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	<title>evangeliques &amp;laquo; WordPress.com Tag Feed</title>
	<link>http://wordpress.com/tag/evangeliques/</link>
	<description>Feed of posts on WordPress.com tagged "evangeliques"</description>
	<pubDate>Tue, 14 Oct 2008 02:45:11 +0000</pubDate>

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	<language>en</language>

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<title><![CDATA[Avortement; les candidats face aux Eglises]]></title>
<link>http://ospoma.wordpress.com/?p=125</link>
<pubDate>Fri, 19 Sep 2008 18:18:51 +0000</pubDate>
<dc:creator>Lauric Henneton</dc:creator>
<guid>http://ospoma.fr.wordpress.com/2008/09/19/avortement-quelles-eglises-pour-quel-candidat-palin-et-les-evangeliques/</guid>
<description><![CDATA[L&#8217;excellent Pew Forum on Religion and Public Life propose un &#8220;backgrounder&#8221; sur l]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>L'excellent Pew Forum on Religion and Public Life propose un <a href="http://pewforum.org/docs/?DocID=352">"backgrounder" sur l'avortement</a>. Un rappel clair et complet des tenants et des aboutissants autour de la question de l'avortement, sous un aspect légal et juridique.</p>
<p>Le <a href="http://pewforum.org/docs/?DocID=349">Pew Forum propose une lecture d'une série de sondages à travers le prisme des appartenances religieuses</a>: quel groupe soutien quel candidat? On voit notamment (cf image) que le soutien des évangéliques pour McCain a augmenté avant l'annonce de la nomination de Sarah Palin (entre mi-juin et fin juillet, +8, alors que la nomination, toute fin août n'est suivie que d'un rebond de 3 points).</p>
[caption id="" align="aligncenter" width="465" caption="Evolution du soutien des évangéliques blancs pour les deux candidats"]<img title="Les Evangéliques et les candidats" src="http://pewforum.org/newassets/test/wep.gif" alt="Evolution du soutien des évangéliques blancs pour les deux candidats" width="465" height="291" />[/caption]
<p>Un article d'Associated Press explique que les <a href="http://www.wtop.com/?sid=1478070&#38;nid=213">jeunes évangéliques sont partagés</a> dans leur perception de Sarah Palin.</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Chrétien, et évangélique de surcroît!]]></title>
<link>http://lecep.wordpress.com/?p=4</link>
<pubDate>Sat, 13 Sep 2008 12:25:08 +0000</pubDate>
<dc:creator>lecep</dc:creator>
<guid>http://lecep.fr.wordpress.com/2008/09/13/chretien-et-evangelique-de-surcroit/</guid>
<description><![CDATA[Tout le monde le sait, le français moyen se considère catholique, mais non-pratiquant. Il ne sait ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>Tout le monde le sait, le français moyen se considère catholique, mais non-pratiquant. Il ne sait pas trop ce que croit un protestant et il ignore même parfois que le protestantisme fait aussi partie des dénominations chrétiennes. Il appelle les chrétiens évangéliques des "évangélistes" et les classe volontiers parmi les sectes.</p>
<p>Le but que je me propose dans cet article est de clarifier un peu la question. J'aimerais expliquer dans un premier temps ce que signifient les termes de protestant, réformé ou évangélique et, dans un deuxième temps, je m'efforcerai de montrer les particularités de leur pensée, en essayant de les  comparer avec celle du catholicisme.</p>
<p><strong>Quand est apparu le protestantisme?</strong></p>
<p>Contrairement à ce qu'on pense souvent, le protestantisme n'a pas fait son apparition avec la Réforme du 16ème siècle, bien que le mot "protestant" ait été donné alors à ceux qui critiquaient l'église de Rome en "affirmant" (c'est le vrai sens du mot) alors leur foi. La critique des abus de l'église catholique romaine n'est pas chose nouvelle, elle a toujours existé. Les protestants tiennent cependant à se distinguer des mouvements hérétiques et sectaires qui ont secoué l'église catholique et reconnaissent aussi certains mouvements de pensée antérieurs comme proches du leur.<!--more--></p>
<p>C'est pourquoi, à mon avis, on doit aussi classer dans le protestantisme les mouvements pré-réformateurs, comme par exemple celui des <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_vaudoise" target="_blank">Vaudois</a> au 12ème siécle. De même quelques grandes personnalités comme <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/John_Wyclif" target="_blank">John Wyclif</a> en Angleterre, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Huss" target="_blank">Jean Huss</a> en Bohême ou <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Savonarole" target="_blank">Jérôme Savonarole</a> en Italie sont à ranger parmi les protestants, bien qu'ils s'en défendraient peut-être. A l'origine, il n'était pas question pour les réformateurs de quitter l'église catholique; ils voulaient seulement réformer l'institution de l'intérieur. C'est à partir du moment où ils ont été excommuniés qu'ils ont pris leur distance. Cela a commencé avec Martin Luther, fondateur de l'église luthérienne, puis avec Jean Calvin, qui sera à l'origine de l'église réfomée proprement dite.</p>
<p><strong>D'où viennent les évangéliques?</strong></p>
<p>Dans le monde anglo-saxon le terme "évangélique" a souvent la même signification que "protestant". En Allemagne par exemple, on fait une distinction entre "evangelisch" (protestant) et "evangelikal" (évangélique). Le terme anglais "evangelical" a à peu près la signification qu'on lui accorde en France. En Angleterre le terme s'applique aussi par exemple aux anglicans qui adhèrent aux idées évangéliques. Aux Etats-Unis, on commence à faire une distinction entre le protestantisme classique et ce qu'on appelle l'"Evangelicalism".</p>
<p>Posons-nous tout d'abord la question de savoir si les évangéliques font partie du protestantisme? Sur le plan historique, je répondrais que oui. En fait, le mouvement évangélique est issu du protestantisme par une sorte de réforme de l'intérieur, à partir du 17ème siècle. Il s'agissait à l'origine de réagir contre le formalisme croissant (les nourrissons baptisés entrant dans l'<a href="http://lecep.wordpress.com/2008/09/13/theologie-de-lalliance-ou-dispensationalisme" target="_blank">alliance</a> automatiquement), puis ensuite contre la critique biblique qui sapait l'autorité de la Bible.</p>
<p>Une autre question importante est de savoir où il faut classer les mouvements anabaptistes du 16ème siècle. Certains se plaisent à dire que les anabaptistes étaint les premiers évangéliques. Il faut dire qu'ils furent considérés comme des hérétiques aussi bien par les réformés luthériens que par les calvinistes. Les églises baptistes actuelles sont-elles issues du mouvement anabaptiste ou du protestantisme classique? Eh bien, cela dépend de leur théologie, je dirais. Certains baptistes ont une théologie purement réformée sauf sur la question du baptême, puisqu'ils ne baptisent pas les nourrissons. D'autres, comme les mennonites, ne se réclament pas tant de la tradition réformée, mais plutôt du mouvement anabaptiste.</p>
<p><strong>Qu'en est-il dans la pratique?</strong></p>
<p>En fait, pour savoir la particularité de tel ou tel mouvement, il faut se pencher sur le système de pensée et la pratique de chaque dénomination. La seule chose qui caractèrise en gros le protestantisme, c'est sa démarcation par rapport à l'église catholique, son rejet de la suprématie du pape et son attachement au doctrines telles que la justification par la foi ainsi que l'importance accordée à la Bible.</p>
<p>Au sein du protestantisme réformé, il convient en suite de distinguer entre les églises qui, tout en maintenant une certaine tradition, ont adopté les conclusions de la critique des textes bibliques (c'est en gros la position de l'Eglise Réformée de France) et les églises qui insistent sur l'infaillibilité de la Bible et l'importance des confessions de foi. Les églises réformées de confessants se qualifient souvent d'évangéliques, dans le sens qu'elles se sentent proches de ceux qui croient toujours en l'autorité de la Bible.</p>
<p>Ce qui caractèrise les évangéliques non réformés, ce n'est pas tant leur attachement à une confession de foi que l'importance qu'ils accordent à leur vie de foi pratique et à leur relation à Dieu et à Jésus-Christ. C'est pourquoi, on les qualifie volontiers d'églises de professants. Ils soulignent par exemple la nécessité de passer par la Nouvelle Naissance, changement qu'ils considèrent comme nécessaire pour avoir une foi authentique (voir l'évangile selon Jean, chapitre 3). Notons que, pour les catholiques, la Nouvelle Naissance s'opère par le sacrement du baptême. Ceci dit, comme les églises réformées de confessants, les églises évangéliques insistent sur l'autorité de la Bible en matière de foi, même si elles n'ont pas toujours un grand souci doctrinal.</p>
<p>Les communautés évangéliques pentecôtistes soulignent en plus, à côté de la Nouvelle Naissance, l'importance d'une seconde expérience qu'elles appellent le baptême du Saint-Esprit. Cette expérience se manifeste par des signes extérieurs comme le parler en langues et les dons divins miraculeux.</p>
<p><strong>En conclusion</strong></p>
<p>J'imagine que le catholique soucieux de l'unité des chrétiens est complétement dérouté après avoir lu tout cela. En fait, ce n'est pas aussi compliqué que cela paraît:</p>
<p>- protestants et évangéliques comprennent le mot "Eglise" comme le rassemblement tous ceux qui sont de vrais croyants et utilisent le mot "église" pour une communauté chrétienne locale.</p>
<p>- réformés et luthériens insistent sur une certaine tradition dans l'Eglise, tandis que les autres évangéliques n'en voient pas toujours la nécessité.</p>
<p>- protestants et évangéliques soulignent l'importance de la Bible, Parole de Dieu, ainsi que la nécessité d'avoir une relation vivante avec le Christ ressuscité.</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Obama en déclin; Palin en Madonna]]></title>
<link>http://ospoma.wordpress.com/?p=66</link>
<pubDate>Sat, 13 Sep 2008 10:36:37 +0000</pubDate>
<dc:creator>Lauric Henneton</dc:creator>
<guid>http://ospoma.fr.wordpress.com/2008/09/13/obama-en-declin-palin-en-madonna/</guid>
<description><![CDATA[Au Washington Post, pourtant liberal (centre-gauche, donc pro-démocrates), il y a deux chroniqueurs]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>Au <em>Washington Post</em>, pourtant <em>liberal</em> (centre-gauche, donc pro-démocrates), il y a deux chroniqueurs particulièrement conservateurs (donc pro-républicains), signe d'un pluralisme et d'une ouverture très appréciables.</p>
