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	<title>la-tribune-de-delhi &amp;laquo; WordPress.com Tag Feed</title>
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	<description>Feed of posts on WordPress.com tagged "la-tribune-de-delhi"</description>
	<pubDate>Mon, 08 Sep 2008 09:50:13 +0000</pubDate>

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<title><![CDATA[Une larme sur la joue du temps]]></title>
<link>http://houstonbayous.wordpress.com/2008/08/10/agra-taj-mahal/</link>
<pubDate>Sun, 10 Aug 2008 07:16:51 +0000</pubDate>
<dc:creator>Jean-Pierre Muller</dc:creator>
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<description><![CDATA[Je restais silencieux, assis à l’avant de la voiture, à côté du chauffeur, perdu dans mes pens]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2008/08/302.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-378" src="http://houstonbayous.wordpress.com/files/2008/08/302.jpg?w=200" alt="" width="200" height="300" /></a>Je restais silencieux, assis à l’avant de la voiture, à côté du chauffeur, perdu dans mes pensées. Je me régalais d’avance du bonheur qui nous attendait au bout des trois heures de route qui séparaient Delhi d’Agra : au bout, il y avait le Taj Mahal, la huitième merveille du monde, le mausolée le plus célèbre de notre bonne vieille terre. Mon guide touristique fourmillait de détails et de statistiques les plus incroyables sur cette construction phénoménale : les travaux avaient duré pendant<span>  </span>22 ans et il avait fallu pas moins de 20.000 ouvriers et maîtres artisans venus de Perse, de l’Empire Ottoman et même d’Europe pour le réaliser. Deux mille tonnes de marbre blanc transportés à dos d’éléphants et 465 kilos d’or pur avaient été nécessaires à sa construction …<!--more--></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Et je connaissais déjà par cœur l’histoire de la jolie vendeuse de soie sur les petits marchés de Delhi, <strong>Mumtaz Mahal</strong>, dont était tombé follement amoureux le prince Moghol <strong>Shah Jehan</strong>, et qui était morte en couche alors qu’elle accompagnait son fougueux mari, devenu empereur, jusque sur le champ de bataille. Drôle d’idée quand même, quand on est enceinte… J’imagine qu’elle avait dû se dire que pour le quatorzième enfant, cela glisserait tout seul, que ce serait du gâteau ! Mais voilà, le quatorzième fut celui de trop … Et l’empereur, fou de tristesse, qui lui avait bâti cette tombe si parfaite, si magistrale, si extravagante qu’on la dirait sortie tout droit d’un conte des milles et une nuits, un véritable joyau d’architecture moghole, incrusté dans un écrin de verdure, un jardin paysager aux larges allées agrémentées de multiples étangs, inspiré des fameux jardins d’éden, les jardins du paradis. La belle Mumtaz<span>  </span>avait eu juste le temps de lui arracher quatre promesses avant de pousser son dernier soupir : que son mari lui construise une sépulture digne de sa beauté, qu’il prenne soin de leur nombreuse progéniture, qu’il ne se remarie pas et qu’il se rende sur sa tombe chaque année le jour anniversaire de sa mort. On peut dire qu’il avait tenu parole pour la première promesse. Vous parlez d’une sépulture ! Pour le reste, je n’en sais trop rien, mon guide se contentait en effet de raconter que leur dernier fils Aurangzeb, celui-là même par lequel le drame était arrivé, n’avait même pas attendu l’âge de sa majorité pour renverser son père, s’emparer du pouvoir et l’enfermer dans les geôles du Fort d’Agra, avec vue imprenable sur le Taj Mahal. Voilà ce qu’on appelle de l’ingratitude. C’est à vous dégoutter de faire des mômes … Toujours est-il que le pauvre Shah Jehan était mort comme un gueux dans sa prison, et que c’était râpé pour aller fleurir la tombe de la belle Mumtaz …</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Voilà donc les pensées qui m’habitaient à ce moment. A l’arrière de la voiture, Julie était intarissable. Nous l’avions retrouvée pour quelques jours, le temps des vacances de noël, et elle était pareille à elle-même, volubile, gaie, enjouée et bavarde … Je ne l’écoutais que d’une oreille discourir avec Catherine. De temps en temps, je m’arrachais à ma rêverie pour reconnecter à ses histoires. Tout à l’arrière du minivan, Tom et Luna se livraient à leur occupation favorite : se chamailler comme chiens et chats. Bref, tout était normal, tout allait bien.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Il était finalement passé seize heures quand nous étions arrivés sur place. L’inde est un pays surpeuplé où toutes les tâches sont compartimentées, où tout est prétexte à donner du travail aux nécessiteux. Ainsi, les aires de stationnement étaient-elles situées très loin du site, ce qui obligeait les visiteurs soit à marcher une bonne heure pour y parvenir, soit à recourir aux innombrables petits moyens de transport proposés à prix d’or : cyclopousses, scooters, chars à bœufs ou à chevaux et j'en passe. Nous avions opté pour le moyen le plus majestueux, le seul, selon nous, digne de la majesté de l’endroit : le chameau. Et c’était donc au rythme chaloupé d’une carriole bariolée, trainée langoureusement par l’un de ses bestiaux dolents que nous étions arrivés devant l’entrée du site. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Et là, une succession de désillusions nous attendaient. Premièrement, la huitième merveille du monde était logée dans un environnement sordide. Le sol constitué de sable gras était encombrés de détritus en tous genres. Pas un brin d’herbe en vue, mais bien une enfilade de boutiques de souvenirs aux allures de bunkers avec leurs murs de ciment nu et leurs toits de plastique ou de tôle ondulée. Plus loin, on apercevait des taudis devant lesquels des gens en haillon ou à moitié nus étaient affalés sur des charpois (lits de cordes tressées). L’endroit baignait dans une poussière accablante et une odeur nauséabonde, composée d’un mélange de gaz d’échappements, de détritus, d’effluves de bois de santal et de bouse de vaches calcinée, de transpiration humaine et d’urine. Deuxièmement : le prix d’entrée était exorbitant : 25 roupies pour les Indiens mais 25 dollars pour les touristes étrangers, à payer en roupies, s’il vous plait, mais à un taux de change calculé sur celui de l’Euro, c’est à dire à multiplier par soixante. Troisièmement, les files étaient interminables. Pas celles pour acheter les tickets, mais bien celles pour passer les portiques de sécurité. Dans un premier temps, nous avions cru jouer au plus fin, car il y avait deux files : une courte et une longue. Evidemment, nous nous étions placés dans la courte. Mais il n’avait pas fallu longtemps pour nous rendre compte qu’il y avait un problème. Personne n’avait rien dit, mais tout le monde nous regardait de travers. Et c’était Catherine qui avait pigé la première : on était dans la file des femmes … Et oui, la mixité n’est pas encore très répandue en Inde, tout y est séparé, même les files d’attente. En maugréant, Tom et moi avions donc dû rebrousser chemin, loin, loin, loin à la queue des hommes (si j’ose dire). Et quatrièmement, au moment de passer enfin sous le portique de sécurité et de se faire palper vigoureusement les couilles par un gros moustachu en uniforme, on m’avait énergiquement prié d’aller déposer mon sac à la consigne, y compris mon guide touristique, ce qui nous avait privé du moment que nous apprécions le plus en vacances : lorsqu’au milieu d’un site touristique nous nous asseyons autour de Catherine qui nous lit les petites anecdotes de l’endroit. Comme si un guide « Lonely Planet » pouvait receler une bombe ? Mais, après coup je me suis dit que cela aussi participait sans doute à l’effort mis en place par l’Inde pour donner du boulot à sa population, car sur le site officient des centaines de guides improvisés, plus ou moins bien documentés …</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Enfin bref, mon moral était bien bas quand Tom et moi avions enfin pu rejoindre les filles qui poireautaient depuis belle lurette. Et pourtant le pire était encore à venir. Le pire, c’était quand nous avions traversé la cours de grès rouge et franchi le portail qui marque la véritable entrée du site et qu’on avait enfin aperçu le Taj Mahal. Ou plutôt, je devrais dire qu’on avait deviné le Taj Mahal, tout là-bas au bout des jardins, derrière un écran constitué par la foule, la cohue, la marée humaine qui nous en barrait l’accès…</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-indent:-36pt;text-align:justify;margin:0 0 0 36pt;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2008/08/31-bis2.