bureaucratiser et pour introduire la décentralisation de l'État. Avec mai 68, l'action organisée créait de nouveaux lieux politiques regroupant intellectuels et ouvriers, ne reproduisant pas la gestion centralisée de l'État et <strong>faisant durer l'hypothèse communiste en dehors de la logique de prise de pouvoir.</strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left:72pt;text-align:justify;text-indent:72pt;"><!--[if !supportLists]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span>39.<span style="font-family:&#34;font-style:normal;font-variant:normal;font-weight:normal;font-size:7pt;line-height:normal;"> </span></span></span><!--[endif]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Une période de triomphe de l'adversaire</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Entre les séquences de l'hypothèse communiste, on a des périodes où cette hypothèse est tenue pour intenable, voire absurde et criminelle. Nous sommes actuellement dans une nouvelle <strong>période intervallaire</strong>, une période du triomphe apparent de l'adversaire. Est donc à l'ordre du jour la réouverture d'une nouvelle séquence<strong> </strong>de l'hypothèse communiste. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left:72pt;text-align:justify;text-indent:72pt;"><!--[if !supportLists]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span>40.<span style="font-family:&#34;font-style:normal;font-variant:normal;font-weight:normal;font-size:7pt;line-height:normal;"> </span></span></span><!--[endif]--><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">La nouvelle séquence de l'hypothèse communiste</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Le salut de l'humanité est dans l'égalitarisme communiste à l'échelle du monde entier. La nouvelle séquence ne peut-être ni la continuation de la séquence précédente ni une restauration. Elle consistera en un nouveau rapport entre le mouvement politique réel et l'idéologie. Il s'agit d'une révolution culturelle, d'une révolution des esprits. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">Le problème actuel est celui du mode sur lequel la pensée, ordonnée par l'hypothèse communiste, se présente dans les figures de l'action. <strong>Il faut un nouveau rapport du subjectif et de l'objectif, qui ne soit ni mouvement animé par la multitude, ni parti</strong> rénové et démocratisé. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">La séquence du parti révolutionnaire à la discipline de fer, avec la militarisation de la guerre de classe et l'État socialiste, était celle d'une représentation victorieuse de l'hypothèse communiste, mais cette représentation a conservé les caractéristiques de la première séquence, en particulier <strong>l'idée du renversement, l'idée de la révolution comme échéance globale</strong>. La victoire était pensée comme victoire de la forme première de l'hypothèse communiste. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;">La question est de faire exister l'hypothèse communiste sur un autre mode que celui de la première séquence centrée sur la propriété et sur l'État. Après l'expérience de la deuxième séquence, nous devons revenir aux conditions d'existence de l'hypothèse, et non seulement perfectionner les moyens de réalisation de l'hypothèse. Nous devons <strong>réinstaller l'hypothèse dans le champ idéologique militant, aider à ce que se dégage un nouveau mode d'existence de l'hypothèse, nouveau par le type d'expérience politique auquel cette hypothèse peut donner lieu. Il faut introduire l'hypothèse communiste dans l'expérimentation locale. Cette hypothèse permet de maintenir un point, c'est-à-dire une durée propre</strong>. Elle deviendra alors évidente.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:72pt;"><span style="font-size:16pt;font-family:Arial;"><span> </span>Par <strong>la combinaison des constructions de la pensée, toujours globale et universelle, et des expérimentations politiques, locales et singulières, mais transmissibles universellement</strong>, assurons l'existence dans les consciences et les situations de l'hypothèse communiste.</span></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Pour une Constitution élaborée démocratiquement]]></title>
<link>http://sortirdelaconfusion.wordpress.com/?p=4</link>
<pubDate>Sun, 04 May 2008 11:26:33 +0000</pubDate>
<dc:creator>Jean-Pierre Dussaud</dc:creator>
<guid>http://sortirdelaconfusion.fr.wordpress.com/2008/05/04/pour-une-constitution-elaboree-democratiquement/</guid>
<description><![CDATA[

