<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><!-- generator="wordpress.com" -->
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	>

<channel>
	<title>identite-nationale &amp;laquo; WordPress.com Tag Feed</title>
	<link>http://wordpress.com/tag/identite-nationale/</link>
	<description>Feed of posts on WordPress.com tagged "identite-nationale"</description>
	<pubDate>Sat, 26 Jul 2008 08:30:50 +0000</pubDate>

	<generator>http://wordpress.com/tags/</generator>
	<language>en</language>

<item>
<title><![CDATA[Le nationalisme Thaïlandais]]></title>
<link>http://asiesudest.wordpress.com/?p=103</link>
<pubDate>Thu, 10 Jul 2008 01:35:09 +0000</pubDate>
<dc:creator>Admin</dc:creator>
<guid>http://asiesudest.wordpress.com/?p=103</guid>
<description><![CDATA[Par Arlette Tampan Cifuentes
Le nationalisme thaïlandais est un nationalisme ethnique. Celui-ci est]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;"><strong>Par Arlette Tampan Cifuentes</strong></p>
<p style="text-align:justify;">Le nationalisme thaïlandais est un nationalisme ethnique. Celui-ci est mis en place par la royauté qui désire créer une nation partageant une langue commune, des valeurs et une culture. Le monarque, Vajiravudh, définit l’identité Thaï sans considérer les minorités ethniques sur le territoire, ce qui amène à distinguer les ¨vrais¨ Thaï  des non-Thaï. À ses débuts le nationalisme se compose de trois éléments : le roi, la nation et la religion. En 1932, l’État-nation établi par la royauté est remis en question par les militaires. Ces derniers prendront le pouvoir et tenteront de redéfinir le nationalisme Thaï (Kratoska, 1999).</p>
<p style="text-align:justify;"><!--more--></p>
<p style="text-align:justify;">La Thaïlande est le seul pays de l’Asie du Sud-Est à ne pas être colonisée par les grandes puissances. Pour garder son indépendance politique, elle conclut des accords commerciaux avec l’Angleterre et la France. Par contre, les Français désirent que la Thaïlande se plie à des concessions  politiques et religieuses (De Koninck,  2005). De plus, la croissance démographique de la minorité chinoise dans le pays inquiète la royauté. Ces menaces sur la souveraineté pousse la monarchie a créé un mouvement nationaliste. Le roi Chulalongkorn (règne de 1868 à 1910) propose un nationalisme basé sur la royauté, la soumission du peuple à celle-ci et la création d’une nation thaïe.</p>
<p style="text-align:justify;">Le nationalisme prend davantage forme sous le règne de Vajiravudh (1910 à 1925). Ce dernier met l’accent sur la modernisation de l’État à travers la technologie et la science. Il mise également sur les traditions et valeurs thaïes. Vajiravudh met l’accent sur l’aspect culturel pour définir ce qu’est un vrai Thaïlandais. Les éléments clés sont : la religion bouddhiste et la loyauté au roi. Selon sa vision, il n’y a pas de distinction de classes dans la population, mais uniquement le roi et le peuple. Son slogan est ¨le roi, la nation et la religion¨. Le roi crée de multiples organisations en but de montrer l’avancement du pays et de promouvoir  son idéologie nationale (Kratoska, 1999). Le nationalisme de Vajiravudh est loin de plaire à tous.</p>
<p style="text-align:justify;">Le successeur de Vajiravudh, Prajadhipok (1925 à 1935) tente de mener le nationalisme dans une nouvelle direction. Il est moins inspiré par les éléments nationalistes basés autour de la monarchie. Prajadhipok parle d’harmonie et d’amitié entre les minorités ethniques et les Thaïlandais. Le roi cesse de créer des institutions de propagande comme son prédécesseur (puisque les excès de Vajiravudh ont mené au déclin de l’économie). Il faut comprendre que le régime d’absolutisme monarchique ne plaisait pas à une grande partie de la population puisqu’il se retrouvait défavorisé. L’élite est l’unique parti qui retire des avantages politiques, économiques et sociaux. Des rébellions paysannes ont eu lieu, mais celles-ci étaient soit ignorées ou réprimées sous les ordres du roi. Malgré les efforts de Prajadhipok, le rôle de la royauté dans l’état changera en 1932 (Kratoska, 1999).</p>
<p style="text-align:justify;">En 1932, les militaires organisent un coup d’État pour en finir avec l’absolutisme monarchique. Le parti en question se nomme le parti du Peuple (People’s Party). Ce parti dérive d’un ancien mouvement étudiant désirant un état séculaire. Lors du coup d’État, ils ne sont que 100 partisans.</p>
<p style="text-align:justify;">Il y a une division interne sur la position politique que devrait prendre le parti. Certains désirent une administration civile et d’autres veulent laisser la place aux militaires (Cheong, 1999). Un partisan dénommé Pridi, écrit une constitution. Celle-ci est abolie, car les partisans promilitaires considèrent que le plan économique a des tendances communistes. La conséquence de ce refus amène l’établissement d’un régime de monarchie constitutionnelle.</p>
<p style="text-align:justify;">Les années s’écoulent et le Parti du Peuple semble élire des premiers ministres de plus en plus favorables aux militaires. En 1938, le premier ministre aussi commandant des forces armées,  Phibun reprend les concepts du nationalisme de Vajiravudh; avec la différence que la loyauté au roi change d’acteur et donc le peuple doit reconnaître sa loyauté au premier ministre. La promotion des valeurs Thaï et la soumission de la population se véhiculent à travers le bouddhisme, l’économie nationale et la militarisation (Cheong, 1999).<br />
Le nationalisme ethnique promu par les militaires reste dominant jusqu’aux années 1980. Il y a des tentatives de prise de pouvoir par d’autres partis politiques. Ils désirent tous une démocratisation à différents degrés, mais cela ne dure pas (Kratoska, 1999). La monarchie a perdu une bonne partie de son pouvoir aux militaires. Elle reste quand même une influence symbolique dans les affaires de l’État. Les militaires utilisent leur force pour dominer la population. Les principes du nationalisme ethnique qui prône la loyauté, la soumission du peuple et l’identité thaïe par le partage d’une culture continuent d’être utilisés. On ne fait que changer de chef d’État. De plus, le sentiment national thaï n’est pas ressenti par tous puisque les minorités ethniques ne rentrent pas dans le cadre d’un ¨vrai¨ Thaï.</p>
<p style="text-align:justify;">---</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Références</strong></p>
<p style="text-align:justify;">De Koninck, Rodolphe,  ¨Les premiers sédiments de l’histoire¨ et ¨La formation des domains coloniaux¨,  L’Asie du Sud-Est,  2e édition revue et corrigée, Paris:  Armand Colin,  2005: Chapitres 3 et 4:  pp.39-75.<br />
Kratoska, Paul.  ¨Nationalism and Modernist Reform¨, The Cambridge History of Southeast Asia, Vol. 3. Cambridge: Cambridge University Press,  1999 : pp. 286-314.</p>
<p style="text-align:justify;">Cheong, Yong Mun.  ¨The Political Structure of the Independent States¨, The Cambridge History of Southeast Asia, Vol. 4. Cambridge: Cambridge University Press,  1999 : pp.59-131</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[L’identité Thaï face à la mondialisation des échanges. L’envers de la médaille]]></title>
<link>http://asiesudest.wordpress.com/?p=81</link>
<pubDate>Wed, 09 Jul 2008 03:12:19 +0000</pubDate>
<dc:creator>Admin</dc:creator>
<guid>http://asiesudest.wordpress.com/?p=81</guid>
<description><![CDATA[Par Aurélien Clément
La Thaïlande s’est considérablement ouverte à la mondialisation et est v]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;"><strong>Par Aurélien Clément</strong></p>
<p style="text-align:justify;">La Thaïlande s’est considérablement ouverte à la mondialisation et est véritablement devenue une destination touristique phare ces dernières années. Les autorités thaïlandaises ont beaucoup mis l’accent sur le caractère typique des traditions identitaires Thaï en parallèle du patrimoine naturel du pays afin d’attirer le flux touristique de masse. En effet, dans la parfaite continuité ethnocentriste du gouvernement, les agences touristiques mettaient particulièrement en avant l’omniprésence de la religion bouddhiste non seulement dans le paysage, mais aussi dans le quotidien sous forme de rites, sans parler des pratiques culturelles telles que le massage Thaï, la boxe Thaï ou encore la gastronomie Thaï... Ces caractéristiques sont encore bien présentes de nos jours dans les campagnes de publicités nationales mais on remarque <a href="http://www.geo.fr/contenu_editorial/pages/geo_hors_serie/sommaire/sujet_1/sujet_2.php">une nouvelle tendance qui consiste à valoriser les autres cultures minoritaires</a> au sein de l’Etat Thaï  jadis âprement réprimées puisque considérées comme un obstacle à l’unité nationale. Est-ce que l’Etat Thaï assimilationniste ne se tournera pas quelque peu vers la reconnaissance du foisonnement culturel présent dans son territoire ? Ne verrait-il pas justement à travers cette diversité culturelle un moteur pour le tourisme ?</p>
<p style="text-align:justify;"><!--more--></p>
<p style="text-align:justify;">Il semble que si, pousser par l’appât du gain une certaine tolérance apparaît de la part du gouvernement, surtout envers les tribus montagnardes qui représentent un fort potentiel attractif de par l’authenticité de leurs cultures . Seulement, livrées à une telle exploitation de leurs images, ces minorités ethniques sont en fait aussi susceptibles de se voir <a href="http://www.gavroche-thailande.com/actualites/read.php?id=73">devenir victime de cette instrumentalisation</a>. Déjà dans les années 1970-1980, ces minorités ethniques avaient été prises à partie dans le contexte de Guerre froide entre les troupes américaines et l’expansion du communisme fortement stimulé par la Chine [1].</p>
<p style="text-align:justify;">On sait la nocivité du tourisme sur les littoraux. Les hôtels de luxent qui défigurent le paysage. Mais à cet aspect du tourisme mondial s’ajoute aussi surtout dans le cas de la Thaïlande, <a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2006/08/MICHEL/13831">le problème du tourisme sexuel.</a> Si les autorités thaïlandaises ont été drastiques quant au trafic de drogue et de stupéfiant sur son territoire du Triangle d’Or, elles restent tout à fait impassibles devant l’étendue du phénomène de prostitution sur son sol. En effet, malgré une législation l’interdisant formellement, la prostitution et le tourisme sexuel  prospère du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest grâce à la corruption et la passivité non seulement de la police mais surtout de l’appareil étatique quasi complet. L’État ferme les yeux, car cette pratique représenterait plus de 13% du PIB et représente un caractère attractif pour quelque 14,5 millions de touristes pour l’année 2007. En bref, il compte sur la prostitution pour d’une part toucher de l’argent avec le marché interne et d’autre part pour<a href="http://www.erudit.org/revue/as/2001/v25/n2/000233ar.html"> stimuler le tourisme</a>.</p>
<p style="text-align:justify;">Ce laxisme a aussi pour conséquence l’implantation de réseaux internationaux de trafic d’être humain, de proxénétisme ou encore d’esclavage moderne. Ces phénomènes sociaux culturels bénéficient en Thaïlande d’une conjoncture politique et d’un cadre législatif tellement permissif que ces problèmes pourtant d’envergure mondiale sont niés et se développent en toute impunité. Par exemple, la Thaïlande n’a pas ratifié la convention internationale contre le trafic d’êtres humains, ni le protocole contre la vente, la prostitution et la mise en scène pornographique des enfants [2], donc si une grande fermeté a été déployée par les gouvernements pour lutter contre les trafics de drogue et l’opiomanie, strictement rien n’est engagé contre ces fléaux qui minent profondément l’image de la Thaïlande de manière certainement durable.</p>
<p style="text-align:justify;">Par ailleurs, l’État créé une situation surréaliste et hypocrite lorsqu’il annonce sa volonté de lutter contre la propagation du Sida pour protéger ses citoyens tandis qu’a coté de cela, il ne réglemente pas la prostitution et reste de marbre lorsqu’il faudrait secourir des femmes citoyennes thaïlandaises victimes d’esclavage sexuel dans un pays étranger [3]. Autant de paradoxes qui participent à l’évolution de l’image que projette le pays sur la scène internationale. Avec ces prises de positions politiques laxistes telles, la Thaïlande se s’expose à voir à court terme son image nationale assimilée à ce genre de pratiques qu’elles couvent sans réagir. Tout comme sa lutte contre le trafic de drogue dans le Triangle d’Or ou contre le Sida à l’échelle nationale, quand la Thaïlande se conformera-t-elle aux normes de la communauté internationale qui réglemente la prostitution et interdit ses dérives comme l’esclavage moderne, le trafic d’êtres humains et le proxénétisme à grande échelle ? Déjà depuis des dizaines d’années, en parallèle du « Pays du Sourire », la Thaïlande véhicule cette connotation défavorable dont elle devra bientôt se défaire certainement sous la pression des ONG et de la Communauté internationale.</p>
