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	<title>lecriture-pour-les-nuls &amp;laquo; WordPress.com Tag Feed</title>
	<link>http://wordpress.com/tag/lecriture-pour-les-nuls/</link>
	<description>Feed of posts on WordPress.com tagged "lecriture-pour-les-nuls"</description>
	<pubDate>Thu, 21 Aug 2008 06:36:47 +0000</pubDate>

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<title><![CDATA[petit aperçu d'orthotypographie pratique]]></title>
<link>http://jcheckers.wordpress.com/?p=463</link>
<pubDate>Mon, 28 Jan 2008 09:29:26 +0000</pubDate>
<dc:creator>Jean-Christophe Heckers</dc:creator>
<guid>http://jcheckers.wordpress.com/?p=463</guid>
<description><![CDATA[J&#8217;étais en train de m&#8217;interroger sur le sort réservé à certaine version tapuscrite d]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://jcheckers.wordpress.com/files/2007/12/plo-29.jpg" alt="plo-29.jpg" align="left" border="36" height="150" width="225" /><font size="2"><span style="font-style:normal;">J'étais en train de m'interroger sur le sort réservé à certaine version tapuscrite de </span><i>L'Etoile des Chiens</i><span style="font-style:normal;"> qui semblait avoir glissé du disque dur pour tomber dans les limbes, lorsque j'ai songé que, de toute façon, même en utilisant une baguette de sourcier, une boule de cristal, du marc de café soluble ou les si subtiles compétences de la  superextralucide voyante-trapéziste-psychothérapeute la plus proche [1], je n'arriverais pas à retrouver cette saloperie de fichier, et qu'il me faudrait par conséquent effectuer un travail comparatif entre le pdf mis sur Alexandrie Online et le fichier OpenOffice qui me reste.</span></font></p>
<p style="margin-bottom:0;" align="justify"><font face="Trebuchet MS, sans-serif"></font><font size="2"><span style="font-style:normal;">Sur lequel il y a au moins un problème de taille.</span></font></p>
<p style="margin-bottom:0;" align="justify"><font face="Trebuchet MS, sans-serif"></font><font size="2"><span style="font-style:normal;">Les dialogues.</span></font></p>
<p style="margin-bottom:0;" align="justify"><font face="Trebuchet MS, sans-serif"></font><font size="2"><span style="font-style:normal;">Ils ne respectent pas les convenances. Donc, ma mémoire défaillant sur ce point, je suis allé repêcher un vieux billet publié ailleurs, et le flanque ici où j'aurai peut-être un peu moins de mal à le retrouver (si je le classe dans la bonne rubrique, préalable essentiel).</span></font></p>
<p style="margin-bottom:0;" align="justify">&#160;</p>
<p style="margin-bottom:0;" align="justify">&#160;</p>
<p style="margin-bottom:0;" align="justify"><font face="Trebuchet MS, sans-serif"></font><font size="2"><span style="font-style:normal;">Un dialogue, si l'on veut respecter la règle, se traite avec déférence de la façon suivante :</span></font></p>
<p style="margin-bottom:0;" align="justify">&#160;</p>
<p style="margin-left:1cm;margin-right:1cm;text-indent:0.5cm;margin-bottom:0;font-style:normal;" align="justify"> <font face="Trebuchet MS, sans-serif"></font><font size="2"></font><font color="#b84700">« </font>Je ne me souviens pas d'avoir commandé deux parts de bléseff, murmura le Vénusien aphone tandis que le serveur octopode s'éloignait en ondulant.</p>
<p style="margin-left:1cm;margin-right:1cm;text-indent:0.5cm;margin-bottom:0;" align="justify"> <font color="#b84700">― </font><font face="Trebuchet MS, sans-serif"></font><font size="2"><span style="font-style:normal;">Est-ce si grave ? </span></font><font color="#b84700"><span style="font-style:normal;">s</span></font><span style="font-style:normal;">'enquit l'Ambassadeur de Neptune. </span><font color="#b84700"><span style="font-style:normal;">S</span></font><span style="font-style:normal;">i vous voulez, nous pouvons émettre une protestation officielle.</span></p>
