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	<title>jardin-ouvriers &amp;laquo; WordPress.com Tag Feed</title>
	<link>http://wordpress.com/tag/jardin-ouvriers/</link>
	<description>Feed of posts on WordPress.com tagged "jardin-ouvriers"</description>
	<pubDate>Tue, 14 Oct 2008 11:58:55 +0000</pubDate>

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	<language>en</language>

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<title><![CDATA[Guerilla potagère]]></title>
<link>http://jardinons.wordpress.com/?p=51</link>
<pubDate>Sat, 19 Apr 2008 02:56:04 +0000</pubDate>
<dc:creator>karmai</dc:creator>
<guid>http://jardinons.fr.wordpress.com/2008/04/19/guerilla-potagere/</guid>
<description><![CDATA[Armez vous de vos houes et de vos binettes, il y a des territoires à libérer!! L&#8217;espace urba]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;">Armez vous de vos houes et de vos binettes, il y a des territoires à libérer!! L'espace urbain est malade de voitures, de publicité, de pollutions et de goudron. Envie d'une ville ou l'on se sente à la campagne, où le parcmètre servirait de tuteur aux tomates cœur de bœuf, où les trottoirs  verraient alterner aubergines fessues, potirons ventripotents, et carottes sucrées et biscornues, où les rues printanières se couvriraient des couleurs des cerisiers et des pommiers et où chaque jour en revenant du travail l'on verrait les fraises et les framboises patiemment rougir jusqu'au jour tant attendu des princesses estivales. S'il y a <a href="http://jardinons.wordpress.com/2008/01/30/la-lutte-des-jardins-ou-le-droit-a-lautonomie/">un droit légitime à disposer d'un lopin de terre pour cultiver</a> il faudra se battre pour y arriver. Armez vos bataillons de jardiniers et marchons; qu'une eau pure abreuve nos sillons.</p>
<h3 style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">Les pauvres? Qu'ils bouffent de la merde!</span></h3>
<p style="text-align:justify;">Pour ceux qui en douterait je les renvoie à <a href="http://jardinons.wordpress.com/2008/04/12/la-gastrosophie/">la gastrosophie</a> qui éclaire cette sentence lapidaire. La plupart des gens en sont aujourd'hui conscient mais ce qu'il manque ce sont les moyens. Avec un SMIC, difficile d'acheter des produits non industriels. Menant déjà une vie précaire aux fins de mois difficile, cela s'est couplé depuis quelques années avec une dévalorisation sociale de ceux qui ne peuvent pas se permettre d'acheter de bons produits. En effet légumes et fruits, dont on est censé en manger dix par jours, sont hors de prix pour nombre de bourses modestes...Autant dire que les produits biologiques appartiennent à une autre planète. Rassasié d'une soupe de légumes bio, les riches dont je fait parti ont la chance de pouvoir dormir sur leur conscience tranquille et éduquée en polluant moins la planète.</p>
<p style="text-align:center;">[dailymotion id=x3ebfp&#38;v3]</p>
<p style="text-align:center;"><em>Store Wars</em></p>
<p style="text-align:justify;">Le mensonge des nouveaux modes de revendication, c'est le pouvoir au consommateur. Depuis quelques années, toute une gamme de produits permettent de donner de la force au <span style="text-decoration:underline;">pouvoir</span> d'achat. Sur ce mensonge que le client est roi est né l'idée d'une <em>révolution</em> sans morts ni perdants. Chaque achat est un vote qui peut changer le monde. Un monde juste? Et hop du café équitable. Un monde propre? Et hop des légumes bios.</p>
<p style="text-align:center;">[dailymotion id=x3n2c2&#38;v3]</p>
<p style="text-align:center;"><em>Super pouvoir d'achat - La chanson du dimanche</em></p>
<p style="text-align:justify;">En théorie, si tous les gens pouvaient acheter ces produits le monde serait effectivement changé du jour au lendemain. Bien sur, il n'en est rien, et la crise du fameux <em>pouvoir d'achat</em> en Europe et les émeutes de la faim allant de l'Égypte en Haïti nous montrent l'impossibilité du projet, aussi prometteur soit-il.</p>
<h3><span style="color:#000000;">Sous le bitume, de la liberté</span></h3>
