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	<title>ecritures-de-lexil &amp;laquo; WordPress.com Tag Feed</title>
	<link>http://wordpress.com/tag/ecritures-de-lexil/</link>
	<description>Feed of posts on WordPress.com tagged "ecritures-de-lexil"</description>
	<pubDate>Sun, 12 Oct 2008 04:40:19 +0000</pubDate>

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<title><![CDATA[attrapage par le talon et autres tourments]]></title>
<link>http://anarkali.wordpress.com/?p=95</link>
<pubDate>Sat, 21 Jun 2008 05:52:52 +0000</pubDate>
<dc:creator>anarkali</dc:creator>
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<description><![CDATA[Et avant de continuer sur la route de ces horreurs inférieures ou postérieures, pas tout à fait h]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;"><img class="alignleft" style="float:left;" src="http://anarkali.wordpress.com/files/2008/06/witold4.jpg" alt="" width="200" height="273" />Et avant de continuer sur la route de ces horreurs inférieures ou postérieures, pas tout à fait humaines, je dois expliquer, justifier, fonder, rationaliser et ordonner, extraire l'idée directrice dont découlent toutes les autres idées de ce livre et montrer la source originelle de toutes les tortures traitées et développées ici. Et je dois amener une hiérarchie des tourments et une hiérarchie des idées, commenter l'oeuvre de façon analytique, synthétique et philosophique afin que le lecteur sache où est la tête, où sont les pieds, le nez et le talon, pour qu'il ne dise pas sur un ton de reproche que je suis inconscient de mes propres buts et que, au lieu de marcher droit et ferme comme les plus grands écrivains, j'essaie ridiculement de m'attraper le talon.</p>
<p style="text-align:justify;">Mais quelle est donc la torture principale et fondamentale ? La mère de tous les tourments ? Plus j'examine, observe et assimile, plus je constate avec netteté que le tourment principal et fondamental est simplement, semble-t-il, celui d'une mauvaise forme, d'un mauvais "extérieur", autrement dit celui des formules, des grimaces, des mines et des gueules : oui, voilà la source, l'origine, le point de départ et c'est de là que découlent harmonieusement toutes les autres souffrances, folies et afflictions. Mais peut-être faudrait-il dire plutôt que le tourment de base, essentiel, est tout bonnement celui qui nous vient des limitations que nous impose un autre homme, du fait que nous étouffons, suffoquons dans l'espace resserré et rigide où l'imagination d'autrui nous enserre. Ou peut-être la base du livre est-elle le tournant capital et meurtrier de la verdeur enfantine, des germes, feuilles et bourgeons,<br />
ou celui du développement et des obstacles au développement<br />
ou peut-être la souffrance de ne pas parvenir à former une vraie forme<br />
ou le tourment de voir constituer notre moi par autrui<br />
le tourment de la violence physique et psychique<br />
la torture de l'électricité produite par les tensions des relations humaines<br />
le tourment oblique et inexpliqué des déviations psychologiques<br />
la douleur marginale du gauchissement, de la distorsion, du ratage psychologique<br />
le tourment continuel de la trahison, le tourment de la fausseté<br />
la torture automatique des automatismes<br />
le tourment symétrique de l'analogie et le tourment analogique de la symétrie<br />
le tourment analytique de la synthèse et le tourment synthétique de l'analyse<br />
et peut-être la torture des parties du corps et de la perturbation des hiérarchies des différents membres<br />
la souffrance de l'infantilisme innocent<br />
du cucul, de la pédagogie, de la scolastique et de la scolarité<br />
de l'innocence et de la naïveté inconsolables<br />
de l'éloignement du réel<br />
des chimères, illusions, rêveries, fictions, sottises<br />
de l'idéalisme supérieur<br />
de l'idéalisme inférieur, obscur et clandestin<br />
des rêves de second ordre<br />
ou peut-être de l'étrange tourment de la médiocrité, du rapetissement<br />
le tourment de se porter candidat<br />
le tourment de solliciter<br />
le tourment de demander<br />
ou simplement la torture d'un effort et d'une tension au-dessus de ses propres forces, entraînant la torture de l'impuissance tant générale que particulière<br />
la douleur de la présomption et de la réclame<br />
la souffrance de l'humiliation<br />
le tourment de la grande poésie et de la patrie<br />
ou la torture obscure de l'impasse psychologique<br />
l'oblique tourment des ruses, des détours, des procédés interdits<br />
ou bien plutôt la torture de l'âge en général et en particulier<br />
le tourment de ce qui est démodé<br />
le tourment de ce qui est moderne<br />
la souffrance causée par l'apparition de nouvelles couches sociales<br />
le tourment des demi-intellectuels<br />
des non-intellectuels<br />
des intellectuels<br />
et peut-être simplement de l'inconvenance des petits intellectuels<br />
l'affliction de la sottise<br />
de la sagesse<br />
de la laideur<br />
de la beauté, des charmes et des grâces<br />
ou peut-être la torture d'une logique meurtrière et d'une sottise cohérante<br />
la douleur du ressassement<br />
le désespoir de l'imitation<br />
la torture ennuyeuse de l'ennui et de la répétition à l'infini<br />
ou peut-être le tourment hypomaniaque de l'hypomanie<br />
la torture inexprimable de l'inexprimable<br />
le mal non sublimé<br />
le mal au doigt<br />
à un ongle<br />
à une oreille<br />
aux dents<br />
