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	<title>fictif &amp;laquo; WordPress.com Tag Feed</title>
	<link>http://wordpress.com/tag/fictif/</link>
	<description>Feed of posts on WordPress.com tagged "fictif"</description>
	<pubDate>Sat, 30 Aug 2008 07:18:24 +0000</pubDate>

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	<language>en</language>

<item>
<title><![CDATA[Je n'y suis jamais allée]]></title>
<link>http://zazaincalifornia.wordpress.com/?p=150</link>
<pubDate>Sat, 19 Apr 2008 23:58:24 +0000</pubDate>
<dc:creator>Z.</dc:creator>
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<description><![CDATA[Comme si de rien 

J’avais bien pris soin de fermer la lumière en partant. J’ai tiré la petite]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div align="center"><em>Comme si de rien</em> </div>
<div style="text-align:justify;">
<p>J’avais bien pris soin de fermer la lumière en partant. J’ai tiré la petite cordelette, comme celle qui lui avait permis de vivre et de mourir. J’ai cru au début le trahir. Mais j’ai fermé les yeux aussi simplement que quand j’ai fermé la lumière. Puis je suis partie, dans le noir complet. J’ai couru, mais j’ai dû m’arrêter. Quand j’ai ré ouvert les yeux, j’étais ailleurs. J’ai levé la tête bien haut et j’ai vu le ciel. Puis j’ai pensé à mes pieds et le chemin n’était plus rocailleux et instable, mais dur et plat comme du ciment. J’ai baissé la tête. C’était du ciment. Je ne pensais pas avoir tant couru. Puis, dans l’ordre logique des choses, j’ai pensé à ma main droite. Et à ma main gauche. Autant la droite était tremblante, autant les jointures de la gauche étaient blanches. Sur les phalanges, il y avait mon mascara que j’avais essuyé. J’ai ouvert mon poing. Au creux de ma paume, j’ai vu la clé. La petite clé rouillée. Derrière moi, je sentais les arbres vibrer. Ils avaient le même pouls que mon cœur. Et chaque battement contenait en soi de milliers de déflagrations.</p>
<div align="center"><em>Avant de partir</em> </div>
<div style="text-align:justify;">
<p>On m’a demandé de l’identifier. J’avais regardé son chandail sur la chaise. J’avais évité de voir le livre de navigation sur  les nœuds, ouvert à la page. À la bonne page. Comme s’il y avait eu une bonne page pour ce genre de chose. Y a-t-il une page dans ce livre qui explique comment rater un nœud ? Ç’aurait été la vraie bonne page. Je sais que je n’aurais rien changé si j’y avais été. J’aurais simplement pu faire le nœud. L’idée que ses mains d’artistes aient pu remplir une tâche aussi grossière, avec une corde aussi grossière, me dégoûtait presque plus que le nœud lui-même. C’était tordu, je sais, mais à ce moment tout l’Univers se tordait au même rythme que mon désarroi, et ce n’est pas peu dire. Je sentais mes entrailles, se nouer lentement de la même façon que le livre l’enseignait. Et je voyais mon cœur pendre pitoyablement au bout. </p>
<div align="center"><em>Parce qu’il faisait déjà noir</em> </div>
<div style="text-align:justify;">
<p>Je suis rentrée. Fallait annoncer la nouvelle, dire oui maman c’était lui, je suis désolée, mais je n’ai pas dit : désolée pour moi surtout, toi, tu n’as pas vu ses yeux fermés, ouverts sur la mort, ouverts sur le noir, le vide. Et les étoiles, arrogantes, continuaient de briller. Je n’ai pas connu mon frère longtemps, trop peu longtemps. Parfois, à bord de son bateau, je sentais cette odeur salée et tiède qui provoquait des petits haut-le-cœur chez moi, comme l’odeur après l’effort. Une odeur trop humainement intime, celle de la mer qui se laissait naviguer par deux inconnus, elle nous laissait humer ses effluves. Des parfums organiques, crées par des milliers d’êtres plus libres que nous, qui pataugeaient en son immensité. Avec ma nausée et mon mal de mer, je n’ai jamais compris mon frère. Il y a de ça des années, parce qu’il faisait déjà noir aussi, nous l’avions laissé seul dans la tempête. Il aurait du se noyer, perdre la vie dans le désordre, le chaos, il aurait été digne. Pas dans une minable bicoque, si stupidement ancrée sur la terre des hommes. Sur cette terre qu’il fuyait. Une minable bicoque, mais en ordre. Oui, en ordre, tout semblait avoir été replacé pour son départ. Il aimait me laisser suivre derrière, moi je savais mettre le bordel, je savais mêler les choses qui ne l’étaient pas. Il aimait se dire qu’il avait essayé, parce qu’au fond de lui, il aimait le désordre. D’après vous, pourquoi il me laissait le suivre ? Mettre la pagaille derrière lui, il aimait. C’était un truc entre frère et sœur, quelque chose de totalement impulsif mais habituel entre nous. Quand j’ai vu son corps balancer, par un quelconque souffle divin, j’ai compris. Il avait bien rangé la place pour me laisser une dernière fois l’occasion tout foutre en l’air. La seule conclusion que j’en tirais était qu’il avait pensé à moi : merci, frérot. Je sais être reconnaissante.</p>
<div align="center"><em>Alors j’y suis retourné</em> </div>
<div style="text-align:justify;">
<p>J’ai fait ce qu’il aurait voulu. J’ai pris la petite clé, j’ai ouvert, c’était propre, sans le corps, sans la corde. On aurait dit la cabane attendait un occupant exilé du monde des vivants. Et j’ai crié. J’ai frappé avec détermination tout ce qui me tombait sous la main : les fenêtres ne me résistèrent point et les éclats de verre revolaient. J’avais décidé de ne pas ouvrir la lumière, de rester dans le noir, et puis les rares ampoules de la place y passèrent aussi. J’ai fait du bruit, tellement de bruit, pour que les étoiles s’éteignent elles aussi ! Qu’elles aient peur de ces ondes fracassantes qui venaient briser leur silence céleste, hautain et méprisant, qu’elles arrêtent d’être voyeuses de mon désarroi ! Peut-être que ce sont ces étoiles qui appelèrent les gardes forestiers, ça me plaît encore de penser que oui, je les ai perturbées, ces imperturbables luminaires éclairant notre misère, impuissantes de là-haut, elles ont du faire appel à des pauvres vivants.</p>
<div align="center"><em>Les étoiles qui étaient encore là ont vu</em> </div>
<div style="text-align:justify;">
<p>L’Univers, plus précisément deux hommes on ne peut plus aléatoires, tomba sur moi. Mais aussi, c’est cette nuit là, cette unique nuit, que l’engrenage s’est engrené. Qu’il m’a broyé. On m’a serré, empêché de faire ce que je devais faire, on m’a demandé ce que je faisais là, dans la demeure d’un honnête pêcheur. Je leur ai expliqué, avec une fièvre montante. Ils ont vérifié leurs papiers, leur foutaise et je ne sais encore, désolée je m’emporte, puis ils ont souri tristement. Ils m’ont laissé partir, avec un petit « mes condoléances » timide. Pauvre petite sœur qui a dû identifier cet honnête frère pendu. Sans doute, ils pensaient cela. Que je ne revienne pas, c’était un conseil d’amis de la part de ceux qui n’en étaient pas. Merci messieurs, j’aurais pu dire cela, parce qu’ils me laissaient partir sans ennui. Au lieu de cela, je suis repartie comme la première fois, en voleuse. J’ai fermé les yeux et j’ai couru. Dans le sens opposé de la première fois. J’ai couru, le sol était toujours mou sous mes pieds, je devais être encore sur la grève. Les yeux fermés, je sentais la lumière de la Lune traverser mes paupières, alors il ne faisait pas totalement noir. </p>
<div align="center"><em>La machine fonctionnait encore</em> </div>
<div style="text-align:justify;">
