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	<title>histoire-et-memoire &amp;laquo; WordPress.com Tag Feed</title>
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	<description>Feed of posts on WordPress.com tagged "histoire-et-memoire"</description>
	<pubDate>Tue, 07 Oct 2008 17:12:17 +0000</pubDate>

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	<language>en</language>

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<title><![CDATA[L'honteuse présence de Sarkozy aux obsèques d'Aimé Césaire ]]></title>
<link>http://sarkopitheque.wordpress.com/?p=1388</link>
<pubDate>Sun, 20 Apr 2008 21:13:51 +0000</pubDate>
<dc:creator>eilema</dc:creator>
<guid>http://sarkopitheque.fr.wordpress.com/2008/04/20/lhonteuse-presence-de-sarkozy-aux-obseques-daime-cesaire/</guid>
<description><![CDATA[
Nicolas Sarkozy n&#8217;est pas sans ignorer ce qu&#8217;Aimé Césaire pensait de son abjecte pers]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:center;"><a href="http://sarkopitheque.files.wordpress.com/2008/04/sarkozy.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-1389" src="http://sarkopitheque.wordpress.com/files/2008/04/sarkozy.jpg" alt="" /></a></p>
<p>Nicolas Sarkozy n'est pas sans ignorer ce qu'Aimé Césaire pensait de son abjecte personne. C'était en décembre 2005. Aimé Césaire, député et maire honoraire de Fort-de-France, annonçait via un communiqué qu'il ne souhaitait pas recevoir Nicolas Sarkozy à l'occasion de la visite que le ministre de l'intérieur et président de l'UMP devait effectuer les jeudi 8 et vendredi 9 décembre, dans les Antilles.</p>
<p>Il expliquait cette décision par la pudique invocation de « <span style="color:#003366;"><strong>raisons personnelles</strong></span> », précisant néanmoins : « <span style="color:#003366;"><strong>Parce que, auteur du discours sur le colonialisme, je reste fidèle à ma doctrine et anticolonialiste résolu. Et ne saurais paraître me rallier à l'esprit et à la lettre de la loi du 23 février 2005</strong></span> » sur la reconnaissance dans les programmes scolaires du « <strong><span style="color:#003366;">rôle positif de la présence française en outre-mer</span></strong> ». M. Césaire dénonçait ensuite un « <span style="color:#003366;"><strong>piège dans lequel [il] ne tomber[a] pas</strong></span> ».</p>
<p>Par ailleurs, un collectif d'élus, de syndicats et d'une trentaine d'associations avait prévu de manifester contre cette visite en dénonçant les termes - « <span style="color:#003366;"><strong>racaille</strong></span> » et « <span style="color:#003366;"><strong>Kärcher</strong></span> » - que M. Sarkozy avait employés lors de la crise des banlieues.</p>
<p>Mais Nicolas Sarkozy n'a pas plus de respect pour les morts qu'il n'en a pour les vivants. Faisant fi des convictions profondes du chantre de la négritude, il a osé se rendre aux obsèques du « <span style="color:#003366;"><strong>prototype de la dignité humaine</strong></span> », selon le mot d'André Breton.</p>
<p>Impuissante, et craignant toute forme de récupération politique, <span style="color:#800000;"><strong>la famille du défunt a cependant refusé que Nicolas Sarkozy prononce un discours lors de la cérémonie</strong></span>, qui devait consister en un hommage culturel, avec la lecture de plusieurs textes du poète.</p>
<p><span style="color:#808080;">Source : Archives du <a href="http://www.lemonde.fr/web/recherche_breve/1,13-0,37-925792,0.html" target="_blank">Monde</a> I <a href="http://www.lemonde.fr/carnet/article/2008/04/20/la-republique-rend-hommage-a-aime-cesaire_1036271_3382.html?xtor=RSS-3208" target="_blank">Le Monde</a></span></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Sarkozy, un historien approximatif ]]></title>
<link>http://sarkopitheque.wordpress.com/?p=1328</link>
<pubDate>Sun, 06 Apr 2008 22:45:08 +0000</pubDate>
<dc:creator>eilema</dc:creator>
<guid>http://sarkopitheque.fr.wordpress.com/2008/04/06/sarkozy-un-historien-approximatif/</guid>
<description><![CDATA[
« Ce qu&#8217;il y a d&#8217;effarant dans le livre de Sarkozy ».
« Il y a le plagiat, la bourde]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://sarkopitheque.wordpress.com/Users/Eilema/Desktop/CDGColombey.gif" alt="" /><a href="http://sarkopitheque.wordpress.com/files/2008/04/sarkozypave.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-1331" src="http://sarkopitheque.wordpress.com/files/2008/04/sarkozypave.jpg?w=400" alt="" width="400" height="273" /></a></p>
<p><strong>« Ce qu'il y a d'effarant dans le livre de Sarkozy ».</strong></p>
<p>« <span style="color:#003366;"><strong>Il y a le plagiat, la bourde, et le plagiat de la bourde. Ou le mimétisme... Mais pas seulement</strong></span> » juge Adrien le Bihan, auteur de la Fourberie de Clisthène procès du biographe élyséen de Georges Mandel. <strong><span style="color:#008000;">L'écrivain analyse, pour la première fois, la biographie de Mandel écrite par Nicolas Sarkozy, lorsqu'il était ministre du budget en 1994. Il relève plusieurs erreurs historiques et « l'effacement troublant » par Sarkozy des contacts du général de Gaulle avec Mandel</span></strong>.</p>
<p><span style="color:#000000;"><strong>Le Contre-journal (Karl Laske).</strong></span> Vous venez de publier La Fourberie de Clisthène, procès du biographe élyséen de Georges Mandel, pour être clair vous parlez de « <strong><span style="color:#003366;">Georges Mandel, le moine de la politique</span></strong> » écrit par Nicolas Sarkozy, pourquoi la fourberie de Clisthène ?</p>
<p><span style="color:#000000;"><strong>Adrien Le Bihan.</strong></span> Parce qu'il m'a semblé que ce livre était fourbe. Pour aller au point qui m'a retenu le plus longtemps, Sarkozy en écrivant cette biographie se débarrasse du Général de Gaulle, or comme nous savons que de loin, et très indirectement, il lui doit quand même beaucoup, cela m'a paru une fourberie.</p>
<p><span style="color:#000000;"><strong>Le Contre-journal. </strong></span>Pourquoi Clisthène ?</p>
<p><span style="color:#000000;"><strong>Adrien Le Bihan.</strong></span> J'ai découvert ce personnage dans Le trait empoisonné, où Pierre Vidal-Naquet répond à Thierry Wolton qui répandait la rumeur que Jean Moulin avait été un agent soviétique. Vidal-Naquet en vient à évoquer les processus d'héroïsation et d’anti-héroïsation des personnages dans l'antiquité. Il rapporte qu’un Clisthène, grand père du réformateur athénien du même nom, avait voulu  chasser de sa cité les reliques d’un personnage qui lui déplaisait. La Pythie le lui interdisant, il leur juxtaposa les reliques d’un autre. Je me suis dit : tiens c'est comme Sarkozy dans sa biographie de Mandel, il n'attaque jamais De Gaulle, mais simplement, il ne le mentionne quasiment jamais, du moins à partir de l’Occupation, il le fait passer à la trappe et tous les hommages sont dirigés vers un autre personnage qui est Mandel. <!--more--></p>
<p><span style="color:#000000;"><strong>Le Contre-journal. </strong></span>La présentation de votre livre signale : « <strong><span style="color:#003366;">Un ouvrage se rappelle à votre attention quand son auteur, se flattant d'incarner le héros qu'il a dépeint, est élu président de la République. Intrigué, vous interrogez cette similitude, à vrai dire bien floue, et mettez à jour les bourdes du biographe, ses omissions symptomatiques, certaines affinités incompatibles avec les vôtres.</span></strong> » Alors les bourdes, les omissions symptomatiques, c'est aussi parce qu'il y a plagiat, ou des éléments de plagiat...</p>
<p><span style="color:#000000;"><strong>Adrien Le Bihan.</strong></span> Je n'accuse pas Sarkozy de plagiat, parce qu'on ne sait pas à quoi cela pourrait mener. Mais, sans être historien, seulement pamphlétaire occasionnel, je constate beaucoup de coïncidences troublantes entre le bouquin qu'il a écrit et l’ouvrage de Bertrand Favreau Georges Mandel, un clémenciste en Gironde, paru en 1969. Avec d'autres livres aussi. Alors, coïncidences, mimétisme, plagiat : le lecteur a l’embarras du choix.</p>
<p><span style="color:#000000;"><strong>Le Contre-journal.</strong></span> Pour être tout à fait transparent, j'ai comme journaliste publié deux articles sur le plagiat de Nicolas Sarkozy, et sur ses emprunts au livre de Favreau, un dans L'Événement du jeudi, et par la suite dans un livre publié par le collectif Victor Noir, mais vous citez vous aussi un certain nombre d'emprunts et l'on voit que Nicolas Sarkozy emprunte les erreurs, les fautes, de Favreau, ce qui est le propre du plagiat pris en flagrant délit.</p>
<p><span style="color:#000000;"><strong>Adrien Le Bihan.</strong></span> Oui. Il y a l'exemple du journaliste Georges Pioch, qui était mentionné par Favreau comme écrivant dans Les Hommes de bonne volonté alors qu’il s’agissait des Hommes du jour. Or, l’on retrouve, dans le Sarkozy, Georges Pioch écrivant dans Les Hommes de bonne volonté. Ce qui nous apprend que, s’il ne connait pas Jules Romains, il est très familier du livre de Bertrand Favreau. Il y a le plagiat, il y a la bourde, et le plagiat de la bourde. Ou le mimétisme... L'autre énormité c'est l'appel de Casablanca. Nous sommes en juin 1940. De Gaulle s’est envolé pour Londres le 17 et, comme chacun sait, il a lancé le lendemain son célèbre appel. Quelques jours plus tard, le paquebot Massilia part de Bordeaux, plus exactement du Verdon, emmenant des parlementaires vers le Maroc. Une trentaine seulement. Mandel, qui est tombé dans ce piège, est du voyage. Au Maroc, la Résidence générale leur interdit toute action et tout contact avec les émissaires de Churchill. Mandel se rend à l'agence Havas de Casablanca. Selon Sarkozy, c’est pour annoncer qu’il a pris le pouvoir avec l’accord des Britanniques et que l’armée coloniale et la flotte poursuivront la guerre à ses côtés jusqu’à la victoire ; mais l’annonce n’est pas diffusée et Mandel est arrêté. Un tel appel à la résistance lancé par Mandel depuis Casablanca une semaine jour pour jour après celui du 18 Juin : Sarkozy trouve ce scoop extraordinaire. En réalité, ce qui stupéfie, c’est l’apparition d’une telle bourde dans un ouvrage de 1994. Quand on cherche à savoir d’où elle provient, on s'aperçoit qu'il s'agit d'une étourderie de Bertrand Favreau, en 1969, que lui-même a rectifiée dans sa belle étude Georges Mandel ou la passion de la République, parue en 1996. Le prétendu appel de Casablanca était une invention destinée par Vichy à confondre Mandel. Plus stupéfiant encore : pour tous les auteurs sérieux qui ont examiné la question avant Sarkozy, si l’on excepte le premier Favreau, dont il s’inspire si vous me permettez cet euphémisme, c’est que nous avons affaire à un faux.</p>
<p><span style="color:#000000;"><strong>Le Contre-journal. </strong></span>Il n'aura utilisé qu'un seul livre...</p>
<p><span style="color:#000000;"><strong>Adrien Le Bihan.</strong></span> Non justement. L’écrivain Sarkozy est incohérent. Outre qu’il ne veut pas entendre parler de l’excellente étude sur Mandel par l’historien américain John Sherwood, il prend dans les ouvrages qu’il consulte ce qui lui convient. Nous disposons, sur l’équipée du Massilia, d’un livre très bien documenté de Christiane Rimbaud. Pour exposer les déconvenues de Mandel au Maroc, Sarkozy se réfère au livre de Christiane Rimbaud, et uniquement à ce livre là. Quatre ou cinq notes de bas de pages. Soudain, il cesse de nous y renvoyer. C'est alors qu'il s’extasie de l'appel de Casablanca. Or, Christiane Rimbaud expose clairement que cet appel n'est qu’une grossière invention. Que s'est-il passé dans l’esprit de Sarkozy ? À un certain moment de sa lecture de Rimbaud, tout à coup il n'a plus vu ce qu'il lisait ? Ou bien il s'est dit, c'est elle qui se trompe, mais à ce compte-là, beaucoup de gens se seraient trompés sauf lui. Il serait intéressant de savoir si, dans cette affaire, il préfère accorder crédit au collaborationniste Jacques Benoist-Méchin.</p>
<p><span style="color:#000000;"><strong>Le Contre-journal. </strong></span>Vous faites souvent œuvre d'enquêteur littéraire, et vous avez remarqué un travail d'effacement de De Gaulle dans le livre de Sarkozy.</p>
<p><span style="color:#000000;"><strong>Adrien Le Bihan.</strong></span> Oui, la manière dont de Gaulle est effacé dans son livre est inquiétante. Je veux dire : de Gaulle dans ses rapports avec Mandel. Par exemple, en 1942, Mandel au fort du Portalet reçoit de Londres, par l'intermédiaire d’un résistant, un message de De Gaulle qui cherche alors à entrer en contact avec des personnalités emprisonnées susceptibles de se joindre à lui. Mandel lui répond de sa prison une lettre magnifique. On s'attendrait à la trouver dans le livre de Sarkozy, elle n'y est pas. Or, trois ans avant Sarkozy, Jean-Noël Jeanneney a publié un essai, excellent celui-là, sur Georges Mandel, l'homme qu'on attendait. Jeanneney y rend hommage à ce qu'il appelle une belle lettre d'admiration et d'allégeance. Elle figure dans les Mémoires de guerre de De Gaulle. Comment se fait-il que Sarkozy ne semble connaître ces Mémoires que par l’intermédiaire de Jean Lacouture, alors qu’il cite Salan correctement.</p>
<p><span style="color:#000000;"><strong>Le Contre-journal. </strong></span>Vous expliquez que vous vous êtes intéressé au livre de Sarkozy en l'entendant évoquer Mandel en janvier 2007, lors d'un meeting. Sarkozy a proposé à ses supporters une forme d'identification à son héros.</p>
