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	<title>emeutes &amp;laquo; WordPress.com Tag Feed</title>
	<link>http://wordpress.com/tag/emeutes/</link>
	<description>Feed of posts on WordPress.com tagged "emeutes"</description>
	<pubDate>Sat, 26 Jul 2008 14:54:57 +0000</pubDate>

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<item>
<title><![CDATA[Emeutes au Cameroun juillet 2008]]></title>
<link>http://berthoalain.wordpress.com/?p=923</link>
<pubDate>Sun, 20 Jul 2008 17:53:32 +0000</pubDate>
<dc:creator>Alain Bertho</dc:creator>
<guid>http://berthoalain.wordpress.com/?p=923</guid>
<description><![CDATA[




Emeutes: Akonolinga, comme dans un champ de ruines







 




AKONOLINGA - 22 JUILLET 2008
©]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<h2></h2>
<table class="MsoNormalTable" style="width:100%;" border="0" cellpadding="0" width="100%">
<tbody>
<tr>
<td style="padding:0.75pt;">
<h2>Emeutes: Akonolinga, comme dans un champ de ruines</h2>
</td>
</tr>
<tr>
<td style="padding:0.75pt;">
<p class="MsoNormal"><a href="http://www.cameroon-info.net/cmi_show_news.php?id=23175"><img class="alignnone" src="http://www.cameroon-info.net/img/cmrinfo-logos/caminfonews_150.gif" alt="" width="150" height="63" /></a></p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal"><span style="display:none;"> </span></p>
<table class="MsoNormalTable" style="background:lightyellow none repeat scroll 0;width:100%;" border="0" cellspacing="0" cellpadding="0" width="100%">
<tbody>
<tr>
<td style="padding:0;">
<p class="MsoNormal"><!--[if gte vml 1]&#62;                    &#60;![endif]--><!--[if !vml]--><a href="http://www.cameroon-info.net/cmLinks/goto.php?id=2" target="_blank"><img src="/PROFILES/ELUIDF~1/LOCALS~1/Temp/msohtml1/01/clip_image001.gif" border="0" alt="Click to jump to 'Le Messager'" width="30" height="30" align="right" /></a><!--[endif]--><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">AKONOLINGA - 22 JUILLET 2008</span><br />
<strong>© </strong><strong><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;color:red;">Laure     NGATSING TCHUENTE, </span></strong><strong><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;color:blue;">Le Messager</span></strong></p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p class="MsoNormal">
</td>
</tr>
<tr>
<td style="padding:0.75pt;">
<p class="MsoNormal"><strong><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Le   soulèvement de la population dans la nuit du mercredi 16 juillet dans le chef   lieu du département du Nyong et Mfoumou, et qui a occasionné la mort d’un   homme et la destruction de nombreux biens, a fait régresser cette localité de   plusieurs années en arrière.</span></strong></p>
</td>
</tr>
<tr>
<td style="padding:0.75pt;">
<p class="MsoNormal">
</td>
</tr>
<tr>
<td style="padding:0.75pt;">
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><strong><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Les originaires de l’Ouest hantés par la peur</span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><br />
La consternation a atteint son comble cet après midi du jeudi 17 juillet au   domicile de Louis Bruno Tientcheu Bonda. Ce dernier a été assassiné par des   individus non encore identifiés, dans la nuit de mercredi (la veille), à son   domicile au quartier Ewondo à Akonolinga. Des amis et frères sont venus   assister ses enfants et son frère cadet, Alain Jacques Tientcheu avec qui il   vivait. L’on attend le quitus des autorités administratives pour prendre la   route de Kekem, où auront lieu les obsèques. Ses enfants, mineurs pour la   plupart, ne semblent pas avoir déjà compris que celui-ci les a quittés, pour   l’au-delà. Ils auront pourtant beaucoup de difficultés à continuer leur vie à   Akonolinga. Comme pour plusieurs personnes originaires de l’Ouest vivant dans   cette ville, les biens de leur père ont été pillés. La maison d’habitation,   quant à elle, a un visage triste suite à l’assassinat de leur père : rideaux   transformés en haillons, murs maculés de sang…</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><br />
Pour le réconfort des enfants Tientcheu, des originaires de l’Ouest basés à   Akonolinga se sont rendus à leur domicile. Mais il est difficile, pour un   étranger de faire la différence entre les visiteurs et les membres de la   famille. Tout le monde est triste. Certains sont en larmes. Raisons : « Nous   sommes dépassés. On ne sait pas s’il faut continuer à vivre ici ou non. Ce   qui est arrivé à Louis Bonda est impensable et injustifiable. On ne comprend   pas que des gens avec qui on vivait en famille puissent se retourner contre   nous de cette façon », se lamente Pierre T., un originaire de la province de   l’Ouest résidant à Akonolinga. La tristesse des autres provient du fait qu’il   ne savent plus à quel saint se vouer. Sur la route qui longe le lieu dit   Petit marché, tous les bars et autres boutiques des commerçants, tous   originaires de la province de l’Ouest, ont été détruits, les marchandises   emportées par les manifestants.</span>
</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Le cas le plus pathétique est celui de Pascal Djetsop,   photographe et père de six enfants. « Il a eu la vie sauve juste parce qu’il   était absent. Mis au courant de ce qui allait arriver et des accusations   contre lui, il a quitté la ville, sa famille avec. C’est lui que les   assaillants cherchaient », raconte l’un de ses voisins. Selon ce témoignage   et celui de certains autochtones, « c’est lui qui a été le principal   instigateur des menaces contre les joueurs, supporters et dirigeants de   Foudre d’Akonolinga lors de la rencontre du match retour des demi finales de la Coupe du Cameroun au stade   du Cenajes à Dschang ». Son retour était donc vivement attendu par les   supporters de Foudre. A son retour, il va flairer le parfum du traitement qui   l’attend et prendre la poudre d’escampette. Sa maison a été mise à feu. Son   studio photo détruit. Pour revenir vivre à Akonolinga, s’il le souhaite   encore, il lui faudra tout recommencer. Le calme a été restauré dans la   ville.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><br />
<strong>Une vingtaine de manifestants traduits en justice</strong></span>
</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">La plus grande consolation pour les personnes victimes des   émeutes à Akonolinga serait que ceux qui ont contribué à leur malheur   répondent de leurs actes. C’est la raison pour laquelle, malgré leur   intervention tardive, les forces de sécurité ont engagé, au lendemain des   émeutes, une série d’interpellations dans et à l’entrée de la ville   d’Akonolinga. Des équipes de renforts sont venues à cet effet des grandes   métropoles camerounaises. Dans la matinée de jeudi, la sortie des véhicules   d’Akonolinga était pratiquement interdite. D’où le très grand nombre de   passagers au niveau de la gare routière de l’Est au quartier Mimboman à   Yaoundé. Les forces de l’ordre voulaient avoir une certaine lisibilité de la   situation avant de laisser sortir qui que ce soit de la ville. La situation   s’est décantée dans l’après midi. Les forces de l’ordre ont poursuivi leur   mission dans la ville proprement dite.</p>
<p>Pendant tout le reste de la semaine, les éléments des forces de l’ordre ont   sillonné les rues de la ville d’Akonolinga. « Quand un suspect nous était   signalé, on allait voir chez lui. Ce dernier était interpellé, au cas où l’on   trouvait des éléments douteux à son domicile. Notamment, certains appareils   et autres outils sans factures qu’il aurait pris dans une boutique pillée »,   explique un élément des forces de l’ordre. Des policiers et gendarmes ont été   placés à l’entrée de la ville pour assurer le contrôle des identités de   personnes qui entraient ou sortaient de cette ville. Les populations ont pris   la peine de livrer les identités des personnes qu’elles soupçonnaient avoir   pris part aux destructions. A la fin des investigations, une vingtaine de   personnes ont été interpellées. Selon une source proche des éléments de   maintien de la paix déployés sur le terrain pour calmer la situation : « Les   personnes interpellées seront déférées au parquet d’Akonolinga ce jour [lundi   21 juillet 2008, ndlr] », confie t-elle. Les équipes de renfort ont regagné   leurs bases, pour la plupart, en fin de week-end. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><br />
<strong>Robert Nkili prône l’apaisement</strong> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><br />
Le ministre du Travail et de la sécurité sociale, Robert Nkili, fait partie,   hormis les autorités administratives de la ville d’Akonolinga, des natifs du   Nyong et Mfoumou ayant pensé à apporter leur soutien moral aux populations de   cette localité après l’évènement triste de mercredi dernier. Il a tenu une   réunion de crise avec les autorités administratives d’Akonolinga le week-end.   Il a aussi rencontré les populations. Il a enfin visité les commerces   détruits, nous confirme une source résidant à Akonolinga. Selon cette même   source, une Commission départementale aurait été mise sur pied pour évaluer   les dégâts et déterminer la formule à utiliser pour apporter du soutien aux   victimes des émeutes. Dans la ville d’Akonolinga ce lundi 21 juillet 2008, la   vie reprenait peu à peu son cours normal.</p>
<p>Michel P. est un jeune de 29 ans. A sa naissance il n’a pas été reconnu par   son père, originaire du département du Ndé. Sa défunte mère était originaire   d’Akonolinga. « Ce sont des jeunes avec qui j’ai l’habitude de discuter qui   se sont dressés contre moi depuis que cette affaire a débuté. Pour eux, je   suis un bamiléké qui profite juste de leur hospitalité. J’ai même été menacé   de mort par certains d’entre eux. Je ne sais pas ce qui ce serait passé si je   ne partais pas me réfugier à Yaoundé », confie-t-il. Heureusement pour lui,   sa chambre n’a pas été attaquée. Mais il ne sait pas comment vont se passer   dorénavant ses jours avec ses amis d’hier.</span></p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal">
<h2><span class="style1">Le calme revient à Akonolinga (Cameroun) après les émeutes </span></h2>
<p class="MsoNormal"><a href="http://www.apanews.net/apa.php?page=show_article&#38;id_article=70029"><img class="alignnone" src="http://www.apanews.net/images_dir/images_fr/banniere.jpg" alt="" width="401" height="60" /></a></p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal"><span style="font-family:&#34;"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></span></p>
<p style="text-align:justify;"><strong>APA-Akonolinga (Cameroun) </strong>Un calme précaire régnait dimanche matin dans la ville camerounaise d’Akonolinga (Centre du pays), après des émeutes ayant fait un mort et plusieurs dégâts matériels, a constaté APA.</p>
<p class="spip" style="text-align:justify;">Depuis trois jours, des renforts de la police et de la gendarmerie venus de la capitale Yaoundé patrouillent, armes au poing, les moindres recoins de cette cité pourtant réputée pour son soutien au régime en place.</p>
<p class="spip" style="text-align:justify;">De sources concordantes font état de l’interpellation d’une trentaine de suspects.</p>
<p class="spip" style="text-align:justify;">Des troubles s’étaient en effet signalées depuis mercredi dernier dans cette localité sise à quelque 200 kilomètres de Yaoundé, de populations mécontentes de la descente de la Foudre locale en D2, mais aussi de la sortie, le dimanche d’avant, du même club en demi-finale de la Coupe du Cameroun de football par Aigle de Dschang (3-1 et 0-2).</p>
<p class="spip" style="text-align:justify;">Dans leur furie, les manifestants avaient pillé et incendiés plusieurs commerces et maisons appartenant à des allogènes, avant d’assassiner Louis Bouopda, 40 ans qui tenait une échoppe dans la ville depuis de longues années.</p>
<p class="spip" style="text-align:justify;">Samedi, plusieurs élites de la localité ont tenu un meeting au centre de la ville pour appeler les populations à l’apaisement et à la cohabitation pacifique.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><strong>FCEB/mn/APA </strong>20-07-2008</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></p>
<h2 style="text-align:justify;">Violences à Akonolinga</h2>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><a href="http://www.cameroon-info.net/cmi_show_news.php?id=23153"><img class="alignnone" src="http://www.cameroon-info.net/img/cmrinfo-logos/caminfonews_150.gif" alt="" width="150" height="63" /></a></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><a href="http://www.cameroon-info.net/cmi_show_news.php?id=23153"><br />
</a>
</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></p>
<table style="background:lightyellow none repeat scroll 0 50%;width:100%;" border="0" cellspacing="0" cellpadding="0" width="100%" bgcolor="lightyellow">
<tbody>
<tr>
<td style="padding:0;">
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">YAOUNDE - 18 JUILLET 2008</span></p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><!--[if !supportLineBreakNewLine]--><br />
<!--[endif]-->
</p>
<p class="MsoBodyText2" style="text-align:justify;">Akonolinga s’est embrasée mercredi dernier avec, comme au plus fort des années de braise, une chasse lancée contre les "allogènes", particulièrement les populations originaires du département de la Menoua dans la province de l’Ouest.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">
<p class="MsoBodyText" style="text-align:justify;">Un mort a déjà été enregistré. Pour ramener le calme dans le chef-lieu du département du Nyong et Mfoumou, des hordes de policiers et gendarmes, appartenant à des unités spécialisées, venus de Yaoundé et Douala ont du être mises à contribution.</p>
<p class="MsoBodyText" style="text-align:justify;">A l’origine de cette montée de xénophobie, une confrontation entre deux clubs de football. La Foudre sportive d’Akonolinga n’aurait pas bénéficié de la " légendaire hospitalité africaine " lors du match retour de demi-finale de Coupe du Cameroun l’opposant à l’Aigle royal de Dschang, le club phare de la Menoua, dont les dirigeants n’avaient pas fait mystère de leur volonté d’accéder par "tous les moyens" à leur première finale de la Coupe du Cameroun. Un match disputé pratiquement à huis-clos puisque les quelques journalistes qui se sont risqués à immortaliser des moments de la partie, ont été rudoyés.</p>
<p>A Akonolinga, les représailles ont donc commencé dès lors que le mince espoir de maintien en Mtn Elite One qui existait pour la Foudre s’est évanoui avec l’homologation par le comité exécutif de la Fédération camerounaise de football des résultats de la saison 2007-2008 de football dans la nuit de mercredi. Une situation qui aurait pourtant pu être prévenue par les autorités administratives et de maintien de l’ordre, étant donné la tension qui avait déjà entouré à Akonolinga les deux confrontations en l’espace d’une semaine entre les deux clubs tant en championnat qu’en coupe.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Mais les débordements de ces derniers jours à Akonolinga sont à chercher dans un mécontentement et de nombreuses frustrations ravalées, corollaires de conditions de vie difficiles dont les frustrations rejaillissent à la moindre occasion et épousent les contours les plus divers. Les autorités en charge de la gestion de la chose publique devraient bien se garder de regarder ces évènements là comme des épiphénomènes car ils cachent des réalités bien plus perverses, comme on a déjà pu le constater avec les émeutes de février. A moins que la colère d’Akonolinga n’ait été " préparée " en haut lieu. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><br />
