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	<title>jardin-depicure &amp;laquo; WordPress.com Tag Feed</title>
	<link>http://wordpress.com/tag/jardin-depicure/</link>
	<description>Feed of posts on WordPress.com tagged "jardin-depicure"</description>
	<pubDate>Wed, 08 Oct 2008 11:39:32 +0000</pubDate>

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	<language>en</language>

<item>
<title><![CDATA[Tout le monde à poil]]></title>
<link>http://jardinons.wordpress.com/?p=159</link>
<pubDate>Thu, 24 Jul 2008 20:55:56 +0000</pubDate>
<dc:creator>karmai</dc:creator>
<guid>http://jardinons.fr.wordpress.com/2008/07/24/tout-le-monde-a-poil/</guid>
<description><![CDATA[L&#8217;inévitable déclin du pétrole, collectivement refoulé comme jadis l&#8217;idée que la Te]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;">L'<a href="http://jardinons.wordpress.com/2008/03/30/la-faim-du-petrole/">inévitable déclin du pétrole</a>, collectivement refoulé comme jadis l'idée que la Terre n'est pas le centre de l'univers, pose sur notre civilisation qui ignore les limites un spectre de récession effrayant qu'il est plutôt bon d'ignorer pour éviter l'ulcère ou de sombrer dans le pessimisme. Cette transition vers un monde plus frugale en énergie, qu'elle soit douloureuse ou pas, impose la remise en cause radicale du productivisme industriel dont le fluide vital est le sang noir de la terre. Devrions nous retourner à nos racines et redécouvrir les joies des chasseurs-cueilleurs? Voyage au cœur de l'Anarcho-primitivisme...</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://jardinons.files.wordpress.com/2008/07/indigenous_couple-david-de-rotschild.jpg"><img class="size-full wp-image-170 aligncenter" src="http://jardinons.wordpress.com/files/2008/07/indigenous_couple-david-de-rotschild.jpg" alt="" width="333" height="419" /></a></p>
<p style="text-align:center;">Couple équatorien -David De Rothschild<a href="http://jardinons.files.wordpress.com/2008/07/indigenous_couple-david-de-rotschild.jpg"><br />
</a></p>
<h3><span style="color:#000000;">Avez vous lu Mein Kampf?</span></h3>
<p style="text-align:justify;">De la même manière que dès les années 30, un Homme qui aurait lu consciencieusement <em>Mein Kampf</em> <a href="http://www.dailymotion.com/related/8994353/video/x5ccm6_adolf-hitler-livre-mein-kampf-et-gu_news">aurait pu prévoir les grandes lignes</a> des atrocités à venir, ou qu'un analyste un peu averti de la géopolitique peut <a href="http://www.dailymotion.com/related/8994353/video/x5ccm6_adolf-hitler-livre-mein-kampf-et-gu_news">facilement cerner la politique impérialiste américaine</a> dans le moyen-Orient riche en pétrole, il ne fait pas de doute non plus que si l'on continue <a href="http://www.youtube.com/watch?v=F-QA2rkpBSY">sur la même logique</a>, le dogme criminel de la croissance infinie mènera le monde vers des désastres dont on aperçois dès aujourd'hui les ombres. La lutte pour s'accaparer les ressources énergétiques majeures (Pétrole et Gaz) auxquelles notre civilisation est dépendante prendra alors des dimensions qui dépasseront le cadre local d'une guerre d'Afghanistan ou d'Irak. Ce sera aussi le temps, comme on peut déjà l'observer aux Etats-unis, ou pour garantir sa sécurité, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Patriot_Act">on cédera alors sa liberté de citoyen</a>.</p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;"><em>"Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité de mérite ni l'une ni l'autre, et finit par perdre les deux"</em></p>
<p style="text-align:right;">Thomas Jefferson</p>
</blockquote>
<h3><span style="color:#000000;">Hypocrite bactérie, mon semblable, mon frère!</span></h3>
<p style="text-align:justify;">En l'absence d'un changement volontaire de paradigme civilisationel en direction d'une autre anthropologie, nous irons jusqu'à ce que les limites de la nature régulent notre boulimie de ressources. En effet, la civilisation libérale dans laquelle nous vivons a battit son empire sur l'idée que l'on devait supposer l'homme égoïste, puis individualiste, calculateur et enfin consommateur ou producteur rationnel.  De la même façon que l'empire romain était basé sur une anthropologie qui rendait possible le système de l'esclavage comme source de prospérité, la logique de l'intérêt égoïste - supposée garantir le bien être collectif - est le moteur puissant de création de richesses mesurables de notre ère.</p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;"><em>"Ce n’est pas de la bienveillance du boucher, du marchand de bière et du boulanger que nous attendons notre dîner, mais bien du soin qu’ils apportent à leurs intérêts. Nous ne nous adressons pas à leur humanité, mais à leur égoïsme ; et ce n’est jamais de nos besoins que nous leur parlons, c’est toujours de leur avantage"</em></p>
<p style="text-align:right;">Adam Smith - <em>Recherche sur la nature et l’origine de la richesse des Nations</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align:justify;">Malheureusement, création de richesses signifie également destruction de ressources non renouvelables. Le rythme exponentiel que nous imposons à cette création/destruction imposera <a href="http://jardinons.wordpress.com/2008/01/24/le-sentiment-de-la-mesure-hybrisme-et-panmetronisme/">une nemesis à la juste mesure (pan metron) de l'hybris</a>. Il est fort à parié que cela se traduira par un retour à un niveau de population plus faible.</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://jardinons.files.wordpress.com/2008/08/anandatandava.jpg"><img class="size-full wp-image-175 aligncenter" src="http://jardinons.wordpress.com/files/2008/08/anandatandava.jpg" alt="" width="333" height="500" /></a></p>
<p style="text-align:center;"><em>Anandatandava - La danse cosmique de destruction/création de Shiva</em></p>
<p style="text-align:justify;">Vouloir s'opposer à cette logique c'est concevoir un autre homme. Il faut oser nous imaginer autrement que comme des bactéries dont le seul but apparent serait de maximiser l'utilisation des ressources pour croitre. Rappelons que l'expérience simple d'une poignée de ces confrères unicellulaires mis dans une boîte de pétri montre qu'<a href="http://jardinons.wordpress.com/2008/01/24/le-sentiment-de-la-mesure-hybrisme-et-panmetronisme/">un tel comportement mène directement à la catastrophe</a>. Serons-nous plus malin que des bactéries? Rien n'est moins sur.</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://jardinons.files.wordpress.com/2008/07/dali-geopoliticus-child-watching-the-birth-of-a-new-man.jpg"><img class="size-full wp-image-161 aligncenter" src="http://jardinons.wordpress.com/files/2008/07/dali-geopoliticus-child-watching-the-birth-of-a-new-man.jpg" alt="" width="499" height="432" /></a><em>Dali - La naissance de l'homme nouveau - 1943</em></p>
<p style="text-align:justify;">Sur ce terreau fertile de la remise en cause des fondements de notre civilisation pour éviter l'impasse qui se profile, les anarcho-primitivistes poussent la logique de la critique jusqu'à son terme. Critiquant toute forme de technique comme fondamentalement aliénante, il prônent un virage radical inspiré des sociétés égalitaires d'avant l'invention de l'agriculture où l'impact sur l'environnement était nul car un tel concept n'existait même pas.</p>
<h3><span style="color:#000000;">L'anthropologie nouvelle de l'homme des cavernes</span></h3>
<p style="text-align:justify;">Beaucoup de mouvements idéologiques ont idéalisés le doux sauvage, exempt des tares qui suinteraient mécaniquement de l'infectieuse cité, de la purulente nation ou de la civilisation faisandée. Rousseau fut un défenseur acharné d'une idée naturelle de l'homme qui serait au delà du bien et du mal (disons hors de la morale pour être exact). Notre société -n'étant pas forcément par nature vouée à corrompre- aurait toutefois raté son passage vers une société juste. Par ailleurs, certains récits enthousiastes de grands voyages d'exploration décrivent des terres lointaines aux peuplades bigarrées aux mœurs tranquilles, injustement taxé de sauvages.</p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;">"Pleurez, malheureux     Tahitiens! pleurez; mais que ce soit de l'arrivée, et non du départ de ces hommes     ambitieux et méchants: un jour, vous les connaîtrez mieux. Un jour, ils reviendront, le     morceau de bois que vous voyez attaché à la ceinture de celui-ci, dans une main, et le     fer qui pend au côté de celui-là, dans l'autre, vous enchaîner, vous égorger, ou vous     assujettir à leurs extravagances et à leurs vices; un jour vous servirez sous eux, aussi     corrompus, aussi vils, aussi malheureux qu'eux. Mais je me console; je touche à la fin de     ma carrière; et la calamité que je vous annonce, je ne la verrai point. O Tahitiens! mes     amis! vous auriez un moyen d'échapper à un funeste avenir; mais j'aimerais mieux mourir     que de vous en donner le conseil. Qu'ils s'éloignent, et qu'ils vivent."</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://jardinons.files.wordpress.com/2008/07/ya-bon.jpg"><img class="size-full wp-image-172 aligncenter" src="http://jardinons.wordpress.com/files/2008/07/ya-bon.jpg" alt="" width="305" height="320" /></a></p>
<p style="text-align:justify;">Puis s'adressant à Bougainville, il ajouta: "Et toi, chef des     brigands qui t'obéissent, écarte promptement ton vaisseau de notre rive: nous sommes     innocents, nous sommes heureux; et tu ne peux que nuire à notre bonheur. Nous suivons le     pur instinct de la nature; et tu as tenté d'effacer de nos âmes son caractère. Ici tout     est à tous; et tu nous as prêché je ne sais quelle distinction du tien et du mien.     Nos filles et nos femmes nous sont communes; tu as partagé ce privilège avec nous; et tu     es venu allumer en elles des fureurs inconnues. Elles sont devenues folles dans tes bras;     tu es devenu féroce entre les leurs. Elles ont commencé à se haïr; vous vous êtes     égorgés pour elles; et elles nous sont revenues teintes de votre sang. Nous sommes     libres; et voilà que tu as enfoui dans notre terre le titre de notre futur esclavage"</p>
<p style="text-align:right;">Diderot - <em>Supplément au voyage de Bougainville</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align:justify;">De même <a href="http://endehors.org/news/des-anarchistes-precurseurs-de-l-ecologie-les-naturiens">les naturiens</a>, un groupe d'anarchistes de Montmartre ont échappés à l'usine pour aller chercher la vie simple et supposée libre des îles exotiques ou des terres isolées. De même, des expériences seront faites pour tenter de retrouver l'état des chasseurs cueilleurs. La plupart de ces expériences visant à retrouver l'état de nature seront des échecs cuisants.</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://jardinons.files.wordpress.com/2008/08/neo-naturien.gif"><img class="size-full wp-image-176 aligncenter" src="http://jardinons.wordpress.com/files/2008/08/neo-naturien.gif" alt="" width="165" height="269" /></a><em>Le Néo-naturien - 1922</em></p>
<p style="text-align:justify;">Le représentant actuel et quelquepart l'héritié actuel de ces penseurs est John Zerzan, chef de file du mouvement anarcho-primitiviste.</p>
<h3><span style="color:#000000;">Grotte, douce grotte</span></h3>
<p style="text-align:justify;">La pensée de l'anarcho-primitivisme est essentielle à explorer car elle représente quelque part l'extrême absolu en terme d'écologie politique - si l'on exclu ceux qui prônent la disparition de l'être humain sur la terre (si, si, ça existe)-. Ce courant de pensé, profondément opposé aux structures hiérarchiques sources d'oppressions, prend comme modèle d'organisation les sociétés pré-industrielles qui auraient connues une organisation proche de l'idéal anarchiste. En effet, les premières sociétés humaines ne connaissaient pas de surplus agricole et donc ne pouvait pas entretenir de structure de classe complexe.</p>