<p><span style="color:#000000;"><strong>Adrien Le Bihan.</strong></span> J’ai appris ça par la radio. C'est ce qui m’a incité à écrire ma Fourberie de Clisthène. La biographie de Mandel par Sarkozy remontait à 1994. Mais puisqu’il en rappelait l’existence pour vanter ses qualités de futur président, il fallait que je l’examine, au moins pour découvrir en quoi il souhaitait ressembler à Mandel. Je ne m’attendais pas à un ouvrage aussi désastreux.</p>
<p><span style="color:#000000;"><strong>Le Contre-journal. </strong></span>Voilà ce que dit Nicolas Sarkozy dans le discours en question. « <span style="color:#003366;"><strong>J'ai changé quand j'ai rencontré Mandel, ce grand Français. J'avais voulu écrire sa vie pour réparer une injustice, pour changer le regard des autres sur cette destinée tragique. C'est mon regard sur la politique qui s'en est trouvé transformé</strong></span> ».</p>
<p><span style="color:#000000;"><strong>Adrien Le Bihan.</strong></span> Ce discours m'a autorisé à indiquer que je faisais le procès du biographe élyséen de Georges Mandel, puisque c'est pour accéder à l'Elysée qu'il se réclamait de lui.</p>
<p><span style="color:#000000;"><strong>Le Contre-journal. </strong></span>Dans ce portrait qu'il fait de Mandel est-ce qu'on peut trouver quelque chose qui nous parle de sa vision de la politique et de sa propre psychologie ?</p>
<p><span style="color:#000000;"><strong>Adrien Le Bihan.</strong></span> Dans les passages de Mandel aux ministères des PTT ou des Colonies, il a des façons de procéder qui annoncent celles de Sarkozy. Un peu rudes. Expéditives. Et comme lui, bien qu’il se donne Plutarque en exemple, il écrit mal.</p>
<p><span style="color:#000000;"><strong>Le Contre-journal. </strong></span>Vous concluez assez sévèrement, puisque vous suggérez à Nicolas Sarkozy de renoncer à toute réédition de son livre.</p>
<p><span style="color:#000000;"><strong>Adrien Le Bihan.</strong></span> Alors que j’envisageais de faire paraitre ma Fourberie de Clisthène, j'ai appris que les éditions Grasset allaient rééditer Georges Mandel, le moine de la politique. Je me suis dit : Sarkozy va peut-être corriger quelques-unes de ses bourdes, attendons. Le Sarkozy était annoncé pour janvier. Janvier arrive : point de moine. J'interroge les éditions Grasset qui me répondent : M. Sarkozy a décidé de remanier son œuvre. J’ai donc sans plus attendre fait imprimer mon petit pamphlet, en suggérant à l'auteur dont je m'occupe ou bien de remanier sérieusement sa biographie ou bien de s’abstenir d’en encombrer les vitrines.</p>
<p style="text-align:center;"><span style="color:#800000;"><strong>EXTRAITS DE L'OUVRAGE D'ADRIEN LE BIHAN</strong></span></p>
<p>Le 14 janvier 2007, au parc des expositions de la Porte de Versailles, Nicolas Sarkozy claironne à des militants de son parti : «J’ai changé!» Un frisson parcourt l’échine de ses fans, mais les voici perplexes quand soudain l’orateur explique : «J’ai changé quand j’ai rencontré Mandel, ce grand Français. J’avais voulu écrire sa vie pour réparer une injustice, pour changer le regard des autres sur cette destinée tragique. C’est mon regard sur la politique qui s’en est trouvé transformé.»</p>
<p>Passé jusqu’alors inaperçu, le prodige du candidat métamorphosé par son ouvrage remontait à 1994.</p>
<p>Il est peu commun qu’un président en puissance déclare sa mue lisible dans un texte littéraire consacré à un homme politique. Ceux qui accédèrent avant lui à l’échelon le plus élevé du cursus honorum ne nous avaient pas invités à faire leur connaissance de la sorte. Il faut même remonter, si je ne me trompe, à la IIIe République pour repérer un futur président du Conseil, Paul Reynaud, biographe d’un prédécesseur récent : Waldeck-Rousseau. André Tardieu se distingua par une vie du Prince de Bülow, ancien chancelier allemand. Vers la quarantaine  (l’âge approximatif de Nicolas Sarkozy lorsque parut son Georges Mandel. Le moine de la politique), Pierre Mendès France publiait Liberté, liberté chérie, récit de captivité, d’évasion et de combat dans la Résistance; Edgar Faure, La condition humaine sous la domination nazie; Guy Mollet, professeur d’anglais, un cours pratique de grammaire raisonnée de cette langue; Georges Pompidou, agrégé de lettres, des Pages choisies d’Hyppolite Taine, agrémentées de notices; François Mitterrand, ancien ministre de la France d’outre-mer, Présence française et abandon.</p>
<p>La biographie que Sarkozy a signée ne manque donc pas d’originalité. Pour la première fois depuis Paul Deschanel, auteur d’un Gambetta, le locataire de l’Élysée, est un biographe. Son Mandel, que nous avions sans remords négligé, il faut nous résoudre, quatorze ans après sa sortie, à l’examiner.</p>
<p>[...] Enumérant les auteurs qui, avant lui, traitèrent du moine de la politique, il désigne d’abord «un historien de grand talent, hier ministre, Jean-Noël Jeanneney», dont l’essai, nous prévient-il en connaisseur, «fera date» : Georges Mandel. L’homme qu’on attendait. Ensuite, Sarkozy énumère «trois proches collaborateurs et […] amis fidèles, qui ont retracé avec précision et lucidité leurs vies auprès du grand homme, Georges Wormser, Paul Coblentz, Francisque Varenne» – ce qui est faux : leurs écrits sur Mandel laissent leurs propres vies, et la sienne, de côté.  «Enfin, poursuit-il, on trouve la trace d’un chercheur américain dans les années 70 et un remarquable mémoire soutenu en 1968 à la faculté de Bordeaux par Bertrand Favreau et publié en 1969.»</p>
<p>Sarkozy a signalé en premier le plus récent des cinq ouvrages, celui à la fois du spécialiste et du confrère. Ceux de Georges Wormser, ancien chef de cabinet de Mandel au ministère des PTT, du journaliste Paul Coblentz et de Francisque Varenne sont mentionnés dans le désordre, comme les chevaux du tiercé, puisqu’ils furent publiés respectivement en 1967, 1946 et 1947. «La trace d’un chercheur» suggère que Sarkozy ne s’est pas soucié de la thèse de John M. Sherwood pourtant aisément accessible, car soutenue à Stanford (non pas «dans les années 70», mais en 1970). Il ne signale pas qu’il en prit indirectement connaissance grâce au livre de Jeanneney, lequel s’y réfère à plusieurs reprises. Certains avancent que par l’hommage appuyé à Georges Mandel, un clémenciste en Gironde, de Bertrand Favreau, Sarkozy se dédouanait par avance de l’accusation de plagiat. [...]</p>
<p>Les emprunts de Sarkozy [au livre de Bertrand Favreau ] n’ont été inventoriés que jusqu’à sa page 142. Il serait fastidieux de contrôler plus avant. Ou d’attirer l’attention sur de troublantes ressemblances, entre, par exemple, «Le château de Chazeron est de construction composite. Le corps de logis est moyenâgeux. Deux ailes y ont été ajoutées, au XVIIe siècle…» (Paul Reynaud, ancien prisonnier de cette geôle) et «La bâtisse était de construction composite. Le corps de logis datait du Moyen Âge. Deux ailes avaient été rajoutées au fil des siècles…» (Nicolas Sarkozy, biographe).  En art seulement l’examen du plagiat réjouit l’esprit. Sous la plume de Stendhal, frais émoulu d’un larcin identique, il est piquant de lire : «Sterne a souvent pillé des auteurs qu’il ne citait jamais; M. Xavier de Maistre imite sans cesse Sterne, et n’en parle jamais.» On peut naviguer loin sur ces eaux-là. Mais prendre la main dans le sac un cancre qui copie sur le voisin : à quoi ça nous avance? C’est bien après la page 142, en pleine débâcle, que, pire qu’un plagiat, se dessine la fourberie de Clisthène.</p>
<p>[...] Le bouquin entier de Sarkozy souffre et nous divertit d’une maîtrise insuffisante du français. La problématique étant l’art de poser les problèmes, «poser la problématique» […] médusera maints lecteurs. Ils se gausseront, non pas de Clemenceau se déchargeant sur son adjoint de la politique intérieure, mais du rappel «que lui-même avait fort à faire avec la guerre qu’il fallait bien mener» (comme si le Tigre avait rechigné à la besogne). Afin qu’on ne les taxe pas de purisme, ils fermeront les yeux sur une «situation […] rageante», mais s’étonneront que l’on puisse «rentrer pour la première fois au Palais Bourbon» et refermeront leurs yeux éblouis par «l’habit de lumière de l’homme politique installé», changé en torero. Ils rejetteront, j’en suis sûr, «[les] deux hommes forts de la période, Briand et Poincaré», pour avoir été trop souvent bombardés de ces euphémismes dans les journaux télévisés, où l’on répugne à appeler les dictateurs par leur nom. Il arrive aussi que Sarkozy ne traite pas courtoisement son modèle : pour éviter de répéter son nom, il l’appelle «notre homme». Sous-estimant la culture littéraire de ses lecteurs, il leur dévoile que Lamartine est un «grand poète», Guerre et Paix un chef-d’oeuvre. Pour clore le paragraphe où est décrit l’assassinat de Mandel par des miliciens, il s’inspire de Fantômas : «L’exécution avait été sauvage, brutale, hystérique. La haine suait de chacun de ces coups de feu.»</p>
<p>Un homme de tribune s’adresse à des électeurs, s’efforce de remuer leurs tripes. Il se vante d’avoir changé en composant son ouvrage. Celui-ci, hélas, a peu de chance d’être réparé. On ne pourrait, par endroits, que le rafistoler. Sarkozy ne s’aperçoit pas qu’il nuit, par ses négligences, par ses incorrections, au personnage qu’il célèbre. Plus il le loue, plus il augmente la distance qui le sépare de lui. Son empressement à fournir les librairies d’un bouquin défectueux confine au manque de respect. On est tenté de lui appliquer son aphorisme, incrusté d’une expression populaire qu’il croit mitterrandienne : «Il est rare que la vie publique pardonne aux imprudents qui ne savent pas laisser du temps au temps.» Sa chute finale est d’un comique irrésistible : «Il fut le dernier à ne pas croire en lui, en son influence. Quand enfin il comprit, il était déjà trop tard. Ce fut injuste. Ce fut cruel. Mais ce fut!»</p>
<p>On me rétorquera, à sa décharge, que Sarkozy pourrait n’être pas l’auteur de cette biographie. Le bruit court que nombre de responsables politiques, d’acteurs de cinéma, de chanteurs, d’animateurs de télévision, engagent des plumes (on disait autrefois des nègres) qui rédigent essais, mémoires, livres, rapports et parfois romans à leur place. De Gaulle, en 1938, refusa à Pétain de le servir ainsi. Ce fut de sa part un acte de résistance de publier sous son nom La France et son armée.</p>
<p>Néanmoins, outre que Sarkozy ne vise pas, nous le verrons, à imiter de Gaulle, plutôt à se débarrasser de lui, la pratique de nos jours passe pour normale. Une confidence étourdie, à l’avant-dernière page, éveille le soupçon : «À l’issue de ce récit, on reste confondu par le nombre d’occasions ratées, de rendez-vous manqués, d’opportunités abandonnées.» L’auteur découvrirait en son entier, pour la première fois, l’ouvrage qu’il signe (comme si sa main droite ignorait le labeur de sa main gauche), il ne s’exprimerait pas autrement. Mais puisqu’il le signe, et que la postérité s’en servira pour déchiffrer son caractère et ses intentions, laissons-le lui. Il ne l’a pas volé.</p>
<p>[Sarkozy affirme que Mandel, arrivé au Maroc à bord du Massilia le 24 juin 1940, déposa] le lendemain à l’agence Havas un extraordinaire (selon lui, «un véritable») «appel de Casablanca» dans lequel les Français auraient lu, si les journaux sous la dictature de Pétain et des Allemands l’avaient imprimé  : «En accord avec les alliés britanniques et dans cette heure de détresse nationale, j’ai pris le pouvoir. L’armée coloniale et la flotte poursuivront la guerre à mes côtés jusqu’à la victoire.» Mais, regrette Sarkozy, «la déclaration […] ne fut jamais diffusée… La Résidence générale avait pris des dispositions en ce sens.»</p>
<p>Où donc a-t-il pêché cet appel de Casablanca, dont l’apparition insolite [une semaine après celui du général de Gaulle] et les accents césariens exigeaient une enquête approfondie? Quelles sont ses sources? À partir de cet endroit, et jusqu’à la fin du chapitre intitulé «Le calvaire du « Massilia »», aucune note en bas de page ne nous jette sur la moindre piste. La maigrichonne bibliographie de Sarkozy, sur ce point délicat, reste obstinément muette et nous savons de reste que, ne se voulant pas historien, il n’a point effectué de recherches personnelles.</p>
<p>[…] Un jour peut-être saurons-nous si le scénariste du téléfilm [Le Dernier Été, « d’après l’œuvre de Nicolas Sarkozy »] sursauta, épouvanté, en s’apercevant que Mandel n’avait jamais lancé d’appel de Casablanca et s’il en avertit le biographe. Le supplément enregistré sur le DVD nous les montre devisant comme de vieux copains, habitués à partager les mots et les trouvailles. Sarkozy avait annoncé, au début de son ouvrage, vouloir exhumer une vie du grenier de notre histoire. Question du scénariste : «Comment diable êtes-vous allé exhumer Georges Mandel?» Réponse : «Vous qui êtes un historien reconnu, vous l’avez dit : vous avez employé le terme exhumer.» Et ainsi de suite. On en déduit, jusqu’à plus ample informé, que le scénariste avait eu carte blanche pour se débarrasser non seulement de l’appel de Casablanca, mais de tout son contexte, réduisant l’épisode marocain à ce raccourci spectaculaire : «La tentative pour gagner l’Afrique du Nord s’acheva par un fiasco total.»</p>
<p>Adrien Le Bihan, La Fourberie de Clisthène. Procès du biographe élyséen de Georges Mandel, éditions Cherche-bruit, 10€ . (19 rue de Dantzig, boîte 141, 75015 Paris – courriel : cherche-bruit@wanadoo.fr)</p>