Quoiqu’il en soit, le moyen le plus sûr de prévenir reste de garantir les conditions minimales de bien-être à la population. Nous ne semblons pas en emprunter la voie. Et le ras-le-bol récurent qui déborde dès la première situation de tension peut ne plus être endigué à un moment. Surtout que les lézardes observées au sein du système sécuritaire sur lequel s’adosse le système depuis l’indépendance, ne garantissent même pas la réactivité optimale de la machine répressive. Désormais les unités spéciales de l’armée sont au premier plan de banales missions de maintien de l’ordre.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><br />
L’alerte sonnée il y a une semaine par l’une des personnes supposées garantir la sécurité des biens et des personnes n’est pas pour rassurer. Etait-ce un aveu d’impuissance ? Toujours est-il que le secrétaire d’Etat à la Défense spécialement chargé de la gendarmerie, Jean-Baptiste Bokam, n’a pas plombé son propos de circonlocutions vendredi dernier à Yaoundé pour étaler les défaillances qui sont celles des hommes sous son autorité et pour lesquels la probité est loin d’être la valeur la mieux partagée malgré les moyens débloqués pour assurer la quiétude. Ce qui contribue à envenimer les choses, bandits et policiers étant désormais copains-coquins, s’entendant quelquefois comme larrons en foire de l’aveu même du patron de la gendarmerie. </span></p>
<h2>Mort, casse et pillage suite à la défaite de Foudre d'Akonolinga</h2>
<p><a href="http://www.camer.be/index1.php?art=2663"><img class="alignnone" src="http://www.camer.be/i/logo_camer.jpg" alt="" width="200" height="70" /></a>
</p>
<p class="MsoNormal">
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Arial;">En représailles aux exactions dirigées contre les dirigeants de leur club fanion, des fans s'en prennent aux intérêts des ressortissants de l'Ouest. Consternation, recueillement et lamentations hier au domicile des Tieuntcheu au marché d'Akonolinga. La tête de proue de la famille a été abattue mercredi soir d'un coup de machette à lui assené par des assaillants. </span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Arial;">" Il est 20heures lorsque quatre jeunes gens font irruption dans la boutique de  mon grand frère Louis Bruno Tieuntcheu que je gère, raconte Alain Tieutcheu le cadet, en présence des autorités administratives et militaires du département.  Armés de machettes, de gourdins et de haches, poursuit-il, ils m'ont demandé de quitter la boutique. C'est alors que j'ai fait appel à mon grand frère. A peine a-t-il pointé le bout du nez qu'un coup de machette s'abat sur son crâne. J'ai alors le réflexe d'éteindre l'ampoule et de me fondre dans la pénombre ainsi créée. Ne  pouvant pas me repérer dans ce cafouillage, ils ressortent, fous de rage, pour s'en prendre à la marchandise. La porte de la boutique est défoncée et son contenu pillé et incendié. Quelques temps après, les forces de l'ordre arrivent sur les lieux à bord d'un véhicule. Louis Bruno baigne dans une marre de sang lorsqu'il est conduit à l'hôpital. Il rendra l'âme sur la table de chirurgie, victime de la xénophobie dont nous sommes victimes depuis le match de dimanche dernier ", indique Alain Tieuntcheu.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Arial;"> De l'autre côté de la route, à quelques deux cents mètres de là, un autre spectacle accapare l'attention de quelques badauds. Une villa littéralement ravagée par des flammes gît au milieu d'autres bâtisses. Les pyromanes n'ont pas fait de détail. Du réfrigérateur à la cuisinière en passant par les meubles, les ustensiles de cuisine et des téléviseurs, rien n'a été épargné, si ce n'est le propriétaire de la maison, Pascal Dzetsop et sa famille, " partis sur la pointe des pieds aux premières lueurs des échauffourées ", explique un de ses voisins, Jean Marc Mvele. Qui révèle que Pascal serait " le planificateur des mauvais traitements dont ont été victimes deux dirigeants de Foudre, Assene Nkou, Dg de la Sic et Pierre Lebon Elanga, le président de Foudre d'Akonolinga. En s'en prenant à sa maison les populations entendaient prendre là leur revanche. </span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Arial;">Mêmes scènes de pillages et de casses dans les commerces de plusieurs ressortissants de l'ouest au niveau du petit marché. A chaque fois, des boutiques sont éventrées, leur contenu vidé et brûlé sur la chaussée.<br />
Des pillages qui seront complètement éradiqués grâce aux mesures d'intimidation de deux groupements d'intervention de la gendarmerie et de la police venus de Yaoundé en renfort. Sans oublier le déploiement du corps d'élite de la gendarmerie, le fameux Groupement polyvalent d'intervention (Gpign).</span>
</p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Arial;">A 17heures, lorsque nous quittions les lieux, tout était sécurisé, les éléments du Gpign pouvaient quitter la ville à bord d'un car de transport en commun, à destination de Yaoundé.</span></p>
<p class="MsoNormal">© Le Jour : Evariste Menounga</p>
<p class="MsoNormal"><span class="date-bas">Paru le 18-07-2008 11:04:48</span></p>
<h2>Violences à Akonolinga: Deux Morts<span style="color:blue;"> !</span></h2>
<p class="MsoNormal"><a href="http://www.cameroon-info.net/cmi_show_news.php?id=23151"><img class="alignnone" src="http://www.cameroon-info.net/img/cmrinfo-logos/caminfonews_150.gif" alt="" width="150" height="63" /></a></p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></p>
<p class="MsoNormal"><span style="display:none;"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></span></p>
<table style="background:lightyellow none repeat scroll 0 50%;width:100%;" border="0" cellspacing="0" cellpadding="0" width="100%" bgcolor="lightyellow">
<tbody>
<tr>
<td style="padding:0;">
<p class="MsoNormal"><!--[if gte vml 1]&#62;                    &#60;![endif]--><!--[if !vml]--><a href="http://www.cameroon-info.net/" target="&#34;_blank&#34;"><img src="/DOCUME~1/MARCET~1/LOCALS~1/Temp/msoclip1/01/clip_image001.gif" border="0" alt="Click to jump to 'Cameroon-Info.Net'" width="30" height="30" align="right" /></a><!--[endif]--><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">YAOUNDE - 17 JUILLET 2008</span><br />
<strong>© </strong><strong><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;color:red;">Jean-Bruno   TAGNE, </span></strong><strong><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;color:blue;">Cameroon-Info.Net</span></strong></p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportLineBreakNewLine]--><br />
<!--[endif]-->
</p>
<p class="MsoBodyText2">Les supporters de l’équipe de football locale voulaient s’insurger contre la descente de leur club en D2 et son élimination en demi-finale de la coupe du Cameroun. Des appels à la haine ethnique ont été émis par les dirigeants du club contre les ressortissants de l’Ouest...</p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoBodyText" style="margin-bottom:12pt;">Deux personnes ont été tuées mercredi 16 juillet dernier à Akonolinga dans le département du Nyong et Mfoumou à environ 150 km de Yaoundé. Ils ont été tués lors des violences organisées par les supporters de la Foudre locale, dernière au classement du championnat de D1 et qui venait d’être reléguée en deuxième division. Le club a également été éliminé en demi-finales de la coupe du Cameroun par l’Aigle de la Menoua.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom:12pt;text-align:justify;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Déçus par leur élimination qu’ils considéraient comme injuste, les supporters de la Foudre s’en sont pris à toutes les personnes qu’ils considéraient comme ressortissant de la province de l’Ouest ou plus précisément de Dschang. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><br />
Les violences ont commencé aux environs de 17h après que le Comité exécutif de la Fédération camerounaise de football qui se tenait à Limbé a confirmé la décision de la relégation de Foudre d’Akonolinga. C’est alors qu’informés, les supporters de l’équipe locale sont descendus dans la rue, décidés à en découdre avec les originaires de l’Ouest qu’ils accusent d’avoir violenté les responsables de Foudre lors du match des demi-finales retour à Dschang. Leurs magasins et leurs domiciles ont été ciblés, incendiés et pillés. Les violences ont fait deux morts (l’identité pour l’instant n’est pas encore connue) et une trentaine de blessés, de source policière. </span>
</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Débordée, la police locale a fait appel aux renforts de Yaoundé. Lesquels ont réussi à maîtriser la situation. Une quinzaine de manifestants ont été interpellés et les enquêtes suivent leur cours</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Hier à Akonolinga, le calme était revenu, mais la tension était encore perceptible. Les autorités administratives ont multiplié des réunions pour essayer d’appeler au calme. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><br />
Le déchaînement de violence observé mercredi à Akonolinga est la résultante d’un certain nombre de déclarations haineuses qui ont été proférées dans les médias. Sur la Crtv et notamment dans l’émission Fou fou foot, Pierre Lebon Elanga, directeur général de la Foudre et par ailleurs journaliste dans la même chaîne, a utilisé les antennes nationales pour prendre fait et cause pour son club. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><br />
Quelques temps plus tôt, notamment samedi dernier sur les antennes de radio Siantou, dans un débat sur le sport, le secrétaire général de Foudre, Faustin Mbida, a affirmé que les fils du Centre devaient se mobiliser contre « la trop grande présence des bamiléké dans le championnat de D1 ». « Il y a dix clubs bamiléké dans le championnat, ce n’est pas normal. Nous les gens du Centre, nous devons aussi être solidaires comme eux. Les clubs des bamiléké gagnent avec la fraude. Tous les cas de fraude dans le championnat vienent d’eux », avait-il dit. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><br />
Présent à Limbé lors du comité exécutif de la Fécafoot, le même Faustin Mbida, une fois que la relégation de Foudre a été prononcée, a martelé que c’est désormais un « combat contre les bamiléké » et aurait passé le message à Akonolinga où les supporters attendaient le verdict de la Fécafoot. Lesquels sont descendus dans la rue avec le bilan qu’on sait. </span>
</p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></p>
]]></content:encoded>
</item>
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<title><![CDATA[Flash back on Sidi Ifni's riots, or how the human rights are still threatened by the State]]></title>
<link>http://spyjones.wordpress.com/?p=31</link>
<pubDate>Sat, 19 Jul 2008 15:51:11 +0000</pubDate>
<dc:creator>Spy Jones</dc:creator>
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<description><![CDATA[
Vaste programme donc pour le blogueur débutant que je suis, démêler et recouper les différentes]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:center;"><a href="http://ifni.free.fr/images/titres/panneau.jpg"><img class="aligncenter" src="http://ifni.free.fr/images/titres/panneau.jpg" alt="" width="213" height="171" /></a></p>
<p>Vaste programme donc pour le blogueur débutant que je suis, démêler et recouper les différentes versions de ce qui s'est réellement passé à Sidi Ifni pour tenter d'y voir clair, et prendre position en conclusion. Il faut dire que j'ai longtemps hésité à traiter le sujet surtout pour le halo de mystères qui enveloppent cette émeute, comme jamais le Maroc du XXI<sup>ème</sup> siècle n'en a connu, du moins d'aussi poussées que celle-ci.</p>
<p>Pour dérouler le fil des évènements je me baserais sur des sources aussi diverses que l'<a href="http://www.amdh.org.ma/html/amdh_bc_fr_repression_sidi_ifni_7_juin_08.html">AMDH</a>, le <a href="http://maroc.attac.org/jooomla/index.php?option=com_content&#38;task=view&#38;id=542&#38;Itemid=97">rapport</a> d'<a href="http://maroc.attac.org/jooomla/index.php">Attac Maroc</a>, le blog <a href="http://solidaritesidiifni.blogspot.com/">"Collectif belge pour la solidarité avec Sidi Ifni"</a>, <a href="http://ibnkafkasobiterdicta.wordpress.com/">le blog d'Ibn Kafka</a>, <a href="http://berthoalain.wordpress.com/">le blog d'Alan Bertho</a>, <a href="http://www.omdh.org/newomdh/docs.asp?codedocs=66&#38;codelangue=29">le rapport de l'OMDH</a>, et Nichane (leur dossier est basé sur ce dernier, mais il comporte des conclusions propres à la rédaction du magazine). Pour les éléments qui sont sujet à litige, je les citerais en indiquant leur source.</p>
<p>Petite mise en contexte d'abord : Sidi Ifni, une ancienne enclave espagnole, a été restituée au Maroc en 1969.  Depuis, la ville marocaine, siège des tribus Aït Baâmrane célèbres pour leur résistance contre l'occupant espagnol, est l'épicentre de cette région sous-développée du Maroc. L'unique moteur du développement, le port tout juste inauguré en 2000 après deux décennies de sa programmation, enregistre la principale activité économique locale. Plus grave encore, les besoins essentiels en termes d'eau et d'électricité retardent les projets prévus, tels ce chimérique complexe industriel, et effrayent les investisseurs potentiels. C'est donc au rythme d'une situation de développement humain au bord du gouffre -et l'INDH n'est pas une recette-miracle, contrairement au tintamarre médiatique qu'on nous martèle depuis nos chaînes "nationales"-, que vit la population, ce qui la rend apte à adhérer à toute forme de contestation sociale...</p>
<p><strong>Récit des évènements :</strong></p>
<p>C'est par un samedi 30 mai que tout a commencé. Une dizaine de personnes se sont rassemblées devant la municipalité, juste après l'annonce des résultats d'un tirage au sort aux résultats contestés, et qui aboutit sur la sélection de 8 éboueurs parmi 972 candidats. Une marche a été organisée vers les port de Sidi Ifni, où les manifestant ont dressé trois tentes et commencé à bloquer la circulation, tandis qu'ils retenaient 89 camions chargés de poisson et 20 voitures qui se trouvaient là -bas. Une délégation de la province de Tiznit se dirigea vers les lieux du litige pour tenter de lever le blocus, en vain. Selon Nichane, les revendications des manifestants, formulées face aux autorités venues négocier, peuvent se résumer en cinq points : une province de Sidi Ifni rattachée au Sahara, création d'emplois à l'instar de ce qui se fait pour les diplômés chômeurs sahraouis, achèvement des travaux du port et implémentation de solutions aux problèmes posés, achèvement de la route reliant Sidi Ifni à Tan Tan, amélioration et gratuité des services médicaux. Alors que les rumeurs courent à propos de l'arrivée imminente des forces de l'ordre depuis Agadir, les manifestant s'empressent de bloquer l'entrée principale de la ville.</p>