<p style="margin-left:1cm;margin-right:1cm;text-indent:0.5cm;margin-bottom:0;" align="justify"> <font color="#b84700">―</font> <font face="Trebuchet MS, sans-serif"></font><font size="2"><span style="font-style:normal;">Grave, certes non, mais je crois avoir demandé une Forêt-Noire.</span></font><font color="#b84700"><span style="font-style:normal;"> »</span></font><span style="font-style:normal;"> Il regardait son assiette avec consternation. </span><font color="#b84700"><span style="font-style:normal;">« </span></font><span style="font-style:normal;">En plus, ça remue, là-dedans.</span><font color="#b84700"><span style="font-style:normal;"> »</span></font></p>
<p style="margin-left:1cm;margin-right:1cm;text-indent:0.5cm;margin-bottom:0;font-style:normal;" align="justify"> <font face="Trebuchet MS, sans-serif"></font><font size="2">Les quatre émissaires de Mercure firent une moue horrifiée.</font></p>
<p style="margin-left:1cm;margin-right:1cm;text-indent:0.5cm;margin-bottom:0;font-style:normal;" align="justify"> <font face="Trebuchet MS, sans-serif"></font><font size="2"></font><font color="#b84700">« </font>Serveur ! <font color="#b84700">h</font>urla le seul terrien qui avait d'un seul coup envie de vomir.</p>
<p style="margin-left:1cm;margin-right:1cm;text-indent:0.5cm;margin-bottom:0;" align="justify"> <font color="#b84700">― </font><font face="Trebuchet MS, sans-serif"></font><font size="2"><span style="font-style:normal;">Laissez-donc, </span></font><font color="#b84700"><span style="font-style:normal;">f</span></font><span style="font-style:normal;">it le Vénusien.</span></p>
<p style="margin-left:1cm;margin-right:1cm;text-indent:0.5cm;margin-bottom:0;font-style:normal;" align="justify"> <font face="Trebuchet MS, sans-serif"></font><font size="2">Il fit un geste pour écarter l'octopode qui faisait mine d'approcher.</font></p>
<p style="margin-left:1cm;margin-right:1cm;text-indent:0.5cm;margin-bottom:0;font-style:normal;" align="justify"> <font face="Trebuchet MS, sans-serif"></font><font size="2"></font><font color="#b84700">« </font>C'est affreux, <font color="#b84700">m</font>urmura un Mercurien. Je ne pourrais pas avaler ça.<font color="#b84700"> »</font></p>
<p style="margin-left:1cm;margin-right:1cm;text-indent:0.5cm;margin-bottom:0;font-style:normal;" align="justify"> <font color="#000000"></font><font face="Trebuchet MS, sans-serif"></font><font size="2">Un grand silence se fit.</font></p>
<p style="margin-left:1cm;margin-right:1cm;text-indent:0.5cm;margin-bottom:0;font-style:normal;" align="justify"> <font color="#000000"></font><font face="Trebuchet MS, sans-serif"></font><font size="2"></font><font color="#b84700">« </font>De toute façon, je n'ai plus faim<font color="#b84700"> »</font>, conclut le Vénusien d'un ton aigri.</p>
<p style="margin-bottom:0;" align="justify">&#160;</p>
<p style="margin-bottom:0;font-style:normal;" align="justify"> <font color="#000000"></font><font face="Trebuchet MS, sans-serif"></font><font size="2">Il faut donc un guillemet (bien français) ouvrant en début de dialogue, pas de majuscule en début d'incise[2] même si la ponctuation y inciterait , surtout pas de guillemet en reprenant la tirade après l'incise, un tiret quadratin pour les répliques[3], et un guillemet fermant (tout aussi français !) pour clore le dialogue. Voilà la base.</font></p>
<p style="margin-bottom:0;font-style:normal;" align="justify"> <font color="#000000"></font><font face="Trebuchet MS, sans-serif"></font><font size="2">Au sein du dialogue, tout élément étranger à l'intervention (comme le fait de regarder une assiette avec consternation) n'étant pas une incise, on fermera préalablement le guillemet (toujours français) avant de le rouvrir avec distinction en reprenant le blabla de l'interlocuteur.</font></p>
<p style="margin-bottom:0;font-style:normal;" align="justify"> <font color="#000000"></font><font face="Trebuchet MS, sans-serif"></font><font size="2">Une intervention isolée sera dûment traitée avec les guillemets ouvrant et fermant (ils demeurent français, que voulez-vous qu'ils soient sinon ?), et l'incise traitée de la même façon qu'ailleurs (avec respect).</font></p>
<p style="margin-bottom:0;font-style:normal;" align="justify"> <font color="#000000"></font><font face="Trebuchet MS, sans-serif"></font><font size="2">À noter qu'une incise en fin de dialogue, comme celle de la dernière ligne de mon exemple, doit être précédée d'un guillemet fermant (je n'en répéterai pas la nature pour qu'on ne dise pas que je suis chauvin, vous la connaissez désormais), puisque le dialogue est clos, et toujours autant dépourvue de majuscule initiale.</font></p>