(Publié début juillet 2006 sur le site des Collectifs antilibéraux)


Certains parmi nous pense]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div class="article">
<div class="contenu">
<div class="chapo">(Publié début juillet 2006 sur le site des Collectifs antilibéraux)</div>
<div class="chapo">
</div>
<div class="chapo">Certains parmi nous pensent que le changement de république  n’est pas à l’ordre du jour. Ce qui serait important, ce ne serait pas de  changer de constitution, mais de changer de politique, de donner un autre  contenu, un contenu antilibéral, aux institutions existantes, avec  éventuellement quelques corrections institutionnelles à la marge. Il est vrai  qu’on pourrait changer de constitution et ne pas avoir de politique  antilibérale, ce serait le cas si la nouvelle constitution ne favorisait pas la  participation des citoyens à la vie politique. Mais reste la question  essentielle : les institutions actuelles rendent-elles possible le déploiement  d’une véritable politique antilibérale ?</div>
<div class="texte">
<p class="spip">Il faut donc se poser la question des conditions actuelles  d’exercice de la citoyenneté, la question du degré de démocratie de la Ve  république, et pour y répondre il est très révélateur d’aborder la question de  savoir comment historiquement notre Ve république s’est mise en place, si elle  s’est mise en place de façon démocratique, même si nous savons que cette  dernière question n’est pas considérée comme importante, aussi bien par ceux qui  pensent que des moyens antidémocratiques peuvent générer de la démocratie (la  fin justifie les moyens, une minorité consciente peut faire le bien des gens  malgré eux), que par ceux qui considèrent que la Ve république est une donnée  institutionnelle naturelle, non construite historiquement, et qui donc ne voient  pas pourquoi la changer.</p>
<p class="spip">La Ve république, comme dispositif institutionnel et pratique  conditionnant l’exercice de la citoyenneté, peut être caractérisée non seulement  par sa Constitution mais aussi par les traités internationaux et certains lois,  règlements et règles qui peuvent être considérés comme faisant partie du domaine  constitutionnel.</p>
<p class="spip"><strong>I) La mise en place de la Constitution de la Ve république</strong></p>
<p class="spip">Au fur et à mesure que 1945 s’éloigne, qu’on oublie la  collaboration de la grande majorité du patronat avec le nazisme et que l’armée  prend de plus en plus de place avec les guerres coloniales, les nostalgiques de  la domination avec un minimum de contre-pouvoir populaire reprennent du poil de  la bête et remettent en question la Constitution de la Quatrième République, la  Constitution issue de la Résistance. Il disent que la Quatrième République est  le régime des partis (un parti politique défend des intérêts trop particuliers),  qu’elle est le règne de l’instabilité gouvernementale (il faut assurer au  gouvernement une certaine sécurité, ne pas laisser trop de place à l’incertitude  des expressions populaires), qu’il faut associer le capitalisme et le travail  (sous-entendu, il y a convergence d’intérêts entre l’actionnaire et le  travailleur, autrement dit il n’y a pas de classes sociales), qu‘il est donc  possible qu’existe un Président de « tous les Français », « indépendant des  partis » ou « au-dessus des partis ».</p>
<p class="spip">La mise en place de la Ve république comporte plusieurs étapes et  plusieurs modalités.</p>
<p class="spip">1) La coup d’Etat militaire du 13 mai 1958 à Alger et les  évènements qui l‘entourent et lui succèdent, dans le contexte décrit  précédemment, sont l’occasion pour quelques « experts » d’élaborer une  Constitution, la Constitution de la Ve république, où le Président acquiert  beaucoup de pouvoir. Il n’y a donc pas de Constituante (pas question de  convoquer une Constituante, les gens sont censés ne pas être capables de  discuter d’une constitution). Il n’y a qu’un référendum, le minimum qu’on puisse  faire, mais c’est encore trop, si bien qu’on fait de telle façon que le  référendum devienne un plébiscite, c’est-à-dire qu’il ne porte pas tellement sur  le contenu de la Constitution mais sur : « moi, Charles-de-Gaulle, ou le chaos  de la IVe république ».</p>
<p class="spip">2) En 1962, la Constitution est complétée, à la suite d’un  référendum, par l’élection du Président au suffrage universel : l’Assemblée  nationale n’a plus le pouvoir de nommer le Président, qui désormais a  l’essentiel du pouvoir. C’est à partir de ce moment qu’il est dit que les députés de  la majorité sont les « godillots » du Président.</p>
