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	<title>le-maroc-raconte &amp;laquo; WordPress.com Tag Feed</title>
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	<description>Feed of posts on WordPress.com tagged "le-maroc-raconte"</description>
	<pubDate>Mon, 07 Jul 2008 12:29:26 +0000</pubDate>

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<title><![CDATA[Ce jour où la mort a soufflé en nous...]]></title>
<link>http://kennza.wordpress.com/?p=162</link>
<pubDate>Sun, 27 Apr 2008 21:06:32 +0000</pubDate>
<dc:creator>kennza</dc:creator>
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<description><![CDATA[Août 2000&#8230; Rassemblés chez Kamal et Hicham, nous nous promettions une journée bien remplie ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;">Août 2000... Rassemblés chez Kamal et Hicham, nous nous promettions une journée bien remplie : papotages, compétitions de F1 sur Playstation, shisha, spécialité culinaire du "chef" Kamal et préparatifs avant d'aller rejoindre le <a href="http://deejayrusty.wordpress.com">DJ</a> à sa boîte de nuit pour une soirée folle. Nous étions neuf : Kamal et une amie marocaine, Hicham et sa copine espagnole, le frère d'Hicham, une amie espagnole de ce dernier, Rachid, Aziz et moi. L'après-midi passa en coup de vent et, surtout, en éclats de rire. C'était l'un de ces après-midi d'été qu'on souhaiterait répéter d'année en année. Un de ces après-midi où la moindre tension était vite chassée. Le tajine mijotait sur le feu depuis la fin de la matinée et nous allions enfin pouvoir y goûter d'ici une petite heure.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>S</strong>, la copine d'Hicham, décida d'aller se doucher pendant ce temps. Certains jouaient aux cartes, alors que fidèles à nos habitudes, Aziz et moi nous nous amusions à nous prendre la tête. On ne pouvait trouver plus casse-pieds que nous. Notre sport favori était l'engueulade basée sur des riens ; les prises de tête aiguës qui laissaient croire à bien des gens qu'on ne se supportait pas, alors qu'il en était autrement. Il était pour moi un frère, et en digne soeur cadette, je jouais mon rôle d'emmerdeuse. Alors que nous atteignions les limites de ce qui pouvait se dire, Hicham vint nous interrompre en catastrophe. <strong>S</strong> allait mal et il fallait quelqu'un apte à prendre son pouls et à faire un massage cardiaque si nécessaire : moi. </p>
<p style="text-align:justify;">Arrivée près d'elle, je pu constater qu'elle était toujours consciente malgré ses malaises. Son pouls était irrégulier, elle avait quelques étourdissements et des bourdonnements dans les oreilles. Malgré sa malformation cardiaque, <strong>S</strong> me répétait que le problème était sûrement une chute de pression. Je partis donc à la cuisine lui verser le verre de jus d'orange qu'elle réclamait. J'y croisai les regards inquiets de Rachid et Aziz. Je leur expliquai brièvement ce qui se passait et j'ajoutai : « Vous allez sans doute me trouver ridicule les mecs, mais j'ai l'impression d'avoir la tête qui tourne. C'est psychologique mon truc... » Rachid sourit à peine et me dit que je n'étais pas la seule. Aziz désamorça le tout en affirmant que nous avions un peu trop abusé de la shisha. Bien. Je retournai auprès de <strong>S </strong>et Hicham et après quelques gorgées de jus, on dû la ramener à la salle de bain. Elle avait la nausée. Alors que <strong>S</strong> était penchée au-dessus de la cuvette et que nous la maintenions du mieux que nous pouvions malgré le manque d'espace, Hicham s'affala sur le sol et sa tête se heurta à la baignoire. Je criai à l'aide. Aziz se pointa et pu retenir <strong>S</strong>, car je m'étalai à mon tour de tout mon long sur le sol. </p>
<p style="text-align:justify;">Je ne sais trop combien de minutes s'écoulèrent ensuite. Tous tombaient un à un sur le sol. Tous, sauf Kamal, Aziz et Rachid. Rachid n'était pas en super forme, mais il était en mesure de contacter les secours. De leur côté, Kamal et Aziz nous transportèrent dans le corridor de l'immeuble et cassèrent les fenêtres donnant sur l'extérieur afin que l'oxygène pénètre en bonne quantité. Certains reprenaient conscience petit à petit, mais <strong>S</strong> et moi gisions toujours sur le sol, totalement inconscientes. Nous flirtions avec la mort. </p>