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-380" src="http://houstonbayous.wordpress.com/files/2008/08/31-bis2.jpg?w=200" alt="" width="200" height="300" /></a>Mais on n’était pas venus jusque là pour se laisser abattre par l’adversité. A force de pousser, jouer des coudes, bousculer, donner des coups de genoux et écraser moult doigts de pieds, nous étions finalement parvenus à nous placer nous aussi dans l’axe du Taj Mahal, quelques secondes à peine, avant d’être délogés à notre tour, juste le temps d’immortaliser l’instant dans notre petit boite kodak, ce qui nous vaut la magnifique photo ci-contre qui illustre tout notre bonheur du moment. Vous noterez sur cette photo combien je respire la béatitude et la félicité, comme j’étais resté zen, tout imprégné jusqu’au plus profond de moi-même de la spiritualité si caractéristique de l’Inde.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Ensuite, comme le site allait fermer dans moins d’une heure, nous avions traversé les jardins et enjambé les petits ponts au-dessus des fontaines au pas de charge, tout en repoussant vaillamment les assauts des nombreux guides touristiques qui fondaient sur nous comme des mouches sur un caca bien frais. Notre course contre la montre pour atteindre le mausolée avant la fermeture n’avait pas freiné l’ardeur d’un jeune Indien qui avait eu le coup de foudre pour Julie et, tout en trottinant à ses côtés, lui avait déclaré sa flamme, que je pourrais résumer en ces termes : elle était la plus belle fille qu’il avait jamais vue et est-ce qu’elle ne voudrait pas l’épouser, s’il vous plait ?</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Julie l’avait éconduit avec le tact qu’on lui connaît et, sur ses entrefaites, nous étions arrivés au pied du saint des saints, le mausolée avec sa rotonde centrale flanqué de ses quatre minarets de 40 mètres de hauteur. Et quand je dis au pied, c’était le cas de le dire. Car l’accès au dôme central se faisait par une esplanade. Pour y arriver, il fallait tout d’abord se déchausser. Et là, je sais que vous ne me croirez pas, mais pourtant c’est vrai : bien que nous fussions en plein air et que l’endroit était ventilé par une brise légère, cela empestait l’odeur de pied. Une véritable infection. C’est bête à dire, mais quand on voit les photos idylliques du Taj Mahal, on fait rarement une association avec les odeurs de pied. Moi, si, depuis ce jour-là. <span> </span>Et Julie était très inquiète de devoir abandonner ses <em>Converse</em> à la populace et menaçait de ne pas nous accompagner jusqu’au dôme. On avait finalement trouvé une solution au problème grâce à de petits sacs de plastique bleu avec lesquelles elle avait emballé ses chaussures, ce qui lui avait permis de les conserver aux pieds. <span> </span>Autre problème : pour accéder à l’esplanade, il n’y avait qu’un seul accès, par un petit escalier très étroit et une nouvelle file interminable s’y pressait. Ras-le bol des files ! On avait donc suivi un groupe de petits futés qui tentaient de monter par l’escalier que les gens empruntaient pour redescendre, provoquant ainsi une mini-émeute, et là je dois dire que je ne suis pas fier de moi. Nous étions en train de foutre le bordel, si vous me permettez l’expression. Car l’escalier était étroit comme tout, les marches de marbre étaient glissantes comme si on les avait enduites de savonnette, surtout pour ceux qui étaient en chaussettes. Et quand on était arrivés au sommet des marches, luttant à contre courant, un monstrueux policier en uniforme nous attendait, vociférant des insultes en hindi que je préfère ne pas reproduire ici. Son long bâton était levé, menaçant à tout moment de s’abattre sur nos têtes, et finalement je ne sais s'il ne l’avait pas abattu sur nous par égard pour la couleur persil de notre peau (il subsiste incontestablement une certaine appréhension de molester des Blancs en Inde) où si c’était uniquement pour ne pas déclencher le mouvement de panique qui couvait.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Bref, on était enfin arrivé devant le dôme, véritable cœur du mausolée. Mais pour y pénétrer, pour accéder à la salle centrale où reposent les cercueils des amants éternels, il fallait encore se taper une nouvelle file interminable et là, de commun accord, nous avions renoncé. D’ailleurs, la majesté de l’endroit suffisait à notre bonheur. Le soleil était déjà très bas et le crépuscule donnait au dôme des reflets rosâtres. De l’esplanade, la vue des jardins était splendide, et celle de la foule bariolée et criarde était à couper le souffle. A l’arrière de l’esplanade, la vue sur le fort d’Agra au soleil couchant, au delà de la rivière Yamuna, était enivrante elle-aussi. Et face à nous, le dôme s’offrait dans toute sa splendeur. Nous pouvions à loisir admirer les milliers d’incrustations de pierres précieuses et semi précieuses, des turquoises, des améthystes et bien d’autres dont j’ignore le nom, qui ornaient les parois de marbre, de même que les bas reliefs aux motifs floraux et les innombrables arches sculptées dans le marbre aussi finement que des dentelles de Bruges, symbolisant le voile qui couvre le visage des femmes musulmanes. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">En quelques minutes, notre humeur avait changé du tout au tout, comme si un voile mystérieux et invisible nous avait soudain enveloppés. Le Taj Mahal nous avait emprisonnés de son étreinte magique et ensorcelante. Le monument à l’amour éternel, que le poète indien Tagore décrivit comme « une larme sur la joue du temps » nous avait enfin conquis … </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Et c’est finalement à regret que nous le quittâmes, à la nuit tombante, le cœur léger et l’esprit serein, comme habités des esprits de Shah Jehan et de Mumtaz Mahal. ;-)</span></p>
<p> </p>
<blockquote><p>Pour visualiser toutes nos photos du Taj Mahal, cliquez sur la photo ci-dessous, puis sur l'onglet "Agra Taj mahal set"</p></blockquote>
<div class="flickr-frame"><a title="photo sharing" href="http://www.flickr.com/photos/jpmuller/2170663861/"><img class="flickr-photo" src="http://farm3.static.flickr.com/2076/2170663861_735118f042.jpg" alt="" /></a></div>
<p><span class="flickr-caption"><a href="http://www.flickr.com/photos/jpmuller/2170663861/">Agra Taj Mahal</a>, originally uploaded by <a href="http://www.flickr.com/people/jpmuller/">Jean-Pierre Muller</a>.</span></p>
<p class="flickr-yourcomment"> </p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Holi Delhi !]]></title>
<link>http://houstonbayous.wordpress.com/?p=338</link>
<pubDate>Wed, 09 Apr 2008 11:37:26 +0000</pubDate>
<dc:creator>Jean-Pierre Muller</dc:creator>
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<description><![CDATA[Et voilà ! On vient de passer notre premier festival en Inde. « Holi », c’est la fête du pr]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><a href="http://houstonbayous.files.wordpress.com/2008/04/holi-mars-2008-014.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-339" style="margin-left:10px;margin-right:10px;float:left;" src="http://houstonbayous.wordpress.com/files/2008/04/holi-mars-2008-014.jpg" alt="Holi Delhi" width="200" height="267" /></a>Et voilà ! On vient de passer notre premier festival en Inde. « Holi », c’est la fête du printemps, le jour où les Indiens, d’habitude plutôt austères et conservateurs dans leurs comportements sociaux, se relâchent un peu.</p>