<p style="text-align:center;">[dailymotion id=k5kripuXzlxAHBa7p7]</p>
<p style="text-align:center;">La belle verte - Coline Serreau</p>
<h3><span style="color:#000000;">L'agriculture fut aussi une régression</span></h3>
<p style="text-align:justify;">La naissance de l'agriculture est excessivement importante pour comprendre la logique des primitivistes. Il faut bien comprendre qu'il y a environ 10 000 ans, lorsque les hommes se sont progressivement tournés vers l'agriculture, ils ne l'ont probablement pas fait afin de répondre à un manque alimentaire. Comme le rappelle Jacques Cauvin, auteur du célèbre <em>naissance des divinités</em><em>, naissance de l'agriculture </em>[et pas l'inverse c'est important]<em>, </em>le contexte de sa naissance "n’est pas celui d’une paupérisation ou d’un épuisement des ressources exploitées jusqu’alors". L'agriculture ne permet donc pas la survie  <em>in extremis</em> d'une population mourant de faim, mais bien plus probablement un progrès quantitatif notable des ressources alimentaires et/ou une libération de temps passé à leurs récoltes.</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://jardinons.wordpress.com/files/2008/08/teosinte-et-mais.jpg"><img class="size-full wp-image-179 aligncenter" src="http://jardinons.wordpress.com/files/2008/08/teosinte-et-mais.jpg" alt="" width="314" height="399" /></a></p>
<p style="text-align:center;"><em>Teosinte (a gauche) l'ancêtre sauvage du Maïs (à droite)</em></p>
<p style="text-align:justify;">Le surplus, qu'il soit sous forme de temps ou de nourriture, crée donc la condition de possibilité d'une collectivité humaine basée sur des statut différents. C'est la naissance des classes. En effet, si l'on en croit Cauvin, la naissance des divinités à rendu possible l'agriculture par un changement culturel progressif dans le rapport des hommes vis à vis de leur environnement. La domination et l'accaparement du surplus dégagé par l'agriculture (temps et nourriture) sont donc intimement liés au magique. Ceux qui peuvent prétendre posséder les clefs de cet imaginaire mystique ont en retour l'avantage de bénéficier d'une partie notable du surplus dégagé. Ils pouvaient ainsi de moins en moins s'investir dans l'activité nourricière et disposer du temps pour assurer la cosmogonie, supposée garante de l'équilibre et de la sécurité du groupe. Il est a noté que cette domination n'est pas forcément entièrement parasitaire. Lorsque le religieux joue un rôle majeur dans l'organisation agraire comme cela fut le cas dans les sociétés dites "despotisme orientale" [Empire Inca, Egypte pharaonique, Empire Khmer...].</p>
<p style="text-align:justify;">La conclusion est donc simple, pour éradiquer la domination, la hiérarchie et l'autorité, il faut couper ce qui les nourris, à savoir le surplus.</p>
<h3><span style="color:#000000;">L'écofascisme</span></h3>
<p style="text-align:justify;">Le retour à une vie plus simple, où nous ne serions pas dépendant d'une longue activité (ce que nous appelons aujourd'hui travail) pour satisfaire le corps de ses besoins naturels, où le temps dédié au relationnel, au jeu et à la création serait plus vaste est un horizon que beaucoup de gens pourraient appelé de leur vœux. Le seul élément vraiment concret pour s'opposer à cette vision est la condition de possibilité de ce retour. Ce changement de civilisation est tout à fait possible mais il requiert une politique fasciste sans précédent, la mort de 99% de la population mondiale.</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://jardinons.files.wordpress.com/2008/08/176px-green_and_black_flagsvg.png"><img class="size-full wp-image-180 aligncenter" src="http://jardinons.wordpress.com/files/2008/08/176px-green_and_black_flagsvg.png" alt="" width="176" height="117" /></a><em>Symbole de l'Anarcho-primitivisme</em></p>
<p style="text-align:justify;">Tout le courant politique de l'Anarcho-primitivisme, qui dispose de ma profonde sympathie sur son analyse du système technicien, de la critique de l'autorité et des analyses d'écologie politique réchigne fortement à accepter le prix de la mise en œuvre de leur politique.</p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;">Je ne pense pas qu'ils réalisent qu'ils appellent à un génocide de masse de millions de gens du fait de la façon dont la société est aujourd'hui structurée et organisée, la vie urbaine et autres. Eliminer ces structures, tout le monde meurt. Par exemple, je ne peux pas faire pousser ma nourriture. C'est une belle idée, mais ça ne marchera pas, pas dans ce monde. Et en fait, aucune de nous ne veux vivre comme un chasseur-cueilleur. Il y a trop de choses offertes par le monde moderne. Pour le dire crument, ils appelent au pire génocide de masse de toute l'histoire de l'humanité. Et à part si quelqu'un à penser dans ces termes, ce n'est pas vraiment sérieux.</p>
<p style="text-align:right;"><em>Noam Chomsky</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align:left;">John Zerzan aura beau faire <a href="http://www.insurgentdesire.org.uk/agriculture.htm">de très belles analyses</a> de la société marchande, productiviste, aliéné au travail, de la destruction de la biosphère, son projet politique reste pour moi le premier éco-fascisme que j'aurais identifié. Seul Ted Kaczynski, autrement appelé <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Unabomber">Una-Bomber</a>, terroriste anarcho-primitiviste inspiré par la critique technicienne de Jacques Ellul, admet crument ce simple constat.</p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;">Quand les choses s’effondreront il y aura de la violence, et cela soulève une question, je ne sais pas si je la qualifierai d’éthique, mais je veux dire pour ceux qui comprennent qu’il faut abolir le système techno-industriel, que si vous travaillez pour son effondrement vous tuerez effectivement beaucoup de gens. Si ce système s’effondre, il y aura un désordre social, il y aura de l’inanition, il n’y aura plus de pièces de rechange ni de combustible ni d’outillage agricole, il n’y aura plus de pesticide ni d’engrais dont l’agriculture moderne dépend. Donc, il n’y aura pas assez de nourriture pour tout le monde, et qu’est-ce qui va arriver alors? C’est là un problème que, dans tout ce que j’ai lu, je n’ai jamais vu aucun radical admettre.</p>
<p style="text-align:right;"><em>Ted Kaczynski</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align:justify;">La vraie conclusion et le véritable intérêt de ce courant de penser, en dehors des analyses parfois très intéressantes, est la problématique de la population. Il n'est pas délirant de poser la question de la limite de la population, voir même d'une politique de décroissance de la population. En effet, la pression écologique que nous faisons subir à la planète est directement corrélé avec le nombre de télé-encépahles hautements développés. Suite du programme à partir de mon ami, certes mort, Malthus pour qui au banquet de la nature, tout le monde ne devait pas être invité...Bon appétit quand même.</p>
<p style="text-align:justify;">
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Travailler moins pour vivre mieux (3)]]></title>
<link>http://jardinons.wordpress.com/?p=130</link>
<pubDate>Sat, 14 Jun 2008 23:11:24 +0000</pubDate>
<dc:creator>karmai</dc:creator>
<guid>http://jardinons.fr.wordpress.com/2008/06/14/travailler-moins-pour-vivre-mieux-3/</guid>
<description><![CDATA[
Pierre Desproges - Théatre Grévin 1986
L&#8217;humilité dans le comportement revendicatif des pa]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>[audio=http://dogmatique.free.fr/fichiersblog/Freres-riches.mp3]</p>
<p><em>Pierre Desproges - Théatre Grévin 1986</em></p>
<p style="text-align:justify;">L'humilité dans le comportement revendicatif des pauvres a probablement empêché d'exiger ce que tout le monde aspire confusément, être riche comme Crésus! Or, par une curiosité syndicale inexplicable, ce type d'objectif n'est jamais exprimé clairement. Derrière ce rêve d'opulence se cache une réalité plus simple, faire comme les riches, ne pas travailler. Voilà un vrai objectif social, cohérent et constructif, fédérateur et enthousiasmant. Seulement pour cela, il faut que notre droit à vivre dans la dignité ne soit pas directement lié à l'obtention d'un revenu. Décroissance et revenu universel en seront les deux mamelles nourricières. Ceux qui rêvent encore de liberté feraient bien de lire cet article jusqu'au bout.</p>
<h3><span style="color:#000000;">L'argent c'est du temps</span></h3>
<p style="text-align:justify;">Il est tout à fait étrange que l'on dise "le temps c'est de l'argent" au lieu de l'inverse. Quand j'examine avec attention ma propre vie, je me rend compte que ce qui a le plus de valeur c'est le temps, d'autant plus que l'argent, pour en faire quelque chose demande du temps. Il etait temps de s'en rendre compte.</p>
<p style="text-align:justify;">[audio=http://dogmatique.free.fr/fichiersblog/Avez-vous-le-temps.mp3]</p>
<p style="text-align:justify;"><em>Avez-vous le temps? - Héléna Nahmias pour l'emission Là-bas si j'y suis (extraits)</em></p>
<p style="text-align:justify;">La voiture , le symbole de liberté de notre civilisation thermo-industrielle est à l'image de notre société qui n'arrive plus à transformer des gains de productivité en bien-être. Sachant qu'un animal à quatre roues coute 5000 euros par an, <strong>pour un maître moyen, se séparer de ce gentil compagnon lui permettrait de ne pas travailler pendant trois mois entier! </strong>Pour les petits patapons qui me répondrait que tout de même une voiture ca va quand meme beaucoup plus vite, je les renvoie aux calculs d'Ivan Illich dans les années 70 montrant qu'en ville <a href="http://carfree.free.fr/index.php/2007/12/12/ivan-illich-contre-le-systeme-automobile/">une voiture ne se déplace pas plus vite qu'un vélo</a>!</p>
<p style="text-align:center;">[dailymotion id=x3pxca]</p>
<p style="text-align:center;">L'an 01 - Repenser notre rapport aux choses</p>
<p style="text-align:justify;">Pour ceux qui ne sont pas pauvres (société de frustration), la société de surconsommation permet de sauver une quantité de temps incroyable. Pour cela, pas de tête à couper, mais simplement changer la sienne de l'intérieur. <strong>Chaque moindre consommation est du temps de travail libéré</strong>. Posez vous dès lors cette simple question avant un achat : Est-ce que j'en ai vraiment besoin, est-ce que je ne préférerais pas moins travailler à la place?</p>
<h3><span style="color:#000000;">L'effet Rebond et petits patapons</span></h3>
<p style="text-align:justify;">L'<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Effet_rebond_%28%C3%A9conomie%29">effet rebond</a> est la menace de l'apprenti décroissant. Tapie sournoisement derrière chaque  faux-besoins évité, l'économie monétaire ouvre des perspectives d'achats nouvelles. Si moins faire cracher le portefeuille n'est qu'un moyen d'accéder à une autre consommation, cela ne résout absolument pas le problème. Par exemple, rendre les voitures moins polluantes ne change rien à l'affaire de la déstabilisation climatique puisqu'il y a toujours plus de voitures! Donc, pour tous les petits patapons qui voudrait moins travailler, il faut s'assurer qu'une moindre consommation soit changé en temps libéré et non transformé dans un autre désir d'achat à satisfaire. Pas facile toutefois, donc prudence! Pour les chanceux qui peuvent se le permettre, une réduction progressive du temps de travail est l'idéal.</p>
<h3><span style="color:#000000;">Du temps pour quoi faire?</span></h3>
