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	<title>gitan &amp;laquo; WordPress.com Tag Feed</title>
	<link>http://wordpress.com/tag/gitan/</link>
	<description>Feed of posts on WordPress.com tagged "gitan"</description>
	<pubDate>Sat, 11 Oct 2008 03:22:06 +0000</pubDate>

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	<language>en</language>

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<title><![CDATA[La 27e lettre]]></title>
<link>http://bdsnews.wordpress.com/?p=482</link>
<pubDate>Fri, 12 Sep 2008 02:12:30 +0000</pubDate>
<dc:creator>Percevoir</dc:creator>
<guid>http://bdsnews.fr.wordpress.com/2008/09/12/la-27e-lettre/</guid>
<description><![CDATA[ 
Pendant que le nazisme gangrène tout à Berlin, un enfant des rues va trouver refuge dans une ma]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p align="center"><span style="font-family:'Trebuchet MS';"><a title="la-27e-lettre-cv.jpg" href="http://bdsnews.wordpress.com/files/2008/03/la-27e-lettre-cv.jpg"><img src="http://bdsnews.wordpress.com/files/2008/03/la-27e-lettre-cv.thumbnail.jpg" alt="la-27e-lettre-cv.jpg" /></a> </span></p>
<p><span style="font-family:'Trebuchet MS';">Pendant que le nazisme gangrène tout à Berlin, un enfant des rues va trouver refuge dans une maison close de luxe. Ce monde va l’aider à grandir comme lui-même va aider ce petit monde grâce à son don pour rêver et pour raconter.</span></p>
<p><span style="font-family:'Trebuchet MS';">Cet album fonctionne comme un piège pour son lecteur. L’histoire a le ton simple et clair de ses dessins. Derrière ce qui pourrait n’être que naïveté, se joue le drame d’une histoire et d’une vie… car chacun sait que dans les camps de concentrations nazis il n’y avait pas de place pour les belles histoires qui se finissent bien !</span></p>
<p><span style="font-family:'Trebuchet MS';">Une belle leçon pour ceux qui croient au pouvoir des mots et du récit !</span></p>
<p><span style="font-family:'Trebuchet MS';"><em><strong>La 27<sup>e </sup>lettre</strong></em>  (D : Will, S : <a href="http://bdsnews.wordpress.com/2008/04/21/black-op-t4/">Stephen Desberg</a>) chez Dupuis, Collection<span>  </span>« Aire Libre », juin 1990, 56 pages</span><span style="font-family:'Trebuchet MS';"> </span></p>
<p align="center"><span style="font-family:'Trebuchet MS';"><a title="la-27e-lettre-pl-1.jpg" href="http://bdsnews.wordpress.com/files/2008/03/la-27e-lettre-pl-1.jpg"><img src="http://bdsnews.wordpress.com/files/2008/03/la-27e-lettre-pl-1.thumbnail.jpg" alt="la-27e-lettre-pl-1.jpg" /></a>   <a title="la-27e-lettre-pl-2.jpg" href="http://bdsnews.wordpress.com/files/2008/03/la-27e-lettre-pl-2.jpg"><img src="http://bdsnews.wordpress.com/files/2008/03/la-27e-lettre-pl-2.thumbnail.jpg" alt="la-27e-lettre-pl-2.jpg" /></a>   <a title="la-27e-lettre-pl-2.jpg" href="http://bdsnews.wordpress.com/files/2008/03/la-27e-lettre-pl-2.jpg"></a><a title="la-27e-lettre-pl-2.jpg" href="http://bdsnews.wordpress.com/files/2008/03/la-27e-lettre-pl-2.jpg"></a></span></p>
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</item>
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<title><![CDATA[Ma Mère, le Gitan et... mon Père.]]></title>
<link>http://renardlapaville.wordpress.com/?p=4</link>
<pubDate>Tue, 12 Feb 2008 12:55:41 +0000</pubDate>
<dc:creator>renardlapaville</dc:creator>
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<description><![CDATA[    Bonjour a tous, je suis Renard la Paville, enfin, c&#8217;est comme ça qu&#8217;on m&#8217;appe]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>    Bonjour a tous, je suis Renard la Paville, enfin, c'est comme ça qu'on m'appelle, je tiens a garder l'anonymat, car ce que je veux vous raconter pourrait me nuire, alors a ceux qui se rappellent de moi, ce serait bien qu'on en reste à de bons souvenirs. J'ai beaucoup a vous dire, et un blog est pour moi la seule solution pour pouvoir m'exprimer sans retourner à l'hôpital, ou personne ne m'écoute, ou même ne me laisse dire un mot. D'ailleurs je m'en fout qu'on m'écoute, j'ai juste besoin de parler un peu, de faire le point sur mon histoire, qui dure depuis 37 ans maintenant.</p>