<p align="justify">Le nom Holi vient de la méchante Holika, qui voulait bruler vif le valeureux prince Prahad. Mais ce jour là, on célèbre surtout ce petit farceur de Krishna qui s’amusait comme un petit fou à jouer des blagues à sa copine Radha, en lui piquant ses vêtements quant elle se baignait dans la rivière aves ses amies les Gopis (laitières) ou, encore plus drôle, en lui ravageant ses vêtements avec de la poudre colorée. C’est pourquoi ce jour-là, les Indiens s’amusent à s’asperger mutuellement d’eau colorée et se jettent à la figure des poudres aux couleurs vives. Inutile de dire que ce n’est pas le jour pour sortir dans la rue avec son plus beau sari ni en costume Armani …</p>
<p align="justify"><!--more--></p>
<p align="justify">Ce matin là, nous avions donc décidé de faire la fête, nous aussi. Non, mais sans blague, pour une fois qu’on peut se lâcher à Delhi, on n’allait quand même pas rater l’occasion ! Catherine, Tom, Luna et moi, nous sommes donc aventurés dans les rues de notre quartier armés de canons à eau (préalablement colorée en bleu) et de bombes aérosols projetant de la mousse rose fuchsia. Au début, on était un peu timorés, et nous avons commencé par asperger timidement les cyclistes et les rickshaws qui passaient en zigzaguant pour essayer d’éviter nos jets d’eau.</p>
<p align="justify">Par la suite, nous nous sommes enhardis. Asperger des gens qui ne font que passer, c’est facile, mais un peu lâche, reconnaissons-le. Par contre, c’est nettement plus intimidant quand on se retrouve en face de quelqu’un qu’on rencontre régulièrement au coin de la rue. Face à face, on hésite quand même un peu avant de presser sur la valve de l’aérosol ou sur la gâchette du fusil à eau. Surtout, si le gars en face vous supplie de ne pas tirer. Mais flute après tout, c’est Holi oui ou non ? Notre mot d’ordre étant « pas de quartier », on s’est très vite habitués à asperger tout ce qui passait à notre portée, même les vaches sacrées, sacrilège ultime dont Tom s’est rendu coupable… Maintenant, il est bon pour aller se baigner dan les eaux sacrées du Gange pour laver ce péché mortel !</p>
<p align="justify">Il faut dire que les Indiens ne nous ont guère épargnés non plus. Les premiers que nous avons rencontrés hésitaient un peu, eux aussi, avant de nous asperger, mais une fois qu’ils ont vu que nos habits étaient tout maculés, ils ne se sont plus gênés du tout. On a eu droit à la totale, en particulier de la poudre colorée dans les cheveux, qu’ils nous répandaient généreusement sur le cuir chevelu après nous avoir préalablement béni en nous apposant un tilak au milieu du front. Catherine avait un look d’enfer, avec sa chevelure rose fluo, jaune et vert, je suis sûr qu’elle aurait pu lancer un nouvelle mode sur les Champs Elisée ou à Times Square.</p>
<p align="justify">Nous avons passé ainsi quelques heures très divertissantes à faire les fous dans les petites rues de Delhi. Nous avons terminé la matinée dans un rickshaw en aspergeant tous les passants que nous croisions le long des rues. C’était le meilleur moment ! L’année prochaine, je crois qu’on va réquisitionner un rickshaw pour tout l’avant midi, l’armer de canons à longue portée et d’un bazooka à ballons d’eau qui éclateront en éclaboussant leurs victimes. On appellera cela l’escadron infernal des Muller. Je sens qu’on va s’amuser comme des fous.</p>
<p align="justify">Curieusement, nous n’avons pas croisé d’autres étrangers ce jour là. C’est vrai que la consigne que nous avions reçue était de rester chez nous jusqu’à midi, l’heure officielle de la fin des festivités. Mais nous avions décidé de braver l’interdit et de nous amuser avec les Indiens. C’est marrant de voir comme les contacts deviennent subitement chaleureux et comme la complicité s'installe vite quand on décide de jouer le jeu des coutumes locales …</p>
<p align="justify">Les enfants s’en sont donnés à cœur joie. Comme vous pouvez vous en douter, leur cible privilégiée fut votre humble serviteur. Mon t-shirt vert est ruiné de même que mes baskets, mais ce n’est pas grave, c’étaient des vieux. Tom a décidé de ne pas laver le sien, il le garde comme une relique. C’est vrai qu’il ressemble un peu à un tableau surréaliste.. Et à l’heure où j’écris ces lignes, mon cuir chevelu est toujours coloré de rouge, un peu comme celui des Indous quand ils reviennent du temple. C’est bien, cela me donne un petit air de gourou qui me va parfaitement, je trouve…</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Déforestation massive à Delhi]]></title>
<link>http://houstonbayous.wordpress.com/?p=333</link>
<pubDate>Sun, 24 Feb 2008 06:47:38 +0000</pubDate>
<dc:creator>Jean-Pierre Muller</dc:creator>
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<description><![CDATA[Le jeudi 8 février 2008, nous sommes à nouveau dans l’attente. Mais, cette fois, je ne suis pas ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><a title="move-007.jpg" href="http://houstonbayous.wordpress.com/files/2008/03/move-007.jpg"><img src="http://houstonbayous.wordpress.com/files/2008/03/move-007.jpg" border="0" alt="move-007.jpg" hspace="10" width="200" height="267" align="left" /></a>Le jeudi 8 février 2008, nous sommes à nouveau dans l’attente. Mais, cette fois, je ne suis pas seul dans l’appartement. Ma douce et tendre est avec moi et nous attendons notre conteneur. Youpie ! Après trois mois, ce n’est pas trop tôt ! A 9h30, on sonne à la porte. C’est Tej, notre chauffeur, qui vient nous informer que le camion est bloqué à quelques kilomètres d’ici, en raison de l’étroitesse des ruelles. Il faut que je me rende sur place pour assister à l’opération d’ouverture des scellés. Tej m’y conduit, et au détour d’un virage, je découvre le semi remorque immense, rangé sur le bas-côté d’une ruelle, immobile et inerte, tel une baleine échouée sur une plage. Je l’inspecte rapidement, il a l’air en bon état. Les lettres blanches « Evergreen » tranchent sur le vert éclatant. On m’informe qu’ils vont essayer de progresser encore, apparemment ils auraient découvert une voie d’accès pour se rapprocher de notre appartement. L’immense bahut se met en branle et progresse lentement. D’énormes branches basses entravent le passage, mais elles sont brisées nettes par le mastodonte, aussi facilement que s’il s’agissait de fétus de paille. Un coup d’œil derrière nous, et je constate l’hécatombe. C’est la désolation : des feuilles en pagaille, des branches arrachées jonchent le sol. Un vrai désastre…<!--more--></p>
<p align="justify">Honteux, je marche un peu en avant d’un air faussement détaché, genre « Non, non, je ne connais pas ce camion ». Soudain, le voilà qui s’arrête net. Les choses se corsent : une masse de câbles pendants bloquent la route. Aie, aie aie ! On ne passera jamais ! Quoique … Un homme est sorti de la cabine et s’est juché au sommet du conteneur. Equipé d’un<a title="move-011.jpg" href="http://houstonbayous.wordpress.com/files/2008/03/move-011.jpg"><img src="http://houstonbayous.wordpress.com/files/2008/03/move-011.jpg" border="0" alt="move-011.jpg" hspace="10" width="267" height="200" align="right" /></a> bâton, il tente de soulever les câbles alors que le camion s’est remis en route, très doucement. J’espère pour le gaillard qu’il n’y a pas de fils électriques dénudés parmi ces câbles. Le camion s’avance, l’homme s’arcboute et les soulève un à un. Puis un claquement sec retentit. Un des câbles a cédé. Oups ! Quelqu’un sera sans téléphone ou électricité aujourd'hui. Bah ! Ici on a l’habitude… En tous cas, l’obstacle est franchi, et le camion est reparti. On est maintenant très près de l’appartement, mais le truck se range à nouveau sur le bas-côté. Cette fois, c’est définitif. Pas la peine d’espérer aller plus loin : les deux derniers virages sont à angle droit et complètement obstrués par des voitures garées n’importe comment.</p>
<p align="justify">Un agent des douanes est arrivé sur place et fait sauter les scellés, coulisser le verrou et ouvre précautionnèrent le conteneur. Tout a l’air OK à première vue. Il est vraiment plein à craquer. Pourtant, quand je pense à tout ce qu’on a dû laisser à Houston … Mais déjà les premiers cartons sont chargé à bras d’homme et transportés à pied jusqu’à notre nouveau chez nous. Plus tard dans la journée, un camion plus léger viendra s’aboucher au conteneur pour effectuer des navettes jusqu’à notre appartement.</p>