<p style="text-align:justify;">Une légende urbaine facile à lancer: les gagnants du Loto ne sont pas plus heureux qu'avant. Comme le disait Oscar Wilde "il y a deux drames dans la vie, celui de ne pas obtenir ce que l'on désire et celui de l'obtenir". Etre délivré de la contrainte du travail ne résout pas le problème du sens que l'on donne à ce temps disponible. Il y a donc un réapprentissage à faire pour nous investir de nouveau les sphères non marchandes qui sont, <em>bizarrement</em>, celle qui nous rendent le plus souvent heureux, l'engagement dans la vie locale, la famille, la politique au sens noble du terme, les arts, le jardinage, les sports...Je suis sur que vous avez des tonnes d'idées sur ce que vous pourriez faire de votre temps <strong>libre.</strong></p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://jardinons.files.wordpress.com/2008/06/bannereglande.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-131 aligncenter" src="http://jardinons.wordpress.com/files/2008/06/bannereglande.jpg" alt="" width="150" height="180" /></a></p>
<h3><span style="color:#000000;">Travail ou crève salaud de pauvre!</span></h3>
<p style="text-align:justify;">"Les gens sont ainsi fait qu'ils préfèrent être pauvres plutôt que mourir faute d'être riche". Ils deviennent ainsi des boulets pour la société. Sans travail, ces parasites ponctionnent aux mamelles des honnêtes travailleurs le précieux suc vital, rendant ainsi possible leur inactivité crasse. Bien heureusement, les gens se réveillent et n'acceptent plus cette situation et radient les gens des listes des bénéficiaires de ce gaspillage éhonté.</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://jardinons.files.wordpress.com/2008/06/pauvres2.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-132 aligncenter" src="http://jardinons.wordpress.com/files/2008/06/pauvres2.jpg" alt="" width="500" height="202" /></a></p>
<p style="text-align:justify;">Toutefois, ces derniers temps, j'ose considérer cette drôlerie que de belles âmes philosophiques (donc non productives mais je leur pardonne) ont rêvées dans leurs divagations stériles d'intellectuels oisifs : la dignité. Figurés vous que ces olibrius ont imaginé une sorte de droit a l'existence qui regroupe un socle  large de services que la société devrait offrir a chaque individu du simple fait d'être un <em>homo sapiens sapiens.</em> Quelque chose serait dû à l'être humain du seul fait qu'il est humain selon Paul Ricoeur...ne pas être considéré comme une sangsue inutile et improductive pourrait-il en faire parti?</p>
<h3><span style="color:#000000;">Soyez réalistes, exigez l'impossible</span></h3>
<p style="text-align:justify;">Pour que les chômeurs existent enfin, car en fin de compte ils ne peuvent pas inventer du travail, et pour que les boulots de merde soient enfin payé à la hauteur de leur pénibilité, <strong>il faut donc que chacun reçoive un revenu permettant l'existence sociale dans la dignité que l'on travaille ou que l'on ne travaille pas</strong>. Rien à inventer, car l'allocation universelle a déjà été très bien théorisé et est tout à fait applicable. Dans la vidéo suivant, Loïc Wacquant comment elle est la solution à un marché du travail qui n'est plus (encore moins) au service des travailleurs.</p>
<p style="text-align:center;">[dailymotion id=x8a00&#38;v3]</p>
<p style="text-align:center;"><em>Loïc Wacquant - Travail, précarité et allocation universelle</em></p>
<p style="text-align:justify;">Cette déconnection du travail et du revenu permet de dissocier les différentes formes de travail. Hannah Arendt, dans son livre Condition de l'homme moderne, nous montre les différentes formes d'activités qui se confondent parfois dans le travail. Il faut en effet dissocier <strong>le travail </strong>qui assure notre survie biologique, <strong>l'oeuvre</strong> qui est la création d'éléments non naturels qui dépassent la condition individuelle et enfin <strong>l'action</strong> qui met en relation les hommes, sans l'intermédiaire des objets ni de la matière.</p>
<p style="text-align:justify;">Pour parler plus clairement, ce revenu assurerait ce que <em>le travail</em> devrait nous fournir à chacun, laissant la place à <strong>l'œuvre</strong> et <strong>l'action. </strong>Cela aurait comme conséquence par exemple, qu'un chômeur serait tout à fait actif car il aurait sa condition de survie assurée et se consacrerait à d'autres activités de vie.</p>
<p style="text-align:justify;">Une société de décroissance, qu'elle soit provoquée par <a href="http://jardinons.wordpress.com/2008/03/30/la-faim-du-petrole/">le déclin du pétrole</a> ou décidée collectivement afin de s'orienter vers un mode de vie soutenable pour la planète, ne vise pas d'autres choses que de substituer du temps de travail contre du temps d'action, peu gourmand en consommation matériel et donc peu consommateur de ressources. S'occuper de ses enfants plutôt que d'acheter des DVDs, s'occuper de ses voisin plutôt que d'aller passer des vacances au Maroc, s'occuper de la vie de son quartier plutôt que de faire du lèche-vitrine. D'<a href="http://video.google.com/videoplay?docid=7999035285366730032&#38;q=yves+cochet&#38;ei=6DJUSKz9FZvk2gLBtvj3Dg">une catastrophe énergétique annoncée</a>, nous pourrions en faire un outil pour créer du lien social et de la construction d'une société plus juste, plus heureuse et conviviale.</p>
<h3><span style="color:#000000;">Et les Jardins dans tout ca?</span></h3>
<p style="text-align:justify;">La question est légitime pour les acharnés qui seraient arrivés au bout de ces trois articles. J'ai essayé de montrer que le progrès de l'humanité doit passer par un changement de représentation mental sur le travail. <strong>Le travail doit devenir quelque chose à minimiser jusqu'à l'essentiel</strong>. Bien sur, le grand nombre de demandeurs d'emploi et notre absence d'allocation universelle, nous empêche de viser un tel but car il serait cruel de promouvoir moins de travail et donc plus de gens au chômage lorsque l'on connait la détresse sociale qui en découle.</p>
<p style="text-align:justify;">Il existe à ce titre, une façon de faire de l'agriculture qui prend en compte ce type nouveau de considération. La méthode de Masanobu Fukuoka, <a href="http://jardinons.wordpress.com/2008/05/07/la-revolution-du-brin-de-paille/">que j'ai déjà présentée</a>, en est un bon exemple. La nature dispose d'un mouvement puissant et de cycles qui lui sont propres. L'agriculture occidentale fait largement l'impasse sur une telle approche de l'environnement et de cette incompréhension, en récolte péniblement les fruits . En guerre contre la nature qu'il doit dominer et rationaliser, l'agriculteur et la société occidentale dépensent une énergie folle à lutter contre des cycles presque immuables ou à remplacer des services rendus gratuitement par la nature. C'est ainsi que l'on pulvérise des pesticides en grande quantité sur des cultures mono-spécifiques (ie une seule espèce) qui sont donc très exposées aux risques sanitaires, ou encore que l'on préfère asperger des fertilisants là où avant, la formation de l'humus rendait le mêmes service. Une approche minimisant l'apport énergétique, qu'il soit en travail ou en énergie fossile, est l'avenir d'une société de l'après-pétrole ou de décroissance. Par conséquent, l'agriculture doit suivre le même chemin, et accepter les inclinaisons de la nature comme une limite et une force puissante à accompagner comme un allié libérateur de l'homme.</p>
<p style="text-align:justify;">
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[La révolution d'un seul brin de paille]]></title>
<link>http://jardinons.wordpress.com/?p=30</link>
<pubDate>Wed, 07 May 2008 22:34:55 +0000</pubDate>
<dc:creator>karmai</dc:creator>
<guid>http://jardinons.fr.wordpress.com/2008/05/07/la-revolution-du-brin-de-paille/</guid>
<description><![CDATA[Depuis des années, essai après essai, erreur après erreur, un agriculteur Japonnais, Masanobu Fuk]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;">Depuis des années, essai après essai, erreur après erreur, un agriculteur Japonnais, Masanobu Fukuoka, a développé une approche faite de simplicité, une agriculture à contre courant du modèle occidental. Comme toutes les idées simples mais révolutionnaires, elle surprend par sa banalité et étonne par ses innombrables retombées. Laisser la nature nous nourrir et intervenir le moins possible. Pas de labour, aucun produit chimique, pas de désherbage. Planter lorsque les plantes égrainent naturellement, laisser les plantes sauvages à leur place, enrichir le sol avec des légumineuses, quelques animaux et de la paille. Rien de bien impressionnant à première vue, pourtant vous en entendrez reparlez, croyez moi. Quand cela? Attendez la dernière goutte de pétrole!</p>
<h3 style="text-align:left;"><span style="color:#000000;">Le jardinier philosophe</span></h3>
<p style="text-align:justify;">L'ouvrage majeur de Masanobu Fukuoka, c'est <em>La révolution du brin de paille</em>, un livre agro-philosophique publié dans les années soixante-dix. Ce qu'il nous enseigne n'est pas autre chose que ce que Cornelius Castoriadis (sans probablement l'avoir pensé dans ces termes) appelait de ses vœux lorsqu'il disait qu'il fallait cultiver la planète pour elle-même et que nous devrions en être les jardiniers. L'agriculteur nippon, a cherché pendant des dizaines d'années à simplifier son travail, à se demander à chaque action si cela était nécessaire. Pratiquant un doute agronomique systématique, il en a gardé un ensemble de pratiques, très limitées en nombre, mais diablement efficaces. Il atteint aujourd'hui avec son agriculture "naturelle" des rendements identiques à ceux de ces voisins qui pratiquent l'agriculture conventionnelle dans la préfecture d'Ehime au nord-ouest de l'île de Shikoku.</p>
<h3 style="text-align:left;"><span style="color:#000000;">Le riz et l'île de Shikoku</span></h3>
<p style="text-align:center;"><a href="http://jardinons.files.wordpress.com/2008/04/relief-du-japon.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-104 aligncenter" src="http://jardinons.wordpress.com/files/2008/04/relief-du-japon.jpg" alt="" width="427" height="515" /></a></p>
<p style="text-align:center;"><em>Relief du Japon</em><a href="http://jardinons.files.wordpress.com/2008/04/relief-du-japon.jpg"><br />
</a></p>
<p style="text-align:justify;">L'île de Shikoku, la plus petite des quatre îles principales du Japon ne manque pas de diversité. Le relief de moyenne montagne culminant à presque 2000 mètres sépare la frange côtière donnant sur le pacifique de celle donnant sur la péninsule de Sadamisaki. D'un coté, l'ouverture vers l'océan, les typhons et <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Pr%C3%A9cipitation">les pluies orographiques</a> entrainent un climat subtropical qui se caractérise par plus de 3000 mm de pluie par an. (A titre de comparaison la forêt dense <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Persistant">sempervirente</a> de l'Amazonie reçoit un peu plus de 2000 mm par an). De l'autre côté, sur la frange côtière au nord ouest de l'île, faisant face à l'île d'Honshū, le climat est bien différent. En effet, les pluies ayant lieu de l'autre coté de la crête, c'est un climat plus doux et moins pluvieux, de l'ordre de 1000 mm de pluie par an que notre agriculteur philosophe reçoit sur ses champs, une pluviométrie semblable à celle des régions du nord-ouest de la France. Les grandes différences avec l'hexagone, ce sont l'été qui est également le moment de la saison des pluies (<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Mousson#Mousson_d.27Asie_du_sud_et_d.27Oc.C3.A9anie">mousson</a>) et l'ensoleillement, globalement stable tout au long de l'année.</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://jardinons.files.wordpress.com/2008/04/rice-planting-hokusai.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-106 aligncenter" src="http://jardinons.wordpress.com/files/2008/04/rice-planting-hokusai.jpg" alt="" width="409" height="600" /></a></p>