<p><a href="http://www.amdh.org.ma/images/IFNI2_repression_7_juin_08.jpg"><img class="alignleft" src="http://www.amdh.org.ma/images/IFNI2_repression_7_juin_08.jpg" alt="" width="228" height="114" /></a>Et c'est le samedi suivant (le 7 juin), que tout s'emballera. Les forces de l'ordre débarquent de bon matin et sèment la terreur parmi les habitants. Lever le blocus, arrêter les manifestants impliqués dans des actes criminels avérés : il était naturel et légitime que les forces de l’ordre finissent par intervenir pour faire appliquer la loi. Malheureusement, et il faut vraiment s'en désoler, l’intervention sécuritaire a totalement dérapé, vu que les policiers ont poursuivi certains manifestants jusque dans leurs domiciles, les ont battus avec de gros bâtons leur causant des fractures dans différentes régions du corps et les ont humiliés par leurs insultes. De même, <a href="http://www.amdh.org.ma/arabe/amdh_bc_repression_sidi_ifni_7_juin_08.html">selon l'AMDH</a>, les citoyennes et citoyens ont été victimes de harcèlement sexuel, de viols et de vols de leurs biens, de pillage d’ordinateurs, de téléphones portables, de bijoux et d’argent. Les forces publiques ont usé de bombes lacrymogènes, de balles de caoutchouc, de pierre et de bâtons contre des manifestations pacifiques enfreignant ainsi le code des libertés publiques. En outre, les détenus ont été gravement torturés et ont souffert de la vengeance qu’ils ont dû subir en dépit de la prohibition par les chartes internationales de la torture et de tous les actes humiliants et dégradants qui portent atteinte à l’intégrité physique et à la sécurité personnelle.</p>
<p>Signalons toutefois cet acte pour le moins ignoble perpétré par les manifestants : ils ont tenté de brûler vif un caïd, en déversant sur lui de l'essence pour l'enflammer ensuite. S'il s'en est sorti indemne, cette tentative n'en reste pas moins totalement condamnable.</p>
<p><strong>Conséquences et résultats</strong> :</p>
<p>Les principaux dégâts économiques recensés par l'OMDH sont : 89 camions immobilisés d'où 6 millions de dirhams de pertes, arrêt de 400 embarcations de pêche frontalières, arrêt de ravitaillement de 30 navires et destruction de panneaux de signalisation. Les dégâts écologiques, quant à eux, résident dans le pourrissement de 700 tonnes de poisson.</p>
<p><a href="http://www.amdh.org.ma/images/sidi_ifni_sam_7juin08_hayspress.jpg"><img class="alignright" src="http://www.amdh.org.ma/images/sidi_ifni_sam_7juin08_hayspress.jpg" alt="" width="286" height="204" /></a>Sur le plan sécuritaire, si on peut <a href="http://telquel-online.com/332/edito_332.shtml">déplorer</a> le recours à un genre de manifestation aussi radical que d'occuper le port, paralysant au passage l'activité économique , et surtout les violences ponctuelles commises ici et là par une catégorie de manifestants exacerbés, on doit aussi et surtout souligner avec insistance la dérive sécuritaire infiniment dangereuse qui a entraîné les pires exactions des droits de l'homme qui soient : Tout d'abord l'intervention dans les quartiers de Sidi ifni <a href="http://ibnkafkasobiterdicta.wordpress.com/2008/07/05/sidi-ifni-et-les-normes-marocaines-et-internationales-en-matiere-de-maintien-de-lordre/">était parfaitement injustifiée</a>, puisque les manifestants du port on été neutralisés presque sur-le-champ et rien n'indique qu'il eût résistance. C'est donc cette action  injustifiée qui a été à l'origine de la plupart des actes illégaux commis par les <a href="http://www.telquel-online.com/273/couverture_273.shtml"><em>mroud</em></a> (Forces auxiliaires). Par la suite, les éléments de ce corps ont proféré des insultes à l'encontre de civils sans distinction (femmes, enfants, personnes âgées...), ont frappés, blessés, rossés à coup de matraques ces mêmes civils. Ils ont envahis les demeures, et cassés portes et mobilier. Ceux qui se sont plaint de ce traitement, et bien, <em>guess what ? </em>, ils ont aussi été arrêtés et torturés. Des plaintes pour vols de sommes d'argent allant jusqu'à 25000 dirhams on été enregistrées, de même que des vols d'objet. En contrepartie, les forces de l'ordre ont reçu des jets de pierre de la parre des manifestants, entraînant blessure de certains agents. Bilan final : 69 blessés, dont 34 civils et 35 parmi les forces publiques, la plupart étant légèrement atteints. Enfin, <a href="http://ibnkafkasobiterdicta.wordpress.com/2008/07/13/des-remous-a-lomdh-apres-le-rapport-sur-les-emeutes-difni/">il y a probablement eu des cas de viols, tandis qu'il n'existe pas de preuves formelles de décès</a>, hormis <a href="http://maroc.attac.org/jooomla/index.php?option=com_content&#38;task=view&#38;id=542&#38;Itemid=97">des témoignages rapportés par l'Attac</a>.</p>
<p>L'explication de cette attaque sauvage de la part des forces de l'ordre résiderait, selon Nichane, de l'humeur générales de troupes venues d'Agadir, et dont les membres pensaient que plus vite ils materaient la révolte plus vite ils rentreraient chez eux, d'où le recours systématique et appuyé à la violence illégitime et la torture barbare. Les rumeurs colportés par leurs supérieurs ont jeté le feu sur l'huile : on leur a présenté les ifnaouis comme des séparatistes, ce qui n'a pas manqué de provoqué un excès de zèle "nationaliste" des <em>mroud</em>.</p>
<p>On a trop commenté les tenants et aboutissants de la polémique médiatique Al Jazeera vs. l'Etat marocain, je ne compte pas y revenir sauf pour dire que, étant d'accord avec <a href="http://www.larbi.org/post/Linegalite-du-traitement">Larbi</a> et <a href="http://ibnkafkasobiterdicta.wordpress.com/2008/07/11/la-decision-de-la-haca-contre-al-jazira-serait-elle-confidentielle/">Ibn Kafka</a>, je crois à un règlement de compte du côté marocain, qui a une dent contre El Jazeera depuis bien longtemps. Il n'est qu'à se rappeler les déclarations de notre sommité de la makhzénophilie, Khalid Naciri, qui jette l'anathème sur la chaîne qatarie à chaque fois qui il en trouve l'occasion. De plus, relire les dizaines d'articles (dont <a href="http://ibnkafkasobiterdicta.wordpress.com/2008/07/16/le-matin-du-sahara-watch-a-sidi-ifni-letat-et-la-patience-des-forces-de-securite-ont-evite-le-pire/">voici un exemple choisi et commenté par Ibn Kafka</a>) dans le Matin du Sahara, qui dénigraient la chaîne, connue pour sa neutralité (quoique un peu biaisée par une tendance à pencher vers les islamistes), dissipe tout doute raisonnable...</p>
<p><strong>Conclusion :</strong></p>
<p>Nonobstant les dérives radicales des manifestants et leurs revendications un tantinet irréaliste, ajouté à leur refus de compromis, l'État marocain doit assumer la majeure part de responsabilité de la situation à Sidi Ifni. L'intervention sécuritaire plus que musclée, a dégénéré par les violations graves des droits de l'Homme qu'elle a engendré, occasionnant chez la population locale énormément de dégâts matériels et de préjudice moral. C'est un carburant offert gratuitement pour développer les rancœurs plus qu'elles ne le sont aujourd'hui, d'exacerber les revendications sociales partout dans le Maroc. Une énième éclaboussure compromettant toute chance d'aboutir à une paix sociale, du moins à court terme. Quand est-ce que le Makhzen cessera de commettre de pareilles gaffes sécuritaires et médiatiques, et tournera définitivement la page des violations des droits de l'homme ?</p>
<p>PS: Pour les vidéos et autres articles de presse de part le monde, prière de se rapporter au <a href="http://berthoalain.wordpress.com/2008/06/08/affrontements-a-sidi-ifni-juin-2008/">billet d'Alain Bertho</a>, ainsi qu'à <a href="http://observers.france24.com/fr/content/20080611-emeutes-maroc-sidi-ifni-information-violence-youtube">ce billet des Observers</a>.</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Emeutes du Zhejiang juillet 2008]]></title>
<link>http://berthoalain.wordpress.com/?p=919</link>
<pubDate>Fri, 18 Jul 2008 17:54:34 +0000</pubDate>
<dc:creator>Alain Bertho</dc:creator>
<guid>http://berthoalain.wordpress.com/?p=919</guid>
<description><![CDATA[Émeutes ouvrières dans le Zhejiang


17 juillet 2008
Le malaise social des travailleurs migrants c]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<h2>Émeutes ouvrières dans le Zhejiang</h2>
<p class="MsoNormal"><a href="http://juralibertaire.over-blog.com/article-21299842.html"><img class="alignnone" src="http://idata.over-blog.com/0/33/43/88/jl.jpg" alt="" width="125" height="76" /></a></p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal">17 juillet 2008</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom:12pt;text-align:justify;"><span style="color:#ff0000;"><strong><span style="font-size:10pt;font-family:Verdana;color:red;">Le malaise social des travailleurs migrants chinois tourne à l’émeute dans le Zhejiang</span></strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><em><span style="font-size:10pt;font-family:Verdana;">Plus d’un millier de travailleurs migrants chinois ont attaqué récemment, et trois jours durant, le poste de police de Kanmen, une ville d’un comté de la province du Zhejiang, située au sud de Shanghaï, illustrant la persistance d’un malaise social dans les campagnes de Chine.</span></em></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom:12pt;text-align:justify;"><span style="font-size:10pt;font-family:Verdana;"><br />
Selon une information diffusée, lundi 14 juillet, par la</span> <span style="font-size:10pt;font-family:Verdana;"><a href="http://www.hkhkhk.com/english/indexen.html" target="_blank">branche hongkongaise du Centre pour les droits de l’homme et la démocratie</a></span> <span style="font-size:10pt;font-family:Verdana;">(CHRD), la colère des ouvriers a explosé, jeudi, après que l’un d’eux eût été battu par des policiers. La victime, Zhang Zhongfu, protestait contre le refus de la police de lui attribuer un permis de résident.</p>
<p>L’incident a d’abord provoqué une manifestation d’une centaine de personnes autour du commissariat. Les policiers ne voulant rien entendre aux doléances des ouvriers protestant contre le passage à tabac de leur camarade, l’affaire a tourné à l’émeute. Le CHRD ne donne pas de détails sur le bilan éventuel de blessés mais précise que 23 émeutiers ont été arrêtés, dont Zhang Zhongfu.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom:12pt;text-align:justify;"><span style="font-size:10pt;font-family:Verdana;">Les travailleurs migrants ou «mingong», en chinois, représenteraient une force de travail de près de 200 millions de personnes. Paysans pauvres de villages reculés des provinces défavorisées, ils sont venus en ville participer à l’extraordinaire essor d’urbanisation de la Chine de la fin du XXe siècle. Parfois exploités par des patrons qui ne les paient pas, ils travaillent dans des conditions dégradantes avec des horaires harassants.</p>
<p><strong>Permis de résidence</strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom:12pt;text-align:justify;"><span style="font-size:10pt;font-family:Verdana;"><br />
Ce que demandait Zhang Zhongfu est à la racine du malaise des «mingong». Venus des campagnes, ils n’ont pas toujours d’existence légale en ville, formant une population flottante qui ne possède pas le document donnant des droits au citoyen chinois, le permis de résidence ou «houkou». Sans lui, pas d’école pour les enfants, pas de sécurité sociale, pas de couverture médicale… Autant d’avantages sociaux que la «dérive» capitaliste de la Chine a par ailleurs largement érodés pour l’ensemble de la population.</p>
<p>Les autorités ont annoncé à plusieurs reprises des mesures destinées à lutter contre les discriminations dont sont victimes les travailleurs migrants. Le système du «houkou» reste cependant, pour l’essentiel, en vigueur en Chine même s’il est devenu de moins en moins un objet de contrainte en province.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom:12pt;text-align:justify;"><span style="font-size:10pt;font-family:Verdana;"><br />
Cette émeute fait suite à d’autres violences, qui ont éclaté le 28 juin dans la province méridionale du Guizhou. Une manifestation réunissant une trentaine de milliers de personnes avait, elle aussi, dégénéré en bataille de rues dans le chef-lieu du comté de</span> <span style="font-size:10pt;font-family:Verdana;"><a href="http://juralibertaire.over-blog.com/article-20856370.html" target="_blank">Wengan</a>. La foule avait attaqué des bâtiments publics et des commissariats de police avant de renverser et d’incendier de nombreux véhicules. Le meurtre et le viol d’une jeune fille de 17 ans avaient provoqué cette flambée de colère.</span>
</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom:12pt;text-align:justify;"><span style="font-size:10pt;font-family:Verdana;">Les camarades de classe de la victime accusaient la police de protéger le suspect de ce crime, qui serait le fils d’un responsable local. Le chef de la police a été par la suite démis de ses fonctions mais il a accusé les émeutiers d’être liés aux triades, les organisations chinoises de type mafieuses. La presse locale a annoncé, lundi, qu’une centaine de personnes avaient été arrêtées à la suite de cette émeute.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-bottom:12pt;text-align:justify;"><span style="font-size:10pt;font-family:Verdana;"><br />
À la veille des Jeux olympiques, qui auront lieu à Pékin en août sous très haute surveillance policière, le pouvoir entend prouver qu’il est capable d’imposer la loi et l’ordre et de promouvoir le concept de «société harmonieuse» voulu par le président Hu Jintao. <strong>En 2006, selon les statistiques officielles, 87.000 manifestations et violences ont secoué de nombreuses villes et comtés de province. Depuis, le gouvernement a cessé de publier les chiffres illustrant ces dysfonctionnements sociaux.</strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:right;" align="right"><span style="font-size:10pt;font-family:Verdana;">Bruno Philip</span><br />
<span style="font-size:10pt;font-family:Verdana;">Le Monde, 15 juillet 2008.</span></p>
<h2>Émeutes en Chine à un mois des Jeux Olympiques</h2>
</p>
<p class="MsoNormal"><a href="http://www.lefigaro.fr/international/2008/07/15/01003-20080715ARTFIG00223-emeutes-en-chine-a-un-mois-des-jeux-olympiques-.php"><img class="alignnone" src="http://www.lefigaro.fr/icones/logo.gif" alt="" width="185" height="22" /></a></p>
<p class="MsoNormal"><span class="sign"></span></p>
<p class="MsoNormal"><span class="sign"> 15/07/2008 </span><strong></strong></p>
<h3>Des ouvriers migrants ont provoqué des émeutes et manifesté pendant trois jours, en fin de semaine dernière en Chine.</h3>
<p class="MsoNormal"><!--[if gte vml 1]&#62;  &#60;![endif]--><!--[if !vml]--><img src="/PROFILES/ELUIDF~1/LOCALS~1/Temp/msohtml1/01/clip_image002.gif" border="0" alt="" width="1" height="1" /><!--[endif]--></p>
<p>Ces incidents ont eu lieu dans la province côtière du Zhejiang, où la croissance industrielle a attiré une foule de travailleurs de régions pauvres et rurales de l'intérieur du pays.</p>
<p>Les heurts se sont produits dans le comté de Yuhuan. «Il s'agit d'un crime grave, consistant à empêcher des organes de la sûreté publique d'accomplir leur devoir et à rassembler des foules pour s'en prendre à des bâtiments administratifs, a déclaré un responsable de la police locale. Nous allons mener une enquête approfondie et ne montrerons aucune faiblesse.»</p>
<p>Des milliers de manifestations et émeutes sont recensées chaque année en Chine, et la majeure partie d'entre elles sont de faible ampleur et ne sont pas rapportées par les médias officiels. Mais les récentes crispations sociales signalées à travers le pays surviennent à un moment crucial, après les graves émeutes au Tibet et à un mois à peine des Jeux olympiques de Pékin, qui doivent servir de vitrine du progrès social et de la politique d'harmonie promus par les autorités.</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Asnières 14 juillet 2008]]></title>
<link>http://berthoalain.wordpress.com/?p=914</link>
<pubDate>Fri, 18 Jul 2008 17:48:25 +0000</pubDate>
<dc:creator>Alain Bertho</dc:creator>
<guid>http://berthoalain.wordpress.com/?p=914</guid>
