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	<title>fable-des-abeilles &amp;laquo; WordPress.com Tag Feed</title>
	<link>http://wordpress.com/tag/fable-des-abeilles/</link>
	<description>Feed of posts on WordPress.com tagged "fable-des-abeilles"</description>
	<pubDate>Thu, 21 Aug 2008 13:02:32 +0000</pubDate>

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<title><![CDATA[La révolution d'un seul brin de paille]]></title>
<link>http://jardinons.wordpress.com/?p=30</link>
<pubDate>Wed, 07 May 2008 22:34:55 +0000</pubDate>
<dc:creator>karmai</dc:creator>
<guid>http://jardinons.wordpress.com/?p=30</guid>
<description><![CDATA[Depuis des années, essai après essai, erreur après erreur, un agriculteur Japonnais, Masanobu Fuk]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;">Depuis des années, essai après essai, erreur après erreur, un agriculteur Japonnais, Masanobu Fukuoka, a développé une approche faite de simplicité, une agriculture à contre courant du modèle occidental. Comme toutes les idées simples mais révolutionnaires, elle surprend par sa banalité et étonne par ses innombrables retombées. Laisser la nature nous nourrir et intervenir le moins possible. Pas de labour, aucun produit chimique, pas de désherbage. Planter lorsque les plantes égrainent naturellement, laisser les plantes sauvages à leur place, enrichir le sol avec des légumineuses, quelques animaux et de la paille. Rien de bien impressionnant à première vue, pourtant vous en entendrez reparlez, croyez moi. Quand cela? Attendez la dernière goutte de pétrole!</p>
<h3 style="text-align:left;"><span style="color:#000000;">Le jardinier philosophe</span></h3>
<p style="text-align:justify;">L'ouvrage majeur de Masanobu Fukuoka, c'est <em>La révolution du brin de paille</em>, un livre agro-philosophique publié dans les années soixante-dix. Ce qu'il nous enseigne n'est pas autre chose que ce que Cornelius Castoriadis (sans probablement l'avoir pensé dans ces termes) appelait de ses vœux lorsqu'il disait qu'il fallait cultiver la planète pour elle-même et que nous devrions en être les jardiniers. L'agriculteur nippon, a cherché pendant des dizaines d'années à simplifier son travail, à se demander à chaque action si cela était nécessaire. Pratiquant un doute agronomique systématique, il en a gardé un ensemble de pratiques, très limitées en nombre, mais diablement efficaces. Il atteint aujourd'hui avec son agriculture "naturelle" des rendements identiques à ceux de ces voisins qui pratiquent l'agriculture conventionnelle dans la préfecture d'Ehime au nord-ouest de l'île de Shikoku.</p>
<h3 style="text-align:left;"><span style="color:#000000;">Le riz et l'île de Shikoku</span></h3>
<p style="text-align:center;"><a href="http://jardinons.files.wordpress.com/2008/04/relief-du-japon.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-104 aligncenter" src="http://jardinons.wordpress.com/files/2008/04/relief-du-japon.jpg" alt="" width="427" height="515" /></a></p>
<p style="text-align:center;"><em>Relief du Japon</em><a href="http://jardinons.files.wordpress.com/2008/04/relief-du-japon.jpg"><br />
</a></p>
<p style="text-align:justify;">L'île de Shikoku, la plus petite des quatre îles principales du Japon ne manque pas de diversité. Le relief de moyenne montagne culminant à presque 2000 mètres sépare la frange côtière donnant sur le pacifique de celle donnant sur la péninsule de Sadamisaki. D'un coté, l'ouverture vers l'océan, les typhons et <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Pr%C3%A9cipitation">les pluies orographiques</a> entrainent un climat subtropical qui se caractérise par plus de 3000 mm de pluie par an. (A titre de comparaison la forêt dense <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Persistant">sempervirente</a> de l'Amazonie reçoit un peu plus de 2000 mm par an). De l'autre côté, sur la frange côtière au nord ouest de l'île, faisant face à l'île d'Honshū, le climat est bien différent. En effet, les pluies ayant lieu de l'autre coté de la crête, c'est un climat plus doux et moins pluvieux, de l'ordre de 1000 mm de pluie par an que notre agriculteur philosophe reçoit sur ses champs, une pluviométrie semblable à celle des régions du nord-ouest de la France. Les grandes différences avec l'hexagone, ce sont l'été qui est également le moment de la saison des pluies (<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Mousson#Mousson_d.27Asie_du_sud_et_d.27Oc.C3.A9anie">mousson</a>) et l'ensoleillement, globalement stable tout au long de l'année.</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://jardinons.files.wordpress.com/2008/04/rice-planting-hokusai.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-106 aligncenter" src="http://jardinons.wordpress.com/files/2008/04/rice-planting-hokusai.jpg" alt="" width="409" height="600" /></a></p>