<p>- <em>Charles Krauthammer</em>: dans sa <a href="http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2008/09/11/AR2008091102840.html">dernière chronique</a> (du 12) il explique pourquoi Obama serait sur la pente descendante. La critique du messianisme obamalâtre est partisane, c'est évident, mais les arguments sont intéressants.</p>
<p>- <em>Michael Gerson</em> (évangélique et républicain, il a écrit les discours de Bush il y a quelques années) revient sur les <a href="http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2008/09/11/AR2008091102842.html">attaques formulées contre Sarah Palin</a>, notamment sur les questions de religion (un de ses thèmes de prédilection).</p>
<p>L'un comme l'autre s'attachent à démonter les attaques de la gauche américaine, véhiculées par les grands médias (surtout la presse écrite). C'est ce côté "à contre courant" qui fait l'intérêt de leurs arguments (qu'on soit d'accord ou pas n'a rien à faire dans l'histoire).</p>
<p>Pour info, le <a href="http://www.nytimes.com/"><em>New York Times</em></a>, lui aussi clairement de centre gauche (et donc pro-démocrates) a deux chroniqueurs conservateurs: <a href="http://topics.nytimes.com/top/opinion/editorialsandoped/oped/columnists/davidbrooks/index.html">David Brooks</a> et <a href="http://topics.nytimes.com/top/opinion/editorialsandoped/oped/columnists/williamkristol/index.html">William "Bill" Kristol</a> (qui a succédé à William Safire il y a quelques mois). Leurs chroniques, qui tranchent avec celles d'autres chroniqueurs beaucoup plus à gauche (Krugman, Friedman, Dowd...), permettent d'avoir une image beaucoup plus large du spectre idéologique aux Etats-Unis.</p>
<p>La <a href="http://www.economist.com/world/unitedstates/displayStory.cfm?story_id=12208893">chronique sur les affaires américaines de <em>The Economist</em></a> (signée "Lexington") revient sur l'effet Palin, à la suite de l'effet Clinton, sur le féminisme américain. Sujet complexe! La référence à Madonna vient d'une <a href="http://www.salon.com/opinion/paglia/2008/09/10/palin/">longue chronique de Camille Paglia dans le magazine <em>Salon</em></a>:</p>
<blockquote><p><em>In her idiosyncratic way, Mrs Palin also represents the fulfilment of the feminist dream. She demonstrates that gender is no longer a barrier to success in one of the most conservative corners of the land, the Alaska Republican Party. She also proves that you can be a career woman without needing to subscribe to any fixed feminist ideology. Camille Paglia hails her as the biggest step forward for feminism since Madonna. (The Economist)</em></p></blockquote>
<p style="text-align:right;"><em>Lauric Henneton</em></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Le pari osé de John McCain]]></title>
<link>http://ospoma.wordpress.com/?p=43</link>
<pubDate>Wed, 03 Sep 2008 18:01:21 +0000</pubDate>
<dc:creator>Lauric Henneton</dc:creator>
<guid>http://ospoma.fr.wordpress.com/2008/09/03/le-pari-ose-de-john-mccain/</guid>
<description><![CDATA[Petite entorse au régime &#8220;English-only&#8221; de l&#8217;OSPOMA, une tribune de votre servite]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>Petite entorse au régime "English-only" de l'OSPOMA, une tribune de votre serviteur dans <em>Le Figaro</em> de ce jour, intitulée "<a href="http://www.lefigaro.fr/debats/2008/09/02/01005-20080902ARTFIG00537-le-pari-ose-du-republicain-john-mccain-.php" target="_blank">Le pari osé du républicain John McCain</a>". Voici le début:</p>
<blockquote><p><em>Le choix de Sarah Palin par John McCain est la preuve, s'il en était besoin, que le mandat éventuel du candidat républicain ne sera en rien le «troisième mandat de Bush», comme l'annonce le camp Obama. Cette continuité était envisageable lors des candidatures de George Bush père en 1988 vice-président de Ronald Reagan pendant huit ans et d'Al Gore, vice-président de Bill Clinton de 1992 à 2000.</em></p>
<p><em>McCain, c'est l'antithèse de Bush, contre qui il brigua l'investiture républicaine en 2000. Et c'est précisément son indépendance et son image de maverick («électron libre»), qui inquiète autant ses adversaires démocrates que le Parti républicain, qu'il s'efforce de représenter. D'où le choix, controversé, critiquable, mais globalement intelligent de Sarah Palin pour équilibrer le «ticket» républicain et lui donner un nouvel élan à un moment crucial de la campagne, les conventions des deux partis, et alors que l'écart dans les sondages n'a jamais été aussi faible.</em></p>
<p><em>Extérieure au sérail washingtonien, elle a été unanimement décrite comme une «bouffée d'air frais» (d'Alaska), et elle confirme l'image d'un McCain farouchement indépendant. </em></p></blockquote>
<p style="text-align:right;"><em>Lauric Henneton</em></p>
<p><a href="http://www.lefigaro.fr/debats/2008/09/02/01005-20080902ARTFIG00537-le-pari-ose-du-republicain-john-mccain-.php" target="_blank">Lire la suite...</a></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Le deuxième effet Palin]]></title>
<link>http://ospoma.wordpress.com/?p=35</link>
<pubDate>Mon, 01 Sep 2008 21:50:34 +0000</pubDate>
<dc:creator>Lauric Henneton</dc:creator>
<guid>http://ospoma.fr.wordpress.com/2008/09/01/le-deuxieme-effet-palin/</guid>
<description><![CDATA[And the winner is &#8230;. Sarah Palin!
Contre toute attente, John McCain a choisi pour colistière ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>And the winner is .... Sarah Palin!</p>
<p>Contre toute attente, John McCain a choisi pour colistière quelqu'un dont le nom avait été évoqué plusieurs fois dans les semaines passées pour être écarté aussitôt ("pas assez d'expérience"). En même temps, quand on veut choisir un(e) jeune (puisqu'on a 72 ans et que la mort guette, à en croire la presse...) extérieur(e) au sérail washingtonien, il est difficile de trouver un(e) expert(e) en ... tout. (Si Palin avait, par je ne sais quel hasard, eu une expérience en matière de politique étrangère, on lui aurait reproché de ne pas en avoir en économie, ou l'inverse).</p>
<p>Bref, un choix qui, a posteriori, n'est pas si surprenant que cela, surtout quand on pense en termes de mobilisation. En dépit du déchainement médiatique, à l'affut du moindre microscandale ou de la moindre microbourde (la macrobourde étant une spécialité de Joe Biden), <a href="http://www.politico.com/news/stories/0808/13016.html" target="_self">Sarah Palin "électrise" la base conservatrice du Parti républicain</a>. Effet escompté, mission accomplie. D'autant que cette mobilisation, qui commence à payer en termes bassement financiers, va se transformer en petites mains qui vont faire du porte à porte, envoyer des tracts, passer des coups de fil. Ce qu'ils n'auraient pas fait pour un ticket McCain-Lieberman (tout de même improbable) ou McCain-Romney.</p>
<p>A surveiller également dans les semaines à venir l'impact local qu'aura Palin dans certains états de l'Ouest, qui sont pour l'instant très partagés. Après tout, c'est une authentique fille de l'Ouest qui partage beaucoup avec les habitants de ces états.</p>
<p>A surveiller enfin, l'impact éventuel (plus difficile) sur les cols bleus, notamment dans la "Rust Belt", qui compte des états-clé, et qui n'ont guère montré d'enthousiasme à l'endroit de Barack Obama lors des primaires démocrate. Ce qui ne veut pas dire, bien entendu, que les "clintoniennes" vont devenir <em>ipso facto</em> d'irréductibles "paliniennes". Cette transformation, dans l'ensemble assez saugrenue, ne devrait se produire qu'à la marge. C'est surtout sur les indécis et les indépendants qu'un impact quelconque pourrait se vérifier. Sans oublier la fameuse base conservatrice, sans laquelle rien n'est possible, et qu'il faut savoir mobiliser pour espérer l'emporter, comme Karl Rove l'a réussi en 2004.</p>
<p>Ensuite il faut voir si Palin serait apte à gouverner, le cas échéant. Mais la question se pose pour l'ensemble des candidats.</p>
<p style="text-align:right;"><em>Lauric Henneton</em></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Varia: Femmes en politique; évangéliques; Swing States]]></title>
<link>http://ospoma.wordpress.com/?p=27</link>
<pubDate>Mon, 25 Aug 2008 20:54:54 +0000</pubDate>
<dc:creator>Lauric Henneton</dc:creator>
<guid>http://ospoma.fr.wordpress.com/2008/08/25/27/</guid>
<description><![CDATA[Alors que le Pew Research Center publie une étude intitulée &#8220;Men or women, who&#8217;s the b]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>Alors que le Pew Research Center publie une étude intitulée <a href="http://pewresearch.org/pubs/932/men-or-women-whos-the-better-leader" target="_blank">"Men or women, who's the better leader? A Paradox in public attitudes"</a>, Liz Halloran, de l'hebdomadaire conservateur US News and World Report, <a href="http://www.usnews.com/articles/news/campaign-2008/2008/08/25/how-much-did-hillary-clintons-historic-run-really-break-the-glass-ceiling.html?PageNr=1" target="_blank">s'interroge sur les conséquences de la candidature d'Hillary Clinton</a> sur l'implication des femmes en politique aux Etats-Unis, en tant que candidates aux fonctions suprêmes, ou tout du moins à des fonctions nationales (Congrès).</p>
<blockquote><p><em>So, what has Clinton meant? Will her groundbreaking campaign translate to anything tangible? Or was she such a unique candidate that her footprint will wash away, and women will continue to search for that right path to the White House, if not to political parity?</em></p></blockquote>
<p>E. J. Dionne Jr., chroniqueur (catholique) du Washington Post, revient sur <a href="http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2008/08/18/AR2008081801850.html">l'évolution des priorités des évangéliques depuis la campagne de 2004</a>, notamment à travers la figure de Rick Warren, l'un des pasteurs les plus célèbres et les plus influents des Etats-Unis.</p>
<p>Enfin, dans le <a href="http://www.boston.com/bostonglobe/editorial_opinion/oped/articles/2008/08/25/painting_the_mountain_states_blue/" target="_blank">Boston Globe</a>, les démographes William Frey and Mark Muro se penchent sur les facteurs démographiques qui pourraient faire basculer certains états (traditionnellement républicains) de l'Ouest (Colorado, Nevada, Nouveau-Mexique et dans une moindre mesure Arizona) dans l'escarcelle démocrate (immigration de démocrates notamment californiens). Cette dynamique, qui a contribué à faire élire un gouverneur démocrate en Virginie en 2005, pourrait faire basculer certains "swing states" et par conséquent l'élection du côté des démocrates.</p>