<description><![CDATA[Emeutes : une violence qui inquiète


mercredi 16 juillet 2008 | Le Parisien
Le commissaire blessé]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<h2>Emeutes : une violence qui inquiète</h2>
<p class="date"><a href="http://www.leparisien.fr/home/maville/hautsdeseine/articles/EMEUTES-UNE-VIOLENCE-QUI-INQUIETE_298630431"><img class="alignnone" src="http://www.leparisien.fr/imgs/logo_header.gif" alt="" width="256" height="60" /></a></p>
<p class="date">
<p class="date">mercredi 16 juillet 2008 &#124; Le Parisien</p>
<p class="intro" style="text-align:justify;">Le commissaire blessé dans les affrontements du week-end est toujours hospitalisé. Police, justice et élus pointent une situation très tendue sur le terrain.</p>
<p style="text-align:justify;">APRÈS un samedi soir secoué par les affrontements entre jeunes et police, dans les quartiers nord d'Asnières, la nuit de dimanche à lundi n'a eu à souffrir d'aucun incident dans ces quartiers. Une compagnie de CRS, qui a patrouillé toute la nuit, s'est chargée de dissuader d'éventuels émeutiers. Ce calme revenu tranchait avec les violences urbaines de la veille, où plusieurs dizaines d'assaillants ont attaqué les locaux de la police municipale et la toute nouvelle station de métro des Courtilles, avant d'en découdre avec les fonctionnaires.</p>
<p style="text-align:justify;">Damien Vallot, commissaire adjoint d'Asnières, est toujours hospitalisé à l'Hôtel-Dieu. Il a été gravement touché par un éclat de fusée qui est allé se ficher sous la visière de son casque. Son oeil droit pourrait être perdu : « Les médecins laissent peu d'espoir », confie un proche du dossier.</p>
<p>De nombreuses personnalités - préfet, responsables policiers et élus - sont allés se relayer au chevet du jeune commissaire. Lundi après-midi, Michèle Alliot-Marie a rencontré sa famille et le chirurgien qui a procédé à l'opération. Le président du conseil général, Patrick Devedjian, s'est aussi rendu à son chevet. « Il y a une forte solidarité et une grande émotion, au-delà de la seule famille policière », atteste le préfet, Pierre de Bousquet.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Pietrasanta va sensibiliser les maires </strong></p>
<p style="text-align:justify;">ais le représentant de l'Etat se montre préoccupé par « l'aggravation de la violence et des techniques employées ». « Le 14 juillet est traditionnellement un week-end délicat pour l'ordre public, et nous l'avions préparé, explique Pierre de Bousquet. Mais certains jeunes de la cité ont décidé d'en profiter pour régler quelques comptes. De petits groupes ont organisé le harcèlement des forces de l'ordre, se sont dotés de matériel acheté sur Internet pour leurs munitions... Cela n'a pas été improvisé. » Le maire socialiste, Sébastien Pietrasanta, pensait pourtant avoir mis toutes les chances de son côté : « 50 voitures-épaves avaient été retirées, de même que les poubelles. Et une quarantaine de personnes identifiées <em>ville </em>ont tourné dans les quartiers nord », révèle l'élu. Alors qu'il avait pris un arrêté municipal interdisant la vente et la possession de pétards, le maire d'Asnières indique qu'il va saisir le gouvernement pour qu'il prenne des mesures d'interdiction de vente d'engins pyrotechniques au public non professionnel.</p>
<p>Le maire d'Asnières-sur-Seine va sans délai interpeller Michèle Alliot-Marie, la ministre de l'Intérieur, à ce sujet. Il va également dans les prochains jours sensibiliser ses collègues franciliens et français par le biais de l'Association des maires d'Ile-de-France (Amif) et de l'Association des maires de France (AMF) afin de mener une action commune. « A quoi cela sert-il de prendre de telles mesures dans une ville si les jeunes peuvent acheter ailleurs ces engins devenus de véritables armes par destination ? Il faut tout simplement en interdire la vente aux particuliers. »</p>
<p style="text-align:justify;">La police judiciaire des Hauts-de-Seine est chargée de l'enquête liée à l'agression du commissaire Vallot. Des investigations qui s'annoncent « compliquées », avance-t-on au parquet de Nanterre, avec « énormément de témoins à entendre ». Une réunion dédiée à cette situation très tendue s'est d'ailleurs tenue hier matin dans le bureau du procureur de la République. La sûreté départementale est quant à elle saisie de l'ensemble des violences qui ont agité la cité des Mourinoux samedi soir. Quatre personnes ont écopé hier de peines de huit mois à un an de prison ferme.</p>
<h2>ASNIERES. Le commissaire blessé lors de la nuit d'émeutes Olivier Bureau</h2>
<p class="MsoNormal"><a href="http://www.leparisien.fr/home/maville/hautsdeseine/articles/LE-COMMISSAIRE-BLESSE-LORS-DE-LA-NUIT-D-EMEUTES_298628364"><img class="alignnone" src="http://www.leparisien.fr/imgs/logo_header.gif" alt="" width="256" height="60" /></a></p>
<p class="MsoNormal"><a href="http://www.leparisien.fr/home/maville/hautsdeseine/articles/LE-COMMISSAIRE-BLESSE-LORS-DE-LA-NUIT-D-EMEUTES_298628364"><br />
</a>
</p>
<p class="MsoNormal">
<p class="date">mardi 15 juillet 2008 &#124; Le Parisien</p>
<p class="intro" style="text-align:justify;">De violents affrontements ont opposé des dizaines de jeunes à la police dimanche soir. Le commissaire adjoint d'Asnières a été gravement touché à un oeil.</p>
<p style="margin-bottom:12pt;text-align:justify;">NUIT d'émeutes dans les quartiers nord d'Asnières pour la fête du 14 Juillet. L'explosion de violence s'est produite peu avant 1 heure du matin, dans le quartier des Mourinoux. Un groupe de jeunes s'en prend au poste de la police municipale, rue Poincaré.</p>
<p style="text-align:justify;">La trentaine d'assaillants commence un caillassage en règle des locaux. Ils lancent ensuite des fusées et des feux de Bengale sur le bâtiment. Des effectifs de la police nationale qui se trouvaient dans le secteur arrivent en renfort</p>
<p style="text-align:justify;">Les affrontements continuent contre cette nouvelle cible. Des voitures sont incendiées, d'autres vandalisées tout comme des abribus. Même la station de métro flambant neuve des Courtilles, inaugurée il y a moins d'un mois, fait les frais de ce déchaînement de violence. Des pavés sont lancés contre les vitres.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>« C'était Bagdad ! » </strong></p>
<p style="text-align:justify;">Impossible de connaître l'origine réelle de ces violences qui auraient concerné des jeunes d'Asnières mais aussi des quartiers des villes voisines.</p>
<p style="text-align:justify;">Au plus fort de la nuit, plusieurs dizaines de policiers, armés notamment de flash-balls et de grenades lacrymogènes, se retrouvent face à une centaine de jeunes. L'un d'eux tire une fusée qui ricoche sur le sol et passe sous la visière du casque du commissaire Vallot. Evacué en urgence sur l'hôpital de l'Hôtel-Dieu, à Paris, il a été opéré hier, en début d'après-midi. Il pourrait perdre l'usage de son oeil. « C'était Bagdad ! » racontait un habitant des Mourinoux hier. La tension était encore palpable hier dans la cité. Enervés, les jeunes décrivent une véritable bataille rangée, les opposant aux forces de l'ordre. « Il y avait des camions, des CRS. Ils ont balancé des lacrymos, ils tiraient dans tous les sens. »</p>
<p style="text-align:justify;">« Il y a eu un véritable affrontement et en même temps de petits groupes mobiles qui frappaient ici ou là avant de prendre la fuite », précise-t-on en préfecture. Un semblant de calme est revenu vers 3 heures du matin.</p>
<p style="text-align:justify;">« La volonté criminelle est bien réelle, fulminait hier Sébastien Pietrasanta, maire PS d'Asnières, après s'être rendu au chevet du commissaire Vallot. Les agresseurs agissaient cagoulés. Même les pompiers ont essuyé des jets de projectiles ! » La municipalité a reconduit hier son dispositif spécial mis en place dimanche. Après avoir enlevé une cinquantaine de voitures-ventouses, la ville avait pris un arrêté anti-pétards, demandé aux bailleurs de ne pas sortir les poubelles et assuré la présence d'une quarantaine de médiateurs sur le terrain entre 22 heures et 5 heures du matin. Une présence qui n'a pas suffi.</p>
<p style="text-align:justify;">Au total, dix jeunes majeurs ont été interpellés, six placés en garde à vue au commissariat d'Asnières et quatre à la sûreté départementale. La police judiciaire est saisie pour les blessures infligées.</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[L'émeute et l'intellectuel : débat algérien]]></title>
<link>http://berthoalain.wordpress.com/?p=911</link>
<pubDate>Wed, 09 Jul 2008 09:02:26 +0000</pubDate>
<dc:creator>Alain Bertho</dc:creator>
<guid>http://berthoalain.wordpress.com/?p=911</guid>
<description><![CDATA[
Comment passer de l’émeute à la révolution ?




10 juillet 2008
« Se révolter contre la ty]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<h2></h2>
<h2>Comment passer de l’émeute à la révolution ?</h2>
<p style="text-align:justify;"><a href="http://fr.rachad.org/index.php?option=com_content&#38;task=view&#38;id=78&#38;Itemid=60"><img class="alignnone" src="http://fr.rachad.org/templates/rachad_blue/images/rachad.gif" alt="" /></a></p>
<p style="text-align:justify;"><a href="http://fr.rachad.org/index.php?option=com_content&#38;task=view&#38;id=78&#38;Itemid=60"><br />
</a>
</p>
<p style="text-align:justify;">10 juillet 2008</p>
<p style="text-align:right;" align="right">« <em>Se révolter contre la tyrannie, c’est obéir à Dieu.</em> » Thomas Jefferson</p>
<p style="text-align:justify;">Deux évènements ont retenu mon attention la semaine écoulée : le remplacement de Belkhadem par Ouyahia à la chefferie du gouvernement et une simulation d’émeutes par 800 gendarmes à Aїn-Temouchent.</p>
<p style="text-align:justify;">Ce n’est pas que parce qu’Ouyahia est un nom qui fait mal aux yeux. Ni parce que celui qui cristallise la haine des Algériens et celui qui l’a ostensiblement nommé – qui n’ont de prérogatives constitutionnelles que celles que les chefs militaires daignent leur emprunter selon les conjonctures que traverse le pays – sont dans une manœuvre de perpétuation de la république bananière que d’aucuns ont tenté de décrypter (troisième mandat ou disparition du trois-quarts sultan) cette semaine.</p>
<p style="text-align:justify;">Mais c’est plutôt parce que la première nouvelle va dans le même sens que la seconde, et que toutes les deux présagent un avenir prometteur aux émeutes dans notre pays.</p>
<p style="text-align:justify;">Si le passé des émeutes urbaines et suburbaines et des jacqueries paysannes remonte aux années quatre-vingt (en janvier 1980 à l’Est, en avril 1980 en Kabylie, en février 1982 à Saida (Craba Amrous), Sidi Bel-Abbès, Mascara, Mostaghanem, Relizane et Tlemcen, en octobre 1986 dans le constantinois et à Sétif, puis l’intifada d’octobre 1988), elles sont devenues un syndrome chronique du présent algérien depuis le printemps noir de 2001. Ces explosions, qui soudent l’Algérien à sa communauté locale dans la haine du pouvoir central et dans l’action contre ses larbins locaux, se sont propagées à tout le territoire national, du nord au sud, de l’est à l’ouest.<a name="_ednref1"></a> Circonscrites à la Kabylie et à l’extrême Est du pays en 2001 et 2002, ces révoltes vont d’abord embraser les prisons algériennes en 2002 – alors gérées par un ministre de l’injustice appelé justement Ouyahia – avant de prendre une dimension nationale dès l’été 2004. Il est possible d’affirmer, à partir de recensements dans la presse algérienne, que la fréquence de ces soulèvements a fortement augmenté à partir de 2005 mais il est difficile de la quantifier précisément, vu que ces émeutes ne sont pas toutes rendues publiques. Certains sites Internet parlent de deux à trois émeutes par jour en 2008,<a name="_ednref2"></a> fréquence qui n’est pas compatible avec celle estimée à partir des rapports de presse, mais pour le moment il est impossible de vérifier ou réfuter décisivement de telles affirmations.</p>
<p style="text-align:justify;">Contrairement au discours médiatique qui projette ces émeutes sous un prisme sécuritaire, souvent en termes de déviance juvénile, les témoignages indiquent que tous les ages, les deux sexes, ainsi que les membres de diverses professions, et non pas que des chômeurs, participent à ces micro-insurrections. Aucune enquête de terrain indépendante et fiable n’a encore été rendue publique au sujet des évènements déclencheurs de ces émeutes, mais une brève synthèse de rapports de presse donne la liste suivante : i) bavures policières, gendarmesques ou militaires (humiliation, agression et assassinat de citoyens, renversement de piétons à grande allure, harcèlements de petits vendeurs informels etc.), ii) chômage, iii) absence, renchérissement ou perturbation de l’alimentation en électricité, gaz ou eau potable, iv) défaut de logements et d’infrastructures scolaires, sanitaires ou routières, v) corruption des élus locaux et régionaux (malversations dans l’allocation des logements, des terres et des locaux commerciaux), prévarications des élus (détournements des fonds et des matériels destinés aux aménagements communaux et aux infrastructures tels les centres culturels, écoles, etc.), incompétences des élus, et fraudes électorales, vi) ouverture de bars et de lieux de débauche, et vii) matches de foots. Les détonateurs de certaines émeutes incluent l’enterrement de harraga, l’ennui et l’absence de perspectives d’avenir. Evidemment, pour un nombre de wilaya où les émeutes se reproduisent aux mêmes endroits depuis 2005, on est en présence d’un cycle durable « émeutes - répression - promesses non tenues - émeutes ».</p>
<p style="text-align:justify;">Le mot émeute dérive du terme émotion, une impulsion collective qui va connecter l’individu à sa communauté locale dans des actions violentes spontanées et coordonnées sur le champ et dans le tas. Ces rébellions qui secouent les quartiers et villages d’Algérie durent de quelques heures à quelques jours et impliquent presque toutes des barrages de route (avec troncs d’arbre, pneus enflammés, véhicules, engins), des attaques contre des commissariats et des brigades de gendarmerie ainsi que des affrontements avec ces forces, des assauts d’édifices publiques (mairies, sièges de députés et de partis au pouvoir, tribunaux, postes, banques, sièges de compagnies, des lycées quelques fois), et des dégradations d’infrastructures publiques (lampadaires, pylons électriques, véhicules communaux, etc.). Ces actions sont accompagnées de slogans contre le pouvoir central et les forces de répression, contre le mépris, la corruption et l’incompétence de l’administration et des élus, et qui réclament le départ de cette racaille prédatrice qui représente le régime militaire au niveau local.</p>