<p style="margin-bottom:0;" align="justify">&#160;</p>
<p style="margin-bottom:0;" align="justify">&#160;</p>
<p style="margin-bottom:0;font-style:normal;" align="justify"> <font color="#000000"></font><font face="Trebuchet MS, sans-serif"></font><font size="2">Voilà pour les préoccupations <i>orthotypographiques</i>[4]. Il me faudra désormais un bon moment avant de parvenir à chasser les errements pourtant jadis exterminés, à mettre de sains guillemets français ouvrants et fermants là où il faut, à les exterminer là où ils n'avaient rien à faire, et à revoir les coquilles qui auront ce faisant une fois de plus surgi par inattention (parce que laisser des </font><font color="#800000">?,</font> c'est affreux affreux).</p>
<p style="margin-bottom:0;font-style:normal;" align="justify">&#160;</p>
<p style="margin-bottom:0;font-style:normal;" align="justify"> <font color="#000000"></font><font face="Trebuchet MS, sans-serif"></font><font size="2">Mais cet exercice douloureux (déjà fait il y a plusieurs mois) sera réservé à quelque jour ultérieur puisque, comme j'ai dû le laisser entendre, j'ai encore du paragraphe à moudre avant de me hurler « Repos !!! » avec une vigueur propre à me rendre sourd.</font></p>
<p style="margin-bottom:0;font-style:normal;" align="justify">&#160;</p>
<p style="margin-bottom:0;font-style:normal;" align="justify">&#160;</p>
<p style="margin-bottom:0;font-style:normal;" align="justify">&#160;</p>
<p style="margin-bottom:0;" align="justify"><font face="Trebuchet MS, sans-serif"></font><font size="2">[1] Le cumul est parfois préférable pour assurer les fins de mois, l'extralucidité pouvant être fluctuante.</font></p>
<p style="margin-bottom:0;" align="justify"><font size="2"></font><font face="Trebuchet MS, sans-serif"></font><font size="2"><span>[2] Proposition généralement de peu d'étendue et syntaxiquement indépendante, intercalée entre virgules dans le corps de la phrase ou rejetée à la fin de celle-ci, utilisée pour indiquer que l'on rapporte les paroles ou les pensées de quelqu'un ou pour introduire diverses nuances (supposition, opinion, explication, interrogation) [définition dispensée sur <a href="http://www.lexilogos.com/francais_langue_dictionnaires.htm" target="_blank">Lexilogos</a>].</span></font></p>
<p style="margin-bottom:0;" align="justify"><font face="Trebuchet MS, sans-serif"></font><font size="2">[3] On peut préférer, pour des raisons esthétiques ou de cohérence graphique, le tiret demi-quadratin, celui dont on use ici et là pour remplacer les parenthèses. Il est vrai que certains voient d'un mauvais oeil la multiplication des genres de tirets. ― ou – mélangés, ça fait vite désordre. Noter que le tiret quadratin occupe l'empattement du M (remarqué-je juste pour faire mon intéressant). On écrit également cadratin ou empatement, mais je fais encore mon intéressant, là, promis j'arrête pour cette fois.</font></p>
<p style="margin-bottom:0;" align="justify"><font face="Trebuchet MS, sans-serif"></font><font size="2">[4] Ce vocable n'est pas reconnu par les dictionnaires consultés, mais qu'importe.</font></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Mon Dieu virgule quelle horreur point d'exclamation]]></title>
<link>http://jcheckers.wordpress.com/2007/11/24/mon-dieu-virgule-quelle-horreur-point-dexclamation/</link>
<pubDate>Sat, 24 Nov 2007 09:52:53 +0000</pubDate>
<dc:creator>Jean-Christophe Heckers</dc:creator>
<guid>http://jcheckers.wordpress.com/2007/11/24/mon-dieu-virgule-quelle-horreur-point-dexclamation/</guid>
<description><![CDATA[
