<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><!-- generator="wordpress.com" -->
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	>

<channel>
	<title>divine-comedie &amp;laquo; WordPress.com Tag Feed</title>
	<link>http://wordpress.com/tag/divine-comedie/</link>
	<description>Feed of posts on WordPress.com tagged "divine-comedie"</description>
	<pubDate>Mon, 08 Sep 2008 03:41:53 +0000</pubDate>

	<generator>http://wordpress.com/tags/</generator>
	<language>en</language>

<item>
<title><![CDATA[Et le petit rameau cria : "pourquoi me mutiles-tu ?"]]></title>
<link>http://switchie2.wordpress.com/?p=1550</link>
<pubDate>Sat, 03 May 2008 09:35:34 +0000</pubDate>
<dc:creator>switchie</dc:creator>
<guid>http://switchie2.wordpress.com/?p=1550</guid>
<description><![CDATA[
Il y a eu, ces derniers jours, beaucoup d&#8217;arbres et d&#8217;ombres d&#8217;arbres sur mon blo]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://switchie2.wordpress.com/files/2008/05/arbre_bellini.jpg" alt="" width="475" height="585" class="alignnone size-full wp-image-1551" /><br />
Il y a eu, ces derniers jours, beaucoup d'arbres et d'ombres d'arbres sur mon blog... Et du coup m'est revenu en mémoire ce passage terrible de la Divine Comédie où Dante, au Chant XIII de <em>l'Enfer</em>, parle des gens transformés en arbres et qui hurlent quand on brise leurs branches... C'est terrible et vous glace d'effroi. Voici le passage :</p>
<blockquote><p>Et le bon Maître : "Avant de pénétrer plus loin, sache, me dit-il, que tu es dans la seconde enceinte, et y seras tant que tu chemineras dans l’horrible sablon. Regarde bien, et tu verras des choses qui te rendront mes paroles croyables." Déjà, de toutes parts, j’entendais pousser des gémissements, et ne voyais personne ; de sorte que, troublé, je m’arrêtai. Je crois qu’il crut que je croyais que cette foule de voix, sortant d’entre les troncs, venait de gens qui se cachaient de nous.<br />
Ce pourquoi le Maître dit :<br />
"Si tu romps quelque branche d’un de ces arbres, rompues aussi seront les pensées que tu as". Lors, avançant un peu la main, je cueillis un petit rameau d’un épais buisson, et le tronc cria : "Pourquoi me mutiles-tu ?" Puis devenu tout noir de sang, il cria de nouveau : "Pourquoi me brises-tu ? N’as-tu aucun sentiment de pitié ? Nous fumes hommes, maintenant nous sommes buissons. Ta main devrait être plus pieuse, eussions-nous des âmes de serpents."</p></blockquote>
<p>Petit arbre avec inscription de Giovanni Bellini (fragment)<br />
Huile sur bois, 31 x 22 cm<br />
Gallerie de l'Accademia, Venise.</p>
<p><a href="http://switchie2.wordpress.com/2003/10/23/etoiles-2/" target="_blank">Des passages moins tristes de la Divine Comédie (étoiles)</a></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Le poids des pensées...]]></title>
<link>http://switchie2.wordpress.com/2004/08/10/le-poids-des-pensees/</link>
<pubDate>Tue, 10 Aug 2004 21:39:15 +0000</pubDate>
<dc:creator>switchie</dc:creator>
<guid>http://switchie2.wordpress.com/2004/08/10/le-poids-des-pensees/</guid>
<description><![CDATA[ Ce week-end, pour me calmer les nerfs, je recherchais un passage de la Divine Comédie où Dante et]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><img src='http://switchie2.wordpress.com/files/2007/09/argo_barque.jpg' alt='argo_barque.jpg' align="left" /> Ce week-end, pour me calmer les nerfs, je recherchais un passage de la <em>Divine Comédie</em> où Dante et Virgile montent l'un après l'autre dans la barque de Phlégyas, le nocher du Styx. C'est dans <em>l'Enfer</em> au au <em>Huitième chant</em>. Pour expliquer que l'ombre de Virgile mort ne pèse plus d'aucun poids, alors que le corps de Dante appartient encore à la pesanteur du monde des vivants, d'autres auraient sans doute utilisé des comparaisons laborieuses. Dante n'a besoin que d'un seul verbe qui, au moment où il entre dans la barque, la fait s'enfoncer dans l'eau:</p>