<p>Cependant, alors que la Convention du parti Démocrate s'ouvre à Denver, l'avance d'Obama sur McCain est négligeable, et deux sondages donnent même le candidat républicain en tête, ce qui permet de s'interroger sur la réalité du pouvoir d'attraction de Barack Obama.</p>
<p style="text-align:right;"><em>Lauric Henneton</em></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Bible contre Tradition, l'erreur des chrétiens évangéliques]]></title>
<link>http://apologie.wordpress.com/?p=363</link>
<pubDate>Mon, 25 Aug 2008 12:26:16 +0000</pubDate>
<dc:creator>fdo</dc:creator>
<guid>http://apologie.fr.wordpress.com/2008/08/25/sola-scriptura-bible-contre-traditions-erreur-des-chetiens-evangeliques/</guid>
<description><![CDATA[La Bible n&#39;est pas tombée du ciel, elle ne s&#39;est pas faite toute seule ni spontanément, el]]></description>
<content:encoded><![CDATA[[caption id="attachment_394" align="alignright" width="180" caption="La Bible n&#39;est pas tombée du ciel, elle ne s&#39;est pas faite toute seule ni spontanément, elle a une histoire"]<a href="http://signofjonah.files.wordpress.com/2007/05/open_bible.jpg?w=359&#38;h=268"><img class="size-medium wp-image-394" src="http://apologie.wordpress.com/files/2008/08/open_bible.jpg?w=300" alt="L'écriture seule" width="180" height="137" /></a>[/caption]
<p style="text-align:justify;">Dans leurs prêches comme sur leurs blogs (1), de nombreux <strong>chrétiens </strong>des églises <strong>évangéliques </strong>accusent les <strong>catholiques </strong>d'avoir perverti le message de Jésus, d'avoir déformé l'enseignement des apôtres, de s'être perdus dans des dogmes et des croyances incompatibles avec la révélation divine. L'Église catholique se serait, au fil des siècles, éloignée de la vérité contenue dans la <strong>Bible </strong>qui <em>seule suffit</em>. La Tradition à laquelle se réfère les catholiques serait non seulement inutile mais surtout nuisible pour qui veut vivre en chrétien véritable. Les protestants évangéliques ont-ils raison ? Les saintes Écritures suffisent-elles pour être chrétien ? La Tradition est-elle incompatible avec l'enseignement de la Bible ? Les catholiques sont-ils des faux chrétiens, des chrétiens trompés et trompeurs ?</p>
<p><span style="color:#000080;"><strong>I.  La Bible aussi importante pour les catholiques que pour les protestants</strong></span></p>
<p style="text-align:justify;">La Bible est bien le <strong>fondement de l'enseignement de la foi</strong> des catholiques qui ne lisent pas moins et ne vénèrent pas moins que les protestants la Parole de Dieu.</p>
<p style="text-align:justify;">Le <strong>Magistère </strong>de l'Église catholique s'appuie toujours sur la Bible, qui est citée abondamment, pour formuler la foi catholique. Les Pères de l'Église et les saints - auxquels l'Église catholique se réfère - se sont imprégnés de la Bible qu'ils connaissaient bien.</p>
<p style="text-align:justify;">L'Église <strong>célèbre la Parole de Dieu dans sa liturgie</strong>. A la messe, bien sûr, ont lus 2 à 3 textes de la Bible, dont un passage de l'évangile qui est commenté dans une homélie, et où l'on chante un psaume. La Parole de Dieu est honorée par une procession, parfois avec flambeaux qui manifestent qu'elle est notre lumière, parfois avec de l'encens qui témoigne du caractère sacré de cette Parole de Dieu, que le prêtre embrasse en signe d'amour. Mais aussi dans les laudes, la <em>lectio divina</em>, les vêpres... que l'Église prie chaque jour.</p>
<p style="text-align:justify;">Les <strong>prêtres </strong>catholiques <strong>connaissent aussi bien </strong>la Bible que les <strong>pasteurs </strong>évangéliques même s'ils la citent moins dans leurs sermons. Mais cela s'explique par le fait que l'homélie du prêtre porte sur les textes qui ont été lus ou sur la fête du jour, alors que les prêches des pasteurs évangéliques sont beaucoup plus long et remplacent la proclamation des textes eux-mêmes. Les laïcs catholiques sont invités à lire les écritures car, comme le disait <span style="color:#0000ff;">saint Jérôme</span>, <em>« ignorer les écritures c'est ignorer le Christ »</em>.</p>
<p>La Bible est donc <strong>primordiale </strong>pour les catholiques au moins autant que pour les protestants.</p>
<p><span style="color:#000080;"><strong>II.  La Bible est un élément de la Tradition</strong></span></p>
<ul>
<li><em><strong>La </strong><strong>Bible n'est pas un Livre tombé du ciel</strong></em></li>
</ul>
<p style="text-align:justify;">La Bible n'est <strong>pas le Coran</strong> : elle n'est pas apparue aux apôtres pour qu'ils la recopient telle quelle ! Elle n'a pas été révélée mot à mot. La Bible est <em>inspirée </em>par Dieu, <em>pas dictée</em> par un ange. La Parole de Dieu a été rédigée par plusieurs auteurs qui ont repris les <em>traditions orales</em> des différentes églises fondées par les apôtres. <span style="color:#0000ff;">Luc </span>explique qu'il a écrit son évangile</p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;">d'après ce que nous ont transmis ceux qui furent dès le début témoins oculaires et serviteurs de la Parole (...) après m'être informé de tout depuis les origines (Lc 1,2).</p>
</blockquote>
<p style="text-align:justify;">Il n'était pas lui-même un apôtre de Jésus, pas plus que <span style="color:#0000ff;">Marc </span>d'ailleurs, qui a lui aussi rédigé un évangile. Ces deux évangélistes ont interrogé des témoins sûrs, repris ce qui était transmis oralement depuis des années, des décennies, dans les communautés chrétiennes. Il n'a pas eu une apparition soudaine lui disant quoi écrire. Il s'est fié aux enseignements qui se répétaient parmi les disciples du Christ. La nécessité d'écrire une vie de Jésus ne s'est pas imposée tout de suite. <span style="color:#0000ff;">Jésus-Christ</span> leur avait dit <em>« <span style="color:#333333;"><strong>proclamez l'évangile</strong> </span>»</em> (Mc 16, 15) et non <em>« écrivez l'évangile »</em>. La bonne nouvelle était pour tous et pas seulement pour les lettrés. Ce n'est qu'avec la disparition progressive des apôtres que les communautés ont pris conscience de l'importance de fixer par écrit les faits et paroles de la vie de Jésus qui se rapportaient dans les différentes communautés. Et ce qui a été écrit n'est qu'un résumé de ce qui a été vécu et proclamé. <span style="color:#0000ff;">Jean </span>le souligne à la fin de son évangile :</p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;">« il y a encore bien d'autres choses qu'a faites Jésus. Si on les mettait par écrit une par une, je pense que le monde lui-même ne suffirait pas à contenir les livres qu'on en écrirait » (Jn 21, 25).</p>
</blockquote>
<p style="text-align:justify;">Même si la finale est une hyperbole, elle indique bien que l'évangéliste n'a pas eu le soucis d'être exhaustif. Il a écrit <em>« pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu'en croyant vous ayez la vie en son nom »</em> (Jn 20, 30)</p>
<p style="text-align:justify;">Les apôtres ont eu des collaborateurs, des disciples proches, à qui ils ont pu parler des événements qu'ils ont vécu, qui ont partagé leur mission, qui ont entendu leur prédication durant des années. Ces collaborateurs ont prêchés l'évangile aux communautés où ils étaient envoyés par les apôtres.  Ils ont participé à l'organisation des églises locales fondées et encadrées par les apôtres. Ils ont pris en charge la tête de ces églises et transmis ce qu'ils avaient reçus, selon la recommandation de <span style="color:#0000ff;">Paul </span>:</p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;">« Ce que tu as appris de moi sur l'attestation de nombreux témoins, confie-le à des hommes sûrs, capables à leur tour d'en instruire d'autres. » (2 Tm 2, 2)</p>
</blockquote>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#333333;"><strong>Le Saint-Esprit n'a pas quitté le monde à la disparition des apôtres</strong></span>, il a continué son œuvre après eux et aujourd'hui encore il guide l'Église. La Bible est un don que les apôtres et leurs collaborateurs ont transmis aux générations suivantes.</p>
<p style="text-align:justify;">Des évangiles et des épîtres très nombreux ont vu le jour et il a fallu les <em>sélectionner</em>, écarter ceux qui n'étaient pas conformes à la foi, <em>authentifier </em>ceux qui étaient inspirés. La Bible telle que nous la connaissons aujourd'hui n'était pas connue des premiers chrétiens. Il a fallu attendre le IVe siècle pour que la liste des livres de la Bible soit définitivement adoptée. Il a fallu <span style="color:#333333;"><strong>4 siècles</strong> <strong>pour élaborer </strong></span>ce qui est <span style="color:#333333;"><strong>notre Bible</strong></span>, même si les livres existaient déjà bien avant. Cette sélection des livres bibliques s'est donc faite progressivement et sans consensus spontané, hormis pour les évangiles dont <span style="color:#0000ff;">Irénée de Lyon</span> affirme vers 180 qu' <em>« il ne peut y avoir ni un plus grand ni un plus petit nombre d'évangiles »</em>. Ce n'est qu'à la fin du IVe siècle<strong> </strong>que le nombre des livres qui forment la Bible est définitivement tranché. Le <em>canon des écritures</em> est fixé de la même manière en Occident et en Orient. <span style="color:#0000ff;">Saint Athanase</span>, l'évêque d'Alexandrie, est le premier, en 367, à avoir établit publiquement cette <span style="color:#333333;"><strong>liste  de 27 livres du Nouveau Testament</strong></span> pour les communautés placés sous son autorité. Puis les conciles valideront cette même liste que l'on trouve aussi chez Origène. La Bible que nous utilisons aujourd'hui n'a pas été constituée d'emblée par les apôtres. Elle s'est formée progressivement selon un <span style="color:#333333;"><strong>processus de sélection et de validation</strong></span> qui a été <span style="color:#333333;"><strong>long </strong></span>et qui a fait l'objet de <span style="color:#333333;"><strong>débats </strong></span>à l'intérieur de l'Église. Au final, la Bible que nous citons actuellement nous a été <span style="color:#333333;"><strong>donnée par l'Église</strong></span> elle-même <span style="color:#333333;"><strong>qui en a</strong> <strong>défini les contours</strong></span>. Comme l'exprime bien le jésuite <span style="color:#0000ff;">Bernard Sesboüé</span> <em>« la Bible ne donne pas sa propre table des matières »</em> (<a href="http://www.cairn.info/revue-recherches-de-science-religieuse-2004-1-page-13.htm">article ici</a>). C'est l'Église institutionnelle qui a attesté l'inspiration des livres de la Bible, car, quel qu'il soit, <em>« un livre ne s'inspire pas tout seul »</em> ajoute-t-il. Ceux qui nous ont donné la Bible sont aussi ceux qui nous ont donnés les sacrements du baptême, de l'eucharistie, de l'ordre tels que nous les connaissons encore. Si donc on reçoit de l'Église la Bible, il faut accepter aussi les autres choses qu'ils nous ont transmis.</p>
