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	<title>guenon-rene &amp;laquo; WordPress.com Tag Feed</title>
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	<description>Feed of posts on WordPress.com tagged "guenon-rene"</description>
	<pubDate>Sat, 06 Sep 2008 03:37:19 +0000</pubDate>

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<title><![CDATA[René Guénon, Principes d’unité des civilisations orientales (extrait)]]></title>
<link>http://alkhidr.wordpress.com/?p=14</link>
<pubDate>Fri, 25 Apr 2008 18:06:27 +0000</pubDate>
<dc:creator>baadm</dc:creator>
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<description><![CDATA[Chapitre extrait de Introduction générale à l&#8217;étude des doctrines hindoues, de René Guén]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><em>Chapitre extrait de </em>Introduction générale à l'étude des doctrines hindoues, <em>de René Guénon.</em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Il est fort difficile de trouver actuellement un principe d’unité à la civilisation occidentale ; on pourrait même dire que son unité, qui repose toujours naturellement sur un ensemble de tendances constituant une certaine conformité mentale, n’est plus véritablement qu’une simple unité de fait qui manque de principe comme en manque cette civilisation elle-même, depuis que s’est rompu, à l’époque de la Renaissance et de la Réforme, le lien traditionnel d’ordre religieux qui était précisément pour elle le principe essentiel, et qui en faisait, au moyen âge, ce qu’on appelait la « Chrétienté ». L’intellectualité occidentale ne pouvait avoir à sa disposition, dans les limites où s’exerce son activité spécifiquement restreinte, aucun élément traditionnel d’un autre ordre qui fût susceptible de se substituer à celui-là ; nous entendons qu’un tel élément ne pouvait, hors des exceptions incapables de se généraliser dans ce milieu, y être conçu autrement qu’en mode religieux. Quant à l’unité<span> </span>de la race européenne, en tant que race, elle est, comme nous l’avons indiqué, trop relative et trop faible, pour pouvoir servir de base à l’unité d’une civilisation. Il risquait donc d’y avoir dès lors des civilisations européennes multiples, sans aucun lien effectif et conscient ; et, en fait, c’est à partir du moment où fut brisée l’unité fondamentale de la « Chrétienté » qu’on vit se constituer à sa place, à travers bien des vicissitudes et des efforts incertains, les unités secondaires, fragmentaires et amoindries des « nationalités ». Mais l’Europe conservait pourtant jusque dans sa déviation mentale, et comme malgré elle, l’empreinte de la formation unique qu’elle avait reçue au cours des siècles précédents ; les influences mêmes qui avaient amené la déviation s’étaient exercées partout semblablement, bien qu’à des degrés divers ; le résultat fut encore une mentalité commune, d’où une civilisation demeurant commune en dépit de toutes les divisions, mais qui, au lieu de dépendre légitimement d’un principe, quel qu’il fût d’ailleurs, allait être désormais, si l’on peut dire, au service d’une « absence de principe » la condamnant à une déchéance intellectuelle irrémédiable. On peut assurément soutenir que c’était là la rançon du progrès matériel vers lequel le monde occidental a tendu exclusivement depuis lors, car il est des voies de développement qui sont inconciliables ; mais, quoi qu’il en soit, c’était vraiment, à notre avis, payer bien cher ce progrès trop vanté.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span> </span>Cet aperçu sommaire permet de comprendre, en premier lieu, comment il ne peut y avoir en Orient rien qui soit comparable à ce que sont les nations occidentales : c’est que l’apparition des nationalités est en somme, dans une civilisation, le signe d’une dissolution partielle résultant de la perte de ce qui faisait son unité profonde. En Occident même, nous le répétons, la conception de la nationalité est chose essentiellement moderne ; on ne saurait rien trouver d’analogue dans tout ce qui avait existé auparavant, ni les cités grecques, ni l’empire romain, sorti d’ailleurs des extensions successives de la cité originelle, ou ses prolongements médiévaux plus ou moins indirects, ni les confédérations ou les ligues de peuples à la manière celtique, ni même les Etats organisés hiérarchiquement suivant le type féodal.