<p>L’ouvrage est disponible dans les librairies : Gallimard (15 boulevard Raspail 75006), Jean Touzot (38 rue Saint-Sulpice 75006), La Hune (170 boulevard Saint-Germain  75006), Librairie de Paris (7 place de Clichy 75017).<br />
<span style="color:#808080;">Source : <a href="http://contrejournal.blogs.liberation.fr/mon_weblog/2008/03/nicolas-sarkozy.html" target="_blank">Le Contre Journal</a><strong> I </strong>Adrien Le Bihan, La Fourberie de Clisthène. Procès du biographe élyséen de Georges Mandel, éditions Cherche-bruit, 10€.</span></p>
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</item>
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<title><![CDATA[Shoah : Dire d'abord, réfléchir ensuite ]]></title>
<link>http://sarkopitheque.wordpress.com/?p=1110</link>
<pubDate>Mon, 18 Feb 2008 22:03:29 +0000</pubDate>
<dc:creator>eilema</dc:creator>
<guid>http://sarkopitheque.fr.wordpress.com/2008/02/18/shoah-dire-dabord-reflechir-ensuite/</guid>
<description><![CDATA[ Après la polémique suscitée par l&#8217;annonce de Nicolas Sarkozy, l&#8217;Elysée et Xavier Da]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p class="first"><strong> Après la polémique suscitée par l'annonce de Nicolas Sarkozy, l'Elysée et Xavier Darcos avaient semblé reculer un peu, n'excluant finalement pas le principe que le travail de mémoire soit confié à une classe entière plutôt qu'à un seul enfant. Après le choc de l'annonce, vient aujourd'hui la réflexion autour du problème. Où l'art de faire les choses dans le désordre...</strong></p>
<p class="first">Simone Veil, qui s'était élevée contre l'initiative de Nicolas Sarkozy de confier à chaque élève de CM2 la mémoire d'un des 11.000 enfants français victime de la Shoah, a accepté de participer à la mission mise en place par le ministre de l'Education pour réfléchir aux modalités d'application de cette proposition controversée, a-t-on appris lundi soir auprès de la Fondation pour la mémoire de la Shoah.</p>
<p>La directrice générale de la Fondation, Anne-Marie Revcolevschi, a précisé à l'Associated Press qu'elle-même et Mme Veil participeraient aux travaux de cette commission "qui doit être mise en place la semaine prochaine" et dont les contours ne sont pas encore connus. <a href="http://fr.news.yahoo.com/ap/20080218/tfr-education-shoah-sarkozy-veil-56633fe_2.html" target="_blank">Associated Press</a></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Sarkozy et la Shoah : analyse d'une manipulation ]]></title>
<link>http://sarkopitheque.wordpress.com/?p=1084</link>
<pubDate>Mon, 18 Feb 2008 14:37:29 +0000</pubDate>
<dc:creator>eilema</dc:creator>
<guid>http://sarkopitheque.fr.wordpress.com/2008/02/18/sarkozy-et-la-shoah-analyse-dune-manipulation/</guid>
<description><![CDATA[
Au-delà  du  tollé,  totalement  justifié,  provoqué  par  la  déclaration  de Sarkozy  sur  l]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://sarkopitheque.wordpress.com/files/2008/02/etoiledavid.jpg" alt="etoiledavid.jpg" /></p>
<p>Au-delà  du  tollé,  totalement  justifié,  provoqué  par  la  déclaration  de Sarkozy  sur  la  charge  aux  élèves  de  CM2  de perpétuer  la  mémoire  des enfants  juifs  assassinés  pendant  la  Shoah,  il  est  nécessaire  de  tenter de  comprendre  les  raisons   de  cette  étrange proposition,  qui  en  effet «  <span style="color:#003366;"><strong>glace  le  sang</strong></span> »  comme  l'a  dit  <span style="color:#000000;"><strong><a href="http://sarkopitheque.wordpress.com/2008/02/16/shoah-lidee-insoutenable/" target="_blank">Simone  Veil</a></strong></span>.</p>
<p>Il  y  a  bien  sûr  la  recherche  d'annonces  spectaculaires  et  «  <strong><span style="color:#003366;">émouvantes</span></strong> »  selon  l'expression  de  Sarkozy,   particulièrement   dans  le  contexte  de la  réunion  du  CRIF  et  au  lendemain  du  <a href="http://sarkopitheque.wordpress.com/2008/02/13/article0001/" target="_blank"><strong><span style="color:#000000;">dérapage  de  son  épouse</span></strong></a> comparant un  article  du  Nouvel  Observateur  à  la  dénonciation  des  Juifs  sous Vichy.</p>
<p>Mais  au-delà  de  cette  agitation  à  visée  médiatique,  les  trois  éléments de  fond  qui  peuvent  expliquer  la  succession  de  dérapages  du  chef  de l'Etat  sont  :</p>
<p><span style="color:#008000;"><strong>1) </strong></span>Son  refus  de  la  «  <strong><span style="color:#003366;">repentance</span></strong> »  politique  concernant  la participation  des  autorités  françaises  à  la  déportation  le  conduit  à se  placer  par  substitution  sur  le  terrain  plus  avantageux  de l'émotion.  C'était  déjà  le  cas  pour  la  lecture  de  la  lettre  de  Guy Moquet. Le  refoulement  de  la  responsabilité  politique  et  de  la  simple reconnaissance  de  la  vérité  historique  débouche  ainsi  sur   la  « <strong><span style="color:#003366;">responsabilisation</span></strong> »  morale  d'enfants  de  10  ans.</p>
<p><strong><span style="color:#008000;">2)</span></strong> Sa  légèreté  d'analyse  sur  ce  fut  le  nazisme,  apocalypse ultra-réactionnaire  et  exterminatrice  assimilé  à  une  «  folie  »,<br />
doublé  d'un  mépris  affiché  pour  l'effort  de  compréhension  de l'antisémitisme.  Sarkozy  a  ainsi  jugé  que  les  recherches  sur  les différentes  variantes  idéologiques  de  l'antisémitisme  « <strong><span style="color:#003366;">aboutissent parfois  à  le  banaliser</span></strong> ».</p>
<p><strong><span style="color:#008000;">3)</span></strong> Sa  remise  en  cause  constante  de  la  laïcité  de  l'Etat  et  une orientation  délibérément  communautariste.</p>
<p>Sur  le  refus  de  la  repentance,  il  faut   se  référer  au   fameux discours  de  Sarkozy     à   Nice   le  30  mars  2007,  en  plein  durcissement de  la  campagne  électorale  présidentielle,  quelques  jours  après  les incidents  de  la  Gare  du  Nord  : « <strong><span style="color:#003366;">Je  veux  redonner  à  tous  les  Français  la  fierté  d'être  Français. Je  veux  leur  dire  qu'ils  auront  à  choisir  entre  ceux  qui  assument toute  l'Histoire  de  France  et  les  adeptes  de  la  repentance  qui  veulent ressusciter  les  haines  du  passé  en  exigeant  des  fils qu'ils  expient les  fautes  supposées  de  leur  père  et  de  leurs  aïeux. Je  suis  de  ceux  qui  pensent  que  la  France  n'a  pas  à  rougir de  son histoire.  Elle  n'a  pas  commis  de  génocide.  Elle  n'a  pas  inventé  la solution  finale.  Elle  a  inventé  les  droits  de l'Homme  et  elle  est  le pays  du  monde  qui  s'est  le  plus  battu  pour  la  liberté… Je  veux  dire  que  dans  les  colonies,  tous  les  colons  n'étaient  pas  des exploiteurs… Je  veux  dire  aux  Français  que  le  22  avril  et  le  6  mai,  ils  auront  à choisir  entre  ceux  qui  sont  attachés  à  l'identité  nationale  et  qui veulent  la  défendre  et  ceux  qui  pensent  que  la  France  a  si  peu d'existence  qu'elle  n'a  même  pas  d'identité…</span></strong> »</p>
<p><strong>Si  Sarkozy  voulait  réellement  s'attacher  à  défendre  la  mémoire  de  la Shoah  en  France,  il  commencerait   par  désavouer  et   retirer  ce discours  qui  refusait  explicitement  de  reconnaître  une  quelconque responsabilité  des  autorités  françaises  (et  non  des  Français individuellement)     dans  la  mise  en  œuvre  de  la  déportation.</strong></p>
<p>Ce  refus   est   d'autant  plus  choquant  que  <strong><span style="color:#800000;">dans  le  cas  des  enfants  ce sont  les  dirigeants  de  l'Etat  français  qui  ont  demandé  aux  autorités nazies  de  les  déporter</span></strong>.  En  mai  1942,  Laval  ordonne  à  la  police française  d'arrêter  les  juifs  de  France  afin  de  les  déporter.  Alors même  que  les  Allemands  ne  demandaient  pas  l'inclusion  des  enfants  de moins  de  16  ans  dans  les  convois,  il  insiste  pour  les  ajouter  aux trains  de  déportation.  Sollicité  de  revenir  sur  cette  décision, notamment  par  le  pasteur  Boegner,  chef  des  protestants  de  France,  il refuse  et  répond  :  «  <strong><span style="color:#003366;">Pas  un  seul  de  ces  enfants  ne  doit  rester  en France</span></strong>. »</p>
<p>Ce  sont  les  gendarmes  et  les  policiers  français  qui  ont  raflé  les  enfants  juifs. D'ailleurs  dans  le  <a href="http://www.elysee.fr/documents/index.php?lang=fr&#38;mode=view&#38;cat_id=7&#38;press_id=1043" target="_blank"><strong><span style="color:#000000;">discours  au  CRIF</span></strong></a>,  Sarkozy  accumule  les  contradictions  sur  ce  point  ;  il commence  par  déclarer  « <strong><span style="color:#003366;">À  l'heure  où  s'abattaient  en  Europe  les idéologies  les  plus  criminelles,  c'est  un  fait  que  la  République d'alors  vous  a  trahis…</span></strong> »  puis  quelques  phrases  plus  loin  « <strong><span style="color:#003366;">Même  en 1940,  quand  Vichy  édictait  l'immonde  statut  des  Juifs,  vous  saviez  que la  République  n'était  pas  dans  ce  crime  et  que  la  France  éternelle était  plus  grande  que  sa  faute  du  moment...</span></strong> »<br />
Cette  confusion  contraste  avec  la  clarté  de  la   position  officielle  du discours  présidentiel  de  1995  :<br />
« <strong><span style="color:#003366;">Ces  heures  noires  souillent  à  jamais  notre  histoire  et  sont  une injure  à  notre  passé  et  à  nos  traditions.  Oui,  la  folie  criminelle  de l'occupant  a  été,  chacun  le  sait,  secondée  par  des  Français,  secondée par  l'État  français.  La  France,  patrie  des  Lumières,  patrie  des  Droits de  l'homme,  terre  d'accueil,  terre  d'asile,  la  France,  ce  jour-là, accomplissait  l'irréparable...</span></strong> »</p>
<p>Dans  l'esprit  de  Sarkozy,  le  nazisme  est  cantonné  au  «  <strong><span style="color:#003366;">mystère allemand</span></strong> ».   Dans  son  fameux  dialogue  philosophique  avec  Michel Onfray  (paru  dans  Philosophie-  Magazine  n°  8  de  mars  2007),  il insiste :<br />
« <strong><span style="color:#003366;">Qu'un  grand  peuple  démocratique  participe  par  son  vote  à  la  folie nazie,  c'est  une  énigme.  Il  y  a  beaucoup  de  nations  à  travers  le  monde qui  traversent  des  crises  sociales,  monétaires,  politiques,  et  qui n'inventent  pas  la  solution  finale  ni  ne  décrètent  l'extermination d'une  race.  Mieux  vaut  admettre  qu'il  y  a  là  une  part  de  mystère irréductible  plutôt  que  de  rechercher  des  causes  rationnelles.</span></strong> »<br />
Dans  son  discours  au  CRIF,  Sarkozy  a  même  explicitement   rendu  hommage à  la  «  <strong><span style="color:#003366;">repentance</span></strong> »,  en  l'occurrence  celle  de  l'allemand   Willy  Brandt s'agenouillant  devant  le  monument  du  Ghetto  de  Varsovie.  Notons  que Willy  Brandt  qui  a  été  déchu  de  sa  nationalité  allemande  par  le  régime nazi  dès  1938  et  ne  s'est  pas  extrait  pour  autant  de  la  nécessité  d'un<br />
retour  authentique  sur  la  mémoire.<br />
La  repentance  est  donc  pour  Sarkozy  une  bonne  démarche  mais  à  usage exclusivement  allemand.  Le  nazisme  est  pour  lui,  de  manière  répétée, placé  au  même  plan  que  le  communisme  et  constitue  une  «  <strong><span style="color:#003366;">folie</span></strong> » uniquement  germanique  due  à  « <span style="color:#003366;"><strong>la  redoutable  absence  de  l'idée  de Dieu…</strong></span> »  (discours  au  CRIF).</p>
<p><strong>A  cette  confusion  à  visée  nationaliste,  s'ajoute  une  imposture  répétée dans  laquelle  Sarkozy  et  ses  proches  exploitent  le sort  des  Juifs  dans des  comparaisons  choquantes.</strong></p>
<p>C'est  Sarkozy  lui-même  qui  pour  défendre la  «  dépénalisation  du  droit  des  affaires  »  le  30  août  dernier  devant le  Medef,  a  recours  à  la  formule  suivante  : «  <strong><span style="color:#003366;">A  quoi  sert-il  d'expliquer  à  nos  enfants  que  Vichy,  la collaboration,  c'est  une  page  sombre  de  notre  histoire,  et  de  tolérer des  contrôles  fiscaux  sur  une  dénonciation  anonyme,  ou  des  enquêtes sur  une  dénonciation  anonyme  ?</span></strong> »</p>
<p>C'est  Madame  Sarkozy-Bruni  déjà citée (voir  plus  haut).  C'est  aujourd'hui  même  le  ministre  Karoutchi qui,  dans  le  4eme  arrondissement  à  deux  pas  du  Mémorial  de  la  Shoah compare  les  critiques  envers  Sarkozy  à  du  «  fascisme  rampant  »  et évoque  la  mémoire  de  jean  Zay  «  mi-juif,  mi-protestant  »  attaqué  par la  presse  de  Vichy  puis  assassiné  par  la  Milice  en  1944.</p>
<p>Ces  gens  sont  dangereux  ;  <span style="color:#800000;"><strong>on  ne  peut  pas  laisser  Sarkozy  continuer  à manipuler  la  Shoah  et  à  tenter  de  dicter  le  contenu  de  l'Histoire</strong></span>.</p>
<p><span style="color:#808080;">Source : <a href="http://memorial98.over-blog.com/article-16745278.html" target="_blank">Mémorial98</a> (memorial98@noos.fr)</span></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Shoah : l'idée "insoutenable"]]></title>
<link>http://sarkopitheque.wordpress.com/?p=1074</link>
<pubDate>Sat, 16 Feb 2008 12:56:31 +0000</pubDate>
<dc:creator>eilema</dc:creator>
<guid>http://sarkopitheque.fr.wordpress.com/2008/02/16/shoah-lidee-insoutenable/</guid>
<description><![CDATA[
Hier : tous les enfants devront écouter la lecture de la lettre de Guy Môquet à sa mère.