<p>Puisque je vous le dis, c’est elle qui m’a broyée. Ils ne m’ont donc jamais laissé tout détruire. Mes souvenirs me hantent, aussi intacts que la dernière ampoule que l’on ne m’a pas laissé casser. Avant de partir, les deux hommes ont appuyé sur l’interrupteur. L’ampoule m’a arrogamment giflée, j’ai dû fermer les yeux tellement toute cette lumière dans le noir me poignardait. Puis, dans le faux noir de mes paupières, les roues tournaient, ça tournait dans ma tête. Si tu savais, je n’y voyais plus clair avec ces pâles rayons de lune en moi, je chancelais en courant. Une course dans un carrousel, dans un avion durant les turbulences. J’ai encore crié, on saborde, on tient en otage la toupie mécanique ! Passagers à bord, attention ! Le pilote est mort, y’a-t-il un pilote à bord ? </p>
<div align="center"><em>J’ai dû tomber</em> </div>
<div style="text-align:justify;">
<p>Parce que j’ai perdu l’équilibre, parce que je me suis fracassée contre le sable aussi froid que ses cendres à présent, parce que tout ça, je me suis réveillée en meilleur état. Parce que mes souvenirs ressortirent tout aussi cassés de ma chute que mon cœur, parce que les déflagrations s’étaient tues, je me suis levée avec un sourire niais. Par une nuit folle d’excès salvateur, d’exubérance, d’explosions, d’implosions, je me suis trouvée recroquevillée, comme ces souvenirs qui se cachent. Ils se présentent à moi, je les soupçonne de taire des détails. Je regarde la lune, le temps, que font-ils, ils me narguent. Un grand œil blanc, aussi blanc que le noir des yeux de poissons morts, sonnés par le coup violent assené sur leur tête vide, où leur pauvre existence de poisson résonne, un écho faute de son. Après tout, cet être fait de mon sang rêvait d’être un poisson, de joindre ces milliers d’êtres plus libres que nous dans le ventre de la vie. Ce stupide de frère, quelle idée il a eu, à présent dispersé, tes cendres vont dans l’air, pas en mer. Un jour, tu trouveras le repos, ta poussière d’âme quittera les alluvions et finira bien au fond, entre deux plaques tectoniques. </p>
<div align="center"><em>Comme l’air était frais</em> </div>
<div style="text-align:justify;">
<p>La nuit n’avait pas pris le large et l’horripilante brise saline s’infiltrait toujours avec une dégoûtante aisance dans mes narines. Le vide de mon estomac m’empêcha d’avoir un réflexe de régurgitation violente, que j’aurais sans aucun doute eu, avoir mangé quelque chose avant. Mes pieds réclamèrent la caresse apaisante de la poudre d’étoiles, d’étoile terrestre. Ce sable, bien moins traître que la mer, vous accueille en se déplaçant sous votre poids, sans jamais céder. Je ne pensais plus vraiment, sauf quand quelque chose piqua mon pied. Mon corps se retrouva à l’horizontal sans que j’aie eu à le décider. Ma chute m’avait mise hors de portée de ce que je supposai être un mollusque, mais je tenais à palper sa carapace de mes doigts. Finalement, la tension exercée dans mes bras me permit de saisir l’animal. Sortie du sable, je voyais bien qu’elle était vide. Mon frère l’avait connu, alors j’ai dit au petit cadavre de dire à mon frère, tu me manques, reviens, j’aimerai monter à bord de ton bateau (menteuse, je mentirais tant pour son retour), que vais-je faire et ces choses qui vous ennuient.</p>
<div align="center"><em>Le fantôme m’a regardée</em> </div>
<div style="text-align:justify;">
<p>Le regard d’une chose s’abattit sur moi sans prévenir. Mon esprit me joue des tours, des vieux réflexes. À l’improviste, des visions s’imposent à moi, réminiscences du passé qui explosent en frôlant ma joue. Je n’étais plus vraiment certaine d’avoir encore toute ma raison, je m’étalai de mon long, je sentis un souffle sur ma joue meurtrie, brûlante de fièvre et d’eau salée. Le passé emplissait mes poumons, j’étouffais. Pourquoi moi ? Je ne voulais pas me noyer ! Je me suis levée, pour décamper. Une voix me pressait de partir, de fuir ce lieu qui entraînerait ma perte. Je ne pouvais pas obéir à cette voix, même si je le voulais. Au contraire, j’ai encore rôdé sur la plage, comme cette histoire de mère chimpanzé qui traînait le corps inanimé de son bébé en niant sa mort. Mais moi, je n’avais rien de tangible à étrenner, rien de matériel qui aurait pu finalement me forcer à reconnaître que tout était vraiment fini. À la place, je courais après des souvenirs, des images insaisissables, des voix lointaines… tout cela flottait autour de moi vu que je ne pouvais pas chasser ma mémoire hors de moi-même. J’essayais, mais tout ce que j’arrivais à faire était ce nuage lugubre qui m’engluait dans mes mouvements. En fait, il y avait un peu de lui, de moi, de nous un peu partout. C’est comme si ça sortait de moi pour que je puisse regarder ces souvenirs cruels, puis que ça rentrait après violemment en moi pour que je sente l’irrationnel désespoir m’ébranler encore plus. Oui, ma mémoire formait un filet mouvant à l’entour de moi dont les jonctions des mailles étaient crochetées. </p>
<div align="center"><em>Le miracle du jour s’est produit, et s’est finalement répété les autres jours suivants</em> </div>
<div style="text-align:justify;">
<p>Tout ce temps, j’ai essayé de le comprendre. Encore maintenant, je ne fais que ça. Même maman essaie encore, et pourtant les mères connaissent si bien leur fils. La réaction de papa m’a laissée perplexe. Quelques mois après, il a proposé de louer un chalet sur la côté américaine, à trois cents mètre de la plage. En tout cas, s’il a comprit mon frère, il ne nous a pas compris du tout. Maman et moi, on pensait encore à lui au présent, et papa nous parlait de vivre à côté d’une marina ! C’est probablement parce que c’était devenu un tel tabou dans la famille que nous avons approuvé cette suggestion, parce que refuser aurait été sous-entendre nos motifs. Maintenant, le tabou s’est dissipé et je regarde parfois les bateaux accostés sans haut-le-cœur, sans rage, sans peine. Lorsque la nuit est claire, je m’aventure souvent sur la plage. Les premières minutes, tout me revient en tête : la cabane en bois, ma course, mes chutes dans le sable froid, ce tourbillon d’émotions. Aller sur la plage, recréer les circonstances de ma folie passagère, c’est ma façon de ne pas l’oublier. C’est le vrai dernier moment avec lui qu’on m’a offert, où tout son être m’accompagnait le long de la grève. La plage nocturne est ainsi devenue notre lieu de rendez-vous, et j’ai parfois l’impression qu’il me parle dans la mer noire du ciel. Et moi de lui répéter inlassablement : pourquoi ? Lorsque le silence céleste m’est trop pénible, la voix à la fois triste et joyeuse de Brel comble le vide et me chuchote des chansons à l’oreille. Je pense alors automatiquement à mon frère, qui aimait autant que moi écouter les histoires du bruxellois. Moi, c’était sur terre, lui, sur son bateau de fortune. Comme une bouteille à la mer.</p>
<p><em>Telle est ma quête,<br />
Suivre l'étoile<br />
Peu m'importent mes chances<br />
Peu m'importe le temps<br />
Ou ma désespérance<br />
Et puis lutter toujours<br />
Sans questions ni repos<br />
Se damner<br />
Pour l'or d'un mot d'amour<br />
Je ne sais si je serai ce héros<br />
Mais mon cœur serait tranquille<br />
Et les villes s'éclabousseraient de bleu</em></p>
<p>Quel idiot. Ne savait-il pas que les bateaux ne mènent pas aux étoiles, mais bien là où la Terre s’arrête?</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[L'oubli (archives)]]></title>
<link>http://zazaincalifornia.wordpress.com/2008/02/16/loubli-archives/</link>
<pubDate>Sat, 16 Feb 2008 15:02:06 +0000</pubDate>
<dc:creator>Z.</dc:creator>
<guid>http://zazaincalifornia.wordpress.com/2008/02/16/loubli-archives/</guid>
<description><![CDATA[« Trop de personnes. Trop de bruit. J’ai besoin de temps, d’une pause. Ça suffit, arrêtez tou]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<div style="text-align:justify;">« Trop de personnes. Trop de bruit. J’ai besoin de temps, d’une pause. Ça suffit, arrêtez tout ! Je vous en prie… »</p>