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span> </span>D’autre part, ce que nous avons dit de l’unité ancienne de la « Chrétienté », unité de nature essentiellement traditionnelle, et d’ailleurs conçue suivant un mode spécial qui est le mode religieux, peut s’appliquer à peu de chose près à la conception de l’unité du monde musulman. La civilisation islamique est en effet, parmi les civilisations orientales, celle qui est la plus proche de l’Occident, et l’on pourrait même dire que, par ses caractères comme par sa situation géographique, elle est, à divers égards, intermédiaire entre l’Orient et l’Occident ; aussi sa tradition nous apparaît-elle comme pouvant être envisagée sous deux modes profondément distincts, dont l’un est purement oriental, mais dont l’autre, qui est le monde proprement religieux, lui est commun avec la civilisation occidentale. Du reste, Judaïsme, Christianisme et Islamisme se présentent comme les trois éléments d’un même ensemble, en dehors duquel, disons-le dès maintenant, il est le plus souvent difficile d’appliquer proprement le terme même de « religion », pour peu qu’on tienne à lui conserver un sens précis et nettement défini ; mais, dans l’Islamisme, ce côté strictement religieux n’est en réalité que l’aspect le plus extérieur… Quoi qu’il en soit, à ne considérer pour le moment que le côté extérieur, c’est sur une tradition que l’on peut qualifier de religieuse que repose toute l’organisation du monde musulman : ce n’est pas, comme dans l’Europe actuelle, la religion qui est un élément de l’ordre social, c’est au contraire l’ordre social tout entier qui s’intègre dans la religion, dont la législation est inséparable, y trouvant son principe et sa raison d’être. C’est là ce que n’ont jamais bien compris, malheureusement pour eux, les Européens qui ont eu affaire à des peuples musulmans, et que cette méconnaissance a entraînés dans les erreurs politiques les plus grossières et les plus inextricables… Nous ajouterons seulement à ce propos deux remarques qui ont leur intérêt : la première, c’est que la conception du « Khalifat », seule base possible de tout « panislamisme » vraiment sérieux, n’est à aucun degré assimilable à celle d’une forme quelconque de gouvernement national, et qu’elle a d’ailleurs tout ce qu’il faut pour dérouter les Européens, habitués à envisager une séparation absolue, et même une opposition, entre le « pouvoir spirituel » et le « pouvoir temporel » ; la seconde, c’est que, pour prétendre instaurer dans l’Islam des « nationalismes » divers, il faut toute l’ignorance suffisante de quelques « jeunes » Musulmans, qui se qualifient ainsi eux-mêmes pour afficher leur « modernisme », et chez qui l’enseignement des Universités occidentales a complètement oblitéré le sens traditionnel.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span> </span>Il nous faut encore, en ce qui concerne l’Islam, insister ici sur un autre point, qui est l’unité de sa langue traditionnelle : nous avons dit que cette langue est l’arabe, mais nous devons préciser que c’est l’arabe littéral, distinct dans une certaine mesure de l’arabe vulgaire qui en est une altération et, grammaticalement, une simplification. Il y a là une différence qui est un peu du même genre que celle que nous avons signalée, pour la Chine, entre la langue écrite et la langue parlée : l’arabe littéral seul peut présenter toute la fixité qui est requise pour remplir le rôle de langue traditionnelle, tandis que l’arabe vulgaire, comme toute autre langue servant à l’usage courant, subit naturellement certaines variations suivant les époques et suivant les régions. Cependant, ces variations sont loin d’être aussi considérables qu’on le croit d’ordinaire en Europe : elles portent surtout sur la prononciation et sur l’emploi de quelques termes plus ou moins spéciaux, et elles sont insuffisantes pour constituer même une pluralité de dialectes, car tous les hommes qui parlent l’arabe sont parfaitement capable de se comprendre ; il n’y a en somme, même pour ce qui est de l’arabe vulgaire, qu’une langue unique, qui est parlée depuis le Maroc jusqu’au Golf Persique, et les soi-disant dialectes arabes plus ou moins variés sont une pure invention des orientalistes. Quant à la langue persane, bien qu’elle ne soit point fondamentale au point de vue de la tradition musulmane, son emploi dans les nombreux écrits relatifs au « Soufisme »<span> </span>lui donne néanmoins, pour la partie la plus orientale de l’Islam, une importance intellectuelle incontestable.