Aujour]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://sarkopitheque.wordpress.com/files/2008/02/simoneveil.jpg" alt="simoneveil.jpg" /><!-- google_ad_section_start --><strong></strong><span style="color:#003366;"><strong></strong></span></p>
<p><span style="color:#003366;"><strong>Hier : </strong></span>tous les enfants devront écouter la lecture de la lettre de Guy Môquet à sa mère.<br />
<strong><span style="color:#000000;">Aujourd'hui : </span></strong>tous les enfants devront prendre en charge la mémoire d'un enfant (français) victime de la Shoah.<br />
<span style="color:#ff0000;"><strong>Et demain ? </strong></span>Lèveront-ils le drapeau ? Devront-ils chanter-ils « Vois sur ton chemin, gamins oubliés égarés...? »</p>
<p>Nicolas Sarkozy a une drôle d'approche de la politique éducative. Il décide que les enfants, tous les enfants, feront ceci ou cela. C'est le fait du prince : <strong><span style="color:#800000;">des mesures normatives, sans aucune réflexion ni concertation</span></strong>. Ainsi, il décide de <strong><span style="color:#800000;">confier la mémoire d'enfants de la Shoah à des élèves de CM2 </span><span style="color:#800000;">: des enfants de 10 ou 11 ans</span></strong>. Il fait cette annonce, qui concerne une question universelle, devant le Crif, qui représente les juifs « communautaires » . Ce faisant, il prend le risque de provoquer des effets de rejet, l'inverse de ce qu'il recherche.</p>
<p>Ensuite, il se place ouvertement sur le registre de l'émotion :</p>
<blockquote><p>« <strong><span style="color:#003366;">Rien n'est plus émouvant pour un enfant que l'histoire d'un enfant de son âge, qui avait les mêmes jeux, les mêmes joies et les mêmes espérances que lui</span></strong>. »</p></blockquote>
<p>Sait-il que les instituteurs parlent déjà du génocide des juifs à leurs élèves ? Certes, ils ne leur demandent pas de parrainer un mort. Ils se bornent à leur apprendre ce qui s'est passé il y a plus de soixante ans.</p>
<p>Avec tact, ils leur dévoilent l'horreur des horreurs: la solution finale. Ils font leur métier, ils font de l'histoire. Ils prennent, pour cela, le temps qu'il faut.</p>
<p><span>Nicolas Sarkozy, lui, bouge sans cesse, fait des coups, lance à la va-vite des pétards et des fusées. Au mieux, ceux-ci ne dureront que le temps d'une rentrée. </span><span style="color:#808080;">Éditorial de <strong>Pascal Riché </strong></span>(<strong><span style="color:#000000;">Rue <span style="color:#ff0000;">89</span></span></strong>)</p>
<p><span style="color:#008000;"><strong>De toutes les réactions hostiles, négatives ou simplement réticentes à la proposition de Nicolas Sarkozy concernant les enfants et la Shoah, il en est une, remarquable par sa violence, qui sort du rang : celle de Simone Veil, ancienne déportée à l'âge de 16 ans, proche du Président et qui était assise à sa droite au dîner du Crif mardi soir.</strong></span></p>
<p><span style="color:#008000;"><strong></strong></span>Elle a jugé que la proposition de Nicolas Sarkozy était « <span style="color:#003366;"><strong>inimaginable, dramatique, injuste</strong></span> ».</p>
<p><a href="http://www.lexpress.fr/info/quotidien/actu.asp?id=466002">Sur L'Express.fr,</a> l'ancienne ministre, dont le ralliement à Nicolas Sarkozy avait été un des temps forts de la campagne présidentielle, raconte que son sang « <span style="color:#003366;"><strong>s'est glacé</strong></span> » en entendant le président de la République proposer que chaque élève de CM2 en France adopte un enfant victime de la Shoah.</p>
<blockquote><p>« <strong><span style="color:#003366;">C’est inimaginable, insoutenable, dramatique et, surtout, injuste. On ne peut pas infliger cela à des petits de 10 ans ! On ne peut pas demander à un enfant de s’identifier à un enfant mort. Cette mémoire est beaucoup trop lourde à porter. Nous mêmes, anciens déportés, avons eu beaucoup de difficultés, après la guerre, à parler de ce que nous avions vécu, même avec nos proches. Et, aujourd’hui encore, nous essayons d’épargner nos enfants et nos petits-enfants. Par ailleurs, beaucoup d’enseignants parlent - très bien - de ces sujets à l’école</span></strong>. »</p></blockquote>
<p>L'ancienne ministre redoute également que cette idée puisse attiser les antagonismes religieux en France :</p>
<blockquote><p>« <strong><span style="color:#003366;">Comment réagira une famille très catholique ou musulmane quand on demandera à leur fils ou à leur fille d’incarner le souvenir d’un petit juif ?</span></strong> »</p></blockquote>
<p>Cette réaction remarquable s'ajoute au concert de protestations qui a accompagné dans tous les milieux cette proposition surprise de Nicolas Sarkozy. Seules <a href="http://www.liberation.fr/actualite/societe/310190.FR.php">quelques voix </a>se sont exprimées en faveur de la proposition présidentielle, parmi lesquelles celle de François Hollande, le premier secrétaire du PS, et celle de Marek Halter, qui l'a qualifiée d'« <strong><span style="color:#003366;">initiative formidable</span></strong> ».</p>
<p><span style="color:#800000;"><strong>La sortie de Simone Veil permet, surtout, de s'interroger, une nouvelle fois, sur la manière de procéder du chef de l'État : comment a-t-il pu lancer une telle idée sans consulter cette femme dont l'histoire personnelle et le positionnement politique en font l'interlocuteur idéal avant de lâcher en pâture à l'opinion une bombe pareille ? Sauf à considérer que les idées de ses conseillers de l'Elysée sont au-dessus de toute contestation.</strong></span></p>
<p>Quoi qu'il en soit, le jugement sans appel de Simone Veil risque fort de peser suffisamment lourd pour condamner cette initiative présidentielle à finir dans la poubelle, déjà passablement remplie, des fausses bonnes idées de Nicolas Sarkozy.</p>
<p><span style="color:#808080;">Article de <strong>Pierre Haski</strong></span><strong><span style="color:#808080;"><strong></strong></span></strong> <span style="color:#808080;"><a href="http://www.rue89.com/2008/02/15/shoah-veil-juge-lidee-de-sarkozy-insoutenable" target="_blank">Rue89</a></span></p>
<p class="first"><span style="color:#000000;"><strong>CE QU'ILS EN PENSENT :</strong></span></p>
<p><strong>- </strong>Le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) <strong>Richard Prasquier</strong> : « <span style="color:#003366;"><strong>J'ai toujours dit que j'étais nuancé vis-à-vis de cette décision du président de la République</strong></span> », a-t-il souligné sur RTL. Elle « <strong><span style="color:#003366;">part d'une très très belle idée qui est de mettre en regard un enfant avec un autre enfant. Et on sait que pour influencer un enfant, il n'y a rien d'autre que les histoires d'enfants qui sont efficaces</span></strong> ». « <strong><span style="color:#003366;">En revanche, s'il s'agit d'en faire uniquement un projet de mémoire, là, j'ai des réticences, car il y a un risque dans la mémoire</span></strong> », elle « <strong><span style="color:#003366;">peut entraîner une responsabilité pour l'enfant, responsabilité injuste</span></strong> » et « <span style="color:#003366;"><strong>trop lourde à porter</strong></span> », a observé Richard Prasquier. « <span style="color:#003366;"><strong>C'est une très belle initiative mais sur laquelle il faut prendre</strong> (...) <strong>beaucoup de précautions</strong></span> ». Le président du CRIF a cependant estimé que c'était un « <span style="color:#003366;"><strong>projet d'éducation</strong></span> » à la lutte contre l'antisémitisme, le racisme, et l'exclusion. « <strong><span style="color:#003366;">Je pense que c'est en réalité le fond du projet</span></strong> », a-t-il dit, notant que le « <strong><span style="color:#003366;">travail d'identification</span></strong> » pouvait s'effectuer « <strong><span style="color:#003366;">au niveau d'une classe</span></strong> » et « <span style="color:#003366;"><strong>s'accompagner d'un travail d'histoire</strong></span> », de « <span style="color:#003366;"><strong>réflexion</strong></span> ». Il s'agit « <strong><span style="color:#003366;">d'utiliser le passé pour l'avenir</span></strong> », a-t-il remarqué, jugeant qu'il fallait « <span style="color:#003366;"><strong>faire confiance à l'Éducation nationale</strong></span> ». <strong>(1)</strong></p>
<p>Sources : <strong>(1)</strong> <a href="http://fr.news.yahoo.com/ap/20080216/tfr-education-shoah-sarkozy-prasquier-56633fe_1.html" target="_blank">Associated Press</a></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Carla Sarkozy Bruni Dérape À Propos Des Juifs Et De La Shoah ]]></title>
<link>http://sarkopitheque.wordpress.com/?p=1070</link>
<pubDate>Wed, 13 Feb 2008 00:12:41 +0000</pubDate>
<dc:creator>eilema</dc:creator>
<guid>http://sarkopitheque.fr.wordpress.com/2008/02/13/article0001/</guid>
<description><![CDATA[
La très sérieuse association Mémorial 98, qui combat contre le racisme, l’antisémitisme et le]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://sarkopitheque.wordpress.com/files/2008/02/bruni.jpg" alt="bruni.jpg" /></p>
<p><span style="color:#000000;"><strong>La très sérieuse association <a href="http://memorial98.over-blog.com/article-16586852.html" target="_blank">Mémorial 98</a>, qui combat contre le racisme, l’antisémitisme et le négationnisme a été créée en janvier 1998, lors du centenaire de l'affaire Dreyfus. Peu encline à s'épancher sur l'actualité matrimoniale du chef de l'état, elle en a pourtant été contrainte, devant les propos de la toute nouvelle Première Dame de France.</strong></span></p>
<p><strong><span style="color:#008000;">Encore une banalisation de la persécution des juifs.</span></strong></p>
<p><strong></strong>Interrogée par l’Express de cette semaine sur la plainte déposée par Nicolas Sarkozy contre le site Internet du Nouvel Obs - qu'il accuse de "faux", Mme Bruni Sarkozy déclare : « <strong><span style="color:#003366;">La plainte justifiée de mon mari n'est pas contre un organe de presse, bien sûr, mais contre les "nouveaux moyens de désinformation". Internet peut être la pire et la meilleure des choses. A travers son site Internet, Le Nouvel Observateur a fait son entrée dans la presse people. Si ce genre de sites avait existé pendant la guerre, qu'en aurait-il été des dénonciations de juifs ?...</span></strong> »<br />
Cette déclaration pourrait n’être qu’une démonstration de narcissisme exacerbé ou une manifestation de l’absence totale du sens de la mesure ainsi qu'un signe de la confusion des esprits car elle ne provoque aucun réaction du journaliste qui réalise l'interview.</p>
<p>Mais il se trouve que Nicolas Sarkozy a commis il y a quelques mois un dérapage semblable, tendant à banaliser la délation envers les juifs sous le régime de Vichy, comparée et assimilée à la dénonciation de délits fiscaux.</p>
<p>Pour défendre la « dépénalisation du droit des affaires » (terme pudique pour l’impunité garantie aux patrons, mêmes voyous) lors de l’université d’été du Medef le 30 août dernier, il avait utilisé la formule suivante :<br />
« <strong><span style="color:#003366;">A quoi sert-il d'expliquer à nos enfants que Vichy, la collaboration, c'est une page sombre de notre histoire, et de tolérer des contrôles fiscaux sur une dénonciation anonyme, ou des enquêtes sur une dénonciation anonyme ?</span></strong> ». Il avait été applaudi frénétiquement par son auditoire, ravi de cette scabreuse comparaison. (Voir notre article précédent Sarkozy révise l’histoire de Vichy : nouveau dérapage)</p>
<p>Mémorial 98.</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Nicolas Sarkozy, c'est "Badinguet" ou "Foutriquet" ?]]></title>
<link>http://sarkopitheque.wordpress.com/2007/11/13/nicolas-sarkozy-cest-badinguet-ou-foutriquet/</link>
<pubDate>Tue, 13 Nov 2007 23:15:46 +0000</pubDate>
<dc:creator>eilema</dc:creator>
<guid>http://sarkopitheque.fr.wordpress.com/2007/11/13/nicolas-sarkozy-cest-badinguet-ou-foutriquet/</guid>
<description><![CDATA[Article de Jean-Michel Helvig publié sur Rue89.