<p style="text-align:justify;">D’autre part, à l’image de la globalisation de la prostitution et de ses activités affiliées, les réseaux terroristes se sont aussi mondialisés à vitesse accélérée, surtout depuis les attentats du 11 septembre. Ainsi, les différents entre les autorités et la population malaise musulmane dans les régions du sud de la Thaïlande se sont envenimés. En état d’urgence depuis 2004, les autorités Thaïes face à cette adversité, appuyée par des réseaux terroristes de grande envergure vont peut être enfin cesser leurs politiques assimilatrices créer de grandes rancoeurs pour adopter une attitude favorisant d’avantage l’intégration et la tolérance culturelle et religieuse, génératrice de bien moins de violence.</p>
<p style="text-align:justify;">---</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Références</strong></p>
<p style="text-align:justify;">[1] Chouvy Pierre Aranud, Les territoires de l’opium. Conflits et trafics du Triangle d’Or et du Croissant d’Or, Olizane, Paris, 2002. <a href="http://www.monde-diplomatique.fr/1985/08/BOUCAUD/15187">En ligne.</a></p>
<p style="text-align:justify;">[2] Bangkok Post, Autant de victime que de bourreaux, Courrier International, N°917, pp 41.</p>
<p style="text-align:justify;">[3] Ibid.</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Les Malais, une minorité ethnique parmi d’autres en Thaïlande]]></title>
<link>http://asiesudest.wordpress.com/?p=79</link>
<pubDate>Wed, 09 Jul 2008 02:57:53 +0000</pubDate>
<dc:creator>Admin</dc:creator>
<guid>http://asiesudest.wordpress.com/?p=79</guid>
<description><![CDATA[Par Aurélien Clément
Malgré les apparences et la volonté des autorités thaïlandaises d’homog]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;"><strong>Par Aurélien Clément</strong></p>
<p style="text-align:justify;">Malgré les apparences et la volonté des autorités thaïlandaises d’homogénéiser la population sous une seule culture, la culture thaïe, la Thaïlande n’en reste pas moins un pays multiethnique, multiculturel et multiconfessionnel. Même si la proportion des ethnies Thaï <a href="http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/asie/thailande.htm">reste largement dominante</a>, elles cohabitent avec d’autres communautés plus ou moins assimilées à la nation. Traditionnellement, on distingue quatre grandes familles, les Thaï majoritaires, les Karen le long de la frontière birmane, les Malais au Sud à la frontière malaise et les Khmers à l’Ouest proche du Cambodge. Pourtant, il demeure une plus grande déclinaison de minorités ethniques en Thaïlande, surtout dans les régions montagneuses du Nord et du Nord-Est.</p>
<p style="text-align:justify;"><!--more--></p>
<p style="text-align:justify;">L’immigration chinoise à toujours été importante vers les pays d’Asie du Sud-Est, en Thaïlande prés de 11 % de la population est chinoise ou d’origine chinoise (sino-Thaï). La communauté chinoise a toujours joué un grand rôle dans le développement économique et commercial de la Thaïlande. En effet, issue de la diaspora, les Chinois ne possédaient généralement pas de terres à cultiver donc se lancèrent dans le secteur banquier, mais aussi dans le commerce en s’appuyant sur les vastes réseaux et filières constitués grâce à leurs mouvements migratoires. Directement confronté à la politique nationaliste et assimilationniste du gouvernement Thaï dès la fin du 19e siècle, la communauté chinoise s’est progressivement « Thaïisé ».</p>
<p style="text-align:justify;">En 1909, à la suite d’un <a href="http://www.gavroche-thailande.com/actualites/read.php?id=42">Traité avec les Britanniques</a>, les autorités thaïlandaises acquirent des régions qui comprenaient une forte population malaise musulmane. Politiquement, les musulmans sont inclus à la nation en tant que citoyens à part entière (des Malais prennent parfois <a href="http://www.religioscope.com/articles/2002/024_thai_islam.htm">place au sein du gouvernement</a>), mais les gouvernements rencontrent de sérieux problèmes dans la région.</p>
<p style="text-align:justify;">Les ethnies malaises de confession musulmanes situées en grande partie dans les régions frontalières de la Malaisie n’ont jamais accepté l’abandon de leurs cultures et de leurs traditions. Attachés à leurs cultures et plus particulièrement à leur religion, ils luttent désespérément pour sauvegarder leurs identités face à l’État qui tente de les amalgamer culturellement.</p>
<p style="text-align:justify;">Certains crient à l’ethnocide tandis que d’autre réclament juste la préservation de leur patrimoine et le <a href="http://karuna.anussati.org/spip.php?article389">respect de leurs croyances</a>. Cette oppression sur la frange malaise de la population a favorisé la pénétration du terrorisme et la coopération de réseaux illégaux. En 2004, cela a conduit à de graves révoltes de la part des musulmans contre les civils thaïs et <a href="http://eglasie.mepasie.org/les-musulmans-du-nord-du-pays-se-sentent-desormais-concernes-par-ce-qui-se-passe-dans-le-sud-du-pays.fr-fr.89.7823.eda_article.htm; http://hrw.org/french/docs/2007/08/28/thaila16744.htm">une recrudescence du terrorisme</a>.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Le cas des tribus montagnardes</strong></p>
<p style="text-align:justify;">
<p style="text-align:justify;">Dans les régions frontalières et dans les montagnes au Nord sont établies de nombreuses minorités ethniques dont les cultures et le mode de vie sont niés et méprisés tandis qu’ils ne jouissent d’aucuns droits politiques ou sinon très limités et depuis peu. La majorité des tribus montagnardes ne sont appréhendées par le gouvernement que depuis 1960 dans un contexte d’intégration nationale et d’optimisation du territoire qui ne ménage ni leurs identités ni leurs traditions.</p>
<p style="text-align:justify;">Dans un premier temps, l’État à crée une division entre les ethnies des montagnes et des vallées, ce qui créa d’emblée une situation discriminatoire entre Thaï, Chinois et Birmans des plaines et les ethnies ayant plus ou moins fuient l’autorité d’un État en trouvant refuge en montagnes. Si quelques ethnies comme les Laos de par leurs similitudes avec les Thaïs et leurs plus grandes assimilations ont un régime plus favorable, la plupart des ethnies établies en montagnes vivent en pleines précarités. Intentionnellement associées aux problèmes de déforestation, d’immigration clandestine, de trafic de drogue ou de communisme, les tribus montagnardes furent persécutées, déportées et victimes d’une politique d’assimilation culturelle féroce. Dans les années 1970, l’État thaï mit en place des programmes d’intégrations qui assignaient aux tribus des montagnes des cultures de produit spécifiques en collaborations étroites avec l’État ce qui transforma de manière irréversible leurs modes de vie. Dans les années 1990 survinrent d’autres problématiques avec d’une part la reforestation qui exclut un peu plus les tribus de leurs terres ainsi que de leurs ressources. Par ailleurs, le potentiel touristique que représentaient à présent ces tribus aux yeux de l’État lança des projets afin d’en tirer parti, bien évidemment au détriment des <a href="http://www.gavroche-thailande.com/actualites/read.php?id=73">tribus montagnardes</a>.</p>
<p style="text-align:justify;">D’autre part, les tribus montagnardes sont contraintes à une précarité non seulement sociale, mais aussi civique et législative. Enregistrés en tant qu’individus à « identité Thaï incomplète », ils sont soumis à une intégration sélective et discriminatoire puisque obtenir la naturalisation implique non seulement de pouvoir prouver l’ancienneté de sa migration sur le sol thaïlandais, mais surtout de se conformer aux normes de la culture Thaï.</p>
<p style="text-align:justify;">-- —</p>
<p style="text-align:justify;">Référence</p>
<p style="text-align:justify;">Formoso Bernard, Thaïlande : Bouddhisme renonçant Capitalisme triomphant, La documentation française, Paris 2000.</p>
<p style="text-align:justify;">Vaddhanaphuti Chayan, « The Thaï State and Ethnic Minorities: From Assimilation to Selective Integration” <a href="http://www-atrium.bib.umontreal.ca:8000/WebZ/GeacFETCH?sessionid=01-40700-1354174341&#38;recno=1&#38;resultset=2&#38;format=F&#38;next=html/geacnffull.html&#38;bad=error/badfetch.html&#38;&#38;entitytoprecno=1&#38;entitycurrecno=1">Ethnic conflicts in Southeast Asia / edited by Kusuma Snitwongse, W. Scott Thompson.</a><br />
[Bangkok] Thailand: Institute of Security and International Studies, Chulalongkorn University ; Singapore : Institute of Southeast Asian Studies, 2005.</p>
<p style="text-align:justify;">Dover Stephane, Thaïlande contemporaine, L’Harmattan, Paris, 2001.</p>
<p style="text-align:justify;">Hoang, Michel, La Thaïlande et ses populations, Presse universitaire de France, Bruxelles, 1976.</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Le nationalisme au temps de la Globalisation. Le cas du Vietnam]]></title>
<link>http://asiesudest.wordpress.com/?p=87</link>
<pubDate>Tue, 08 Jul 2008 03:17:17 +0000</pubDate>
<dc:creator>Admin</dc:creator>
<guid>http://asiesudest.wordpress.com/?p=87</guid>
<description><![CDATA[Par Emmanuel Leroux-Nega
Le monde se globalise de plus en plus rapidement. Or, la globalisation ne s]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;"><strong>Par Emmanuel Leroux-Nega</strong></p>
<p style="text-align:justify;">Le monde se globalise de plus en plus rapidement. Or, la globalisation ne se contente pas d’agir sur l’économie. Elle impacte fortement plusieurs pans sociaux, dont le nationalisme et l’identité nationale. Malgré quelques années de retard, l’Asie du Sud-est emboîte le pas. Les pays de la région, au cœur d’une des zones de passages commerciales les plus anciennes et utilisés, s’ouvrent davantage chaque jour sur le monde. Le Vietnam, acteur historique majeur de la région, entre aussi dans la danse mondiale, mais à son rythme. Dû à sa nature communiste et aux apprentissages du passé, le Vietnam opère aujourd’hui prudemment son virage global</p>
<p style="text-align:justify;"><!--more--></p>
<p style="text-align:justify;">L’Asie du Sud-est se démarque de par le fait qu’elle est à la jonction de plusieurs puissants pôles de globalisation. Elle est, en effet, au cœur des zones d’influences de la Chine, du Japon et des États-Unis. De plus, malgré les tentatives de régionalisation de l’ASEAN, chacun des pays à adopter sa propre façon de gérer les différents impacts de la globalisation. La globalisation se défini comme la « libre circulation des informations, biens, services, capitaux, technologies, valeurs et cultures à un niveau global (…) » .[1] Or, les effets et défis de cette dernière ne s’arrêtent pas au champ économique. Elle entraîne avec elle un ensemble de valeurs et idées de l’extérieur qui viennent déstabiliser les cultures intérieures. Des notions telles les droits humains et la libéralisation sexuelle, par exemple, ne sont pas reçues pareillement en Thaïlande ou en Birmanie.</p>
<p style="text-align:justify;">En tant que pays communiste et autoritaire, le Vietnam vit la globalisation d’une manière bien spécifique. À la fin de la guerre du Vietnam, le régime d’Hô Chi Minh rejetait catégoriquement le capitalisme qu’il voyait comme une continuité de l’impérialisme occidental. Dans les années 90, on a vu le pays s’ouvrir réellement à l’économie mondiale [2], mais le passage de la fermeture à l'interdépendance ne s'est pas fait sans problèmes : <a href="http://www.cepii.fr/francgraph/publications/lettre/resumes/1997/let161.htm">la crise financière de 1997</a> a fortement ébranlé le pays.</p>
<p style="text-align:justify;">Cependant, les dirigeants vietnamiens semblent avoir tiré leurs leçons d’une ouverture économique trop rapide et sauvage. Ainsi, refusant de faire les mêmes erreurs qui ont mené à la crise, l’État communiste ouvre ses frontières économiques graduellement et dérèglemente de façon progressiste. Il attire ainsi les critiques des adeptes du <a href="http://www.cid.harvard.edu/cidtrade/issues/washington.html">Consensus de Washington</a> qui les accusent d’une trop grande lenteur [3]. Pourtant, le Vietnam a démontré une progression constante vers l’intégration atteignant en 2005 son plus grand taux de croissance économique depuis la crise [4].</p>
<p style="text-align:justify;">La globalisation entraîne un ensemble d’impacts sur le nationalisme et l’identité nationale à travers le monde. Ce sont particulièrement les pays structurellement moins développés qui en subissent davantage les effets. Praset Chittiwatanapong note dans son article trois principaux impacts de la globalisation sur les nationalismes du Sud-est asiatique [5].</p>
<ol>
<li>Les nationalismes économiques qui s’étaient souvent développés en opposition et en résistance à des puissances extérieures dites impérialistes (Japon et États-Unis principalement) s’effacent de plus en plus devant la globalisation des économies.</li>