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span> </span>Si maintenant nous passons à la civilisation hindoue, son unité est encore d’ordre purement et exclusivement traditionnel : elle comprend en effet des éléments appartenant à des races ou à des groupements ethniques très divers, et qui peuvent tous être dits également « hindous » au sens strict de ce mot, à l’exclusion d’autres éléments appartenant à ces mêmes races, ou tout au moins à quelques-unes d’entre elles. Certains voudraient qu’il n’en eût pas été ainsi à l’origine, mais leur opinion ne se fonde sur rien de plus que la supposition d’une prétendue « race âryenne », qui est simplement due à l’imagination trop fertile des orientalistes ; le terme sanskrit ârya, dont on a tiré le nom de cette race hypothétique, n’a jamais été en réalité qu’une épithète distinctive s’appliquant aux seuls hommes des trois premières castes, et cela indépendamment du fait s’appartenir à telle ou telle race, dont la considération n’a pas à intervenir ici. Il est vrai que le principe de l’institution des castes est, comme bien d’autres choses, demeuré tellement incompris en Occident, qu’il n’y a rien d’étonnant à ce que tout ce qui s’y rapporte de près ou de loin ait donné lieu à toutes sortes de confusions… Ce qu’il faut retenir pour le moment, c’est que l’unité hindoue repose entièrement sur la reconnaissance d’une certaine tradition, qui enveloppe encore ici tout l’ordre social, mais, d’ailleurs, à titre de simple application à des contingences ; cette dernière réserve est nécessité par le fait que la tradition dont il s’agit n’est plus du tout religieuse comme elle l’était dans l’Islam, mais qu’elle est d’ordre plus purement intellectuel et essentiellement métaphysique. Cette sorte de double polarisation, extérieure et intérieure, à laquelle nous avons fait allusion à propos de la tradition<span> </span>musulmane, n’existe pas dans l’Inde, où l’on ne peut pas, par suite, faire avec l’Occident les rapprochements que permettrait encore tout au moins le côté extérieur de l’Islam ; il n’y a plus absolument rien qui soit analogue à ce que<span> </span>sont les religions occidentales, et il ne peut y avoir, pour soutenir le contraire, que des observateurs superficiels, qui prouvent ainsi leur parfaite ignorance des modes de la pensée orientale…</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span> </span>La civilisation chinoise est … la seule dont l’unité soit essentiellement, sans sa nature profonde, une unité de race ; son élément caractéristique, sous ce rapport, est ce que les Chinois appellent<span> </span><em>gen</em>, conception que l’on peut rendre, sans trop d’inexactitude, par « solidarité de la race ». Cette solidarité, qui implique à la fois la perpétuité et la communauté de l’existence, s’identifie d’ailleurs à l’ « idée de vie », application du principe métaphysique de la « cause initiale » à l’humanité existante ; et c’est de la transposition de cette notion dans le domaine social, avec la mise en œuvre continuelle de toutes ses conséquences pratiques, que découle l’exceptionnelle stabilité des institutions chinoises. C’est cette même conception qui permet de comprendre que l’organisation sociale tout entière repose ici sur la famille, prototype essentiel de la race ; en Occident, on aurait pu trouver quelque chose d’analogue, jusqu’à un certain point, dans la cité antique, dont la famille formait le noyau initial, et où le « culte des ancêtres » lui-même, avec tout ce qu’il implique effectivement, avait une importance dont les modernes ont quelque peine à se rendre compte. Pourtant, nous ne croyons pas que, nulle part ailleurs qu’en Chine, on soit allé aussi loin dans le sens d’une conception