<p style="text-align:center;"><em>Repiquage du Riz - Estampe d'Hokusai (<span style="font-weight:normal;">1760–1849)</span></em></p>
<p style="text-align:justify;">Dans cette région, la culture traditionnelle du riz  a été jusqu'à la sortie de la guerre fait ainsi: au printemps, le riz est semé en haute densité sur une petite parcelle à part soigneusement fertilisée. La parcelle qui sera cultivée est inondée puis labourée jusqu'à ce que la terre ressemble à de la soupe polonaise. Une fois que les plants ont à peu près vingt centimètre de haut, on repique le riz, c'est à dire qu'on va déraciner le riz  pour le replanter avec plus d'espace. C'est un travail pénible, dos courbé, mais qui permet à la céréale asiatique d'avoir une longueur d'avance sur les "mauvaises" herbes. Par la suite, le champ est légèrement travaillé entre les rangées de riz et est désherbé à la main souvent plusieurs fois. La récolte qui a lieu en automne autour du mois d'octobre est effectuée à la faucille et les plants sont dans la foulée déposés à sécher sur des étagères en bambous avant d'être battu quelques semaines plus tard.</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://jardinons.files.wordpress.com/2008/04/riziculture-japon.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-105 aligncenter" src="http://jardinons.wordpress.com/files/2008/04/riziculture-japon.jpg" alt="" width="500" height="316" /></a></p>
<p style="text-align:center;"><em>Riziculture traditionnelle au moment de la récolte - On peut observer le riz sécher sur les étagères et l'aménagement en crête et sillons pour la culture d'hiver<a href="http://jardinons.files.wordpress.com/2008/04/riziculture-japon.jpg"><br />
</a></em></p>
<p style="text-align:justify;">A peine le riz récolté, la parcelle est labouré et le sol aménagé en crête plates de 30 cm de large en alternance avec un sillon de drainage. Les semences de la céréale d'hiver (seigle ou orge) sont semés sur les parties hautes et recouvertes par de la terre. Cette rotation est rendu possible par l'apport de matière organique au début de la saison du riz. Pendant des siècles le Japon a cultiver successivement du riz et une céréale d'hiver sans jamais réduire la fertilité des sols.</p>
<h3 style="text-align:left;"><span style="color:#000000;">Simple</span></h3>
<p style="text-align:justify;">Masanobu Fukuoka était d'abord un chercheur en pathologie végétale qui en 1938 à l'âge de 25 ans, suite à une grave pneumonie qui faillit lui couter la vie, eut rapidement la révélation de l'insuffisance de la connaissance intellectuelle. Son doute se porta surtout sur les vérités scientifique et techniques qui commençaient a devenir incontournables en agriculture. Il retourna alors sur l'exploitation agricole familiale dans l'ile de Shikoku afin d'apprendre de la nature elle-même. A partir du modèle de l'agriculture traditionnelle Japonaise, il a progressivement épissé l'itinéraire technique en un minimum d'intervention humaine, et ceci en utilisant l'organisation naturelle de l'écosystème qui l'entourait. Le riz sauvage égraine a l'automne lors de la récolte, alors pourquoi semer au début du printemps? Pourquoi labourer le sol, alors que les plantes poussent naturellement sans? Pourquoi laisser inonder la parcelle alors que la mousson ne le fait que quelques jours par an? Comment conserver la tendance naturelle de la nature a améliorer la fertilité année après année?</p>
<p style="text-align:justify;">L'itinéraire de notre <em>ignorant </em>est d'une simplicité déconcertante, un Haïku agronomique, une estampe végétale minimaliste. Le riz est semé à l'automne au milieu du trèfle, des jeunes pieds de la céréale d'hiver tout justes levés et de la paille. Bien sur il ne pousse pas mais une fois la moisson de l'orge ou du seigle effectuée et la paille mis sur la parcelle, il suffit de faire rentrer de l'eau dans la parcelle pendant environ deux semaines, ce qui limite la croissance du trèfle et des mauvaises herbes, et donne la possibilité au riz de germer. Enfin, il suffit de semer avant la fin du riz, la céréale d'hiver et le trèfle pour boucler le cycle.</p>
<p style="text-align:justify;">Cette méthode est simple car il n'est pas besoin de labourer. Les semences, enroulées dans un peu d'argile, sont justes semées à la volée. De plus, il n'est pas nécessaire de lutter contre les "mauvaises herbes" du fait qu'elle sont maitrisées à la fois par la paille déposée sur le champ et par l'équilibre naturel entre toutes les plantes qui s'installent alors. Enfin, le renouvellement de la fertilité est assuré à la fois par le trèfle qui, comme toutes les légumineuses, fixent l'azote de l'air par les racines enrichissant ainsi naturellement le sol et par la paille qui une fois décomposée formera de l'humus.</p>
<h3><span style="color:#000000;">Accompagner plutôt que résister</span></h3>
<p style="text-align:justify;">La grand force de l'agriculture sauvage est de prendre conscience que chaque écosystème dispose d'un élan, d'une direction instinctive. Il est aisé d'observer ce puissant élan vital en laissant un peu de terre nue. Tres rapidement, les graines en dormance se réveillent et en quelques semaines l'endroit jadis vierge est de nouveau recouvert d'une végétation touffue. Il s'agit donc à l'avenir d'accompagner cette force vitale et non de s'y oppose avec acharnement comme nous l'avons fait pendant des siècles en nous courbant le dos pour arracher les mauvaises herbes. C'est je pense la nature profonde du projet de "cultiver la planète pour elle-même", c'est à dire suivre son mouvement propre et s'y insérer.</p>
<p style="text-align:justify;">On retrouve ce même état d'esprit dans un des arts martiaux les plus aboutis à ce jour. En effet, l'aïkido, développé par Morihei Ueshiba dans les années 40, nous enseigne une façon pacifique et intelligente de se comporter.<span style="font-size:x-small;"> </span><strong>Il s'agit de canaliser le mouvement, la vitesse et la force de l'adversaire, de les utiliser sans rentrer en opposition avec eux.</strong></p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://jardinons.files.wordpress.com/2008/05/morihei-ueshiba.gif"><img class="alignnone size-full wp-image-107 aligncenter" src="http://jardinons.wordpress.com/files/2008/05/morihei-ueshiba.gif" alt="" width="299" height="390" /></a></p>
<p style="text-align:center;"><em>Morihei Ueshiba - Fondateur de l'Aïkido</em><a href="http://jardinons.files.wordpress.com/2008/05/morihei-ueshiba.gif"><br />
</a></p>
<p style="text-align:justify;">Même si je ne considère pas la nature comme un adversaire, la plupart de mes contemporains semblent penser ainsi, probablement du fait d'avoir troquer la guerre de tous contre tous contre la guerre contre la nature. Des lors l'enseignement de l'Aïkido est une étape essentielle pour comprendre qu'il vaut mieux utiliser la force de l'autre vers son objectif plutôt que de tenter de s'y opposer frontalement pour l'imposer. En agriculture, il s'agira d'introduire un arbre de son choix là ou la nature aurait été favorable à un arbre, ou de laisser sa place aux mauvaises herbes pour laisser la population se stabiliser. Sans rentrer dans des détails qui seront présentés dans d'autres articles détaillés (Il sera question d'un cas particulier avec le système agro-forestier autour du cacaoyer), une telle philosophie aboutie au bout du compte aux systèmes agroforestiers qui, une fois en place et bien aménagés, sont des écosystèmes d'une prolificité et d'une fertilité incroyable.<span style="font-size:x-small;"><br />
</span></p>
<h3><span style="color:#000000;">Et si cette méthode est révolutionnaire, pourquoi n'est-elle pas encore dans nos champs?</span></h3>
<p style="text-align:justify;">Et oui très bonne question qui va me permettre d'analyser le monde dans lequel nous vivons. Comme vous le savez probablement, nous vivons l'<a href="http://www.journaldumauss.net/spip.php?article175"><em>empire du moindre mal</em></a> qui est aussi une société de croissance. Celle-ci a fondamentalement besoin de toujours plus de production. Son pendant est toujours plus de consommation. Dans ce contexte, impossible de penser la limitation de la population mondiale ou encore de promouvoir des comportements raisonnablement frugaux en terme de consommation car ils sont en quelque sorte antisociaux. En effet, moins consommer c'est faire travailler moins de gens, donc mettre des gens au chômage, donc faire baisser drastiquement leur pouvoir d'achat, donc moins de consommation, etc. Dans une société de croissance, quelqu'un qui reste en bonne santé en mangeant  à sa raisonnable faim est moins intéressant pour la collectivité que quelqu'un qui va se gaver à tous les repas, faire du cholestérol, puis aller chez le médecin pour un problème de surpoids, payer pour un programme de régime intensif avec séance de sports intensif, puis payer des séances de psy parce qu'elle est mal dans sa peau... A l'arrivée peut-être la même personne, mais sur le trajet la deuxième aura fait "tourner l'économie".</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://jardinons.files.wordpress.com/2008/05/la-fable-des-abeille1.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-109 aligncenter" src="http://jardinons.wordpress.com/files/2008/05/la-fable-des-abeille1.jpg" alt="" width="382" height="360" /></a></p>
<p style="text-align:center;">La fable des abeilles - Bernard Mandeville</p>
<p style="text-align:justify;">L'idée que nos vices seraient le moteur du monde n'est pas nouvelle et se retrouve dans quelques ouvrages clés de la philosophie économique. <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Bernard_Mandeville">Bernard Mandeville</a>, dans sa fable des abeilles publié en 1714, compare la cité de Londres à une ruche corrompue et prospère qui se plaint du manque de vertu. Jupiter leur accordant la vertue, la conséquence est une perte rapide de prospérité.  On ne trouve pas autre choses dans le livre fondateur d'Adam Smith.</p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;">"Ce n’est pas de la bienveillance du boucher, du brasseur ou du boulanger qu’il faut espérer notre dîner, mais de leur propre intérêt"</p>
<p style="text-align:right;"><em>Adam Smith - Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align:justify;">Mandeville appelle ça les vices de l'homme, Smith l'intérêt ou egoisme; mais quel que soit son nom ce seraient les travers des hommes qui fonderaient la société et lieraient entre eux les individus. Sans un "peuple de démon" il n'y aurait pas d'organisation collective possible. Encore plus, les événements négatifs seraient porteur en germe d'un mieux être économique, sous l'idée qu'un bombardement stimulerait le secteur du bâtiment, ou qu'un monde d'aveugle verrait l'age d'or de l'élevage de chiens. L'économiste français <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Bastiat">Frédéric Bastiat</a>, pourtant un des penseurs libéraux fondamental du XIXe siecle, démontera l'absurdité de ces idées dans le premier chapitre de son essai <em>Ce qu'on voit et ce qu'on ne voit pas</em> à travers le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Sophisme_de_la_vitre_bris%C3%A9e">sophisme de la vitre cassée</a>. Il démontre avec intelligence le principe du <em>cout d'opportunité</em>, c'est à dire que toute destruction n'est pas souhaitable car elle entraine par sa réparation une impossibilité d'allouer ces ressources à d'autres projets. C'est avec cette logique que l'on peut faire l'expérience de pensée qui consiste à savoir ce que le monde serait aujourd'hui si l'on ne passait pas notre temps à reconstruire des pays dévastés par les guerres.</p>