<p>Je n’ai eu qu’à y penser. Il n’a suffit que d’une petite pensée, d’une chose plutôt banale quand on y pense, pour changer cette journée. Tout s’était figé et la réalité semblait suspendue entre l’expiration et l’inspiration suivante.</p>
<p>Je n’ai posé aucune question. Je me suis levé, et j’ai apprécié le moment béni qu’on m’avait accordé. Je me suis promené dans les rues comme on se promène dans un musée de cire. Contemplatif, je n’ai pas osé tenter toucher quoique ce soit, de peur de rompre la magie. Puis, lentement, j’ai oublié la raison pour laquelle j’avais voulu si ardemment suspendre le temps. J’ai oublié le bourdonnement de la ville, maintenant qu’il s’était envolé avec le temps. J’ai oublié ses yeux, ses yeux de fauve à l’appétit cruel, j’ai oublié ses chevilles délicates, j’ai oublié son mépris de ma personne, j’ai oublié que je me détestais en tant qu’objet de son aversion, j’ai oublié la façon dont elle m’a dit « Arrête, Manuel, c’est fini » et la façon dont elle est partie. Le miracle n’était peut-être pas que le temps soit suspendu, mais que ma mémoire ait pu défaillir au point d’oublier le vide qu’elle avait laissé en moi.</p>
<p>Je me suis mis à courir. Quoi de mieux que courir ? Courir et se faufiler entre des personnes immobilisées, courir et se sentir encore plus rapide, la sensation de vitesse décuplée par l’immobilité de tout ce qui ait pu exister dans le monde à ce moment. Je ne me souviens plus exactement dans quelle partie de la ville je me suis retrouvé à la fin de ma course contre moi-même, mais je sais que le temps n’avait pas encore repris son cours. La crainte que si j’évoquais, même en pensées, cette idée, que le sablier recommencer à couler et le sable à chuter, qu’il m’entraîne dans sa chute m’amena à encore plus apprécier l’instant. Moi, Manuel, vaincu et invincible pourtant, chétif mais puissant, puissant dans ces minutes volées à l’éternité, j’ai trouvé ma place dans l’univers.</p>
<p>Puis, d’un pas plus lent, je me suis dirigé vers son appartement. J’ai pris les escaliers, l’ascenseur étant figé depuis probablement une heure. J’ai tourné doucement la poignée de la porte 1280 et l’entrebâillement ne me laissa rien voir. Puis, je l’ai vue. Elle était assise en tailleur, elle avait le combiné de téléphone à l’oreille et trônait, juchée sur le comptoir de la cuisine. Elle était si belle, mais ma mémoire m’a fait défaut une nouvelle fois. Plutôt, je me suis souvenu à nouveau de nos dernières disputes, de ses derniers regards glacés et de notre adieu violent. J’ai oublié le temps, le temps qui de toutes façons avait arrêté de compter pour moi les secondes, j’ai oublié que j’avais connu ce souffle d’exaltation et d’adrénaline après tout ce mélange chimique et surtout mortel que j’avais pris.</p>
<p>Il n’y a pas d’inspiration suivante. Il n’y a rien avant, pendant et après. Je suis resté dans ce <em>no man’s land</em> temporel pour toujours. J’y suis encore. Et vous savez quoi ? Avant de mourir, ne serait-ce qu’un instant, les rôles s’inversent. Leur existence est suspendue, la vôtre, la mienne, vit plus que jamais. J’attends de respirer de nouveau et de m’éteindre, j’attends la fin. </p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Jeanne dit]]></title>
<link>http://zazaincalifornia.wordpress.com/2008/01/21/jeanne-dit/</link>
<pubDate>Tue, 22 Jan 2008 03:08:38 +0000</pubDate>
<dc:creator>Z.</dc:creator>
<guid>http://zazaincalifornia.wordpress.com/2008/01/21/jeanne-dit/</guid>
<description><![CDATA[Je suis un oiseau
Qui est tombé de haut
Je traîne ma peine
Une larme qui coule
J&#8217;ai dans la ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><DIV STYLE="text-align:right"><em>Je suis un oiseau<br />
Qui est tombé de haut<br />
Je traîne ma peine<br />
Une larme qui coule<br />
J'ai dans la gorge une boule<br />
Comme une pierre qui roule<br />
Perdue l'innocence des jours<br />
Passés dans la cour de l'école<br />
Du bonheur, j'en ai pas<br />
Y en a que pour Pierre et Paul</em></em><br />
</DIV><DIV STYLE="text-align:justify"><br />
Foutus autobus, jamais fichus d’arriver à l’heure. J’ai mis mon tailleur gris avec des raffinées lignes roses, que je réserve pour les grandes occasions. Voyez-vous, il s’agit de la première entrevue depuis des lustres. J’étais journaliste pour les publications sporadiques dans ma jeunesse d’étudiante, mais je n’avais jamais envisagé sérieusement le journalisme. La médecine, le droit, l’actuariat, mais le journalisme? Enfin, le voilà! Laissez-moi vous dire que je dors péniblement depuis quelques jours, angoissée à l’idée que cette entrevue puisse déterminer le fil de ma carrière. Si seulement les gens pouvaient faire preuve de civisme, ne pas laisser leurs sacs dans l’allée. Merci, mademoiselle Quelle-humanité-de-merde, avec tes trois piercings et ton jeans troué, de ne pas débarrasser ton sac du siège que je pourrais potentiellement occuper. Regard hargneux : elle s’assure de bien marquer son territoire. Bon… Exactement, non, je n’ai jamais voulu être journaliste, mais il y a de ces choses qu’on ne peut prévoir, c’est moi qui le dis… Enfance malheureuse? Sûrement pas. Si j’ai ces tics nerveux, c’est plutôt dès l’adolescence que je les ai développés. Non, je n’avais pas trois piercings, mais quelques paires de jeans troués. Absolument rien à voir avec le remariage de ma mère avec un ivrogne fini; j'avais 7 ans. Je ne souciais pas de cet imbécile, quoiqu’il ait pu faire.<br />
</DIV><DIV STYLE="text-align:right"><br />
<em>Jacques a dit : "Cours"<br />
Jacques a dit : "Vole"<br />
Mais pas le jour où je décolle<br />
Jacques a dit : "Cours"<br />
Jacques a dit : "Aime"<br />
J'ai beau t'aimer, tu pars quand même<br />
Jacques a dit : "Marche"<br />
Jacques a dit : "Rêve"</em><br />
</DIV><DIV STYLE="text-align:justify"><br />
Voilà que je tombe sur un article, paru dans le journal. « Dénichez le job idéal». Je ne crois pas vraiment en ces recettes, je n’aime pas qu’on m’aide à diriger ma vie. Mais je suis curieuse – j’ai lu l’article et essayé la méthode suggérée. Faire une liste, me renseigner sur les métiers, etc. Et me voilà, debout dans un autobus débordant, grouillant… eh Monsieur, faites attention à votre coude, ayez un minimum contrôle de votre corps! Non mais… Je n’ai jamais vraiment eu peur de la vie; même si la vie, comme je l’ai lu je ne sais plus trop où, la vie c’est une maladie incurable. Petit dictionnaire des idées préconçues sur la folie, ça me revient. Intéressant ouvrage, notez le titre. Un petit truc de rien, mais voilà. Dans un prochain reportage? Tout dépend de celui que je vais faire d'un instant à l’autre, ne sautons pas d’étape. Il faut simplement attendre de sortir du trafic… Mon mari? Ce qu’il en pense? Ce qu’il pense? Non, ça va, j’avais compris. J’ai simplement un peu de mal à associer le mot « mari » et « penser », le mien n’a jamais été exemplaire en la question. Heureusement, j’ai plein d’amies qui m’encouragent, des anciennes collègues, des membres de mon club sportif. Tout le monde me supporte, si mon mari devait en faire de même, j’aurais ma dose de cheerleading, non merci.<br />
</DIV><DIV STYLE="text-align:right"><br />
<em>Me fait tant marcher que j'en crève<br />
Jacques a dit : "Certes, je lui pardonne"<br />
Jacques est un rêve, pas un homme</p>
<p>Reste<br />
Une mélancolie cachée<br />
Sous mon manteau de pluie<br />
Qui traîne encore<br />
Je ne sens plus le vent dans mes voiles<br />
Dis-moi à quoi me sert mon étoile<br />
Si je perds le Nord ?<br />
Mes îles, je les ai méritées<br />
Mes ailes, je [ne] les ai pas volées<br />