Une comparaison en vogue fait de Nicolas Sarkozy l]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color:#008000;"><strong><a href="http://www.rue89.com/2007/11/12/nicolas-sarkozy-cest-badinguet-ou-foutriquet" target="_blank">Article</a> de <span class="submitted">Jean-Michel Helvig publié sur Rue89.</span></strong></span></p>
<p><img src="http://www.rue89.com/files/20071113thiersvalance2.jpg" alt="" hspace="7" width="150" align="left" /></p>
<p>Une comparaison en vogue fait de Nicolas Sarkozy la projection de <span style="color:#ff6600;"><strong>Napoléon III</strong></span>, cet autocrate populiste dans le sillage duquel prospéra une bourgeoisie financière avide et qui, par orgueil et bêtise, précipita en 1870 le pays dans le désastre militaire de Sedan. Passons sur le décalage historique : l'appétit d'enrichissement d'une nouvelle classe possédante, avec Guizot en gourou des marchés, est plus à mettre au compte de la Monarchie de Juillet que du Second Empire. En fait, le livre que Georges Valance vient de consacrer à Adolphe Thiers (1) suggère moins d'analogies avec "Badinguet", le surnom de l'empereur, qu'avec "Foutriquet", le sobriquet attribué par les Communards à l'objet de cette captivante biographie.</p>
<p>La figure de Nicolas Sarkozy, 23e président de la République, souvent se superpose dans l'esprit du lecteur à celle du deuxième que fut Adolphe Thiers. <span style="color:#ff6600;"><strong>Mêmes origines socialement déclassées à cause d'un père défaillant, semblable désir de revanche pour s'imposer aux élites de son temps, commune inclination à la jouissance sans complexes des avantages que procurent l'argent, leurs petites tailles respectives, leurs dandinements nerveux partagés</strong></span>, ne décourageant pas non plus les télescopages d'images. Et quand Henri Heine écrit de Thiers que "<span style="color:#ff6600;"><strong>par sa familiarité avec des chevaliers d'industrie sans convictions, il s'est lui-même attiré tous les bruits malicieux qui rongent sa réputation</strong></span>", on se dit que le grand écrivain allemand voit loin. La Revue des deux mondes pourrait republier à l'identique l'article qui décrit Thiers de la sorte : "<span style="color:#ff6600;"><strong>il se flatte, il se mire, tout part de sa personne, tout y revient aboutir</strong></span>."<!--more--></p>
<h3><span style="color:#003366;"><strong>De surprenantes coïncidences</strong></span></h3>
<p>Jusqu'à leurs premiers pas ministériels qui offrent de surprenantes coïncidences comme secrétaires d'Etat au Budget (du moins ce qui en tenait lieu sous Louis-Philippe) puis ministres de l'Intérieur (un poste qui, lui, n'a pas tant changé à plus d'un siècle et demi de distance). Tous deux furent intensément brocardés et immensément populaires, encore que Thiers dût attendre la fin de sa vie pour émouvoir les foules.</p>
<p>Ils connurent de fulgurants et juteux succès d'édition, Thiers comme historien de la Révolution, du Consulat et de l'Empire, Sarkozy sur le tard avec ses ouvrages de pré-campagne présidentielle. L'un et l'autre étaient des républicains, encore que Thiers a quand même beaucoup balancé entre le régime de monarchie parlementaire à l'anglaise qui avait ses préférences et la République dont il devint l'un des piliers surtout par rejet de Napoléon III. Mais il défendait le principe d'une "République conservatrice" qui n'est pas si étrangère aux vues sarkozyennes, en ce qu'elle visait à préserver l'ordre économique, social et familial existant, des fureurs de la "multitude" - le mot est de Thiers en 1850 - formée par un peuple indistinct réputé paresseux, dépravé et envieux. <span style="color:#ff6600;"><strong>Si l'un a cultivé une proximité avec Mgr Dupanloup et l'autre Mgr Lustiger c'est moins pour le réconfort spirituel que pour le renfort qu'ils attendent de la religion comme encadrement moral de la société</strong></span>.</p>
<p>Pourtant Thiers doit son entrée en politique à une révolution, les "Trois glorieuses" de 1830, dont il sera un des meneurs et il a des sympathies pour celle de 1848, du moins jusqu'à ce qu'elle se radicalise et prenne ce visage de lutte des classes qui l'effraye tant. Nicolas Sarkozy, plus conséquent, ne s'est jamais risqué aux abords d'une quelconque barricade. Mais sur le fond ils professent la même condamnation d'une société d'assistanat et l'on pourrait croire extraite d'une plate-forme électorale "Ensemble tout devient possible" cette phrase de Thiers:</p>
<p><strong>"Nul ne doit faire peser sur la société le fardeau de sa paresse ou de son imprévoyance."</strong></p>
<h3><span style="color:#003366;"><strong>Le rôle de Thiers dans la répression de la Commune</strong></span></h3>
<p><img src="http://www.rue89.com/files/20071113PereDuchesneIllustre.png" alt="" hspace="7" width="156" height="243" align="left" /></p>
<p>Par chance l'actuel président de la République n'a pas eu à traverser une guerre. Et il serait pour le coup vraiment anachronique de lui trouver des ressemblances avec le Thiers "massacreur de la Commune" tant cette accusation relève de circonstances extrêmes appartenant à un autre siècle. Au demeurant c'est l'intérêt du livre de Georges Valance que de fournir une réévaluation nuancée du rôle joué par Adolphe Thiers dans la répression de la Commune.</p>
<p>D'abord en remettant en perspective les conditions terribles imposées par la Prusse à une France militairement écrasée et dont Thiers négociera avec Bismarck les conséquences avec une ténacité et un attachement à son pays que l'on ne peut lui enlever. L'armistice ne peut se résumer à une "trahison" mais peut aussi être défendu comme une façon d'avoir évité bien pire encore. Il n'y avait pas seulement d'un côté des "communards" patriotes et de l'autre des "versaillais" collabos, même si les uns et les autres ont existé. Et si Thiers porte une responsabilité indéniable dans les atrocités de la "semaine sanglante" comme "chef du pouvoir exécutif de la République française", de fait Président, c'est plus pour avoir laissé faire des généraux revanchards et ne pas avoir saisi la perche tendue pris par les maires d'arrondissement de la capitale qui, comme Clemenceau, croyaient qu'une issue pacifique était possible. Il est vrai que sa répulsion ancienne pour la "vile multitude" ne le disposait pas à d'excessifs états d'âme sur le sort des victimes, encore qu'il aida personnellement des acteurs de l'insurrection à échapper à la vindicte de son camp.</p>
<h3><strong><span style="color:#003366;">Yasmina Reza n'est pas Gustave Flaubert</span></strong></h3>
<p><strong> </strong></p>
<p>A sa mort en 1877, il est déjà réconcilié avec Gambetta qui le désigne comme "libérateur du territoire" et c'est en symbole de la République qu'il est porté en terre (au cimetière du Père Lachaise) par la foule parisienne qui fit de ses obsèques une manifestation contre les tenants de l'Ancien régime combattus jusqu'à son dernier souffle par le défunt. Gustave Flaubert qui avait jadis traité Thiers d' "étroniforme bourgeois" écrira:</p>
<p><strong> "Comparé aux autres qui l'entouraient, c'est un géant; et puis il avait une rare vertu ; le patriotisme. Personne n'a résumé comme lui la France, de là l'immense effet de sa mort".</strong></p>
<p>On s'éloigne évidemment à grand pas de Nicolas Sarkozy : Yasmina Reza n'est pas Gustave Flaubert.</p>
<p>Mais c'est sans doute parce que Thiers a été la quintessence du bourgeois républicain français qu'il a servi de stéréotype à bien d'autres figures politiques qui lui ont succédé. Après tout on peut trouver aussi des analogies avec François Mitterrand, opposant irréductible à De Gaulle après le 13 mai 1958 presque aussi longtemps que l'est resté Thiers à Napoléon III après le coup d'Etat du 2 décembre 1851.</p>
<p>L'époque qui est la sienne demeure aussi une des grandes matrices de la vie politique de ce pays où se forgent des imaginaires collectifs tenaces. Georges Valance relève ainsi :</p>
<p><strong>"Si les haines de classes demeurent vives dans la France d'aujourd'hui, si l'extrême gauche reste si vivace, si le Parti socialiste n'a toujours pas fait son congrès réformiste de Bad Godesberg, cela tient pour une grande part au traumatisme laissé par les journées de juin 1848 et la "Semaine sanglante" de la Commune de Paris en mai 1871"</strong></p>
<p><strong>► (1) "Thiers, bourgeois et révolutionnaire"</strong>, de Georges Valance, éditions Flammarion.</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Sarkozy, le [Soft]Nationaliste ]]></title>
<link>http://sarkopitheque.wordpress.com/2007/11/02/sarkozy-le-softnationaliste/</link>
<pubDate>Fri, 02 Nov 2007 15:13:36 +0000</pubDate>
<dc:creator>eilema</dc:creator>
<guid>http://sarkopitheque.fr.wordpress.com/2007/11/02/sarkozy-le-softnationaliste/</guid>
<description><![CDATA[© Cabu
Gérard Noiriel (historien*), à propos du nationalisme selon Nicolas Sarkozy :
« Quand on ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://img291.imageshack.us/img291/427/lepenumpsarkozywx9.jpg" alt="http://img291.imageshack.us/img291/427/lepenumpsarkozywx9.jpg" width="375" height="376" />© Cabu</p>
<p><strong>Gérard Noiriel (historien*), à propos du nationalisme selon Nicolas Sarkozy :</strong></p>
<p>« <span style="color:#003366;"><strong>Quand on regarde ses discours, on peut pointer des critères qui nous permettent de parler de nationalisme au sens classique du terme. Le nationalisme, si  on prend le sens du dictionnaire, c'est une exaltation de l'identité nationale - c'est à dire du "nous" national - par opposition aux étrangers. Et cette opposition entre "eux" et "nous", on la retrouve dans ses discours  de manière tout à fait évidente, et illustrée par l'exemple de l'immigration.</strong></span></p>
<p><strong><span style="color:#003366;">Le deuxième élément qu'on peut pointer, c'est l'une des références - parmi les nombreuses références historiques faites par le candidat - une qui me parait entièrement fondée. C'est la référence à <span style="color:#ff6600;">Maurice Barrès</span>. Maurice Barrès est un écrivain qui a été le chef de file du courant anti-dreyfusard, qui affirmait lors du procès de Dreyfus qu'il était persuadé que Dreyfus était coupable en raison de sa race . Quand on se réfère à Maurice Barrès comme l'un des inspirateurs de sa pensée, il faut au moins avoir le courage d'assumer cette affiliation !</span></strong></p>
<p><strong><span style="color:#003366;">Barrès se définissait, lui, comme nationaliste. C'est le père fondateur du nationalisme français. Il se référait à la fois à Jeanne d'Arc et à la Commune de Paris, vous avez ces références droite gauche. Tous ces éléments qui ont été repris à un moment ou un autre dans les discours de Nicolas Sarkozy, sont effectivement empruntés au nationalisme barrésien . Et je dis que c'est un "nationalisme-soft" parce que ce nationalisme aujourd'hui n'a plus les implications qu'il a eu dans le passé.</span></strong></p>
<p align="left"><strong><span style="color:#003366;">Barrès a été élu député en 1893 sur la base d'un programme qui était "Non aux Étrangers", uniquement centré sur l'expulsion des étrangers. Dans la définition de l'identité nationale, et l'opposition à l'immigration, on retrouve une constante dans l'histoire contemporaine de la France, et c'est cela qui nous semble extrêmement inquiétant</span></strong>. »</p>
<p align="justify"><span style="color:#808080;">[*Lors de la création du ministère de l'Immigration ET de l'Identité Nationale, il avait - avec d'autres historiens et chercheurs - démissionné de son poste à la Cité Nationale de l'Histoire de l'Immigration (CNHI)♥</span><span style="color:#808080;">Là-bas si j'y Suis, France Inter, le 10/10/07] </span></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Lucie Aubrac privée d'école]]></title>
<link>http://sarkopitheque.wordpress.com/2007/10/31/lucie-aubrac-privee-decole/</link>
<pubDate>Wed, 31 Oct 2007 22:51:37 +0000</pubDate>
<dc:creator>eilema</dc:creator>
<guid>http://sarkopitheque.fr.wordpress.com/2007/10/31/lucie-aubrac-privee-decole/</guid>
<description><![CDATA[
Sarkozy a inauguré, le 5 octobre, un nouveau collège à Issy-Les-Moulineaux (Hauts-de-Seine). Ens]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.attac-toulouse.org/images_doc/LucieAubrac_thumb177.jpg" alt="//www.attac-toulouse.org/images_doc/LucieAubrac_thumb177.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs." /></p>
<p>Sarkozy a inauguré, le 5 octobre, un nouveau collège à Issy-Les-Moulineaux (Hauts-de-Seine). Enseignants et parents souhaitaient le baptiser du nom de <span style="color:#008000;"><strong>Lucie Aubrac</strong></span>, résistante décédée à Issy. Le Conseil Général a tranché : ni Aubrac ni Guy Môquet, ce sera Georges Mandel, autre résistant, dont Sarko à écrit une bio. Ajoutons que Luie Aubrac s'était mobilisée pour les sans-papiers. L'ouverture a des limites.</p>
<p align="right"><span style="color:#808080;">Article paru dans le <em>Canard Enchaîné</em> du Mercredi 24 Octobre 2007. </span></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Sarkozy et Guy Môquet : La rupture ]]></title>
<link>http://sarkopitheque.wordpress.com/2007/10/31/sarkozy-et-guy-moquet-la-rupture/</link>
<pubDate>Wed, 31 Oct 2007 18:31:31 +0000</pubDate>
<dc:creator>eilema</dc:creator>
<guid>http://sarkopitheque.fr.wordpress.com/2007/10/31/sarkozy-et-guy-moquet-la-rupture/</guid>
<description><![CDATA[
Nicolas Sarkozy a donc séché, le 22 octobre, la lecture de la lettre de Guy Môquet. Prétexte in]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://sarkopitheque.wordpress.com/files/2007/10/gmsenegalais.jpg" alt="gmsenegalais.jpg" /></p>