de l’unité familiale s’opposant à tout individualisme, supprimant par exemple la propriété individuelle, et par suite l’héritage, et rendant en quelque sorte la vie impossible à l’homme qui, volontairement ou non, se trouve retranché de la communauté de la famille. Celle-ci joue, dans la société chinoise, un rôle au moins aussi considérable que celui de la caste dans la société hindoue, et qui lui est comparable à certains égards ; mais le principe en est tout différent. D’autre part, la partie proprement métaphysique de la tradition est, en Chine plus que partout ailleurs, nettement séparée de tout le reste, c’est-à-dire, en somme, de ces applications à divers ordres de relativités ; cependant, il va de soi que cette séparation, si profonde qu’elle puisse être, ne saurait aller jusqu’à une absolue discontinuité, qui aurait pour effet de priver de tout principe réel les formes extérieures de la civilisation. On ne le voit que trop dans l’Occident moderne, où les institutions civiles se, dépouillées de toute valeur traditionnelle, mais traînant avec elles quelques vestiges du passé, désormais incompris, font parfois l’effet d’une véritable parodie rituelle sans la moindre raison d ‘être, et dont l’observance n’est proprement qu’une « superstition », dans toute la force que donne à ce mot son acceptation étymologique rigoureuse.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span> </span>Nous en avons dit assez pour montrer que l’unité de chacune des grandes civilisations orientales est d’un tout autre ordre que celle de la civilisation occidentale actuelle, qu’elle s’appuie sur des principes bien autrement profonds et indépendants des contingences historiques, donc éminemment aptes à en assurer la durée et la continuité. (…).</p>
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<title><![CDATA[R.Guénon, Influence de la civilisation islamique en Occident (texte intégral)]]></title>
<link>http://alkhidr.wordpress.com/2008/04/20/8/</link>
<pubDate>Sun, 20 Apr 2008 16:04:32 +0000</pubDate>
<dc:creator>baadm</dc:creator>
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<description><![CDATA[Article tiré du recueil d&#8217;articles de René Guénon, Apercus sur l&#8217;ésotérisme islamiq]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><em>Article tiré du recueil d'articles de René Guénon,</em> Apercus sur l'ésotérisme islamique et le taoisme<em>, publié originellement dans la revue</em> El Marifah<em>, et traduit de l'arabe pour être publié dans la revue</em> Etudes Traditionnelles<em>, en 1950. </em></p>
<p>La plupart des Européens n’ont pas exactement évalué l’importance de l’apport qu’ils ont reçu de la civilisation islamique, ni compris la nature de leurs emprunts à cette civilisation dans le passé et certains vont jusqu’à totalement méconnaître tout ce qui s’y rapporte. Cela vient de ce que l’histoire telle qu’elle leur est enseignée travestit mes faits et paraît avoir été altérée volontairement sur beaucoup de points. C’est avec outrance que cet enseignement affiche le peu de considération que lui inspire la civilisation islamique, et il a l’habitude d’en rabaisser le mérite chaque fois que l’occasion s’en présente. Il importe de remarquer que l’enseignement historique des Universités d’Europe ne montre pas l’influence dont il s’agit. Au contraire, les vérités qui devraient être dites à ce sujet, qu’il s’agisse de professer ou d’écrire, sont systématiquement écartées, surtout pour les événements les plus importants.<br />
Par exemple, s’il est généralement connu que l’Espagne est restée sous la loi islamique pendant plusieurs siècles, on ne dit jamais qu’il en fut de même d’autres pays, tels que la Sicile ou la partie méridionale de la France actuelle. Certains veulent attribuer ce silence des historiens à quelque préjugés religieux. Mais que dire des historiens actuels dont la plupart sont sans religion, sinon adversaires de toute religion, quand ils viennent confirmer ce que leurs devanciers ont dit de contraire à la vérité ?<br />
Il faut donc voir là une conséquence de l’orgueil et de la présomption des Occidentaux, travers qui les empêchent de reconnaître la vérité et l’importance de leurs dettes envers l’Orient.<br />