<p style="text-align:justify;">La réaction du pouvoir à ces émeutes continue d’être exclusivement sécuritaire. La brutalité et la sophistication de la répression s’accroissent d’année en année. Matraques, bombes lacrymogènes, canons à eau, balles en caoutchouc, tasers, chiens, etc. ; aucune dépense n’est épargnée pour acquérir les dernières armes et gadgets de la technologie du contrôle politique. La formation de forces spécialisées dans les manœuvres anti-émeutes est sa priorité nationale. La densité policière s’est également accrue dramatiquement avec un policier/gendarme pour 108 habitants en 2008 – soit 3 fois la moyenne mondiale – pour surveiller et dissuader le citoyen de velléités insurrectionnelles. Les insurgés détenus sont poursuivis pour troubles à l’ordre public, désobéissance civile, atteinte à corps constitué et destruction de biens publics quand ils ne sont pas instrumentalisés comme outil de chantage pour imposer une cessation des hostilités et pacifier les populations rebelles. Par ailleurs, à travers les déclarations et les médias, les émeutes sont assimilées à des séditions régionales ou attribuées à des manipulations quand elles ne sont pas totalement dépolitisées par un discours de déviance juvénile. A titre d’exemple, on se rappellera que lors de la flambée d’émeutes sur le territoire en janvier 2005, Ouyahia, alors premier ministre et directeur de la hausse du prix du butane malgré que les couches paupérisées de la société grelottaient sous un hiver inhabituellement froid et bien que la société pétro-gazière Naftal avait enregistré une large marge bénéficiaire en 2003 et 2004, dira : « Nous barrerons la voie aux manipulations actuelles de rentiers et de politiciens »,<a name="_ednref3"></a> tout en brandissant sa matraque habituelle : « L’ordre sera rétabli et la loi rigoureusement appliquée. »<a name="_ednref4"></a> Ouyahia, alors ministre de la justice, avait adopté la même attitude lors des mutineries de prison en série dans le pays en 2002, refusant d’y voir une dimension autre que la délinquance, et menaçant d’appliquer « la loi dans toute sa rigueur ».<a name="_ednref5"></a></p>
<p style="text-align:justify;">Il est inutile de détailler ici les coûts humain, politique, économique, social, et culturel du système de domination militaire en place, en particulier après le putsch de 1992, ou de lister toutes les statistiques et classements internationaux où l’Etat manqué (failed state) des généraux est régulièrement mis au banc (droits de l’homme, libertés civiles et politiques, développements économique, social et culturel, santé, éducation, justice, corruption, urbanisme, propreté etc.) malgré les dizaines de milliards de dollars engrangés chaque année.<a name="_ednref6"></a> Mais quand on juxtapose ces crimes et cette mal-gouvernance effroyables au discours autiste du pouvoir militaire et de sa façade civile, on mesure l’abîme qui les sépare du citoyen et comprend pourquoi il n’est plus possible au citoyen de les rencontrer excepté sur des routes barrées.</p>
<p style="text-align:justify;">Quant à la réaction principale des partis politiques aux émeutes, c’est le silence gêné. Certaines analyses ont évoqué la solitude politique du mouvement émeutier, privé qu’il est de relais avec les partis politiques. En fait c’est tout le contraire qu’il faut affirmer : les émeutes ont isolé et dénudé encore plus ces partis – islamistes, démocrates, nationalistes ou berbéristes – créés ou cooptés par le DRS, sans démocratie, transparence ou redevabilité internes, dépendants financièrement du pouvoir, véritables écoles de parasites de la rente, de clientélisme, et de corruption, mis sur orbite politique par la fraude électorale, et dont le rôle essentiel n’est pas de représenter les problèmes, les griefs, et les aspirations de la société algérienne dans l’espace politique, mais de faciliter et légitimer les coups d’Etat, occulter les violations des droits de l’homme, maintenir le camouflage démocratique du régime, légaliser les décisions sécuritaires, politiques et économiques du pouvoir militaire, en plus d’attaquer la véritable opposition politique. Les ‘‘élus’’ nationaux, régionaux et locaux de ces partis, dont le bla-bla incite à la haine de la politique au sein de la société, n’ont même pas le courage de rencontrer les émeutiers sur les routes barrées. Ils fuient à la moindre détonation sociale, et se terrent dans les commissariats et les casernes jusqu’à l’accalmie.</p>
<p style="text-align:justify;">Certains politiques de l’opposition, des journalistes et des intellectuels ont tenté justement de briser la solitude politique du mouvement émeutier en jouant le rôle de traducteur des messages et de télégraphistes des revendications des émeutiers au pouvoir. Cet effort d’habilitation politique des émeutes est méritoire et une consolation dans cette phase de vacillement national. Mais, à observer le misérabilisme qui teinte certaines interventions, où les émeutiers sont réduits à des victimes économiques et sociales, et à constater la légitimation implicite du système politique en place qui les caractérise toutes, on peut légitimement contester les interprétations et les solutions qu’elles préconisent.</p>
<p style="text-align:justify;">D’autres lectures et d’autres issues politiques sont possibles. Chaque émeute est, en effet, un coup porté au régime militaire. Chaque émeute est un morceau de l’Algérie qui vit encore. Chaque émeute affirme la volonté de changer radicalement, d’en découdre pour de bon avec le contrôle totalitaire du DRS sur le pays. Chaque émeute est un bout de l’Algérie qui vomit l’ordre politique imposé par l’armée sur le pays. Chaque émeute c’est l’Algérie qui fait sa toilette locale. C’est une lecture par la grandeur de la spontanéité dont parlait Fanon.<a name="_ednref7"></a></p>
<p style="text-align:justify;">Ceci dit, la spontanéité a aussi sa faiblesse. Une émeute soude l’individu à sa communauté locale par ce qu’il déteste et non ce qu’il aime, par ce qu’il a perdu et non ce qu’il peut donner, par ce qu’il veut détruire et non ce qu’il veut construire, par d’où il vient et non où il veut aller. La haine n’est pas un programme politique. Et c’est précisément ici que doit commencer le travail visant un changement radical et non-violent du système politique en Algérie. Quel projet politique pour rassembler les Algériens ? Comment faire la jonction avec le mouvement émeutier ? Comment conscientiser, politiser et former ces immenses ressources humaines ? Comment les organiser et les intégrer à une force de changement politique nationale organisée et déterminée ? Quelle stratégie adopter pour fédérer la colère nationale, se débarrasser de cet ordre tyrannique, et construire une nouvelle Algérie ? Quelles tactiques et méthodes de protestation et de confrontation non-violentes utiliser pour élargir la désobéissance à toute la nation ?</p>
<p style="text-align:justify;">L’Algérie n’est pas assise que sur des gisements de pétrole et de gaz. Elle est aussi campée sur un volcan social dont les éruptions ne sont pas prêtes de s’estomper dans les années à venir. Certains Algériens se cachent au fond de leur détresse et croient que les émeutes finiront inévitablement par user le régime et le forcer au changement. Mais il est probable, comme le montre l’Amérique latine, que des générations et des générations d’Algérien s’useront sans que les généraux s’usent, les émeutes ne les inquiètent pas trop, car l’« émeute n’est qu’un divertissement pour les militaires » comme dit Ambrose Bierce. Pour preuve, la semaine dernière un protégé des généraux honni par les Algériens a été reconduit à la chefferie du gouvernement pour continuer les sales besognes qu’il s’est dit fier d’exécuter. La semaine dernière aussi, 800 gendarmes se sont rencontrés à Aїn-Temouchent pour s’exercer à mater ceux de leurs concitoyens qui ne plient pas l’échine.</p>
<p style="text-align:justify;">A quand des débats et des rencontres politiques d’Algériens pour réfléchir à comment passer de l’émeute à la révolution ?</p>
<p style="text-align:justify;">
<p style="text-align:justify;"><a name="_edn2"></a></p>
<p style="text-align:justify;"><a name="_edn5"></a></p>
<h2><span class="titleactu">L’Emeutier et nous</span></h2>
<p class="MsoNormal"><a href="http://journal3.net/spip.php?article435"><img class="alignnone" src="http://journal3.net/IMG/siteon0.jpg" alt="" width="96" height="96" /></a></p>
<p class="MsoNormal"><a href="http://journal3.net/IMG/arton435.jpg"><img class="alignnone" src="http://journal3.net/IMG/arton435.jpg" alt="" /></a></p>
<p class="MsoNormal"><span class="actuunderline">08/07/2008</span><span class="actuunderline"> 08:</span></p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Ayant lu l’analyse parue dans votre quotidien (<em>le quotidien d'Oran)</em> le mercredi </strong><strong>28 mai 2008</strong><strong>, sous le titre «l’intellectuel et l’émeutier», et suivant comme tous les Algériens ce qui se passe, en l’occurrence ici la récurrence des émeutes, je voudrais donner mon point de vue en espérant pouvoir être publié.</strong></p>
<p style="text-align:justify;">Non pas que je me considère comme intellectuel, mais pensant avoir acquis un minimum d’instruction allié à une expérience de plus d’une décennie dans le milieu des associations de quartiers et des organisations syndicales, pour me permettre de répondre à ce qui semble être une interpellation.</p>
<p style="text-align:justify;">Je partagerais cette contribution en deux parties, une première qui sera consacrée à ce phénomène qu’est l’émeute (j’avais commencé cet écrit lors des événements qui se sont déroulés à Gdyel, mais la récurrence du phénomène avait imposé un temps d’arrêt) et une deuxième partie consacrée au silence, tout relatif, de nos compatriotes.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:center;" align="center"><strong>Plaidoyer pour l’émeute</strong></p>
<p style="text-align:justify;">Sans faire dans le collectionneur d’explications sociologiques comme dirait votre chroniqueur du jeudi, il me semble que si le terme d’émeutier a toujours eu une connotation barbare, surtout chez ceux qu’arrange ce même système ou même chez ceux qui «comprennent» les jeunes mais ne sont pas d’accord avec leur comportement et leur méthode (le fait de pratiquer la politique de la terre brûlée), il serait bon de rappeler que tout comportement social est le produit d’un vécu qui, s’il est amer (et il l’est sûrement pour la jeunesse algérienne contrairement aux chiffres surréalistes des différents ministres et autres chargés de la bonne parole) ne peut qu’engendrer ce type de réaction qui est le signe que la jeunesse algérienne veut vivre autrement et utilise les seules armes et moyens qu’elle possède, armée qu’elle est de sa seule colère. L’émeute est un fait social qui est là, qui, malgré les manipulations, n’a besoin ni d’encouragement ni de condamnation elle doit être prise pour ce qu’elle est, à savoir la manifestation clinique d’un mal qui ronge la société.</p>
<p style="text-align:justify;">L’émeute n’est pas un phénomène isolé, car cela fait bien longtemps que la jeunesse Algérie voit l’horizon bouché et a trouvé d’abord dans toutes les substances euphorisantes une échappée (avec toutes les conséquences que cela implique). Les comportements que l’on peut désigner de déviants par rapport à une normalité toute relative sont une réponse à un vécu sombre et prennent des formes différentes, mais partagent le fait de contenir la violence subie tout au long d’une jeunesse qui se devait d’être insouciante mais que le mode de gestion a rendue pénible, amère et fondamentalement malheureuse, cette violence peut s’exercer contre soi-même comme elle peut s’exercer contre d’autres et dans ce cas, lorsqu’elle devient collective elle se nomme émeute.</p>
<p style="text-align:justify;">On peut, bien sûr, condamner en gros (discours officiel), comme on peut faire dans l’analyse fine en séparant ceux qui ont réagi parce qu’ils ont subi une injustice et les autres, ceux qui profitent. Ce deuxième type de réaction, outre le fait qu’il s’adosse à celui officiel, implique qu’il faut départager les jeunes entre ceux qui ont été poussés par une condition qui leur a été faite (se faire gifler publiquement par des agents de la sûreté, se faire chasser avec aucune motivation d’ordre socio-économique et dont le cas relèverait du pathologique, mais alors, il faudrait soit interner la majorité de la jeunesse algérienne dans des asiles, soit augmenter par cent la capacité des prisons algériennes ou, plus scientifique, attendre que l’on découvre le gène de casseur pour traiter la population.</p>
<p style="text-align:justify;">Faut-il vraiment attendre que des études soient faites pour saisir le sort qui est fait à la population en général et à la jeunesse déshéritée en particulier. Qui parmi nous n’a pas été traversé, au moins pendant quelques centièmes de secondes, par l’idée d’utiliser la violence devant un arbitraire total et sans possibilité de recours.</p>
<p style="text-align:justify;">Ce que doit être notre comportement est de condamner le mode de gestion et les conditions qui fabriquent l’émeute et l’émeutier ainsi que la tentative de criminaliser un nombre de plus en plus important de jeunes.</p>
<p style="text-align:justify;">Lors d’une simple recherche sur la définition du mot émeute (ENCARTA 2006), la première référence est celle de la révolution française (comment l’émeute précède la révolution), alors que la deuxième référence nous ramène à un espace et à une histoire connus puisque le titre est «émeutes de Sétif et radicalisation indépendantiste», alors que la troisième référence indique «soulèvement populaire généralement spontané». Ce qui implique que l’émeute lorsqu’elle se déploie (quel que soit l’espace socio-économique et culturel doit être perçue comme un refus total des conditions de vie de la population. Faut-il alors traiter de canailles, comme le fait votre chroniqueur du jeudi, ceux que l’armée française a punis pour avoir été partisans de la violence lors des émeutes de 1945 ou, pour répondre à ceux qui espèrent nous faire taire avec la particularité du contexte (colonisation française et nationalisme comme si la dictature est douce lorsqu’elle partage le même passeport), les gamins d’octobre 1988.</p>
<p style="text-align:justify;">D’ailleurs, je pense que cela n’est rien par rapport à l’émeute lorsqu’elle se répandra aux moins jeunes, le même chroniqueur du jeudi indique bien que c’est la génération qui n’a rien à voir avec la fracture des années 90 qui est en scène, celle de ces mêmes années est sortie brisée, laminée par la violence mais les problèmes sont là et il leur faut une solution. Quand cette même génération fera appel à la violence (elle le fait déjà mais en petit groupe organisé en versant dans le criminel) faudra-t-il toujours la traiter de canaille ?</p>
<p style="text-align:justify;">Cela dit, sans ignorer le fait que toute personne confrontée à la violence lors d’une émeute ne peut que se sentir elle-même victime et même vouloir se venger (ce qui explique, sans excuser le comportement des agents des divers services de la sûreté lors de l’arrestation et l’emmprisonnement des jeunes), mais il faut dépasser le cadre anecdotique ou individuel pour comprendre que la condamnation ou la réprobation ne servent à rien car ce qui est en cause, à travers l’émeute, peut se résumer à la question du pouvoir de la démocratisation et de la répartition des richesses en Algérie. C’est la forme que revêtent ces dernières qui fabrique l’émeutier, le jeune ne devient émeutier qu’à son corps défendant.</p>
<p style="text-align:justify;">Si l’émeute, qui est actuellement la seule réalité de contestation (brute, inorganisée etc...) en dehors des quelques associaitons, ligues, organisations syndicales et partis encore fidèles à leurs principes, que faut-il faire dans ce pays car, lorsque nos compatriotes s’organisent pacifiquement, c’est la violence nue qui s’abat (regardez comment traite-t-on les rassemblements initiés par les différentes organisations syndicales), faut-il se mépriser soi-même, de mépriser son peuple pour donner la moindre valeur aux déclarations et justifications officielles qui cherchent, à travers les interventions des uns et des autres, une condamnation des émeutes pour préparer le terrain à leur criminalisation.</p>