<p><span style="color:#ff6600;"><strong>Nicolas Sarkozy a donc séché, le 22 octobre, la lecture de la lettre de Guy Môquet.</strong></span> Prétexte invoqué : un emploi du temps trop chargé (il partait pour le Maroc à 15 heures). À l'origine, pourtant, il devait se rendre au lycée Carnot, à Paris, mais, certains profs de cet établissement ayant dénoncé la « <strong>récupération politique</strong> » de l'Élysée, il a finalement renoncé à son déplacement. SuperSarko avait peur d'être chahuté.</p>
<p>Au milieu de la semaine dernière, des conseillers de Sarko ont été priés de préparer un autre parachutage de leur patron. Ils ont choisi le lycée Filbert, de Chartres, où les enseignants paraissaient beaucoup mieux disposés. Las, l'Élysée a reculé, au dernier moment, craignant, là encore, des manifestations hostiles après les déclarations un peu raides d'Henri Guaino, le 18 octobre, sur RTL, accusant les enseignants récalcitrants d'avoir « <strong>une attitude purement politicienne</strong> ».</p>
<p>L'année prochaine, l'opération Guy Môquet ne devrait pas être reconduite. le Ministère de l'Éducation réfléchit à une opération plus pédagogique autour du thème de la résistance. Tout ça pour ça !</p>
<p align="right"><span style="color:#808080;"> Article paru dans <em>Le Canard Enchaîné</em> du Mercredi 24 Octobre 2007. </span></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Guy Môquet n'est pas mort]]></title>
<link>http://sarkopitheque.wordpress.com/2007/10/24/guy-moquet-nest-pas-mort/</link>
<pubDate>Wed, 24 Oct 2007 13:00:57 +0000</pubDate>
<dc:creator>eilema</dc:creator>
<guid>http://sarkopitheque.fr.wordpress.com/2007/10/24/guy-moquet-nest-pas-mort/</guid>
<description><![CDATA[ © Deligne
Libération - Rebonds - lundi 22 octobre 2007
Môquet n’est pas mort, je l’ai rencon]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:center;"><img src="http://img470.imageshack.us/img470/4533/sarkozypoliceecole4df.jpg" alt="http://img470.imageshack.us/img470/4533/sarkozypoliceecole4df.jpg" width="541" height="380" /> © Deligne</p>
<p><span style="color:#000000;"><strong>Libération - Rebonds - lundi 22 octobre 2007</strong></span></p>
<h3><span style="color:#008000;"><strong>Môquet n’est pas mort, je l’ai rencontré.</strong></span></h3>
<p align="center"><span style="color:#000000;">Par Aline Louangvannasy  professeure de philosophie au lycée Rive-Gauche de Toulouse<br />
et secrétaire régionale de la CGT Educ’action Midi-Pyrénées.</span></p>
<p align="center">
<p>Aujourd’hui, le président d’une grande démocratie ira dans un lycée lire la lettre d’adieu d’un jeune condamné à mort, Guy Môquet. Cette lettre l’a, selon ses dires, beaucoup ému. Mais Guy Môquet n’est pas mort, je l’ai rencontré.</p>
<p>Il s’appelle Armen. Armen a 7 ans. Le 25 septembre 2007, le cartable sur le dos, il traversait la cour de son école de Montauban. Il était encadré par deux policiers en uniforme et en armes.</p>
<p>Les parents d’Armen sont étrangers. Le mercredi 10 octobre 2007, Armen a été placé en centre de rétention. Dans un premier temps, le juge des libertés avait prononcé sa remise en liberté, car il ne semble pas que dans notre beau pays les enfants aient leur place en prison. Mais le tribunal de Toulouse a fait appel, et le juge des libertés, le bien mal nommé, a donc émis un nouveau jugement : Armen restera en détention.<!--more--></p>
<p>Aujourd’hui, Armen est au centre de rétention de Cornebarrieu avec ses parents et sa sœur de 8 ans. Armen ne mange plus. Armen ne parle plus. Armen est trop petit pour comprendre. Pour l’anecdote, il faut préciser que les parents d’Armen viennent d’un pays, le Monténégro, qui ne fera rien pour faciliter leur retour, parce qu’ils sont d’origine serbe. La mère, elle, pourrait être envoyée en Albanie avec les enfants, mais comme elle est aussi d’origine serbe, ils ne seront pas les bienvenus. Ils seront donc difficilement expulsables.</p>
<p>Ce sont les victimes innocentes de l’histoire, d’une histoire qui s’écrit au présent, n’en déplaise aux historiens. Tout dépend du bon vouloir de la préfète du Tarn-et-Garonne, qui pourrait les régulariser à titre humanitaire. Pour l’instant, son argument consiste à dire qu’elle a déjà régularisé trois familles et que c’est donc suffisant.</p>
<p>La santé des enfants se dégrade ; de toute façon, ils sont en état de choc et ont besoin d’un soutien psychologique, qu’ils ne trouveront pas en Albanie. Après que les policiers sont venus chercher Armen dans son école pour être conduit au commissariat, il n’a pas revu ses parents. Il a été placé avec sa sœur dans un foyer. Ce n’est qu’une dizaine de jours plus tard, lorsqu’ils ont été placés en centre de rétention, qu’ils ont pu retrouver leurs parents.</p>
<p>Le cas de cette famille est exemplaire du cynisme de notre gouvernement et devrait nous alarmer.</p>
<p>Comment peut-on accepter qu’un instituteur soit obligé sur injonction de sa hiérarchie de remettre à la police un enfant de 7 ans ? Comment des fonctionnaires de police peuvent-ils accepter l’ordre de se rendre dans une école pour interpeller un enfant ? Comment un juge des libertés peut-il se livrer à une telle parodie de justice et bafouer les droits les plus élémentaires de cet enfant ? Tous les vendredis, un petit groupe de manifestants se rassemble devant la préfecture. J’espère que notre président lira Libération lundi et fera un geste. Il faut leur donner de la visibilité à un moment où beaucoup préféreraient ne pas voir.</p>
<p>Je suis en train de lire un texte de Camus, je cite : « <strong>Le monde a horreur de ces victimes inlassables. Ce sont elles qui pourrissent tout et c’est bien leur faute si l’humanité n’a pas bonne odeur</strong> » (Actuelles II, « Persécutés et persécuteurs »). Nos institutions, dont la fonction est de garantir un ordre social fondé sur la solidarité et le respect de la dignité humaine, sont-elles à ce point devenues vides de sens ? Le traumatisme psychologique que nous faisons subir à cet enfant aujourd’hui est semblable au traumatisme que subissent les enfants des pays en guerre. Mais sommes-nous en guerre ?</p>
<p>Il est inacceptable que l’on instrumentalise à des fins politiques la vie de cet enfant que l’on condamne. Nous devons réagir.</p>
<h3><span style="color:#003366;"><strong>SUPPLÉMENTS :</strong></span></h3>
<p>Avant la lecture obligatoire du 22 octobre, dans toutes les écoles de France, les enseignants préparent le terrain. Deux formes de résistance apparaissent : le refus de lecture obligatoire et la lecture avec explication de contexte.<br />
Ci-dessous, l'adresse diffusée avant hier par les enseignants du collège-lycée Carnot  où Guy Môquet fut élève, et où M. Sarkozy doit se rendre le 22 octobre. Puis la lettre ouverte au Ministre, publiée par l'Humanité le 29 sept., de Aline Louangvannasy, professeure de philosophie au lycée Rive-Gauche à Toulouse, secrétaire régionale de la CGT Éduc’action Midi-Pyrénées.</p>
<p align="right"><strong> J. Valluy<br />
</strong></p>
<p><span style="color:#ff6600;"><strong> Adresse des enseignants du collège-lycée Carnot,<br />
réunis en assemblée générale le mardi 16 octobre,<br />
concernant le cérémonial en mémoire de Guy Môquet</strong></span></p>
<p>Élu président de la République, Nicolas Sarkozy a décidé de faire commémorer dans toutes les écoles de France la mémoire de Guy Môquet, jeune lycéen arrêté en octobre 1940 par la police française et fusillé par l’armée d’occupation le 22 octobre 1941 avec 26 de ses camarades communistes. Voulant ne retenir que son attitude de courage et d’abnégation devant la mort, instruction a été donnée à tous les enseignants de lire à leurs élèves, le 22 octobre 2007, la lettre adressée par Guy Môquet à sa famille peu avant son exécution. Ils sont en outre invités à célébrer dans leur classe les « <strong>valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité qui font la force et la grandeur de notre pays et qui appellent le sens du devoir, le dévouement et le don de soi</strong> [...] <strong>et les valeurs de courage et d'engagement</strong> ».</p>
<p>En tant qu’enseignants, nous refusons d’obéir à cette injonction, aussi louable puisse-t-elle paraître sur un plan moral et émotionnel. Et devant l’annonce du président de la République de venir accomplir cette cérémonie commémorative dans notre établissement qui fut aussi celui de Guy Môquet, nous voulons expliquer les raisons de ce refus aussi simplement et aussi précisément que possible.</p>
<p>Enseignants à Carnot, nous connaissons de longue date cette histoire singulière ; et nombre d’entre nous considèrent de leur devoir ou plus simplement de leur fonction éducative d’expliquer à leurs élèves pourquoi le hall de leur établissement porte le nom d’un jeune homme dont la mémoire fut longtemps inconnue voire oubliée, hors de la tradition communiste. Mais l’évocation de cette histoire s’inscrit pour nous, comme d’ailleurs pour tout enseignant, dans la transmission d’un programme ordonné des connaissances historiques sur cette période, de même qu’elle s’accompagne d’<strong>une réflexion critique sur les constructions de mémoire, sur les obéissances aveugles et sur les formes de résistance à l’oppression</strong>.</p>
<p>Comme enseignants, nous avons d’abord et essentiellement à expliquer, à mettre en perspective, à éclairer les zones plus obscures de la mémoire collective qui a tendance à déformer ou à transformer les réalités historiques, y compris pour les réduire, les simplifier, les falsifier ou les instrumentaliser dans un sens ou dans un autre. Pas plus que notre enseignement sur Guy Môquet ne consistait jusqu’ici à exalter ou à condamner son appartenance politique et son statut de résistant, pas plus il ne nous semble aujourd’hui historiquement juste et moralement acceptable d’en réduire l’itinéraire à une leçon de morale édifiante dictée par le seul désir ou le seul calcul du chef de l’exécutif de notre pays. Notre travail d’enseignant n’est pas de renchérir sur des constructions qui magnifient, arrangent, voire manipulent la réalité historique aux fins de masquer les méandres de l’histoire réelle ou aux fins de glorifier, dans une pure contagion émotionnelle, la valeur héroïque et sublime d’une attitude indéniable de courage devant la mort.</p>
<p>Or, en nous enjoignant de lire à tous les élèves cette lettre simple et poignante d’un jeune homme à sa famille alors qu’il va être exécuté, c’est exactement ce geste de commande émotionnelle qu’on nous demande de faire. Cette injonction relève expressément de la volonté de construire une morale d’Etat dont les enseignants seraient chargés de porter la bonne parole d’autant plus impérieuse qu’elle ferait communier la nation enfantine dans un recueillement fusionnel présenté comme indiscutable, sous peine d’être taxé d’esprit « <strong>anti-patriotique</strong> ». Contrairement à ce qu’ont pu dire ou écrire certains publicistes, il ne s’agit pas de prétendre que l’enseignement exclut par principe les sentiments et les émotions, et que c’est cette dimension « émotionnelle » qui effraierait les enseignants que nous sommes, trop méfiants à cet égard, trop « intellectuels » comme on dit parfois avec une curieuse insistance. Nous n’avons pas à nier ni à refuser toute dimension émotionnelle, mais nous savons aussi qu’<strong>il est très facile, à l’évocation des violences et injustices extrêmes de l’histoire, de faire communier élèves et adultes dans les pleurs, sans apporter pour autant le moindre élément de connaissance ni de compréhension du passé</strong>.</p>
<p>Comme le rappelait l’un d’entre nous dans une tribune rendue publique, seul le cadre d’un enseignement structuré et réfléchi permet d'aborder la complexité de l'histoire en résistant à sa caricature, voire à son déni pur et simple dans une construction idéologique qui ne conserverait que des gestes héroïques déliés de toute épaisseur historique. Cette cérémonie d’édification morale à laquelle on nous enjoint d’apporter notre concours d’enseignants ne correspond en rien à l'idée qu’on est en droit de se faire d'un service public et laïque d'éducation nationale ; elle tend bien davantage à instrumentaliser cette mission pour mener une stricte opération de communication politique d’autant plus détestable qu’elle se couvre de manière insistante d’un manteau de grandeur morale.</p>
<p>Il ne s’agit donc pas d’opposer une mémoire à une autre, une idéologie à une autre, mais de rappeler sans faux-fuyants que <strong>notre mission d’enseignants n’est pas d’être des prêcheurs de morale officielle</strong>, même si nous sommes aussi des éducateurs au sens plein du terme comme le rappelait le président de la République dans sa récente « Lettre » aux enseignants. Par conséquent, nous demandons que le ministre de l’Education nationale applique avec clarté et simplicité la volonté réaffirmée dans cette lettre de « <strong>laisser aux professeurs le libre choix de leur pédagogie</strong> » (Nicolas Sarkozy,  Lettre aux éducateurs, p. 28). Forts de cette « confiance » qui nous est reconnue du fait de notre statut et de notre mission institutionnelle, nous savons et saurons user de notre « capacité de jugement » pour solliciter en cours les documents que nous jugeons appropriés à l'étude réfléchie des programmes que nous avons la charge d’enseigner. C’est le meilleur usage de la « valeur de liberté » pédagogique qui est précisément la nôtre, seule justification de notre métier comme le rappelait encore cette « Lettre ». A moins que les mots utilisés en la circonstance par le président de la République ne soient précisément que des mots de circonstance, aussi vite oubliés que proférés — ce que nous nous refusons à croire.</p>
<p>C’est pourquoi nous serons présents ce lundi 22 octobre devant le lycée Carnot, non pour obéir à une injonction qui n’a rien à voir avec notre travail d’enseignants, mais pour exprimer notre volonté de poursuivre sereinement ce travail de transmission des connaissances et de réflexion sur les valeurs, loin de l’agitation médiatisée et de la récupération politicienne dont la commémoration de la mémoire de Guy Môquet n’est aujourd’hui que le triste prétexte.</p>