Le plus étrange en cette occurrence c’est de voir les Européens se considérer comme les héritiers directs de la civilisation hellénique, alors que la vérité des faits infirme cette prétention. La réalité tirée de l’histoire même établit péremptoirement que la science et la philosophie grecques ont été transmises aux Européens par des intermédiaires musulmans. En d’autres termes, le patrimoine intellectuel des Hellènes n’est parvenu à l’Occident qu’après avoir été sérieusement étudié par le Proche-Orient et n’étaient les savants de l’Islam et ses philosophes, les Européens seraient restés dans l’ignorance totale de ces connaissances pendant fort longtemps, si tant es qu’ils soient jamais parvenus à les connaître.<br />
Il convient de faire remarquer que nous parlons ici de l’influence de la civilisation islamique et non spécialement arabe comme on le dit quelquefois à tort. Car le plupart de ceux qui ont exercé cette influence en Occident n’étaient pas de race arabe et si leur langue était l’arabe, c’était seulement une conséquence de leur adoption de la religion islamique.<br />
Puisque nous sommes amenés à parler de la langue arabe nous pouvons voir une preuve certaine de l’extension de cette même influence en Occident dans l’existence de termes d’origine et de racine arabe beaucoup plus nombreux qu’on ne le croit généralement, incorporés dans presque toutes les langues européennes et dont l’emploi s’est continué jusqu’à nous, encore que beaucoup parmi les européens qui s’en servent ignorent totalement leur véritable origine. Comme les mots ne sont autre chose que le véhicule des idées et le moyen d’extériorisation de la pensée, on conçoit qu’il soit extrêmement facile de déduire de ces faits la transmission des idées et des conceptions islamiques elles-mêmes.<br />
En fait, l’influence de la civilisation islamique s’est étendu dans une très large mesure et d’une manière sensible à tous les domaines, science, arts, philosophie, etc. L’Espagne était alors un milieu très important à cet égard et le principal centre de diffusion de cette civilisation. Notre intention n’est pas de traiter en détail chacun de ces aspects ni de définir l’aire d’extension de la civilisation islamique, mais seulement d’indiquer certains faits que nous considérons comme particulièrement importants, bien que peu nombreux soient à notre époque ceux qui reconnaissent cette importance.<br />
En ce qui concerne les sciences, nous pouvons faire une distinction entre les sciences, nous pouvons faire une distinction entre les sciences naturelles et les sciences mathématiques. Pour les premières, nous savons avec certitude que certaines d’entre elles ont été transmises par la civilisation islamique à l’Europe qui les lui emprunta d’une façon complète. La chimie par exemple, a toujours gardé son nom arabe, nom dont l’origine remonte d’ailleurs à l’Égypte ancienne, et cela bien que le sens premier et profond de cette science soit devenu tout à fait inconnu des modernes et perdu pour eux.<br />
Pour prendre un autre exemple, celui de l’astronomie, les mots techniques qui y sont employés dans toutes les langues européennes sont encore pour la plupart d’origine arabe,et les noms de beaucoup des corps célestes n’ont pas cessé d’être les noms arabes employés tels quels par les astronomes de tous les pays. Ceci est dû au fait que les travaux des astronomes grecs de ‘antiquité, tels que Ptolémée d’Alexandrie, avaient été connus par des traductions arabes en même temps que ceux de leurs continuateurs musulmans. Il serait d’ailleurs facile de montrer en général que la plupart des connaissances géographiques concernant les contrées les plus éloignées d’Asie ou d’Afrique ont été acquises pendant longtemps par des explorateurs arabes qui ont visité de très nombreuses régions et on pourrait citer beaucoup d’autres faits de ce genre.<br />
Pour ce qui a trait aux inventions qui ne sont que des applications des sciences naturelles, elles ont également suivi la même voie de transmission, c’est-à-dire l’entremise musulmane, et l’histoire de « l’horloge à eau » offerte par le Khalife Haroun-el-Rachid à l’empereur Charlemagne, n’a pas encore disparu des mémoires.<br />