<p style="text-align:justify;">D’ailleurs, sur ce point, il est tout a fait déplacé d’entendre le ministre de l’Intérieur parler de complot pour diviser les Algériens lors des événements de Berriane. N’a-t-il pas entendu le RCD parler de l’attitude de l’ex-wali de Chlef (toujours wali) qui s’étonnait de voir le représentant des associations concernées par le problème du préfabriqué rejoindre un parti des Kabyles et cela, bien avant le déclenchement des émeutes de Chlef pour le même problème.</p>
<p style="text-align:justify;">La mémoire nous fait-elle tellement défaut pour oublier Massinissa le jeune lycéen tué lors des événements de Kabylie qui, faut-il le rappeler, a été traité de voyou dans un premier temps, pour assimiler tous les jeunes à des voyous et permettre sinon expliquer leur répression dans un deuxième temps.</p>
<p style="text-align:justify;">A défaut d’accompagner la jeunesse dans son mouvement (quand on connaît le refus du pouvoir devant toute structuration qui aspire à être un contre-pouvoir), il me semble que le minimum serait que tous ceux qui aspirent à un changement réel (individus, partis, syndicats, ligue des Droits de l’Homme) font de la libération des émeutiers un leitmotiv, car nous demandons d’abord et avant tout, que les conditions de l’émeute ne soient plus réunies, ce qui passe par une gestion juste et démocratique qui est loin de celle que nous vivons.</p>
<p style="text-align:justify;">Les familles de ceux condamnés pour émeutes doivent se regrouper en comité pour la libération et ceux qui veulent le changement doivent les rejoindre, une partie de l’élite (la plus consciente) doit mettre une partie de son temps et de ses compétences au service de ce genre de comité, pour éviter la marginalisation sinon la criminalisation d’un nombre de plus en plus important de jeunes Algériens.</p>
<p style="text-align:justify;">D’ailleurs, il est surprenant que le début du mandat de l’actuel président commencé avec l’assertion qu’»octobre 88 n’est qu’un chahut de gamin» pour, semble-t-il, voir la «contestation d’autres gamins» être présente au moment du débat feutré sur la continuation ou non de son mandat.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:center;" align="center"><strong>Le silence des intellectuels, sa signification et ses causes</strong></p>
<p style="margin-top:6pt;text-align:justify;">Je voudrais parler de ce qui, chez l’auteur de l’analyse citée, paraît être un silence de ceux qui peuvent, par la réflexion, l’analyse et l’écrit, apporter un éclairage.</p>
<p style="margin-top:6pt;text-align:justify;">Ce silence me paraît être tout relatif et ce, pour plusieurs raisons. En premier lieu, la lecture fréquente des quotidiens montrent la préoccupation d’un nombre de plus en plus important de personnes devant l’impasse que traverse le pays (ne fait-il que la traverser ?) même si quelquefois, ce sont d’autres événements (phénomène des harraga et des haggara, suicide chez les jeunes, montée de la violence) qui sont à l’origine des écrits. Autant de phénomènes que l’on aurait tort de traiter à part, car relevant tous de l’absence de perspective, de désespoir généré par un régime que l’on dit sourd. Autant d’avis et d’analyses qui ne traitent pas seulement de tel ou tel comportement mais des causes qui tous relèvent du mode de gestion politique.</p>
<p style="margin-top:6pt;text-align:justify;">En deuxième lieu, il faut souligner que le confinement de la société a pour corollaire celui de l’espace médiatique, en particulier celui de la presse écrite, car les médias lourds ne sont plus au service de la société depuis bien longtemps.</p>
<p style="margin-top:6pt;text-align:justify;">Il faudrait parler de l’évolution de la presse écrite, du plan de domestication qui la vise en faisant pression sur les anciens organes pour qu’ils s’adaptent, graduellement mais sûrement, au nouveau code de conduite.</p>
<p style="margin-top:6pt;text-align:justify;">C’est-à-dire ne pas froisser ni fâcher ceux qui peuvent vous traduire en justice pour diffamation, pour non paiement des factures et qui peuvent vous réduire le budget relevant de la publicité, quand ce n’est pas à des actions plus radicales (femeture simple de journaux). Cet étau est parachevé parallèlement par la création (avec quel argent ?) d’un grand nombre de titres ayant pour objectif de noyer les anciens organes. Cette politique de gestion musclée n’est pas sans limiter la liberté de ton des journalistes eux-mêmes et de ceux qui peuvent intervenir. Il est d’ailleurs significatif, que l’initiative prise par certains de nos compatriotes (la pétition contre le troisième mandat et l’application de la Constitution), qui concerne de près la vie politique sans que ce soit strictement partisan, ait été tue par un grand nombre d’organes.Aussi, participer à des débats qui restent limités à tel ou tel phénomène (qui devient harrag ou délinquant ou casseur, faut-il les défendre ou les condamner, quelle mesure technique ou sécuritaire adopter pour s’en prémunir) laisse la question entière et laisse croire qu’il y a effectivement débat libre alors en fait que cela se ramène à la participation à un mensonge social comme dirait, notre ami Mebtoul Mohamed.</p>
<p style="margin-top:6pt;text-align:justify;">En troisième lieu, la peur pour sa vie, ses intérêts (même insignifiants) qui s’est installée au sein d’une partie des intellectuels quand ce n’est pas, comme le dit si bien notre ami Mebtoul dans une de ses contributions, la posture de commis d’Etat qui s’enracine dans cette époque d’individualisme effréné.</p>
<p style="margin-top:6pt;text-align:justify;">Peut-être aussi que beaucoup savent que «celui qui ne veut pas entendre est sourd» et qu’il ne sert à rien d’expliquer, alors que ceux qui gèrent ce pays n’ont que faire de cette explication.</p>
<p style="margin-top:6pt;text-align:justify;">Il me paraît de plus en plus surprenant d’y trouver des «leçons et messages» en direction des «décideurs» dans le genre «il faut faire quelque chose car cela ira de plus en plus mal», comme si l’émeute en elle-même répétée dans le temps et l’espace n’était pas un signe clair que rien n’allait bien, comme si l’on pouvait encore espérer de ces mêmes décideurs une autre politique et un autre mode de gestion, d’où peut-être le silence d’une partie de nos compatriotes.</p>
<p style="margin-top:6pt;text-align:justify;">Si, effectivement, la faculté d’adaptation de l’être humain peut être un bienfait, car elle permet tout simplement de durer et de se projeter lorsque la situation devient difficile, elle est aussi un malheur, car elle nous fait accepter le fait que nous vivons avec un gouvernement coopté dont l’un des ministres a dit ne pas être assez intelligent pour protéger l’argent du contribuable et a été placé à un poste de souveraineté, un autre, chargé de la répartition de ce même argent pour renforcer la solidarité, a déclaré avoir effectivement reçu des bons pour des massages en thalassothérapie, un troisième qui dit pouvoir faire commerce avec les Djinns, un quatrième qui sévit depuis plus d’une décennie dans le secteur de l’Education alors que nous voyons le niveau fondre comme neige et un cinquième que l’on dit être le poulain de ceux qui cooptent pour être placé au poste suprême, alors que sa légitimité auprès de la population est vraiment une denrée fort rare, et j’en passe et j’en passe.</p>
<p style="margin-top:6pt;text-align:justify;">La mémoire sur ce point nous fait encore défaut, car il suffit de préciser que l’après-octobre 88 a vu la télévision algérienne occuper une place reluisante, en libérant simplement la parole et en donnant voix au chapitre aux Algériennes et Algériens. Bien que je ne sois mandaté par personne, je pense que les Algériennes et les Algériens refusent de participer à de fausses élections comme ils refusent de participer à des faux débats tant qu’il ne sera pas possible de:</p>
<p style="margin-top:6pt;text-align:justify;">- Traiter tous les aspects de la vie politique et notamment de la place et du rôle des services de sécurité.</p>
<p style="margin-top:6pt;text-align:justify;">- Voir le législatif reprendre sa place et faire le contraire de ce qu’il fait maintenant (ne pas parler d’état d’urgence, ne pas parler de la corruption, ne pas mettre sur place de vraie commission d’enquête, ne pas parler de la torture, faire comme si les chiffres donnés par l’exécutif sont réels et tout le comportement qui s’en suit).</p>
<p style="margin-top:6pt;text-align:justify;">- Voir la force du droit prendre la place du droit de la force.</p>
<p><em>Kaddour Chouicha, Universitaire/ Quotidien d'Oran</em></p>
<h2>«L’intellectuel et l’émeutier»</h2>
<p class="MsoNormal"><a href="http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5104535&#38;archive_date=2007-06-07"><img class="alignnone" src="http://www.lequotidien-oran.com/img/header.jpg" alt="" /></a></p>
<p class="MsoNormal">
<p class="plaintxtgray">2 juin  2008</p>
<p class="plaintxtgray">par Abid Ahmed *</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top:6pt;text-align:justify;"><!--[if gte vml 1]&#62;                     &#60;![endif]--><!--[if !vml]--><img style="padding-right:5px;" src="/DOCUME%7E1/ALAINB%7E1/LOCALS%7E1/Temp/msohtml1/01/clip_image001.gif" border="0" alt="" width="1" height="1" align="left" /><!--[endif]-->Au lendemain des émeutes d’Oran, le Quotidien du mercredi 28 mai titrait à la une en rouge «Oran sur des braises». Le journaliste, M. Saâdoune, dans son «analyse» sur l’évènement interpellait l’intellectuel sur son silence abyssal. Me sentant visé par ce reproche, j’ai voulu réagir instantanément à son propos. Il est curieux de constater qu’à chaque fois où on est devant une situation de crise, on se rappelle enfin « où sont nos intellectuels ?», «ils brillent par leur silence » ou, « qu’a fait l’université pour sa société ?». C’est curieux qu’on le désire et on le craint à la fois, cet intellectuel. Avec notre société, on ne sait pas sur quel pied danser. Les intellectuels ne constituent pas un monde à part. Ils ne sont pas des extra-terrestres ou des supermans. Ils sont le produit et le reflet de leur société et de leur temps. S’il se meut dans une société vive, animée par une dynamique positive, par un idéal objectivé ; l’intellectuel ne peut être qu’à la hauteur des attentes de sa société .Une telle société qui a montré ses prédispositions propres à reconnaître à son intellectuel son statut social en tant que guide, éclaireur pour sa société et son Etat. Apte à les traîner vers le haut de part sa nature en tant que contestataire éternel, remettant toujours en cause les vérités établies. Ainsi c’est dans une telle société poussée par son désir conscient de s’affranchir des boulets féodaux et des pouvoirs absolus, l’histoire a donné lieu au « siècle des lumières ». Dans notre histoire, aux premiers siècles de l’islam, une telle société animée par un esprit bâtisseur où il était prescrit de se conformer au premier commandement du Coran : « Lis ». Où il était question de modérer notre philosophie à la vie et à l’au-delà selon le dosage du précepte prophétique : « Agis pour ta vie comme si tu étais éternel et agis pour ton au-delà comme si tu mourrais demain ». Par un tel esprit durant les premiers âges de l’islam, à l’époque du mouvement de la traduction de la pensée universelle, notamment la philosophie grecque, et du savoir de la parole (‘Ilm-el-kalam), les représentants du pouvoir se disputaient avec les familles privées le sponsoring des meilleurs savants. C’est cette ambiance qui a donné lieu à ce que le pensée rationaliste des « mouatazilla » soit consacrée par le Khalife « El-maamoune », à l’âge d’or de la civilisation arabo-musulmane, comme l’interprétation religieuse officielle de l’Etat, au détriment des autres doctrines sunnites. C’est cette ambiance qui a donné lieu à l’autre versant du khalifat, l’Andalousie, berceau d’Ibn rochd, Ibn-el-arabi et consorts. Chef-d’œuvre d’un monde humaniste, tolérant et épanoui qui constitue pour l’Espagne chrétienne d’aujourd’hui un patrimoine référentiel et une nostalgie identitaire.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top:6pt;text-align:justify;">Par contre, si on baigne dans une société mortifiée, passive, inconsciente de son soi, où ses individus font semblant d’exister, de fonctionner par fatalisme, que peut faire son intellectuel ? Une telle société n’aura que l’intellectuel qu’elle mérite. Reprenons un de nos précepte religieux en la matière qui stipule : « Dieu ne peut changer une nation, tant qu’elle n’est pas disposée à se changer elle-même ». Il n’y a pas de baguette magique, c’est la seule et unique thérapie qui a distingué dans l’histoire humaine les nations promues à un devenir radieux de celles condamnées à la déchéance et au dépérissement. Si Dieu en dépit de sa grandeur et de son pouvoir s’avoue incapable de changer son être si celui-ci ne donne pas de répondant, que peut faire dans ce cas l’humble intellectuel.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top:6pt;text-align:justify;">Alors discutons de la place qu’a occupée le lettré, l’instruit, exagérons le mot l’intellectuel dans notre pays. Aussi loin que je me souvienne, au lendemain de notre indépendance, l’instruit était vénéré au regard de sa société. Il était pour elle l’exemple à suivre. Lorsque nos parents nous souhaitaient leurs meilleurs vœux, ils nous criaient : « Que Dieu fasse que tu t’instruises et que tu instruis ». Et pour satisfaire leurs vœux, on a suivi leur commandement et le modèle de nos maîtres.. L’université était pour nous la meilleure voie de la réussite, inégalable. Et justement, forts de notre petit savoir acquis, on commençait à émettre des idées et des avis sur des choses que nous constations pas toujours catholiques, pour le bien de notre pays et notre société.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top:6pt;text-align:justify;">On nous a répondu qu’au lieu de gueuler en dehors du cadre officiel, rejoignez les rangs du FLN où vous aurez libre court à votre critique constructive parce que l’Etat du peuple et pour le peuple a besoin de vous. Les naïfs d’entre nous ont cru à l’appel et ont rejoint le cadre. Très vite, ils se sont vus noyés dans un monde auquel ils ne pouvaient s’identifier. Très vite, le cadre s’est vu noyauter par une frange de francs-tireurs qui l’embarrassaient. Incompatibilité d’humeur et de vision, le cadre s’est très vite ressaisi en se débarrassant de ces énergumènes qui affichent ostentatoirement leur pseudo savoir, par l’arme organique de l’article 120.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top:6pt;text-align:justify;">Puis s’est succédée une nouvelle ère, l’épisode de l’infitah et de sa crise, où l’institution du savoir et de l’innovation s’est relégué dans les préoccupations de l’Etat et de sa société au second plan, en marge des critères antérieurs de la réussite.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Ce n’était plus la maxime populaire de nos parents qui constituaient le modèle de la réussite, mais plutôt la débrouille (El-Kafza) par n’importe quel moyen, à savoir la compromission, la complaisance, le clientélisme, le clanisme, moyens par excellence pour avoir une place au soleil.