<p><span style="color:#ff6600;"><strong>L'Humanité, 29 septembre 2007 - Tribune libre<br />
Je la lirai, en toute lucidité… (Lettre ouverte au ministre de l’Éducation nationale.</strong></span><span style="color:#ff6600;"><strong>)<br />
Par Aline Louangvannasy, professeure de philosophie au lycée Rive-Gauche à Toulouse, secrétaire régionale de la CGT Éduc’action Midi-Pyrénées.</strong></span></p>
<p><strong>Comment lire la lettre de Guy Moquet ?<br />
</strong></p>
<p>Monsieur le Ministre,</p>
<p>Le 22 octobre 2007, je lirai la lettre du jeune Guy Môquet, puisque mon statut de fonctionnaire m’impose l’obéissance à ma hiérarchie. La lecture de ce texte sera l’occasion d’expliquer aux élèves comment l’école de la République a eu, à un moment donné de l’histoire française, pour fonction de construire artificiellement un sentiment d’identité nationale en enseignant aux jeunes Aveyronnais, aux jeunes Bretons, aux jeunes Alsaciens, une même langue et une même histoire. Une histoire événementielle construite de symboles, de héros, de batailles gagnées, de monuments commémoratifs, qui n’avait qu’un seul objectif construire une identité nationale et faire naître dans le coeur de chacun un même sentiment patriotique, sentiment qui a malheureusement conduit beaucoup d’entre eux à partir à la guerre la fleur au fusil. Ce bref rappel nous permettra de poser la question de la vérité historique et de l’instrumentalisation de l’histoire par le pouvoir politique. La lecture de cette lettre sera aussi l’occasion de poser la question éthique du sens de l’obéissance. Les policiers français qui ont arrêté Guy Môquet et ses camarades obéissaient aux ordres. Étaient-ils responsables ? Avaient-ils le choix ? Le ministre de l’Intérieur Pucheu et le sous-préfet Lecornu qui ont établi la liste des otages fusillés sont-ils coupables ? Mes élèves sont vifs d’esprit et ne manqueront pas l’occasion de faire d’eux-mêmes des parallèles avec l’actualité. Les policiers français et les préfets qui font du chiffre aujourd’hui, en condamnant à une mort certaine les sans-papiers qui ont fui leur pays, sont-ils responsables ? Sont-ils des criminels ? De même, le professeur qui devrait enseigner le sens de la critique, l’exigence de la vérité et qui se fait l’instrument du pouvoir en obéissant, est-il complice du pouvoir ? En cours de philosophie, nous pourrons aborder à partir de ces interrogations la thèse d’Hannah Arendt sur la banalité du mal. Inévitablement, par voie de conséquence, le débat portera sur le sens de la révolte et de la désobéissance. Ce qui nous donnera l’occasion de travailler un sujet de dissertation souvent donné au baccalauréat : « Peut-on désobéir à la loi ? » Nous reviendrons alors sur le sens de la révolte du jeune Guy Môquet et sur la question de l’engagement.</p>
<p>Monsieur le Ministre, j’aurais aimé que vous puissiez venir expliquer à mes élèves que la mort de Guy Môquet n’a pas été inutile. J’aurais aimé que vous leur expliquiez comment, en créant une fonction publique forte au service de l’intérêt commun, le gouvernement issu de la Résistance avait, à la Libération, posé les bases d’une société juste fondée sur la solidarité et le respect de la dignité de tous, d’une société qui ne se fermait pas aux exilés victimes de toutes les guerres qu’elles soient politiques ou économiques. J’aurais aimé que vous puissiez leur expliquer le sens de votre engagement à servir l’intérêt commun en leur donnant de vrais moyens pour étudier, de vrais moyens pour se construire comme des femmes et des hommes libres. Malheureusement, même si vous faisiez l’effort du déplacement, je crains que vous ne puissiez être crédible. Nous lirons la lettre de Guy Môquet alors que nous ne pouvons plus assurer les heures d’éducation civique obligatoires. Mes élèves ne sont pas dupes et c’est ce qui me donne de l’espoir dans l’avenir.</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[La lettre de Guy Môquet analysée par un psychiatre]]></title>
<link>http://sarkopitheque.wordpress.com/2007/10/22/la-lettre-de-guy-moquet-analysee-par-un-psychiatre/</link>
<pubDate>Mon, 22 Oct 2007 09:35:00 +0000</pubDate>
<dc:creator>eilema</dc:creator>
<guid>http://sarkopitheque.fr.wordpress.com/2007/10/22/la-lettre-de-guy-moquet-analysee-par-un-psychiatre/</guid>
<description><![CDATA[Le Monde du 19.10.07

En tant que responsable du pôle aquitain de l&#8217;adolescent au CHU de Bord]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color:#808080;">Le Monde du 19.10.07</span></p>
<p><img src="http://lesogres.info/IMG/arton3262.jpg" alt="//lesogres.info/IMG/arton3262.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs." /></p>
<p><span style="color:#008000;"><strong>En tant que responsable du pôle aquitain de l'adolescent au CHU de Bordeaux, que pensez-vous des réactions que pourrait susciter la lettre de Guy Môquet auprès de lycéens ?</strong></span></p>
<p>En lisant la lettre de Guy Môquet, <strong>j'ai été frappé par ses similitudes avec les lettres d'adieu de jeunes qui veulent se suicider ou qui l'ont fait. Aujourd'hui, un adolescent qui voudrait en finir n'écrirait pas autre chose que ce qu'a écrit Guy Môquet</strong>.<br />
J'ai moi-même étudié plus de 500 lettres d'adieu de jeunes suicidants ou suicidés. Ils écrivent des lettres extrêmement pathétiques, qui sont rarement accusatrices, contrairement aux lettres d'adultes. Les adolescents essaient d'atténuer la violence de leurs actes. Ils sont conscients de la souffrance qu'ils vont infliger à leurs proches et ils redoublent de mots tendres à leur égard. Ils peuvent très bien utiliser les expressions de Guy Môquet comme "Ma petite maman chérie", demander, comme lui, qu'on embrasse le petit frère, qu'on donne tel objet à telle personne.<br />
<strong>C'est pourquoi, ce qui me paraît essentiel, vu la teneur de ce courrier bouleversant, c'est de le restituer impérativement dans son contexte. Il ne faut surtout pas le livrer comme cela sans développer les circonstances qui ont conduit à la mort de ce jeune homme de 17 ans et demi auquel peuvent s'identifier de jeunes lycéens.</strong><!--more--></p>
<p><span style="color:#008000;"><strong>Craignez-vous que cette lettre lève le tabou de la mort chez l'adolescent ou exalte l'idée de sacrifice ?</strong></span></p>
<p>Cette lettre reste sur le registre de l'émotion et il faut éviter tout contresens. Rien ne dit que le jeune homme n'a pas choisi de mourir, y compris en se sacrifiant. Sortie de son contexte, elle peut avoir un aspect extrêmement pathétique et mobilisateur. Les lettres d'adieu que l'on trouve aujourd'hui ne sont pas celles de jeunes résistants mais de jeunes suicidants. Et le suicide est la seconde cause de mortalité chez les 15-24 ans après les accidents de la route. Je le répète, il faut impérativement lever le doute. Ce n'est pas la lettre de quelqu'un qui a choisi de mourir.</p>
<p><span style="color:#008000;"><strong>Pensez-vous qu'il ne fallait pas choisir de lire cette lettre à des lycéens ?</strong></span></p>
<p>Je ne dis pas cela. Si on la restitue dans son contexte, c'est impeccable. Ce texte est l'occasion de parler de la Résistance, du comportement que tout être humain pourrait avoir dans ces mêmes circonstances, de parler non seulement de la seconde guerre mondiale mais du rapport à la mort, de ce qui est héroïque mais aussi de ce qui ne l'est pas. Guy Môquet n'est pas une victime sacrificielle et n'a rien à voir, par exemple, avec de jeunes kamikases d'aujourd'hui qui peuvent se faire exploser sur un marché à Bagdad.</p>
<p>Cette lettre offre aussi l'occasion de parler du courage. Le message qu'elle délivre est très positif. Elle montre un jeune extrêmement courageux qui pense d'abord à ses proches. En plus du contexte historique, les professeurs peuvent aussi rappeler que Guy Môquet était un jeune homme comme eux, qu'il avait une fiancée, Odette, ce que rien ne laisse deviner dans la lettre, et qu'il dira à ses copains, avant de mourir, combien il regrette de ne pas avoir pu l'embrasser.</p>
<p><strong><span style="color:#008000;">Que pensez-vous des syndicats qui dénoncent dans la lecture de cette lettre une approche compassionnelle de l'Histoire ?</span></strong></p>
<p>Heureusement que l'Histoire est faite de témoignages et que des jeunes gens l'incarnent. Le Dormeur du val, poème écrit par Arthur Rimbaud à 16 ans alors qu'éclate la guerre de 1870 et qui dénonce l'utilisation des jeunes gens comme chair à canon est un témoignage émouvant comme l'est celui de Guy Môquet.</p>
<p align="right"><span style="color:#808080;">Propos recueillis par Martine Laronche<br />
Article paru dans l'édition du 19.10.07.</span></p>
<p align="right"><a href="http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-968422@51-968509,0.html" target="_blank">L'article</a> sur LeMonde.fr</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Il faut sauver le soldat Guy Môquet des griffes de Sarkozy !]]></title>
<link>http://sarkopitheque.wordpress.com/2007/10/11/il-faut-sauver-le-soldat-guy-moquet-des-griffes-de-sarkozy/</link>
<pubDate>Mon, 15 Oct 2007 18:59:48 +0000</pubDate>
<dc:creator>eilema</dc:creator>
<guid>http://sarkopitheque.fr.wordpress.com/2007/10/15/il-faut-sauver-le-soldat-guy-moquet-des-griffes-de-sarkozy/</guid>
<description><![CDATA[Article réactualisé le 15/10/07.
 © http://timeodanaosetdonaferentes.over-blog.com/
Lors de son p]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color:#003366;">Article réactualisé le 15/10/07.</span></p>
<p><img src="http://idata.over-blog.com/0/44/72/17//guy-moquet-recyclable-timeo-danaos.png" alt="Guy Môquet est recyclable" width="202" height="278" /> <span style="color:#808080;">© http://timeodanaosetdonaferentes.over-blog.com/</span></p>
<p>Lors de son point presse hebdomadaire du lundi 15 octobre 2007, le porte-parole de l'Elysée, David Martinon, a rappelé qu'une circulaire a été publiée fin août pour organiser cette « <strong>journée de commémoration Guy Môquet du 22 octobre</strong> ». «  <strong>La lettre de Guy Môquet sera lue à tous les lycéens de France au côté d'autres textes de jeunes résistants français</strong> », a-t-il poursuivi, y voyant « <strong>un exercice pédagogique très important</strong> ».<br />
« <strong>C'est un choix fondamental, il s'agit d'histoire de notre pays et même au-delà, il s'agit d'histoire universelle</strong> », a-t-il insisté. « <strong>Il est donc très important de mettre l'accent sur cette commémoration</strong> ».<br />
La circulaire « <strong>laisse une liberté totale aux enseignants et aux chefs d'établissement d'organiser la journée comme ils l'entendent, mais effectivement <span style="color:#800000;">cette lecture est obligatoire</span></strong><strong>, au même titre qu'il est obligatoire pour un enseignant d'enseigner le programme qui lui est fourni pour sa classe</strong> », a-t-il affirmé. « <span style="color:#800000;"><strong>Mais évidemment on n'est pas dans une logique de sanction</strong></span> », a-t-il jugé utile de préciser.</p>
<p>Peut-on donc espérer que les enseignants récalcitrants n'iront pas au tribunal ?</p>
<p align="right"><span style="color:#333333;">[Sources : Afp - Lundi 15 octobre, 12h59]</span></p>
<p align="center"><span style="color:#ff6600;"><strong>◊</strong></span></p>
<p align="left">Communiqué du <strong>Mouvement des indigènes de la République</strong> :</p>
<p align="left">La dernière lettre de Guy Môquet, résistant communiste de 17 ans, fusillé par les nazis après avoir été livré par la police française, sera lue aux lycéens le 22 octobre prochain. Afin, dit-on, de réveiller le patriotisme des jeunes.</p>
<p>Plutôt que de proposer une refonte de l’enseignement de l’histoire destinée à ouvrir l’horizon des jeunes sur le monde, à rompre avec les versions tronquées qui présentent la France comme la « <strong>lumière</strong> » de l’humanité, une nation qui aurait existé depuis la nuit des temps, glorieuse et héroïque, occultant au passage les crimes de l’esclavage et de la colonisation et, bien sûr, l’histoire des autres peuples, cette cérémonie s’inscrit dans le cadre d’une politique nationaliste et raciste.</p>
<p>En rendant hommage au jeune Guy Moquêt, mort pour la France, Nicolas Sarkozy cherche à réaliser une « <strong>Union Sacrée</strong> », chauvine, et à faire oublier qu’aujourd’hui ce sont les morts par la France qui sont absent des programmes scolaires. C’est d’autant plus scandaleux qu’au mois d’avril un arrêté visant à la refonte des programmes scolaires en primaire a rétrogradé la place accordée à l’esclavage dans les manuels.</p>
<p>Le patriotisme que veut promouvoir Nicolas Sarkozy en inculquant aux lycéens la « <strong>fierté d’être français </strong>» est le complément des multiples mesures destinées à stigmatiser l’immigration postcoloniale et les jeunes des quartiers populaires, la « <strong>racaille</strong> » qu’il présente comme une menace pour l’« <strong>identité de la France</strong> ».</p>
<p><strong>Le Mouvement des indigènes de la République</strong> appelle les enseignants et les lycéens à contester ce qui représente un deuxième assassinat de Guy Môquet et à manifester leur refus d’une transformation de l’Ecole en lieu de propagande chauvine et raciste. <span style="color:#008000;"><strong>Nous proposons que le 22 octobre 2007 soit lue et discutée en classe la lettre (ci-dessous), où Franz Fanon, ce psychiatre antillais anticolonialiste, présente sa démission de l’hôpital de Blida, en Algérie, avant de s’engager dans la lutte de libération nationale du peuple algérien</strong>.</span></p>
<p><!--more--></p>
<p class="spip" align="center">
<p class="spip" align="center"><strong><span style="color:#003366;"><strong>Lettre au Ministre Résident</strong></span></strong></p>