J'ai tout fait comme tu m'as dit<br />
Mais le rêve s'évanouit</em><br />
</DIV><DIV STYLE="text-align:justify"><br />
J’ai des grandes ambitions, c’est vrai. Parfois je me vois au chevet de Benoît XVI, « quel est le dernier mot que vous voulez adresser à l’humanité », mais c’est plutôt pour rire. N’empêche, les grandes cérémonies m’ont toujours touchée. Lady Diana, entre autres. Le silence respectueux, les roses, la photographie officielle sur le cercueil, les grands discours. Est-ce un sourire en coin que je vois? Pourtant, ce n’est pas matière à rire. Je regarde souvent la nécrologie, et je vais assister aux funérailles qui sont le plus prometteuses. Lorsque les membres mentionnés de la famille sont au nombre d’au moins quatre, c’est un beau buffet assuré. Allocutions émouvantes, en plus.<br />
</DIV><DIV STYLE="text-align:right"><br />
<em>Jacques a dit : "Cours"<br />
Jacques a dit : "Vole"<br />
Mais pas le jour où je décolle<br />
Jacques a dit : "Cours"<br />
Jacques a dit : "Aime"<br />
J'ai beau t'aimer, tu pars quand même<br />
Jacques a dit : "Marche"<br />
Jacques a dit : "Rêve"</p>
<p>Jacques a dit, certes, des tas de choses<br />
Mais sur la vie, pas toutes roses</em><br />
</DIV><DIV STYLE="text-align:justify"><br />
C’est mon arrêt! Laissez-moi sortir! Je veux desc… – C’est mon arrêt! Quelqu’un, dites au chauffeur que je veux descendre. Sinon, je vais être en retard, il ne faut surtout pas que je sois en retard! Non, je ne veux pas marcher un coin de rue. Non, je vous l’ai dit! Ah, ce n’était pas trop tôt! Tassez-vous, faites-moi une petite place pour passer. Merci, c’est gentil, merci beaucoup, pardon, enfin sortie. De l’air pur. J’aime respirer l’air d’hiver. Tonique. Agréable. Suis revigorée, on y va. Mais c’est pas vrai! Il n’a pas manqué son coup, ce chauffard! Et voilà que tout mon pantalon est fichu… je ne peux pas me présenter comme ça, qu’est-ce que je vais dire? Bêtement la vérité? Surtout pas, j’aurais l’air banale. Je pourrais, ah oui! … à y penser, non…<br />
</DIV><DIV STYLE="text-align:right"><br />
<em>Jacques ne dit pas tout<br />
Jacques ne dit mot<br />
Jacques ne sait pas ce qu'on vit<br />
Jacques ne sait pas que c'est tout gris</p>
<p>Jacques a dit : "Cours"<br />
Jacques a dit : "Aime"<br />
J'ai beau t'aimer, tu pars quand même<br />
Jacques ne sait rien de la vie</p>
<p>Jacques a dit : "Marche"<br />
Jacques a dit : "Rêve"<br />
Me fait tant marcher que j'en crève<br />
La vie, c'est tout gris</em><br />
</DIV><DIV STYLE="text-align:justify"><br />
Et j’ai l’air de quoi là? À me parler toute seule, dans une langue que personne ne connaît. Je les ai vus, les regards sur la déviante, sur la fêlée. C’est plus fort que moi, je ne peux pas m’en empêcher. Il y a le petit libraire qui me connaît, ça fait dix ans qu’il me voit fait mes simagrées, c’est bon. Ces inconnus dans la rue, eux non. Quelle entrevue? Pas vraiment, ce n’était pas ce genre d’entrevue. En fait, je ne l’ai pas dit parce que j’ai honte. C’est une évaluation, évaluation, c’est le mot? ...et me voilà encore à monologuer dans une langue que personne ne connaît. Une langue imaginaire que personne ne connaît. Une langue imaginaire que personne ne… une langue imaginaire que personne… une langue imaginaire que… une langue imaginaire… une langue… une…<br />
<em></DIV><DIV STYLE="text-align:right"><br />
Jacques a dit : "Bois"<br />
Jacques a dit : "Mange"<br />
Moi j'ai grandi, mais rien ne change<br />
Jacques a dit : "Vague"<br />
Jacques a dit :"S'cours"<br />
Mais ne connaît rien à l'amour<br />
Jacques a dit : "Chante, c'est une vie"<br />
Moi je déchante peu à peu<br />
Jacques a dit : "Certes, je lui pardonne"<br />
Jacques est un rêve, pas un homme.</em></p>
<p>Christophe Willem, Jacques a dit, Inventaire</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Rencontre dans le tram]]></title>
<link>http://mitchelle.wordpress.com/2008/01/18/rencontre-dans-le-tram/</link>
<pubDate>Fri, 18 Jan 2008 14:50:12 +0000</pubDate>
<dc:creator>mitchelle</dc:creator>
<guid>http://mitchelle.wordpress.com/2008/01/18/rencontre-dans-le-tram/</guid>
<description><![CDATA[
La dernière expérience d&#8217;Eliott : il rentre chez lui en tram : là, une blonde. Mignonne, ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://mitchelle.wordpress.com/files/2008/01/tram-lyon.jpg" title="tram-lyon.jpg"><img src="http://mitchelle.wordpress.com/files/2008/01/tram-lyon.jpg" alt="tram-lyon.jpg" /></a></p>
<p style="margin-bottom:0;">La dernière expérience d'Eliott : il rentre chez lui en tram : là, une blonde. Mignonne, négative, hautaine, elle le fixe. Il soutient le regard.</p>
<p style="margin-bottom:0;"><i>Encore une lolita qui provoque une minute avant de rebrousser illico.</i></p>
<p style="margin-bottom:0;"><i>L</i>es gens se bousculent pour entrer : la blonde le suit et s'assoit à côté. Eliott descend à Saint-André, il pleut des cordes. La fille lui emboîte le pas. En passant devant l'église, signe de croix virtuel : Eliott marmonne : « Faites qu'au milieu du vent gisent deux beaux oiseaux en pleine étreinte ». Il ralentit la marche; la fille suit son pas; tout est dans le fantasme; le regard; l'électricité. Rien de bien palpable. Pourtant il pleuvait fort sur la grand route, gouttes au front, elle était là, qui cheminait sans parapluie. Il se retourne, la regarde et lui dit : « Vous voulez profiter un peu de mon parapluie ? »</p>
<p style="margin-bottom:0;">La fille n'a pas hésité une seconde. Ils marchent ensemble. Elle lui propose de boire un verre dans un bar.</p>
<p style="margin-bottom:0;">Ils s'installent. Sortent du bar. Eliott la suit. L'ascenseur de bois, petit, étroit, les amène au 3e étage. En apesanteur.</p>
<p style="margin-bottom:0;">Ils boivent à nouveau, puis la fille colle ses lèvres à celles d'Eliott. Les mains habiles enlèvent le pull, toutes les couches jusqu'à l'épiderme. Il embrasse, baise, suce, lèche. Le corps de la fille est mince; sans fesses; sans chair; sans formes; il glisse osseux entre ses mains.</p>
<p style="margin-bottom:0;">La fille saisit ce qu'il reste de mou, étrangement et désespérément mou. Ce jour-là Eliott n'a pas bandé.</p>
<p style="margin-bottom:0;">Peut-être trop vu de pornos, charnues, gonflées ? Ou bien tout est allé trop vite. La pénétration est parfois un sacerdoce qu'on n'accorde pas aux inconnues du tram; et puis cette blonde n'avait pas fait grand chose pour l'endurcir.</p>
<p style="margin-bottom:0;">Une fois sorti de chez elle, ses oreilles ont flâné contre le coin de la porte. La fille appelait sa meilleure amie : « J'ai rencontré un mec, dans le tram, tu devineras jamais ! Je l'ai fait monter chez moi, on était sur le point de baiser mais il bandait pas! Tu crois que je l'excite pas?»</p>
<p style="margin-bottom:0;">&#160;</p>
<p style="margin-bottom:0;">&#160;</p>
<p style="margin-bottom:0;">&#160;</p>
<p style="margin-bottom:0;">&#160;</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Un bref séjour]]></title>
<link>http://zazaincalifornia.wordpress.com/2008/01/15/un-bref-sejour/</link>
<pubDate>Tue, 15 Jan 2008 17:22:05 +0000</pubDate>
<dc:creator>Z.</dc:creator>
<guid>http://zazaincalifornia.wordpress.com/2008/01/15/un-bref-sejour/</guid>