<p>Je vous écris avec mon portable, dans ce parc ou j'ai passé tellement d'heures de mon adolescence, j'écris sur un banc de pierre face a la mer, à ma droite il y a la tour st-nicolas et à ma gauche il y as la vielle battisse de la douane où jai jamais vu personne entrer.<br />
Je suis très attaché à ce lieu qui représente le peu de bonheur qui reste gravé dans mes souvenirs, mais aussi il représente le début de tout mes délires, mêmes ceux dont je rougis aujourd'hui, mais commençons par bien me présenter, sans trop de détails. Je suis né je ne sais trop quand en 1951, je dis je ne sais trop quand car mon père disais que dans les valeurs familiale, les anniversaires n'étais réservés qu'au prophètes ou je ne sais plus trop, et donc je n'ai jamais su quand je suis né. Il m'a seulement dit que je suis tombé du ciel en même temps que feuilles mortes.</p>
<p>Ici je ne parlais pas du prophète Mahomet ni d'un quelconque barbu de l'ancien testament mais bel et bien du shamael,le demon incompris, le sorcier du désert. Ma mere ? Elle est morte en couches,en fait je l'ai tuée, je tardais a venir au monde, je me retenais et en me retenant je lui ai déchiré les entrailles et elle est morte au bout de son sang en me mettant au monde.</p>
<p>Mon père n'a cessé de me le reprocher toute ma jeunesse et jusqu'à sa mort, et ça sans aucune doigté aucune. Je n'ai jamais eu de gosses, je ne peux donc pas juger, mais cela m'a beaucoup troublé. Je vais me contenir, et ne pas trop vider mes émotions ici en vous perdant dans un ramdam émotionnel, et continuer sur la voie ou j'étais. Il ne me reste très peu de souvenirs de ma "tendre" enfance, mais je peux vous en dévoiler quelques uns. Le premier remonte à quand j'étais sur le bateau de mon père, je devais avoir a peine 4 ans, avec sa nouvelle femme que j'ai pas connu, car il était toujours amouraché dans ses bras. J'étais en train de jouer avec des amarres qui traînaient dans le cockpit, pendant qu'ils s'amusaient sans moi, comme à tous les jours et tous les soirs. Mais cette folie n'a duré que jusqu'à mes 4 ans, où il s'est fait laissé pour un autre titi. Il ne l'a jamais digéré, il me disais toujours, même 10 ans après, qu'il allait le tuer. Quand je répliquais, il me donnais une leçon en disant que c'était ma faute.</p>
<p>Par la suite, le souvenir le plus fort de mon enfance a un rapport direct avec ce dont je veux vous parler ici. C'était aux alentours de mes 11 ans, peut être même 10. Je m'étais fait un copain gitan, en fait ce n'était pas tout a fait un gitan mais bien plutôt le fils d'un forain. A cette époque j'habitais à La Rochelle dans un petit appartement miteux avec mon père, au dessus d'une cave a vins sur la rue St-Nicolas.</p>
<p>Les gitans n'étais pas mieux vus dans ces années là, si ce n'est pas moins. Mon père me disait que je ne pouvais pas compter sur un "rom" et qu'ils allaient dévaliser la maison. Dévaliser quoi ? Je n'avais même pas de jouets, il n'y avait que des trucs Celtiques sans valeur à mes yeux, c'est qu'à 10 ans, on ne pense qu'a ses pieds, même si on aime purement le pire des salauds qu'il se fait comme père. Ce gitan, étais ce qui se rapprochais le plus de moi dans ce monde, et qui me comprenais. Il avait 5 ans de plus, et ne parlais pas français, donc on jouais à la marelle et au cerceau, en se parlant comme si on se comprenais, et je peux vous dire que peu de mots suffisait pour se sentir compris. Finalement, le camp forain a dû bouger, et nous se quitter. Ce fut mon premier, mon meilleur et mon dernier vrai ami que j'ai eu. Après mes dix ans, tout mes souvenirs s'éclairent, mais là le soleil se couche, je ne vois même plus la tour de richelieu, donc signe pour moi de partir. Je reviendrais vous écrire demain, si le temps le permet, car j'ai eu de la chance pour ma première journée, de pouvoir écrire dehors, au mois de février à La Rochelle...</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Liquéfié]]></title>