<p class="spip">Les étapes suivantes de changement des conditions d’exercice de la  citoyenneté ne donnent lieu qu’à très peu de procédures démocratiques, en  particulier parce tout le monde semble d’accord pour dire qu’il ne s’agit pas de  changements constitutionnels, et aussi parce qu’on a pensé qu’on pouvait  continuer avec un minimum de consultation populaire.</p>
<p class="spip">3) Après 1983, le Parlement libéralise les marchés financiers :  les députés, le gouvernement et le Président se sont eux-mêmes volontairement  dépossédés d’une partie importante de leurs pouvoirs en matière de politique  économique.</p>
<p class="spip">4) Tout au long de la Ve république, l’exécutif entreprend la  signature de traités européens et mondiaux qui transfèrent une partie des  pouvoirs du Parlement français à la Commission européenne et à des bureaucraties  mondiales du même genre constituées par les gouvernements ultralibéraux et par  les multinationales. Certains traités, tel celui de Maastricht, donnent lieu  quand même à un référendum, et le projet de Constitution de Giscard donne lieu  en France aussi à un référendum, mais il n’est pas précédé par une véritable  Constituante puisque la Convention était composée de membres qui n’étaient pas  élus avec le mandat d’élaborer une Constitution.</p>
<p class="spip">5) En 1982-1983, les « lois » de décentralisation, qui transfèrent  de nombreuses prérogatives du Parlement à des assemblées régionales,  départementales, intercommunales et communales, ce qui permettrait de rapprocher  les citoyens du pouvoir de décision et de développer la démocratie  participative, relèvent dans une grande mesure du domaine constitutionnel. Les  députés qui les ont votées n’avaient pas abordé ce sujet dans leurs professions  de foi de 1981.</p>
<p class="spip">La décentralisation Raffarin , quant à elle, donne lieu à un minimum de  consultation.</p>
<p class="spip">Au moment où, grâce à la puissance des technologies de  l’information, les grandes organisations, pour plus d’efficacité, conjuguent  centralisation et décentralisation, c’est-à-dire gèrent leurs empires à partir  d’un seul centre tout en prenant en compte les données locales et en laissant  une autonomie contrôlée à la périphérie, le débat, s’il avait eu vraiment lieu,  aurait montré qu’il faut dépasser l’opposition simpliste entre centralisation  =bureaucratie mammouth et décentralisation =démocratie participative, puisque,  si la centralisation peut dégénérer en bureaucratie, la décentralisation est  aussi, d’un certain point de vue, la mise en place de la concurrence libre et  non faussée.</p>
<p class="spip">6) Il faut considérer comme des transformations fondamentales la  longue suite des privatisations, qui changent la structure de l’État et de la  propriété du peuple. La propagande nous répète qu'Il s’agit ici de mieux servir la population et de  baisser les prix. Les candidats aux élections n’ont jamais inscrit dans leur  programme une quelconque privatisation, et aucune privatisation n’a donné lieu à  référendum.</p>
<p class="spip">7) Il faut parler aussi de la gestion des services publics et des  entreprises publiques qui s’est transformée de manière subreptice mais tout à  fait déterminée sur le modèle de la gestion des entreprises privées, sous  prétexte d’efficacité et de rationalité, sans qu’à aucun moment les citoyens  puissent donner explicitement et électoralement leur avis.</p>
<p class="spip">8) Il faut enfin parler de la transformation progressive du  système des médias dont le résultat est actuellement l’absence d’indépendance  des journalistes et des médias par rapport au pouvoir politique, économique et  financier, à l’opposé des déclarations récurrentes sur la liberté  d’expression.</p>
<p class="spip">Considérant l’ensemble de ces changements, il n’y a pas eu de  Constituante, quelquefois des référendums, et quand les décisions ont été prises  par le Parlement ou par le Président, jamais les candidats n’ont mis dans leur  profession de foi ni la libéralisation des marchés financiers, ni le contenu des  traités internationaux, ni la décentralisation, ni les privatisations, ni la  gestion managériale du secteur public, ni la mise sous tutelle de  l’information.</p>
<p class="spip"><strong>II) La répartition des pouvoirs</strong></p>