<p style="text-align:justify;">La méthode de culture de Masanobu Fukuoka ne pourra donc pas s'étendre tant que l'on vivra dans une société de croissance, car celle-ci est incompatible avec l'idée d'économie de ressources. Le déclin rapide du pétrole qui arrivera pendant ma vie (je suis encore jeune) verra triompher sans gloire des agricultures inspirées de cette méthode énergétiquement économe. Le simple fait que cette technique connue depuis plus de trente ans soit toujours marginale en est à mes yeux une des meilleures preuves. Il y a de quoi se réjouir toutefois, car cet homme simple nous a montrer une chose dont les survivalistes ne semblent pas d'accord, la fin du pétrole n'est pas l'apocalypse. En effet, en faisant le pari de la diffusion de cette approche, il est possible à la fois de nourrir la planète sans l'or noir et de vivre en intelligence dans un environnement agréable. Toutefois, si cela se passait mal, je vous conseil de prendre les devants et de vous mettre un lopin de terre de coté...il n'y en aura pas pour tout le monde.</p>
<blockquote><address>Pour poursuivre l'oeuvre de Fukuoka je vous conseille la lecture complète de l'excellent article sur Ekopedia consacré à l'<a href="http://fr.ekopedia.org/Agriculture_sauvage">agriculture naturelle</a>.</address>
</blockquote>
<p style="text-align:justify;">
<p style="margin-left:0.86cm;margin-right:5.13cm;text-indent:0.85cm;margin-bottom:0;line-height:0.46cm;widows:0;orphans:0;text-align:center;">
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Guerilla potagère]]></title>
<link>http://jardinons.wordpress.com/?p=51</link>
<pubDate>Sat, 19 Apr 2008 02:56:04 +0000</pubDate>
<dc:creator>karmai</dc:creator>
<guid>http://jardinons.fr.wordpress.com/2008/04/19/guerilla-potagere/</guid>
<description><![CDATA[Armez vous de vos houes et de vos binettes, il y a des territoires à libérer!! L&#8217;espace urba]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;">Armez vous de vos houes et de vos binettes, il y a des territoires à libérer!! L'espace urbain est malade de voitures, de publicité, de pollutions et de goudron. Envie d'une ville ou l'on se sente à la campagne, où le parcmètre servirait de tuteur aux tomates cœur de bœuf, où les trottoirs  verraient alterner aubergines fessues, potirons ventripotents, et carottes sucrées et biscornues, où les rues printanières se couvriraient des couleurs des cerisiers et des pommiers et où chaque jour en revenant du travail l'on verrait les fraises et les framboises patiemment rougir jusqu'au jour tant attendu des princesses estivales. S'il y a <a href="http://jardinons.wordpress.com/2008/01/30/la-lutte-des-jardins-ou-le-droit-a-lautonomie/">un droit légitime à disposer d'un lopin de terre pour cultiver</a> il faudra se battre pour y arriver. Armez vos bataillons de jardiniers et marchons; qu'une eau pure abreuve nos sillons.</p>
<h3 style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">Les pauvres? Qu'ils bouffent de la merde!</span></h3>
<p style="text-align:justify;">Pour ceux qui en douterait je les renvoie à <a href="http://jardinons.wordpress.com/2008/04/12/la-gastrosophie/">la gastrosophie</a> qui éclaire cette sentence lapidaire. La plupart des gens en sont aujourd'hui conscient mais ce qu'il manque ce sont les moyens. Avec un SMIC, difficile d'acheter des produits non industriels. Menant déjà une vie précaire aux fins de mois difficile, cela s'est couplé depuis quelques années avec une dévalorisation sociale de ceux qui ne peuvent pas se permettre d'acheter de bons produits. En effet légumes et fruits, dont on est censé en manger dix par jours, sont hors de prix pour nombre de bourses modestes...Autant dire que les produits biologiques appartiennent à une autre planète. Rassasié d'une soupe de légumes bio, les riches dont je fait parti ont la chance de pouvoir dormir sur leur conscience tranquille et éduquée en polluant moins la planète.</p>
<p style="text-align:center;">[dailymotion id=x3ebfp&#38;v3]</p>
<p style="text-align:center;"><em>Store Wars</em></p>
<p style="text-align:justify;">Le mensonge des nouveaux modes de revendication, c'est le pouvoir au consommateur. Depuis quelques années, toute une gamme de produits permettent de donner de la force au <span style="text-decoration:underline;">pouvoir</span> d'achat. Sur ce mensonge que le client est roi est né l'idée d'une <em>révolution</em> sans morts ni perdants. Chaque achat est un vote qui peut changer le monde. Un monde juste? Et hop du café équitable. Un monde propre? Et hop des légumes bios.</p>
<p style="text-align:center;">[dailymotion id=x3n2c2&#38;v3]</p>
<p style="text-align:center;"><em>Super pouvoir d'achat - La chanson du dimanche</em></p>
<p style="text-align:justify;">En théorie, si tous les gens pouvaient acheter ces produits le monde serait effectivement changé du jour au lendemain. Bien sur, il n'en est rien, et la crise du fameux <em>pouvoir d'achat</em> en Europe et les émeutes de la faim allant de l'Égypte en Haïti nous montrent l'impossibilité du projet, aussi prometteur soit-il.</p>
<h3><span style="color:#000000;">Sous le bitume, de la liberté</span></h3>
<p style="text-align:justify;"><a href="http://jardinons.files.wordpress.com/2008/04/an-01-legumes-sur-trottoires.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-93" style="float:left;" src="http://jardinons.wordpress.com/files/2008/04/an-01-legumes-sur-trottoires.jpg" alt="" width="215" height="663" /></a> Nos vies hors-sol nous ont fait oublier que la ville a été construite sur de la terre. Mexico ou Paris ne sont pas là où elles sont par hasard. Si les hommes s'y sont installées c'est parce qu'elles se sont érigées sur des étendues fertiles. Le monde a évolué de telle sorte que l'on a préféré enfouir ce trésor sous du goudron.</p>
<p style="text-align:justify;">Beaucoup de villes disposent encore d'un archipel minuscule de lopins isolés, autrefois jardins <em>ouvriers</em>, aujourd'hui <em>familiaux</em> (fin de l'histoire et de la lutte des classes obligent). La sémantique étrange de la <a href="http://www.homme-moderne.org/raisonsdagir-editions/catalog/hazan/lqr.html"><em>Lingua Quinta Republica</em></a> ne doit pas nous égarer, ce sont des terres pour les pauvres qui en sont à produire leur nourriture pour mettre, faute de beurre, des épinards dans leur assiette. La précarité croissante et la réduction de ces espaces ont créé des listes d'attente énormes pour ces espaces, il ne faut donc pas compter pouvoir bien manger avant quelques années.</p>
<p style="text-align:justify;">Il faut donc aller prendre la terre là où on en a besoin et produire comme on veut ce que l'on souhaite manger. Plus besoin de donner autant d'argent aux supermarchés qui exploitent les caissières et pressent les producteurs en fourbes. Plus besoin de manger de la nourriture sans goût et sans âme emballée de plastique et pasteurisée cent fois. Le jardin est une étape d'un voyage pour atteindre le paradis terrestre. Travailler pour l'essentiel, en toute simplicité, c'est aussi forcement en parallèle moins encombrer sa vie de milles et un gadgets qui en nous coutant de l'argent bruûe notre irremplaçable temps. En disposer autour des choses simples, observer, cultiver, créer, partager, patienter, cuisiner, déguster, c'est la voie d'une des nombreuses formes terrestres du bonheur.</p>
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<h3><span style="color:#000000;">Leur prendre le rond point de la bouche</span></h3>
<p style="text-align:justify;">Il faut donc faire naitre le débat sur l'utilisation de l'espace publique. La façon légale est de demander un terrain à la municipalité. Ne vous faites pas trop d'illusion. Pas de réforme agraire prévue en France dans les jours qui viennent. Une fois tous les recours utilisés, la désobéissance civile est donc légitime.</p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;">"La désobéissance civile inclut des actes illégaux, généralement dus à leurs auteurs collectifs, définis à la fois par leur caractère public et symbolique et par le fait d'avoir des principes, actes qui comportent en premier lieu des moyens de protestation <span class="mw-redirect">non-violents</span> et qui appellent à la capacité de raisonner et au sens de la justice du peuple"</p>
<p style="text-align:right;"><em>Habermas</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align:justify;">La guérilla potagère est un mode d'action qui permet de faire naitre la réflexion sur notre mode de vie coupé des choses essentielles comme une nourriture saine, propre, locale et bon marché. Le principe est donc simple, s'approprier en le cultivant un espace publique. Ceci portera ses fruits car l'illégalité sera négligeable si l'action est faite de façon <em>réfléchie, publique</em>, <em>pacifique</em> et <em>collective</em>. Ce sont les conditions essentielles qui permettent de caractériser une action de désobéissance civile. Un grand rond point, des plates bandes, des terrains vagues, tout est bon à prendre. En une nuit, une escouade de <em>guerilleros </em>horticulteurs armée de houes et munis d'un bon de stocks de munitions semencières est capable de conquérir une très grand territoire.</p>
<p style="text-align:justify;"><a href="http://jardinons.files.wordpress.com/2008/04/armurerie-potagere1.jpg"></a></p>
<p style="text-align:center;"><img class="aligncenter size-medium wp-image-96" src="http://jardinons.wordpress.com/files/2008/04/armurerie-potagere1.jpg" alt="" width="300" height="262" /></p>
<p style="text-align:center;"><em>Armurerie potagère</em></p>
<p><img src="/DOCUME~1/xp/LOCALS~1/Temp/moz-screenshot-4.jpg" alt="" /></p>
<p style="text-align:justify;">Une fois la tête de pont prise d'assaut il faut la fortifier pour la la mettre à l'abri d'une destruction rapide. Le meilleur moyen est de s'assurer par des campagnes d'information préalable l'assentiment des  riverains qui verront dès lors très souvent ce type de projet de manière favorable.</p>
<p style="text-align:justify;"><a href="http://jardinons.files.wordpress.com/2008/04/munitions-semencieres.jpg"></a></p>
<p style="text-align:center;"><img class="alignnone size-medium wp-image-97" src="http://jardinons.wordpress.com/files/2008/04/munitions-semencieres.jpg?w=400" alt="" width="356" height="242" /></p>
<p style="text-align:center;"><em>Munitions semencières</em><a href="http://jardinons.files.wordpress.com/2008/04/munitions-semencieres.jpg"><br />
</a></p>
<p style="text-align:justify;">La guerilla potagère peut-être beaucoup plus sournoise et concerner un individu isolé qui à la moindre opportunité plantera une graine ou un plant. Cet individu <em>free lance</em> ne pourra pas se protéger par le collectif d'un groupe de <em>guerilleros</em>. Toutefois, l'action ponctuelle et individuelle, presque invisible, est moins à même d'éveiller les soupçons des éventuels passants.</p>
<p style="text-align:justify;">
<p style="text-align:justify;">
<h3><span style="color:#000000;">Qui sèment une graine récolte la tempête?</span></h3>
<p style="text-align:justify;">Vous l'avez compris, la guerilla potagère est une action symbolique, certes illégale, mais qui se veut conviviale, visant à faire naitre une réflexion sur nos modes de vie et de production ainsi que sur l'utilisation de l'espace publique. Toutefois il faut être bien conscient des risques encourus. La loi est heureusement et malheureusement floue à ce sujet. Si l'on en croit l'article 322-1 de la section "des destructions, dégradations et détériorations       ne présentant pas de danger pour les personnes" du code pénal :</p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;">La destruction, la dégradation ou la détérioration       d'un bien appartenant à autrui est punie de deux ans       d'emprisonnement et de 200 000 F d'amende, sauf s'il n'en       est résulté qu'un dommage léger.</p>