<link>http://station32.wordpress.com/2007/12/15/liquefie/</link>
<pubDate>Sat, 15 Dec 2007 11:19:03 +0000</pubDate>
<dc:creator>station32</dc:creator>
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<description><![CDATA[J&#8217;ai depuis longtemps succombé au charme vocal et musical de Lhasa. Alors l&#8217;entendre av]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>J'ai depuis longtemps succombé au charme vocal et musical de <strong>Lhasa</strong>. Alors l'entendre avec <strong>Bratsch</strong> (sur leur CD <em>Plein du Monde</em>), sur un air traditionnel tzigane russe, c'est peut-être plus que ce que je peux supporter. Un air qui me replonge en pensée en plein dans l'épopée gitane que relate <strong>Tony Gatlif</strong> dans <em>Latcho Drom</em>, son film docu-musical.</p>
<p>Et en même temps, je vois la neige tomber par la fenêtre, ce qui est rare là où je vis...</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Langages d’hommes et mémoire d’outre-mère (2)]]></title>
<link>http://toutpetits.wordpress.com/2008/04/07/langages-d%e2%80%99hommes-et-memoire-d%e2%80%99outre-mere-2/</link>
<pubDate>Mon, 07 Apr 2008 05:45:22 +0000</pubDate>
<dc:creator>toutpetits</dc:creator>
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<description><![CDATA[Tout est langage pour moi, déjà, moi, petit manouche qui ne vais naître que dans six semaines env]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Tout est langage pour moi</strong>, déjà, moi, petit manouche qui ne vais naître que dans six semaines environ.<br />
C'est un langage multi media, universel, que tous nous « entendons », nous les tout petits en attente de naissance officielle. Mais nous sommes nés depuis des mois déjà, depuis notre conception, affirme Françoise Dolto, notre mamie à tous, depuis le désir d'enfant de nos père et mère. Un langage du cœur et du corps qui nous porte, qui nous tient, nous maintient dans notre désir de vie et de survie.</p>
<p><strong>Cette mémoire utérine puis de la toute petite enfance nous l'avons tous perdue.</strong> Mais ses enregistrements, ses « engrammes », comme dit Françoise Dolto, continuent, notre vie durant à nous influencer, bien qu'apparemment oubliés.<br />
Moi, Manouche adulte des Saintes-Maries de la Mer, j'ai recouvré, intacte cette mémoire d'outre-mère, et c'est un Petit-Bout pas encore advenu qui vous parle. Par quel miracle ?</p>
<p><strong>Sans aucun doute par la magie de la musique.</strong><br />
Vous savez combien, pour nous, Manouches, Gitans, Roms…, la musique est vitale. Ce qu'elle nous dit, ce qu'elle nous chante nous vient du fond des âges, à nous éternels migrants, perpétuels déracinés, presque toujours persécutés, chassés toujours plus loin, toujours en manque de nos racines les plus vraies, les plus profondes. Comme les descendants des esclaves d'Amérique dont le blues pleure leur nostalgie d'un paradis perdu.<br />
Déjà, avant même d'être né, il ne se passait pas de jour, sans que les merveilleuses vibrations d'un chant de maman ne me saisissent et me remplissent d'un délicieux bien-être.<br />
En fait de vibrations sonores, c'est le second garçon  de Françoise Dolto qui a été gâté : Pendant la guerre, FD, bien qu'enceinte, transportait des messages de la Résistance, en vélo, pour l'aîné, le futur Carlos, en moto pour Grégoire, le second (<em>« Je posais mon ventre sur le réservoir, et vogue la galère ! – dans « Naître et ensuite » -1978 – elle dit par ailleurs que c'est sûrement de là qu'est venue à Grégoire sa passion pour la moto).</em><br />
Autre petit gâté, le futur enfant du jeune titulaire des orgues de la cathédrale de Chartres que j'écoutais il y a quelques années depuis la galerie gauche jouer magnifiquement un dimanche aux orgues situées dans la galerie droite, juste de l'autre côté. Toute la cathédrale n'était qu'ondes sonores sublimes. Je dis en souriant à la jeune femme près de moi, superbement enceinte : « Voilà assurément un futur mélomane qui doit vibrer comme nous tous ! » Et elle me répond : « C'est son papa qui joue, et habituellement je suis près de lui, et je m'appuie contre l'orgue… ».<br />