<p class="spip">Le pouvoir des assemblées nationales, régionales, départementales  et communales n’est pas un pouvoir strictement politique mais ce qu’on pourrait  appeler un pouvoir de gestion, c’est-à-dire un pouvoir limité, puisque  l’essentiel du pouvoir appartient en dernier ressort au Président, de la République, même si tout  est fait pour donner à ces assemblées l’apparence d’un fonctionnement  démocratique autonome. On a donc, sous les apparences d’une grande  décentralisation, la réalité d’une hypercentralisation de la décision politique,  puisqu’un seul homme décide de tout en dernier ressort. Il n’est qu’à observer  la vie politique pour voir que l’ambition d’une grande partie du personnel  politique est autour de la candidature à l’élection présidentielle.</p>
<p class="spip">Quant aux pouvoirs de l’assemblée européenne, ils sont très  limités puisqu’on sait que l’essentiel du pouvoir est aux mains d’instances où  la part de décision qui revient à la France appartient au Président de la  République française.</p>
<p class="spip">On a donc une multiplication d’assemblées, mais des assemblées  sans vrai pouvoir pleinement politique. Pour résumer, on a donc un dispositif  qui, sous l’apparence d’une intense et complexe vie démocratique, dessaisit les  citoyens de leur pouvoir spécifiquement politique.</p>
<p class="spip">Tout ce fonctionnement met de côté le peuple, censément parce que  la politique devenant complexe (et on la complexifie à plaisir), il faut des  professionnels de la politique. En fait, il s’agit de servir les intérêts d’une  petite minorité, la preuve en étant l’augmentation des inégalités, la pauvreté  et la précarité pour de plus en plus de personnes.</p>
<p class="spip">Sur le plan international, une telle politique de ségrégation du  plus grand nombre, une politique au service des privilégiés, a pour résultat 40  millions de morts de faim par an. Les responsables de cette politique (les  multinationales, les gouvernements néolibéraux et sociolibéraux, l’impérialisme)  bénéficient d’une absence de condamnation. Le silence sur ce qu’il faudrait  appeler des crimes contre l'humanité s’explique parce que les dominants concentrent tous les  pouvoirs, en particulier les pouvoirs d’action sur les consciences, sur les  pratiques quotidiennes, et donc sur les capacités de révolte et de  résistance.</p>
<p class="spip"><strong>III) L’exercice de la citoyenneté</strong></p>
<p class="spip">De telles conditions d’exercice de la citoyenneté politique en  France conduisent à une dégradation de la vie politique.</p>
<p class="spip">Les candidats, les élus et les partis qui acceptent passivement,  sans le dire aux citoyens, de faire une gestion encadrée par des principes  qu’ils ne maîtrisent pas peuvent donner l’impression qu’ils font de la  politique, alors qu’ils ont pris l’habitude de ne plus en faire véritablement,  souvent sans en avoir conscience. Ces élus sont voués en grande partie à des  pouvoirs de type clientéliste et électoraliste, au coup par coup, ou à des  pouvoirs étriqués dans le carcan des réglementations nationales et européennes,  sous la dépendance des faveurs et des subventions.</p>
<p class="spip">En dehors des élections présidentielles, les citoyens votent pour  des candidats qui ne peuvent pas tenir leurs promesses (puisqu’ils n’ont pas le  pouvoir de les tenir), ou qui abordent des questions percutantes mais  marginales. Quand les citoyens s’en rendent compte, ils risquent de se tourner  vers l’abstention, la dépolitisation ou la violence. De nombreux élus  considèrent leur mandat comme une délégation de pouvoir sans définition précise  des contenus (en particulier, il est devenu une habitude, nous venons de le  voir, que la révision constitutionnelle et la réorganisation de la vie politique  et économique peuvent être engagées sans mandat explicite).</p>
<p class="spip">Il ne reste plus aux candidats que de valoriser leur propre  personnalité, et aux citoyens de faire confiance aveuglément, spectateurs d’une  compétition électorale en termes d’images souriantes, de petites phrases  surprenantes et de promesses toutes plus belles les unes que les autres.</p>
<p class="spip">Dans les conditions institutionnelles difficiles, dégradées et  dégradantes, il y a quand même des possibilités pour faire de la politique. La  dignité des élus et des partis consiste à essayer, en plus de la gestion, de  faire jouer aux assemblées le rôle politique que la Constitution leur ôte et  aussi à essayer de mobiliser politiquement les électeurs et les citoyens, ce qui  signifie leur montrer les limites de leurs pouvoirs, la nature d’un vrai  changement et la façon de s’en sortir, pour que le changement soit possible.</p>