<p style="text-align:justify;">La Bible n'est pas autre chose qu'un élément de cette Tradition. La Bible est la Tradition, mais elle n'est pas toute la Tradition. Elle en est un élément fondamental. La Bible n'est pas une création indépendante et autonome. Elle s'inscrit dans la Tradition puisqu'elle nous est transmise de générations en générations par l'Église.</p>
<ul>
<li><strong><em>Les protestants ont leur tradition</em></strong></li>
</ul>
[caption id="attachment_385" align="alignleft" width="120" caption="Martin Luther (1483-1546) a rejeté  l&#39;épître de Jacques (une &#34;épître de paille&#34; sans &#34;contenu évangélique&#34;), celle de Jude et l&#39;Apocalypse, qu&#39;il fit publier en annexe de la Bible."]<a href="http://apologie.wordpress.com/files/2008/08/luther_lucas.jpg"><img class="size-full wp-image-385" title="luther_lucas" src="http://apologie.wordpress.com/files/2008/08/luther_lucas.jpg" alt="" width="120" height="176" /></a>[/caption]
<p style="text-align:justify;">Les <span style="color:#333333;"><strong>protestants </strong></span>utilisent une Bible qui est celle formée par leur père <span style="color:#0000ff;">Martin Luther.</span> Ils se conforment à la tradition protestante en accueillant comme véritable le recueil de textes sélectionné par Luther. Car Luther a éliminé du canon biblique plusieurs livres de l'Ancien Testament, ceux que les catholiques appellent "<em>deutérocanoniques</em>" c'est-à-dire du 2e canon, alors que lui les appelle "<em>apocryphes</em>" c'est-à-dire dont l'autorité n'est pas établie. Il a décidé d'aller contre la Tradition et de définir lui-même les livres inspirés. De sa propre autorité, il a rejeté des livres acceptés par les premiers chrétiens qui avaient repris la version grecque des écritures juives - la Septante. Luther s'est référé au <em>canon juif </em>décidé à la fin du Ier siècle, alors que les chrétiens avaient eux pris comme référence la bible juive de la diaspora. Luther fonde sur sa propre autorité une nouvelle tradition sur laquelle s'appuient les églises protestantes, y compris évangéliques. Luther commet là une erreur théologique et historique. Il décide lui-même de ce qui est biblique  ! Est-ce donc la Bible qui s'impose avec autorité ou Luther qui par son autorité impose cette nouvelle bible ?</p>
<p style="text-align:justify;"><strong><span style="color:#000080;">III.  L'écriture suffit-elle ?<br />
</span></strong>
</p>
<p style="text-align:justify;">L'Église qui nous donne la Bible nous en donne aussi la bonne lecture, la juste interprétation de ses textes.</p>
<ul>
<li><em><strong>La question de l'eucharistie : comment comprendre l'évangile sans la Tradition ?<br />
</strong></em></li>
</ul>
<p style="text-align:justify;">Les catholiques affirment que le pain consacré lors de l'eucharistie est vraiment le Corps de Jésus et le pain consacré devient, par l'action de l'Esprit-Saint, le véritable sang du Christ. Cette foi en la présence de Jésus dans le pain et le vin est contestée par les protestants notamment les évangéliques. Ils affirment qu'il n'y a rien dans les Écritures qui justifie une telle croyance. Rejetant la Tradition, ils ne comprennent plus le sens de certains passages bibliques dont ils minimisent l'importance et le sens. Comment interprètent-ils, par exemple, ces versets de <span style="color:#0000ff;">saint Jean</span> :</p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;">Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : « si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie. » Les Juifs discutaient entre eux : « Comment cet homme-là peut-il nous donner sa chair à manger ? » Jésus leur dit alors : « Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’aurez pas la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi je demeure en lui. De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même aussi celui qui me mangera vivra par moi. Tel est le pain qui descend du ciel : il n’est pas comme celui que vos pères ont mangé. Eux, ils sont morts ; celui qui mange ce pain vivra éternellement. (Jn 6, 51-58)</p>
</blockquote>
<p style="text-align:justify;">Jésus dit clairement qu'il est le pain que l'on mange. Il ne cherche pas à rassurer ceux qui se scandalisent de ses propos, qui en soulignent l'absurdité apparente. Quand Jésus parle d'une réalité en lui donnant un autre sens que le sens littéral, l'évangile indique toujours le sens véritable que Jésus donne à ses paroles. Ainsi, quand il dit <em>« détruisez ce Temple, et en trois jours je le relèverai »</em> (Jn 2, 19), l'évangile précise immédiatement le sens caché de ces mots : <em>« le temple dont il parlait était son corps »</em> (Jn 2, 21).  Or ici il n'y a aucune précision qui indiquerait que le sens véritable ne soit pas le sens littéral de ses propos. Il faut donc prendre la Bible au sérieux. Or les protestants qui se targuent d'être fidèles aux Écritures, de connaitre la Bible et de reconnaître l'autorité de la Parole de Dieu, là se mettent à douter, à la relativiser, à l'interpréter avec une prudence digne des plus grands athées. Finalement, c'est bien l'Église catholique qui prend le plus au sérieux l'autorité de la Bible. De fait, les protestants n'affirment que leur propre autorité supérieure à la Bible : c'est leur interprétation de la Bible qui fait autorité, non la Bible elle-même.</p>
<p style="text-align:justify;">Les premiers chrétiens ont pourtant affirmé très tôt que le pain et le vin consacrés étaient le corps et le sang du Christ. Ainsi, dans sa première <em>Apologie </em>adressée à Antonin-le-Pieux, au milieu du IIe siècle, <span style="color:#0000ff;">Justin de Naplouse</span> écrit :</p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;">« l'aliment consacré par la prière formée des paroles du Christ, cet aliment qui doit nourrir par assimilation notre sans et nos chairs, est la chair et le sang de Jésus incarné : telle est notre doctrine » (n.66).</p>
</blockquote>
<p style="text-align:justify;">Les premiers chrétiens ont tous crus aux paroles de Jésus lors de la Cène : le pain est vraiment son corps, le vin vraiment son sang. Et ils sont restés fidèles à son ordre : <em>« faites ceci en mémoire de moi »</em> (Lc 22, 19).</p>
<ul>
<li><em><strong>La question de Marie : l'évangile ne raconte-t-il que des histoires ?<br />
</strong></em></li>
</ul>
<p style="text-align:justify;">Les protestants semblent penser que la Bible nous raconte des histoires, des récits passés qui ne sont anecdotiques, sans intérêts pour nous. Les auteurs des évangiles nous raconteraient donc des faits insignifiants. Les saintes écritures contiendraient des passages inutiles pour nos vies. Il en serait ainsi de ces versets qui rapportent une discussion alors que Jésus est sur la croix :</p>
<blockquote><p><em>Jésus, voyant sa mère, et auprès d'elle le disciple qu'il aimait, dit à sa mère : <span style="color:#000000;">Femme, voilà ton fils. </span>Puis il dit au disciple : <span style="color:#000000;">Voilà ta mère.</span> Et, dès ce moment, le disciple la prit chez lui.</em> (Jn 19, 27-28)</p></blockquote>
[caption id="attachment_621" align="alignright" width="235" caption="Marie a été appelée &#34;Mère de Dieu&#34; (Theotokos) lors du Concile d&#39;Ephèse en 431qui voulait signifier ainsi que Jésus était vraiment Dieu et vraiment homme, alors que tant d&#39;hérésies pullulaient à son sujet, les uns disant qu&#39;il était un Dieu déguisé en homme (les docètes), qu&#39;il n&#39;était qu&#39;un homme (ébionisme), qu&#39;il y avait en lui la coexistence d&#39;un Dieu et d&#39;un homme (nestorianisme), qu&#39;il n&#39;était pas vraiment Dieu (arianisme)... L&#39;affirmation mariale vise donc à dire que Dieu s&#39;est fait homme, qu&#39;il est né d&#39;une femme, qu&#39;il est donc Dieu et homme : la femme qui l&#39;a mis au monde est donc mère de l&#39;homme Jésus et de Dieu puisqu&#39;il n&#39;y a qu&#39;une seule personne en Jésus-Christ."]<a href="http://apologie.files.wordpress.com/2008/10/pieta.jpg"><img class="size-medium wp-image-621" title="Pieta de Michel Ange" src="http://apologie.wordpress.com/files/2008/10/pieta.jpg?w=235" alt="" width="235" height="300" /></a>[/caption]
<p style="text-align:justify;">Pour les catholiques, la Bible n'est pas un ensemble de récits historiques ou hagiographiques. C'est une Parole vivante qui s'adresse au lecteur. Quand Jésus s'adresse aux apôtres ou aux disciples dans les évangiles, ne s'adresse pas qu'à eux seuls, il nous parle à nous également. Quand il leur donne un commandement ou qu'il les enseigne sur quelque chose, c'est à nous aussi qu'il donne ce commandement ou cet enseignement. Il n'y a donc aucune raison de croire que les versets cités plus haut échappent à cette logique. Quand Jésus s'adresse donc à Jean, il ne parle pas seulement à l'homme mais à tous les hommes. Nous sommes tous ce Jean au pied de la croix à qui Jésus nous donne Marie comme mère, il fait de nous ses fils. Être disciple de Jésus c'est faire sa volonté, donc prendre Marie chez soi, dans son coeur et dans sa vie.  Ce passage de l'évangile n'est pas juste une anecdote historique. L'évangéliste n'a pas écrit cela pour rien, en passant. Il faut donc prendre ces versets au sérieux.</p>
<p style="text-align:justify;">Avec Marie, comme modèle de foi, les catholiques chantent le <em>Magnificat </em>(Lc 1, 46-56) qu'elle a exprimé lors de la visite à sa cousine Élisabeth alors qu'elle était enceinte. Elle est un modèle de vertu, d'humilité et de patience, de prière, elle qui <em>«  gardait tous ces souvenirs en son coeur</em><em> » </em>(Lc 2, 19). Elle a été fidèle à l'enseignement de son fils, elle l'a écouté et l'a gardé (Lc 11, 28).</p>