Moi, petit manouche, qui connais si bien la voix féminine toute proche de maman, qui reconnais celle plus lointaine, plus grave et plus rauque, plus rare aussi, de mon papa, je différencie parfaitement leurs chants de leurs propos habituels, mais le moindre chant me remplit dans l'instant d'une sensation de bonheur total, de plénitude, de paix et de sécurité absolues.<br />
Un de mes moments de plus grande félicité, c'est précisément quand je suis un peu las, que je vais faire un somme et que maman se met à me chanter une de nos merveilleuses berceuses que je reconnaîtrai après ma naissance et je saurai alors que chaque soir, elle en chantait une et même plusieurs pour essayer, longue patience, d'endormir les triplés.</p>
<p><strong>Un plus grand bonheur encore, c'est quand, seul ou mêlé aux chants, un instrument prend la parole.</strong><br />
La parole, oui, car je reçois, je vis cela à l'égal de la musique caressante des mots de maman ou de papa qui commence, lui, par toquer gentiment contre le ventre de maman, sans doute ses trois coups pour annoncer un récital de propos caressants puis de chants ou de violon.<br />
Papa, c'est le violon. Tonton, c'est la clarinette, Papy l'accordéon.<br />
Maman, elle, n'a que sa voix. Elle a, elle aura toujours les bras pris, les mains occupées. Par bonheur pour elle et pour nous, elle a une superbe voix qui lui vient d'ancêtres Andalous.</p>
<p><strong>Chez nous, dans notre pauvre roulotte, il y a toujours de la musique</strong>, et les notes qui virevoltent tout autour attirent toujours de nouveaux amateurs passionnés, chanteurs, musiciens.<br />
<strong>Nous sommes pour ainsi dire les Bach des Saintes-Maries.<br />
</strong><em>(À suivre)</em></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Langages d'hommes et mémoire d'outre-mère (1)]]></title>
<link>http://toutpetits.wordpress.com/2008/04/05/langages-dhommes-et-memoire-doutre-mere/</link>
<pubDate>Sat, 05 Apr 2008 03:52:35 +0000</pubDate>
<dc:creator>toutpetits</dc:creator>
<guid>http://toutpetits.fr.wordpress.com/2008/04/05/langages-dhommes-et-memoire-doutre-mere-1/</guid>
<description><![CDATA[« Je vous parle d&#8217;un temps que les plus de vingt mois ne peuvent pas connaître… »
Ne me d]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>« Je vous parle d'un temps que les plus de vingt mois ne peuvent pas connaître… »</em></strong><br />
Ne me demandez pas comment j'ai retrouvé cette mémoire d'avant mes 3 ans : sans doute ma chère maman avait-elle mangé beaucoup de ces délicieuses madeleines, de Combray si cher à l'enfance de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Marcel_Proust">Marcel Proust</a> et miraculeusement ressurgi du néant de l'oubli par la magie résiliente de la madeleine offerte par tante Léonie.<br />
Tenez, relisez <a href="http://www.cheny.net/plus/madeleines_proust.html">cette si belle page « du côté de chez Swann »</a>, et en prime du régal littéraire, vous aurez la « recette » pour vous remémorer au réveil un rêve tout proche mais qui tient à rester méconnu, et vous saurez aussi que cet écrivain de génie a eu l'intuition du travail d'analyse quand un souvenir refoulé tente de se frayer un passage de l'obscurité de l'inconscient à la clarté de la conscience : <em>«<span style="color:black;">et je sens tressaillir en moi quelque chose qui se déplace, voudrait s'élever, quelque chose qu'on aurait désancré, à une grande profondeur; je ne sais ce que c'est, mais cela monte lentement ; j'éprouve la résistance et j'entends la rumeur des distances traversées. »</span></em> Il est vrai que <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Freud">Freud</a><span style="color:black;"> était son aîné de 15 ans.<br />
</span></p>
<p><strong><span style="color:black;">Je ne suis pas un gadjo bourgeois comme le petit Marcel, je ne suis qu'un pauvre petit manouche</span><a><span style="color:black;">, <em>même pas encore né</em>.</span></a></strong><a><br />