<p class="spip"><strong>IV) Par quoi remplacer la constitution actuelle ?</strong></p>
<p class="spip">Parler de la possibilité d’une résistance dans le cadre des  institutions actuelles ne veut pas dire que cela serait facile et qu’on pourrait  se passer d’un changement des institutions. Il serait irréaliste de minimiser  l’importance de ce dispositif de la Ve république, de minimiser la  responsabilité des institutions, pour exagérer les possibilités de l’action  citoyenne dans un cadre qui vise à l’empêcher, pour culpabiliser la soi-disant  passivité des citoyens et des partis en appelant les électeurs à plus de  citoyenneté et de participation, les partis, syndicats et mouvements à plus de  combativité, faisant l‘impasse sur la nécessité d’un combat pour le changement  de Constitution. Il faut le répéter, ce dispositif de la Ve république est  fabriqué pour priver les citoyens et leurs organisations et collectifs de tout  pouvoir de décision politique au profit d’une minorité, voire d‘un seul  homme.</p>
<p class="spip">Les modes d’organisation de certains partis, syndicats et  mouvements, quand ils n’associent pas les adhérents et les électeurs ou  sympathisants à la prise de décision, autrement dit quand ils ne prennent pas le  risque de créativité propre à la démocratie, non seulement consolident le  dispositif, mais perdent la légitimité qui leur permettrait d’agir de manière  indépendante à l’égard des institutions en place.</p>
<p class="spip">L’alternative institutionnelle pourrait comporter une seule  assemblée disposant de la plénitude du pouvoir politique, mais une assemblée  contrôlée en continu par la participation des citoyens. Une seule assemblée,  cela simplifierait la compréhension de la politique par le plus grand nombre,  donnerait la possibilité et le temps à tous de participer aux débats électoraux  et aux décisions politiques, éviterait la dispersion dans des discussions  inessentielles et dans des tâches de gestion, empêcherait les élus d’attribuer  leurs échecs à d’autres instances. Les assemblées régionales, départementales et  communales, de même que les traités internationaux, devraient se plier à ce  nouveau cadre et faire la part de ce qui est gestionnaire, et donc exécutable  par des moyens et du personnel administratifs et techniques, et de ce qui est  proprement politique. Concrètement, il faut reprendre chacune des différentes  étapes de la mise en place de la Ve république, en faire le bilan, avec les  côtés positifs et négatifs, les mettre dans le débat qui n’a pas eu lieu avec la  population, et il y a des chances que les conclusions du débat populaire seront  que le rétablissement de la souveraineté populaire exige la récupération par  l’Assemblée nationale de l’essentiel des pouvoirs politiques.</p>
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<p class="spip"><strong>Remarques sur quelques  questions</strong></p>
<p class="spip">1) Je ne suis pas pour une quelconque exclusion parmi ceux qui  sont censés écrire la Constitution</p>
<p class="spip">En ce qui concerne le type de choix des gens qui vont rédiger le  Constitution, je ne serais pas  prescriptif, et je n’y accorderais  pas une importance excessive. Parmi les hommes neufs en politique, il y a des gens  qui endossent de vieilles idéologies et des pratiques barbares, et cela est  normal puisque les écoles, les médias et d‘autres institutions, au moins par  leur direction politique, consciemment ou non, distillent à longueur de journée  des idéologies antidémocratiques et impérialistes, et réciproquement, parmi ceux  qu’on appelle les professionnels de la politique, qu’ils soient dans la  politique par cooptation, par vocation ou par la force des choses, il y en a qui  sont capables de critique par rapport à cet esprit dominant raciste et  colonialiste qui est la condition idéologique à notre participation à la  colonisation du Sud. Autrement dit, je ne me fais pas trop d’illusions sur le  désintéressement par rapport au pouvoir du nouvel élu, proclamé tout propre tout  neuf, et je me refuse de discriminer quelqu’un parce qu’il a une quelconque  expérience du pouvoir, à moins qu’il ait été gravement et directement  responsable d’une politique répréhensible. Mais qui n’a pas été en quelque  manière responsable d‘une orientation de pouvoir, sinon par ses fonctions  politiques, du moins par ses votes, son engagement politique ou son travail  quotidien ?</p>