<p style="text-align:center;"><em>Repiquage du Riz - Estampe d'Hokusai (<span style="font-weight:normal;">1760–1849)</span></em></p>
<p style="text-align:justify;">Dans cette région, la culture traditionnelle du riz  a été jusqu'à la sortie de la guerre fait ainsi: au printemps, le riz est semé en haute densité sur une petite parcelle à part soigneusement fertilisée. La parcelle qui sera cultivée est inondée puis labourée jusqu'à ce que la terre ressemble à de la soupe polonaise. Une fois que les plants ont à peu près vingt centimètre de haut, on repique le riz, c'est à dire qu'on va déraciner le riz  pour le replanter avec plus d'espace. C'est un travail pénible, dos courbé, mais qui permet à la céréale asiatique d'avoir une longueur d'avance sur les "mauvaises" herbes. Par la suite, le champ est légèrement travaillé entre les rangées de riz et est désherbé à la main souvent plusieurs fois. La récolte qui a lieu en automne autour du mois d'octobre est effectuée à la faucille et les plants sont dans la foulée déposés à sécher sur des étagères en bambous avant d'être battu quelques semaines plus tard.</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://jardinons.files.wordpress.com/2008/04/riziculture-japon.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-105 aligncenter" src="http://jardinons.wordpress.com/files/2008/04/riziculture-japon.jpg" alt="" width="500" height="316" /></a></p>
<p style="text-align:center;"><em>Riziculture traditionnelle au moment de la récolte - On peut observer le riz sécher sur les étagères et l'aménagement en crête et sillons pour la culture d'hiver<a href="http://jardinons.files.wordpress.com/2008/04/riziculture-japon.jpg"><br />
</a></em></p>
<p style="text-align:justify;">A peine le riz récolté, la parcelle est labouré et le sol aménagé en crête plates de 30 cm de large en alternance avec un sillon de drainage. Les semences de la céréale d'hiver (seigle ou orge) sont semés sur les parties hautes et recouvertes par de la terre. Cette rotation est rendu possible par l'apport de matière organique au début de la saison du riz. Pendant des siècles le Japon a cultiver successivement du riz et une céréale d'hiver sans jamais réduire la fertilité des sols.</p>
<h3 style="text-align:left;"><span style="color:#000000;">Simple</span></h3>
<p style="text-align:justify;">Masanobu Fukuoka était d'abord un chercheur en pathologie végétale qui en 1938 à l'âge de 25 ans, suite à une grave pneumonie qui faillit lui couter la vie, eut rapidement la révélation de l'insuffisance de la connaissance intellectuelle. Son doute se porta surtout sur les vérités scientifique et techniques qui commençaient a devenir incontournables en agriculture. Il retourna alors sur l'exploitation agricole familiale dans l'ile de Shikoku afin d'apprendre de la nature elle-même. A partir du modèle de l'agriculture traditionnelle Japonaise, il a progressivement épissé l'itinéraire technique en un minimum d'intervention humaine, et ceci en utilisant l'organisation naturelle de l'écosystème qui l'entourait. Le riz sauvage égraine a l'automne lors de la récolte, alors pourquoi semer au début du printemps? Pourquoi labourer le sol, alors que les plantes poussent naturellement sans? Pourquoi laisser inonder la parcelle alors que la mousson ne le fait que quelques jours par an? Comment conserver la tendance naturelle de la nature a améliorer la fertilité année après année?</p>
<p style="text-align:justify;">L'itinéraire de notre <em>ignorant </em>est d'une simplicité déconcertante, un Haïku agronomique, une estampe végétale minimaliste. Le riz est semé à l'automne au milieu du trèfle, des jeunes pieds de la céréale d'hiver tout justes levés et de la paille. Bien sur il ne pousse pas mais une fois la moisson de l'orge ou du seigle effectuée et la paille mis sur la parcelle, il suffit de faire rentrer de l'eau dans la parcelle pendant environ deux semaines, ce qui limite la croissance du trèfle et des mauvaises herbes, et donne la possibilité au riz de germer. Enfin, il suffit de semer avant la fin du riz, la céréale d'hiver et le trèfle pour boucler le cycle.</p>