</a></p>
<p><a><span style="color:black;">Comme tous les ans, Papa et Maman sont venus, en cette fin mai, avec mes cinq frères et sœurs, au pèlerinage des </span></a><a>Saintes-Maries de la Mer<span style="color:black;">, dans notre belle roulotte tirée par des chevaux. Ah oui, nous sommes bien pauvres, et d'ailleurs nous allons rester aux Saintes-Maries, les chrétiens sont aussi las que les bêtes. Et puis maman m'attend, et, comme on dit, c'est pour bientôt, quelques semaines tout au plus. C'est dire si nous commençons à nous sentir, moi, à l'étroit, et ma chère maman, bien encombrée…</span></a></p>
<p><a><span style="color:black;"> </span></a></p>
<p><a><strong><span style="font-size:11pt;">Vous allez voir, je me souviens de tout ! Comme si j’y étais encore.<br />
Nous allons faire le tour du propriétaire. Voici mon petit Combray à moi :<br />
</span></strong></a></p>
<p><a><span style="font-size:11pt;">C’est un tout petit F1. J’y vis confiné, c’est le cas de le dire, un peu d’ailleurs comme le sera Marcel Proust écrivain, enfermé quinze ans dans sa chambre tapissée de liège. J’ai la chance d’y être seul locataire. Après son aîné, maman a eu des triplés, sa gloire et surtout celle de papa, et dans quelques semaines je les verrai vaguement au-dessus de mon coin dodo.</span></a></p>
<p><a><span style="font-size:11pt;"> Lui, Marcel, était malade, il vivotait, épuisé par l’asthme et surmené par son travail d’écrivain. Moi, au huitième mois de mon bail intra utérin, je suis en pleine forme. Et je me livre, suspendu d’une main à mon cordon, à des exploits dignes de nos cousins Bouglione, cabrioles, sauts périlleux, ricochets sur les parois : un vrai petit cosmonaute en apesanteur dans sa cabine.</span></a></p>
<p><a><span style="font-size:11pt;"> <strong><em>Question nourriture, c’est parfait au niveau des saveurs</em></strong>, nous sommes pauvres, mais maman a du goût et ses recettes sont des merveilles et je dirais que déjà je les reconnais et les différencie au point que certaines fricassées en début de digestion (de maman) me remplissent de bonheur, et, vous vous en doutez, à peine né je saurai les reconnaître à l’odeur. Nous n’avons pas de madeleines, mais tout de même de fameuses gâteries pâtissières.</span></a></p>
<p><a><span style="font-size:11pt;"> <strong><em>L’insonorisation de ma cabine est bonne</em></strong>. Et les bruits violents et les cris sont parfaitement atténués. Ce qui m’atteint le mieux et le plus intensément, ce sont en réalité les émotions, les états d’âme de maman : je sais parfaitement quand elle est heureuse, très heureuse ; si elle a peur, si elle est en colère, je suis irrigué et </span></a><a><span style="font-size:11pt;"> </span></a><a><span style="font-size:11pt;">ten</span></a><a><span style="font-size:11pt;">du</span></a><a><span style="font-size:11pt;"> en même temps qu’elle</span></a><a><span style="font-size:11pt;"> par l’excès d’adrénaline. Je perçois aussi bien des bruits, bien des sons, je reconnais depuis belle lurette les voix de maman et de papa et j’entends bien quand ce n’est pas eux qui parlent. En fait c’est de l’intérieur de ma chère maman que me parviennent, en plus des gargouillis digestifs - rassurants comme les bruits d’eau d’un chauffage central, un luxe que je connaîtrai plus tard chez les gadjos - des flots de décibels, toute une musique : la basse rythmique de son cœur et les drums de sa respiration, une constante, un fond sonore sécurisant comme la vie éternelle d’une chute d’eau – et d’ailleurs, il arrive souvent que de grands malades en fin de vie demandent en vœu ultime d’être transportés au bord de la mer où sans doute ils renouent avec des sensations auditives profondes venues de l’autre bord de la vie.</span></a></p>
<p><a></a></p>
<p><a><span style="font-size:11pt;"><strong> </strong></span><em><span style="font-size:11pt;">(À suivre)</span></em></a><a><em> </em></a></p>
]]></content:encoded>
</item>

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