<p class="spip">Avec le changement systématique du personnel politique que  constitueraient le mandat non renouvelable, l’exclusion de l’écriture de la  Constitution de tous ceux qui ont été ou qui seront au pouvoir, ou le tirage au  sort, on pourrait donc avoir le contraire d’un vrai renouvellement du personnel  politique, on aurait encore pire que ce qui se passe actuellement, même si, dans  le cadre de la Constitution de la Ve République, au degré zéro de la démocratie  où l’on en est, avec la possibilité de l’accaparement du pouvoir en continu par  quelques-uns, le mandat non renouvelable, le tirage au sort et la séparation du  processus constituant des titulaires du législatif et de l’exécutif pourraient  être effectivement un progrès, mais un progrès relatif infinitésimal.</p>
<p class="spip">Dans les nouvelles conditions de libération de la parole de la  population, que nous appelons de nos voeux, il faudra au contraire laisser la  place au raisonnement et à l’argumentation, à ceux qui sont capables de les  porter et de les perfectionner et ainsi de se faire reconnaître comme porteur  d’une cohérence, et ils sont potentiellement nombreux, bien au-delà du personnel  politique en place, avec chacun son expérience spécifique, tout en créant les  conditions pour un degré encore plus élevé d’expression politique et de capacité  critique de tous, en particulier par des moyens massifs de formation.</p>
<p class="spip">Dans les conditions dégradées actuelles de la vie politique, pour  se donner l’illusion qu’on peut démocratiser notre monarchie élective, les  hommes politiques et les professeurs de droit constitutionnel inventent toutes  sortes de solutions ad hoc censées corriger l’institution et la sauver, et qui  parfois en aggravent le caractère non démocratique.</p>
<p class="spip">2) Je ne veux pas constituer tous les hommes politiques en une  caste qui nous domine.</p>
<p class="spip">Les hommes se feraient voler le pouvoir par leurs propres  élus. Les politiciens de métier s’opposeraient aux citoyens, le pouvoir agissant  comme une drogue. Les élus se constitueraient ainsi en aristocratie voleuse de  pouvoir.</p>
<p class="spip">Ce qui me gêne, c’est de mettre tous les hommes politiques d’un même côté.</p>
<p class="spip">Selon Jospin, le groupe dominant qui se constitue  en aristocratie comprendrait les grands dirigeants d’entreprises, les financiers,  les cadres élevés de l’industrie et des services, certains hauts fonctionnaires  de l’État et les privilégiés des médias, mais ne comprend pas des hommes  politiques. Personnellement, contrairement à Jospin,  j’intégrerais certains hommes politiques dans cette aristocratie, mais  évidemment pas tous les hommes politiques, dans la mesure où il y a des  hommes politiques vraiment de gauche et des partis politiques vraiment de gauche. La  critique des représentations politiques et le changement des institutions  politiques sont des aspects à ne pas sous-estimer. Il y a des partis politiques qui, avec les associations et  les syndicats, enrichissent et renforcent le mouvement social vers cet objectif  de plus de démocratie économique et politique, plus de participation de la  population au fonctionnement de la société.</p>
<p class="spip">3) La classe dominante ne peut cesser de dominer sans un  changement des structures de l’économie et du pouvoir</p>
<p class="spip">Toujours selon les caractérisations de Jospin, cette aristocratie  qui nous domine distingue totalement son sort de celui des autres, enjoint les  autres catégories sociales aux sacrifices mais ne consent pour elle-même à aucun  effort ou renoncement, oscillant entre l’insensibilité sociale et la bonne  conscience idéologique. Si l’on suit la logique implicite de Jospin, il  suffirait donc, de la part de cette aristocratie, d’un peu d’écoute, de  reconnaissance de l’autre, de moins d’insensibilité, de plus de lucidité, d’un  effort de renoncement et d’un esprit de sacrifice pour que le paysage politique  et social en soit changé. Je suis interrogatif par rapport à cette  analyse de Jospin.</p>
<p class="spip">Ceux qui constituent cette aristocratie suivent, de mon point de  vue, une logique de maximisation du profit et du pouvoir qui dépasse la  psychologie, les sentiments et la morale individuels, parce que les institutions  du capitalisme restent en place, et la lucidité de cette aristocratie et des  hommes politiques qui en font partie, quoi que semble penser Lionel Jospin,  n’ira pas jusqu’à prendre conscience de la malfaisance du système dont ils  profitent et de l’impossibilité de le réformer fondamentalement. Cette  aristocratie sera dans sa masse toujours insensible, mais sous la pression des  rapports de force, elle sera peut-être amenée à quelques compromis, sauvegardant  cependant l’essentiel de ses privilèges, pour éviter de s‘autodétruire en tant  que catégorie sociale, et elle couvrira l’insensibilité qui tient à sa position  par de la charité et de l’humanitaire.</p>