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top:6pt;text-align:justify;">Ainsi l’inaccessible étoile est devenue la quête de toute une société. De telle sorte qu’au bout du compte, on a modelé la société et elle s’est fait modeler dans un moule pyramidale du sommet à la base tissé par des liens de vassalité où chaque pion est lié par un contrat vassal à l’égard de son seigneur ou de son prince. Parce qu’il lui est redevable d’un certain privilège d’autorité et de pouvoir, source d’un droit à une part de la rente. Hier c’était le fief, aujourd’hui c’est le baril de pétrole. A l’heure de la flambée de son prix, la SPA des rentiers jouit et se réjouit des dividendes du beau pactole à redistribuer au prorata de chacun selon le site occupé dans la hiérarchie souveraine. Pompes, pompes notre Sahara béni, notre tribut de guerre. Quant à nos indigènes, ils ont leur Dieu à prier et le paradis à espérer. Qu’on leur importe plus d’ouvrages religieux d’où ils puisent leurs espérances, aux femmes les livres de cuisine et de pâtisserie pour qu’elle se taisent devant leurs fours et se complaisent à satisfaire la bedaine de leurs hommes. Et pour cette jeunesse errante, oisive et méchante, les accessoires informatiques pour qu’elle s’évade à coups de joints et de tchatche, loin, très loin dans ses rêves et ses chimères. On a horreur de l’intelligence, étouffez-la, étouffez-la. Elle est notre mauvaise conscience. El-kafza est le seul choix, l’unique option pour la réussite.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top:6pt;text-align:justify;">Pour être admiré par ses enfants, sa femme et ses proches, envié par la plèbe. Regardes x ou y comment qu’ils ont réussi, de rien, ils roulent aujourd’hui sur des milliards. Si c’est le prix à payer, fais-le, tu n’es pas meilleurs que les autres. Ainsi toute la société s’est aplatie et hiérarchisée selon ce schéma qui lui imposait une règle pour un statut social privilégié : où tu rejoins les rangs avec avantages ou tu en es exclu. Et les intellectuels n’ont pas été à l’abri de ce choix qui a secoué leur rang.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top:6pt;text-align:justify;">Parmi eux, vu l’abrogation d’un projet de société où leur institution naturelle- l’université en tant que lieu du savoir et de la recherche-constituait un maillon de la chaîne, se sont vus pencher à investir le politique ou le privé. A chacun sa débrouille avant qu’il soit trop tard. Reniant leur statut en tant qu’intellectuels supposés être autonomes et indépendants de tout lien de subordination, sauf à celui d’être au service de leur société et de la vérité scientifique, ils se sont aliénés le mercantilisme ou le pouvoir politique. Dans les deux cas de figures, ils s’aliéneront au bout du compte le même prince.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top:6pt;text-align:justify;">Parmi les intellectuels politiques, il y a ceux qui sortiront de l’expérience avec quelques offrandes et des retraites royales, mais aigris de s’être fait mouiller dans un système corrupteur qui s’approprie l’âme de ses êtres, avec ce sentiment de culpabilité lourd dans le regard, qui en dit long de n’avoir rien pu faire pour changer les choses et de n’avoir été qu’un pion dans l’échiquier. D’autres s’accommoderont de la règle du jeu et donneront naissance à d’autres émules qui dépasseront leurs maîtres dans l’art de la compromission.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top:6pt;text-align:justify;">Ceux-là sont le véritable produit de leur système, capable de vendre leur âme au diable. Leur seul credo : après moi le déluge. Que la braise emporte Oran ou ailleurs, c’est leur dernier souci. D’autres, animés par un esprit patriotique se sont portés par devoir et honnêteté à être chargés commis de l’Etat au service de leur société, se sont vu assassinés ou réduits en simples intellectuels de service dont les excellents rapports sont condamnés en bûcher, au mieux à la jaunisse. Les seuls rapports qui intéressent les décideurs, se sont les rapports de renseignements.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top:6pt;text-align:justify;">Pour cela, la machine est bien huilée depuis longtemps et l’arsenal bien rôdé à veiller à la chaise, à l’affût de tout ce qui bouge. D’autres, attachés à leur statut se sont exilés pour d’autres cieux où le savoir compte, pour servir des sociétés qui les méritent. Le reste, qui demeure enclins à se contenter de son sort méprisable socialement, se subdivise en deux catégories. Celle majoritaire qui essaye de survivre par un semblant de fonctionnariat en s’ingéniant à s’entre-déchirer autour de miettes lancées de temps à autre par les rentiers pour ameuter la horde. Quand à la minorité, elle persiste à être atteinte par cette rage intérieure qui ronge tout intellectuel digne de ce nom.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top:6pt;text-align:justify;">Souvent, elle lui prend l’envie et le devoir de dégueuler sa rage par des voix qui la représentent, par voie de presse privée et non indépendante, seule espace encore disponible dans cette réalité amère, de quelques sonnettes d’alarme. Mais à qui ? Tout le monde s’en fout. Aucun répondant ni de la part de la société ni de la part d’un Etat moribond. Alors, Mr. Saâdoune, on en a ras-le-bol de se lamenter contre votre mur.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top:6pt;text-align:justify;">On en a marre de se faire notre propre écho. A chacun son boulot. Notre rôle en tant que tel est d’émettre des idées, d’attirer l’attention. Mais on ne peut pas se substituer à la société elle-même. De surcroît lorsqu’elle nous méprise et nous assassine. L’intellectuel fait partie d’une élite apte à se promouvoir là où elle émerge, à condition qu’elle soit consciente de sa mission historique et qu’elle agisse en conséquence. Le journalisme, l’économique, le culturel, le politique, le mouvement associatif, sont les lieux d’émergence de cette élite. Et devant une crise sociale aussi aigue que la notre, chaque prétendant à cette élite se trouve interpellé.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top:6pt;text-align:justify;">Quant à l’émeute et l’émeutier, ses tenants et aboutissants sont tellement évidents qu’ils ne valent pas la peine d’être encore une fois « analysés ». Je me suis juré depuis longtemps de ne plus m’exprimer publiquement parce que ça ne vaut plus la peine devant un tel désespoir, une telle désolation. Encore une fois, vous m’avez eu. Ed-douda comme on dit chez nous, sans rancune.</p>
<h2>De la culture de l’émeute et du déficit démocratique</h2>
<p class="MsoNormal"><a href="http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5104450&#38;archive_date=2007-06-07"><img class="alignnone" src="http://www.lequotidien-oran.com/img/header.jpg" alt="" /></a></p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><!--[if gte vml 1]&#62;   &#60;![endif]--><!--[if !vml]--><img style="padding-right:5px;" src="/DOCUME%7E1/ALAINB%7E1/LOCALS%7E1/Temp/msohtml1/01/clip_image001.gif" border="0" alt="" width="1" height="1" align="left" /><span>1 juin  2008</span></p>
<p class="plaintxtgray">par Mohamed Ghriss</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><strong><em>C’est finalement ce premier juin que sera rendu par le tribunal de Chlef, le verdict attendu par toute une population locale , concernant le procès intenté par l’ex-wali de Chlef à l’encontre de M.Mohamed Yacoubi, président de la coordination des cités en préfabriqué réalisées aux lendemains du séisme d’El Asnam de 1980, pour «diffamation et outrage à fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions».</em></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top:6pt;text-align:justify;">Pour rappel cette sentence a été reportée la dernière fois que M.Yacoubi a comparu devant le tribunal de Chlef, après les violentes émeutes qui ont secoué la ville et ses environs, et dont la presse nationale en a répercuté de larges échos. Retour sur certaines considérations d’ordre général:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top:6pt;text-align:justify;">Traîné en justice par l’ex premier responsable de la wilaya du Chélif, le mis en cause, M. Mohamed Yacoubi, aura maintes fois affirmé, auparavant, à divers représentants de la presse nationale, qu’il « n’avait jamais diffamé ou insulté quiconque, mais qu’il avait juste dénoncé les solutions à sens unique imposées au niveau local, et le mépris affiché à l’égard des sinistrés et leurs représentants». M. Yacoubi dira que l’aide financière accordée par l’Etat pour la réhabilitation des baraques en état de délabrement avancé, mais qui avait été annulée, sans que des explications soient fournies aux délégués des concernés , boudés et refoulés, l’avait poussé à saisir la presse « pour dénoncer ce revirement inattendu du gouvernement ainsi que la fuite en avant des autorités locales concernant la gestion de ce dossier».</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top:6pt;text-align:justify;">Selon le représentant de la coordination des cités , il aura été poursuivi par le wali pour ses déclarations alors que, dira-t-il, « je n’ai fait qu’alerter la presse sur la remise en question d’un droit légitime qui était pourtant attribué dans la loi de finances 2007.»</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top:6pt;text-align:justify;">Cette aide, pour rappel, avait été accordée dans le cadre légal de la loi de finances 2007 et la disposition contenue dans son article 99, portant sur l’octroi d’un soutien de 1 million de dinars aux personnes sinistrées pour la reconstruction de leurs maisons. Cet article porte également sur l’octroi d’un crédit de 1 million de dinars avec des taux d’intérêt bonifiés ne dépassant pas les 2°/°. La mesure , alors , de l’avis des représentants de la société civile, avait été vivement applaudie par la population croyant que le moment était enfin venu pour en finir ,enfin, avec la misère rangeant les Chélifiens depuis 27 ans…alors que la durée de validité des chalets d’une quinzaine années était déjà largement dépassée !</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top:6pt;text-align:justify;">Mais leur espoir ne dura guère longtemps, la mesure ayant été annulée au courant de la même année , dans le cadre de la loi de finances complémentaire. Ce qui a été à l’origine du mécontentement de plus en plus croissant de la population locale , et ce d’autant plus que «le crédit de 2 millions de dinars qui vient se substituer à l’aide annulée est difficile à rembourser» , tandis que la décision envisagée d’attribuer des logements selon le nombre des chalets, est jugée inadmissible par les résidents des cités préfabriquées pour la simple raison que dans chaque habitation sont logées généralement des familles élargies, et « il n’est pas question d’accepter d’être tassés comme des sardines, à 2 familles ensemble dans un même F3 ou un F4» insistent-ils. La solution ? Les résidents des cités préfabriquées qui se sont organisés derrière leurs coordinations, et notamment leur représentant officiel M. Mohamed Yacoubi, l’envisagent un premier temps par le recours auprès d’instances wilayales ,et notamment les délégués parlementaires. Mais peine perdue, toutes les voies de dialogue et de concertation sont bloquées,pis même ,en certains cas les porte-parole des sinistrés ont essuyé le mépris affiché (pour ne pas dire autre chose) de la part de ceux qui avaient pourtant pour mission de défendre les droits citoyens de ceux qui les avaient élu ?</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top:6pt;text-align:justify;">Ce qui n’avait fait qu’amplifier davantage la grogne montante des Chélifiens qui , de l’avis répandu, ne comprenaient pas comment des instances décisionnelles officielles aussi sérieuses et importantes pouvaient se livrer à un tel revirement inexpliqué, qui à la fois, discrédite ,d’une part nos institutions nationales par ce jeu déconcertant du «oui» puis du «non» (?), et d’autre part, méprise le citoyen par cette rebuffade le déconsidérant, et pour le moins inattendue de la part d’une autorité censée représenter, un gouvernement responsable, garant du droit citoyen et veillant à tout ce qui promeut et consolide la paix et la concorde civile, en principe.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top:6pt;text-align:justify;">Moult initiatives et sollicitations pour le dialogue et la concertations avaient été tentées auprès du wali , par les représentants des cités en préfabriqué , affirme-t-on, mais en vain. Devant pareil blocage ,il ne restait plus aux représentants des cités qu’à s’adresser à la presse ,et partant, à quiconque serait susceptible d’appuyer leurs revendications boudées par les officiels locaux. Se présenta alors, entre autres, rapporte-t-on, l’éventualité du recours à des élus du groupe parlementaire nationaux du RCD d’Alger qui, pour ne pas l’occulter, dispose le plus naturellement du monde de ses représentants à Chlef, et nombre d’ élus parmi les communes des zones berbérophones du littoral du Chélif que la radio de proximité chélifienne fait intervenir de temps à autre. Et suite au geste d’appui des élus du RCD qui se sont saisis du dossier en question afin de contribuer à solutionner cet épineux problème , un membre de la coordination des cités en préfabriqué a tenu à faire part de ses vifs remerciements à ces hommes, auxquels, dira-t-il,« nous tenons à cette occasion à leur rendre un grand hommage , et à les féliciter pour leur grand courage et leur disponibilité . Non seulement ils travaillent d’arrache-pied sur cette question , mais ils ont également apporté leur soutien en assistant au procès de notre représentant». Forts de ce soutien du parti politique du RCD et également des sympathisants du mouvement de la société civile et de nombreux citoyens, les représentants des comités de quartiers des cités préfabriquées se sont mis massivement derrière leur président M. Mohamed Yacoubi en signe de soutien lors de son premier procès le 20 avril 2008, mais qui , conséquemment, a du être reporté pour la journée du lundi 27 du mois courant. Mais d’ores et déjà l’on se préparait pour cette journée qui promettait d’être chaude,.ayant déjà donné un avant-goût le dimanche 20 avril et qui aurait du prévenir les autorités afin d’envisager au préalable d’autres recours conciliants parfaitement possibles.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Ne dit-on pas que gouverner c’est prévoir ? Mais on en jamais là avec les autoritaristes qui ferment toujours les portes du dialogue pour s’en plaindre les premiers par la suite.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top:6pt;text-align:justify;">Jour J: dimanche 27 avril 2008, premières heures de la matinée, alentours du tribunal de Chlef : le procès de M.Mohamed Yacoubi, président de l’association des comités de quartiers en préfabriqué , poursuivi pour diffamation des autorités wilayales, va s’ouvrir dans quelques instants. Une foule dense s’est rassemblée devant le tribunal , en présence d’un important dispositif sécuritaire, en signe de solidarité avec M .Mohamed Yacoubi, son représentant de la coordination des cités en question La tension déjà perceptible dans l’air risquait à tout moment, au moindre petit facteur incitateur, de faire embraser la situation C’est ce qui motiva assurément le report du procès en l’absence de la personne du wali, la partie plaignante visiblement aux fins de parer à toute fâcheuse éventualité. Peine perdue, ce qui fermentait depuis des lustres et devait arriver arriva : en effet, vers 10h30, l’étincelle qui mit le feu aux poutres , et dont le sort s’en est servi que comme un prétexte déclencheur – cela aurait pu jaillir d’un autre fait anodin- prit son départ d’une altercation entre un policier en faction et un vieux bonhomme dont le fils est accouru précipitamment pour le secourir, les policiers répliquent , d’autres citoyens bondissent aussitôt pour prêter main forte à leurs compagnons et c’est la mêlée et confusion générale Il s’en fallut pas plus pour déclencher une avalanche de jets de pierres, et des projectiles,de toutes sortes qui ont commencé à pleuvoir sur les forces de l’ordre en faction devant le tribunal , confrontés à la furia de dizaines de jeunes déchaînés qui donnaient ainsi,en la circonstance propice, libre cours à un sentiment de colère découlant d’une injustice sociale maintes fois refoulée devant les oreilles sourdes d’un pouvoir local fermé à toutes les voies de dialogue.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top:6pt;text-align:justify;">La panique générale qui s’en est suivie, devant le tribunal ou les passants se précipitaient dans toutes les directions, les automobilistes de passage roulant en tous sens pour se mettre à l’abris, loin de s’en arrêter là, n’était qu’au début de ses violences dévastatrices</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top:6pt;text-align:justify;">En effet, les choses allaient , par la suite, malheureusement s’étendre à toute la ville et ses environnements, jusqu’à la lointaine banlieue de Chettia . Les forces de l’ordre riposteront aux émeutiers gagnant le centre-ville en lançant des bombes lacrymogènes pour les dissuader. Mais il en surgit de toutes parts des recoins de la ville dont ils saccagent plusieurs édifices publics et privés…C’était le début d’un cauchemar qui allait s’étendre sur trois jours, causant des dégâts considérables , des blessés avec plusieurs arrestations en attente de jugements et dont les conséquences auraient pu être plus dramatiques n’était –ce la maîtrise relative de la situation par les forces de l’ordre auxquels il faudrait rendre hommage pour n’avoir pas tiré un seul coup de feu...</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">