<p style="text-align:justify;">L'ascenseur était en panne et le médecin tardait donc à arriver. Elle devait gravir les 7 étages et tout ça, avec son ventre de femme enceinte de 6-7 mois. Une fois sur place, elle se concentra sur <strong>S</strong>. C'était elle la plus à risque. Aziz et Kamal mirent tous les efforts pour me sauver. Mes problèmes pulmonaires faisant sûrement de moi une victime plus facile. Lorsque je repris conscience, Aziz avait ses doigts enfoncés dans ma gorge et je lui gerbais dessus. Les premiers mots que j'entendis furent: « Reprends conscience, <strong>F</strong> va me tuer, reprends conscience... » Faut dire qu'il prenait son rôle de frangin protecteur à coeur et qu'il y avait une entente silencieuse entre le DJ et lui : le DJ lui faisait totalement confiance pour garder un oeil sur moi en cas de pépin. Le médecin vint ensuite me faire des injections de codéine et après s'être assurée que l'appartement avait été bien aéré, elle nous dit qu'il n'y avait plus de danger. Nous sommes donc entrés sans nous poser plus de questions. Je ne me rappelle plus si on a prit le temps de manger, mais une heure ou deux après, nous étions au salon et je lance à Aziz: « Ça ne va. Je recommence à avoir des vertiges et du mal à respirer... ». À peine je prononçais ces mots que <strong>S</strong> était à nouveau inconsciente. On nous transporta d'urgence à la clinique. Début d'une deuxième intoxication au gaz...</p>
<p style="text-align:justify;">Tout le monde s'en sorti indemne, bien que <strong>S</strong> et moi avons eu des complications respiratoires dans les semaines suivantes. Kamal et Hicham trouvèrent enfin la source du problème : le tuyau qui reliait la bombonne de gaz à la plaque de cuisson avait un infime trou. Si infime que le gaz s'était accumulé toute la journée, alors que le tajine cuisait, que plusieurs s'étaient allumés des cigarettes au courant de la journée, que nous avions fumé la shisha une partie de l'aprem et ainsi de suite. Ça aurait pu être pire. Sans Kamal et Aziz qui avaient une bonne résistance aux émanations toxiques, ça aurait fait tout un scandale dans les journaux tangérois : <em>Neuf jeunes adultes sont décédés, intoxiqués au gaz, dans un appartement après, semble-t-il, une excentrique journée. Parmi ces neufs personnes, nous dénombrons trois étrangères dont deux espagnoles célibataires et une canadienne mariée et mère d'une jeune fille d'à peine 3 mois, une jeune femme marocaine célibataire et cinq marocains célibataires. Notons que l'époux de la canadienne n'était pas présent</em>. J'exagère à peine, car selon le médecin, si Kamal et Aziz n'avait pu nous sortir au couloir et s'étaient évanouis, il nous restait tout juste quelques minutes à vivre...</p>
]]></content:encoded>
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<title><![CDATA[Fragments du Maroc - Souvenir aléatoire 3]]></title>
<link>http://kennza.wordpress.com/2007/09/18/fragments-du-maroc-souvenir-aleatoire-3/</link>
<pubDate>Tue, 18 Sep 2007 23:34:18 +0000</pubDate>
<dc:creator>kennza</dc:creator>
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<description><![CDATA[La première fois que je suis allée me balader dans les souks de la Medina, c&#8217;était accompag]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;">La première fois que je suis allée me balader dans les souks de la Medina, c'était accompagnée de mon DJ. Je ne crois pas avoir acheté quoi que ce soit ce jour-là. Tout ce dont j'ai souvenir est l'ambiance qui y régnait. Je me souviens de certains faits qui m'apparaissaient cocasses, comme ce <del datetime="2007-09-17T16:25:10+00:00">guignol</del> <a href="http://www.alain-rempfer.com/photos/morocco/maroc/marocimages/Ma04PhM.jpg">porteur d'eau</a> arpentant les étroites rues bordées de kiosques et petites boutiques. Mon cerveau surchauffait. Trop d'images à enregistrer. Trop d'informations à trier et classer. Je rencontrais le sublime, mais aussi le misérable. Je vivais enfin <em><strong>le</strong></em> choc culturel ; celui que j'espérais trouver, celui qui m'avait appelé dans ces contrées lointaines, celui qui parviendrait à me faire oublier tout cet égoïsme et cette vie infernale auxquels j'avais tourné le dos en prenant place à bord du 747 me menant à l'aéroport Mohamed V en décembre 1998. J'avais bien fait un survol d'une journée de Casa. J'avais également pu faire un petit saut à Rabat. J'avais enfin pu marcher dans les rues de Tanger. Mais, malgré ma surprise lorsque je constatai que l'eau sale ayant servi à laver les planchers se déversait sur les trottoirs via de petits trous sur les murets avant des balcons