<p style="text-align:right;"><em>Article 322-1</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align:left;">Toute la question est de savoir ce qu'est un dommage léger. Si cette caractéristique est refusée, alors l'article 322-2 vient faire chuter une terrible épée de Damoclès sur les coupables jardiniers :</p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;">L'infraction définie au premier alinéa de       l'article 322-1 est punie de trois ans d'emprisonnement et de       300 000 F d'amende et celle définie au deuxième alinéa       du même article de 50 000 F d'amende, lorsque le bien détruit,       dégradé ou détérioré est :<br />
1° Destiné à l'utilité ou à la décoration       publiques et appartient à une personne publique ou chargée d'une       mission de service public ;</p>
<p style="text-align:right;">Article 322-2</p>
</blockquote>
<p style="text-align:justify;">Conscient de cette menace, le guérillero se doit d'avoir un argumentaire en terre, pour ne pas dire en béton.  Mais la  conséquence juridique d'une condamnation pourrait être terrible en terme d'image pour le système. En effet, <strong>en cas de condamnation, cela signifierait que faire pousser des plantes vivrières serait considérer comme une destruction</strong>. Cela en dirait long sur notre conception de l'espace et de la Nature.</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://www.rosarose-garten.net/en/home"><img class="alignnone size-full wp-image-94" src="http://jardinons.wordpress.com/files/2008/04/rosa-rose-bleibt.jpg" alt="" width="337" height="620" /></a></p>
<p style="text-align:center;"><em>Jardin communautaire de Rosa Rose - Quartier de Friedrichshain à Berlin</em></p>
<p style="text-align:justify;">Le résultat final peut donner par exemple ce beau projet, dans un quartier de Berlin, de récupération d'un terrain vague de 2000 mètres carrés. Après 3 ans de vie et d'efforts d'un quartier pour aménager collectivement l'endroit, ce n'est pas moins de quatres voitures de police pour les expulser et un bulldozer pour détruire leur ouvrage collectif qui ont été nécessaires. La guerre à commencer, alors fais ton choix camarade! Compost ou goudron?</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[La gastrosophie]]></title>
<link>http://jardinons.wordpress.com/?p=36</link>
<pubDate>Sat, 12 Apr 2008 17:18:19 +0000</pubDate>
<dc:creator>karmai</dc:creator>
<guid>http://jardinons.fr.wordpress.com/2008/04/12/la-gastrosophie/</guid>
<description><![CDATA[&#8220;Dis moi comment tu manges et je te dirais qui tu es&#8221;. Ce que nous mangeons n&#8217;est ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;">"Dis moi comment tu manges et je te dirais qui tu es". Ce que nous mangeons n'est pas neutre et l'on peut probablement juger une époque, une civilisation ou une nation sur son rapport à l'alimentation. Nietzsche nous apprend qu'une pensée qui nait d'un homme est dépendante du corps qui ingère et qui ressent. A ce titre, le monde occidental mange globalement vite, carné, sucré, emballé et gras. Ceci est en grande partie la conséquence de notre civilisation libérale qui ne doit fixer aucune limite aux comportements alimentaires individuels et doit même en plus stimuler sans cesse la consommation. En parallèle, la réussite stéréotypée passant par un corps jeune, épanoui, beau et désirable rentre en directe collision avec la promotion du plaisir à manger sucré et gras. Troubles psychologiques assurés lors de l'impact pour tout ceux qui n'ont pas la chance de pouvoir manger à volonté tout en restant mince. Des voix s'élèvent contre ce système absurde et pervers vantant au contraire des produits sains, du temps pour cuisiner de bons plats et une autre idée du bien être dans sa peau.</p>
<h3><span style="color:#000000;">Je pense donc je mange</span></h3>
<p style="text-align:justify;">Le prolifique philosophe Michel Onfray a osé s'intéresser à l'insipide estomac des beaux esprits penseurs. Brisant la distinction absurde entre le corps bassement matériel et l'âme vaporeuse, il démontre avec style comment la pensée est la résultante d'un corps particulier qui vit dans une époque donnée et mange à sa façon. On peut toutefois s'astreindre la lecture de ce livre (c'est un auteur à l'abris du besoin). <em>Le ventre des philosophes: Critique de la raison diététique</em> n'apporte à vrai dire pas plus d'informations essentielles que le titre et l'idée Nietzschéenne que le corps et l'esprit sont finalement intimement liés. Adieu vieux <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Dualisme_%28philosophie_de_l%27esprit%29">dualisme</a>. Il faut toutefois rendre hommage à ce titre magnifique teinté d'un beau clin d'oeil à Kant, rendu alcoolique dans le livre, <em>a priori</em> pour le bien de la cause.</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://jardinons.files.wordpress.com/2008/04/221357design-for-a-restaurant-facade-a-gargantua-circa-1900-posters.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-92" src="http://jardinons.wordpress.com/files/2008/04/221357design-for-a-restaurant-facade-a-gargantua-circa-1900-posters.jpg" alt="" width="350" height="262" /></a></p>
<p style="text-align:center;"><em>Projet de façade pour le restaurant "A Gargantua" - Paul Dufresne</em></p>
<p style="text-align:justify;">Les corps pensants sont donc intimement liés avec ce qu'ils mangent. Les exemples abondent en ce sens. L'approche infructueuse de Siddhārtha Gautama, le bouddha, pratiquant une ascèse sévère en ne mangeant qu'un grain de riz par jour pour trouver la vérité, prend finalement conscience que sa pensée en est ralenti. Il en tire la conséquence qu'une pensée juste ne peut naître que dans un corps en harmonie, bien nourri et en bonne santé. De même l'abrutissement qui découle de la faim la plus sévère est une évidente corrélation que nos esprits aux estomacs correctement remplis ont naturellement tendance à oublier. Enfin, plus proche de nous, il suffit de réaliser notre dépendance psychologique face à certains produits comme le sucre raffiné, le chocolat, le café ou encore le thé. Certaines personnes expriment très clairement leur sentiment de dépression sans cacao, de fatigue sans café ou sans leur dose de sucre quotidien.</p>
<h3><span style="color:#000000;">Liberalisons l'alimentation</span></h3>
<p style="text-align:justify;">Comme le démontre très justement Jean-Claude Michéa dans son excellent essai <em>L'empire du moindre mal, </em>le libéralisme est fondé sur le droit et le marché pour garantir la moins pire des sociétés possibles. Le droit assure que les hommes puissent vivre ensemble tant que leur conception du bien n'empiète pas sur celle des autres. De plus, par le doux commerce<em> </em>et le libre marché les viles passions humaines seront canaliser. Par conséquent, la paix de la société dépend de la bonne santé de l'économie et donc dogmatise l'idée de croissance qui est le garant. Dans ce contexte, les pratiques alimentaires de notre civilisation libérale sont à l'image du projet. Il n'existe aucune limite à la consommation et au type de consommation. La société n'est pas là pour vous dire quoi manger et en quelle quantité <em>tant que cela ne nuit pas à autrui.</em></p>
<p style="text-align:center;"><span style='text-align:center; display: block;'><object width='425' height='350'><param name='movie' value='http://www.youtube.com/v/jxQZbfIPurc'></param><param name='wmode' value='transparent'></param><embed src='http://www.youtube.com/v/jxQZbfIPurc&rel=0' type='application/x-shockwave-flash' wmode='transparent' width='425' height='350'></embed></object></span></p>
<p style="text-align:center;"><em>Omelette faite maison - Jackass</em></p>
<p style="text-align:center;"><span style='text-align:center; display: block;'><object width='425' height='350'><param name='movie' value='http://www.youtube.com/v/noupHDxmUTE'></param><param name='wmode' value='transparent'></param><embed src='http://www.youtube.com/v/noupHDxmUTE&rel=0' type='application/x-shockwave-flash' wmode='transparent' width='425' height='350'></embed></object></span></p>
<p style="text-align:center;"><em>Auto-cannibalisme - Hannibal de Ridley Scott</em></p>
<p style="text-align:justify;">Si l'omelette faite maison est certes dégoutante cela n'en reste pas moins completement possible. De même que l'auto-cannibalisme est tout à fait praticable dans une société libérale tant que la personne mangée est tout à fait consentante. La fiction du film de Ridley Scott rejoint la réalité dans le cas désormais célèbre du <a href="http://tf1.lci.fr/infos/monde/0,,3301025,00-cannibale-rotenbourg-ecope-perpetuite-.html">cannibale de Rotenbourg</a>. En effet, deux cannibales se sont rencontrés sur internet dont l'un exprimait le désir d'être mangé et l'autre le désir de manger quelqu'un. Armin Meiwes, celui qui a survécu à ce macabre contrat, déclare garder de son compagnon un souvenir "intense et positif". Aucun principe moral libéral n'empêche  ce genre de pratique.  C'est seulement par respect pour la vie, et donc seulement en faisant appel à des valeurs métaphysiques forcément extérieures aux idées libérales, que l'homme a été condamné par la justice. L'incohérence est donc totale entre une société qui autorise d'un coté l'avortement ou la peine de mort et bannie d'un autre le cannibalisme consentant. Bien heureusement, de telles pratiques alimentaires choquent le bon sens; ce que Orwell, repris par Jean-Claude Michéa, appelle la <em>common decency</em>.</p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;">La common decency est "le <em>sentiment intuitif des choses qui ne doivent pas se faire, non seulement si l'on veut rester digne de sa propre humanité, mais surtout si l'on cherche à maintenir les conditions d'une existence quotidienne véritablement commune".</em></p>
<p style="text-align:right;">Jean-Claude Michéa</p>
</blockquote>
<p style="text-align:justify;">Cette <em>common decency</em> est à rapprocher de l'idée développée dans ce site du <em>panmetron </em>grec, à savoir instaurer comme valeur commune la mesure en toutes choses. Castoriadis parle d'auto-limitation, Latouche parlerais de décroissance, d'autres de simplicité volontaire. Pour le dire simplement, ce n'est pas parce qu'il est possible qu'il est souhaitable d'exercer sa liberté. Par exemple, il est concevable de manger son propre bras gauche, toutefois il n'est pas souhaitable de le faire.</p>
<p style="text-align:justify;">En effet, il faut distingue deux libertés très différentes. La première consiste à faire ce que l'on veut et donc n'avoir aucune barrières quand à l'action. C'est la liberté selon l'état de nature. L'autre forme de liberté est celle d'un "troc" d'une partie de sa liberté naturelle contre une contrainte qui apporte une liberté plus grande. Rousseau parle alors de contrat social. Un exemple est nécessaire: un homme peut tuer une autre personne, il en a la possibilité physique de le faire. Prendre un couteau, l'enfoncer dans le cœur de l'autre. Par contre, il est une liberté plus grande qui consiste à troquer cette première forme de liberté contre une interdiction. Paradoxalement, la contrainte apporte plus de liberté car par le tabou du meurtre les hommes peuvent évoluer la crainte qu'à n'importe quel moment un semblable sorte son couteau pour le tuer. Loin de moi l'idée de rétablir des dogmes, mais il y a toutefois la nécessité de créer le cadre d'une société où les individus peuvent apprendre à se fixer des limites par eux-même. On rejoins donc ici la nécessité de l'apprentissage de l'autonomie par chacun. La société ne dois pas imposer des dogmes rigides mais apprendre aux citoyens les moyens de l'autonomie. A ce titre la critique d'Ivan Illich de l'école et son incapacité à transmettre des savoirs autonomisants est tout à fait pertinente. (Ivan Illich - <em>Une société sans école</em>) L'autonomie dans le cas de l'alimentation est l'apprentissage de tenants et des aboutissants de son alimentation, de la production aux effets sur son propre corps. Puis, après avoir diagnostiquer, avoir la capacité de le mettre en pratique dans sa propre vie. C'est le chemin que suivra la suite de cet article.</p>