<description><![CDATA[Une silhouette se frayait un chemin dans l’air oppressant de l’ancien bâtiment et le bruit des ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><DIV STYLE="text-align:justify">Une silhouette se frayait un chemin dans l’air oppressant de l’ancien bâtiment et le bruit des talons résonnait dans l’immensité du corridor. Le plancher de bois poli vibrait sous les pas timides de Luc, les amplifiait pour en exprimer la nature réelle : quitter un lieu qu’il n’aurait jamais dû avoir à quitter, voilà pire que tout le poids du monde. Il laissa ses clés à la réceptionniste, puis se dirigea vers son automobile. Une fois rendu dans la chambre d’hôtel, Luc alluma la lampe d’un geste incertain, et se décida à mettre de la musique. Il s’allongea sur le lit, ne pensa pas à s’allumer une cigarette, ni à prendre un livre. Fixer le plafond blanc lui suffirait, et avec un peu de chance lui permettrait de faire le vide.<br />
<em></DIV><DIV STYLE="text-align:right"></p>
<p>“ What we learned here is love tastes bitter when it's gone<br />
Past yourself forget the light, things look dirty when it's on<br />
Funny how it comes to pass, that all the good slips away<br />
And there's no one around you can remember being good to you </em></p>
<p></DIV><DIV STYLE="text-align:justify"><br />
Il jeta un regard vers la table de chevet pour s’apercevoir de la maigre compagnie d’un journal. Tendant le bras, il s’aperçut que c’était les nouvelles de la veille. Il aurait aimé pouvoir croire que le temps s’était bel et bien arrêté, et avec un peu de chance la Terre pourrait reprendre son élan dans le sens inverse, reculer le temps, effacer les catastrophiques jours précédents. Malheureusement, son imagination avait ses limites et le point qui le tenaillait au ventre ne s’estomperait pas à l’aide de simples fabulations. Il fallait faire face à la situation, avant qu’elle le submerge complètement.<br />
</DIV><DIV STYLE="text-align:right"><br />
<em>Shame, shouldn't try you, couldn't step by you<br />
And open up more<br />
Shame, shame, shame </em><br />
</DIV><DIV STYLE="text-align:justify"></p>
<p>Qu’avait-il pu faire de travers? Cette question ressemblait à une énigme dont il n’y avait pas de solution. Des détails minimes, une tache sur sa cravate, une petite erreur de frappe dans une lettre, un retard du courrier, une femme jalouse, mais encore? Jusque là, il s’en était toujours bien tiré. Aucune raison de croire que tout avait pu basculer si brutalement. Réduit à une chambre occupation simple, il ne croyait pas que le hasard seul expliquait cette descente aux enfers.<br />
</DIV><DIV STYLE="text-align:right"></p>
<p><em>What we lost here is something better left alone<br />
Second steps have been forgotten, will you tell me how they go<br />
Set yourself, situate, like a fool try again<br />
There's no one around you can remember being good, for you </em><br />
</DIV><DIV STYLE="text-align:justify"></p>
<p>Malgré ses efforts rationnels, Luc n’arrivait pas à comprendre comment, avec son dos voûté, sa discrétion naturelle, ses gestes délicats et surtout, avec son extraordinaire banalité, des évènements semblables pouvaient jalonner sa vie. Après l’inattendu décès de sa mère, vint un licenciement hâtif et pour couronner le tout d’une séparation précipitée. La vie lui livrait une lutte acharnée, dont il se désignait perdant d’avance. Il ne suffirait que d’un autre malheur pour qu’il s’effondre, K.O.<br />
</DIV><DIV STYLE="text-align:right"></p>
<p><em>We never thought we'd get so troubled<br />
We could never think that much<br />
It should never get this bad </em><br />
</DIV><DIV STYLE="text-align:justify"></p>
<p>C’est alors qu’une douleur traversa son corps de la tête aux pieds, au moment précis où il prenait la ferme résolution de réparer tout ce qui était cassé dans sa vie. Il aurait probablement dû commencer par son cœur, fragile de naissance. Dans son dernier souffle, il crû sentir un subtil effluve de ce parfum sublime que mettait sa femme lors des grandes occasions, et il ferma les yeux.<br />
</DIV><DIV STYLE="text-align:right"><br />
<em>So let the wind blow you, across a big floor<br />
But there's no one around who can tell us what we're here for<br />
Funny in a certain light, how we all look the same<br />
And there's no one in life you can remember ever stood<br />
For you, so…”</p>
<p>Matchbox 20, Shame, Yourself Or Someone Like You<br />
</em></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Fantaisie]]></title>
<link>http://zazaincalifornia.wordpress.com/2007/12/19/fantaisie/</link>
<pubDate>Wed, 19 Dec 2007 07:29:33 +0000</pubDate>
<dc:creator>Z.</dc:creator>
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<description><![CDATA[Les phares de la voiture repoussaient la noirceur comme des conquistadors modernes, mais la lumière]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><DIV STYLE="text-align:justify;">Les phares de la voiture repoussaient la noirceur comme des conquistadors modernes, mais la lumière fuyait sans cesse le véhicule. Jamais l’engin n’accédait cette zone lumineuse, pourtant créé par lui-même.</p>
<p>J’avançais dans la vie ainsi, où les jours sans histoires se succédaient, telles des pages d’un roman d’aventures qu’on aurait déchirées et lues dans le désordre. Au fil des ans, la vie me décevait jusqu’à tuer insidieusement toute attente envers elle. À cet instant, je vivais les évènements comme on vit une phrase : sujet, verbe, avec un  peu de chance il y avait un complément. Je croisais sur ma route des personnages tantôt anecdotiques, tantôt grotesques, tantôt précieux, parfois sublimes. Ceux qui figuraient dans la dernière catégorie avaient en fait une essence qui leur était bien propre. Il m’arrivait de m’imprégner de leur aura, mais chaque fois je me donnais l’impression de n’être qu’un triste pastiche. Triste, car bien que fort réussi, il ne l’était pas assez pour me convaincre. Rapidement, je finis par être cette coquille vide, un refuge désolé qui ne semblait qu’attendre un futur arrivant qui n’arrivait point. Cela de façon non-péjorative : on pouvait toujours entendre la mer si on blottissait son oreille contre mes lèvres. Je murmurais un rêve évanescent, sans prétention. Cette berceuse salée dont l’écoute pouvait faire rêver seuls les contemplatifs, évoquer milles souvenirs inexistants. Cette chanson était un<br />
espoir naïf et enfantin, qui ravivait mon acharnement dans les moments les plus durs. Justifier mon existence fut en fait ma seule raison de continuer à cheminer à travers les secondes, les minutes, les heures. À y repenser, c’est un tel désir insensé qui amena ma déception, alors inévitable. <img src='http://zazaincalifornia.wordpress.com/files/2008/01/arcenciel.jpg' alt='Arc-en-ciel' align="right"></p>
<p>Puis, il y eut cette averse d’été. Parfois, la tournure du cours de évènements devient si limpide, si claire, qu’il se produit ce miracle de sagesse. Le brouillard devant les secrets de la vie se lève et on entraperçoit l’immensité de ce monde. Pourtant, alors qu’entre le rideau et le parquet parvenait cette fine ligne de lumière, l’ombre la suivait comme fidèle compagne. Je réalisai rapidement la furtivité de cette vue incroyable que j’avais eu sur le cours des choses. Ce rideau n’était nul autre que mes paupières, lorsque le moment de grâce fut rompu par ma peur de cette vision sublime. Oui, la peur de pouvoir assister à un tel spectacle, la vie, sans pouvoir en jouir pleinement, sans un profond sentiment d’appartenance, me tenaillait. Après avoir vu la grandeur de l’Univers tel que peut le concevoir l’esprit, il me semblait que ma petitesse avait foulé des sols qui devaient rester d’elle  inconnus.</p>
<p>Et puis, chaque jour n’était qu’une lettre. Certains faisant de leur vie des dictionnaires, ou des romans, ou bien des livres d’algèbre avec mille inconnues. Mais moi, mes lettres semblaient désordonnées, sans jamais créer de mot intelligible. Était-ce normal, devais-je tirer des conclusions de cela? Parfois, un mot perdu cognait timidement à ma porte, et je me pressais de le mettre en cage pour qu’il ne m’échappe plus. Il fanait et il n’existait pas de mot artificiel pour le remplacer. Je contemplais donc muettement la pièce sévère qui regardait les jours tourner les aiguilles de ma vie. </p>