des immeubles, je n'avais pas encore été complètement transportée. J'humais les divers parfums, même les plus mauvais, et j'essayais d'étoffer mes connaissances olfactives. Je scrutais la foule et j'arrivais déjà à déceler un paquet de trucs sur chaque personne, sans même les connaître. Le non verbal parlait à lui seul et plus qu'ailleurs. J'étais fascinée, mais n'empêche, il m'avait suffit que d'être témoin de quelques <em>salamaleks</em> pour me faire une joie d'y participer. Tantôt étincelants, tantôt ternes, les sourires qu'on m'offrait étaient pour moi d'une richesse inégalée. Quelques fous rires me gagnèrent lorsque je m'imaginais faire de même dans un supermarché à Montréal. Cette réserve, cette aseptisation de notre bulle m'avait fait perdre bien des découvertes, des introspections.</p>
<p style="text-align:justify;">J'explorais donc les ruelles marchandes de cette Medina et j'avais soif. Soif de connaissances, de découvertes, de révélations. Ce jour-là, je me fis la promesse de retourner errer dans cette vieille ville à chaque moment de découragement, chaque fois que je remettrais mon choix en question. C'est ce que je fis.</p>
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<p style="text-align:justify;">J'adorais cette petite boutique. Les trésors que j'y dénichais y étaient pour quelque chose. Toutefois, c'est la chaleur humaine qui m'y ramenait. J'y avais fait la connaissance du propriétaire : un homme d'un certain âge riche d'histoires abracadabrantes mais fascinantes. Nous avions sympathisé et dès lors qu'il me voyait passer le porche de son commerce, il partait me chercher un petit banc dans l'arrière-boutique en m'indiquant que notre thé à la menthe arriverait sous peu. Pas de coup de fil pour le commander à un quelconque café. Il faisait signe au jeune homme de la boutique en face et ce dernier venait nous en servir un verre. Je passais alors une heure à écouter les frasques de mon vieil ami et je profitais des quelques minutes où l'on était interrompus par des clients pour réfléchir aux pistes philosophiques où il m'avait conduite. C'était ça « mon » Maroc et tellement plus encore...</p>
]]></content:encoded>
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<title><![CDATA[Fragments du Maroc - Souvenir aléatoire 2]]></title>
<link>http://kennza.wordpress.com/2007/05/13/fragments-du-maroc-souvenir-aleatoire-2/</link>
<pubDate>Mon, 14 May 2007 02:48:26 +0000</pubDate>
<dc:creator>kennza</dc:creator>
<guid>http://kennza.wordpress.com/2007/05/13/fragments-du-maroc-souvenir-aleatoire-2/</guid>
<description><![CDATA[L&#8217;établissement était tout neuf. Les délais prévus étaient respectés. Chose surprenante ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;">L'établissement était tout neuf. Les délais prévus étaient respectés. Chose surprenante pour le Maroc, sachant combien les procédures administratives sont lentes et complexes, chacun s'amusant à relancer la balle à l'autre. À ce sujet, je me rappelle ce jour où nous préparions notre dossier pour l'autorisation de mariage (c'est bien compliqué lorsqu'il s'agit d'un couple mixte) et qu'à la mairie, le mec nous avait dit qu'il nous faudrait revenir avec tel papier en main, seul papier manquant. Lorsque nous y étions retournés en après-midi, c'était un autre employé qui lui, nous annonçait que non, ce papier n'était pas nécessaire, mais qu'en fait, il nous faudrait tel autre papier. Exaspérations... Le manège avait duré trois mois. Trois longs mois où nous passions de bureaux en bureaux, de Tanger à Rabat: de la mairie au commissariat, du notaire au consulat, du procureur à la mairie. Trois courts mois en fait, car nous avions usé des contacts familiaux, autrement, nous en aurions bien eu pour six mois.</p>
<p style="text-align:justify;">Je disais donc que, chose surprenante, les formalités administratives n'avaient pas mis un frein à l'ouverture prévue de l'école. J'avais pu rencontrer la direction et la majorité des professeurs que je côtoierais. J'avais fait la liste du matériel nécessaire pour ma classe, du nombre de tables et chaises jusqu'aux pots de gouache et de pinceaux. Que c'était excitant d'aménager cette classe du rez-de-chaussée où d'ici trois semaines, j'accueillerais mes deux groupes d'élèves ; de jeunes marocains âgés de trois à cinq ans. Je m'inquiétais peu de ne pas encore tout comprendre du dialecte marocain, car les petits sauraient se faire entendre, je n'en doutais pas. Je ne songeais pas une seconde aux difficultés de communication avec les parents. En fait, naïvement, je me disais qu'étant donné qu'il s'agissait d'une école privée, une école que fréquenteraient des jeunes nantis dont les parents avaient forcément un bon emploi et une bonne instruction, je pourrais communiquer en français. Je n'avais pas songé une seconde que ce seraient les «bonnes» qui ramèneraient les enfants à l'école et avec qui je devrais communiquer. Heureusement, mes collègues marocaines étaient là pour me venir en aide et m'écrire sur un bout de papier la traduction de ce que je voulais transmettre comme message.</p>