J’avais déjà pondu quelques lignes sur la question du style dans un article[1] intitulé Une pe]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><a title="ws_aground_ship_1024x768.jpg" href="http://jcheckers.wordpress.com/files/2007/11/ws_aground_ship_1024x768.jpg"><img src="http://jcheckers.wordpress.com/files/2007/11/ws_aground_ship_1024x768.jpg" alt="ws_aground_ship_1024x768.jpg" hspace="9" width="222" height="168" align="left" /></a></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">J’avais déjà pondu quelques lignes sur la question du style dans un article[1] intitulé Une petite tape(tte) sur la joue (<a href="http://shadowline.over-blog.com/article-3258516.html" target="_blank">ici</a>) [2], mais suite à la réaction d’<a href="http://blog.bebook.fr/ishtar/">Ishtar</a> après la publication de la nouvelle <em><a href="http://www.alexandrie.org/resum.php?lid=243" target="_blank">Equinoxe</a></em> sur Alexandrie Online, j’étais revenu sur ce qui est parfois un douloureux problème. Comme l’article risquait de demeurer enfoui dans mon précédent blog, j’ai songé qu’il serait gentil de lui donner un second souffle ici.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Dans ma toute première tentative pour aborder ce délicat sujet, j’écrivais, pompeux et sérieux comme un pape constipé, <em>« Le style, c'est la façon très personnelle qu'aura un auteur de triturer l'écriture pour la faire sienne, et par là même unique, reconnaissable. Le style, c'est un ensemble de règles implicites, une démarche que l'on établit pour soi, et le résultat de l'application de cette démarche, de ces règles. Il va au-delà de la simple écriture. Il singularise. »</em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Admettons.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Je ne vais pas gloser sur cette péremptoire affirmation, à laquelle j’accorde encore et toujours mon soutien (que je pourrais modérer si j’en avais envie).</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Je peux en revanche poser une question subsidiaire : le style, hein, comment que ça s’acquière, concrètement ?</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Je vous invite à vous mettre en situation.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Un jour (ou peut-être une nuit), quelque chose soudain grattouille là entre les doigts, et abandonnant toute raison on se précipite sur du papier, puis sur un crayon, avant de se frotter les tempes avec un air entre halluciné et désespéré.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">L’inspiration vient de frapper à l’huis et on a décidé de la laisser rentrer. Peu importe ce qui aura motivé cette décision : on veut écrire (peut-être bien un roman). Et, parce qu’on n’a pas peur du ridicule, on n’appelle même pas un psychiatre pour lui demander de l’aide (plumitiver, c’est quand même une sorte de perversion, mieux vaudrait couper le mal à la racine).</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Les premières pages ressembleront fort aux petites rédactions qu’on devait pondre régulièrement dans notre jeune âge pour des raisons misérablement scolaires. Ce sera raide, imprécis, mal fichu, mais quand le démon guide la main, on s’en fiche bien. On se sent pousser des ailes d’écriveron, pour reprendre le joli terme utilisé par <a href="http://mots-et-cris.over-blog.fr/">K.Rine</a>, peu importe le reste.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Les pages suivantes récolteront le fruit de nombreuses heures de corrections apportées aux premières : soudain l’imparfait du subjonctif paraîtra aller de soi, et le placement de la virgule ne se fera plus au pif. Ce ne sera qu’un début. Les tournures malheureuses, l’absence de vie dans l’exposé d’une promenade dominicale sous la pluie dans le marais poitevin, vont laisser un sentiment légèrement amer.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Celui-ci s’estompera ultérieurement. On commencera tout doucement à se laisser habiter par l’écriture. Jusqu’au moment où tout viendra comme on respire. Parce qu’une des clés du style, c’est (à mon sens) la faculté de faire vivre en soi ce qu’on raconte. Plus on aura le sentiment que ce pourrait être vrai (même si c’est dans un environnement Guerre des Etoiles), mieux la façon de le retranscrire se développera.