la torture de la liaison, de la dépendance, de la pénétration mutuelle, de l'interdépendance de tous les tourments et de toutes les parties, ainsi que le tourment de cent cinquante-six mille trois cent vingt-quatre autres tortures et demie, sans compter les femmes et les petits enfants comme dit un auteur français du XVIè siècle.</p>
<p style="text-align:justify;">De quelle torture faire la torture fondamentale, originelle, et quelle partie prendre pour le tout, par quoi attraper le registre et que choisir parmi ces tourments et parties ? Maudites parties, je ne pourrai donc jamais me libérer de vous, oh ! quelle richesse de parties et de tourments ! Où donc est l'origine, la source, et faut-il prendre comme base le tourment métaphysique ou physique, sociologique ou psychologique ? Et pourtant je dois le faire, je ne peux pas ne pas le faire et j'y suis obligé, sans quoi le monde pensera que je suis inconscient de mes propres buts et que je pirouette sur mon talon.</p>
<p style="text-align:justify;">--- Witold Gombrowicz, <em>Ferdydurke,</em> 1937</p>
<p style="text-align:justify;"><img class="aligncenter" src="http://anarkali.wordpress.com/files/2008/06/witold3.jpg" alt="" /></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[dès le premier instant, je fus amoureux de la catastrophe]]></title>
<link>http://anarkali.wordpress.com/?p=77</link>
<pubDate>Sun, 20 Apr 2008 16:37:51 +0000</pubDate>
<dc:creator>anarkali</dc:creator>
<guid>http://anarkali.fr.wordpress.com/2008/04/20/des-le-premier-instant-je-fus-amoureux-de-la-catastrophe/</guid>
<description><![CDATA[[...] Et, tandis que sur mon bateau je longeais les rivages allemands, français, anglais, toutes ce]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p><img class="alignleft size-full wp-image-78" style="float:left;" src="http://anarkali.wordpress.com/files/2008/04/witold.jpg" alt="" width="147" height="194" />[...] Et, tandis que sur mon bateau je longeais les rivages allemands, français, anglais, toutes ces terres d'Europe figées dans la peur du crime encore enfoui paraissaient me crier : sois léger, sois insouciant ! Tu n'as aucune importance, aucun moyen d'action ! La seule chose qui te reste, c'est l'ivresse ! Et je m'enivrais à ma façon, pas nécessairement d'alcool ; je voguais, ivre, l'esprit presque entièrement obnubilé...</p>
<p>Puis les frontières éclatèrent, sautèrent les Tables de la Loi, et se débondèrent à flots les forces aveugles, et me voici ! Me voici, moi, seul en Argentine, coupé de tout, perdu, annihilé, anonyme. J'étais un peu excité, un peu effrayé. En même temps, quelque chose en moi me faisait saluer avec une émotion passionnée le coup qui m'anéantissait et m'arrachait aux assises de mon ordre acquis. La guerre ? La débâcle polonaise ? Le sort de ma famille ? Mes propres destinées ? Pouvais-je vivre tout cela, pouvais-je me faire du souci d'une manière "normale", moi qui avait tout su d'avance, qui l'avais déjà éprouvé bien avant ? Oui, je ne mens pas en disant que depuis des années je communiais dans mon coeur avec la catastrophe. Lorsqu'elle arriva, je me dis quelque chose qui était à peu près : - Ah, bon ! c'est arrivé ! et je compris que le temps était venu de mettre à profit la faculté de dire adieu, de rompre, de rejeter tout, que j'avais cultivée en moi. Rien n'avait changé, ce cosmos, cette vie qui m'emprisonnaient ne devenaient pas différents parce qu'un ordre défini de mon existence venait de s'achever. Pourtant, un frisson terrible naissait en même temps du sentiment que la violence libère, ce quelque chose d'innomé et d'informe dont j'avais senti la présence, cet élément dont je savais seulement qu'il est "inférieur", "plus jeune", "puîné", et qui déferlait maintenant - déluge dans la ténèbre violente et noire. Dès le premier instant, je fus amoureux de la catastrophe, que pourtant je haïssais, qui m'entraînait dans sa ruine universelle ; j'en fus amoureux et ma nature me la faisait saluer comme occasion de me lier à l'inférieur dans la ténèbre. [...]</p>
<p>--- Witold Gombrowicz, <em>Journal</em></p></blockquote>
<p>---</p>
<p><span class="txt4"><span class="remercie"> Photo :</span></span><em><span class="txt4"><span class="remercie"> Witold Gombrowicz, Tandil, Argentine, 1958. Cliché de Carlos Laurora.  Archives : Mariano Betelù</span></span></em></p>
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</item>
<item>
<title><![CDATA[hors d'Ithaque]]></title>
<link>http://anarkali.wordpress.com/?p=38</link>
<pubDate>Tue, 08 Apr 2008 05:09:58 +0000</pubDate>
<dc:creator>anarkali</dc:creator>
<guid>http://anarkali.fr.wordpress.com/2008/04/08/hors-dithaque/</guid>
<description><![CDATA[
Pendant vingt ans il n&#8217;avait pensé qu&#8217;à son retour. Mais une fois rentré, il comprit]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p><img class="alignleft size-full wp-image-46" style="float:left;" src="http://anarkali.wordpress.com/files/2008/04/buste_dali-kundera.jpg" alt="Buste de Joella Lloyd - Salvador Dali - 1934" width="200" height="302" /><br />
Pendant vingt ans il n'avait pensé qu'à son retour. Mais une fois rentré, il comprit, étonné, que sa vie, l'essence même de sa vie, son centre, son trésor, se trouvait hors d'Ithaque, dans les vingt ans de son errance. Et ce trésor, il l'avait perdu et n'aurait pu le retrouver qu'en racontant.</p>
<p>--- Milan Kundera, <em>L'ignorance</em></p></blockquote>
<p><em></em></p>
<p><em>buste de joella lloyd - salvador dali - 1934</em></p>
]]></content:encoded>
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