<p>Un jour, le mot bonheur se desséchant lentement, je pris tout ce qu’il m’avait été permis de courage et je décidai de souiller ces sols dont je m’étais moi-même bannie. Je fonçai de l’autre côté du rideau et me retrouvai devant un public ébahi, des projecteurs éblouissants plein les yeux. J’avais rencontré des gens à l’aura puissante, mais je rencontrai, là, des auras personnifiées. Je me souviendrai longtemps de ce cirque d’acrobates funambules entre l’homme et la bête, dont le tonnerre claironnait sans vergogne. Parfois, le vertige me prenait : la vie me bombardait de complément, sans sujet, sans verbe. Les Grandes Idées défilaient devant moi, faisaient des sourires enjôleurs, je ne savais plus dans quelle direction regarder.</p>
<p>Mais tout cela, ce n’était qu’une supernova. Je fus ramenée rapidement dans ce monde qui m’était trop familier, ce monde exigu et sombre, où les couleurs s’agençaient étrangement. Mes yeux semblèrent plus sensibles qu’à l’habitude à ces bizarreries, alors que tous y semblaient accoutumés. L’habitude et l’impossibilité de voir autrement s’étaient posées sur leur nez et voilaient la réalité. Je n’eus pas le courage de lutter contre cet aveuglement, sachant que je n’avais pas la force nécessaire pour les amener hors de la caverne.</p>
<p>Et la supernova devint ce qu’elle est vouée à devenir.</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Une autre histoire qui finit mal]]></title>
<link>http://zazaincalifornia.wordpress.com/2007/12/13/une-autre-histoire-qui-finit-mal/</link>
<pubDate>Thu, 13 Dec 2007 23:34:53 +0000</pubDate>
<dc:creator>Z.</dc:creator>
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<description><![CDATA[C’était deux pieds. Qui avançaient côte à côte, où l’un suivait invariablement l’autre. ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><DIV STYLE="text-align:justify;">C’était deux pieds. Qui avançaient côte à côte, où l’un suivait invariablement l’autre. Puis, une poursuite rapide après nul ne sait quoi. L’un des pieds rencontre un obstacle inconnu, glisse, se dérègle autour de son articulation. À partir de là, l’autre pied devra traîner son compagnon jusqu’à ce que l’amputation soit inévitable.</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Cygne]]></title>
<link>http://zazaincalifornia.wordpress.com/2007/12/10/cygne/</link>
<pubDate>Tue, 11 Dec 2007 02:45:31 +0000</pubDate>
<dc:creator>Z.</dc:creator>
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<description><![CDATA[La petite lâcheté quotidienne. Elle s’assoit sur un banc de métro, sur un banc d’autobus, sur]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>La petite lâcheté quotidienne. Elle s’assoit sur un banc de métro, sur un banc d’autobus, sur un banc passager. Et ça avance. Ça quoi? Vers quoi? Avancer, il faut la destination, bien sûr. Et c’est cela qui fait défaut. Elle a toujours été à bord de cette massive machine. Par exemple, de ce train immense qui fait enfoncer les rails dans le sol, les rails qui ploient sous le poids des âmes qu’il transporte. Mais elle doit choisir un arrêt, prendre le cap quelque part. Il lui en est pourtant impossible; c’est la passagère des allers-retours.</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Écran]]></title>
<link>http://zazaincalifornia.wordpress.com/2007/12/09/ecran/</link>
<pubDate>Mon, 10 Dec 2007 02:28:32 +0000</pubDate>
<dc:creator>Z.</dc:creator>
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<description><![CDATA[Il y a beaucoup de gens anonymes, sur cette grande place. Beaucoup de gens qui se livrent peu, qui d]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a beaucoup de gens anonymes, sur cette grande place. Beaucoup de gens qui se livrent peu, qui demandent beaucoup. Le marché est vaste, la demande grande, l'offre forte. Pourtant, le prix à payer reste dérisoire: pourquoi payer alors qu'on ne fait que regarder? Ces gens emportent tout de même une partie de nous, une partie de notre vie avec eux, et voilà je crois que ne rien donner en retour c'est s'endetter inévitablement avec la vie. Nous, nous ne pouvons pas les poursuivre en brandissant une facture impayée, mais la vie, elle, le peut. Un jour, à force de garder leur distance, ils se retrouveront seuls. Et ce sera le prix à payer. </p>
<p>Ils seront là, ces anonymes, après la fermeture du marché, sur cette grande place déserte. Je ne m'en réjouis pas, je constate.</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Petite histoire (de vieilles archives)]]></title>
<link>http://zazaincalifornia.wordpress.com/2007/11/26/petite-histoire-de-vieilles-archives/</link>
<pubDate>Mon, 26 Nov 2007 22:24:25 +0000</pubDate>
<dc:creator>Z.</dc:creator>
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<description><![CDATA[Il se lève. Il est tard, déjà trop tard. Trop tard pour quoi? Il ne le sait guère, mais il press]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>Il se lève. Il est tard, déjà trop tard. Trop tard pour quoi? Il ne le sait guère, mais il pressent la réponse qui ne tardera pas. D’une geste faussement assuré, il pousse sa chaise contre la table. Les derniers clients quittent le comptoir. Peut-être pense-t-il à quelqu’un, peut-être tout simplement à la facture d’électricité qui n’attend qu’à l’endetter encore plus. Chose certaine, il anticipe avec un zèle inavoué la prochaine croisée des chemins, où il devra choisir une direction. En ce moment, la direction se limite à trois options : reculer, avancer ou ne rien faire. Mais ne rien faire se résumerait à anticiper éternellement et il ne peut s’y résoudre. Dans un élan d’enthousiasme déréglé, il commence une course à toute allure. Rien ne l’arrête, il veut tout vivre tout faire, parce qu’il craint de passer à côté de sa vie. Mais il accélère si fortement sa cadence que tout devient flou, embrouillé. Tant mieux, il ne voit ni les croisées des chemins, ni les panneaux d’indication. Cela lui évite de faire des choix, surtout les mauvais. Mais aussi les bons. Il vit, il poursuit une course folle contre quelque chose qu’il ne peut nommer. </p>
<p>Il ignore que dans sa route, au beau milieu de la chaussé, se trouverait une personne. Cette personne, elle était là, à zigzaguer calmement sans rien demander à personne. Mais elle a sentit le vent sur sa jour, humé la catastrophe imminente. Avant de pouvoir parer la menace, elle s’est retrouvée hors de piste, hors circuit. Elle a regardé la fusée qui filait déjà au loin. Depuis, elle regarde les étoiles et fabule au sujet de la planète où la fusée peut bien être rendue. Comme souvenir, elle gardera une épaule démise et une bouton de chemise encore en apesanteur. </p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Quelque part entre les frontières de l'infini]]></title>
<link>http://zazaincalifornia.wordpress.com/2007/10/15/quelque-part-entre-les-frontieres-de-linfini/</link>
<pubDate>Mon, 15 Oct 2007 04:41:16 +0000</pubDate>
<dc:creator>Z.</dc:creator>
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<description><![CDATA[C’est quelque chose que j’imagine durement, que je ne conçois pas aisément. Mais beaucoup de c]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>C’est quelque chose que j’imagine durement, que je ne conçois pas aisément. Mais beaucoup de choses échappent aux méandres de mon imagination, j’en suis fort heureuse. Cela démontre que les choses ont une vie propre, qu’elles continuent d’exister hors de mon esprit. Parfois je les rattrape, sans le savoir, ou je perds complètement leur trace et m’égare à leur compte, sans le savoir. Lorsqu’elles recroisent ma connaissance, je les retrouve parfois comme des vieilles habitudes, ou alors elles sont méconnaissables et transformées. </p>