<p class="MsoNormal" style="text-align:center;" align="center"><strong>Les évènements vus par des observateurs</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top:6pt;text-align:justify;">Revenant tout récemment sur les évènements de Chlef , M. Ahmed Ouyahia, leader du Rassemblement National Démocratique ( RND), évoquera ce sujet, lors de la dernière réunion de la commission nationale de préparation du troisième congrès ordinaire du parti, tenue à Zeralda. Analysant, en premier lieu l’actualité immédiate des incidents de Berriane, M.Ouyahia a expliqué , que ce qui s’est passé dans cette région , est entre autres , «le résultat des tentatives de certains groupes pour s’enrichir , quel que soit le prix à payer ». Faisant dans ce sens le rapprochement avec les incidents survenus récemment dans la ville de Chlef, l’ex- chef du gouvernement est persuadé que les personnes qui ont saccagé les bureaux de poste , les agences d’opérateurs de téléphonie mobile, ainsi que la destruction de micro-ordinateurs des banques ne sont pas ces mêmes personnes qui revendiquent un toit. « Je ne pense pas que ce soient les citoyens qui souffrent de problèmes de logements qui sont à l’origine des troubles et de pillages de biens publics et privés.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top:6pt;text-align:justify;">Chaque partie est libre de faire sa propre lecture par rapport à ce qui s’est passé , mais en ce qui nous concerne, nous appelons les habitants de ces régions à la retenue et à éviter la violence », a indiqué M.Ouyahia. En affirmant sa peine suite à ces troubles (…), le chef de file du RND refuse de voir les choses sous l’angle de « qui est qui », (...) M.Ouyahia croit dur comme fer que ceux qui tirent les ficelles de ces émeutes ne sont autres que ceux qui s’opposent à un troisième mandat de M.Bouteflika. »( cf .extrait de l’article de Nabila Amir , in El Watan samedi 24 /05/ 2008).</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top:6pt;text-align:justify;">L’ex-premier ministre fustigeant les maffieux des sombres tractations et de la culture de la rente, a ainsi tenu à clarifier les choses de son point de vue. Et comme il l’a expliqué à propos de ces malheureux évènements, il semble bien que les contestataires chélifiens n’aient rien à voir avec les vols et saccages commis, vraisemblablement, par de sinistres individus, à la faveur de la confusion générale.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top:6pt;text-align:justify;">Ces derniers n’entretenant aucun rapport avec les revendications des manifestants locaux déboutés, pour rappel, par l’annulation surprenante de l’aide promise en vue de la reconstruction des baraques au délai de validité largement dépassé. Ce qui a suscité la grogne des citoyens chélifiens, qui en l’absence de voies de recours de concertation et de dialogue, et pis l’affichage d’une froide indifférence de mépris d’autorités irresponsables, ont fini par pousser les revendicateurs concernés au recours de la contestation rageuse de la rue. Mais il faut être clair là –dessus ; les objectifs des manifestants chélifiens tendent à la construction de leur ville et non pas à sa destruction, à l’opposé de tous obscurs desseins d’individus calculateurs, pilleurs et saccageurs de biens publics et privés. Et l’on ne comprend que fort bien , à ce propos, les appels ,entre autres, de la commission de coordination des cités en préfabriqué de Chlef , et de la population Chélifienne en général, en direction des hauts responsables Algériens , pour faire preuve d’indulgence et du témoignage d’un esprit de compréhension vis-à-vis des inculpés Chélifiens innocents, n’ayant rien à voir avec d’éventuels sinistres individus saccageurs. Même si certains jeunes insurgés aient pu être tentés , dans le feu du déchaînement aveugle de la confusion générale, à suivre, et à leurs propres dépends bien entendu, les entraîneurs aux actes de saccage et de pillage , ces meneurs démentiels, de surcroît « infiltrés » et aux objectifs tout autres que ceux des émeutiers chélifiens , comme le pensent d’éminents observateurs, entre autres l’ex chef du gouvernement ,le président du RCD, etc. Dans cet ordre d’idées , l’ex-éducateur M. Mohamed Yacoubi, responsable de la commission de coordination des cités en préfabriqué, en attente du verdict du jugement le 1er juin, aurait pour seul crime commis celui ayant trait à la revendication légitime du droit citoyen à une vie décente que certaines instances autoritaristes locales, hostiles à toute ouverture de dialogue constructif, contrecarraient constamment.      D’ailleurs, il ne faut pas néglger le fait que la commission de coordination des cités en préfabriqué exige que l’ex wali devrait etre jugé pour ses dépassements,comme le mentionne son tout dernier communiqué. De meme que, selon diverses appréciations, l’administartion locale serait derrière la présentation de rapports induisant en erreur sur la situation objective des séquelles persistantes du seisme d’El Asnam 1980. Bref, la population sinistrés de Chlef s’attend à ce que ces revendications soient prises en considération , de meme que soient libérés les leurs qui n’ont été animés ,en tout et pour tout , que par le souci de défendre les intérets sacrées de de leurs familles.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top:6pt;text-align:justify;">Quant à ce qui a trait à l’hypothétique exploitation de ces malheureux évènements , dans des desseins autres que ceux des émeutiers de telle ou telle région,en général, pourquoi ne pas prendre les dispositions qui s’imposent,bien avant le surgissement brutal de ces déplorables faits ?</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top:6pt;text-align:justify;">En effet, ce n’est un secret pour personne que c’est généralement l’absence de voies de recours saines et de dialogue démocratique qui favorisent ce genre de dérives dangereuses , qui en fin de compte portent préjudice à tout le monde. Car le défaut de possibilités de libre expression sans contrainte aucune, n’est pas sans inciter, probablement, certains désespérés à recourir à ces pratiques destructives inadmissibles, et que rien ne justifie. Et en vue de parer concrètement à ces risques de dérapages, continuellement en suspens, que l’on me permette cet avis , étant un farouche adepte indépendant de la liberté d’expression et du doit citoyen,en général ; Pourquoi certains décideurs des pouvoirs centraux et leurs délégués régionaux n’entreprennent-ils pas de sérieuses mesures de rémédiation à cette situation ? N’auraient-ils pas, franchement, une part de responsabilité dans le fait d’acculer nombre de désespérés « bâillonnés » à recourir à de telles voies de recours illégales de la contestation rageuse dans la rue ?…</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top:6pt;text-align:justify;">A cause, justement, de l’imposition d’un verrouillage systématique de toutes possibilités de libres contestations démocratiques , ouvertement tolérées sur la place publique, et télévisuelle en direct , sans restrictions et contraintes aucunes , et du reste en conformité légale avec les orientations fondamentales de textes officiels consacrant le sacro – saint principe du droit à la libre expression et contestation démocratique pacifiste, sans nuls harcèlements hypocrites et qui se trouvent aujourd’hui enfreints par certains, parmi ceux-là mêmes qui sont censés les appliquer ?</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top:6pt;text-align:justify;">Rien , absolument rien ne justifie le recours à la violence, et sous aucun prétexte, quel qu’il soit. .Mais il faut tout de même veiller à couper l’herbe sous les pieds de tout éventuel aventurier tenté de s’appuyer sur tel ou tel motif d’absence de créneaux de libre contestation démocratique , ouvertement tolérée en Algérie, pour entraîner à sa suite des nuées d’émeutiers, minés par une rageuse folie vengeresse ,de destruction et de dévastation, ciblant essentiellement les symboles du pouvoir étatique , à leurs yeux défaillant, et en deçà des attentes et espoirs placés en lui. Nul doute, que le jour , ou nombre de décideurs et hauts responsables , - dans la majorité des pays arabo -musulmans surtout, - commenceraient à accepter de se remettre honorablement en cause, ou de tolérer dans les institutions les contestations démocratiques pacifistes divergentes, en n’ayant pas peur d’admettre courageusement les insuffisances ou critiques émises de tout jeune opposant , plutôt que de le pousser par le mépris du blocage affiché , à l’émeute colérique dans la rue, nul doute que ce jour là une révolution morale et mentale s’opérerait dans tous les esprits.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top:6pt;text-align:justify;">Il est dit dans le saint Coran «Dieu ne change l’état d’une communauté que si ses gens changent dans leur for intérieur».</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top:6pt;text-align:justify;">L’émeutier en recourant à l’acte désespéré de violence, applique sa propre logique de sanction d’insurgé contre ceux qu’il perçoit comme oppresseurs («haggarrine»). Et dans la logique revancharde aveugle, des jeunes recourant à l’émeute, et à la violence dans les cas de comportement déchaînés aveugles , ces derniers n’agissent pas moins , eux-mêmes , également , exactement en ce qu’ils reprochent à leurs responsables autoritaristes , c’est- à- dire en oppresseurs « haggarrines » vis-à-vis de tout ce qu’ils saccagent comme biens appartenant à la société civile, avant tout.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top:6pt;text-align:justify;">Cette dernière étant ,bien entendu, à promouvoir en toutes circonstances,et d’éviter d’en détériorer les piliers, quels que soient les prétextes ou considérations avancés pour excuser tels ou tels agissements ravageurs.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top:6pt;text-align:justify;">Autrement dit , dans pareille situation désolante , opposant deux logiques contraignantes « verrouillage systématique / recours à la rue ou l’émeute » , ou d’une part, gouvernants défaillants, et d’autre part citoyens insurgés, la part de responsabilité des deux parties se trouve engagée , et dans pareilles circonstances particulières, qui peut dire que l’un est plus coupable que l’autre ou le second est moins responsable que le premier ? Dans les deux cas , les voies de recours n’ont pas été , si l’on peut dire « nobles », relevant de l’acte civilisationnel mutualiste émancipé. En d’autres termes plus clairs, et pour le dire franchement et en tout esprit de démocratie, les deux attitudes se rejoignent dans le fond , du fait de leur culture fondamentale sous-tendante et déterminant , de part et d’autre, leur recours à des formes de violence pour résoudre une problématique sociale.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top:6pt;text-align:justify;">En un mot , toutes les parties antagonistes n’ont absolument rien à voir avec les idéaux nobles de la démocratie et la mise en pratique de ses règles élémentaires pour éviter d’en venir à pareilles dérives et confrontations. Car , à chaque fois que se multiplient les interdits tyranniques , à chaque fois prolifèrent parallèlement les fruits amers de la jacquerie. C’est bien connu.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top:6pt;text-align:justify;">Apparemment, malgré les historiques acquis d’octobre 88, et le combat anti- terroriste de plus de dix ans pour que l’Algérie ne sombre pas dans les méandres du dictat de l’intolérance et de l’intégrisme de la pensée unilatérale, on n’en a pas fini encore avec les séquelles de la crise multiforme.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top:6pt;text-align:justify;">Cette dernière « qui frappe la société globale depuis plus d’une décennie aura ajouté au poids de la frustration des jeunes et rien dans l’immédiat ne permet d’envisager au problème une solution à la hauteur des ambitions modernistes du pays. Ce n’est pas peu dire que dans l’ensemble des situations jusque-là examinées tant par les tenants de la décision politique eux –mêmes que par les différentes enquêtes empiriques , il y a convergences de vues pour faire du désenchantement le sentiment le plus généralement partagé par une jeunesse en désespérance et accusant un formidable déficit en matière d’espérance(…) Tous ces mouvements de protestation d’allure spontanée (…) donnent à penser que la société algérienne inaugure une phase de dérèglement social sur fond de culture de l’émeute « ( cf. in article La culture de l’émeute, du Dr Noureddine TOUALBI – THAALIBI, ancien Recteur de l’université d’Alger, l’Expression du 26/05/2008)</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top:6pt;text-align:justify;">Et face aux difficultés croissantes qui s’annoncent à l’horizon , qu’est- ce qui conviendrait d’entreprendre dans l’immédiat , préalablement à toutes tentatives de remèdes ou de recours qui peuvent s’avérer inappropriés ? Commencer, d’abord et avant tout, par déverrouiller le système caparaçonné pardi !</p>
<h2><span class="mytitle">La culture de l’émeute</span></h2>
<p class="MsoNormal"><a href="http://www.lexpressiondz.com/article/8/2008-05-26/52933.html"><img class="alignnone" src="http://www.lexpressiondz.com/images/header.jpg" alt="" /></a></p>
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<p class="MsoNormal"><span class="mydate">26 Mai 2008</span></p>
<p class="myauteur" style="text-align:left;">Pr Noureddine TOUALBI-THAÂLIBI (*)</p>
<p class="myexerg">La récurrence de l’émeute signe habituellement la faillite des rapports de confiance entre gouvernants et gouvernés.</p>
<p class="myarticle" style="margin-top:6pt;"><img class="alignleft" src="http://dzlit.free.fr/img/ordredesordre.jpg" alt="" /></p>
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