<p align="justify">Entre temps, je rejoins Catherine qui a déjà fort à faire avec les premiers cartons. Les déménageurs sont près d’une vingtaine et le rythme est soutenu. Seul le chef d’équipe parle un petit peu anglais, et moi j’ai de plus en plus peine à croire que 25% de la population de ce pays soit anglophone. Les gars vont et viennent en pagaille et déposent leur cartons au petit bonheur. Heureusement la pose « chai » (thé) arrive à point nommé pour nous permettre de souffler un peu et nous réorganiser.</p>
<p align="justify">Et la journée se passe ainsi, Catherine et moi sommes au four et au moulin. Tandis qu’une partie des gars continuent leur va-et-vient incessant du camion à l’appartement, les autres ont commencé à déballer les premiers cartons et je ne sais plus où donner de la tête. C’est que les gars ont la ferme intention d’emporter un maximum de cartons vides et de papier d’emballage. C’est leur trésor de guerre. Le contremaître m’a expliqué que contractuellement le matériel d’emballage leur appartient, cela fait partie du deal. Ils se disputent même avec notre personnel qui espérait en mettre quelques-uns de coté pour les revendre, mais c’est râpé pour eux. Aussitôt qu’un carton est vidé par de petites fourmis humaines, d’autres petites fourmis l’emportent aussitôt. Et le plus dur, c’est qu’il faut trouver une place à chaque objet ainsi déballé, les inspecter uns à un, et le cas échéant photographier ceux qui sont cassés ou abimés. Je me sens un peu dépassé, je cours en tous sens comme un chien égaré, et je me sens aussi inutile qu’un chef d’orchestre sans sa partition. Heureusement, Catherine est beaucoup plus à la hauteur. Elle distille ses ordres à la cantonade comme un sergent major sur un champ de bataille. Moi, je me sens las. J’aimerais bien qu’ils s’en aillent tous et mon vœu est finalement exaucé. La journée se termine étonnamment tôt pour nos déménageurs. Pourtant, on ne peut pas dire qu’ils étaient arrivés de bonne heure… Et je me dis in petto que ce n’est pas en travaillant comme ça, à l’économie, que l’Inde deviendra un jour la première puissance économique mondiale. Mais pour le moment, c’est tant mieux, cela m’arrange plutôt. En vingt minutes, l’appartement est vide, tous les gars sont rentrés chez eux manger leur chicken tikka masala. On a pris rendez-vous le lendemain pour terminer le déchargement, notamment les plus grosses pièces ainsi que pour le montage des meubles.</p>
<p align="justify"><a title="move-043.jpg" href="http://houstonbayous.wordpress.com/files/2008/03/move-043.jpg"><img src="http://houstonbayous.wordpress.com/files/2008/03/move-043.jpg" border="0" alt="move-043.jpg" hspace="10" width="200" height="267" align="left" /></a>Les enfants sont revenus de l’école et s’amusent du chaos régnant. Si on ne les retenait pas, ils grimperaient sur les montagnes de cartons. Catherine fait bonne figure mais moi, je me sens complètement découragé face à l’ampleur de la tache. Tout autour de nous, des murailles de cartons sont érigées dans toutes les pièces et des tas d’objets jonchent le sol dans l’attente de trouver une hypothétique place. Un vrai casse tête.</p>
<p align="justify">On profite des quelques heures de la soirée pour se réorganiser un peu, et puis on se laisse tomber sur le lit, épuisés, mais aussi angoissés à l’idée du lendemain.</p>
<p align="justify">Mais le lendemain une autre paire de manches nous attend. Enfin, je dis  « nous », mais c’est surtout les déménageurs qui vont s’y coller. Le point d’orgue de la journée, consiste à hisser au premier étage de l’appartement notre paire de lions de pierres chinois, pesant chacun un peu plus d’une demi tonne. Moi, j’avais suggéré de les laisser en bas, à l’entrée de l’immeuble, mais la Catherine a protesté « qu’il n’en était pas question, pour que ce soit les voisins qui en profitent, non mais sans blague ! » Quand je pense à la tête qu’elle avait fait quand on nous les avait emmenés, dix ans plus tôt, du fin fond de la campagne chinoise, c’est tout juste si elle ne m’avait pas dit que c’était eux ou elle ! Vous voyez qu’elle a fait du chemin depuis … Je me demande si un jour elle s’attachera autant à mon crane de vache Longhorn …</p>
<p align="justify">Enfin bref, ce matin là, le petit camion dépose donc les deux bêtes de 600 Kg devant le seuil. C’est déjà tout une histoire de les en descendre, mais le plus dur reste à faire : les hisser au sommet des 17 marches pour atteindre notre appartement. Je suis en bas avec l’équipe chargée de l’opération. Ils sont une douzaine et tout commence par une petite prière ponctuée d’une offrande aux dieux. Ils ont raison, je trouve, d’en référer aux dieux, car nos lions de pierre sont divins, ils sont là pour écarter les mauvais esprits, donc autant les mettre de leur côté. Les gars se partagent cérémonieusement un morceau de cham cham, une sucrerie locale à base de noix de coco et de safran, qu’ils présentent sur leur paume ouverte avant de l’engloutir dans un geste solennel. J’y ai droit moi aussi. C’est horriblement sucré, mais je le gloupe d’une traite pour faire bonne figure. Faudrait quand même pas les offenser. Les lions aussi y ont droit, ils en reçoivent chacun un petit morceau sur la tête, je suppose que c’est pour les amadouer…</p>
<p align="justify">Pourtant, ça commence très mal. Les gars essayent de les porter à bout de bras. Mais les<a title="move-037.jpg" href="http://houstonbayous.wordpress.com/files/2008/03/move-037.jpg"><img src="http://houstonbayous.wordpress.com/files/2008/03/move-037.jpg" border="0" alt="move-037.jpg" hspace="10" width="200" height="267" align="right" /></a> bestioles sont beaucoup trop lourdes et la cage d’escaliers beaucoup trop étroite pour cette opération. Dès les premières marches, ça coince. L’opération est vouée à l’échec. Partie remise jusqu’à l’après-midi. Ils vont amener du matériel, parait-il. Et effectivement, ils se rappliquent plus tard dans la journée avec une vieille chaine rouillée, une barre de fer, des traverses de chemin de fer et une poulie qui en a dû en voir d’autres vu son grand âge … Et pourtant, ça marche cette fois. Ils installent la barre de fer à l’étage supérieur, la callent avec les traverses, et à bras d’hommes hissent la première des deux statues de granit rose le long de marches recouvertes de cartons aplatis. Centimètre par centimètre, la lourde masse de pierre progresse lentement. Je croise les doigts pour que les ferronneries des escaliers, entre lesquelles la barre de support est calée, ne cèdent pas, mais elles tiennent bon, et la première des statues est presque hissée au sommet lorsque la situation prend une tournure inattendue. Le chef d’équipe m’annonce sans aucun ménagement qu’il va me falloir payer un supplément si je veux qu’ils achèvent le travail. Ce sera trente mille roupies, s’il vous plait. Cash. Je manque d’en avaler de travers. En même temps qu’il me dit cela, il me passe son téléphone portable au bout duquel une personne extrêmement antipathique, sans doute le big boss, feint de s’étonner de mon étonnement vu qu’ils m’ont envoyé un email expliquant la situation depuis au moins trois minutes. Je lui dis de rester au bout du fil le temps que je me connecte au réseau internet sans fil de l’appartement et effectivement il y a bien un email, et là j’en reste bouche bée car ils ont effectivement le culot de réclamer ces 30.000 roupies de supplément pour soi-disant la location de matériel hydraulique. Trente mille roupies, ce n’est pas la fin du monde, cela fait grosso modo 500 Euros, mais quand on en a déjà payé près de 20.000 (Euros, pas roupies…) pour un déménagement de porte à porte, on se dit que ce genre de petits aléas sont compris dans le prix. En un éclair, je revois leur pub où une fille super zen est assise en position du lotus tandis que des déménageurs sympas et souriants déposent délicatement des objets autour d’elle. Je reprends le combiné de téléphone. Mon interlocuteur jubile, sûr de son coup. Je le sens à la manière dont il déglutit sa salive pour me dire que « Mon cher Monsieur, je dois bien comprendre la situation ». Mais je ne lui laisse pas le temps d’achever sa phrase. Je lui dis « qu’il n’y a pas de cher Monsieur, que c’est de la piraterie, et que matériel hydraulique, mon œil ! » Non, mais c’est vrai quoi, je ne suis pas ingénieur, mais quand même une poulie déglinguée et une chaine rouillée, ce n’est pas de l’hydraulique, ou alors je suis bon pour retourner à l’école. Les pauvres gars qui sont en train de suer sang et eau dans les escaliers ont probablement été recrutés à la journée dans la rue et vont recevoir entre 100 et 200 roupies pour leur peine ; faut pas être Einstein pour calculer le montant de l’escroquerie. « Oui, pirate. Et négrier par-dessus le marché ! Parfaitement. » Je raccroche, furibard en ponctuant d’un « jamais ! » tonitruant. Je me sens comme le général Patton à la bataille des Ardennes.</p>