<p>Cette imagination est un désert aride avec ses journées ardentes et ses nuits polaires, ses plaines arides et ses oasis verdoyant. On y trouve une solitude mêlée à la vie enfouie sous le sable, où y parcourir l’éternité ou un centimètre ne change rien au paysage. Parfois, on y trouve un puits, et parfois, un blondinet qui quête un mouton. J’emprunte des références essentielles, des passages de correspondance où, éclairée par l’inspiration, je produis quelque chose qui me plaît. </p>
<p>Et chaque mot qui circonscrit mon imaginaire a son histoire, sa raison d’être où il est, car même les coïncidences ne sont pas par hasard. Je ne prévois pas tout, le destin s’en charge à ma place. Certaines notes représentent des moments charniers du grand changement, alors que d’autres n’en sont que des témoins subtils. </p>
<p>À présent, je trouve triste de quitter ce prétexte, d’être libérée de cette obligation qui me liait pourtant à d’autres. Ce fourmillement humain, qui m’abrutit certes, me permet de me fondre dans la masse et m’a permis d’en tirer quelque chose de plus grand. J’essaie de voir en l’humain unique un humain universel, cet hybride entre le bien et le mal. Celui-ci a ses propres doutes, ses propres certitudes. Et comme on considère que une théorie valable permet d’expliquer les choses et de les résoudre, de la changer, la confirmation de mon condensé d’humain est une grande récompense.</p>
<p>Souvent je m’y reconnais, et je me rassure en supposant que la plupart des humains connaissant le doute s’y reconnaîtraient également; nul n’est plus commun que la peur de la vie. Oui, cette peur de la vie, car n’est-elle pas source de toutes nos angoisses? La vie me semble ni faste, ni parcimonieuse. Surtout en ces temps, où elle s’assure scrupuleusement de distribuer sur ma route lassitude et exaltation, me laissant libre de vivre ces événements dans le bonheur ou non. </p>
<p>Par exemple : tantôt, j’étais là, assise. Je lisais les mots écrits dans un passé qui me semble lointain. Une idée s’est emparée de mon esprit sans fuite possible. Je ne pensais plus au personnage si élégamment décrit, ni aux mots de velours qui guidaient mon regard sur l’écorce raffinée. Il m’est venu l’image d’un homme, gribouillant dans un cahier bon marché, et cherchant ses mots qu’il avait, vraisemblablement, trouvé. Du moins, après maints efforts, puisque je les lisais. Ce recueil de nouvelles entre les mains, c’était comprendre le sens du mot richesse.</p>
<p>Rien ne sera jamais assez grand, rien ne sera jamais assez beau. Suis-je condamnée à l’ascétisme?</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Sortie]]></title>
<link>http://zazaincalifornia.wordpress.com/2007/10/02/sortie/</link>
<pubDate>Wed, 03 Oct 2007 03:23:45 +0000</pubDate>
<dc:creator>Z.</dc:creator>
<guid>http://zazaincalifornia.wordpress.com/2007/10/02/sortie/</guid>
<description><![CDATA[L’image est forte
Mais le mouvement plus encore
Il trahit les fluctuations profondes de la personn]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>L’image est forte<br />
Mais le mouvement plus encore<br />
Il trahit les fluctuations profondes de la personne<br />
Je me connais bien<br />
Je ne dois pas oublier<br />
Que c’est une première de l’autre côté</p>
<p>Exposée au vent<br />
Rien de plus simple que de fermer les yeux<br />
Je me concentre sur ce temps qui passe<br />
Il est volage, sans obligations</p>
<p>Les doutes dans le regard fuyant<br />
Mes troubles me sont familiers<br />
Certains s’en acquittent bien mais d’autre moins<br />
J’ai bien peu d’égards pour l’extérieur<br />
Cela ne changera rien je ne sais<br />
Alors je me résous à l’inévitable<br />
J’essaie de ne pas perdre d’énergie</p>
<p>Le vertige me prend souvent<br />
Je ne sais pas quoi comprendre de ce qui arrive<br />
Dans ce monde à la dérive.</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Note 48 (extrait)]]></title>
<link>http://zazaincalifornia.wordpress.com/2007/07/24/note-48/</link>
<pubDate>Tue, 24 Jul 2007 13:21:04 +0000</pubDate>
<dc:creator>Z.</dc:creator>
<guid>http://zazaincalifornia.wordpress.com/2007/07/24/note-48/</guid>
<description><![CDATA[Give me your tired, your poor,
Your huddled masses yearning to breathe free,
The wretched refuse of ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><em>Give me your tired, your poor,<br />
Your huddled masses yearning to breathe free,<br />
The wretched refuse of your teeming shore.<br />
Send these, the homeless, tempest-tost, to me,<br />
I lift my lamp beside the golden door !</em> (Emma Lazarus)</p>
<p>C’est ainsi que l’Amérique accueille dans ses bras bien gras de milliers de sans-papiers. Le soleil se lève sur la journée bienheureuse qu’attendent des milliards de masses de chair bien dodues. Sur leur peau blanche de porcelets, se prélasse des rayons dorés. D’ici peu ils se réveilleront à l’aide de quelques notes mélodieuses, chantées mielleusement par des haut-parleurs résultant d’années d’évolution, partie d’un tout le plus noble créé par l’âme humaine.</p>
<p>Alors s’écoule l’éternité au paradis perdu, hallucinant l’ataraxie, <em>junkie</em> de la complaisance. Cette multiplicité d’évènements étriqués s’empilent pour former ce qu’on imagine être une société, une culture. Fierté frôlant le pathos, le discours national se dévide jusqu’à n’être plus qu’un épais fuseau de mots. </p>
<p>La piqûre de la Belle au Bois dormant ne dépend plus que d’une question de temps, et bientôt les rats pourront sortir des entrailles de la terre et envahir le royaume somnolant, il ne suffit que d’un peu de temps et tout recommencera.</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Équerre - c.n.q.]]></title>
<link>http://zazaincalifornia.wordpress.com/2007/07/16/equerre-cnq/</link>
<pubDate>Mon, 16 Jul 2007 06:15:02 +0000</pubDate>
<dc:creator>Z.</dc:creator>
<guid>http://zazaincalifornia.wordpress.com/2007/07/16/equerre-cnq/</guid>
<description><![CDATA[Dans mon cartable, je traîne trois feuilles. Sur l’une ce que j’aime, sur l’autre ce que je n]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>Dans mon cartable, je traîne trois feuilles. Sur l’une ce que j’aime, sur l’autre ce que je n’aime pas et sur la dernière ce que je voudrais ne pas connaître. Souvent j’hésite quant au choix de la catégorie des choses; j’opte donc pour les choses que je ne voudrais pas connaître. Je hais ce qui est entre deux, je souhaiterais trier les choses comme les idées dans ma tête. Je vais devoir rajouter une quatrième feuille pour la suite de ce que je voudrais ne pas connaître.</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[P.S.]]></title>
<link>http://zazaincalifornia.wordpress.com/2007/07/04/ps/</link>
<pubDate>Wed, 04 Jul 2007 23:25:05 +0000</pubDate>
<dc:creator>Z.</dc:creator>
<guid>http://zazaincalifornia.wordpress.com/2007/07/04/ps/</guid>
<description><![CDATA[Sublime, mais de courte durée.
]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>Sublime, mais de courte durée.</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Aujourd'hui - c.n.q.]]></title>
<link>http://zazaincalifornia.wordpress.com/2007/07/04/aujourdhui-cnq/</link>
<pubDate>Wed, 04 Jul 2007 16:05:25 +0000</pubDate>
<dc:creator>Z.</dc:creator>
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<description><![CDATA[Le ciel était limpide, l’humidité juste, le vent frais, le soleil affectueux.