<li>Les différentes minorités, exposées de par la globalisation de l’information à la diversité mondiale, démontrent une résistance grandissante à se soumettre au concept d’identité nationale que tente de leur imposer leur État.</li>
<li>Le rôle et l’influence des États sur l’économie nationale et régionale s’affaiblissent continuellement face à celui des multinationales et des grandes corporations.</li>
</ol>
<p style="text-align:justify;">La montée de l’économie de marché fait en sorte que le gouvernement vietnamien s’implique davantage dans le développement des régions rurales. Il établit des politiques régionales qui, peu importe si elles ont pour objectif la sauvegarde ou l’exploitation des ressources, viennent confrontés les façons de faire traditionnelles des habitants de la région.</p>
<p style="text-align:justify;">Plus particulièrement au Vietnam, l’ascension de la globalisation à pour effet de créer de nouvelles communautés  indigènes autoproclamées en conflit avec l’identité nationale [6]. Ceux-ci se posent alors, selon une logique socioterritoriale, en opposition à l’État et à la communauté majoritaire. Ils se voient comme une communauté indigène à part. Or, la globalisation accentue se phénomène. En effet, dans leurs réclamations socioterritoriales, les communautés ne se retrouvent plus seulement face à la majorité du pays, mais face à une société globale.</p>
<p style="text-align:justify;">Tout en subissant ses contrecoups, le nationalisme peut être une réponse à la globalisation. Pour lui faire face, plusieurs pays du Sud-est asiatique ont opté pour l’utilisation de nationalismes économiques et culturels. À travers l’implantation d’un ensemble de mesures telles, le renforcement de symboles nationaux identitaires comme la religion ou les danses traditionnelles, l’État veut rehausser le sentiment d’identité nationale [7]. Il espère ainsi amener la population à défendre la culture nationale et consommée locale.</p>
<p style="text-align:justify;">---</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Références</strong></p>
<p style="text-align:justify;">[1] Chittiwatanapong, Prasert. 1996. Challenge of and response to globalization : The case of southeast Asia. IUJ Research Institute Working Paper No. 2. <a href="http://www.iuj.ac.jp/research/archive/wpaper/wpap002.html.">En ligne</a>. Page consultée 18 juin 2008.</p>
<p style="text-align:justify;">[2] Ryan, Jordan. 2005. Vietnam goes global. YaleGlobal Online. <a href="http://yaleglobal.yale.edu/display.article?id=6633">En ligne</a>. Page consultée le 18 juin 2008.</p>
<p style="text-align:justify;">[3] Pesek, William Jr. 2002. Vietnam embraces globalization on own terms. Global policy forum.  <a href="http://www.globalpolicy.org/globaliz/special/2002/1121vietnam.htm">En ligne</a>. Page consultée le 19 juin 2008.</p>
<p style="text-align:justify;">[4] Luong, Hy V. 2006. Economic Momentum and Stronger State-Society Dialogue. Vietnam in 2005. p. 148-154.</p>
<p style="text-align:justify;">[5] Chittiwatanapong, Prasert. 1996. Challenge of and response to globalization : The case of southeast Asia. IUJ Research Institute Working Paper No. 2. http://www.iuj.ac.jp/research/archive/wpaper/wpap002.html. Page consultée 18 juin 2008.</p>
<p style="text-align:justify;">[6] Spencer, James H. 2007. The Political Economy of Market Reform and the Formation of Socio-Spatial Identities in the Mekong Delta of Vietnam. Alternatives 32, 99-127.</p>
<p style="text-align:justify;">[7] Chittiwatanapong, Prasert. 1996. Challenge of and response to globalization : The case of southeast Asia. IUJ Research Institute Working Paper No. 2. http://www.iuj.ac.jp/research/archive/wpaper/wpap002.html. Page consultée 18 juin 2008.</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Le nationalisme dirigé. Le cas de la Thaïlande]]></title>
<link>http://asiesudest.wordpress.com/?p=83</link>
<pubDate>Tue, 08 Jul 2008 02:52:26 +0000</pubDate>
<dc:creator>Admin</dc:creator>
<guid>http://asiesudest.wordpress.com/?p=83</guid>
<description><![CDATA[Par Emmanuel Leroux-Nega
La plupart des pays de la région ont  su développer un nationalisme terr]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;"><strong>Par Emmanuel Leroux-Nega</strong></p>
<p style="text-align:justify;">La plupart des pays de la région ont  su développer un nationalisme territorial englobant la multitude de communautés et ethnies de leur pays. Ce n'est pas le cas de la Thaïlande : à travers la construction de l’identité thaïe et le contrôle de sa définition, les régimes autoritaires ont façonné le nationalisme thaïlandais. En élaborant un carcan identitaire très étroit, ils ont forcé la population thaïe à adopter certains comportements et à penser d’une certaine manière. Les individus, inconsciemment ou non, se soumettent au risque d’être qualifiés de non-Thaïs.</p>
<p style="text-align:justify;"><!--more--></p>
<p style="text-align:justify;">La <a href="http://catsea1.caac.umontreal.ca/dhthailande/prespays.htm">Thaïlande</a> est un des seuls pays du Sud-est asiatique à s’être construit autour d'un nationalisme identitaire. Or, ce nationalisme identitaire thaïlandais ne s’est pas développé seul. Il a été construit par les régimes autoritaires successifs et dirigé selon des objectifs très précis et ne suivant pas un chemin que l’on pourrait décrire de « libre » . De plus, ces différents régimes, qu’ils soient monarchiques ou militaires, ont laissé une impression profonde sur la façon dont le nationalisme et l’identité nationale sont perçus et vécus en Thaïlande. L’idée même de l’identité thaïe, qui est aujourd’hui répandue à la majorité de la population et du pays, est issue de la volonté de régimes autoritaires.</p>
<p style="text-align:justify;">L'unification identitaire du pays était essentielle aux régimes autoritaires afin qu’ils puissent étendre leur emprise sur l’ensemble du territoire. Les régimes en place ont donc travaillé à imposer à la multitude de communautés et ethnies une identité nationale unique. Cette identité thaïe fut basée sur celle des habitants du centre du pays et axée autour de deux éléments : la langue thaïe et la religion bouddhiste [1].</p>
<p style="text-align:justify;">Débuté par le Roi Rama 4 et poursuivi par les régimes autoritaires successifs, le processus est une « adoption et une adaptation d’une définition ethnocentrique occidentale du nationalisme » .  L’expression « Thaï », inventée alors, est une dérive de « taï » signifiant « libre » [2].   Il est aussi accompagné du développement de la notion de thaïness. Est inclus et bien tout ce qui est « thaï » et est exclu tout ce qui est « non-thaï » (un-thaï). La construction de l’identité nationale s’est faite autour d’un axe d’exclusion / inclusion.</p>
<p style="text-align:justify;">La plus grande insulte, le plus grand geste d’exclusion pour un Thaïlandais est de se faire dire que ce qu’il est ou ce qu’il fait est « non-thaï ». Ainsi, la notion de thainess est fréquemment utilisée comme outil d’exclusion et de répression par l’État. Les différents régimes s’assurent un certain contrôle de la société [3].</p>
<p style="text-align:justify;">Dans un article dans « The Nation », le <a href="http://www.nidambe11.net/person/biography/pavin_chachavalpongpun.htm">Dr. Pavin Chachavalpongpun</a>, auteur de « <a href="http://muse.jhu.edu/journals/contemporary_southeast_asia_a_journal_of_international_and_strategic_affairs/v028/28.3ganesan.html">A plastic nation</a> » , explique qu’une grande partie de la vie politique thaïlandaise actuelle s’est développée et s’opère selon cet axe « thaï » « non-thaï » [4]. Les partis se réclament tous comme étant les meilleurs défendeurs des valeurs thaïs et accusent leurs adversaires d’être non-thaïs. Ainsi, non pas satisfaits d’avoir créé l’identité thaïe, les régimes autoritaires la façonnent au quotidien afin de s’assurer un plus grand contrôle sur la société thaïlandaise et de museler la critique.</p>
<p style="text-align:justify;">La construction de l’identité thaïlandaise s’est aussi faite en opposition à celle de son principal voisin, la Birmanie. Selon le <a href="http://www.nidambe11.net/person/biography/pavin_chachavalpongpun.htm">Dr. Chachavalpongpun</a>, l’élite politique thaïlandaise a intentionnellement instauré deux concepts que sont tam kon farang et khwampenthai (« chien de poche des occidentaux » et « être thaï »).  Le concept de thaïness est alors mis en opposition à l’ennemi birman (« tam kon farang »).  Les élites politiques utilisent alors les deux concepts afin de légitimer leurs actions (eux sont de vertueux Thaïs, les autres, des chiens des Occidentaux). Toutefois, leurs actes vont principalement dans les intérêts personnels des élites et non de ceux de la nation thaïlandaise.</p>
<p style="text-align:justify;">D'autres concepts  sont aussi utilisés par les régimes pour asseoir leur contrôle sur la société. L’auteur donne aussi en exemple respect, loyauté, obéissance et bon comportement. Toutes des valeurs étant qualifiées de Thaïs.</p>
<p style="text-align:justify;">---</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Références</strong></p>
<p style="text-align:justify;">[1] Rojanaphruk, Pravait. Thailand. Hidden dimensions of « Thainess » : Violence and militarism in the culture politics dans Militarising State, Society and Culture in Asia, Asian Exchange Vol.20 no.2 and Vol.21, No.1 (2005) : p. 293.</p>
<p style="text-align:justify;">[2] Renard, Ronald D. Creating the other requires defining Thainess against which the other can exist: early-twentieth century definitions dans Southeast Asian Studies, Vol. 44No. 3 December 2006.</p>
<p style="text-align:justify;">[3] Rojanaphruk, Pravait. Loc. cit. p. 294.</p>
<p style="text-align:justify;">[4] Chachavalpongpun, Pavin. The Nation. Thailand is polarised by nationalism. <a href="http://www.nationmultimedia.com/2006/04/08/opinion/opinion_30001253.php">En ligne</a>. Page consultée le 9 juin 2008.</p>
<p style="text-align:justify;">
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[ Le nationalisme ethnique Thaïlandais]]></title>
<link>http://asiesudest.wordpress.com/?p=78</link>
<pubDate>Mon, 07 Jul 2008 02:54:18 +0000</pubDate>
<dc:creator>Admin</dc:creator>
<guid>http://asiesudest.wordpress.com/?p=78</guid>
<description><![CDATA[Par Aurélien Clément
Le nationalisme thaïlandais basé sur les caractéristiques des ethnies tha]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;"><strong>Par Aurélien Clément</strong></p>
<p style="text-align:justify;">Le nationalisme thaïlandais basé sur les caractéristiques des ethnies thaïes fut instrumentalisé à différentes fins en fonction des époques, servant de liens unificateurs à la nation pour contrer les impérialismes de la fin du 19e siècle au début du 20e, il devint à partir de 1938 un vecteur d’expansion et d’affirmation territorial sous le gouvernement de Phibun. Aujourd’hui encore, ces principes inhérents au nationalisme thaïlandais sont de rigueur et à chaque période de crise, comme celle de 1997, la dimension ethnique est invoquée tour à tour pour inclure ou exclure ; tandis que le respect des institutions en particulier la monarchie est toujours pris très au sérieux .</p>
<p style="text-align:justify;"><!--more--></p>
<p style="text-align:justify;">Une des particularités du Siam (devenu Thaïlande depuis 1939) est qu'elle n'a pas réellement subi de colonisation occidentale au 19e siècle. Elle a mis en place un nationalisme ethnique justement pour contrer les pressions impérialistes extérieures des Britanniques et des Français . La stratégie était d’opposer à l’expansionnisme européen une unité nationale forte.</p>
<p style="text-align:justify;">Ce processus d’unification de la nation thaïlandaise fut initié par le roi Rama V Chulalongkorn (1868-1910) qui, en parallèle, lança  la modernisation du Royaume siamois en se basant sur le modèle occidental. Sous son règne fut officialisée la nature du nationalisme thaï articulé d'une part autour de la notion de « race » ou d’appartenance ethnique et, d’autre part, en mettant un accent  particulier sur la fidélité et la soumission au Roi. Cette politique de définition du nationaliste fut intensifiée par le roi Rama VI Vajiravudh (1910-1925) qui, de par son éducation en Angleterre, était profondément conscient des mouvances politiques nationalistes non seulement en Europe, mais aussi en Amérique et au Japon.</p>
<p style="text-align:justify;">Vajiravudh avait conscience du rôle fondamental joué par la culture dans la politique intérieure et le rayonnement du pays. Il donna au nationalisme thaïlandais une forte dimension culturelle et mise de l'avant le principe de « Thaï-ness ». Il constitua une norme, un modèle culturel issu des caractéristiques communes aux ethnies thaïes censées spécifier le nationalisme. On parlera plus tard des trois piliers du nationalisme thaïlandais.</p>