<p align="justify">A peine le temps de reprendre mon souffle, je cours vers le palier et constate que la statue est déjà redescendue. Mince ! Ils écoutaient la conversation ou quoi ? Le contremaitre qui a tout entendu lui aussi prend un air faussement navré, genre « Désolé, je ne suis qu’un pauvre exécutant ». Je suis désespéré. Mais Catherine me remonte le moral en me disant que si eux ont pu le faire, on trouvera bien une autre société qui le fera pour un prix plus raisonnable. A ce moment, le portable du contremaitre, toujours à côté de moi, fait « pilou, pilou » et il me tend le combiné. C’est son boss qui revient à la charge. Apparemment, il a dû avoir la même idée que Catherine, car il me demande combien je suis prêt à payer. De longues tractations s’ensuivent, au bout desquelles on finit par se mettre d’accord sur 11.000 Roupies.</p>
<p align="justify">Entre temps, les pauvres types se sont remis à l’ouvrage et en moins d’une heure, les deux bébêtes trônent fièrement dans notre salon. Tout çà pour çà… Je devrais être content, mais au contraire une grande tristesse m’envahit. Je me demande bien pourquoi tout est toujours aussi conflictuel dans ce pays. Est-ce moi qui m’y prends mal ou est-ce un sport national ?</p>
<p align="justify">Entre temps, les gars ont terminé de monter les lits pour qu’on puisse quand même passer une nuit correcte, car plus tôt dans la journée nos meubles de location ont été emmenés.</p>
<p align="justify">Et c’est ainsi que deux heures plus tard, épuisés, vannés, exténués, nous passons notre première nuit dans ce qui sera notre chambre définitive, à l’arrière de l’appartement. Jusqu’à présent on dormait dans la petite chambre à l’avant, celle qui sera désormais la chambre de Julie lorsque la musaraigne viendra nous rendre viiste (et la chambre d'amis le reste du temps ...).</p>
<p align="justify">Pas beaucoup de sommeil pour votre serviteur. Je suis beaucoup trop énervé par les événements de la journée pour véritablement fermer l’œil. Et à 6h45 du matin pétante,  réveil en sursaut dans la chambrée parce que le gardien en bas a enclenché la pompe à eau chargée d’amener le précieux liquide dans les citernes sur le toit. C’est l’heure des braves et aussi l’heure où la compagnie municipale d’approvisionnement d’eau envoie un peu de flotte dans les tuyauteries. Faudrait surtout pas la rater. La pompe fait un boucan d’enfer. On se croirait à coté d’un Boeing 747 au décollage. Sympa ! Déjà que toute la nuit on se farcit les avions qui atterrissent à l’aéroport international Indira Gandhi (On est juste dans l’axe de la piste principale). Ajoutez-y les meutes de chiens sauvages qui hurlent dans la nuit, et vous comprendrez pourquoi on a renouvelé récemment notre stock de boules quies…</p>
<p align="justify">Hier, on a parlé de ces petites nuisances sonores aux voisins du dessus. Ils ont parait-il un truc génial. Ils ont installé un appareil hyper sophistiqué qui reconstitue un décor sonore naturel relaxant dans la chambre. Il faudra que j’aille voir. Mais pour couvrir un tel boucan, moi je ne vois qu’un tsunami ou un orage tropical. Bah ! Nous, les orages ont connait ça ! Et puis, cela nous rappellera le bon temps de Houston … :)</p>
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<p align="justify">Pour voir toutes les photos de notre emménagement à New Delhi, cliquez sur <a href="http://www.flickr.com/photos/jpmuller/sets/72157604194536012/">http://www.flickr.com/photos/jpmuller/sets/72157604194536012/</a> et ensuite sur "view as slideshow" pour lancer le diaporama.</p>
</blockquote>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span><span style="font-size:small;"><span style="font-family:Times New Roman;">Epilogue 1</span></span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span><span style="font-size:small;"><span style="font-family:Times New Roman;">On n’a pas tenu le coup longtemps, au niveau pompe à eau. On a d’abord envisagé les grands moyens : par exemple faire construire une petite maisonnette capitonnée tout autour de la pompe, mais cela aurait couté une fortune, paraît-il.<span>  </span>Finalement, on l’a tout simplement fait réparer la pompe, aux frais du proprio… Y avait qu’à demander … Maintenant tout est presque parfait. Sauf que la température a vachement monté, et que le climatiseur fait autant de bruit que la soufflerie d’un château gonflable.<span>  </span>L’avantage c’est que c’est régulier et que ça couvre tout le reste au niveau bruit. On n’entend même plus les avions atterrir … </span></span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span><span style="font-size:small;font-family:Times New Roman;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span><span style="font-size:small;"><span style="font-family:Times New Roman;">Epilogue 2 :</span></span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;margin:0;"><span><span style="font-size:small;"><span style="font-family:Times New Roman;">Julie est chez nous en ce moment, pour les vacances de Pâques. Elle a lu mon blog et m’a disputée parce qu’elle dit que j’écris rien que de choses négatives sur l’inde. Bon, alors voilà, je dois quand même vous dire que notre appartement est superbe –<span>  </span>Catherine a fait des miracles, comme d’habitude – , que le matin on prend le petit déjeuner en ouvrant bien grand les portes-fenêtres de notre terrasse parce qu’il y fait frais le matin, côté nord, et que la vue sur le petit square en face est magnifique en ce moment, c’est tout fleuri, et puis il y a le chant des oiseaux, et le spectacle superbe des avions de « Kingfisher », « Jet Airways », « Spice Jet » et « Air India » à l’atterrissage. Et tous les petits bruits sympas de la vie grouillante de New Delhi dans la rue !</span></span></span></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Les joies de l'installation]]></title>
<link>http://houstonbayous.wordpress.com/2007/12/19/les-joies-de-linstallation/</link>
<pubDate>Mon, 10 Dec 2007 07:21:40 +0000</pubDate>
<dc:creator>Jean-Pierre Muller</dc:creator>
<guid>http://houstonbayous.wordpress.com/2007/12/19/les-joies-de-linstallation/</guid>
<description><![CDATA[

Trois semaines plus tard, je fais les cent pas dans mon grand appartement vide. D’ici deux ou tr]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://houstonbayous.wordpress.com/files/2007/12/apprartement-vasant-vihar-031.jpg" title="appartement Delhi"><img border="0" align="left" width="200" src="http://houstonbayous.wordpress.com/files/2007/12/apprartement-vasant-vihar-031.thumbnail.jpg" hspace="10" alt="appartement Delhi" height="150" /></a></p>
<p align="justify">