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Le style a un aspect organique. Il pousse comme une plante, peu à peu, ronce ou lys ce n’est pas la question, car la seule exigence préalable est d’accepter la manière dont il se développe, sans vouloir greffer du pommier sur une acanthe pour la simple raison qu’on aura trouvé qu’Untel écrit mieux que soi et qu’on devrait s’en inspirer[3]. Mais pour éviter qu’il ne s’étiole, il faut et s’impliquer (presque) totalement dans l’écriture, et ne pas manquer d’exigence envers soi-même. Exercice apparemment contradictoire. Mais il s’effectue en deux temps, l’écriture brute d’une part, le remodelage d’une autre.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Ce n’est pas aisé. C’est long, parfois pénible, mais apporte toujours grande satisfaction. Pour expliciter brièvement le processus, je vais devoir utiliser un vocable abscons : rétroaction (en anglais feedback, mais c’est moins élégant). On écrit, on voit les défauts, on corrige, on continue d’écrire en intégrant les modifications de style induites par la correction précédente, et ainsi de suite, dans un perpétuel mouvement en spirale plutôt que circulaire. Les premières pages étaient pleines d’angles, d’aspérités rebutantes, les suivantes en arrondissent le contour, et en précisent la forme. Pas forcément celle qu’on a choisie. Plutôt, celle avec laquelle on a le plus d’affinité.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">L’écriveron (décidément, j’adore ce mot) se forge ses propres outils, les refond à mesure que les besoins deviennent plus précis. Il taille de mieux en mieux les pierres de son édifice. Un jour, il disposera d’un beau manoir à son goût. D’autres viendront alors jaser sur son goût de chiottes[4]. Et alors ? Il aura enfin son style, imparfait mais identifiable, qu’il peaufinera sans cesse parce qu’au bout d’un moment on le fait sans s’en rendre compte.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Il regardera, bien sûr, les demeures des voisins. Jugera chez l’un que la tourelle à l’angle fait un peu prétentieux, chez l’autre que le péristyle est tout à fait charmant. Il aura peut-être des réticences à trouver sa propre architecture plus que convenable, même si elle l’est. Autant dire que, de toute façon, il passera toute sa vie à abattre des cloisons, à modifier l’intérieur, à démolir la grange inutile pour installer une piscine. L’insatisfaction permanente est le destin tragique du plumitif. Sur son lit de mort, il pensera encore qu’il aurait dû remplacer quelque part « bistouquette » par « fier membre », et passera de l’autre côté en regrettant de ne pouvoir emporter ses brouillons.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Mais, me dira-t-on, je mélange des considérations botaniques et architecturales pour parler du style ! Eh bien ! Ma foi, puisque je me réserve le droit de traiter n’importe comment un sujet aussi grave, devrais-je y renoncer à cause d’une telle remarque ? La façon de mener mon propos fait aussi partie de mon style. Si je dois la modifier, ce choix n’appartiendra qu’à moi seul. Et puis on va finir par m’agacer, à critiquer comme ça bêtement.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Enfin… Concluons sur une note positive. On peut se dire que son style paraît « guindé, terne, imprécis, sommaire et inanimé », pour reprendre les termes d’Ishtar. A quoi je lui répondrai : aujourd’hui, peut-être. Mais demain, il n’en sera plus ainsi. Dans une semaine, encore moins. Et dans dix ans, quelle rigolade de retrouver des pages d’antan, bourrées de défauts !</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Pour finir tout à fait, deux mots au sujet d’<em>Equinoxe</em>, qui pourront éclairer certaines considérations précédentes, dont une note de bas de page. Je serais désormais incapable d’écrire de la sorte. L’évolution du style ne permet jamais de retour en arrière, d’une part, et d’autre part il faut noter un point important au sujet précisément de ce texte. Il répond à une influence manifeste alors, reniée depuis. Celle de William Burroughs. Sans aller jusqu’à me lancer dans le cut-up[5], j’étais tenté par les dislocations. Les poèmes d’Éclipse etc. sont de la même veine. Et c’est là le défaut majeur de cette nouvelle : d’une certaine façon, je ne m’y reconnais pas. Elle a un style, mais composite. Un peu de moi, un peu d’ailleurs… Pourtant, je ne sais pourquoi, je l’aime bien tout en la détestant. D’où cette publication comme qui dirait à tout hasard, qui rencontre un inexplicable succès alors que le recueil <em><a href="http://www.alexandrie.org/resum.php?lid=235" target="_blank">Presque Rien</a></em> qui est d’une toute autre tenue (et d’un tout autre style) mériterait selon moi plus d’égards que cette espèce de truc-machin.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">