<p>Mon guide, cependant, descendit dans la barque,<br />
Puis il m'y fit entrer derrière lui ;<br />
Quand j'y fus seulement, elle parut chargée.</p>
<p>Lo duca mio discese ne la barca,<br />
e poi mi fece intrare appresso lui<br />
e sol quand'io fui dentro parve carca.</p>
<p>Je dois être bizarre, mais des textes comme cela, ça me tue littéralement... Je reste carrément scotché à l'image.</p>
<p>Je ne connais pas le poids de Dante, mais vu celui des pensées noires qui s'accumulent dans mon cerveau en ce moment à cause d'alzheimer, je suis certain qu'en y posant le pied, j'aurais carrément fait chavirer la barque et je serais debout sur la quille renversée à agiter un petit mouchoir de détresse. Faut que j'essaye d'être plus léger. Tiens, je vais relire Virgile, ça me fera du bien !</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Le poids des pensées...]]></title>
<link>http://switchie2.wordpress.com/2004/08/10/le-poids-des-pensees/</link>
<pubDate>Tue, 10 Aug 2004 21:39:15 +0000</pubDate>
<dc:creator>switchie</dc:creator>
<guid>http://switchie2.wordpress.com/2004/08/10/le-poids-des-pensees/</guid>
<description><![CDATA[ Ce week-end, pour me calmer les nerfs, je recherchais un passage de la Divine Comédie où Dante et]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><img src='http://switchie2.wordpress.com/files/2007/09/argo_barque.jpg' alt='argo_barque.jpg' align="left" /> Ce week-end, pour me calmer les nerfs, je recherchais un passage de la <em>Divine Comédie</em> où Dante et Virgile montent l'un après l'autre dans la barque de Phlégyas, le nocher du Styx. C'est dans <em>l'Enfer</em> au au <em>Huitième chant</em>. Pour expliquer que l'ombre de Virgile mort ne pèse plus d'aucun poids, alors que le corps de Dante appartient encore à la pesanteur du monde des vivants, d'autres auraient sans doute utilisé des comparaisons laborieuses. Dante n'a besoin que d'un seul verbe qui, au moment où il entre dans la barque, la fait s'enfoncer dans l'eau:</p>
<p>Mon guide, cependant, descendit dans la barque,<br />
Puis il m'y fit entrer derrière lui ;<br />
Quand j'y fus seulement, elle parut chargée.</p>
<p>Lo duca mio discese ne la barca,<br />
e poi mi fece intrare appresso lui<br />
e sol quand'io fui dentro parve carca.</p>
<p>Je dois être bizarre, mais des textes comme cela, ça me tue littéralement... Je reste carrément scotché à l'image.</p>
<p>Je ne connais pas le poids de Dante, mais vu celui des pensées noires qui s'accumulent dans mon cerveau en ce moment à cause d'alzheimer, je suis certain qu'en y posant le pied, j'aurais carrément fait chavirer la barque et je serais debout sur la quille renversée à agiter un petit mouchoir de détresse. Faut que j'essaye d'être plus léger. Tiens, je vais relire Virgile, ça me fera du bien !</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[La libellule de Bashô...]]></title>
<link>http://switchie2.wordpress.com/2004/06/02/la-libellule-de-basho/</link>
<pubDate>Tue, 01 Jun 2004 23:24:35 +0000</pubDate>
<dc:creator>switchie</dc:creator>
<guid>http://switchie2.wordpress.com/2004/06/02/la-libellule-de-basho/</guid>
<description><![CDATA[
En coupant des poivrons ce soir dans ma cuisine, j&#8217;ai repensé à ce beau haïku de Bashô qu]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><a href='http://switchie2.wordpress.com/files/2007/09/libellule.jpg' title='libellule.jpg'><img src='http://switchie2.wordpress.com/files/2007/09/libellule.jpg' alt='libellule.jpg' /></a></p>
<p>En coupant des poivrons ce soir dans ma cuisine, j'ai repensé à ce beau haïku de Bashô qui dit :<br />