<p style="text-align:justify;">L'Église l'a prie pour qu'elle intercède auprès de Dieu pour le monde. Comme a Cana, elle continue à demander à son Fils qui est Dieu d'agir pour le bien des hommes. Et son Fils agrée ses prières comme il l'a fait à Cana. Elle nous aide donc, prie pour nous, avec nous. Elle nous apprend à prier comme il convient.</p>
<ul>
<li><em><strong>Des dogmes reconnus par les protestants</strong></em></li>
</ul>
<p style="text-align:justify;"><em><strong></strong></em>Les chrétiens évangéliques reconnaissent le <strong>dogme </strong>de la <strong>Trinité </strong>: Dieu est un en trois personnes. L'expression ne se trouve pas dans la Bible mais elle a été très tôt employé par les premiers chrétiens et que <span style="color:#0000ff;">Théophile d'Antioche</span> - premier évêque de la ville -, <span style="color:#0000ff;">Hippolyte de Rome</span>, <span style="color:#0000ff;">Tertullien </span>puis <span style="color:#0000ff;">saint Augustin </span>ont expliqué.</p>
<p style="text-align:justify;">
<p style="text-align:justify;"><strong></strong> Prendre la Bible sans l'Église est un <em>bricolage </em><em>religieux</em><strong> </strong>qui n'aboutit qu'à <em>adapter </em>le message évangélique à ses besoins, à la réduire à sa mesure. C'est <em>instrumentaliser </em>la Parole<strong> </strong>de Dieu pour l'accommoder à ses opinions et croyances. L'écriture seule c'est donc moi et la Bible, sans autre référent. Il y a donc autant de lectures de la Bible qu'il y a de lecteurs. D'où la multiplication des églises protestantes qui, toutes, affirment avoir mieux compris que les autres le message de Jésus-Christ. D'où l'affirmation de l'<strong>autonomie </strong>des églises évangéliques locales où chaque pasteur détient la liberté de donner son interprétation de l'écriture et où il bénéficie seul de toute l'autorité des écritures. Or, jamais les églises locales n'ont eu une telle liberté puisque les apôtres veillaient sur elles et les suivaient. Leurs successeurs, les évêques, sont pareillement intervenus dans la vie des communautés locales pour s'assurer de leur <em>fidélité </em>à la foi de l'Église.</p>
<p style="text-align:justify;">La <em>sola scriptura</em> est l'affirmation d'un <em>individualisme </em>religieux qui n'est pas celui des premiers chrétiens. C'est le symptôme d'un refus de l'autorité dont Luther a témoigné et que ses fils spirituels perpétuent.</p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#000080;"><strong>Conclusion</strong></span></p>
<p style="text-align:justify;">La Bible nous a été donnée par une Église constituée qui l'a validée et lui a donné autorité. Cette même Église avait validée au même moment son organisation, ses ministères, sa liturgie. Il faut donc tout prendre : la Bible et les autres éléments de la Tradition. Prendre la Bible au sérieux suppose que l'on prenne aussi l'Église au sérieux. <strong>Reconnaître l'autorité de la Parole de Dieu nécessite aussi de reconnaître celle de l'Église</strong>. La Tradition ne s'oppose jamais à la Bible. Il n'y a <strong>pas de contradiction </strong>entre les deux. La doctrine et les pratiques de l'Église catholiques sont toujours justifiées par la Parole de Dieu, même s'ils ne s'y limitent pas. C'est l'Église qui nous donne la <strong>juste lecture de la Bible</strong>. La rejeter c'est se condamner à mal interpréter l'écriture, à n'y lire que ce que l'on veut y lire, à en réduire sa portée. Ce n'est plus l'accueillir, mais la manipuler.</p>
<p style="text-align:justify;">(1) Voir "Un poisson dans le net", "Réflexions chaunypsiennes", "Blogdei"...</p>
<p style="text-align:justify;"><span style="text-decoration:underline;">Sur le même sujet</span> : "<a href="http://apologie.wordpress.com/2008/09/02/salut-par-la-foi-ou-par-les-oeuvres-le-faux-dilemme-protestant/">Le salut par la foi ou par les oeuvres, le faux dilemme protestant</a>"</p>
<p style="text-align:justify;">
<p style="text-align:justify;">
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Les évangéliques: enjeu majeur]]></title>
<link>http://ospoma.wordpress.com/?p=10</link>
<pubDate>Mon, 14 Jul 2008 20:25:20 +0000</pubDate>
<dc:creator>Lauric Henneton</dc:creator>
<guid>http://ospoma.fr.wordpress.com/2008/07/14/les-evangeliques-enjeu-majeur/</guid>
<description><![CDATA[Qu&#8217;est-ce qu&#8217;un évangélique, d&#8217;abord? On en entend beaucoup parler donc on a l]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>Qu'est-ce qu'un évangélique, d'abord? On en entend beaucoup parler donc on a l'impression de savoir ce dont il s'agit.</p>
<p>Dans un article du <em><a title="What's the Meaning of Evangelical?" href="http://blogs.wsj.com/politicalperceptions/2008/07/08/whats-the-meaning-of-evangelical/" target="_blank">Wall Street Journal</a></em>, Steven Waldman propose plusieurs définitions, dont la plus ramassée serait qu'il s'agit de:</p>
<blockquote><p><em>someone who “wants people to have a personal relationship with Christ”; views the “Bible as the Supreme authority”; believes Christ died for our sins (“crucicentric theology”); and is “activist,” meaning committed to serving Christ in the world at large.</em></p></blockquote>
<p>Le <a title="The Minister who leads the Democrats to Faith" href="http://www.csmonitor.com/2008/0709/p02s01-uspo.html" target="_blank">Christian Science Monitor</a> se penche sur un personnage crucial au sein du parti démocrate, Leah Daughtry, assistante parlementaire devenue n°2 du parti, "patronne" de la Convention de Denver à la fin de l'été, et ... pasteur(e) pentecôtiste.</p>
<p>Les évangéliques sont perçus comme des "fous de Dieu", en France, réactionnaires et donc bushistes au dernier degré, alors que depuis 2004, les Démocrates se sont attelés à les attirer à eux, notamment à travers la rhétorique de Barack Obama. Contrairement à une idée reçue, les évangéliques ne sont pas un électorat monolithique. La capacité de Bush (et ses stratèges de campagne) à les attirer à lui fut une des clés du précédent scrutin (mais pas la seule). L'enjeu cette année est de voir comment cet électorat se répartira entre un républicain peu volubile sur sa foi mais conservateur (sur l'avortement, par exemple) et un brillant orateur qui sait parler de sa foi, mais dont les positions progressistes (sur l'avortement, toujours) peuvent empêcher certains évangéliques de voter pour lui.</p>
<p>La semaine dernière, les deux adversaires affichaient un même soutien envers les "faith-based initiatives" (pourtant si intimement associées au président sortant), preuve que de leur point de vue au moins tout n'est pas à jeter dans l'héritage de Bush.</p>
<p style="text-align:right;"><em>Lauric Henneton</em></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Dieu domine le débat présidentiel américain]]></title>
<link>http://nikourem.wordpress.com/2007/12/26/dieu-domine-le-debat-presidentiel-americain/</link>
<pubDate>Wed, 26 Dec 2007 15:01:29 +0000</pubDate>
<dc:creator>nikourem</dc:creator>
<guid>http://nikourem.fr.wordpress.com/2007/12/26/dieu-domine-le-debat-presidentiel-americain/</guid>
<description><![CDATA[La religion a rarement été aussi présente dans une campagne électorale aux Etats-Unis, où les d]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>La religion a rarement été aussi présente dans une campagne électorale aux Etats-Unis, où les discussions de théologie ont pris le pas sur les orientations économiques.Au cœur du débat entre les candidats républicains figure non pas le retrait d'Irak, mais la querelle entre mormons et évangéliques sur la réincarnation de Jésus-Christ. Tous sont persuadés qu'elle aura lieu, mais où ? Dans le Missouri, comme le croient les mormons ? Ou sur le mont des Oliviers, à Jérusalem, comme l'assurent les évangéliques ?</p>
<p>Les démocrates sont moins versés sur le dogme mais se montrent assidûment à l'église. La démocrate Hillary Clinton a assisté à l'office baptiste, dimanche 23 décembre, à Waterloo, dans l'Iowa. Une semaine plus tôt, son rival Barack Obama avait emmené un groupe de journalistes à la First Congregational United Church of Christ pour souligner qu'il est chrétien, même si une partie de sa famille paternelle, au Kenya, ne l'est pas.Le chroniqueur du <i>Washington Post</i> Charles Krauthammer, pourtant un partisan du président George Bush, a déclaré souffrir d'une <i>"surdose de piété publique"</i>. Dans les débats républicains, les candidats ont dû répondre à des questions qui auraient été considérées ailleurs comme relevant de la sphère privée.</p>
<p><i>"Dieu a-t-il créé le monde en six jours, il y a 6 000 ans ? – Je n'en sais rien, je n'y étais pas</i>, a répondu Mike Huckabee,<i> le pasteur baptiste, en tête dans le Sud. Mais il l'a fait, et c'est cela qui compte."<br />
</i></p>
<p><b>"LA LIBERTÉ A BESOIN DE RELIGION"</b></p>
<p><b> </b> Le 29 novembre, un habitant du Texas a demandé aux candidats s'ils croyaient tout ce qui est écrit dans la Bible. <i>"La réponse que vous fournirez nous enseignera tout ce que nous avons besoin de savoir à votre sujet"</i>, a-t-il ajouté. <i>"Bien sûr</i>, a répondu Mitt Romney,<i> le candidat mormon :  c'est le livre de Dieu."</i>  Rudolph Giuliani, l'ancien maire de New York, catholique peu pratiquant, a fait de son mieux. <i>"C'est le plus grand livre jamais écrit</i>, a-t-il dit. <i>Mais je ne prends pas tout au pied de la lettre ; par exemple, Jonas dans le ventre de la baleine, etc. Il me semble qu'il y a là-dedans des allégories."</i> Comme le souligne Charles Krauthammer :  <i>"Pas un candidat n'a osé répondre  :   Cela ne vous regarde pas ."</i><br />
Les Etats-Unis sont-ils encore plus religieux au sortir des années Bush ? Il faut se garder de conclusions hâtives. Le phénomène de surenchère est propre aux élections <i>"primaires"</i>. Dans chaque camp, c'est la base radicale qui est la plus mobilisée et qui se déplace pour voter. Les candidats sont obligés de séduire les extrêmes s'ils veulent emporter l'investiture du parti. Chez les républicains, la base religieuse donne le ton.</p>
<p>Cette année, la présence d'un pasteur – l'ancien gouverneur de l'Arkansas Mike Huckabee – et d'un mormon a donné un tour encore plus marqué aux questions religieuses. Mitt Romney a été contraint de s'expliquer sur son Eglise. Il a beau se prévaloir d'un parcours sans faute d'homme d'affaires, de gouverneur et de responsable des Jeux olympiques de Salt Lake City, la campagne l'a ramené à la dimension mormone. Le 30 novembre, il a dû livrer un discours entièrement consacré à la question religieuse. Il a rappelé que les <i>"Pères fondateurs"</i> avaient inscrit la liberté de religion dans la Constitution. Mais il a procédé à un ajout qui n'est pas passé inaperçu, notamment chez les athées, un groupe qui commence à se faire entendre dans la société. Tout comme la religion a besoin de liberté, a-t-il dit, <i>"la liberté a besoin de religion"</i>.</p>