<p style="text-align:justify;">J'en étais venue à un accord avec la direction. Pour les deux premiers mois, je ne toucherais qu'un maigre salaire de 1700 dirhams (tout de même le salaire minimum marocain à cette époque). Mais après ces deux mois, j'aurais le salaire demandé (pas si exorbitant, car tout ce que je voulais, c'était m'occuper, me sentir utile, enseigner et on vivait déjà très bien avec les salaires du DJ) et j'aurais aussi le transport fournis (le minibus de l'école). Au début tout était si beau. J'avais tout le matériel nécessaire, ma classe était superbe, mes collègues étaient toutes sympathiques, mes élèves avaient chacun leur charme. Même le petit Karim qui s'amusait à uriner dans un des coins de la classe que pour m'embêter était adorable en d'autres moments. Ayant pour règle de ne leur parler qu'en français en tout temps, il leur fallu peu de temps à ces mômes pour comprendre ce que je déblatérais. Encore faut-il préciser que je ne leur servais pas mon accent québécois. Je l'avais mis au placard pour mieux me faire comprendre de ma belle-famille et des amis. Les mois s'écoulaient et chaque mois qui passait en était un de plus où je pouvais me répéter avec satisfaction que j'enseignais que parce que ça me plaisait, car mon salaire était toujours le même et personne n'avait encore eu le bonheur d'apercevoir le minibus de l'école. Chaque matin, je hélais un taxi et demandais au chauffeur de se rendre près du Consulat d'Espagne. C'était plus simple que de lui demander de me conduire dans le quartier California, à l'école dont ils n'avaient pas entendu parler pour la plupart. Peu surprenant, car lorsque je demandais aux <strong><em>taxistas</em></strong> de me conduire à <a href="http://www.medi1.com/">Medi1</a> (chaîne radiophonique qu'ils écoutaient tous pour la plupart lorsqu'ils n'écoutaient pas une cassette de Mohammed Marakchi ou Kadem El Saher) afin d'aller y rejoindre le DJ, rares étaient ceux qui savaient où c'était. Je devais préciser «<strong>rass msallah</strong>» pour qu'ils saisissent enfin où je voulais me rendre. Alors une nouvelle école privée, autant dire qu'ils ne connaissaient pas du tout et ne cherchaient pas à connaître.</p>
<p style="text-align:justify;">Un lundi matin, j'appris qu'on n'avait plus l'autorisation de faire des photocopies pour nos élèves avec le photocopieur de l'école. «Où dois-je les faire alors?» que j'avais demandé au directeur. «À vos frais, partout où ils en font» m'avait-il répondu. C'est à ce moment que je perdis mon sourire qui m'accompagnait chaque jour. Alors que j'avais souri la semaine précédente lorsqu'on m'avait annoncé que je devrais apprendre l'hymne national marocain pour ensuite le «chanter» avec mes élèves chaque matin, je rageais ce matin-là en essayant de me rappeler les paroles autres que les deux premières phrases: «<strong>manbita al ahrar, machriqa al anwar*</strong>» et la dernière: «<strong>Allah, Al Watan, Al Malik**</strong>». Alors que le petit Karim me flanqua un coup de pied sur le tibia lorsque je lui demandai de nettoyer le coin qu'il avait encore arrosé, je me dis que c'était une bonne chose que d'être enceinte. J'allais quitter l'établissement et comme me le dit effrontément le directeur, sa nièce se ferait un plaisir de prendre mon poste pour un salaire de 1000 dirhams. L'établissement n'avait pas eu à faire face à des annulations d'inscription car il avait ouvert ses portes à la date promise, mais il perdit vite la face lorsque ses meilleurs enseignants furent remplacés par du personnel non qualifié, acceptant des salaires de misère, salaires qui les sortiraient de leur misère.</p>
<p style="text-align:justify;">C'est ça aussi le Maroc, mais je vais vous dire, je serais prête à retourner y vivre dès demain.</p>
<p><strong>*Manbita al ahrar, machriqa al anwar</strong>: Berceau des hommes libres, source des lumières<br />