<p style="text-align:justify;">Les trois piliers du nationalisme thaïlandais sont la monarchie, la religion et la nation. Appartenir à la nation implique d’être Thaï, tandis qu’être Thaï renvoyait directement à la religion bouddhiste. Cette politique nationaliste tenta d’unifier la nation sous les mêmes dogmes et valeurs en se servant des caractéristiques des ethnies thaïes comme référence. Seulement, la Thaïlande comporte de nombreuses communautés ethniques qui ne partagent ni la même langue, ni la même religion, ni la même culture. Ces ethnies considérées comme un obstacle à l’unité nationale, les Chinois en premier lieu étant la minorité la plus nombreuse, furent soumises dès le règne de Vajiravudh à une rhétorique raciste visant à limiter les particularismes au sein de la « Nation Thaï ».</p>
<p style="text-align:justify;">Sous le règne du dernier monarque absolu, Rama VII Prajadhipok (1925-1935), à la formule « King, Nation, Religion » s’ajouta le slogan « Siam for the Siamese ». L’immigration chinoise fut freinée et l’harmonie sociale, selon le gouvernement, venait de l'uniformité. Avec la chute de la monarchie absolue en 1932 et l’influence du premier ministre Phibun Songkhram, le nationalisme thaïlandais subit un regain de tension. Il y eu de nouveau une insistance particulière portée sur la culture, les mœurs, les coutumes et la langue qui devaient être en adéquation avec les volontés gouvernementales, nationalistes et ethnocentristes: toutes formes de culture non-Thaï furent étouffées.</p>
<p style="text-align:justify;">Avec Phibun la Thaïlande allait passer à un nationalisme inclusif qui consistait à intégrer les populations non-Thaïes du Nord et du Nord Est du pays afin d’affirmer un peu plus la souveraineté du territoire nationale aux frontières. L’assimilation de ces minorités ethniques en montagnes ne partageant ni la même culture ni souvent la même langue se faisait en contrepartie de l’adoption des critères Thaïs désignés dont la maitrise de la langue Thaï commune. L’intégration nationale consistait aussi à  rapatrier les tribus Thaïes établies à l’extérieur du pays, l’État pour appuyer l’assimilation mit en place un discours censé ranimer un soi-disant passé historique commun ou quelques affiliations que ce soit, tant politiques que culturelles avec la nation Thaï. Ces pratiques d’intégration amorcées à partir de 1932 autour de l’identité Thaï furent symbolisées par le passage en 1939 de l’appellation de « Siam », terme sans connotation ethnique à « Thaïlande » qui justement déclarait la primauté des Thaïs vis-à-vis des autres cultures au sein du pays.</p>
<p style="text-align:justify;">---</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Références</strong></p>
<p style="text-align:justify;">Morelo Massimo, La Thaïlande des Thaïlande, L. Lévy, 2007.</p>
<p style="text-align:justify;">Kratoska Paul, « Nationalism and Modernism Reform », in The Cambridge History Of Southeast Asia, Vol 3, Cambridge University Press, 1999:  pp. 286-314.</p>
<p style="text-align:justify;">« On ne joue pas avec l’image du roi » Courrier International, 24 Avril 2008</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[L'Identité malaise et les Orang Asli]]></title>
<link>http://asiesudest.wordpress.com/?p=84</link>
<pubDate>Sun, 06 Jul 2008 20:18:33 +0000</pubDate>
<dc:creator>Admin</dc:creator>
<guid>http://asiesudest.wordpress.com/?p=84</guid>
<description><![CDATA[Par Emmanuel Leroux-Nega
La construction de l’identité nationale malaisienne s’est faite dans u]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;"><strong>Par Emmanuel Leroux-Nega</strong></p>
<p style="text-align:justify;">La construction de l’identité nationale malaisienne s’est faite dans un axe « soi » versus l’« autre » introduit par le régime britannique lors de la colonisation. Le « soi » étant les Malais musulmans et l’« autre » étant les populeuses communautés chinoises et indiennes. Or, les Oran Asli, communautés aborigènes malaisiennes vivant principalement dans des régions reculées, ne peuvent être incluses dans aucune des ces définitions. Leurs origines profondément malaisiennes ainsi que leur culture et religion spécifiques, les différencient des deux groupes. Ainsi, leur existence entraîne une tension identitaire chez les Malais qui ne peuvent les catégoriser comme « autres » tout en ne parvenant pas à les associer au « soi ». L’État malais, tout en entretenant et institutionnalisant les différences ethniques, vise l’intégration, voire l’assimilation des communautés Orang Aslis à l’ethnie malaise.</p>
<p style="text-align:justify;"><!--more--></p>
<p style="text-align:justify;">Historiquement, la Fédération de la Malaisie ou Malaysia s’est construite ethniquement et religieusement en plusieurs étapes. Les communautés formant aujourd’hui les Orang Aslis, se sont installées sur le territoire il y a environ 8000 ans [1]. Elles se divisent principalement en trois groupes que sont les Senoi, Negrito et Proto-Malay. Sont ensuite arrivés, avec les royaumes hindous et islamiques successifs, les habitants formant la communauté malaise actuelle. Les fortes communautés chinoises et indiennes de la Malaisie ont quant à elles été principalement importées par l’Empire colonial britannique pour travailler ou administrer.</p>
<p style="text-align:justify;"><a href="http://asiesudest.files.wordpress.com/2008/07/malais-time-table.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-85" src="http://asiesudest.wordpress.com/files/2008/07/malais-time-table.jpg" alt="" width="500" height="110" /></a></p>
<h6 style="text-align:center;">Asianinfo. Malaysia's History and Background. <a href="http://www.asianinfo.org/asianinfo/malaysia/pro-history.htm">En ligne</a>. Page consultée le 13 juin 2008.</h6>
<p style="text-align:justify;">Dans son type d’administration coloniale, l’Empire britannique s’est toujours adressé aux communautés malaisiennes en tant que non-Britanniques donc en tant qu’« autres ». Les Malaisiens ont reproduit ce modèle lors de leur ascension à l’indépendance. Ils se sont proclamés indigènes et véritables propriétaires du territoire malais et ont défini les communautés chinoises et indiennes comme des « autres » venant d'ailleurs [2]. L’État malais a été un acteur important de la construction de l’identité nationale malaise et des séparations raciales caractérisant la société malaise. La constitution, établie en 1957, accorde des privilèges particuliers aux Malais et fait de la promotion de cette communauté une de ses principales priorités.</p>
<p style="text-align:justify;">Ce n’est pas tant autour d’aspects raciaux ou historiques que s’est forgée l’identité nationale malaisienne. C’est une « combinaison de pratiques sociales et religieuses » [3] d’origines dites bumitura, c’est-à-dire d’ethnie malaise et de religion musulmane, qui a formé le noyau de la définition de l’identité nationale. [4] Techniquement, les Orang Aslis sont inclus dans la définition du terme bumitura, principalement pour en renforcer le pouvoir du nombre, mais dans les faits ceux-ci sont très peu considérés dans l’usage commun du terme.</p>
<p style="text-align:justify;">Avec les Orang Aslis, ils trouvent devant eux des communautés dont les caractéristiques indigènes pré datent les leurs. Ces communautés sont fort différentes, ethniquement et religieusement (pour la plupart animistes) de la leur. Cela provoque chez eux une forte anxiété identitaire d’où un désir d’assimiler ces communautés à la leur [5].</p>
<p style="text-align:justify;">Afin de résoudre la « situation » des aborigènes, le « Département des aborigènes ». est créé . Officiellement, celui-ci doit œuvrer à l’épanouissement socio-économique et à la protection des communautés Orang Aslis. Dans les faits, c’est plutôt le contraire. Les programmes officiels du département visent l’amenuisement des différences entre les Malais et les Orang Aslis [6] et l’intégration de ces derniers à la société malaise. Une des politiques du département est de favoriser et d’encourager l’islamisation des Orang Aslis [7]. Les communautés indigènes doivent donc se battre contre le département censé les protéger afin de sauvegarder leur identité.</p>
<p style="text-align:justify;">Les Malais ont traditionnellement considéré les aborigènes comme inférieurs et dépendants de leur pouvoir [8]. Par conséquent, la sauvegarde de leur mode de vie n’a jamais été une préoccupation nationale importante. Historiquement, leur territoire ne leur a même jamais été reconnu comme leur. Ils l’occupent depuis toujours sans le posséder. Ainsi depuis la fin du 19e siècle, les terres qu’ils occupaient ont progressivement été vendues à des intérêts autres. Malgré le fait que ces communautés soient aujourd’hui gérées par le « Département des aborigènes » la situation n’a pas beaucoup changé. La sauvegarde du mode de vie des Orang Aslis est régulièrement mise derrière les intérêts économiques. La situation du <a href="http://www.coac.org.my/codenavia/portals/coacv2/code/main/main_art.php?parentID=0&#38;artID=12073202651030">barrage de Kelau</a> en est un bel exemple. Au nom du développement, les Orang Aslis sont régulièrement poussés plus loin et voient ainsi leur habitat rétrécir à vue d’œil. Or, l’identité Orang Asli est fondamentalement associée à leur mode de vie. Et celui-ci est lié à l’exploitation de leur territoire. Les Orang Aslis déportés dans les villes perdent rapidement leurs repères identitaires et finissent régulièrement pas s’assimiler à la communauté malaise. D’où l’importance pour ces groupes indigènes de sauvegarder leur territoire.</p>
<p style="text-align:justify;">Malgré un certain éveil d’une petite classe instruite, les Orang Aslis demeurent pour la plupart apolitiques. Peu organisés et instruits, ils ont beaucoup de difficultés à défendre leur cause et à prendre part aux débats politiques. Pourtant, leur avenir en tant que communautés distinctes dépend fortement de leur capacité à défendre leurs intérêts aux niveaux nationaux et internationaux.</p>
<p style="text-align:justify;">---</p>
<p style="text-align:center;"><strong>Distribution des sous-groupes Orang Asli</strong></p>
<p style="text-align:justify;"><a href="http://asiesudest.files.wordpress.com/2008/07/orang-asli-nega.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-86" src="http://asiesudest.wordpress.com/files/2008/07/orang-asli-nega.jpg" alt="" width="500" height="550" /></a></p>
<p style="text-align:justify;">-- —</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Références</strong></p>
<p style="text-align:justify;">[1] Malaysia. Orang Asli. <a href="http://www.malaysiasite.nl/orangeng.htm">En ligne</a>. Page consultée le 13 juin 2008.</p>
<p style="text-align:justify;">[2] Nah, Alice M. 2003. «Negotiating indigenous identity in postcolonial Malaysia: beyond being 'not quite/not Malay'». Social Identities, 9:4, 511 - 534.</p>
<p style="text-align:justify;">[3] Ibid.</p>
<p style="text-align:justify;">[4] Balasubramaniam, Vejai. 2007. A Divided Nation: Malay Political Dominance, Bumiputera Material Advancement and National Identity in Malaysia. National Identities, 9:1, 35 — 48.</p>
<p style="text-align:justify;">[5] Nah, Alice M. 2003. Negotiating indigenous identity in postcolonial Malaysia: beyond being 'not quite/not Malay''. Social Identities, 9:4, 511 — 534.</p>
<p style="text-align:justify;">[6] Ibid.</p>
<p style="text-align:justify;">[7] Means, Gordon P. 1986. The Orang Asli: Aboriginal Policies in Malaysia. Pacific Affairs, Vol. 58, No. 4, (Hiver, 1985-1986), p. 637-652.</p>
<p style="text-align:justify;">[8] Ibid.</p>
<p style="text-align:justify;">
<p style="text-align:justify;">
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Khwam Pen Thaï et Chon Klum Noï : Dialectique de la diversité ethnique et de  l’identité nationale en Thaïlande]]></title>
<link>http://asiesudest.wordpress.com/?p=23</link>
<pubDate>Sat, 21 Jun 2008 20:16:55 +0000</pubDate>
<dc:creator>Admin</dc:creator>
<guid>http://asiesudest.wordpress.com/?p=23</guid>
<description><![CDATA[Par Patrick Milochevitch
D’un point de vue théorique, l’émergence d’un État-Nation moderne]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;"><strong>Par Patrick Milochevitch</strong></p>
<p style="text-align:justify;">D’un point de vue théorique, l’émergence d’un État-Nation moderne suppose qu’à une entité territoriale souveraine (l’État) coïncide une collectivité sociologique fondée sur la notion d’identité ethnique commune (la Nation). On admet, assez généralement, que l’identité ethnique est définie par l’auto-identification d’un groupe humain ayant conscience de partager un ensemble d’affinités raciales, linguistiques ou culturelles semblables et distinctives. Or, dans les faits, la majorité des pays que nous connaissons aujourd'hui sont des États multiethniques résultant de processus de constructions historiques et de structures politiques et économiques particuliers, pour lesquels l’identité nationale fût et demeure un défi majeur, mais nécessaire à l’édification de la Nation.</p>