Trois semaines plus tard, je fais les cent pas dans mon grand appartement vide. D’ici deux ou trois jours, je devrai quitter ma chambre d’hôtel et emménager pour de bon, avec le strict minimum : quelques meubles loués pour deux mois, le temps que notre conteneur arrive. Justement, les meubles loués doivent arriver cet après-midi, de même que les quelques appareils électroménagers que j’ai achetés, les installateurs de Dish-TV et d’internet. En homme bien organisé, j’ai tout prévu, tout calculé, pour que tout soit réglé en une après-midi. Tous mes gens doivent arri<span>ver entre trois heures et trois heures trente. Avec un peu de chance, tout devrait être fini pour six heures du soir.</span><span></span><span></span><span></span><span></span><span></span><span></span><span></span><span></span><span></span><span></span><span></p>
<p align="justify"><!--more-->Pourtant, rien ne se passe jusqu’à quatre et demie, et je commence tout doucement à me ronger les sangs. Ils ne vont quand même pas me faire faux bon. Tous en même temps, en plus, ce serait du sabotage, de la mutinerie. Mais non, fausse alerte, car subitement tout s’accélère, l’appartement se transforme en une scène de théâtre sur laquelle entrent et sortent à un rythme effréné une foule de personnes. Cela commence par les livreurs de meubles, qui vont, en fait, s’y reprendre à trois reprises, car leur minuscule camionnette ne peut transporter que quelques pièces à la fois. Sur ce, arrive un technicien de la compagnie de téléphone AIRTEL, venu installer la ligne de téléphone préalable à la connexion internet. Après avoir inspecté l’état des câbles, il me sort une longue diatribe en hindi dont je n’entrave que pouic, mais dans laquelle il a glissé subrepticement « signal problem, signal problem ! ». Ah, non, hein, pas déjà des problèmes, que je lui dis ! Comme on ne se comprend pas très bien tous les deux, je téléphone à ma précieuse assistante Nisha pour voir de quoi il retourne. Elle bavarde un temps infini avec le gaillard. Et surprise, lorsqu’il me repasse le GSM, Nisha m’annonce que tout va bien. Que se sont-ils dit ? Mystère ! Effectivement, le voilà qui s’active auprès des câbles. Chouette ! Entre temps, sont entrés deux installateurs de Dish TV. Bracelets, colliers, boucles d’oreille, manières légèrement efféminées, pas de doute, ils sont de la jaquette. Mais chacun son truc, après tout … Bref ! L’un des deux boys, le plus maniéré des deux, s’est emparé du téléphone au bout duquel Nisha est toujours là. Une chance ! Nouvelle palabre interminable, à laquelle je ne participe pas, non seulement parce que c’est en hindi, mais aussi parce qu’un vieux Monsieur est là, sur le seuil de la porte d’entrée. Que veut-il ? Il vend des abonnements à des revues et journaux, a vu la porte ouverte (ils ne ferment jamais les portes derrière eux dans ce pays !) et est entré voir ce qui se passait. Je le repousse à grand peine en signant au hasard deux abonnements gratuits à l’essai. Mais en se retournant, il manque d’écraser une dame en sari fluo et sa petite fille qui attendaient leur tour derrière. C’est la nettoyeuse des communs qui est venue quémander son argent pour avoir entretenu mon palier ces derniers mois (c’est la petite fille qui traduit tout cela, ce qui m’impressionne énormément). Je lui dis que « ça ne va pas non, et puis quoi encore ? Je ne vais quand même pas payer pour les mois où l’appartement était inoccupé, il n’y a pas écrit pigeon là, non mais sans blague !», mais je tiens à terminer l’entretien sur une note positive, donc je lui dis, toujours via la fillette, que je la payerai désormais si elle continue son job consciencieusement.</p>
<p align="justify">Entre temps, la conversation téléphonique à propos de Dish TV est terminée et il en ressort que mon installation ne permet pas la réception par satellite. Il faut donc tirer de nouveaux câbles. Comme on a trois TV et donc besoin de trois récepteurs, j’imagine déjà l’appartement criblé de câbles du sol au plafond pour relier les récepteurs les uns aux autres. Je leur dit que « Merci bien, mais je vais réfléchir » et vlan ! La porte claque derrière les boys. Ouf. Enfin seul.</p>
<p align="justify">Ah ben, non,il y a quelqu’un que je n’avais pas vu entrer. En fait ils sont trois et ils sont aussi de Airtel, mais eux, c’est pour installer le router internet wifi. Sauf que, pas de chance, ils n’en ont justement plus de stock, mais qu’à cela ne tienne ils peuvent revenir demain, si je veux. OK, mais du vent ! Re-vlan ! Seul enfin ! Euh non, car il y a du bruit dans ma future chambre. Mince ! Qui s’est permis ? Ah, ce sont mes livreurs de meubles qui sont revenus avec le deuxième chargement.</p>
<p align="justify">Ding, dong ! On sonne à la porte. J’ouvre et voilà un nouvel arrivant. Non, deux. D’abord, un marchand de brosses, balais, serpillères et autres accessoires de nettoyage et puis il y aussi le patron de Dish TV qui s'en vient m’expliquer qu’il y n’a pas de soucis, qu’ils vont me mettre trois antennes paraboliques sur le toit pour le même prix et qu’il y aura des câbles extérieurs mais qu’il n’y en aura pas à l’intérieur entre les TV. Juste un petit trou-trou dans le mur là où on mettra chacun des récepteurs, c’est tout, pas de quoi fouetter un chat. Je lui dis que bon d’accord et revoilà les deux boys qui refont leur entrée car ils étaient restés à proximité immédiate. Profitant de mon inattention, se sont également engouffrés : un vendeur de véritable tapis du cachemire, deux personnes non identifiées qui ne font que passer, ainsi que Sunita une jeune indienne qui vient proposer ses services de nettoyeuse. En fait, elle travaille chez les gens du dessus et voudrait bien arrondir ses fins de mois. C’est la voisine du dessus, arrivée en renfort, qui me l’explique car bien sûr elle ne parle pas anglais (la jeune fille). Elle s’appelle Divya (la voisine) et me résume sa vie en 5 minutes. Elle est indienne d’origine, mais a passé la majorité de sa vie entre Genève et New York, vu que son père travaillait aux Nations Unies. Autour de nous, c’est subitement un attroupement. Tous les ouvriers, installateurs, déménageurs et autres personnes de passage ont tous présentement quelque chose de pressant à me dire et ils en profitent que Divya est là pour traduire. Je sens que je vais craquer. Divya rigole en voyant ma mine. Elle doit remonter chez elle pour s’occuper de sa progéniture, mais elle </span><span>appelle son chauffeur Kursheed, qui parle très bien anglais, et gentiment me le prête pour me servir de traducteur face à la horde.</span><span></span><span></span><span></span><span></span><span></span><span></span><span></span><span></span><span></span><span></span><span></span><span></span><span></span><span></span><span></span><span></p>
<p align="justify">A vingt heures trente pétante, tout le monde est parti. Je referme la porte derrière le brave Kursheed et Alok, le mari de Divya, qui était venu aux nouvelles lui aussi, en rentrant du bureau. Bilan de la journée : pas terrible. Tous les meubles sont là, mais il y a un divan-lit atroce que je vais remballer dare-dare et le matelas du grand lit, soi disant neuf, a dû servir de paillasse à la moitié de la ville. Il est plein de taches et sent le moisi, la transpiration et l’urine. Ils vont venir le changer le lendemain, paraît-il. A part ça, internet ne marche pas et Dish TV non plus. Par contre, j’ai plein de brosses et de balais, un abonnement à "Times Of India" et à "Hindoustani Paper" ainsi qu’une ligne téléphonique en état de fonctionnement. Mes électroménagers sont arrivés aussi, mais les livreurs ont laissé les cartons en pagaille. On dirait un champ de bataille. Je me sens las …</p>
<p align="justify">Je reviens sur les lieux le lendemain soir car ils doivent me changer le matelas puant et finir d’installer internet. Mais à mon arrivée, je suis obligé de décommander les gars d'Airtel car la ligne téléphonique installée la veille est déjà morte. Elle n’aura tenu qu’un jour. Renseignements pris, on a amené le générateur électrique dans la matinée et afin de l’installer dans la cour arrière, ils ont du couper un arbuste pour le faire passer, et ce faisant, ils ont malencontreusement sectionné les câbles de téléphone. Tout le building est privé de communication. Mais rien de grave, parait-il. Demain, ce sera déjà réparé. Demain, c’est le mot magique ici …</p>