<p>Mike Huckabee a su, de son côté, exploiter la suspicion qu'inspirent les mormons aux évangéliques. L'homme a l'air patelin, mais il sait décocher ses flèches. En toute innocence, il a posé la question à un journaliste : <i>"N'est-il pas vrai que les mormons croient que Jésus et le Diable sont frères ?"</i> Il a dû s'excuser, mais la question était lancée. A une semaine du début du scrutin dans l'Iowa, M.Huckabee est en train de rafler le vote évangélique. Dans son message vidéo de Noël, il enfourche le thème préféré des conservateurs à cette époque de l'année : la défense de Noël face aux non-chrétiens qui tentent d'en retirer le sens religieux en disant plutôt <i>"Joyeuses fêtes !"</i>. Bien qu'il s'agisse d'un clip de campagne électorale, il apparaît en pull-over rouge devant une étagère en forme de croix pour rappeler que Noël commémore la naissance du Christ.</p>
<p>Les républicains se disputent l'héritage laissé par George Bush et son conseiller politique Karl Rove : le vote évangélique, ce sésame censé avoir ouvert à M. Bush la porte de la réélection grâce à la force de mobilisation des réseaux chrétiens conservateurs. A 78 %, les Blancs évangéliques ont voté pour le tandem Bush-Cheney en 2004.<br />
<b>LE BLOC DE LA DROITE CHRÉTIENNE S'EST EFFRITÉ</b></p>
<p>Mais les évangéliques ne sont plus un bloc monolithique. Les enquêtes d'opinion montrent une certaine désaffection pour le Parti républicain. Le processus de distanciation a commencé depuis plusieurs années sur les questions d'environnement lorsqu'un débat est apparu entre les évangéliques, qui estiment que la sauvegarde de la planète est une priorité, et ceux qui veulent centrer leur message sur la défense de la <i>"civilisation"</i> et de la <i>"vie"</i>, c'est-à-dire les thèmes du mariage, de l'avortement, les cellules souches…<br />
Cette prise de distance est particulièrement visible chez les jeunes. Parmi les évangéliques de moins de 30 ans, 55 % se considéraient comme républicains en 2004. Aujourd'hui, ils ne sont plus que 37 %. Ces conservateurs ont élargi leurs sujets de préoccupation aux questions sociales comme la pauvreté et l'exclusion. Ils n'excluent pas les coalitions, à l'image du pasteur Rick Warren, qui a reçu des démocrates, dont Barack Obama, pour une campagne contre le sida, dans sa <i>"méga-church"</i> de Californie.</p>
<p>Les évangéliques ont été au sommet de leur influence politique au début des années 1980 avec la montée de la <i>"majorité morale"</i> du télévangéliste Jerry Falwell, puis avec George Bush, mais le paysage a évolué. Comme l'a expliqué le magazine <i>Time</i>, le <i>"champ de prière s'est nivelé"</i>. Le bloc de la droite chrétienne s'est effrité, au risque de perdre son statut de <i>"faiseur de roi"</i>. Cette année, les ténors se sont déchirés, faute de trouver un candidat à leur goût. Le fondateur de la Coalition chrétienne, Pat Robertson, a appelé à voter pour Rudolph Giuliani, un hérétique aux yeux des fondamentalistes, alors que Mitt Romney a reçu le soutien de Bob Jones, fondateur de l'université évangélique de Caroline du Sud. Jerry Falwell est mort au printemps. A Colorado Springs, la <i>"Mecque des évangéliques"</i>, la communauté a été ébranlée par le départ forcé du pasteur Ted Haggard après un scandale sexuel et, début décembre, par une fusillade qui a fait trois morts à la New Life Church.</p>
<p>Dans la société, le phénomène religieux apparaît aussi en recul. Selon une enquête du Pew Research Center publiée en mars, 45 % des Américains affirment que la prière est un moment important de leur vie quotidienne : soit 10 % de moins qu'il y a sept ans. En 2003 et 2007, le nombre de ceux qui disent ne jamais douter de l'existence de Dieu a diminué de 8 points (il reste à 61 %). Les analystes du Pew Center relèvent que la tendance à l'augmentation de la pratique religieuse, constatée dans les années 1990, s'est inversée. La proportion d'Américains agnostiques reste infinitésimale (12 %) mais elle est en augmentation chez les jeunes : près de 20% d'entre eux se déclarent sans affiliation religieuse ou athées.</p>
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</item>
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<title><![CDATA[Les évangéliques]]></title>
<link>http://stepbystepministries.wordpress.com/2007/11/28/les-evangeliques/</link>
<pubDate>Wed, 28 Nov 2007 10:17:34 +0000</pubDate>
<dc:creator>stepbystepministries</dc:creator>
<guid>http://stepbystepministries.fr.wordpress.com/2007/11/28/les-evangeliques/</guid>
<description><![CDATA[Qui sont les évangéliques ?
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             ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<h1 align="center"><span style="font-size:15pt;">Qui sont les évangéliques ?<br />
<font size="2">d'après les textes de </font><a href="http://www.protestanet.be/" target="_blank"><font size="2">http://www.protestanet.be</font></a> </span></h1>
<p class="MsoNormal" style="margin:0 12pt;"><span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin:0 12pt;"><span>                                                  </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin:0 12pt;" align="center"><a href="http://www.time.com/time/time100/heroes/profile/graham01.html" target="_blank"><img src="http://i.timeinc.net/time/time100/images/main_graham.jpg" border="0" /></a></p>
<p class="MsoNormal" style="margin:0 12pt;" align="center"><span><font face="Verdana" size="2">Billy Graham - (c) GJON MILI/TIME LIFE PICTURES</font></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin:0 12pt;"><span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin:0 12pt;"><span>Extrait du livre de Alfred KUEN - Éditions Emmaüs 1998</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin:0 12pt;"><span style="font-size:9.5pt;">(publié le 4 juillet 2005).</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin:0 12pt 12pt;"><span><br />
</span><strong><span style="font-size:12.5pt;"><font size="2">Que signifie le mot “évangélique” ? Si l’un de nos compatriotes consulte son dictionnaire pour se renseigner sur ce terme, il trouvera par exemple : 1. « Relatif ou conforme à l’Évangile, voir chrétien. 2. Qui est de la religion protestante, fondée essentiellement sur l’enseignement et la vie du Christ connue par les évangiles. Subst. Les évangéliques, les protestants ». (Petit Robert)</font></span></strong></p>
<p class="spip" style="margin:0 12pt;"><span style="font-family:Georgia;">Il sera donc bien embarrassé lorsqu’il apprendra que les évangéliques constituent 60 % des protestants. Si une partie seulement des protestants est protestante tout court, que sont les autres ?</span></p>
<p class="spip" style="margin:0 12pt;"><span style="font-family:Georgia;">Dans certains pays, effectivement, le mot évangélique est un simple synonyme de protestant. D’ailleurs, en France, un certain nombre d’Églises évangéliques s’appellent Église protestante évangélique ou Communauté évangélique protestante (pour se différencier des sectes).</span></p>
<p class="spip" style="margin:0 12pt;"><span style="font-family:Georgia;">En effet, les Églises évangéliques se situent dans la ligne de la Réforme protestante du 16e siècle. Le mot évangélique vient de évangile, une francisation d’un mot grec qui signifie : bonne nouvelle. Étymologiquement, les évangéliques sont donc des porteurs de bonnes nouvelles - ne l’oublions pas. Mais le mot évangile désigne des écrits qui nous racontent la vie de Jésus-Christ et nous rapportent son enseignement. Les évangéliques sont donc des gens qui veulent suivre Jésus-Christ comme leur Maître et mettre son enseignement en pratique. Alors quelle différence entre une Église protestante (luthérienne ou réformée) et une Église évangélique ? Le sens spécifique du mot 'évangélique' nous vient des pays anglo-saxons.</span></p>
<p class="spip" style="margin:0 12pt;"><span style="font-family:Georgia;">Le mot anglais <em>evangelical</em> a servi à désigner un groupement informel de Grande-Bretagne de la fin du 18e siècle 'qui réunissait des ’dissidents’ (anciens et nouveaux) et des ’anglicans pieux’' (J. Baubérot, 85 p. 286).</span></p>
<p class="spip" style="margin:0 12pt;"><span style="font-family:Georgia;">S’il existe ce qu’on peut appeler des Églises évangéliques, il serait plus juste de parler d’un courant ou plutôt de courants évangéliques qui traversent toutes les Églises. Il y a des évangéliques dans l’Église réformée, l’Église luthérienne et même dans l’Église catholique. On parlera donc plutôt des évangéliques.</span></p>
<p class="spip" style="margin:0 12pt;"><span style="font-family:Georgia;">Dans l’ensemble du protestantisme, les évangéliques se caractérisent par leur insistance sur deux points.-</span></p>
<p class="spip" style="margin:0 12pt;"><span style="font-family:Georgia;">  Ils croient que la Bible est la Parole de Dieu et que, par conséquent, elle est l’autorité souveraine pour toutes les questions de foi et de vie.<br />
Selon l’enseignement du Christ et des apôtres, ils croient qu’on ne naît pas chrétien, mais qu’on le devient par un acte de foi personnel en Jésus-Christ, mort et ressuscité pour nous.</span></p>
<p class="spip" style="margin:0 12pt;"><span style="font-family:Georgia;">De ces deux points découle aussi le désir de partager la Bonne Nouvelle du salut avec ceux qui ne la connaissent pas - donc une certaine priorité de l’évangélisation. [<a href="http://protestanet.be/sp/#nb1" title="[1] Dans un document émanant du cœur de l">1</a>]</span></p>
<p class="spip" style="margin:0 12pt;"><span style="font-family:Georgia;">J. Blandenier parle à ce sujet d’une 'identité bipolaire' : d’un côté, la doctrine biblique, de l’autre, l’expérience personnelle, ce que nous vivons sur le plan spirituel. Il met ces deux aspects en relation avec la double dimension du mot 'foi' dans le langage biblique : 'tantôt le contenu de l’enseignement révélé (rides quae creditur 'la foi transmise aux saints une fois pour toutes') ; tantôt l’attitude personnelle du croyant devant son Dieu (rides quae creditur 'ta foi t’a sauvé'). Et je ne vois pas d’autre moyen de décrire notre identité que de nous référer à ces deux lignes de force. Personne ne peut réduire la réalité évangélique à une seule composante' (Identité) [<a href="http://protestanet.be/sp/#nb2" title="[2] ">2</a>]</span></p>