<em><br />
   Une libellule,<br />
   arrachez-lui les ailes :<br />
   un piment !</em></p>
<p>Si on inverse, ça donne : </p>
<p><em>   Un piment,<br />
   mettez-lui des ailes<br />
   libellule !</em></p>
<p>Dans la Divine Comédie, sur la Porte de l'Enfer, Dante lit l'inscription : <em>"Vous qui entrez, laissez toute espérance"</em>... Si on inverse - comme ma vie depuis quelques temps à cause d'Alzheimer - je lis au-dessus de ma Porte :<em> "Toi qui a laissé toute espérance, tu es entré aux Enfers"</em>. Souvent on apprend les choses par leur contraire. J'apprends pas mal en ce moment. Un peu trop à mon gôut. Je vais essayer de revenir à la libellule de Bashô :<br />
<em><br />
Libellule<br />
Dans tes prunelles :<br />
les montagnes lointaines...<br />
</em></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Tellement de gens à envoyer dans les cercles des enfers !]]></title>
<link>http://switchie2.wordpress.com/2004/05/11/tellement-de-gens-a-envoyer-dans-les-cercles-des-enfers/</link>
<pubDate>Tue, 11 May 2004 21:48:26 +0000</pubDate>
<dc:creator>switchie</dc:creator>
<guid>http://switchie2.wordpress.com/2004/05/11/tellement-de-gens-a-envoyer-dans-les-cercles-des-enfers/</guid>
<description><![CDATA[ Cela faisait bien des mois que je n&#8217;avais pas écouté une émission intéressante sur France]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><img src='http://switchie2.wordpress.com/files/2007/09/dante3.jpg' alt='dante3.jpg' align="left" /> Cela faisait bien des mois que je n'avais pas écouté une émission intéressante sur France Culture (merci madame Adler). Et tout à coup, cette semaine, une mouche les pique, il y a des émissions sur Dante à la pelle : le matin, l'après midi, le soir, le samedi et même dimanche toute la journée... Tellement que je n'ai plus assez de cassettes pour les enregistrer. Et tellement tard qu'il faut que j'attende 0:40 pour avoir mon injection nocturne. (heureusement il est 23:40 et, sur Radio Classique, ils passent le magnifique quintette de Schubert et je ne peux donc pas me plaindre). J'ai du lire la Divine Comédie cinq ou six fois dans trois ou quatre traductions et chaque fois (il suffit que j'entende une phrase, n'importe laquelle, par exemple <em>"Par moi l’on va dans la cité dolente..."</em>) pour que je tombe carrément à la renverse, comme un hanneton, tellement je suis heureux. Je trouve cela carrément beau. Tellement beau qu'il n'y a rien à en dire ici. Faut lire, c'est tout. Mais en plus - rapport à mon expérience professionnelle de la vie politique - je suis content de savoir qu'il y a, dans les cercles ou dans les fosses des Enfers une série de gens que j'aimerais voir bouillir dans de la poix bouillante ! Je vous donne [un bout de] la liste pour le cas où vous auriez aussi des connaissances qui ne seraient pas à leur place :<br />
 <strong>Les gens sans caractère, les lâches : </strong>piqués par des aiguillons de frelons et de guêpes, et happés par des vermines.<br />
<strong> Les violents contre leur prochain : </strong>mis à bouillir dans une rivière de sang.<br />
<strong> Les blasphémateurs :</strong> gisent en terre, assis tout ramassés, ou marchent en rond sans s’arrêter, sous la pluie de feu.<br />
<strong> Les flatteurs et adulateurs :</strong> plongés dans la fiente<br />
<strong> Les simoniaques :</strong> placés dans mille trous comme des bougies d’où leurs pieds dépassent et brûlent.<br />
<strong> Les devins et sorciers :</strong> invertis du menton aux épaules, la face tournée du côté de leurs reins, marchant en arrière.<br />
<strong> Les concussionnaires et prévaricateurs :</strong> retenus au fond de la poix bouillante par les démons.<br />
<strong> Les hypocrites :</strong> portent en marchant des chapes en or à l’extérieur et en plomb à l’intérieur.<br />