<p align="justify">Entretemps, je pique une tète dans la petite salle de bain où le proprio nous a gracieusement fait installer une baignoire, mais son homme de main a mal calculé son coup et la baignoire est trop grande, ou la salle de bain trop petite. Qu’à cela ne tienne, cet homme ingénieux a trouvé l’astuce : il a installé la baignoire en pente, on dirait un toboggan, c’est les gamins qui vont être contents.</p>
<p align="justify">La journée se termine quand même sur une bonne note : les boys sont revenus aussi et m’ont installé Dish TV. Et ça marche ! Je regarde les infos sur TV5 avant de rejoindre à pied ma chambre d’hôtel (c’est à cinq minutes). En rentrant, je me dis que la technologie c’est vraiment super et bravo l’Inde !</p>
<p align="justify">Je reviens donc à nouveau le lendemain, mais cette fois avec la ferme intention de m’installer définitivement. J’ai fait le check out à l’hôtel et affété un taxi. Il s’arrête devant la maison, plein à craquer avec mes 4 valises et tous mes vêtements sur les cintres empilés à l’arrière. Mais que se passe-t-il ? Le gardien de l’immeuble a l’air catastrophé de me voir ainsi débarquer. Dans les minutes qui suivent, je me retrouve entouré de sept personnes et une nouvelle palabre débute dont il ressort que les électriciens sont en train d’installer notre générateur (dans l’obscurité !), et du coup, ils ont coupé le courant de mon appartement jusqu’au lendemain midi. Shoot ! Il est huit heures du soir, il fait nuit noire et pas question de m’installer dans cet appartement infesté de moustiques sans lumière, ni électricité. Pas même une lampe de poche. Je déteste l’Inde. Je sens que je ne vais pas m’y faire, à ce pays.</p>
<p align="justify">Heureusement, le chauffeur de taxi est toujours là. Il attendait lui aussi l’issue des palabres et il me ramène donc à l’hôtel, tout dépité. Malheureusement, les choses ne s’arrangent pas. L’employé de l’hôtel m’annonce avec un air consterné que tout est plein et qu’ils n’ont plus de chambre libre. Re-shoot ! Me voilà donc à la rue, avec 4 valises et 100 cintres sur les bras. Je lui demande d’appeler le directeur qui m’accueille d’un sourire chaleureux mais embarrassé. Le brave homme téléphone à toutes ses connaissances mais je vois bien à sa mine que c’est râpé pour moi. Alors il me dit qu’il a peut-être une solution de la dernière chance : une toute petite chambre, si je veux, mais ce n’est pas vraiment une chambre : il y a juste un petit lit d’une personne et une minuscule salle de bain attenante. Il me la fait visiter, c’est plutôt une chambre de bonne, mais j’ai oublié de dire que depuis la vieille, je suis malade come un chien (diarrhée carabinée, j’ai passé la moitié de la journée sur la toilette) et sa petite chambre de bonne me fait l’effet d’un palace. Je lui serre la main chaleureusement et lui annonce que cela ira très bien, que je la prends. Je claque la porte derrière lui, tombe sur lit et m’endors aussitôt, tout habillé, terrassé, exténué, vanné, découragé.</p>
<p align="justify">Découragé ? Pas pour le longtemps. Car le lendemain, samedi, je suis d’attaque et me voilà qui vous écris tout cela depuis mon appartement. Tout est arrangé. Le générateur est installé, l’électricité a été rétablie, le téléphone fonctionne à nouveau, de même qu’internet et la TV, j’ai deux femmes de ménages, des produits d’entretien pour un an, des journaux partout et pleins de gens qui sonnent à ma porte sans arrêt et qui me veulent un bien fou. Tout va bien ! Allez, je retire ce que j’ai dit sur l’Inde. Ça ira, vous verrez !</p>
<p></span></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[New Delhi, bordel de m...]]></title>
<link>http://houstonbayous.wordpress.com/2007/12/18/new-delhi-bordel-de-m/</link>
<pubDate>Sun, 18 Nov 2007 15:30:11 +0000</pubDate>
<dc:creator>Jean-Pierre Muller</dc:creator>
<guid>http://houstonbayous.wordpress.com/2007/12/18/new-delhi-bordel-de-m/</guid>
<description><![CDATA[Tout commence mal, dès mon arrivée à l’aéroport international Indira Gandhi de New Delhi. L’]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><a title="Traffic Jam" href="http://houstonbayous.wordpress.com/files/2007/12/200709011658581.jpg"></a><a title="Traffic Jam" href="http://houstonbayous.wordpress.com/files/2007/12/200709011658581.jpg"></a><img src="http://houstonbayous.wordpress.com/files/2007/12/200709011658581.jpg" border="0" alt="Traffic Jam" hspace="10" width="200" height="306" align="left" />Tout commence mal, dès mon arrivée à l’aéroport international Indira Gandhi de New Delhi. L’avion de Jet Airways atterrit sur le tarmac avec une bonne demi-heure de retard. Il est passé minuit quand je débarque sur le sol indien. Et puis, la longue attente des bagages commence. Interminable. Une fois de plus, je me retrouve parmi les derniers à attendre le long du carrousel à bagages. Le bagagiste a commencé à ranger sur le côté les valises qui tournaient en rond depuis une bonne demi-heure. Le carrousel est presque vide, à présent. J’imagine déjà le pire. Le pire, c'est-à-dire moi dans cette ville inconnue, sans autre bagage que ma petite valise à main, le chauffeur de l’hôtel qui a certainement dû rentrer chez lui, bredouille, en se disant que j’avais raté l’avion (il est passé une heure du matin, maintenant), et vous allez voir que je vais me retrouver dans un taxi malodorant dont le chauffeur va m’extorquer une fortune pour me conduire à l’hôtel. Bref, le scénario catastrophe. Et alors que je m’apprête à me rendre au comptoir des réclamations, mes deux valises apparaissent enfin sur le tapis roulant. Ouf ! Sauvé ! Je me sens à la fois soulagé et en rage. Mais où ont-elles bien pu rester tout ce temps ???<!--more--></p>
<p align="justify">Enfin bref, pas le temps d’introduire une réclamation en dix exemplaires ! Je les empoigne, les cale sur le chariot brinquebalant et fonce vers la sortie. Pas un regard aux douaniers (ils ne vont quand même pas m’embêter, ceux-là, je ne suis pas d’humeur !) et puis je traverse au pas de course la file interminable des voituriers d’hôtels et des guides touristiques venus chercher des clients. Quel brouhaha ! Quelle tension. Ils me tendent sous le nez leurs pancartes colorées sur lesquelles des noms étrangers sont inscrits en gros caractères. En me frayant un passage, je cherche désespérément du regard après mon nom. Et ce n’est que tout au bout de la file que je le découvre enfin, mal orthographié, bien sûr, mais JaenPiere Mufler, cela ne peut être que moi, y a pas photo ! Je fais signe au Monsieur qu’il a trouvé son client. Il disparait un moment derrière la foule venue attendre des passagers, et puis un instant plus tard, je sens une main agripper mon chariot. Au bout de la main, il y a mon bonhomme qui fonce à présent vers la sortie de l’aéroport en poussant mon chariot devant lui comme s’il avait tous les diables à ses trousses. Evidemment, je peux le comprendre : il est 1h30 du matin. Autour de moi, c’est la cohue, et pendant un moment, je redoute que mon chauffeur ne m’ait semé. Mince, je ne sais déjà plus à quoi il ressemble. Je l’ai à peine aperçu… Peau brune, cheveux noirs, vêtements sombres. Je suis bien avancé, avec cela. Et s’il s’était tiré avec mes valises ? Ah, je l’aperçois, là-bas, il m’attend nerveusement. Visiblement, lui me reconnait très bien. </p>
<p align="justify">On débouche au-dehors, et c’est le choc, terrible. Les abords de l’aéroport sont plongés dans un brouillard nauséabond. L’odeur des gaz d’échappement se mêle à celle de la transpiration humaine de cette foule grouillante qui dérive vers les parkings en masse compacte telle un iceberg dérivant vers la banquise. Je me sens oppressé, j’ai l’impression que mes poumons vont se bloquer sur place. Le chaos est indescriptible. Des véhicules à deux, trois ou quatre roues rivalisent d’audace pour se frayer un passage dans la foule, dans un concert de klaxons et un vrombissement de moteurs. Je suis malade. Bon dieu, qu’est-ce que je fous ici. Je veux rentrer chez moi ! Mais c’est où chez moi ????</p>