En ce qui concerne les sciences mathématiques, il convient de leur accorder une attention particulière sous ce rapport. Dans ce vaste domaine, ce n’est pas seulement la science grecque qui a été transmise à l’Occident par l’intermédiaire de la civilisation islamique, mais aussi la science hindoue. Les Grecs avaient aussi développé ma géométrie, et même la science des nombres, pour eux, était toujours rattachée à la considération de figures géométriques correspondantes. Cette prédominance donnée à la géométrie apparaît clairement, par exemple dans Platon. Il existe cependant une autre partie des mathématiques appartenant à la science des nombres qui n’est pas connue, comme les autres sous une dénomination grecque dans les langues européennes, pour la raison que les anciens Grecs l’ont ignorée. Cette science est l’algèbre, dont la source première a été l’Inde et dont l’appellation arabe montre assez comment elle a été transmise à l’Occident.<br />
Un autre fait qu’il est bon de signaler ici malgré sa moindre importance, vient encore corroborer ce que nous avons dit, c’est que les chiffres employés par les Européens sont partout connus comme chiffres arabes, quoique leur origine première soit en réalité hindoue, car les signes de numération employés originairement par les Arabes n’étaient autres que les lettres de l’alphabet elles-mêmes.<br />
Si maintenant nous quittons l'examen des sciences pour celui des arts, nous remarquons que, en ce qui concerne la littérature et la poésie, bien des idées provenant des écrivains et des poètes musulmans, ont été utilisées dans la littérature européenne et que même certains écrivains occidentaux sont allés jusqu'à l'imitation pur eet simple de leurs oeuvres. De même, on peut relever des traces de l'influence islamique en architecture, et cela d'une façon toute particulière au Moyen Age; ainsi, la croisée d'ogive dont le caractère s'est affirmé à ce point qu'elle à donné son nom à un style architectural, a incontestablement son origine dans l'architecture islamique, bien que de nombreuses théories fantaisistes aient été inventées pour dissimuler cette vérité. Ces théories sont contredites par l'existence d'une tradition chez les constructeurs eux-mêmes affirmant constamment la transmission de leurs connaissances à partir du Proche-Orient.<br />
Ces connaissances revêtaient un caractère secret et donnaient à leur art un sens symbolique; elles avaient des relations très étroites avec la science des nombres et leur origine première a toujours été rapportée à ceux qui bâtirent le Temple de Salmon.<br />
Quoi qu'il en soit de l'origine lointaine de cette science, il n'est pas possible qu'elle ait été transmise à l'Europe du Moyen Age par un intermédiaire autre que celui du monde musulman. Il convient de dire à cet égard que ces constructeurs constitués en corporations qui possédaient des rites spéciaux, se considéraient et se désignaient comme étrangers en Occident, fût-ce dans leur pays natal, et que cette dénomination a subsisté jusqu'à nos jours, bien que ces choses soient devenues obscures et ne soient plus connues que par un nombre infime de gens.<br />
Dans ce rapide exposé, il faut mentionner spécialement un autre domanie, celui de la philosophie, où l'influence islamique atteignit au Moyen Age une importance si considérable qu'aucun des plus acharnés adversaires de l'Orient ne saurait en méconnaître la force. On peut dire véritablement que l'Europe, à ce moment, ne disposait d'aucun auter moyen pour arriver à la connaissance de la philosophie grecque. Les traductions latines de Platon et d'Aristote, qui étaient utilisées alors, n'avaient pas été faites directement sur les originaux grecs, mais bien sur des traditions arabes antérieures, auxquelles étaient joints les commentaires des philosophes musulmans contemporains, tel qu'Averroès, Avicenne, etc.<br />
La philosophie d'alors, connue sous le nom de scolastique, est généralement distingué en musulmane, juive et chrétienne. Mais c'est la musulmane qui est à la source des deux autres et plus particulièrement de la philosophie juive, qui a fleuri en Espagne et dont le véhicule était la langue arabe ,comme on peut le constater par des oeuvres aussi importantes que celles de Moussa-ibn-Maimoun qui a inspiré la philosophie juive postérieure de plusieurs siècles jusqu'à celle de Spinoza, où certaines de ses idées sont encore très reconnaissables.<br />