<strong> Les voleurs :</strong> dans une fosse à serpents dont la morsure enflamme le corps.<br />
<strong> Les conseillers de fraude : </strong>entourés par des flammes.<br />
<strong> Les semeurs de scandale et de schisme :</strong> le corps fendu et éventré, boyaux pendants...</p>
<p>Que voulez vous, moi ça me fait vraiment plaisir de savoir que tous ces gens sont aux ENFERS ! </p>
<p>Dimanche, France Culture retransmet en direct de la Comédie Française une lecture de la Divine Comédie : 14h l'Enfer ; 17h Le Purgatoire ; 20h30 le Paradis. Ils ne disent pas dans quelle traduction. J'ai un peu peur mais bon, on verra bien...</p>
<p>[en fait j'ai écouté, c'était nul et j'ai tout effacé. Aux enfers la cassette]</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Quelques étoiles...]]></title>
<link>http://switchie2.wordpress.com/2004/10/23/etoiles-2/</link>
<pubDate>Thu, 23 Oct 2003 20:00:56 +0000</pubDate>
<dc:creator>switchie</dc:creator>
<guid>http://switchie2.wordpress.com/2004/10/23/etoiles-2/</guid>
<description><![CDATA[Etoiles&#8230;

“Si tout ce qui est proche vous semble loin,
c&#8217;est que cet espace touche les]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Etoiles...</strong></p>
<p><a href='http://switchie2.wordpress.com/files/2007/09/tim_rilke2.jpg' title='tim_rilke2.jpg'><img src='http://switchie2.wordpress.com/files/2007/09/tim_rilke2.jpg' alt='tim_rilke2.jpg' /></a></p>
<p>“Si tout ce qui est proche vous semble loin,<br />
c'est que cet espace touche les étoiles”</p>
<p>Rainer Maria Rilke</p>
<p> ---</p>
<p><strong>Etoiles...</strong></p>
<p><img src='http://switchie2.wordpress.com/files/2007/09/roud1.jpg' alt='roud1.jpg' align="left" /></a> "Le ciel est bien plus près de moi que les hommes. Un peu plus haut que la branche extrême du noyer, à peine. Avec une perche un peu plus longue, comme on gaule les noix, je ferai choir dans l'herbe les grappes de constellations plus tièdes que les vers luisants d'été. Altaïr, je te cueille comme une pomme, comme une perle. Altaïr, Aldébaran, Orion, Andromède et sa pâle nébuleuse semblable à la chandelle qui brûle derrière une feuille de corne, j'ose enfin vous nommer de vos noms de toujours, vous que je reconnais depuis que j'ai cessé de connaître les hommes, de me connaître". (...)</p>
<p><em>Palinodie</em>, Gustave Roud.</p>
<p>---<br />
<img src="http://switchie2.wordpress.com/files/2008/04/dante_etoiles.jpg" alt="" width="470" height="246" class="alignnone size-full wp-image-1510" /></p>
<p><strong>Etoiles dans la Divine comédie...</strong></p>
<p>Dans la <em>Divine Comédie</em> de Dante, il y a trois Chants :<em> l’Enfer, le Purgatoire et le Paradis.<br />
</em><br />
 à la fin de l’Enfer, le dernier mot est <em>Stelle</em>, Étoile.</p>
<p> à la fin du Purgatoire, le dernier mot est <em>Stelle</em>, Étoile.</p>
<p> à la fin du Paradis, le dernier mot est aussi <em>Étoile</em> : Stelle...</p>
<p>Voici les textes pour que vous ayez les mêmes étoiles que moi dans la tête :</p>
<p><em>Inferno</em> XXXIV :<br />
<em>E quindi uscimmo a riveder le stelle.</em><br />
Et là fut notre issue, pour revoir les étoiles</p>
<p><em>Purgatorio</em> XXXIII :<br />
<em>puro e disposto a salire a le stelle.</em><br />
Pur et tout prêt à monter aux étoiles.</p>
<p><em>Paradisio</em> XXXIII<br />
<em>l’amor che move il sole e l’altre stelle.</em><br />
l’Amour qui meut le soleil et les autres étoiles.</p>
<p>Ce n’est pas parce que j’habite rue de l'Etoile filante mais c’est drôle, depuis des années je ne peut pas lever la tête vers le ciel sans y voir aussi briller ces étoiles-là. Et, en plus, (le monde ne me donne pas raison, je sais) je suis persuadé que c’est effectivement <em>l’Amour qui meut le soleil et les autres étoiles !</em>. Oui, je sais, je suis naïf !</p>