<p style="text-align:justify;"><!--more--></p>
<p style="text-align:justify;"><a href="http://asiesudest.files.wordpress.com/2008/06/flag.png"><img class="alignleft size-full wp-image-24" src="http://asiesudest.wordpress.com/files/2008/06/flag.png" alt="" width="135" height="111" /></a>En Thaïlande, « pays du sourire », mais aussi et surtout, « pays des Thaï », la définition de l’identité nationale relève d’un <a href="http://books.google.ca/books?hl=fr&#38;lr=&#38;id=JUq6irVw1SsC&#38;oi=fnd&#38;pg=PP11&#38;dq=identity+politics+thailand&#38;ots=dQ8aQ_nLUv&#38;sig=67XRLpGCHqEHf89tHnULdfI5TuI#PPP12,M1">processus politique dynamique de sélection de traits ethniques et culturels spécifiques</a>, permettant de déterminer ce qui est Thaï – Khwam Pen Thaï , et en conséquence, ce qui ne l’est pas – Chon Klum Noï . À travers cette dialectique fondamentale (« Thaï » / « non-Thaï ») se reflète une série de mécanismes politiques et culturels historiques d’intégration ou d’exclusion des différentes populations vivant au sein du territoire thaïlandais (Laungaramsri, p.170).</p>
<p style="text-align:justify;">Deux objectifs majeurs semblent ici avoir inspiré les dirigeants nationalistes thaïlandais :</p>
<ul>
<li>La création d’une homogénéité nationale dans laquelle on a tenté de noyer l’hétérogénéité ethnique et culturelle du royaume.</li>
<li>La production de menaces internes et d’ennemis de la souveraineté nationale pour justifier l’imposition de politiques ethniques ciblées. (Laungaramsri, p.161)</li>
</ul>
<p style="text-align:center;"><a href="http://asiesudest.wordpress.com/files/2008/06/face.png"><img class="aligncenter size-full wp-image-25" src="http://asiesudest.wordpress.com/files/2008/06/face.png" alt="" width="144" height="111" /></a></p>
<p style="text-align:justify;">Deux types de rapports dans la façon d’appréhender les relations interethniques ont orienté les politiques nationalistes visant ses objectifs :</p>
<ul>
<li>Un rapport « centre/périphérie » justifiant du degré d’intégration ou de l’exclusion d’un groupe minoritaire en fonction de sa région de résidence par rapport à la capitale, et de son environnement, plaine ou montagne par exemple.</li>
<li>Un rapport « civilisé/sauvage », fortement corrélé au premier, où le degré d’intégration dépend du degré d’assimilation et d’allégeance aux principes nationaux. (Laungaramsri, p.161)</li>
</ul>
<p><strong> Être Thaï</strong></p>
<p style="text-align:justify;">Définis, aussi tôt qu’au début du 20ème siècle, par le Roi <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Vajiravudh">Vajiravudh</a>, père du nationalisme thaïlandais, les trois piliers sur lesquels repose l’identité nationale sont, la nation – Chat, la religion – Satsana et l’allégeance inconditionnelle à la monarchie des Chakri – Phra Mahakrasat : est Thaï celui qui parle le Thaï , suit les préceptes du Bouddhisme <a href="http://eglasie.mepasie.net/approche-du-bouddhisme-thai.fr-fr.89.9525.eda_article.htm">Theravada</a>, et jure fidélité au Roi.</p>
<p style="text-align:justify;">Depuis, monarques et dirigeants nationalistes, notamment <a href="http://countrystudies.us/thailand/20.htm">Phibun</a>, ont fait preuve d’une fidélité sans équivoque à ces principes, orientant leurs actions vers les différentes minorités ethniques en fonction de contingences politiques et économiques intérieures ou internationales. Deux exemples peuvent ici brièvement illustrer notre propos.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Intégration ou marginalisation</strong><br />
Ceux que l’on appelle aujourd’hui « Luk Chin » (littéralement « Enfants de Chinois ») sont les descendants de migrants chinois établis dans le commerce depuis le 19ème siècle. Ils possèdent la nationalité thaïlandaise, vivent en majorité dans la capitale ou en zone urbaine, et jouissent globalement d’une influence économique et politique importante. Leur assimilation apparaît comme un symbole de réussite.</p>
<p style="text-align:justify;">Pourtant, au tournant du siècle, leurs ancêtres migrants se voyaient affublés du qualificatif de « Juifs de l’Asie » par Vajiravudh lui-même. (Laungaramsri, p.161) L’expansion chinoise au Siam (nom du Royaume jusqu’en 1932) et son contrôle grandissant sur le commerce  étaient perçus comme une menace à l’intégrité du pays.</p>
<p style="text-align:justify;">Dans l’intervalle, Vajiravudh promulgua, en 1912, la première loi sur la Nationalité afin de favoriser le processus d’assimilation de la diaspora chinoise notamment an offrant la citoyenneté thaïlandaise aux enfants de migrants nés au sein des frontières en échange de l’apprentissage et de l’utilisation de la langue Thaï, de l’adoption de la pratique religieuse bouddhiste et des coutumes Thaï, et de leur allégeance unique à la famille royale. Au fil des décennies, ce processus d’intégration par assimilation s’accentua notamment par l’intermédiaire de mariages sino-thaï. La diaspora chinoise se fondit dans la société thaïlandaise.</p>
<p style="text-align:justify;"><a href="http://asiesudest.files.wordpress.com/2008/06/soldier.png"><img class="alignleft size-full wp-image-26" src="http://asiesudest.wordpress.com/files/2008/06/soldier.png" alt="" width="139" height="111" /></a>À l’opposé, <a href="http://www.unesco.org/courier/2000_10/fr/dires.htm">les minorités ethniques montagnardes du Nord et de l’Est de la Thaïlande</a>, regroupées sous l’appellation de « Chao Khao » , dont certaines peuplent la région depuis aussi longtemps voire plus que les Thaï, sont globalement marginalisées. Leur marginalisation s’articule d’une part autour de leur situation géographique excentrée et de leur environnement forestier, associé au monde des esprits dans l’imaginaire thaïlandais, d’autre part, autour de leur condition de « sauvages » à civiliser à cause de leurs pratiques sociales et culturelles différentes du groupe siamois dominant. Beaucoup se voient refuser la citoyenneté thaïlandaise et subissent d’innombrables tracas administratifs, sans parler des politiques de relocalisation et d’élimination de leurs pratiques traditionnelles au profit de façon de faire conforme aux standards thaï.</p>
<p style="text-align:justify;">---</p>
<p style="text-align:justify;"><!--StartFragment--></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="EN-US">ANDERSON, Benedict (1991), <span> </span><em>Imagined Communities: Reflections on the Origin and </em></span></p>
<p class="MsoNormal"><em><span lang="EN-US">Spread of Nationalism</span></em><span lang="EN-US">,<span>  </span>Revised and expanded edition.<span>  </span>London: Verso.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="EN-CA">KEYES Charles (?), Ethnicity and the Nation-State : Asian Perspectives.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="EN-CA">LAUNGARAMSRI Pinkaew (2003), <em>Ethnicity and the politics of ethnic classification in Thaïland, dans Ethnicity in Asia</em>, dir. Colin Mackerras, Routledge Curzon, London New York, p.157-173 </span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="EN-CA">RENARD Ronald D. (2006), <em>Creating the Other Requires Defining Thainess against Which the Other Can Exist: Early-Twentieth Century Definitions</em>, Southeast Asian Studies, Vol. 44, No. 3 </span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="EN-CA">SIRIPHON Aranya (2006), <em>Local Knowledge, Dynamism and the Politics of Struggle: A Case Study of the Hmong in Northern Thailand</em>, Journal of Southeast Asian Studies, 37 (1), pp 65–81 </span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="EN-CA">VADDHANAPHUTI Chayan (2005), <em>The Thaï State and Ethnic Minorities : From Assimilition to Selective Integration</em>, dans Ehnic Conflicts in Southeast Asia, dir. Kusuma Sunitwongse et W. Scott Thompson, Institute of Southeast Asian Studies, Singapore, p.151-166 </span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="EN-US">VELLA, Walter F., assisted by VELLA Dorothy (1978), <em>Chaiyo! King Vajiravudh and the Development of Thai Nationalism</em>.<span>  </span>Honolulu: University of Hawaii Press</span></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Quel est le QI des membres de l'ADQ ? ]]></title>
<link>http://satellitevoyageur.wordpress.com/?p=74</link>
<pubDate>Fri, 25 Apr 2008 21:04:51 +0000</pubDate>
<dc:creator>Satellite Voyageur</dc:creator>
<guid>http://satellitevoyageur.wordpress.com/?p=74</guid>
<description><![CDATA[Je me pose la question après avoir vu cette nouvelle. J&#8217;imagine que ça doit tourner autour d]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>Je me pose la question après avoir vu <a href="http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Politique/2008/04/24/004-adq-pub-immigration.shtml">cette nouvelle</a>. J'imagine que ça doit tourner autour des 20-30 pour avoir laissé passer un tel concept de campagne... Non, mais quelle idée de lancer ça comme ça, d'une manière très "Le Pennien" d'ailleurs. Kotto a raison de relier ça à Le Pen. Pourtant, les ADQ sont frileux lorsqu'on dit ça, ils ne le prennent pas. Pourtant, regardez les visions face à l'immigration et mise à part que, contrairement au Front National, l'ADQ ne veut pas arrêter totalement l'immigration, c'est du pareil au même. Ils utilisent le même type de propagande terrifiante (comme Bush aussi): les "ethnies" font reculer le français à Montréal. Wow ! Belle argumentation ! Ai-je déjà dit que je détestais ce parti de droite qui commence à flirter dangereusement avec l'extrémisme quant à moi ? Déjà, je ne suis pas de droite donc ça me touche peu leurs idées, mais là, ça frôle le racisme leur truc. Il ne faut pas oublier que Dumont avait surfé sur la vague de la peur avec les accommodements raisonnables à l'époque. D'ailleurs, remarquez sur l'affiche la relation entre "Solution ADQ" et la "Solution finale" hitlérienne... Disons que ça sonne similaire, hein ? À quand les camps de concentration à Rivière-du-Loup ?</p>
<p><em>Bon, avant de recevoir les menaces de poursuite, sachez que je sais qu'il n'y a pas de liens à faire entre le nazisme et l'ADQ. Sauf qu'avouez que la publicité est mal faite, se basant uniquement sur la peur et la propagande dans ce sens. Alors, je ne retire rien, mais je voulais quand même faire la nuance car contrairement à l'ADQ, je suis capable d'en faire des nuances.</em></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Le "Nous" et le CH]]></title>
<link>http://satellitevoyageur.wordpress.com/?p=73</link>
<pubDate>Fri, 25 Apr 2008 20:34:37 +0000</pubDate>
<dc:creator>Satellite Voyageur</dc:creator>
<guid>http://satellitevoyageur.wordpress.com/?p=73</guid>
<description><![CDATA[
On discutait de ça lors du début des séries et que, semble-t-il, tout le Québec était malade d]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignnone" src="http://www.chfans.com/photos/junior/Carey%20Price_camp.jpg" alt="" /></p>
<p>On discutait de ça lors du début des séries et que, semble-t-il, tout le Québec était malade du hockey. Il est étrange de voir comme tout le monde, ou presque, dit "nous", notre équipe. Même moi, je relisais mes posts sur le sujet et j'ai remarqué que j'ai utilisé à deux ou trois reprise une formule similaire. Pourtant, y as-tu de quoi de moins dans le "Nous" péquiste que les Canadiens de Montréal: majorité anglophone/minorité francophone, un capitaine qui est là depuis une décennie et qui ne parle pas un mot de français (<em>alors que sa femme parle la langue... cherchez l'erreur...</em>), un slogan anglophone (<em>Go Habs go, c'est pas très français en passant</em>), etc. Une chance qu'on n'a pas de joueurs de couleur autre que le blanc, le PQ demanderait un protêt. Oh pardon, c'est vrai <a href="http://www.vigile.net/Les-pequistes-se-rangent-derriere">le "Nous" n'est pas raciste, mais inclusif</a>. Il aurait peut-être fallu le rappeler à certains des intervenants lors de la Commission Bouchard-Taylor...</p>
<p>En tout cas, tout ça pour dire que c'est étrange ce "Nous" associé à une équipe qui est loin de représenter la population québécoise... Mais bon, peut-être que la Commission passée, on se remet à aimer les ethnies au Québec, surtout celles qui scorent des buts.</p>
<p>Oh ! Pardonnez-moi, on vient de m'apprendre que <a href="http://www.ledevoir.com/2008/04/25/186812.html">51% des Québécois sont d'accord avec la thèse de Dumont qu'il faut cesser d'augmenter l'immigration au Québec</a>... Dieu merci, seulement <a href="http://lcn.canoe.ca/lcn/infos/national/archives/2008/04/20080424-083916.html">18 % des Québécois veulent voter pour ce crétin-là</a>.</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[SIMONE VEIL DENONCE L'IDEE DE PARRAINAGE DES ENFANTS JUIFS DEPORTES]]></title>
<link>http://ajhl.wordpress.com/?p=72</link>
<pubDate>Sat, 16 Feb 2008 15:43:56 +0000</pubDate>
<dc:creator>pl</dc:creator>
<guid>http://ajhl.wordpress.com/?p=72</guid>
<description><![CDATA[D&#8217;après l&#8217;article de Judith Waintraub du 16 février 2008 dans Le Figaro.