<p class="spip">4) Je pense que, si la représentation parlementaire doit refléter  les opinions de la population, il faut la proportionnelle intégrale. Il faut donc  exclure le scrutin majoritaire.</p>
<p class="spip">Personnellement, le système de représentation politique doit avoir  d’abord la propriété de la fidélité, d’une bonne représentation de toutes les  opinions et demandes de toute la population, une image correcte, un reflet  fidèle.</p>
<p class="spip">Combien de fois, perversion de masse organisée, des millions de  citoyens, et moi en particulier, ont-ils voté, non pour des candidats qui  représentent leurs intérêts au plus près, mais, par la vertu du scrutin  majoritaire, pour des candidatures soi-disant « utiles » et qui, à travers des  professions de foi attrape tout, se révèlent pratiquer, une fois au pouvoir, la  régression des droits, des valeurs et des acquis ?</p>
<p class="spip">Les élus par un scrutin majoritaire n’ont plus la responsabilité  devant leurs électeurs de constituer des majorités parlementaires, puisque tout  est bouclé pour toute la législature. Tous les reniements sont couverts par ce  soi-disant assentiment initial des électeurs au compromis majoritaire.</p>
<p class="spip">Pendant les 15 jours précédant le deuxième tour, il est demandé  aux électeurs non d’exprimer leurs besoins, leurs volontés et leurs désirs, mais  d’apprécier quelle alliance est capable de gouverner, comme si la constitution  d’une alliance pour gouverner, avec le respect des identités de chacun, était un  processus facile et possible en 15 jours. En fait, si je suis négociateur, il  faut d’abord que je lutte pour que les alliés potentiels reconnaissent ma  position, il faut aussi que je fasse l’effort de reconnaître les positions des  alliés en question et une fois les positions mutuellement reconnues il faut  élaborer ensemble un compromis de gouvernement. Cela demande du temps, de la  disponibilité, des moyens d’information, des échanges en situation, de la  persévérance.</p>
<p class="spip">C’est bien parce qu’il n’y a pas de scrutin proportionnel que  nous, les antilibéraux, malgré nos différences de perspectives, nous sommes  contraints en ce moment de nous trouver un programme commun et des candidats  communs, et cela ne semble pas si facile de mobiliser sur ces questions  l’ensemble de la population, mais il vaut mieux le faire maintenant, en  présentant un candidat avec une profession de foi cohérente et compréhensible,  plutôt que pendant les 15 jours précédents le scrutin final, avec le chantage au  vote utile et à l’urgence.</p>
<p class="spip">Ce sera aux élus à la proportionnelle intégrale de travailler en  profondeur un consensus pour gouverner, et de rendre compte de leurs efforts  pour appliquer les professions de foi de manière fidèle et réaliste, par la  formation d’une majorité, éventuellement en retournant devant les électeurs s’il  y a des impossibilités.</p>
<p class="spip">Un autre aspect de la fidélité, c’est la sensibilité au  renouvellement des opinions, et pour cela, il faut  instituer l’initiative citoyenne, les comptes-rendus périodiques de mandat, mais  aussi, j’insiste plutôt là-dessus, limiter la durée des législatures à un an ou  deux ans maximum, tout au moins au début de l‘expérience.</p>
<p class="spip">5) Je ne crois pas qu’il y ait toujours de bons arguments pour  discréditer la IVe République</p>
<p class="spip">Au regard de la démocratie, la Constitution de la IVe République  est légitime, puisqu’elle a été élaborée par toutes les familles politiques de  la Résistance, avec une Constituante et un référendum. Certes, elle est  imparfaite, ne serait-ce que parce qu’elle a permis des guerres coloniales.</p>
<p class="spip">Il y a eu un consensus de la droite et d’une partie de la gauche  pour en discréditer les aspects démocratiques.</p>
<p class="spip">Je ne pense pas qu’il s’agissait seulement d’une question de mode  de scrutin.</p>