<p style="text-align:justify;">Cette méthode est simple car il n'est pas besoin de labourer. Les semences, enroulées dans un peu d'argile, sont justes semées à la volée. De plus, il n'est pas nécessaire de lutter contre les "mauvaises herbes" du fait qu'elle sont maitrisées à la fois par la paille déposée sur le champ et par l'équilibre naturel entre toutes les plantes qui s'installent alors. Enfin, le renouvellement de la fertilité est assuré à la fois par le trèfle qui, comme toutes les légumineuses, fixent l'azote de l'air par les racines enrichissant ainsi naturellement le sol et par la paille qui une fois décomposée formera de l'humus.</p>
<h3><span style="color:#000000;">Accompagner plutôt que résister</span></h3>
<p style="text-align:justify;">La grand force de l'agriculture sauvage est de prendre conscience que chaque écosystème dispose d'un élan, d'une direction instinctive. Il est aisé d'observer ce puissant élan vital en laissant un peu de terre nue. Tres rapidement, les graines en dormance se réveillent et en quelques semaines l'endroit jadis vierge est de nouveau recouvert d'une végétation touffue. Il s'agit donc à l'avenir d'accompagner cette force vitale et non de s'y oppose avec acharnement comme nous l'avons fait pendant des siècles en nous courbant le dos pour arracher les mauvaises herbes. C'est je pense la nature profonde du projet de "cultiver la planète pour elle-même", c'est à dire suivre son mouvement propre et s'y insérer.</p>
<p style="text-align:justify;">On retrouve ce même état d'esprit dans un des arts martiaux les plus aboutis à ce jour. En effet, l'aïkido, développé par Morihei Ueshiba dans les années 40, nous enseigne une façon pacifique et intelligente de se comporter.<span style="font-size:x-small;"> </span><strong>Il s'agit de canaliser le mouvement, la vitesse et la force de l'adversaire, de les utiliser sans rentrer en opposition avec eux.</strong></p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://jardinons.files.wordpress.com/2008/05/morihei-ueshiba.gif"><img class="alignnone size-full wp-image-107 aligncenter" src="http://jardinons.wordpress.com/files/2008/05/morihei-ueshiba.gif" alt="" width="299" height="390" /></a></p>
<p style="text-align:center;"><em>Morihei Ueshiba - Fondateur de l'Aïkido</em><a href="http://jardinons.files.wordpress.com/2008/05/morihei-ueshiba.gif"><br />
</a></p>
<p style="text-align:justify;">Même si je ne considère pas la nature comme un adversaire, la plupart de mes contemporains semblent penser ainsi, probablement du fait d'avoir troquer la guerre de tous contre tous contre la guerre contre la nature. Des lors l'enseignement de l'Aïkido est une étape essentielle pour comprendre qu'il vaut mieux utiliser la force de l'autre vers son objectif plutôt que de tenter de s'y opposer frontalement pour l'imposer. En agriculture, il s'agira d'introduire un arbre de son choix là ou la nature aurait été favorable à un arbre, ou de laisser sa place aux mauvaises herbes pour laisser la population se stabiliser. Sans rentrer dans des détails qui seront présentés dans d'autres articles détaillés (Il sera question d'un cas particulier avec le système agro-forestier autour du cacaoyer), une telle philosophie aboutie au bout du compte aux systèmes agroforestiers qui, une fois en place et bien aménagés, sont des écosystèmes d'une prolificité et d'une fertilité incroyable.<span style="font-size:x-small;"><br />
</span></p>
<h3><span style="color:#000000;">Et si cette méthode est révolutionnaire, pourquoi n'est-elle pas encore dans nos champs?</span></h3>
<p style="text-align:justify;">Et oui très bonne question qui va me permettre d'analyser le monde dans lequel nous vivons. Comme vous le savez probablement, nous vivons l'<a href="http://www.journaldumauss.net/spip.php?article175"><em>empire du moindre mal</em></a> qui est aussi une société de croissance. Celle-ci a fondamentalement besoin de toujours plus de production. Son pendant est toujours plus de consommation. Dans ce contexte, impossible de penser la limitation de la population mondiale ou encore de promouvoir des comportements raisonnablement frugaux en terme de consommation car ils sont en quelque sorte antisociaux. En effet, moins consommer c'est faire travailler moins de gens, donc mettre des gens au chômage, donc faire baisser drastiquement leur pouvoir d'achat, donc moins de consommation, etc. Dans une société de croissance, quelqu'un qui reste en bonne santé en mangeant  à sa raisonnable faim est moins intéressant pour la collectivité que quelqu'un qui va se gaver à tous les repas, faire du cholestérol, puis aller chez le médecin pour un problème de surpoids, payer pour un programme de régime intensif avec séance de sports intensif, puis payer des séances de psy parce qu'elle est mal dans sa peau... A l'arrivée peut-être la même personne, mais sur le trajet la deuxième aura fait "tourner l'économie".</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://jardinons.files.wordpress.com/2008/05/la-fable-des-abeille1.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-109 aligncenter" src="http://jardinons.wordpress.com/files/2008/05/la-fable-des-abeille1.jpg" alt="" width="382" height="360" /></a></p>