Les première]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>D'après l'article de Judith Waintraub du 16 février 2008 dans Le Figaro.</p>
<p>Les premières réactions à la proposition de Nicholas Sarkozy avaient été plutôt positives , ( François Hollande disant que "chaque fois qu'on peut faire transmettre les exigences du devoir de mémoire, il faut le faire", Malek Boutih du PS comme Serge Klarsfeld,  l'ayant approuvé), mais au fil du temps la tendance s'est nettement inversée, et les critiques sont de plus en plus nombreuses.</p>
<p>Simone Veil a déclaré cette initiative "inimaginable, insoutenable et injuste". La présidente de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah a dit que "on ne peut pas infliger cà à des petits de 10 ans."."Nous mêmes, anciens déportés, avons eu beaucoup de difficultés après la guerre de ce que nous avions vécu, même avec nos proches, et aujourd'hui encore, nous essayons d'épargner nos enfants et nos petits enfants". Elle ajouté que "beaucoup d'enseignants parlent très bien de ces sujets là " avant d'évoquer le risque d'attiser les antagonismes religieux:" Comment réagira une famille très catholique ou musulmane quand on demandera à leur fils ou à leur fille d'incarner le souvenir d'un petit juif ?". C'est évidemment  la critique majeure qui peut être faite à cette initiative, sans parler de l'ambigüité du terme "devoir de mémoire" qui fleurit dans les écrits  de la période actuelle</p>
<p>Même si la bonne volonté ne fait pas de doute, encore une fois, le côté hâtif, non concerté et non approfondi de la proposition laisse perplexe sur les mécanismes de prise de décision de la présidence française.</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[LES RABBINS LIBERAUX S'OPPOSENT A DES DEMANDES ANTILAIQUES D'UNE PARTIE DE LA COMMUNAUTE]]></title>
<link>http://ajhl.wordpress.com/?p=63</link>
<pubDate>Mon, 28 Jan 2008 16:29:05 +0000</pubDate>
<dc:creator>gblond</dc:creator>
<guid>http://ajhl.wordpress.com/?p=63</guid>
<description><![CDATA[Dans un article du Figaro du 18/01/2008, les rabbins Daniel Farhi, Stephen Berkowitz et Celia Surget]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>Dans un article du Figaro du 18/01/2008, les rabbins Daniel Farhi, Stephen Berkowitz et Celia Surget ont critiqué la réclamation faite au près de la HALDE par des associations juives émettant des exigences concernant la fiscalité des dons, les places dans les carrés confessionnnels juifs dans les cimetières, le calendrier des examens pour les élèves et les étudiants juifs, la nourriture cachère dans les hopitaux.</p>
<p>Ils soulignent que il ya quelque chose d'indécent à s'adresser pour cela à une autorité chargée de lutter contre les discriminations prohibées par la loi, d'accompagner les victimes ,de promouvoir les bonnes pratiques pour faire entrer dans les faits le principe d'égalité.</p>
<p>Ainsi ils dénoncent ceux qui ne semblent plus comprendre l'esprit des décisions du Grand Sanhedrin de 1807, selon lesquelles la Loi du pays est la Loi. Certains, relèvent ils, accumulent les exigences de moins en moins compatibles avec une vraie citoyenneté. Leur prise en compte irait à l'encontre de la laïcité française à laquelle ils réaffirment leur attachement. Ils rappellent que les carrés confessionnaux dans les cimetières sont des dérogations, non un droit en soi, que il est inadmissible de vouloir imposer l'arrêt des digicodes au pretexte d'une pratique orthodoxe de certains locataires juifs, aux dépens de la sécurité et de la tranquillité des autres occupants.</p>
<p>Cette prise de position se démarquant de la surenchère  intégriste et communautariste des ultra orthodoxes est bienvenue, au moment ou les discours pro-religieux de Sarkozy ouvrent une brèche dans la laïcité que ces fondamentalistes rêvent d'utiliser pour renforcer leurs positions. Leur conclusion me paraît pouvoir être reprise à la lettre: "Il y a deux siècles, en acceptant la devise de la République -Liberté, Egalité, Fraternité-, les juifs ont aussi implicitement accepté cette autre devise:Judéité, Laïcité, Citoyenneté.</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Chaire Unesco - Quelques nous...]]></title>
<link>http://philomtl.wordpress.com/2008/01/23/chaire-unesco-quelques-nous/</link>
<pubDate>Thu, 24 Jan 2008 03:15:08 +0000</pubDate>
<dc:creator>j.</dc:creator>
<guid>http://philomtl.wordpress.com/2008/01/23/chaire-unesco-quelques-nous/</guid>
<description><![CDATA[Vous êtes cordialement invité le Jeudi 31janvier 2008 de 17h30 à 19h 30 à la CONFÉRENCE / DÉBA]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>Vous êtes cordialement invité le Jeudi 31janvier 2008 de 17h30 à 19h 30 à la CONFÉRENCE / DÉBAT 3 de la Chaire Unesco de philosophie :</p>
<p>Quelques nous...</p>
<p>Trois questions seront posées :<br />
o Qu'est-ce que cette recherche du « NOUS » qui occupe présentement le Québec ?<br />
o Pourquoi cette recherche du NOUS ?<br />
o En quoi les accommodements raisonnables ne sont pas des cas où la minorité fait la loi mais bien des mesures prises afin de réduire les conséquences déchirantes découlant du fait de notre appartenance sincère à de multiples « NOUS » ?</p>
<p>YVES COUTURE, SCIENCE POLITIQUES, UQAM, président<br />
HUGO CYR, SCIENCES JURIDIQUES, UQAM, conférencier<br />
JOCELYNE COUTURE, philosophie, UQAM, « avocat du diable »<br />
ENTRÉE LIBRE</p>
<p>Les séances ont lieu à la salle AM-204, Bibliothèque centrale, pavillon Hubert-Aquin, 400, rue Sainte-Catherine Est</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[COMMENT JE SUIS DEVENU FRANCAIS, UN LIVRE DE JACQUELINE REMY]]></title>
<link>http://ajhl.wordpress.com/2008/01/07/comment-je-suis-devenu-francais-un-livre-de-jacqueline-remy/</link>
<pubDate>Mon, 07 Jan 2008 06:40:35 +0000</pubDate>
<dc:creator>gblond</dc:creator>
<guid>http://ajhl.wordpress.com/2008/01/07/comment-je-suis-devenu-francais-un-livre-de-jacqueline-remy/</guid>
<description><![CDATA[&#8220;Un pays, c&#8217;est un peu comme une famille. On est souvent trop près, ou trop loin pour s]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>"Un pays, c'est un peu comme une famille. On est souvent trop près, ou trop loin pour savoir le regarder Comment dessiner cette identité française que nous ne savons plus définir. Coment s'imprègne-t-on peu à peu d'un pays, comment se défait on insensiblement de sa nationalité d'antan pour en épouser une autre, à quel moment la bascule s'opère, quelle relation énigmatique garde-t-on avec son lieu de naissance", c'est ce qu'a cherché à éclairer J.Remy dans ce livre d'interviews qui cherche, par ce détour,à répondre à ces questions: le concept d'identité nationale a-t-il encore du sens; par quelle subtile alchimie nous sentons nous appartenir  à un pays à moins que cela soit lui qui nous appartienne dès lors que nous décidons d'en prendre possession?"</p>
<p>"Tout se passe comme si la France traversait une profonde crise existentielle, comme si elle ne savait plus qui elle est ni quels ressorts l'animent Attribuer un porte- feuille ministériel à l'identité nationale, c'estun peu comme instaurer un secrétariat d'Etat au vice ou à  la vertu. L'identité nationale ne se fixe ni ne se fige. Elle ne relève pas d'un gouvernement, sauf dans les régimes totalitaires, mais de l'histoire d'un pays, de son éthique collective, de l'éducation qu'il entend donner  aux générations qui préparent son  avenir. Ce sont ces valeurs qui font tenir les Français ensemble, celles de la République, héritées des Lumières: laïcité, égalité entre les hommes et les femmes, liberté de pensée et d'expression. Les Français l'oublient parfois,et, tout à leur individualisme, ne savent plus quel projet ils ont en commun."</p>
<p>"Vivre ici quand on est né ailleurs, épouser la nationalité française quand on est issu d'un autre pays, c'est un peu comme aimer deux êtres à la fois".</p>
<p>A travers les témoignages de ces 20 personnalités , souvent connues, qui témoignent, Jacqueline Remy nous fait mesurer qu'un homme ou une femme ne peut être résumé à sa nationalité, de même qu'il ne peut l'être à son son sexe, à son âge, à son ethnie, à sa religion, à son origine sociale ou géographique. On sait aussi qu'un changement de nationalité ne peut se résumer à une formalité juridique ni à  une équation politique. Adopter un pays, sa langue, son peuple, c'est l'embrasser. Une histoire de parfums, de saveurs, de beautés, de culture, d'idéaux, d'icônes et de héros, de paysages et de rencontres."</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[QU'EST CE QU'UNE NATION? RELEXIONS SUR LE TEXTE FONDAMENTAL DE ERNEST RENAN (1882)]]></title>
<link>http://ajhl.wordpress.com/2007/12/30/quest-ce-quune-nation-relexions-sur-le-texte-fondamental-de-ernest-renan-1882/</link>
<pubDate>Sun, 30 Dec 2007 16:40:31 +0000</pubDate>
<dc:creator>gblond</dc:creator>
<guid>http://ajhl.wordpress.com/2007/12/30/quest-ce-quune-nation-relexions-sur-le-texte-fondamental-de-ernest-renan-1882/</guid>
<description><![CDATA[&#8220;Les nations sont quelque chose d&#8217;assez nouveau dans l&#8217;histoire. L&#8217;antiquit]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>"Les nations sont quelque chose d'assez nouveau dans l'histoire. L'antiquité ne les connut pas; l'Egypte, la Chine, l'antique Chaldée ne furent à  aucun degré des nations. C'étaient des troupeaux menés par un fils du Soleil, ou un fils du Ciel. Il n'y eut pas de citoyens égyptiens, pas plus que de citoyens chinois. L'antiquité classique eut des républiques et des royautés municipales, des confédérations de républiques locales, des empires. Elle n'eut guère de nations au sens ou nous l'entendons. La Gaule, l'Espagne, l'Italie, avant leur absorption dans l'empire romain, étaient des ensembles de peuplades, souvent liguées entre elles, mais sans institutions centrales, sans dynasties."</p>
<p>Qu'est ce qui caractérise les différents états  issus de la brisure de l'empire carolingien, selon Renan ? C'est la fusion des populations qui les composent. Deux faits  contribuent essentiellement  à ce résultat:L'adoption du christianisme par les envahisseurs germaniques, qui empêche une distinction  vainqueurs/vaincus par la religion, et l'oubli par les conquérants de leur propre langue (Renan reviendra plus loin sur la nécessité de l'oubli pour forger les nations.). "De ce fait, le moule qu'imposèrent ces envahisseurs devint le moule même de la nation et "France" devint le nom d'un pays ou n'étaient entrés qu'une infime minorité de Francs. Au bout d'une ou deux générations, les envahisseurs ne se distinguaient plus du reste de la population; leur influence n'en avait pas moins été profonde; ils avaient donné au pays conquis une noblesse, des habitudes militaires, un patriotisme qu'il n'avait pas auparavant."</p>
<p>"L'oubli, et je dirai même l'erreur historique, sont un facteur essentiel de la création des nations, et c'est ainsi que le progrès des études historiques est souvent pour la nationalité un danger. L'investigation historique, en effet, remet en lumière les faits de violence qui se sont passés à l'origine de toutes les formations politiques, même de celles dont les conséquences ont été les plus bienfaisantes. L'unité se fait toujours brutalement: la réunion de la France du Nord et de la France du Midi a été le résultat d'une extermination et d'une terreur continuée pendant près d'un siècle."</p>
<p>Mais là où la France a réussi, d'autres ont échoué. "Loin de fondre les éléments divers de ses domaines, la maison de Habsbourg les a tenus distincts et souvent opposé les uns aux autres. Or l'essence d'une nation est que tous les individus aient beaucoup de choses en commun, et aussi que tous aient oublié bien des choses. Aucun citoyen français ne sait s'il est burgonde, alain, taïfale, visigoth; tout citoyen français doit avoir oublié la Saint Barthelemy, les massacres du Midi du 13ème siècle."</p>
<p>Mais qu'est ce donc qu'une nation , s'interroge Renan.</p>
<p>Pourquoi la Hollande est elle une nation, tandis que le Hanovre ou le Grand Duché de Parme n'en sont pas. Comment la France persiste -t-elle à être une nation, alors que le principe (dynastique) qui l'a créée n'existe plus. C'est la gloire de la France d'avoir, par la Révolution Française, proclamé qu'une nation existe par elle-même.</p>
<p><i>La question de la race</i></p>
<p>Renan s'inscrit en faux contre toute tentative de fonder la nation sur la race, comme le font en particulier les pangermanistes de l'époque."C'est là, dit-il, une très grande erreur, qui si elle devenait dominante, perdrait la civilisation européenne. Autant le principe des nations est juste et légitime, autant celui du droit primordial des races est étroit et plein de danger pour le véritable progrès."</p>
<p>"La considération ethnographique n'a été pour rien dans la constitution des nations modernes. La France est celtique, ibérique, germanique. L'Allemagne est germanique, celtique et slave. L'Italie est le pays où l'ethnographie est la plus embarrassée. Gaulois, Etrusques, Pelasges, Grecs , sans parler de bien d'autres éléments s'y croisent dans un indéchiffrable mélange."</p>
<p>"La vérité est qu'il n'y a pas de race pure et que faire reposer la politique sur l'analyse ethnographique, c'est la faire porter sur une chimère. Les plus nobles pays , l'Angleterre, la France, l'Italie, sont ceux où le sang est le plus mêlé. L'Allemagne fait elle à cet égard exception? Est elle un pays germanique pur? Quelle illusion! Tout le Sud a été gaulois. Tout l'Est, à partir de l'Elbe, est Slave. Et les parties que l'on prétend réellement pures le sont elles réellement? Pour les anthropologistes, la race a le même sens qu'en zoologie. Or l'étude des langues et de l'histoire ne conduit pas aux mêmes divisions que la physiologie. L'apparition de l'individualité germanique dans l'histoire ne se fait que très peu de siècles avant Jésus Christ. Apparemment, les Germains ne sont pas sortis de terre à  cette époque. Avant cela, fondus avec les Slaves dans la grande masse indistincte des Scythes, ils n'avaient pas leur individualité à part. Le Français n'est ni un Gaulois, ni un Franc, ni un Burgonde. Il est ce qui est sorti de la grande chaudière où, sous la présidence du roi de France, ont fermenté ensemble les éléments les plus divers"</p>
<p>"Le fait de la race, capital à l'origine, va donc toujours perdant de son importance. L'histoire humaine diffère essentiellement de la zoologie. La race n'y est pas tout, comme chez les rongeurs ou les félins, et on n'a pas le droit d'aller par le monde tâter le crâne des gens, puis les prendre à la gorge en leur disant:"Tu es de notre sang;tu nous appartiens". En dehors des caractères anthropologiques, il y a la raison, la justice, le vrai, le beau".</p>