<p style="text-align:justify;"><a href="http://jardinons.files.wordpress.com/2008/04/an-01-legumes-sur-trottoires.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-93" style="float:left;" src="http://jardinons.wordpress.com/files/2008/04/an-01-legumes-sur-trottoires.jpg" alt="" width="215" height="663" /></a> Nos vies hors-sol nous ont fait oublier que la ville a été construite sur de la terre. Mexico ou Paris ne sont pas là où elles sont par hasard. Si les hommes s'y sont installées c'est parce qu'elles se sont érigées sur des étendues fertiles. Le monde a évolué de telle sorte que l'on a préféré enfouir ce trésor sous du goudron.</p>
<p style="text-align:justify;">Beaucoup de villes disposent encore d'un archipel minuscule de lopins isolés, autrefois jardins <em>ouvriers</em>, aujourd'hui <em>familiaux</em> (fin de l'histoire et de la lutte des classes obligent). La sémantique étrange de la <a href="http://www.homme-moderne.org/raisonsdagir-editions/catalog/hazan/lqr.html"><em>Lingua Quinta Republica</em></a> ne doit pas nous égarer, ce sont des terres pour les pauvres qui en sont à produire leur nourriture pour mettre, faute de beurre, des épinards dans leur assiette. La précarité croissante et la réduction de ces espaces ont créé des listes d'attente énormes pour ces espaces, il ne faut donc pas compter pouvoir bien manger avant quelques années.</p>
<p style="text-align:justify;">Il faut donc aller prendre la terre là où on en a besoin et produire comme on veut ce que l'on souhaite manger. Plus besoin de donner autant d'argent aux supermarchés qui exploitent les caissières et pressent les producteurs en fourbes. Plus besoin de manger de la nourriture sans goût et sans âme emballée de plastique et pasteurisée cent fois. Le jardin est une étape d'un voyage pour atteindre le paradis terrestre. Travailler pour l'essentiel, en toute simplicité, c'est aussi forcement en parallèle moins encombrer sa vie de milles et un gadgets qui en nous coutant de l'argent bruûe notre irremplaçable temps. En disposer autour des choses simples, observer, cultiver, créer, partager, patienter, cuisiner, déguster, c'est la voie d'une des nombreuses formes terrestres du bonheur.</p>
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<h3><span style="color:#000000;">Leur prendre le rond point de la bouche</span></h3>
<p style="text-align:justify;">Il faut donc faire naitre le débat sur l'utilisation de l'espace publique. La façon légale est de demander un terrain à la municipalité. Ne vous faites pas trop d'illusion. Pas de réforme agraire prévue en France dans les jours qui viennent. Une fois tous les recours utilisés, la désobéissance civile est donc légitime.</p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;">"La désobéissance civile inclut des actes illégaux, généralement dus à leurs auteurs collectifs, définis à la fois par leur caractère public et symbolique et par le fait d'avoir des principes, actes qui comportent en premier lieu des moyens de protestation <span class="mw-redirect">non-violents</span> et qui appellent à la capacité de raisonner et au sens de la justice du peuple"</p>
<p style="text-align:right;"><em>Habermas</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align:justify;">La guérilla potagère est un mode d'action qui permet de faire naitre la réflexion sur notre mode de vie coupé des choses essentielles comme une nourriture saine, propre, locale et bon marché. Le principe est donc simple, s'approprier en le cultivant un espace publique. Ceci portera ses fruits car l'illégalité sera négligeable si l'action est faite de façon <em>réfléchie, publique</em>, <em>pacifique</em> et <em>collective</em>. Ce sont les conditions essentielles qui permettent de caractériser une action de désobéissance civile. Un grand rond point, des plates bandes, des terrains vagues, tout est bon à prendre. En une nuit, une escouade de <em>guerilleros </em>horticulteurs armée de houes et munis d'un bon de stocks de munitions semencières est capable de conquérir une très grand territoire.</p>
<p style="text-align:justify;"><a href="http://jardinons.files.wordpress.com/2008/04/armurerie-potagere1.jpg"></a></p>
<p style="text-align:center;"><img class="aligncenter size-medium wp-image-96" src="http://jardinons.wordpress.com/files/2008/04/armurerie-potagere1.jpg" alt="" width="300" height="262" /></p>
<p style="text-align:center;"><em>Armurerie potagère</em></p>
<p><img src="/DOCUME~1/xp/LOCALS~1/Temp/moz-screenshot-4.jpg" alt="" /></p>