<p class="MsoNormal" style="text-align:center;" align="center"><em></em></p>
<hr size="2" /><em> </em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><em><span style="color:#dddddd;">[1] « Article » ! Et pourquoi pas « Essai », tant que t’y es ? </span></em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><em><span style="color:#dddddd;">[2] Je dois m’excuser auprès des fervents de Parisianboys. J’avais alors été légèrement perfide à l’égard de ce blog. Quoique, en fait, je ne renie rien : il y a chez Parisianboys plus de contenant que de contenu, et en outre j’ai besoin d’un peu plus de finesse que ça pour me réjouir. </span></em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><em><span style="color:#dddddd;">[3] On le fera toujours, c’est un passage un peu obligé que de céder aux influences. Mais il ne faut pas leur donner plus d’importance qu’elles doivent en avoir. Les modèles sont faits pour s’en détacher, faute de quoi on risque de devenir impersonnel. </span></em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><em><span style="color:#dddddd;">[4] Le grand mérite des critiques est de reconnaître avant tout les défauts, et d’insister sur le fait que Machin, au moins, sait écrire. </span></em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><em><span style="color:#dddddd;">[5] Le cut-up s’apparente au collage en peinture. On découpe un texte, écrit par soi ou par un autre, pour le recombiner en un nouvel écrit (pour résumer la chose plus que sommairement).</span></em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Mauvaise (il était une) Foi]]></title>
<link>http://jcheckers.wordpress.com/2007/11/15/mauvaise-il-etait-une-foi/</link>
<pubDate>Thu, 15 Nov 2007 11:37:38 +0000</pubDate>
<dc:creator>Jean-Christophe Heckers</dc:creator>
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<description><![CDATA[Zigzaguant entre Alexandrie Online, la Mare aux Nénuphars de Cocyclics et le blog de Sylvie Parthen]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Zigzaguant entre <a href="http://www.alexandrie.org/modules.php?ModPath=CentralBoard&#38;ModStart=CentralBoard" target="_blank">Alexandrie Online</a>, la <a href="http://www.cocyclics.org/punBB/index.php" target="_blank">Mare aux Nénuphars</a> de Cocyclics et le blog de Sylvie Parthenay (<a href="http://laplumedys.blog4ever.com/blog/index-71436.html" target="_blank">La Plume d’Ys</a>), je retrouve les invariables brûlantes questions que se pose quiconque plumitive sans vergogne, voire veut avec fatuité prétendre river à l’entrée de son logis une plaque (dorée et à fioritures) d’écrivain (qui reçoit sur rendez-vous) en se passant d’avis autorisés [1]. On n’y coupe pas, comme l’écrit Sylvie Parthenay, <em>«Ecrire est à la mode, tout le monde pense avoir du talent et qu'il suffit de s'y mettre quelques semaines pour écrire un best-seller. La génération de la Star'Ac est passée par là, en faisant croire au mirage de la célébrité pour le moindre effort.»</em> Si écrire est plus que jamais à la mode, ce dont peut également témoigner l’engouement pour les blogs, on ne répétera jamais assez que la France est depuis longtemps pays fertile pour les littérateurs de tout poil et qu’on s’y targue plus qu’ailleurs de prendre plume pour écrire <em>son</em> roman (de préférence à tout autre domaine, bien que la poésie continue de pousser comme les orties au bord des chemins).</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Nous autres, petits moutons bêlants du grand troupeau des plumitifs, avons donc toujours les mêmes interrogations, malgré la pléthore de savants manuels, d’articles insondables, et de fructueuses discussions de fond de bistro qui devraient nous apporter des réponses définitives avant même que nous ayons eu possibilité de poser un point d’interrogation quelque part. Voici quelques exemples qui surgissent des tréfonds de nos doutes métaphysiques.