<p>On ne peut qu'être frappé de la netteté de la pensée de Renan et du caractère prémonitoire de sa réfutation des arguments développés ultérieurement par les nazis, qui en fait mettaient leurs pas dans ceux des pangermanistes qui les avaient précédés.</p>
<p><i>La question de la  langue</i></p>
<p>" Ce que nous venons de dire de la race, il faut le dire de la langue."</p>
<p>"La langue invite à se réunir; elle n'y force pas. Les Etats-Unis et l'Angleterre, l'Amérique espagnole et l'Espagne parlent la même langue et ne forment pas une seule nation . Au contraire, la Suisse, si bien faite, puisqu'elle a été faite par l'assentiment de ses diverses parties, compte trois ou quatre langues. Il y a dans l'homme quelque chose de supérieur à la langue, c'est la volonté. La volonté de la Suisse d'être unie, malgré la variété de ses idiomes, est un fait bien plus important qu'une similitude souvent obtenue par des vexations."</p>
<p>"La considération exclusive de la langue a, comme l'attention trop forte donnée à la race, ses dangers, ses inconvénients. Quand on y met de l'exagération, on se renferme dans une culture déterminée, tenue pour nationale; on se limite, on se claquemure. On quitte le grand air qu'on respire dans le vaste champ de l'humanité pour s'enfermer dans des conventicules de compatriotes. Rien de plus mauvais pour l'esprit; rien de plus fâcheux pour la civilisation. N'abandonnons pas ce principe fondamental , que l'homme est un être raisonnable et moral, avant d'être parqué dans telle ou telle langue, avant d'être un membre de telle ou telle race, un adhérent de telle ou telle culture. Avant la culture française, la culture allemande, la culture italienne, il y a la culture humaine. Voyez les grands hommes de la Renaissance: ils n'étaient ni français, ni italiens, ni allemands; Ils avaient retrouvé, par leur commerce avec l'antiquité, le secret de l'éducation véritable de l'esprit humain".</p>
<p><i>La question de la religion </i></p>
<p>"A l' origine, la religion tenait à l'existence  même du groupe social. Le groupe social était une extension de la famille. La religion, les rites étaient des rites de la famille. La religion d'Athènes, c'était le culte d'Athènes même. Elle n'impliquait nulle théologie dogmatique. Ce n'était déjà plus vrai dans l'Empire romain, avec les persécutions en particulier des Juifs par Antiochus Epiphane pour les amener au culte de Jupiter Olympien."</p>
<p>"De nos jours, la situation est parfaitement claire. Il n'y a plus de masses croyant d'une manière uniforme. Chacun croit et pratique à sa guise, ce qu'il peut, comme il veut. Il n'y a plus de religion d'Etat; on peut être français, anglais, allemand, en étant catholique, protestant, israélite, en ne pratiquant aucun culte. La religion est devenue chose individuelle; elle regarde la conscience de chacun";</p>
<p><i>La question des intérêts</i></p>
<p>"La communauté des intérêts est assurément un lien puissant entre les hommes. Suffit elle à faire une nation? Je ne le crois pas. Elle fait les traités de commerce. Il y a dans la nationalité un côté de sentiment. Elle est âme et corps à la fois; un"Zollverein" n'est pas une patrie."</p>
<p><i>La question de la géographie </i></p>
<p>"La géographie est  un des facteurs essentiels de l'histoire. Peut on croire cependant, comme le croient certains partis, que les limites d'une nation sont écrites sur la carte et que cette nation a le droit de s'adjuger ce qui est nécessaire pour arrondir  certains contours, pour atteindre  telle montagne, telle rivière, à laquelle on prête une sorte de faculté limitante à priori ? Je ne connais pas de doctrine plus arbitraire et plus funeste. Avec cela, on justifie toutes les violences. On parle de raisons stratégiques. Rien n'est absolu; il est clair que des concessions doivent être faites à la nécessité. Mais il ne faut pas que ces concessions aillent trop loin. Autrement, tout le monde réclamera ses convenances militaires, et ce sera la guerre sans fin  (Par rapport au Proche Orient, quelle prémonition!).</p>
<p>"Non, ce n'est pas la terre plus que la race qui fait une nation. La terre fournit le substratum, le champ de la lutte et du travail; l'homme fournit l'âme. L'homme est tout dans dans la formation de cette chose sacrée qu'on appelle un peuple. Rien de matériel n'y suffit. Une nation est un principe spirituel, résultant des complications profondes de l'histoire, <b>une famille spirituelle</b>, non un groupe déterminé par la configuration du sol."</p>
<p>Que faut il donc de plus que la race, la langue, les intérêts, l'affinité religieuse, la géographie, les nécessités militaires pour créer ce principe spirituel?</p>
<p><i>Conclusion </i></p>
<p>"Une nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n'en font qu'une, les constituent. L'une est dans le passé, l'autre est dans le présent. L'une est la possession en commun d'un riche legs de souvenirs; l'autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l'héritage qu'on a reçu indivis . La nation, comme l'individu, est l'aboutissant d'un long passé d'efforts, de sacrifices et de dévouements. Le culte des ancêtres est, de tous les cultes, le plus légitime. Les ancêtres nous ont faits ce que nous sommes. Un passé héroïque, des  grands hommes , de la gloire, voilà le capital social sur lequel on assied une idée nationale. Avoir des gloires communes dans le passé, une volonté commune dans le présent; avoir fait de grandes choses ensemble, vouloir en faire encore, voilà les conditions essentielles pour être un peuple. On aime en proportion des sacrifices qu'on a consentis, des maux qu'on a soufferts. On aime la maison qu'on a bâtie et qu'on transmet.</p>
<p>Une nation est donc une grande solidarité, constituée par le sentiments des sacrifices qu'on a faits et de ceux qu'on est disposés à faire encore. Elle suppose un passé; elle se résume pourtant dans le présent par un fait tangible: le consentement, le désir clairement exprimé de continuer la vie commune.</p>
<p>L'existence d'une nation est donc un plébiscite de tous les jours, comme l'existence de l'individu est une affirmation perpétuelle de la vie.</p>
<p>Les volontés humaines changent; mais qu'est ce qui ne change pas ici-bas ? Les nations ne sont pas quelque chose d'éternel. Elles ont commencé, elles finiront . La confédération européenne, probablement les remplacera (!!!). Mais telle n'est pas la loi du siècle où nous vivons. A l'heure présente, l'existence des nations est bonne, nécessaire même. Leur existence est la garantie de la liberté, qui serait perdue si le monde n'avait qu'une loi et qu'un maître."</p>
<p>"Par leurs facultés diverses, souvent opposées, les nations servent à l'oeuvre commune de la civilisation. Toutes apportent une note à ce grand concert de l'humanité, qui, en somme, est la plus haute réalité idéale que nous atteignions.</p>
<p>Je me résume, Messieurs. L'homme n'est esclave ni de sa race, ni de sa langue, ni de sa religion, ni du cours des fleuves, ni de la direction des montagnes. Une grande agrégation d'hommes, saine d'esprit et chaude de coeur, crée une conscience morale qui s'appelle une nation. Tant que cette conscience morale prouve sa force par les sacrifices qu'exige l'abdication de l'individu au profit d'une communauté, elle est légitime, elle  a le droit d'exister."</p>
<p>Commentaires</p>
<p>On ne peut qu'être admiratif devant la beauté de la langue, la clarté de vues et d'expression de Renan face au problème complexe de l'idée de Nation. La liberté de pensée qui est la sienne et qui se manifeste dans la façon dont il arrive à la fois à envisager le caractère  fini de l'existence des nations,  à penser avec un siècle d'avance l'avènement d'une communauté européenne qui remet en cause  le contenu de la notion de nation, et à éviter le piège d'un idéal de suppression des nations dont il formule très bien le risque   de totalitarisme qu'il décrit avant la naissance du terme, montre la profondeur de la réflexion qui est la sienne.</p>
<p>Tous les débats actuels sur l'idée de nation sont déjà présents dans la façon dont il écarte, les uns après les autres , tous les présupposés "essentialistes" des courants ultranationalistes: idée  de race chez les pangermanistes et leurs émules nazis, idée de frontières naturelles ou de frontières de" sécurité ", dans les conflits du Proche Orient, idée d'union  douanière soutenue par certains tenants d'une Europe minimale, idée de fermeture sur sa culture "nationale" contenue dans  certains comportements communautaristes.</p>
<p>L'idée d'un concert des nations ou chacune d'entre elles a sa partition à jouer pour faire progresser l'humanité contredit les prétentions de chacune à être le peuple élu .</p>
<p>Mais c'est dans la partie "positive" de son étude du concept de nation qu'il est le plus magistral.</p>
<p>D'abord, par sa définition  de la nation comme une "famille spirituelle", il met l'accent sur le fait que ce sont des visions du monde qui sont partagées, et non des déterminations héréditaires, ce qui est prouvé en France par la possibilité pour les émigrants d'acquérir la nationalité française.  Cette famille spirituelle est composée par l'adhésion aux valeurs véhiculées par la société française: démocratie et république, laïcité et droits des femmes, liberté de pensée, d'expression et de critique, séparation des pouvoirs, mais aussi  qualité de l'existence, sophistication des produits, niveau élevé de la culture, variété des paysages et des types humains, etc.</p>
<p>Rien à voir avec un quelconque "Volksgeist" .</p>
<p>Mais ce n'est pas seulement une adhésion intellectuelle dont il s'agit. C'est également une adhésion affective: c'est l'entrée dans une famille, une affaire de coeur et de sentiment, qui fait que en France,( et dans les autres pays aussi bien sûr), les gens "aiment la France , tombent amoureux de la France (voir le livre de Jacqueline Remy: "Comment je suis devenu français", livre d'interviews de personnes, plutôt connues, qui ont pris la nationalité française).</p>
<p>Ensuite, c'est par sa  définition de la Nation comme une "conscience morale". L'acquisition de la nationalité ou le patriotisme tout simplement est inséparable de la notion d'une dette envers la collectivité, actuelle et passée. Envers le passé, même si on ne l'a pas partagé (dans le cas des personnes qui acquièrent ou ont acquis plus ou moins récemment la nationalité) parce que le passé est comme il le dit,  un capital social partagé par  tous les membres de la Nation ( la gloire, c'est à dire le renom, la valeur attribuée collectivement aux tenants de cette identité, mais aussi la culture longuement accumulée dans le creuset dont il parle, la longue sédimentation d'intelligence et de travail collectif qui aboutit à  la chance extrême que constitue le fait d'être  français dans le monde actuel, sur tous les plans). Envers la collectivité actuelle, qui maintient l'effort soutenu pendant des millénaires, et qui elle même, doit consentir à des sacrifices pour ne pas dilapider le "capital" culturel, scientifique, artistique , juridique, intellectuel et politique, et finalement humain constitué depuis si longtemps.</p>
<p>Ces conceptions de la Nation éclairent mieux  quelques uns des débats actuels:</p>
<p>L'acquisition de la nationalité française apparait ainsi légitimement comme devant être demandée, c'est à dire le résultat d'une déclaration d'adhésion à ses valeurs fondamentales, et non acquise automatiquement par des étrangers qui ne s'en aperçoivent parfois même pas. Les modalités étant évidemment à réfléchir soigneusement.</p>
<p>La raison en est ce que dit Renan, et qui paraît très juste: une nation n'existe que tant qu'elle est portée par l'adhésion de ses membres et leur acceptation de faire des sacrifices pour son maintien. Si  des personnes adhérentes d'autres cultures et d'autres valeurs que celles de la nation française ne reconnaissent pas celles ci, il y a un risque que au lieu de s'ajouter et de se féconder , elles minent  le maintien de cet effort, déjà contrarié par l'évolution des moeurs.</p>
<p>On peut dire la même chose pour la nation israëlienne : si les Israëliens eux mêmes ne croient plus en la finalité de leurs efforts, si l'image valeureuse qu'ils ont d'eux mêmes, minée par le conflit avec le peuple palestinien, se défait, et si les élites ne défendent plus la signification de leur effort, si les classes populaires se sentent abandonnées, alors un grave danger de disparition de cette nation existera.</p>
<p>Quelle place donner à partir de cette vision de la Nation aux peuples en Diaspora ? Encore une question qui n'a pas fini de faire couler de l'encre.</p>
<p>Georges Blond</p>
<p><i> </i></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[BAYROU REPOND A SARKOZY SUR LA LAICITE]]></title>
<link>http://ajhl.wordpress.com/2007/12/26/bayrou-repond-a-sarkozy-sur-la-laicite/</link>
<pubDate>Wed, 26 Dec 2007 18:21:54 +0000</pubDate>
<dc:creator>gblond</dc:creator>
<guid>http://ajhl.wordpress.com/2007/12/26/bayrou-repond-a-sarkozy-sur-la-laicite/</guid>
<description><![CDATA[D&#8217;après l&#8217;interview de François Bayrou  par Judith Waintraub publiée dans le Figaro d]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>D'après l'interview de François Bayrou  par Judith Waintraub publiée dans le Figaro du26/12/2007</p>
<p>La polémique  ouverte par  les propos de Nicholas Sarkosy sur la laïcité  et l'identité "chrétienne" française continue.</p>
<p>Nous publions, comme un élément à  apporter à ce dossier, l'essentiel de la réponse de François Bayrou, dont l'argumentation est puissante.</p>
<p>Répondant  à J. Waintraub qui lui demande ce qu'il pense du concept de "laïcité positive" défendu par N. Sarkozy, Bayrou relève la remise en cause de la conception de la laïcité  républicaine autour de laquelle la France s'est construite depuis la Libération.  En disant que la France a "intérêt"  à compter beaucoup de croyants, Sarkozy, dit-il, demande aux religions de fonder la morale du pays. "C'est le retour, qu'on croyait impossible en France, du mélange des genres entre l'Etat et la religion. Pour Bayrou, "la République n'a pas à sous-traiter l'espérance aux religions. La République est en charge de réaliser un monde meilleur et pas d'inviter à l'attendre. Cette conception sociologique de la religion fournissant l'"espérance" qui fait que les peuples se tiennent tranquilles et respectent les règles établies,on croyait que elle était loin derrière nous! Ce n'est pas autre chose que l'opium du peuple que dénonçait Marx... En réalité, l"espérance religieuse et l'espérance civique ne sont pas de même nature. Elles ne sont pas du même monde Au demeurant, la foi, ce n'est pas seulement l'espérance, ce n'est pas seulement pour l'avenir...".</p>