<p align="justify">A grand peine, j’ai rejoint mon chauffeur. Des porteurs lui ont arraché le chariot à bagages des mains et les installent dans le coffre. Ils sont deux et foncent sur moi comme des aigles sur leur proie, la main tendue. Je vide mes poches des quelques Euro cents et des quelques pennies qui me restaient. Cela n’a pas l’air de leur plaire. Oh, mais ils ne sont pas du tout contents : « Paper money » qu’ils disent. Paper money ? Pas question, mes gaillards, je n’ai que de grosses coupures sur moi, et puis je ne vous ai rien demandé après tout. Je m’engouffre dans la voiture et fait signe au chauffeur de démarrer</p>
<p align="justify">Il est près de deux heures du matin, mais le trafic est si dense qu’on est presque à l’arrêt. Nous roulons pare-choc contre pare-choc. Mon chauffeur n’a rien trouvé de mieux que de s’en griller une et a ouvert les fenêtres pour jeter ses cendres de cigarette, tout cela au beau milieu d’une nuée de camions énormes, véritables épaves roulantes, qui nous crachent leur gaz d’échappement en plein visage. Si ça continue, je vais mourir asphyxié sur le siège arrière de la voiture. Ces gros camions n’ont le droit de pénétrer en ville qu’après dix heures du soir, c’est bien ma chance. A l’arrière, ils ont peint des slogans tels que « keep distance » (gardez vos distances) et « horn please » (klaxonnez svp). Je ne sais pas comment on pourrait garder ses distances. On roule au pas et roue dans roue à cinq de front. Par contre, pour ce qui est de klaxonner, alors là, il n’y a pas de problème. Mon chauffeur, c’est un adepte, un fanatique je dirais même. Il en use et en abuse. Je me dis que cela doit sans doute le soulager de s’exciter ainsi sur son klaxon, c’est peut-être sa façon à lui d’évacuer son trop plein de stress après 12 heures de conduite non stop dans ces embouteillages monstres. </p>
<p align="justify">Sous les faibles halos de quelques projecteurs, nous traversons un décor surréaliste et lugubre : un interminable chantier autoroutier en construction (une voie surélevée). Dans la pénombre, on dirait que le chantier est à l’abandon, il y a des gravas partout, la voie surélevée est béante par endroits, çà et là des piliers fantomatiques isolés semblent être sortis de terre comme des mauvaises herbes, des trous immenses défoncent la chaussée et obligent le trafic à se déporter tantôt à gauche, tantôt à droite. C’est le chaos. Le long de la route, le décor est sinistre également: des hôtels minables pour voyageurs sinistrés, des chiens errants, de pauvres malheureux qui dorment sur le bas côté, des étoles de marchands en lambeaux, et partout, omniprésente, <span> </span>la crasse et la saleté. C’est ici que je vais vivre moi ? Je n’arrive pas à y croire. Soudain, je sursaute sur ma banquette arrière. Un mendiant décharné et édenté vient de toquer à ma fenêtre. Je ne l’avais pas vu venir. Vision de cauchemar. Nous sommes à l’arrêt. Je lui fais signe de s’en aller, mais il reste là, imperturbable, et continue de toquer à ma fenêtre, les mains jointes, dodelinant la tête dans une supplique pathétique. Oh seigneur, faites qu’il s'en aille. Je mets ma main sur le coté de ma tète pour ne plus le voir. Que je suis lâche !</p>
<p align="justify">Vers deux heures trente du matin, nous arrivons enfin à l’hôtel Icon villa. C’est ce que mon assistante à pu dégoter de mieux avec mon petit budget. Je l’avais visité lors de mon voyage de reconnaissance, et dans la lumière du jour, il m’avait semblé propre et confortable. Dans la pénombre, il m’apparait soudain vétuste et inhospitalier. Le patron m’a accompagné dans la chambre pour me faire signer le registre et me demande si je veux une collation. Je jette un coup d’œil rapide au menu et commande une soupe tomate, sans enthousiasme, car je n’ai pas faim. Je lui demande s’il peut me montrer la connexion internet. Il n’est pas contre, mais il préférait remettre cela à demain matin si cela ne me dérange pas trop, mais je le foudroie du regard. Pas question : je n’ai qu’une idée en tête, me connecter sur skype et rassurer Catherine et Julie sur mon arrivée. Bon, c’est d’accord, il va appeler l’ingénieur sur le champ et s’en va. La soupe arrive bien avant l’ingénieur. Elle est brulante et pimentée à mort. Je crache du feu ! Impossible de boire ce breuvage. Mince, si toute leur cuisine est comme cela à Delhi, je vais être au régime forcé, c’est sûr. </p>
<p align="justify">Enfin, le gars arrive. Il est en shalwar kamiz (chemise ample et pantalon bouffant, genre pyjama). Il entre en se raclant la gorge, se frictionne le pubis avec énergie d’une main et se gratte le nez de l’autre. Il n’a pas l’air content du tout, et au fond je le comprends bien. On n’a pas idée de déranger les gens à deux heures trente du matin pour une connexion internet, n’est-ce pas ? Oui, mais voilà, pour moi, comte tenu du décalage horaire, il n’est que dix heures du soir et puis j’ai besoin de skyper. Skyper ? Et bien, je crois que vais être de la revue, comme aurait dit mon Joli-Papa s’il était toujours de ce monde. En effet, je vois mon gaillard, toujours en train de se racler la gorge, qui déconnecte le câble de l’appareil de téléphone et le pluge à mon laptop. Mince, c’est la préhistoire ici. Une connexion « dial up », je n’avais plus vu cela depuis dix ans. Bref ! Entre temps, mon ingénieur a fini d’installer les paramètres de la connexion et me demande de la tester. Sans trop y croire, je clique sur l’icône skype, mon ordinateur fait « ti-tu-tu-tu-tu-tu-tu » et puis soudain, miracle, voila que j’entends les voix de Catherine (à Houston) et de Julie (en Belgique) sortir de mon laptop. Dans le contexte, c’est surréaliste ! Elles s’étaient mises en conférence et attendaient mon appel, sans doute depuis des heures. Je leur explique qu'elles ne doivent surtout pas brancher leurs cameras, sinon la connexion va se planter, c’est sûr, et je vais pour leur raconter mes aventures, ou plutôt mes mésaventures, mais les voilà qui éclatent de rire. Renseignement pris, il parait que ma voix est toute déformée à la réception, comme si je parlais en super ralenti. Forcément avec une connexion « dial up », c’est déjà un miracle qu'on puisse s’entendre. On se dit l’essentiel, puis on arrête là, car la communication tourne à la catastrophe. Moi je parle comme un disque 45 tours qu’on aurait mis en 33 tours, et elles, je les entends par bribes entrecoupées de « pssshhh », de « ffrrrrr » et de « ccrrrr ». Enfin, l’essentiel est qu’elle me sachent bien arrivé.</p>
<p align="justify">Sans même ouvrir mes valises, je me laisse tomber sur le lit, en proie au plus vif découragement. Qu’est-ce que je fous ici : toujours cette question lancinante, qui revient dans ma tète. J’ingurgite un somnifère, histoire d’oublier tout cela, et pour le plus longtemps possible. Mais malgré la fatigue et la tension, j’arrive à peine à fermer l’œil de la nuit. Dans les couloirs de l’hôtel, il me semble que les gens<span>  </span>hurlent, et puis il y a l’ascenseur. Il est équipé d’un rideau métallique à l’ancienne et à chaque fois que celui-ci n’est pas complètement refermé (ce qui arrive systématiquement à chaque fois que quelqu’un sort de l’ascenseur), une petite musiquette électronique retentit, extrêmement énervante. C'est le genre de musique des cartes électroniques que vous envoyez à Noël ou à la nouvelle année à vos pires ennemis. La mélodie, c’est « Love me tender » d’Elvis Presley. Ma chambre est située juste en face de l’ascenseur, donc j’ai eu toute la nuit pour l’identifier. </p>
<p align="justify">A sept heures du matin, je suis complètement réveillé, le bruit de la musiquette est largement couvert par celui du trafic devant ma fenêtre. Ce n’est pas possible, je dois me trouver devant une autoroute. Je me lève et, en titubant, me dirige vers la fenêtre. Et bien non, ce n’est pas une autoroute, mais c'est presque aussi bruyant : sous mon balcon, j’ai droit à une aubade de pétarade et de klaxons à vous réveiller un mort. Je me sens moche et nauséeux. Ma première journée de travail à New Delhi se présente sous les meilleurs auspices… :-(</p>
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