<p>• Dans le Chant XV du <em>Paradis</em>, Dante voit passer une étoile filante qui s’envole dans le ciel :<br />
«Tel qu’en un soir pur, limpide et tranquille, piquant les yeux qui se perdaient en rêve, un feu soudain file de temps en temps, que l’on dirait une étoile en voyage, si ce n’était qu’au point où il s’allume nulle étoile ne manque et qu’il ne dure pas, ainsi se détacha de la branche de droite, pour s’envoler jusqu’au pied de la croix, un astre entre tous ceux qui faisaient sa splendeur».<br />
C’est un peu bête à dire, mais je trouve que c’est beau cette petite étoile qui semble se détacher de la branche droite d’un arbre et qui par son éclat pique les yeux d’un rêveur à la belle étoile.</p>
<p>• La Divine Comédie est sans doute un peu dure à lire, c'est vrai, mais un jour je suis tombé dedans et j’ai avancé en donnant ma main gauche à Dante et celle de droite à Virgile. Et puis, avec trois traductions différentes (Lucienne Portier, Henri Longnon, Jacqueline Risset) je suis arrivé avec eux au Paradis.</p>
<p>• Il y a aussi un très beau passage dans le chant XXX du <em>Purgatoire</em> où il parle de la couleur du ciel le matin. Puisque j’ai encore un peu de place ici pour vous le raconter, voici ce qu’il dit :</p>
<p><em>«Parfois j’ai vu, quand au lever du jour,<br />
Le ciel parait à l’orient tout rose<br />
Et le restant orné de bel azur limpide...»</em></p>
<p>Ce <em>ciel à l’orient tout rose et bordé de bel azur limpide</em>, c’est exactement celui que je voyais quand je me levais tôt pour aller promener Switchie dans les petits matins froids lorsque j'habitais rue de l'Etoile filante (c'était il y a longtemps, <em>avant alzheimer</em>). Et le miracle continue depuis des siècles : encore ce matin c’était incroyablement beau.</p>
<p>• Et puis il y a un autre beau passage - (oui, je sais, j'accumule un peu trop de textes mais, bon, vous pouvez arrêter si vous voulez) - c’est au <em>Paradis</em> XXI - aussi très tôt le matin - où Dante raconte que : «Ensemble au point du jour les corneilles s’ébrouent, afin de réchauffer leurs plumes engourdies, et puis s’en vont, les unes sans retour, les autres revenant à leur point de départ, d’autres encore tournoyant à demeure» ; Vous je ne sais pas, mais <em>"ces corneilles au point du jour qui réchauffent leurs plumes engourdies"</em>, pour moi c'est un grand moment de bonheur et de joie ! Je dois être un peu détraqué.</p>
<p>• Allez, encore quelques lignes, que je vous raconte encore une étoile de R.M.Rilke, dans une lettre à Adelaïde von der Marwitz où il parle d’une sensation très particulière que j’ai aussi ressentie... Il parle du moment où il se trouvait la nuit sur le prodigieux pont de Tolède <em>«une étoile tombant à travers l'espace du monde selon une lente trajectoire, tomba en même temps (comment dire cela ?) à travers mon espace intérieur : le contour isolant du corps, aboli. Et comme cette fois-là par la vue, cette unité m'avait été annoncée une autre fois par l'ouïe : à Capri, une nuit que j'étais dans le jardin, sous les oliviers, et que le cri d'un oiseau, en me fermant les yeux, fut à la fois en moi et hors de moi comme dans un seul espace indistinct d'une extension et d'une limpidité absolues."</em></p>
<p>• Je termine sur cette belle phrase de Christian Bobin : <em>"La joie est la première étoile dans le ciel intérieur. Il suffit de la considérer pour connaître où nous en sommes du jour et de la nuit, de la solitude et de l'amour. C'est le seul signe incontestable du vrai. Il n'y en a pas d'autre".</em></p>
<p>Voilà c'est fini. J'ai encore pas mal d'autres étoiles mais j'arrête de vous prendre la tête !</p>
]]></content:encoded>
</item>

</channel>
</rss>