<p style="text-align:justify;">Une fois la tête de pont prise d'assaut il faut la fortifier pour la la mettre à l'abri d'une destruction rapide. Le meilleur moyen est de s'assurer par des campagnes d'information préalable l'assentiment des  riverains qui verront dès lors très souvent ce type de projet de manière favorable.</p>
<p style="text-align:justify;"><a href="http://jardinons.files.wordpress.com/2008/04/munitions-semencieres.jpg"></a></p>
<p style="text-align:center;"><img class="alignnone size-medium wp-image-97" src="http://jardinons.wordpress.com/files/2008/04/munitions-semencieres.jpg?w=400" alt="" width="356" height="242" /></p>
<p style="text-align:center;"><em>Munitions semencières</em><a href="http://jardinons.files.wordpress.com/2008/04/munitions-semencieres.jpg"><br />
</a></p>
<p style="text-align:justify;">La guerilla potagère peut-être beaucoup plus sournoise et concerner un individu isolé qui à la moindre opportunité plantera une graine ou un plant. Cet individu <em>free lance</em> ne pourra pas se protéger par le collectif d'un groupe de <em>guerilleros</em>. Toutefois, l'action ponctuelle et individuelle, presque invisible, est moins à même d'éveiller les soupçons des éventuels passants.</p>
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<h3><span style="color:#000000;">Qui sèment une graine récolte la tempête?</span></h3>
<p style="text-align:justify;">Vous l'avez compris, la guerilla potagère est une action symbolique, certes illégale, mais qui se veut conviviale, visant à faire naitre une réflexion sur nos modes de vie et de production ainsi que sur l'utilisation de l'espace publique. Toutefois il faut être bien conscient des risques encourus. La loi est heureusement et malheureusement floue à ce sujet. Si l'on en croit l'article 322-1 de la section "des destructions, dégradations et détériorations       ne présentant pas de danger pour les personnes" du code pénal :</p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;">La destruction, la dégradation ou la détérioration       d'un bien appartenant à autrui est punie de deux ans       d'emprisonnement et de 200 000 F d'amende, sauf s'il n'en       est résulté qu'un dommage léger.</p>
<p style="text-align:right;"><em>Article 322-1</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align:left;">Toute la question est de savoir ce qu'est un dommage léger. Si cette caractéristique est refusée, alors l'article 322-2 vient faire chuter une terrible épée de Damoclès sur les coupables jardiniers :</p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;">L'infraction définie au premier alinéa de       l'article 322-1 est punie de trois ans d'emprisonnement et de       300 000 F d'amende et celle définie au deuxième alinéa       du même article de 50 000 F d'amende, lorsque le bien détruit,       dégradé ou détérioré est :<br />
1° Destiné à l'utilité ou à la décoration       publiques et appartient à une personne publique ou chargée d'une       mission de service public ;</p>
<p style="text-align:right;">Article 322-2</p>
</blockquote>
<p style="text-align:justify;">Conscient de cette menace, le guérillero se doit d'avoir un argumentaire en terre, pour ne pas dire en béton.  Mais la  conséquence juridique d'une condamnation pourrait être terrible en terme d'image pour le système. En effet, <strong>en cas de condamnation, cela signifierait que faire pousser des plantes vivrières serait considérer comme une destruction</strong>. Cela en dirait long sur notre conception de l'espace et de la Nature.</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://www.rosarose-garten.net/en/home"><img class="alignnone size-full wp-image-94" src="http://jardinons.wordpress.com/files/2008/04/rosa-rose-bleibt.jpg" alt="" width="337" height="620" /></a></p>
<p style="text-align:center;"><em>Jardin communautaire de Rosa Rose - Quartier de Friedrichshain à Berlin</em></p>
<p style="text-align:justify;">Le résultat final peut donner par exemple ce beau projet, dans un quartier de Berlin, de récupération d'un terrain vague de 2000 mètres carrés. Après 3 ans de vie et d'efforts d'un quartier pour aménager collectivement l'endroit, ce n'est pas moins de quatres voitures de police pour les expulser et un bulldozer pour détruire leur ouvrage collectif qui ont été nécessaires. La guerre à commencer, alors fais ton choix camarade! Compost ou goudron?</p>
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