Mais il n'est pas nécessaire de continuer l'énumération de faits que tous ceux qui ont quelque notion de l'histoire de la pensée connaissent. Il est préférable d'étudier pour terminer d'autres faits d'un ordre tout différent, totalement ignorées de la plupart des modernes qui, particulièrement en Europe, n'en ont pas même la plus légère idée; alors qu'à notre point de vue ces choses présentent un intérêt beaucoup plus considérable que toutes les connaissances extérieurs de la science et de la philosophie. Nous voulons parler de l'ésotérisme avec tout ce qui s'y rattache et en découle en fait de connaissance dérivée, constituant des sciences totalement différentes de celles qui sont connues des modernes.<br />
En réalité, l'Europe na' de nos jours rien qui puisse rappeler ces sciences, bien plus, l'Occident ignore tout des connaissances véritables telles que l'ésotérisme et ses analogues, alors qu'au Moyen Age il en était tout autrement; et, en ce domaine aussi, l'influence islamique à cette époque apparaît de la façon la plus lumineuse et la plus évidente. Il est d'ailleurs très facile d'en relever les traces dans des oeuvres aux sens multiples et dont le but réel était tout autre que littéraire.<br />
Certains Européens ont eux-mêmes commencé à découvrir quelque chose de ce genre notamment par l'étude qu'ils ont faite des poèmes de Dante, mais sans arriver toutefois à la compréhension parfaite de leur véritable nature. Il y a quelques années, un orientaliste espagnol, Don Miguel Asin Palacios, a écrit un ouvrage sur les influences musulmanes dans l'oeuvre de Dante et a démontré que bien des symboles et des expressions employées par le poète, l'avaient été avant lui par des ésotéristes musulmans et en particulier par Sidi Mohiyddin-ibn-Arabi. Malheureusement, les remarques de cet érudit n'ont pas montré l'importance des symboles mis en oeuvre. Un écrivain italien, mort récemment, Luigi Valli, a étudié un peu plus profondément l'oeuvre de Dante et a conclu qu'il n'a pas été seul à employer les procédés symboliques utilisés dans la poésie ésotérique persane et arabe; au pays de Dante et parmis ses contemporains, tous ces poètes étaient membres d'une organisation à caractère secret appelée "Fidèles d'Amour" dont Dante lui-même était l'un des chefs. Mais lorsque Luigi Valli a essayé de pénétrer le sens de leur "langage secret", il lui a été impossible à lui aussi de reconnaître le véritable caractère de cette organisation ou des autres de même nature constituées en Europe au Moyen Age. La vérité est que certaines personnalités inconnues se trouvaient derrière ces associations et les inspiraient; elles étaient connues sous différents noms, dont le plus important était celui de " Frères de la Rose-Croix". Ceux-ci ne possédaient point d'ailleurs de règles écrites et ne constituaient point une société, ils n'avaient point non plus de réunions déterminées, et tout ce qu'on peut en dire est qu'ils avaient atteint un certain état spirituel qui nous autorise à les appeler "soufis" européens, ou tout au moins mutaçawwufin parvenus à un haut degré dans cette hiérarchie. On dit aussi que ces "Frères de la Rose-Croix" qui se servaient comme "couverture" de ces corporations de constructeurs dont nous avons parlé, enseignaient l'alchimie et d'autres sciences identiques à celles qui étaient alors en pleine floraison dans le monde de l'Islam. A la vérité, ils formaient un anneau de la chaîne qui reliait l'Orient à l'Occident et établissaient un contact permanent avec les soufis musulmans, contact symbolisé par les voyages attribués à leur fondateur légendaire.<br />
Mais tous ces faits ne sont pas venus à la connaissances de l'histoire ordinaire qui ne pousse pas ses investigations plus loin que l'apparence des faits, alors que c'est là, peut-on dire, que se trouve la véritable clef qui permettrait la solution de tant d'énigmes qui autrement resteraient toujours obscures et indéchiffrables.</p>
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