<p class="spip"><strong><span style="color:#003366;">Monsieur le docteur Frantz Fanon Médecin des Hôpitaux Psychiatriques Médecin-Chef de service à l’Hôpital Psychiatrique de BLIDA-JOINVILLE à Monsieur le Ministre Résident. Gouverneur Général de L’Algérie Alger</span></strong></p>
<p class="spip">
<p style="text-align:center;"><img src="http://www.eutopia.nl/images/object/fanon.jpg" alt="http://www.eutopia.nl/images/object/fanon.jpg" width="95" height="123" /></p>
<p class="spip"><strong><span style="color:#003366;">Monsieur le Ministre,</span></strong></p>
<p class="spip"><strong><span style="color:#003366;">Sur ma demande et par arrêté en date du 22 octobre 1953, Monsieur le Ministre de la Santé Publique et de la Population a bien voulu me mettre à la disposition de Monsieur le Gouverneur Général d’Algérie pour être affecté à un Hôpital Psychiatrique de l’Algérie.</span></strong></p>
<p class="spip"><strong><span style="color:#003366;">Installé à l’Hôpital Psychiatrique de Blida-Joinvile le 23 novembre 1953, j’y exerce depuis cette date les fonctions de Médecin-Chef de service. Bien que les conditions objectives de la pratique psychiatrique en Algérie fussent déjà un défi au bon sens, il m’était apparu que des efforts devaient être entrepris pour rendre moins vicieux un système dont les bases doctrinales s’opposaient quotidiennement à une perspective humaine authentique.</span></strong></p>
<p class="spip"><strong><span style="color:#003366;">Pendant près de trois ans je me suis mis totalement au service de ce pays et des hommes qui l’habitent. Je n’ai ménagé ni mes efforts ni mon enthousiasme. Pas un morceau de mon action qui n’ait exigé comme horizon l’émergence unanimement souhaitée d’un monde valable.</span></strong></p>
<p class="spip"><strong><span style="color:#003366;">Mais que sont l’enthousiasme et le souci de l’homme si journellement la réalité est tissée de mensonges, de lâchetés, du mépris de l’homme.</span></strong></p>
<p class="spip"><strong><span style="color:#003366;">Que sont les intentions si leur incarnation est rendue impossible par l’indigence du cœur, la stérilité de l’esprit, la haine des autochtones de ce pays ? La Folie est l’un des moyens qu’a l’homme de perdre sa liberté. Et je puis dire que placé à cette intersection, j’ai mesuré avec effroi l’ampleur de l’aliénation des habitants de ce pays. Si la psychiatrie est la technique médicale qui se propose de permettre à l’homme de ne plus se sentir étranger à son environnement, je me dois d’affirmer que l’Arabe, aliéné permanent dans son pays, vit dans un état de dépersonnalisation absolue.</span></strong></p>
<p class="spip"><strong><span style="color:#003366;">Le statut de l’Algérie ? Une déshumanisation systématisée.</span></strong></p>
<p class="spip"><strong><span style="color:#003366;">Or le pari absurde était de vouloir coûte que coûte faire exister quelques valeurs alors que le non-droit, l’inégalité, le meurtre multi-quotidien de l’homme était érigé en principes législatifs. La structure sociale existant en Algérie s’opposait à toute tentative de remettre l’individu à sa place.</span></strong></p>
<p class="spip"><strong><span style="color:#003366;">Monsieur le Ministre, il arrive un moment où la ténacité devient persévération morbide. L’espoir n’est plus alors la porte ouverte sur l’avenir mais le maintien illogique d’une attitude subjective en rupture organisée avec le réel.</span></strong></p>
<p class="spip"><strong><span style="color:#003366;">Monsieur le Ministre, les événements actuels qui ensanglantent l’Algérie ne constituent pas aux yeux de l’observateur un scandale. Ce n’est ni un accident, ni une panne du mécanisme.</span></strong></p>
<p class="spip"><strong><span style="color:#003366;">Les événements d’Algérie sont la conséquence logique d’une tentative avortée de décérébraliser un peuple. Il n’était point exigé d’être psychologue pour deviner sous la bonhomie apparente de l’Algérien, derrière son humilité dépouillée, une exigence fondamentale de dignité. Et rien ne sert, à l’occasion de manifestations non simplifiables de faire appel à un quelconque civisme.</span></strong></p>
<p class="spip"><strong><span style="color:#003366;">La fonction d’une structure sociale est de mettre en place des institutions traversées par le souci de l’homme. Une société qui accule ses membres à des solutions de désespoir est une société non viable, une société à remplacer. Le devoir du citoyen est de le dire. Aucune morale professionnelle, aucune solidarité de classe, aucun désir de laver le linge en famille ne prévaut ici. Nulle mystification pseudo-nationale ne trouve grâce devant l’exigence de la pensée...</span></strong></p>
<p class="spip"><strong><span style="color:#003366;">Le travailleur dans la cité doit collaborer à la manifestation sociale. Mais il faut qu’il soit convaincu de l’excellence de cette société vécue. Il arrive un moment où le silence devient mensonge. Les intentions maîtresses de l’existence personnelle s’accommodent mal des atteintes permanentes aux valeurs les plus banales.</span></strong></p>
<p class="spip"><strong><span style="color:#003366;">Depuis de longs mois ma conscience est le siège de débats impardonnables. Et leur conclusion est la volonté de ne pas désespérer de l’homme, c’est-à-dire de moi-même. Ma décision est de ne pas assurer une responsabilité coûte que coûte sous le fallacieux prétexte qu’il n’y a rien d’autre à faire.</span></strong></p>
<p class="spip"><strong><span style="color:#003366;">Pour toutes ces raisons, j’ai l’honneur, Monsieur le Ministre, de vous demander de bien vouloir accepter ma démission et de mettre fin à ma mission en Algérie, avec l’assurance de ma considération distinguée.</span></strong></p>
<p class="spip"><strong><strong><span style="color:#003366;">Franz Fanon</span> </strong></strong></p>
<p align="right"><a href="http://www.indigenes-republique.org/" target="_blank">Le Mouvement des indigènes de la République</a> (collectif IDF) Le 7 octobre 2007</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[devoir de mémoire]]></title>
<link>http://sarkopitheque.wordpress.com/2007/06/19/devoir-de-memoire/</link>
<pubDate>Tue, 19 Jun 2007 23:03:00 +0000</pubDate>
<dc:creator>eilema</dc:creator>
<guid>http://sarkopitheque.fr.wordpress.com/2007/06/19/devoir-de-memoire/</guid>
<description><![CDATA[
Depuis un certain temps, des voix plus ou moins audibles se font entendre pour nous expliquer que d]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.sarkozyland.org/files/active/0/183_small.jpg" alt="http://www.sarkozyland.org/files/active/0/183_small.jpg" /></p>
<p>Depuis un certain temps, des voix plus ou moins audibles se font entendre pour nous expliquer que désormais, la seconde guerre mondiale devrait laisser la place à d’autres périodes de l’histoire.<br />
Invité de 2000 ans d’Histoire, sur France Inter, le 19 Juin 2007, Georges Kiejman, Avocat, revient sur le procès Pétain.<br />
« <span style="color:#ff6600;"><strong>I</strong><strong>l est utile que nous en parlions encore aujourd’hui, et c’est utile parce que c’est le rappel, sans cesse, que la République ça n’est pas s’en remettre à un homme, et que celui-là avait vraiment usurpé les pouvoirs de la République</strong></span>. »<br />
Pour rappel, c’est de la bouche du sinistre Maréchal que ces mots étaient sortis : « <strong>Vous n’avez qu’un devoir : obéir</strong>. »</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Un triste anniversaire : le 17 octobre 1961]]></title>
<link>http://sarkopitheque.wordpress.com/2007/10/14/un-triste-anniversaire-le-17-octobre-1961/</link>
<pubDate>Sun, 14 Oct 2007 14:55:51 +0000</pubDate>
<dc:creator>eilema</dc:creator>
<guid>http://sarkopitheque.fr.wordpress.com/2007/10/14/un-triste-anniversaire-le-17-octobre-1961/</guid>
<description><![CDATA[ Une des victimes du 17 octobre 1961 © Paris Jour / Sipa Press
Un singulier 17 octobre 2007 !
par O]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://archquo.nouvelobs.com/photos/2001/10/20011016.OBS5306.jpg" alt="http://archquo.nouvelobs.com/photos/2001/10/20011016.OBS5306.jpg" /><span> <span style="color:#333333;">Une des victimes du 17 octobre 1961 </span></span><span><span style="color:#333333;">©</span></span><span><span style="color:#333333;"> Paris Jour / Sipa Press</span></span></p>
<p><span style="color:#008000;"><strong>Un singulier 17 octobre 2007 !<br />
par Olivier Le Cour Grandmaison</strong></span> Enseignant à l’université d’Evry-Val-d’Essonne. Dernier ouvrage paru : Coloniser. Exterminer. Sur la guerre et l’État colonial, Fayard, 2005.</p>
<p>[...] Condamné à dix ans de prison pour complicité de crime contre l’humanité en raison de son rôle dans la déportation de Juifs à Bordeaux sous l’Occupation, M. Papon n’a jamais été inquiété par la justice française pour ses responsabilités écrasantes lors du massacre de manifestants algériens les 17 et 18 octobre 1961. Préfet de police de Paris depuis 1957, il décide, avec l’aval des autorités politiques, d’imposer un couvre-feu aux seuls « Français musulmans d’Algérie » comme on disait avec mépris. Pour protester contre cette mesure raciste, le FLN organise des rassemblements pacifiques en plusieurs lieux de la capitale. 30 000 manifestants parviennent à se réunir. D’après le très officiel rapport du conseiller d’Etat, D. Mandelkern, achevé en janvier 1998, 14 000 personnes sont arrêtées puis détenues au palais des Sports, au parc des Expositions et au stade Courbertin, notamment, transformés en centre de détention. Là, dans des conditions effroyables, les Algériens sont parqués, battus et longtemps laissés sans nourriture et sans soin au milieu des excréments qui s’accumulent. De plus, dans la nuit du 17 octobre et dans les jours suivant, près 200 manifestants sont frappés à mort, tués par balles et noyés dans la Seine après y avoir été jetés par des policiers à qui Maurice Papon avait tenu le langage suivant : « Pour un coup reçu, nous en porterons dix. » Les forces de l’ordre, quant à elles, n’ont essuyé aucun coup de feu contrairement aux rumeurs colportées par la police elle-même pour justifier le massacre au moment même où il se déroulait.<br />
<!--more--><br />
Quoi qu’elle fasse, cette dernière se savait couverte par un préfet qui, ayant exercé auparavant ses talents à Constantine en tant qu’inspecteur général de l’administration en mission extraordinaire sous la Quatrième République, appliquait dans la capitale des méthodes depuis longtemps en vigueur en Algérie. Ainsi, dans une note du 5 septembre 1961 adressée au directeur du service de coordination des affaires algériennes et directeur de la police municipale, Papon écrivait : « <span style="color:#ff6600;"><strong>Les membres des groupes de choc surpris en flagrant crime devront être abattus sur place par les forces de l’ordre</strong></span>. » Pas de prisonniers donc ! Cette injonction, qui en dit long sur les pratiques d’alors, est reproduite dans le rapport précité de Mandelkern sans aucun commentaire. Stupéfiant silence de la part d’un haut fonctionnaire qui, en tant que membre de la plus haute juridiction administrative, est supposé veiller au respect de l’Etat de droit. Nul doute, au regard du contexte de l’époque et de ses missions, Papon n’a pu agir sans l’aval de son supérieur hiérarchique, le ministre de l’Intérieur, Roger Frey qui deviendra plus tard président du Conseil constitutionnel. Qui peut croire, enfin, que le premier ministre, Michel Debré, n’ait pas été informé de cette mesure et du massacre perpétré en ces jours d’octobre 1961. De même, pour le général de Gaulle.</p>
<p>C’est donc en recourant à ce type de moyens que la toute jeune Cinquième République a organisé une répression sanglante contre une catégorie « à part » de Français et couvert des policiers après qu’ils eurent exécuté sommairement des personnes, organisé de nombreuses disparitions, pratiqué la torture dans la capitale et commis des actes inhumains pour des motifs politiques et raciaux. Ces termes ne sont pas choisis au hasard puisque dans le nouveau Code pénal - art. 212-1 - ils définissent le crime contre l’humanité ; les actes perpétrés par les fonctionnaires de police qui ont agi sous les ordres et la responsabilité du préfet Papon relèvent de cette qualification.</p>
<p>La carrière et le sort judiciaire de ce dernier sont exemplaires de la pusillanimité des plus hautes autorités de l’Etat dès lors que certains de ses zélés serviteurs se sont rendus coupables d’exactions extrêmement graves au cours de la guerre d’Algérie. A preuve aussi, le général Aussaresses. Bourreaux français, dormez tranquille, la République ne vous demandera aucun compte pour les crimes commis à cette époque. Alors que M. Papon n’est plus, que les victimes et leurs descendants savent que justice ne leur sera jamais rendue, une déclaration solennelle, du Chef de l’Etat et/ou de son gouvernement reconnaissant ce qui a été perpétré alors, s’impose plus que jamais. Tous prétendent faire grand cas des victimes pour lesquelles ils ont même prévu la mise en place d’un juge délégué ; au-delà de ces démagogiques déclarations, qu’ils le prouvent en envoyant la désoeuvrée secrétaire d’Etat aux droits de l’homme, Rama Yade, au rassemblement organisé le 17 octobre 2007 sur le Pont Saint-Michel. Elle pourra y déposer une gerbe et prendre la parole. « Repentance » comme le disent et l’écrivent certains en soutenant un discours désormais officiel tenu par le Président pour mieux discréditer celles et ceux qui n’acceptent pas que la raison et le mensonge d’Etat triomphent encore ? Non, aspiration légitime à la justice, à la vérité, et refus des discriminations mémorielles et commémorielles.</p>
<p align="right">Olivier Le Cour Grandmaison.</p>
]]></content:encoded>
</item>

</channel>
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