<p class="spip">Pour Collovald et Gaïti (« La démocratie aux extrêmes, questions  sur la radicalisation politique », 2006, La Dispute), si j’ai bien compris leur  analyse, dans les années 1950 de guerre coloniale, quelques défenseurs de  l’Algérie française, postés dans la plupart des partis, jouent le rôle de  minorité de blocage, empêchant la formation des gouvernements qui ne sont pas en  accord avec eux, stigmatisant en trahison toute position médiane, interdisant  l’exploration de solutions autres que la continuation de la guerre, retirant  toute efficacité aux négociations en coulisses.</p>
<p class="spip">6) Je crois que toute Constitution a un contenu politique, chaque  alternance étant obligée de respecter ce contenu, qu’elle le veuille ou non</p>
<p class="spip">Les Constitutions ont une signification politique, dans la mesure  où elles excluent certaines politiques et où les politiques pertinentes, celles  qui constituent l’alternance, ont une marge de liberté bien cadrée.</p>
<p class="spip">La Constitution de la Ve république est une Constitution qui  exclut ceux qui ne sont pas pour le pouvoir d’un seul. Elle n’accepte donc dans  l’exercice considéré comme légitime de la politique que les partisans d’un  pouvoir non démocratique et ceux qui s’en accommodent, parce qu’ils en vivent,  car sans cette Constitution, ils n’existeraient pas politiquement.</p>
<p class="spip">Les Constitutions anglaises et américaines, ces soi-disant modèles  de démocratie, sont telles qu’elles n’ont pas empêché les massacres coloniaux,  parfois les génocides, ainsi les génocides de nombreux peuples indiens,  l’esclavage, le racisme, la ségrégation raciale, et actuellement, par des  aventures impérialistes, le non-respect de la Charte des Nations unies, que les  États-Unis et la Grande-Bretagne ont pourtant signée, et qui devrait primer sur  les Constitutions nationales.</p>
<p class="spip">La prochaine Constitution qui sera élaborée devra innover pour  rendre impossible de telles barbaries.</p>
<p class="spip">Va dans le sens de cette innovation, le critère  :  « pas de guerre sans accord direct du peuple et du parlement, pas de guerre sans  référendum ».</p>
<p class="spip">7) Les traités internationaux que les gouvernements signent ne  doivent pas remettre en question la Constitution</p>
<p class="spip">Il ne faut pas que la Constitution soit remise en question, de  manière subreptice, par des traités internationaux, dans la mesure où les  traités internationaux sont supérieurs aux lois nationales. De ce point de vue,  l’élaboration de la Constitution de la VIe république devra aller de pair avec  la redéfinition éventuelle des traités internationaux, en particulier les  traités européens.</p>
<p class="spip">Je suggère d’ajouter dès maintenant comme critère d’une bonne  Constitution : « primauté de la Charte des Nations unies sur la Constitution »,  parce que la Charte des Nations unies, si elle était appliquée, garantirait la  paix et parce qu’il vaut mieux rappeler la primauté du droit international  légitime sur le droit national. On pourrait ajouter le critère : « obligation  d’une interruption des relations avec les pays qui ne respectent pas les  résolutions des Nations unies », pour être conséquent.</p>
<p class="spip">Pendant que j’y suis, un autre critère : « démarche vers  l’interdiction de possession d’armes génocidaires, telles les bombes  atomiques », ce qui permettrait le respect de la signature du Traité de  non-prolifération nucléaire.</p>
<p class="spip">On est arrivé au point où des gouvernements appliquent ou  n’appliquent pas les traités internationaux qu‘ils ont pourtant signé, et ils  ont même le culot de vouloir appliquer à d’autres pays les traités  internationaux qu’ils n’appliquent pas eux-mêmes.</p>
<p class="spip">Notons que les traités européens, sous peine d’être illégitimes,  devraient respecter la Charte des Nations unies et le Traité de  non-prolifération nucléaire.</p>
<p class="spip">6) Je pense être d’accord pour étendre et préciser le  champ d’action de la Constitution</p>
<p class="spip">Je  pense que la nécessité de séparation des pouvoirs concerne non seulement les  pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire, mais aussi le pouvoir médiatique,  et que la Constitution doit non seulement exprimer cette séparation des  pouvoirs, mais aussi concerner l’utilisation du pouvoir militaire, peut-être  même l’utilisation des forces de police, et l’extension précise de la propriété  publique, c’est-à-dire ce qui constitue le pouvoir économique réel des citoyens,  la propriété commune, qu’il ne serait au pouvoir d’aucun gouvernement de  privatiser sans un changement constitutionnel.</p>
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