<p class="spip" style="margin:0 12pt;"><strong><span style="font-family:Georgia;">1. L’autorité des Écritures</span></strong><span style="font-family:Georgia;"><br />
Jésus s’est toujours appuyé sur les déclarations de la Bible - c’est-à-dire, pour lui, de l’Ancien Testament - dans tout enseignement.</span></p>
<p class="spip" style="margin:0 12pt;"><span style="font-family:Georgia;">Il avait constamment recours à l’Écriture<br />
dans sa lutte contre le diable auquel, par trois fois, il a répondu : 'Il est écrit',<br />
dans ses discussions avec ses interlocuteurs : 'N’avez-vous pas lu ?' revient constamment ; 'Que vous a prescrit Moïse ? Qu’est-il écrit dans la Loi ?'<br />
dans son enseignement auprès de ses disciples.</span></p>
<p class="spip" style="margin:0 12pt;"><span style="font-family:Georgia;">Pour lui, elle est la Parole de Dieu lui-même (Mt 15.6), 'le commandement de Dieu' (v. 3), inspirée par le Saint-Esprit (Mt 22,43), qui 'ne peut être anéantie' (Jn 10.35). Le ciel et la terre passeront, mais la Parole de Dieu demeure éternellement.</span></p>
<p class="spip" style="margin:0 12pt;"><span style="font-family:Georgia;">Tel a aussi été l’enseignement des apôtres. 'Toute l’Écriture est inspirée de Dieu' dit l’apôtre Paul dans sa dernière lettre (2 Tm 3.16), et l’apôtre Pierre le répète : 'C’est poussés par le Saint-Esprit que des hommes ont parlé de la part de Dieu' (2 Pi 1.21).</span></p>
<p class="spip" style="margin:0 12pt;"><span style="font-family:Georgia;">La 'reconnaissance du texte biblique comme la nourriture indispensable et quotidienne du croyant demeure centrale et constitutive d’une spiritualité évangélique. Elle est, dans le protestantisme, comme la continuation de là lectio divina monastique' (L. Schweitzer, 97 p. 136).</span></p>
<p class="spip" style="margin:0 12pt;"><span style="font-family:Georgia;">Face aux théologiens libéraux qui nient l’inspiration divine et l’autorité de l’Écritures les évangéliques maintiennent son 'autorité souveraine' dans toutes les questions de foi et de vie, et l’authenticité des ses écrits. [<a href="http://protestanet.be/sp/#nb3" title="[3] ">3</a>]</span></p>
<p class="spip" style="margin:0 12pt;"><span style="font-family:Georgia;">L’autorité des Écritures a constitué le point de rupture du protestantisme avec l’Église romaine. À Worms, Luther a déclaré : 'À moins d’être convaincu par le témoignage de l’Écriture et par des raisons évidentes - car je ne crois ni à l’infaillibilité du pape ni à celle des conciles, puisqu’il est établi qu’ils se sont souvent trompés et contredits -je suis lié par les textes bibliques que j’ai cités. Tant que ma conscience est captive de la Parole de Dieu, je ne puis ni ne veux rien rétracter, car il n’est ni sûr ni salutaire d’agir contre sa conscience. Que Dieu me soit en aide !'</span></p>
<p class="spip" style="margin:0 12pt;"><span style="font-family:Georgia;">En vain, celui qui dirigeait les débats l’a incité à abandonner sa conscience et à s’en remettre aux autorités.</span></p>
<p class="spip" style="margin:0 12pt;"><span style="font-family:Georgia;">Par cette déclaration, 'Luther engageait une mutation profonde dans la façon même d’établir la légitimité religieuse : celle-ci se trouvait transférée de l’institution au message. L’institution religieuse devenait relative et subordonnée au message. Elle devait être évaluée à l’aune de ce dernier à partir de la question : transmet-elle fidèlement le donné biblique ? Le lieu de la vérité n’était plus dans l’institution, mais dans le message qu’elle proclamait à partir de la Bible. Dès lors, comme l’a bien vu l’écrivain français Nicolas Boileau (1636-171 1) dans sa Satire XII, Sur l’équivoque (posthume, 1716), ’tout protestant est un pape, une Bible à la main’. Tout chrétien bien informé des Écritures peut remettre en cause l’institution ecclésiastique. La Bible est la seule source de la légitimité religieuse : c’est le fameux principe de la Sola Scriptura' (J.-P. Willaime, 92 p. 63).</span></p>
<p class="spip" style="margin:0 12pt;"><span style="font-family:Georgia;">En fait, seuls les évangéliques ont maintenu ce principe, en le défendant contre la prétention de la raison humaine de décider ce qui, dans l’Écritures est Parole de Dieu et ce qui est parole humaine.</span></p>
<p class="spip" style="margin:0 12pt;"><span style="font-family:Georgia;">'Les Églises réformées, dit le pasteur 0. Rosselet, comprennent les Écritures comme un témoignage à la Parole, lié à un contexte, à une histoire' (96 p. 27). Alors que, pour les évangéliques, elles sont Parole de Dieu.</span></p>
<p class="spip" style="margin:0 12pt;"><span style="font-family:Georgia;">En 1958, des théologiens américains et européens se sont concertés pour définir leurs positions. Ils ont déclaré en particulier : 'En faisant le point sur les heurs et malheurs du christianisme au cours de notre siècle, nous sommes tous tombés d’accord sur le fait que l’autorité, en particulier l’autorité de l’Écritures est le critère de différenciation des convictions théologiques' (Carl Henry, 59 p. 7).</span></p>
<p class="spip" style="margin:0 12pt;"><span style="font-family:Georgia;">'Pour les évangéliques, dit le pasteur Rüegger, la normativité de la Bible est décisive dans toutes les questions touchant à la doctrine, à la foi et à la vie. Dans ce sens, on peut dire que le mouvement évangélique est un mouvement fondé sur la Bible, accordant une grande importance au fait que chaque chrétien - et pas seulement les théologiens et les ministres ! - lit la Bible et règle sa vie quotidienne à la lumière de la Bonne Nouvelle. Chez eux, le principe de la Réforme - sola scriptura - n’est pas uniquement une théorie, il est réellement mis au centre de la pratique quotidienne' (96 p. 2).</span></p>
<p class="spip" style="margin:0 12pt;"><strong><span style="font-family:Georgia;">2. La nouvelle naissance</span></strong><span style="font-family:Georgia;"><br />
Un deuxième aspect important de l’enseignement de Jésus est la nécessité de la conversion et la nouvelle naissance de chaque homme et chaque femme pour être un vrai chrétien.</span></p>
<p class="spip" style="margin:0 12pt;"><span style="font-family:Georgia;">Jésus a dit : 'Si vous ne vous convertissez... vous n’entrerez pas dans le royaume de Dieu' et à Nicodème : 'À moins de renaître d’en haut, personne ne peut voir le royaume de Dieu' (Jn 3,3,).</span></p>
<p class="spip" style="margin:0 12pt;"><span style="font-family:Georgia;">Ce changement de vie total a lieu chaque fois que quelqu’un accepte de croire que Jésus-Christ est mort pour lui sur la croix, qu’il a payé la dette de son péché et qu’à présent, il bénéficie constamment de la justice de Dieu ; il devient enfant de Dieu, frère de Jésus-Christ et de tous ceux qui ont été, comme lui, libérés par le Christ.</span></p>
<p class="spip" style="margin:0 12pt;"><span style="font-family:Georgia;">Il entre dans l’ekklésia, l’assemblée de ceux qui sont sauvés. Les Églises évangéliques sont des Églises de professants comme l’étaient les Églises des premiers siècles, Pour en devenir membre il faut avoir fait profession de croire en Jésus-Christ et de vouloir se conformer à sa Parole.</span></p>
<p class="spip" style="margin:0 12pt;"><span style="font-family:Georgia;">Les 'professants' ne se considèrent nullement comme la seule véritable Église, 'mais ils regrettent la confusion entretenue par l’idée que tous ceux qui ont été baptisés a la naissance sont chrétiens, autrement dit qu’on puisse être appelés ’chrétien’ sans une foi personnelle en Christ'. Une assemblée de croyants, ne signifie pas une assemblée de purs, 'mais puisque seule la foi est constitutive du peuple de Dieu, il ne peut y avoir d’autre critère pour recevoir une personne comme membre de l’Église que la libre profession de foi de cette personne. C’est seulement ainsi que l’on peut respecter la liberté et la responsabilité de chacun' (R. Somerville, 97 p. 73).</span></p>
<p class="spip" style="margin:0 12pt;"><span style="font-family:Georgia;">De fait, nous trouvons dans l’évangélisme 'une valorisation nouvelle de la vie communautaire' (D. Zimmerlin, 97 p. 85). La participation à la vie d’une communauté est fortement encouragée et l’aide à la détresse d’autrui est réaffirmée avec insistance depuis les années 1980.</span></p>
<p class="spip" style="margin:0 12pt;"><span style="font-family:Georgia;">'À côté du sola scriptura, dit le pasteur Rüegger, le solus Christus de la Réforme est un principe central pour les évangéliques. L’exclusivité de la médiation salvatrice du Christ en tant que sacrifice propitiatoire, est une composante fondamentale et indiscutable de la foi évangélique. Face aux autres religions, en particulier, on insiste sur le fait qu’aucun compromis ne peut être fait quant à l’importance de Jésus-Christ pour le salut de tous les hommes de toutes les cultures' (96 p. 2).</span></p>
<p class="spip" style="margin:0 12pt;"><span style="font-family:Georgia;">'Ce qui distingue la pensée et la pratique évangéliques, c’est la compréhension de la conversion et du salut en termes d’expérience personnelle, unique et initiale, sans la médiation des sacrements' (B. Bolay, 95 p. 89). Pour les évangéliques, l’expérience est une 'composante incontournable de la condition humaine et pôle identitaire de la mouvance évangélique' (Id. p. 87).</span></p>
<p class="spip" style="margin:0 12pt;"><span style="font-family:Georgia;">D’ailleurs le mot expérience ne se rapporte pas seulement à l’expérience initiale de la nouvelle naissance, mais il caractérise aussi un processus spirituel qui se poursuit tout au long de la vie du croyant. Pour l’évangélique, 'le Dieu de la Parole est un Dieu qui agit, que l’on prie, qui répond et qui s’intéresse à notre vie... Le christianisme est une vie avant d’être une doctrine et il est possible de prendre au mot le texte biblique et d’entrer dans la réalité nouvelle dont il parle' (L. Schweitzer, 97 p. 136).</span></p>
<p class="spip" style="margin:0 12pt;"><span style="font-family:Georgia;">Les évangéliques, disait H. Blocher dans une conférence faite à l’Institut biblique Emmaüs en février 1993, ont su maintenir le sens du spirituel et du surnaturel. L’insistance sur la nécessité d’une expérience religieuse personnelle, la foi aux miracles passés et présents constituent des traits communs à l’ensemble des évangéliques. Ils refusent les réductionnismes, les 'horizontalismes', le ritualisme dépersonnalisant, le mysticisme élitique et l’intellectualisation de la foi.</span></p>