<p>Pour Bayrou, "lorsqu'on suggère que la morale républicaine doit se fonder dans les religions , on change d'approche. D'abord il ne revient à aucune autorité civile de trancher ainsi une question de conscience. Il est aussi anormal de voir un président dire que il faut se référer à la religion que d'en voir un autre affirmer qu'il faut  rejeter toute religion. Cette orientation dans un sens ou dans un autre n'est pas dans ses compétences. De surcroît dans une société plurireligieuse, on prépare les conditions d'un affrontement entre les différentes religions. Car quand elles se contredisent, qui décidera qu'une religion est supérieure à une autre dans le domaine  de la morale et des valeurs?"</p>
<p>De même,  il dit que quand N.  Sarkozy dit que "jamais l'instituteur ne pourra remplacer le pasteur ou le curé" dans l'apprentissage de la différence entre  le bien et le mal,parce que "il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de  sa vie et le charisme d'un engagement porté par l"espérance"  , il exprime exactement le contraire du message porté par Jules Ferry. La morale de l'instituteur n'est pas inférieure à celle du prêtre. Pour Jules Ferry, elle est la morale universelle au genre humain, qui prend garde à ne choquer aucune des familles qui confient leur enfant aux maîtres. La laïcité est un bien très précieux que la France a su définir avant et mieux que les autres. Elle détermine un espace public à l'intérieur duquel on ne fait pas intervenir la religion par l'autorité du dogme, et un espace intime familial, ou chaque être humain cultive ses convictions, une vision du monde , qu'il ne peut imposer aux autres. L'idée qui fonde la démocratie,, c'est la vision géniale que Pascal a exprimée de la distinction des ordres: il y a l'ordre du pouvoir,  l'ordre de la religion et l'ordre de la science.Le pouvoir doit garantir la liberté de prier et la liberté de penser dans les deux autres ordres. Mais l'homme n'est libre que si on empêche toute interférence entre ces ordres distincts. C'est un paradoxe curieux que celui d'un pouvoir qui affiche chaque fois qu'il le peut  sa"complaisance avec le matérialisme financier"et, en même temps souhaite faire de  la religion une autorité dans l'espace public.</p>
<p>Pour François Bayrou, les citoyens républicains et les chrétiens, qui peuvent être les mêmes,ont quelque chose en commun, c'est le "rendons à César ce qui appartient à César, et à Dieu ce qui appartient à Dieu.</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[SARKOZY, LA LAICITE ET L'IDENTITE NATIONALE]]></title>
<link>http://ajhl.wordpress.com/2007/12/24/sarkosy-la-laicite-et-lidentite-nationale/</link>
<pubDate>Mon, 24 Dec 2007 11:19:53 +0000</pubDate>
<dc:creator>pl</dc:creator>
<guid>http://ajhl.wordpress.com/2007/12/24/sarkosy-la-laicite-et-lidentite-nationale/</guid>
<description><![CDATA[Le discours prononcé par Sarkozy lors de son voyage au Vatican marque clairement une rupture avec l]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>Le discours prononcé par Sarkozy lors de son voyage au Vatican marque clairement une rupture avec la conception de la laïcité défendue par les chefs d'Etat français  dans la dernière génération.</p>
<p>Ceci pour une double raison: d'abord parce que la référence au christianisme comme source fondamentale de l'identité française constitue un virage  par rapport au souci constant des responsables politiques français de distinguer  d'une part,l'identité politique et citoyenne des Français, qui ne découle pas de la religion, mais au contraire de la lutte pour échapper au pouvoir politique de l'Eglise, et renforcer la séparation du politique et du religieux, et d'autre part, l'identité culturelle, qui elle, est bien liée  partiellement, aux valeurs religieuses et à l'imprégnation des mentalités par la référence fondamentale au christianisme.</p>
<p>Giscard d'Estaing et Chirac, dont on ne peut contester l'appartenance au monde chrétien , ont pourtant bataillé pour éviter  la référence au christianisme dans les textes constitutionnels de l'Europe. La laïcité est au contraire, dans sa dimension d'exclusion du religieux du champ politique, une dimension fondamentale de l'identité française, qui d'ailleurs la différencie en effet de la plupart des Etats européens.</p>
<p>Mitterrand, lui, qui avait relancé la guerre scolaire dans sa tentative  d'attaque contre le secteur privé de l'enseignement, avait aiguisé le conflit en prenant le parti d'une accentuation de la lutte contre l'influence éducative de l'Eglise, rompant l'équilibre institué depuis des décennies.</p>
<p>Le deuxième point qui introduit une rupture importante, c'est le parti pris appuyé de défense de la religion évoquée comme une source  indispensable de moralité et opposée  à l'athéisme, décrit comme un système de croyance instable, menacé par les idéologies  et donc présentant un danger de "fanatisme", ce qui ne manque pas de sel quand on voit la façon dont tous les intégrismes nourrissent les forces de haine et de violence les plus puissantes de l'époque. L 'Etat, s'il considère que la religion est un élément primordial de la société qui doit être soutenu, ne la considère plus comme un élément de la vie privée de chaque citoyen, une affaire de conscience personnelle, mais comme un élément d'une stratégie éducative qu'il doit promouvoir.</p>
<p>Il est peu probable  que Sarkozy veuille rallumer la guerre de la laïcité, et que des mesures mettant gravement en danger la laïcité soient prises, mais c'est clairement un nouvel état d'esprit qui se met en place. Rétrospectivement, on comprend encore mieux la mise en place du conseil des institutions musulmanes. On retrouve une conception bonapartiste, qui pense que la religion est  un moyen de stabilisation et de contrôle des populations qui  justifie de déléguer une partie de l'encadrement à l'appareil des religions.</p>
<p>Dire que "les racines de la France sont essentiellement chrétiennes" est à la fois vrai et faux. Car le  christianisme a été effectivement le fond de la pensée collective française pendant des siècles, mais  toute la culture française ne s'y réduit pas. Le fond celte préchrétien, l'influence énorme de la culture gréco-latine, le rôle décisif des lumières, et surtout, toute la modernité qui s'est développée hors de la religion,le faible rôle de  cette religion dans la production artistique et culturelle contemporaine, font que rabattre l'identité française sur son passé religieux exprime en fait un choix et non un constat objectif.</p>
<p>En fait, on a le sentiment que le fond de la pensée de Sarkozy, c'est que dans l'époque de perte des repères et des valeurs que nous vivons, seule la religion a le pouvoir de structurer les individus et les rapports sociaux, en tout cas beaucoup plus que l'athéisme, décrit comme ouvert à toutes les dérives . Or, c'est justement ce qui se produit de moins en moins: la religion est de moins en moins structurante pour les individus, et fonctionne de plus en plus comme une nébuleuse de croyances vagues, ou chacun fait son marché, et qui n'assure plus la cohésion intérieure ni collective des individus.Dans le combat pour le maintien des valeurs de la civilisation occidentale,  la position qu'il prend se ramène pratiquement à un appel à une sorte de "réarmement moral" qu'il lance -on se rappelle de l'usage de ce terme dans la lutte contre le communisme, à l'époque de la guerre froide-.</p>
<p>Ceci est inquiétant quand on fait le parallèle avec l'idéologie des chrétiens d'extrême droite aux USA, et leur conviction totale d'être les seuls détenteurs des valeurs morales, avec les lectures délirantes qu'ils font du monde moderne, et les conclusions politiques qui en découlent.</p>
<p>La laïcité n'est ni "le combat contre toutes les religions", ni  "le respect de toutes les religions", elle est la séparation du domaine politique et du domaine du religieux, considéré comme étant du ressort de la vie privée de chacun. C'est cette atténuation de la limite entre vie privée et vie publique qui est porteuse de dangers pour la démocratie. Dans son idée, du temps ou il était ministre de l'Intérieur, de modifier la loi de 1905 qui dispose que "la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte", il y avait déjà en germe la contestation de ce principe fondamental de la démocratie française.</p>
<p>Refuser de donner un pouvoir à l'Eglise n'est en rien "ignorer l'héritage  éthique, spirituel, religieux de son histoire ", "commettre un crime contre ce mélange d'histoire, de patrimoine, d'art et de traditions populaires qui imprègnent si profondément notre manière de vivre et de penser". Inversement, reconnaitre cet héritage n'implique nullement de donner aux Eglises les moyens d'établir et de renforcer actuellement leur influence sur une population dont 10 % seulement se déclarent pratiquants réguliers et près d'un quart incroyants.</p>
<p>Les sourires remplis de satisfaction des hiérarques de l'Eglise qui ont entendu le discours de Sarkozy montrent qu'ils apprécient à sa juste valeur le soutien que leur apporte ce nouveau compagnon de route. L'actualité récente, avec la conversion de  Tony Blair au catholicisme, montre que un homme politique peut à la fois avoir des convictions religieuses fortes et ne pas les traduire par une subordination de son action au soutien actif à une Eglise.</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Témoins oculaires]]></title>
<link>http://glutinumundi.wordpress.com/2007/11/14/temoins-oculaires/</link>
<pubDate>Wed, 14 Nov 2007 15:49:42 +0000</pubDate>
<dc:creator>Jonathan Thunin</dc:creator>
<guid>http://glutinumundi.wordpress.com/2007/11/14/temoins-oculaires/</guid>
<description><![CDATA[Il est une chose dans les historiens sont friands : les impressions reportées dans le secret des c]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size:10pt;line-height:150%;font-family:Verdana;">Il est une chose dans les historiens sont friands : les impressions reportées dans le secret des carnets intimes des « témoins oculaires de l’époque ». Jouons le jeu ; écrivons ensemble une page de notre carnet intime en ce jour ordinaire du début d’automne, un jour comme un autre, où tout nous semble quelque peu insignifiant… Mais qu’en diront les historiens de demain lorsqu’ils liront nos impressions vaguement blasées ?</span><span style="font-size:10pt;line-height:150%;font-family:Verdana;"> </span></p>
<p style="line-height:150%;text-align:justify;margin:0;" class="MsoNormal"><em><span style="font-size:10pt;line-height:150%;font-family:Verdana;"></span></em></p>
<p><em><span style="font-size:10pt;line-height:150%;font-family:Verdana;">Matin. Je prends le métro à Boulingrin. Sur la place du marché, petit attroupement. C’est un show, des motos tournent en rond dans un enclos – c’est la police nationale. A cheval sur leurs bécanes, ils font des figurent, font les acrobates, amusent les enfants. La police, c’est sympa. Belle proximité. Peut-être vont-ils faire naître des vocations précoces ? Il y en a besoin.</span></em><em><span style="font-size:10pt;line-height:150%;font-family:Verdana;"> </span></em></p>
<p style="line-height:150%;text-align:justify;margin:0;" class="MsoNormal"><em><span style="font-size:10pt;line-height:150%;font-family:Verdana;"></span></em></p>
<p><em><span style="font-size:10pt;line-height:150%;font-family:Verdana;">Rive gauche, Saint-Sever, midi. J’y retrouve des amis journalistes qui la veille étaient dépêchés à Mont-Saint-Aignan pour couvrir un événement plutôt anecdotique : la municipalité devient propriétaire du golfe, le golfe devient un bien public. En ces jours où les sceptiques parlent de libéralisation, démission de l’Etat de ses attributions traditionnelles, empiètement du privé sur le public, partenariats public-privé… on dirait qu’ils oublient de faire bonne mesure ! Un golfe, bien commun des citoyens, c’est quelque chose tout de même !</span></em><em><span style="font-size:10pt;line-height:150%;font-family:Verdana;"> </span></em></p>
<p style="line-height:150%;text-align:justify;margin:0;" class="MsoNormal"><em><span style="font-size:10pt;line-height:150%;font-family:Verdana;"></span></em></p>
<p><em><span style="font-size:10pt;line-height:150%;font-family:Verdana;">Hauts-de-Rouen, l’après-midi. Discussion avec un collègue, Jean-Marc. Là, il s’énervent sur « les Français ». Il veut dire : ceux qui ne sont pas noirs. Jean-Marc, né à Paris de parents guadeloupéens, raconte qu’il ne se sent plus chez lui nulle part ; il se sent moins français que des Européens venus de l’Est par exemple, qui ne sont pourtant pas du tout français. Drôle d’impression, qui me laisse perplexe.</span></em><em><span style="font-size:10pt;line-height:150%;font-family:Verdana;"> </span></em></p>
<p style="line-height:150%;text-align:justify;margin:0;" class="MsoNormal"><em><span style="font-size:10pt;line-height:150%;font-family:Verdana;"></span></em></p>
<p><em><span style="font-size:10pt;line-height:150%;font-family:Verdana;">Quartier de la Croix-de-Pierre. La rue, la nuit. Un type bourré titube en chantant. Puisant au plus profond de son inspiration vacillante, il ne trouve rien de mieux qu’une Marseillaise déglinguée. Chagrin d’amour, fierté nationale ?</span></em><span style="font-size:10pt;line-height:150%;font-family:Verdana;"> </span></p>
<p style="line-height:150%;text-align:justify;margin:0;" class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;line-height:150%;font-family:Verdana;"></span></p>
<p><span style="font-size:10pt;line-height:150%;font-family:Verdana;">Voilà ces quatre moments inoffensifs récoltés dans une journée banale. Mais la banalité est-elle jamais sans effet ? Car ce n’est qu’un début : <em>five more years…</em> Et à la longue, ça fait quand même 4 x 365 jours x 5 = 7 300 occurrences, de quoi lentement transformer les cerveaux trompés par « l’innocence » de ces moments. Alors reste plus, chers collègues témoins oculaires, qu’à ouvrir les oreilles, sur HDR.</span></p>
<p><span style="font-size:10pt;line-height:150%;font-family:Verdana;"></span></p>
<p><span style="font-size:10pt;line-height:150%;font-family:Verdana;"><em>(première moitié de novembre)</em> </span></p>
<p><span style="font-size:10pt;line-height:150%;font-family:Verdana;"></span></p>
]]></content:encoded>
</item>

</channel>
</rss>