<strong>** Allah, Al Watan, Al Malik</strong>: Dieu, la patrie, le roi</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Fragments du Maroc - Souvenir aléatoire 1]]></title>
<link>http://kennza.wordpress.com/2007/05/06/fragments-du-maroc-souvenir-aleatoire-1/</link>
<pubDate>Sun, 06 May 2007 17:02:37 +0000</pubDate>
<dc:creator>kennza</dc:creator>
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<description><![CDATA[Ils étaient là à nous scruter, se demandant peut-être ce qu&#8217;une gawria* pouvait avoir de p]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;">Ils étaient là à nous scruter, se demandant peut-être ce qu'une <em><strong>gawria</strong>*</em> pouvait avoir de particulier. En fait, je ne sais trop ce qu'ils avaient en tête en nous voyant faire les nombreux voyages entre le premier étage et le trottoir. Des images précises? Le désir de s'immiscer au premier pour épier nos gestes? Se laissaient-ils porter par le flot, espérant, devinant nos mots? Ce que j'en sais, c'est que les jours défilaient et <em>le mal</em> qui les habitait avait gagner les résidents de l'immeuble, mais également toutes les âmes de ce quartier nommé Castilla. Ce n'est pas tous les jours qu'une <em><strong>9ab9obia</strong>**</em> s'installait dans leur quartier. Des sourires discrets des premiers moments naquirent des <em><strong>Salamou Alaikoum</strong></em> respectueux. Il faut dire que le sympathique petit couple de concierges de notre immeuble avait informé à peu près tout le monde que <em>l'étrangère</em> comprenait le dialecte marocain et usait de toutes les formules de politesse et il va sans dire que le gardien du quartier avait aussi prit soin de propager la <em>bonne nouvelle</em>.</p>
<p style="text-align:justify;">Certes, tout cela aurait pu me choquer, mais il n'en était rien. J'appréciais ce naturel amical, je me plaisais dans ces salutations, car bien qu'elles pouvaient paraître que formules dictées par un automatisme culturel, je savais qu'elles étaient toutes intéressées. C'est ainsi que je pris plaisir à saluer tout un chacun, à reconnaître le voisin du dessus en lui souriant, à demander des nouvelles des enfants de nos concierges, à m'enquérir de la mère de la dame de l'immeuble voisin. Lorsque je rendais visite à ma belle-mère, j'appréciais que le chien du gardien de son quartier vienne à ma rencontre au-dessus de la côte, près de la salle de basket, m'accompagnant jusqu'à l'entrée de l'immeuble un peu plus bas. Il avait suffit d'un petit mois pour que je fasse partie intégrante de mon quartier, mais aussi du tout Tanger. Je croisais chaque jour, à divers endroits, des personnes que je connaissais ou qui me connaissaient et me saluaient, disant ensuite à la personne qui les accompagnait que j'étais la <em>canadienne</em> ou pour d'autres la femme du DJ bossant à Medi1 ou encore pour d'autres l'enseignante de l'École Noure. La référence changeait selon la personne que je croisais. Il fallu moins d'un mois pour que mon boucher devine ce que je voulais ;  moins d'un mois pour que je demande à mon petit épicier du quartier d'inscrire la note dans son carnet (et le mien) question que je repasse payer quand j'aurais plus de temps. Quelques mois plus tard, alors que je venais tout juste de rentrer à la maison avec ma petite merveille née le jour précédent, une voisine frappa pour me féliciter et m'offrir un énorme bouquet de fleurs et quelques plats. Cette voisine dont j'ignorais même le prénom, mais avec qui j'avais quelques petites conversations de politesse chaque jour où je la croisais, m'offrit son aide en cas de besoin.</p>
<p style="text-align:justify;">Cette familiarité pouvant laisser, aux premiers contacts, un sentiment d'envahissement avait vite fait partie de mes habitudes quotidiennes. J'appréciais cet intérêt porté envers tout un chacun. Je l'appréciais d'autant plus lorsque je songeais à ces voisins de mon immeuble de l'Île-des-Soeurs, que je ne connaissais que de visage, qui auraient été bien surpris et peut-être choqués si j'avais osé les saluer en prenant des nouvelles de leur famille. Alors qu'au Québec, je n'avais pas vraiment remarqué cet individualisme, ce nombrilisme, il me sautait en plein visage au Maroc. C'était là ce qu'on pouvait appeler un choc culturel.</p>
<p>*<strong>Gawria</strong>: occidentale<br />
**<strong>9ab9obia</strong>: québécoise</p>
]]></content:encoded>
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