<p class="spip" style="margin:0 12pt;"><span style="font-family:Georgia;">Bien des facteurs divers peuvent amener quelqu’un à faire l’expérience de la nouvelle naissance. Dans Religion in Sociological Perspective (p. 119), Brian Wilson fait une liste des motivations qui peuvent accompagner une conversion : 'la chaleur et le renforcement communautaire ; la fourniture d’un sens et d’un but pour la vie quotidienne ; la possibilité d’une expression personnelle ; parvenir à trouver une place et un statut dans un groupe ; avoir une meilleure image de soi ; adopter un style de vie qui tranche avec la grisaille quotidienne' (cité par F. de Coninck, 95 p. 52).</span></p>
<p class="spip" style="margin:0 12pt;"><span style="font-family:Georgia;">L’essentiel n’est ni dans la motivation, ni dans la modalité de l’expérience [<a href="http://protestanet.be/sp/#nb4" title="[4] Voir dans A. Kuen, Il vous faut naître de nouveau, pp. 161-209, les (...)">4</a>], mais dans son résultat : paix avec Dieu, assurance du salut, marche progressive sur le chemin de la sanctification, esprit de prière, faim de la Parole de Dieu, amour de Dieu et du Christ, amour des frères et recherche de la communion fraternelle. [<a href="http://protestanet.be/sp/#nb5" title="[5] Voir dans Il vous faut naître de nouveau, pp. 118-129. Voir aussi B. (...)">5</a>] L’articulation de ces deux premiers thèmes donnera naissance à des nuances diverses au sein de la mouvance évangélique : pour le piétisme, le méthodisme et les Réveils, l’expérience spirituelle est première. La foi dans le texte biblique en découle. Mais lors de la crise fondamentaliste, 'c’est l’orthodoxie doctrinale qui va devenir l’essentiel de l’identité évangélique' (L. Schweitzer, 97 p. 137). Ces mêmes priorités se retrouvent actuellement encore chez les uns et les autres dans les différentes fractions évangéliques. 'Ainsi aujourd’hui, poursuit L. Schweitzer, si l’on devait demander à des évangéliques l’essentiel de ce qui les définit, retrouverait-on sans doute d’une part ceux pour lesquels une certaine conception de l’Écriture est centrale et, d’autre part, ceux qui mettront l’accent sur une manière de vivre la vie chrétienne'.</span></p>
<p class="spip" style="margin:0 12pt;"><strong><span style="font-family:Georgia;">3. L’évangélisation</span></strong><span style="font-family:Georgia;"><br />
Le désir de partager la bonne nouvelle du salut avec ceux qui ne la connaissent pas découle de l’affirmation de Jésus : 'Je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père sans passer par moi' (Jn 14.6). L’apôtre Pierre, de son côté a affirmé que 'c’est en lui (en Christ) que se trouve le salut, en personne d’autre. Dans le monde entier, Dieu n’a jamais donné le nom d’aucun autre homme par lequel nous devrions être sauvés' (Ac 4.12). Si l’Évangile est le seul moyen de salut pour tout homme et toute femme, il s’ensuit que ceux qui connaissent son message aimeraient le partager avec le plus grand nombre de nos contemporains au près (évangélisation) et au loin (mission).</span></p>
<p class="spip" style="margin:0 12pt;"><span style="font-family:Georgia;">'Parmi les chrétiens, dit le délégué œcuménique Heinz Rüegger, les évangéliques sont ceux qui investissent le plus dans la mission et l’évangélisation' (96 p. 2).</span></p>
<p class="spip" style="margin:0 12pt;"><strong><span style="font-family:Georgia;">Démarquages</span></strong><span style="font-family:Georgia;"><br />
Ces trois caractéristiques de la foi démarquent les évangéliques par rapport à d’autres fractions du christianisme :<br />
l’autorité des Écritures s’oppose à la raison autonome comme aux traditions des Églises,<br />
la nécessité d’une foi personnelle est en contradiction avec la croyance dans l’efficacité des sacrements et<br />
l’accent sur l’évangélisation constitue un refus du syncrétisme moderne qui considère toutes les religions comme équivalentes ('pourvu qu’on soit sincère').</span></p>
<p class="spip" style="margin:0 12pt;"><span style="font-family:Georgia;">Si nous nous tournons vers des ouvrages plus spécialisés comme 'L’Encyclopédie chrétienne mondiale', [<a href="http://protestanet.be/sp/#nb6" title="[6] Worid Christian Encvclopedia, éditée par David B. Barret, Oxford University (...)">6</a>] nous trouvons que les évangéliques forment parmi les protestants et, pour certains, parmi les catholiques et les orthodoxes, un groupe caractérisé par certains traits communs :</span></p>
<p class="spip" style="margin:0 12pt;"><span style="font-family:Georgia;">Ils considèrent la Bible comme seule révélation de Dieu, entièrement inspirée (mais non dictée) par lui, pleinement suffisante pour tout ce qui concerne la foi et la vie chrétienne, autorité souveraine en ces matières. Ils en déduisent la nécessité d’adhérer personnellement, de manière consciente et volontaire à ce que la Parole demande : accepter le salut par un acte de foi (= conversion ou nouvelle naissance) et conformer sa vie aux exigences de l’Évangile (premier sens du mot évangélique dans le dictionnaire).<br />
Cela revient à dire qu’on n’est pas chrétien évangélique parce qu’on est né dans un pays chrétien ou une famille protestante, parce qu’on a été soumis à un rite d’initiation ou à un enseignement catéchétique, mais parce qu’on a pris personnellement position en face des exigences de Jésus-Christ. Cela signifie qu’il y a, dans la religion chrétienne, un aspect objectif : ce que Dieu a fait (révélation, rédemption par le Christ) et un côté subjectif (acceptation par la foi de l’œuvre de Dieu). L’équilibre entre ces deux aspects a été, depuis le début, l’enjeu du christianisme : constamment, l’Église a oscillé entre le monergisme déterministe où Dieu est censé agir en l’homme comme en un objet, et le synergisme où Dieu et l’homme collaborent au salut. Les évangéliques refusent ces deux positions et affirment à la fois la souveraineté de l’action divine et la nécessité d’une prise de position humaine.</span></p>
<p class="spip" style="margin:0 12pt;"><span style="font-family:Georgia;">À ces deux critères fondamentaux s’ajoutent, selon les auteurs, d’autres caractéristiques que nous verrons plus loin. [<a href="http://protestanet.be/sp/#nb7" title="[7] Parmi les caractéristiques des ">7</a>]</span></p>
<p class="spipnote" style="text-align:justify;margin:0 12pt;"><span style="font-size:9.5pt;font-family:Georgia;">[<a href="http://protestanet.be/sp/#nh1">1</a>] Dans un document émanant du cœur de l’Évangélisme américain, le Centre Billy Graham de Wheaton, Joël Carpenter définit les évangéliques ainsi : 'Les évangéliques ont souligné le fait qu’on ne trouve le salut que par une foi personnelle dans la mort expiatoire du Christ et la puissance du Saint-Esprit transformant la vie. Ils considèrent ces vérités comme étant le thème central de la Bible, qu’ils croient inspirée par Dieu et constituant l’autorité suprême en matières de foi et de vie chrétienne. Le label ’évangélique’ dit aussi que ces chrétiens veulent proclamer cet Évangile à d’autres par la parole et les actes' (in Shuster D. - Stambaught J. Weimer F. 90 p. IX).</span></p>
<p class="spipnote" style="text-align:justify;margin:0 12pt;"><span style="font-size:9.5pt;font-family:Georgia;">[<a href="http://protestanet.be/sp/#nh2">2</a>] 'Il s’agit d’un mouvement dont l’unité repose sur deux principes : premièrement ’La Bible est la Parole de Dieu’ et deuxièmement ’Le salut et la participation aux activités religieuses reposent sur l’adhésion volontaire des individus’' (D. Zimmerlin, 97 p. 14).</span></p>
<p class="spipnote" style="text-align:justify;margin:0 12pt;"><span style="font-size:9.5pt;font-family:Georgia;">[<a href="http://protestanet.be/sp/#nh3">3</a>] 'L’évangélisme peut se définir comme un mouvement orthodoxe, attaché à conserver et à transmettre la révélation biblique. Il se veut l’héritier du christianisme primitif et de la Réforme protestante' (Ch. Sinclair, 94 p. 9). 'Parce qu’ils sont fermement attachés au premier grand principe de la Réforme, 'sola scriptura' (l’Écriture seule), les évangéliques ont le souci de ne pas s’écarter des vérités essentielles de la foi chrétienne transmises par les apôtres' (R. Somerville, p. 69).</span></p>
<p class="spipnote" style="text-align:justify;margin:0 12pt;"><span style="font-size:9.5pt;font-family:Georgia;">[<a href="http://protestanet.be/sp/#nh4">4</a>] Voir dans A. Kuen, <em>Il vous faut naître de nouveau</em>, pp. 161-209, les témoignages très divers d’expériences de conversion d’hommes et de femmes de Dieu..</span></p>
<p class="spipnote" style="text-align:justify;margin:0 12pt;"><span style="font-size:9.5pt;font-family:Georgia;">[<a href="http://protestanet.be/sp/#nh5">5</a>] Voir dans <em>Il vous faut naître de nouveau</em>, pp. 118-129. Voir aussi B. Bolay Conversion oblige ! Les critères de la conversion selon le Nouveau Testament Genève Je sème 1997.</span></p>
<p class="spipnote" style="text-align:justify;margin:0 12pt;"><span style="font-size:9.5pt;font-family:Georgia;">[</span><span style="font-size:9.5pt;font-family:Georgia;"><a href="http://protestanet.be/sp/#nh6"><span>6</span></a></span><span style="font-size:9.5pt;font-family:Georgia;">] Worid Christian Encvclopedia, éditée par David B. Barret, Oxford University Press.1982.</span></p>
<p><span style="font-size:9.5pt;font-family:Georgia;">[<a href="http://protestanet.be/sp/#nh7">7</a>] Parmi les caractéristiques des 'Communautés et Assemblées évangéliques de France', Edmond Buckenham citait, dans la Revue <em>Unité des chrétiens</em>, le sacerdoce universel, l’autorité souveraine de la Bible, la direction collégiale des assemblées, la diversité des ministères et la responsabilité de témoignage (par la parole et l’entraide) incombant à chaque chrétien (84 p. 22). Dans la première présentation des évangéliques en Allemagne, Aujbrtich der Evangelikalen), Fritz Laubach (président des Églises libres) écrivait : 'La conversion et l’assurance du salut, la communion des croyants, l’évangélisation et la mission ainsi qu’une confiance totale dans la Parole de Dieu telle qu’elle nous est donnée dans la Bible, voilà ce qui est évangélique' (72 p. 83).</span></p>
]]></content:encoded>
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