<h3><span style="color:#000000;">Et nous nous péterons la panse</span></h3>
<p style="text-align:justify;">La société libérale ne fixe pas de limite mais elle a par contre besoin de croissance. Et pour l'avoir il faut que nous consommons le plus possible. Sous le choc des attentats du 11 septembre, dans son discours à la nation, George Bush conseille : "soyez de bons patriotes, consommez". Tout est dit, le système tient avec notre croissance effrénée des ressources. Il faut donc faire consommer le plus possible car cette même consommation nous permet d'entretenir notre richesse. Le marketing va donc au devant des désirs réels des gens et en vont créer de faux-besoins, c'est à dire des envies que l'on n'aurait pas eu sans aucune promotion. Le système stimule donc ce qui est appétant et vend par conséquence facilement et sans limites des produits gras et sucrés. Finalement, et cela n'est un secret pour personne, cela favorise l'obésité qui est importante dans les pays occidentaux. Par exemple en France, selon l'OCDE, une personne sur dix souffre d'obésité et une sur trois de surpoids. Les conséquences sont dramatiques car des discours contradictoires circulent dans la société entre la culpabilisation des gros qui ne sont à l'opposé du canon de beauté véhiculé par ces mêmes publicités qui vont également nous incliner à manger sans se priver de produits gras et sucré. A ce titre, l'anorexie est une maladie liée à une recherche de maigreur dont on ne trouve plus la limite, et dont une des causes est évidemment ce rapport impossible entre la nourriture à la fois bonne (plaisir) et mauvaise (non minceur), propre aux sociétés occidentales.</p>
<p style="text-align:center;">[dailymotion id=x34lfj&#38;v3]</p>
<p style="text-align:center;"><em>Matraquage - Pub de Dove (hypocrites puisqu'ils y participent)</em></p>
<p style="text-align:justify;">Notre rapport à l'alimentation est gravement perturbé et les conséquences sont très importantes. Surcout du système de santé d'une part (obésité, cancer, risques cardio-vasculaires, troubles des conduites alimentaires (TAC), diabète de type 2, hypertension)  mais aussi tout simplement la tristesse régulière des gens mal dans leur peau et encore bien sûr les violences morales subies par les gros de manière générale.</p>
<p style="text-align:justify;">Il ne faut pas mépriser le rôle énormément politique du mangé et du boire. C'est l'incapacité du système économique dépendant de la croissance et l'interdiction libérale d'imposer des normes dans la sphère privée qui empêchent fortement la promotion de pratiques frugales, saines et pourvoyeuses de bien-être (image de soi positive, plaisir et santé).</p>
<h3><span style="color:#000000;">Eviter la grande bouffe</span></h3>
<p style="text-align:justify;">Il faut alors que nous (ré)apprenions à bien manger, tel est l'impératif qui découle de ce constat. La plupart des gens qui nourrissent une réflexion sur leurs pratiques alimentaires arrivent finalement, avec des variations individuelles liées au corps et aux croyances, sur des pratiques semblables.</p>
<p style="text-align:justify;">Tout d'abord, celui de ne plus polluer la planète. Il est de notoriété publique que le modèle agricole majoritaire est destructif des hommes et de l'environnement. En écrivant ceci, je pense au soja du brésil qui favorise le front de déforestation de l'Amazonie, l'état catastrophique des rivières et des plages bretonnes comme conséquence de l'élevage intensif (utilisant comme aliment du soja du brésil (cqfd), les paysages industriels en <em>openfield</em>, la chute inquiétante de la population des abeilles qui sont indispensables à la pollinisation d'un grand nombre de nos cultures, les cancers développés par les travailleurs-esclaves dûs aux épandages massifs par avion de pesticides dans les plantations de bananes en Équateur , etc.</p>
<p style="text-align:center;">[dailymotion id=x4zv8h&#38;v3]</p>
<p style="text-align:center;"><em>Cochons de nitrates - Renaud de Saint Marc et Pierre Affre</em></p>
<p style="text-align:justify;">Un tel constat a pour conséquence la recherche d'approvisionnements basés sur des modes de production respectueux de l'environnement. L'agriculture biologique est aujourd'hui la pratique la plus diffusée à ce niveau et représente un secteur marginal mais prometteur. Elle est malheureusement bridée par son coût élevé qui la met hors de portée des classes moyennes et pauvres qui ne demandent pas autre chose que de pouvoir également manger des produits plus "propres". Des opérations de démocratisation comme "<a href="http://www.cg38.fr/6336-operation-manger-bio-et-autrement-a-la-cantine.htm">manger bio et autrement à la cantine</a>" restent à la discrétion de collectivités et globalement marginales.</p>
<p style="text-align:justify;">Ensuite, il y a la volonté de manger de meilleurs produits. A ce titre, l'effort pathétique mais efficace du système agro-industriel pour nous faire manger des produits soi-disant <em>à l'ancienne</em> est tout à fait révélateur du désir profond des consommateur de retrouver le souvenir des bons produits du terroir et du mode d'alimentation sain des générations précédentes.</p>
<p style="text-align:justify;">De plus, cette réflexion mène souvent a considérer notre rapport avec la consommation de viande. En effet, cette dernière est tout d'abord fortement polluante par des gestions des déjections parfois imparfaites mais aussi par le système de production de fourrage qui les rend possible. De plus, la fabrication d'une calorie animale nécessitant en moyenne la production de 7 calories végétales, les élevages sont particulièrement gourmand en terre. Dans un contexte de rarefaction des terres disponibles pour nourrir l'humanité c'est en élément aggravant. De plus, les <em>feedlots </em>(engraissage à forte concentration de bovins), les élevages industriels de poulets en batteries, les porcheries gigantesques sont tout particulièrement polluant. Ensuite, il est aussi possible de prendre en compte le fait que notre alimentation est diététiquement parlant beaucoup trop carné. A ce titre, il convient de dire que la consommation de protéines animale n'est absolument pas vitale pour la bonne santé d'un être humain. Enfin, lorsque l'on a été témoin de l'abattage d'un animal et que l'on sait que l'on ne pourrait soi-même tuer cette animal et lui infliger cette souffrance, il est également logique de réduire fortement sa consommation voire même d'arrêter.</p>
<p style="text-align:center;">[googlevideo=http://video.google.fr/videoplay?docid=4093730216074063220]</p>
<p style="text-align:center;"><em>Earthlings</em></p>
<h3><span style="color:#000000;">L'école du bien manger</span></h3>
<p style="text-align:justify;">A travers ces exemples j'espère avoir montrer toute l'importance de ce que l'on mange. Ce diagnostique rendu simplissime par internet et les nouveaux modes de communication est partagé par un nombre toujours plus grand de personnes. De nombreuses initiatives convergent vers le bien manger. Le mouvement<a href="http://www.slowfood.com/"> Slow food</a> a été inventé en Italie en réaction à la malbouffe des Fast food. Au programme, la redécouverte du lien social et des produits du terroir en prenant le temps de cuisiner et de manger des productions respectueuses de l'environnement en se régalant. Un programme hédoniste qui n'est pas sans déplaire à Michel Onfray qui est le fondateur de l'<a href="http://web.mac.com/updugout/Universit%C3%A9_Populaire_dArgentan/UP_du_go%C3%BBt_%C3%A0_Argentan.html">université populaire du goût d'Argentan</a>. Cette curieux lieu de savoir se propose également de partager autour du mangé et de la cuisine, rendant à notre occupation de "boucher le trou" toute sa noblesse philosophique. Qui n'a jamais voulu manger du bon pain et du fromage en compagnie d'Epicure? Enfin, pour finir sur ces quelques initiatives pleines de vies, on pourra aussi s'approvisionner solidairement avec un agriculteur péri-urbain en bons fruits et légumes en s'insérant ou en créant une AMAP (Association pour le Maintien d'une Activité Paysanne). Enfin pour les chanceux qui habitent à la campagne où disposent d'un jardin familial la production autonome de légumes restent sur toutes ces questions le moyen parfait pour mettre la théorie en pratique.</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[La mort]]></title>
<link>http://jardinons.wordpress.com/?p=65</link>
<pubDate>Fri, 07 Mar 2008 12:55:46 +0000</pubDate>
<dc:creator>karmai</dc:creator>
<guid>http://jardinons.fr.wordpress.com/2008/03/07/la-mort/</guid>
<description><![CDATA[L&#8217;importance de la mort dans notre vie spirituelle est a mettre au regard de son absence quasi]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p align="justify">L'importance de la mort dans notre vie spirituelle est a mettre au regard de son absence quasi totale dans notre quotidien. Qu'elle soit cache, refoulée, mystifiée ou ignorée, un seul constat m'apparait, notre societe n'en parle pas alors qu'il s'agit probablement de la question la plus importante au monde. Dans cet article je montrerais comment la question de la mort (avec celle de la souffrance) est niée sinon mal traitée. Pourtant, émettre une réflexion raisonnable sur la mort est essentielle si nous  voulons savoir dans quelle direction aller tous ensemble.</p>
<h3><font color="#000000"> Massacrons les fausses questions avec Epicure</font></h3>
<p align="justify">Il ne serait pas une hypothèse complètement absconse que de dire que l'homme a commencé à être homme le jour où il a commencé a réfléchir sur la mort et proposer des palliatifs à l'allure de solution. Les rites religieux qui en decoule révélent les enjeux de la mort. Assurer le souvenir du disparu, écarter des vivants la pestilence et les risques sanitaires, extraire le corps humain de la nature pour se convaincre de son statut particulier et donc de son destin post-mortem unique, etc. Quoi qu'il en soit, ces comportements trahissent une angoisse profonde par rapport à l'inconnu de l'après et par rapport à la souffrance. Des peurs majeures se retrouvent chez tous les hommes vis à vis de la mort, la peur de souffrir atrocement, celle de rejoindre pour l'éternité le néant de conscience et enfin la crainte des dieux (ou du dieu) qui peuvent en théorie nous en faire pas mal baver en nous emmenant en enfer ou tout autre lieu atroce imaginable. Epicure en était bien conscient et a pris le temps de prendre ces histoires par le bon bout de la raison. Dans un des rares textes qui nous est resté de sa prolificité perdue, <i>la lettre à Ménécée</i>, le père de l'hédonisme nous apprend à ne pas redouter la mort. Vous pouvez écouter ici un enregistrement complet de cette lettre.</p>
<p>[audio  http://www.litteratureaudio.net/Epicure_-_Lettre_a_Menecee.mp3] <i>Lettre à Ménécée, Epicure</i></p>