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<content:encoded><![CDATA[<p>Le ciel était limpide, l’humidité juste, le vent frais, le soleil affectueux.</p>
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<title><![CDATA[Madame Lilie]]></title>
<link>http://zazaincalifornia.wordpress.com/2007/06/27/madame-lilie/</link>
<pubDate>Wed, 27 Jun 2007 20:05:15 +0000</pubDate>
<dc:creator>Z.</dc:creator>
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<description><![CDATA[Écrit avec J.B. pour un devoir en 2004. Il fallait continuer un extrait des extraits proposés. Je ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Écrit avec J.B. pour un devoir en 2004. Il fallait continuer un extrait des extraits proposés. Je me souviens encore qu'on pleurait de rire en l'écrivant, surtout en imaginant toutes les choses étranges qu'on pourrait y mettre :) Eh oui, je peux écrire avec un ton familier.</strong></p>
<p><em>À la radio, toujours ouverte en sourdine, une voix d’homme susurre une chanson romantique, des mots qui ressemble à « … une fourmi flottait dans sa margarita », le soleil danse sur le bouquet de fleurs posé sur la table, madame Lilie me tourne le dos et la machine à coudre ronronne doucement. (Alice Parizeau, Madame Lilie)</em></p>
<p>Soudain, elle se tourne vers moi, avec une drôle de lueur dans l’œil : </p>
<p>« Mon poussin, qu’est-ce que tu veux manger demain matin? Des crêpes ou des gaufres?»</p>
<p>Mon poussin, mon poussin… j’ai l’impression de n’avoir été qu’un poussin tout ma vie. Je prends une bouffée d’air et je réponds calmement :</p>
<p>« Grand-mère, ça ne me dérange pas. C’est comme tu veux. »<br />
« Je ferai des gaufres. »<br />
« D’accord. »</p>
<p>J’attends sa réaction, sachant qu’elle ne tardera pas.</p>
<p>« Wallace aime les gaufres, ajoute-t-elle, avec une mièvrerie sénile. »</p>
<p>Après un régime hebdomadaire de gaufres, je ferais bien de lui dire que son Wallace est mort. Comment vais-je lui annoncer cette fois-ci?</p>
<p>«  Wal…grand-père est mort, dis-je avec un brin d’impatience dans la voix. »</p>
<p>Moment de silence.</p>
<p>« Désolée mon poussin, j’avais encore oublié. »</p>
<p>Encore est un bien grand euphémisme. J’ai l’impression qu’elle nage dans un perpétuel oubli.</p>
<p>« Ah, je me souviens de le première fois que l’on s’est rencontrés Wallace mâchouillait un brin d’herbe avec un regard racoleur… »</p>
<p>Et elle poursuit l’interminable récit de son coup de foudre, qu’elle n’a pourtant pas oublié, de cet homme que je n’ai jamais connu. Pendant ce temps, je maudis mon arrivée dans cette baraque. Bordel! Nous n’avons même pas l’eau courante! La seule chose encore en état sur cette propriété est son potager. Ce « beau, magnifique, verdoyant… » potager dont je dois m’occuper tous les jours, sans quoi Madame Lilie le laisserait se décomposer.</p>
<p>« … il était si romantique quand nous nous sommes finalement mariés. »<br />
« J’imagine, dis-je placidement. »<br />
«Je t’ai dit qu’il aimait les gaufres? »<br />
« Oui, madame Lilie. »<br />
« Mais voyons, mon poussin, ne sois pas si coincé. Appelle-moi Lilie tout court. »<br />
« Oui Lilie. Je vais aux toilettes. »</p>
<p>Je me lève et je me dirige vers la cabine au fond du jardin. Je m’assois et je fais ce que j’ai à faire. Je me regarde dans le miroir d’occasion accroché sur le mur au niveau de ma tête, qui cadre ma barbe naissante et le col sale de mon chandail. J’avais maigri au cours de dernières semaines, peu nourri par la sénile dame chez qui j’avais atterri. Je sors des toilettes d’un pas allègre, m’assurant de ne point piétiner les patates de la vieille.</p>
<p>« Parle-moi de toutes ces années où tu n’es pas venu me rendre visite, mon poussin, me demande Lilie, une fois que je me suis assis. »<br />
« Hum… »</p>
<p>Il faut que j’invente tout ce que j’aurais pu faire. Outre frauder ma propre entreprise d’urinoirs pour femmes sans même bénéficier de cet argent, ma vie n’était qu’une série de fiascos amoureux. Néanmoins, Madame Lilie m’est encore utile. Je ne dois pas lui porter le coup fatal, du moins pas tout de suite : son cœur ne le supporterais pas.</p>
<p>C’est trop tentant. Je commence mon récit, tout en cherchant du regard un objet susceptible de remplir la tâche. Ça me contrarie de changer mes plans, mais je n’ai pas l’intention d’attendre qu’elle agonise dans sa sénilité. Je prends le vase sur la table et lui assène un coup vigoureux sur les quelques cellules cérébrales qui lui reste. Ensuite, je trouve mon argent et je me casse.</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Post-it]]></title>
<link>http://zazaincalifornia.wordpress.com/2007/05/25/post-it/</link>
<pubDate>Sat, 26 May 2007 00:34:45 +0000</pubDate>
<dc:creator>Z.</dc:creator>
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<description><![CDATA[POST-IT #1
Je peuple ce monde d’imaginaire
Parmi les fantômes qui errent
Les mélodies de parfum
]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><strong>POST-IT #1</strong></p>
<p>Je peuple ce monde d’imaginaire<br />
Parmi les fantômes qui errent<br />
Les mélodies de parfum<br />
Entre deux complets bruns<br />
Enveloppée de chimères<br />
J’essaie de trouver autre chose que la misère<br />
Entre tes bras<br />
Entre tes draps</p>
<p><strong>POST-IT #2</strong></p>
<p>Parfois j’ai un sentiment de déjà vu<br />
Même devant l’inconnu<br />
La résonnance entre nos doigts<br />
L’impulsion du toi et moi<br />
Blasés par la vie moderne<br />
Drapeau blanc en berne</p>
<p><strong>POST-IT #3</strong></p>
<p>Kamikazes volages<br />
S’égarant de la rive<br />
Chasseurs d’images<br />
Ne m’attends pas; j’arrive</p>
<p><strong><br />
POST-IT #4</strong></p>
<p>Deux étrangers se rencontrent<br />
Leurs regards se croisent<br />
Plus que leur âme<br />
Aveugles dans le noir<br />
Rien ne sert de pleurer, demain approche.</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Extrait de Carnet - notes quotidiennes (#15 &amp; 16)]]></title>
<link>http://zazaincalifornia.wordpress.com/2007/03/25/extrait-de-carnet-notes-quotidienne-15-16/</link>
<pubDate>Sun, 25 Mar 2007 17:24:39 +0000</pubDate>
<dc:creator>Z.</dc:creator>
<guid>http://zazaincalifornia.wordpress.com/2007/03/25/extrait-de-carnet-notes-quotidienne-15-16/</guid>
<description><![CDATA[IL
_Comme d’habitude. Il rien. Assit, mollusquement, mollusqueste, pitoyable et putride. Il n’a ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>IL<br />
_Comme d’habitude. Il rien. Assit, mollusquement, mollusqueste, pitoyable et putride. Il n’a pas éteint la télévision et elle est allumée depuis longtemps. Son visage est éclairé par les rayons lumineux qui changent sans cesse et personne ne pensera qu’il est peut-être en voie de décomposition, littéralement. Combien de temps encore sera-t-il là?<br />
NOTE #15</p>
<p>ELLE<br />
_Se met du fond de teint, du fard à joue, du mascara, du rouge à lèvres. Cachée derrière sa muraille translucide, elle jauge les autres à travers ses verres de contacts colorés. Elle voit aussi clairement que derrière une vitre en hiver dans laquelle se serait infiltrée la buée.<br />
NOTE #16</p>
]]></content:encoded>
</item>

</channel>
</rss>