<p style="text-align:center;">La fable des abeilles - Bernard Mandeville</p>
<p style="text-align:justify;">L'idée que nos vices seraient le moteur du monde n'est pas nouvelle et se retrouve dans quelques ouvrages clés de la philosophie économique. <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Bernard_Mandeville">Bernard Mandeville</a>, dans sa fable des abeilles publié en 1714, compare la cité de Londres à une ruche corrompue et prospère qui se plaint du manque de vertu. Jupiter leur accordant la vertue, la conséquence est une perte rapide de prospérité.  On ne trouve pas autre choses dans le livre fondateur d'Adam Smith.</p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;">"Ce n’est pas de la bienveillance du boucher, du brasseur ou du boulanger qu’il faut espérer notre dîner, mais de leur propre intérêt"</p>
<p style="text-align:right;"><em>Adam Smith - Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align:justify;">Mandeville appelle ça les vices de l'homme, Smith l'intérêt ou egoisme; mais quel que soit son nom ce seraient les travers des hommes qui fonderaient la société et lieraient entre eux les individus. Sans un "peuple de démon" il n'y aurait pas d'organisation collective possible. Encore plus, les événements négatifs seraient porteur en germe d'un mieux être économique, sous l'idée qu'un bombardement stimulerait le secteur du bâtiment, ou qu'un monde d'aveugle verrait l'age d'or de l'élevage de chiens. L'économiste français <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Bastiat">Frédéric Bastiat</a>, pourtant un des penseurs libéraux fondamental du XIXe siecle, démontera l'absurdité de ces idées dans le premier chapitre de son essai <em>Ce qu'on voit et ce qu'on ne voit pas</em> à travers le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Sophisme_de_la_vitre_bris%C3%A9e">sophisme de la vitre cassée</a>. Il démontre avec intelligence le principe du <em>cout d'opportunité</em>, c'est à dire que toute destruction n'est pas souhaitable car elle entraine par sa réparation une impossibilité d'allouer ces ressources à d'autres projets. C'est avec cette logique que l'on peut faire l'expérience de pensée qui consiste à savoir ce que le monde serait aujourd'hui si l'on ne passait pas notre temps à reconstruire des pays dévastés par les guerres.</p>
<p style="text-align:justify;">La méthode de culture de Masanobu Fukuoka ne pourra donc pas s'étendre tant que l'on vivra dans une société de croissance, car celle-ci est incompatible avec l'idée d'économie de ressources. Le déclin rapide du pétrole qui arrivera pendant ma vie (je suis encore jeune) verra triompher sans gloire des agricultures inspirées de cette méthode énergétiquement économe. Le simple fait que cette technique connue depuis plus de trente ans soit toujours marginale en est à mes yeux une des meilleures preuves. Il y a de quoi se réjouir toutefois, car cet homme simple nous a montrer une chose dont les survivalistes ne semblent pas d'accord, la fin du pétrole n'est pas l'apocalypse. En effet, en faisant le pari de la diffusion de cette approche, il est possible à la fois de nourrir la planète sans l'or noir et de vivre en intelligence dans un environnement agréable. Toutefois, si cela se passait mal, je vous conseil de prendre les devants et de vous mettre un lopin de terre de coté...il n'y en aura pas pour tout le monde.</p>
<blockquote><address>Pour poursuivre l'oeuvre de Fukuoka je vous conseille la lecture complète de l'excellent article sur Ekopedia consacré à l'<a href="http://fr.ekopedia.org/Agriculture_sauvage">agriculture naturelle</a>.</address>
</blockquote>
<p style="text-align:justify;">
<p style="margin-left:0.86cm;margin-right:5.13cm;text-indent:0.85cm;margin-bottom:0;line-height:0.46cm;widows:0;orphans:0;text-align:center;">
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