<p align="justify">Ce texte fantastique nous apprend à ne pas craindre les dieux, car ils n'interviennent pas dans notre monde. De plus et surtout, il apprend à ne pas craindre la mort car elle n'est rien pour les vivants (puisqu'ils sont vivants!) et d'autre part une fois mort nous ne pouvons plus nous en préoccuper (car nous sommes morts!). Pourquoi alors se faire du mauvais sang de quelque chose qui ne sera jamais rien pour nous. Cette leçon est gigantesque car elle nous apprend à ne pas encombrer l'instant présent d'inutiles soucis. C'est une invitation à oublier les religions qui tentent milles pirouettes pour expliquer l'inexplicable, et se consacrer plutôt à la philosophie. Que l'on me comprenne sur la distinction religion/philosphie, je considère le message premier du christ au même titre que les réflexions de Bouddha comme des philosophies. Epicure nous apprend donc une chose essentielle, <b>la mort est une affaire humaine très concrète</b>.</p>
<p align="center"><a href="http://jardinons.wordpress.com/files/2008/03/gma-3946.jpg" title="gma-3946.jpg"><img src="http://jardinons.wordpress.com/files/2008/03/gma-3946.jpg" alt="gma-3946.jpg" height="691" width="474" /></a></p>
<p align="center"><i>Cadavre exquis</i></p>
<p align="justify">Ne plus avoir peur de la mort, c'est radicalement changer sa vision des choses. C'est ainsi ignorer les vanités de la célébrité, de l'argent, du pouvoir qui s'effacent avec la mort des mémoires et l'érosion du vent sur les pierres que l'on croyaient éternelles. Qui se souvient de cet homme puissant, célèbre et riche qu'était Khâsekhemouy?</p>
<h3><font color="#000000">La mort est une question trop importante pour être confiée à des religieux</font><b> </b></h3>
<p align="justify">La promesse d'un au-delà rassurant est probablement une des causes de la servitude volontaire des peuples. On accepte bien plus facilement son sort lorsque l'on sait que le royaume des cieux est particulièrement offert aux pauvres, aux dominés, aux oppressés. Nietzsche, dans son excellent ouvrage "polémique" <i>La généalogie de la morale</i> nous met également en garde contre les religions garante d'une morale des dominés.</p>
<blockquote><p><i>« Partout où il y a des troupeaux, c’est l’instinct de faiblesse qui les a voulus, l’habileté du prêtre qui les a organisés. »</i></p></blockquote>
<p align="justify"><b>Ne plus écouter les messages nous promettant des lendemains qui chantent après la mort, c'est un appel à construire tout de suite le paradis, ici et maintenant.</b> Cet appel n'est surement pas inutile dans une France où le religieux revient en force, et pas non plus entierement absurde face à de nombreuses régions du monde où la première question qu'il est posé à l'étranger est de savoir sa religion (je tiens a preciser que le fait dans nos societes de demander quel travail on fait comme premiere question n'est pas forcement un progres). Tuer Dieu est a mes yeux une premiere etape de ce qu'il est necessaire de faire pour se reapproprier notre vie. A ce titre, la revolution francaise aura ete un moment unique pour l'Europe, lorsque une partie du peuple a decide de couper la tete du representant de Dieu sur Terre. Une periode gigantesque qui sans le vouloir a etendu le champ de conscience d'une liberte plus vaste, car en tuant Dieu l'homme devient en theorie son seul maitre et ses choix sont sa morale.</p>
<h3><font color="#000000">L'évangile selon De Grey</font></h3>
<p align="justify">Sans un Dieu pour dicter sa loi, des interdits, des normes, l'homme se retrouve devant la difficile tache de faire des choix. Faute de pouvoir trouver un autre référent que soi-même, la morale devient individuelle et donc fortement relative. C'est dans ce contexte que "la science" vient prendre le relais de la religion, et le scientifique celui du prêtre. La science étant garante de vérités universelles (la gravitation universelle, les mécanismes de l'évolution...) c'est un socle de certitudes sur lequel l'homme seul face au choix peut se reposer. Rien n'est plus faux en réalité. En effet, soumise aujourd'hui a l'acte productif (car société de croissance) "la science" est bien plus technique que science. Les découvertes "scientifiques" sont bien plus soumises a un impératif de résultat économiquement intéressant qu'un désir d'expliquer de maniéré désintéressée les phénomènes. Pour obtenir des financements dans la recherche aujourd'hui il est essentiel que cela "serve a quelque chose". La recherche publique, les chercheurs indépendants et certains laboratoires financés par des fondations désintéresses sont les derniers bastions de la science pour la science.<a href="http://jardinons.wordpress.com/files/2008/03/aubrey-7666521.jpg" title="aubrey-7666521.jpg"></a></p>
<div style="text-align:center;"><a href="http://jardinons.wordpress.com/files/2008/03/aubrey-7666521.jpg" title="aubrey-7666521.jpg"><img src="http://jardinons.wordpress.com/files/2008/03/aubrey-7666521.jpg" alt="aubrey-7666521.jpg" height="405" width="405" /></a></div>
<p align="justify">Aubrey de Grey, indéniablement génial, veut ainsi mettre la puissance de feu du système technico-scientifique au service de la lutte contre le vieillissement. Selon lui "la première personne qui atteindra mille ans est aujourd'hui sexagénaire". En l'absence de Dieu, c'est effectivement le seul moyen d'accéder à l'immortalité. En temps que scientifique de formation, je dirais que son projet, appelé SENS (Strategies for Engineered Negligible Senescence) n'est pas irréaliste du tout. Il est fou de le même façon qu'il l'était de vouloir marcher sur la Lune au moyen-âge ou de pouvoir parler de vive voix avec quelqu'un à l'autre bout de la planète lorsqu'on coupait la tête du roi de France.</p>
<p>Pour bien comprendre toute la problématique, regarder cet excellent reportage à son sujet.</p>
<p align="center">[googlevideo=http://video.google.com/videoplay?docid=-3329065877451441972]</p>
<p align="center"><i>Do you want to live forever?  de Christopher Sykes</i></p>
<p align="justify">Il y a à mes yeux un seul problème dans l'approche d'Aubrey De Grey. Contrairement à ce que beaucoup de détracteurs lui reproche, je ne pense pas que cela soit impossible d'étendre la vie jusqu'à des périodes très longues. Par contre, à moins d'un investissement énorme de milliers de laboratoires de recherches dans la même direction, cet objectif ne sera pas atteint du vivant d'Aubrey de Grey. La tache à accomplir, notamment dans la compréhension du cerveau et la restauration des dégénérescences neuronales, dont la maladie d'Alzheimer en est un exemple, est absolument gigantesque. A projet Pharaonique, moyens démesurés.</p>
<div align="justify"></div>
<p align="justify">Ce qui m'intéresse le plus chez Aubrey de Grey, ce n'est pas tellement de savoir si il est souhaitable ou non de le faire, si il est possible de le faire ou non, mais bien plus de chercher les raisons de l'apparition à notre époque d'un tel personnage et d'une telle idée. Et quelles conséquence cela va avoir pour l'humanité. Cette idée d'etendre la vie est en adéquation avec une grande partie des esprits post-industriels occidentaux, indifférents à la question religieuse, nourris d'une croyance démesurée dans les potentialités de la technique et de la science et enfin foncièrement individualistes. La révolution De Grey, si elle a lieu, donnera un monde dont les racines prendront pied dans ces valeurs là. L'immortalité ne sera dans ces conditions très certainement pas offert à tous les être humains, et c'est un monde probablement plus horrible, cruel et inégalitaire qu'aujourd'hui qui verrait alors le jour. Je reprend à mon compte cette judicieuse remarque d'un ami d'Aubrey De Grey "Tout ceux qui par le passé ont cru à des gens qui leur promettaient l'immortalité sont morts aujourd'hui", c'est probablement ce qui arrivera à tout ceux qui, comme l'<a href="http://jardinons.wordpress.com/wp-admin/moi%20meme%20etant%20scientifique.je%20soutient%20pleinement%20aubrey%20de%20grey%20dans%20sa%20mission%20il%20y%20arivera.%20j%E2%80%99ai%20foi%20en%20lui%20et%20ses%20recherches.nous%20ne%20vieillirons%20bientot%20plus%20jamais%21%21">estat</a>, ont foi pseudo religieuse en Aubrey de Grey et la techno-science. Dans le monde antithanatotique (luttant contre la mort), ce sera la mort à ceux qui refuseront les conditions qu'imposeront ceux qui détiendront le pouvoir d'entretenir l'immortalité (Dictature antithanatocratique). Refuser de faire vivre quelqu'un, quelque soit la raison, c'est un meurtre pour non assistance à personne en danger, pire une condamnation à mort, un meurtre tout simplement.</p>
<h3><font color="#000000">Une victoire indéniable du capitalisme </font></h3>
<h3></h3>
<p align="left">A la lumière de l'intéressant projet de ce scientifique Britannique, il m'apparait que la véritable question est bien plus celle du vivre ensemble et du bien vivre. A quoi servirait-il de vivre 500 ans malheureux? Comme le dit si bien Montaigne :</p>
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<p align="left">"L'utilité du vivre n'est pas en l'espace, elle est en l'usage. Tel a vécu longtemps qui a peu vécu"</p>
</blockquote>
<p align="justify">Pourtant notre monde ne raisonne pas ainsi, toute espérance de vie supplémentaire est forcément un bien. En moyenne, la plupart des endroits du monde peuvent s'enorgueillir de faire vivre leur citoyens plus longtemps et cela est un bien en soi, une victoire proclamée du capitalisme qui lui a donné la possibilité matérielle de devenir réalité. A ce titre, l'IDH (Indice de Développement Humain) prend l'espérance de vie comme un des facteurs majeurs du développement. C'est effectivement une de réussites objectives du capitalisme, progresser sur le chemin de la lutte contre la mort jusqu'à la vie éternelle. Oui bien sur, un jour nous vivrons tous jeunes et beaux pour toujours, comme à la télévision. Oui, bien sur nos vies seront remplies de milles joies et de plaisirs sans aucune interruption, comme à la télévision. Comme la croissance et les ressources, tout sera éternel, comme l'Histoire qui est finie, le temps va s'arrêter, les hommes vont cesser de désiré d'être libre pour contempler leur divin pouvoir sur ce qui semblait être inscris dans leurs gènes.</p>
<p align="justify">Non, je n'y crois pas, et l'éternité ne me semble pas désirable aujourd'hui. Et c'est bien quelqu'un qui l'a fortement désiré à la nuit tombée qui le dit. C'est surement en partie pas manque d'humilité que nous n'arrivons pas à vivre ensemble, alors je ne vois pas comment des gens du haut de leur éternité en seraient capable.</p>
<h3><font color="#000000">Le prochain désir ultime...</font></h3>
<p align="justify">Là est bien sur le fond du problème, désirer sans fin, telle est la logique de rechercher cette éternité. Notre époque est une époque de désirs sans fin, nous ne savons pas nous fixer des limites, alors pourquoi pas le désir ultime, celui de du saint Graal et de la fontaine de jouvence à la fois. Bien sur le désir étant un puissant moteur nous risquons d'y arriver, mais que devrons nous y sacrifier sur le chemin? Pour notre confort matériel nous avons sacrifier des ressources accumulées sur des millions d'années, polluer sans retenue et dominés des contrées entières. Par désir de puissance on a mis à portée de doigts notre auto-destruction. Par désir de pureté on a massacré sur tous les continents des millions de personnes. Ce projet est à mes yeux l'archétype de l'<a href="http://jardinons.wordpress.com/2008/01/24/le-sentiment-de-la-mesure-hybrisme-et-panmetronisme/">Hybris</a> dont on évalue encore mal la <a href="http://jardinons.wordpress.com/2008/01/24/le-sentiment-de-la-mesure-hybrisme-et-panmetronisme/">Némésis</a> qu'il faudra consentir en réaction. Le <a href="http://jardinons.wordpress.com/2008/01/24/le-sentiment-de-la-mesure-hybrisme-et-panmetronisme/">panmetron</a> voudrait que l'on apprenne d'abord a vivre et faire de ce moment sur Terre, un moment d'intelligence et de paix. Voila une tache immense dont la decroissance me parait etre aujourd'hui le chemin le plus raisonnable, en voulant vivre mieux mais pas forcement plus longtemps.</p>
<blockquote></blockquote>
]]></content:encoded>
</item>

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