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:center;" align="center"><em><strong>Qu’est-ce qu’un roman?</strong></em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:center;" align="center"><em><strong>Qu’est-ce qu’une nouvelle?</strong></em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:center;" align="center"><em><strong>Faut-il employer une méthode (et laquelle) ou travailler intuitivement?</strong></em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:center;" align="center"><em><strong>Comment choisir son éditeur?</strong></em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:center;" align="center"><em><strong>Sonnet ou vers libre? [2]</strong></em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:center;" align="center"><em><strong>Comment construire un récit?</strong></em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:center;" align="center"><em><strong>J’ai le style d’un cloporte, est-ce grave?</strong></em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:center;" align="center"><em><strong>Pour ou contre le happy end?</strong></em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:center;" align="center"><em><strong>L’intrigue, c’est quoi?</strong></em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:center;" align="center"><em><strong>Péripétie, est-ce un gros mot?</strong></em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:center;" align="center"><em><strong>Comment construire de bons personnages?</strong></em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Si l’art du doute doit être manié avec précaution (trop handicape, pas assez risque de provoquer un gonflement des chevilles), il reste nécessaire à chaque étape de la production scribouillante. Outre les questions préalablement exposées, on se demandera si notre idée de départ vaut un peu plus qu’un soupir. Plus tard on butera sur des écueils (ici également relevés chez Sylvie Parthenay): la cohérence, la bonne tenue des dialogues, la documentation, le découpage, le maniement du suspens, les transitions... Avant de considérer que, tout bien considéré, on écrit comme un pied (et qu’il reste beaucoup de travail pour parfaire notre futur Goncourt).</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Pour un peu, les obstacles étant plus nombreux que les tessons de bouteilles sur la plage où nous rêvions de nous promener pieds nus, folâtrant gaiement au bras d’une poupée gonflée à l’hélium et surblondie à l’eau oxygénée à qui il faudra mille fois expliquer la dernière pub pour la Vache qui rit / au bras de Mister Univers du Camping des Eaux Calmes qui ne sait pas ce qu’est un dictionnaire, nous abandonnerions cette pénible activité au bout de quelques pages si nous n’étions pas quelque peu atteints du ciboulot. En effet, non seulement nous nous acharnons sur un ixième texte qui vaudra à peine l’éloge des insectes papivores, mais en plus nous sommes promis à la récidive. Funeste perspective! Qui a mis plume dans l’engrenage le sait, il est très vite impossible de se sortir de la machine à mots. Un texte écrit fait surgir le désir du suivant, et c'est comme ça qu'on se retrouve à la tête de quatre-vingt-sept romans virgule quarante-deux (après la virgule, c'est celui qui restera inachevé à l'heure du trépas).</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Ami scribouillard, comme moi tu désespères de ne jamais t’en sortir? Tu voudrais savoir comment te défaire de cette rage qui te pousse à entasser paragraphe sur paragraphe, à user du guillemet français et du tiret semi-cadratin? Tu ne rêves que d’avoir pour seul plaisir celui procuré par le ronronnement ahuri de la télévision? Le mot <em>roman</em> te plonge dans des transes infinies qui te sont insupportables? Et toi, ami poète, que l’alexandrin tarabuste jusque dans ta salle de bains, tu préférerais non compter les pieds des maudits vers de tes maudits sonnets, mais les cases à remplir dans ta déclaration d’impôts?</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Puis-je te le confier? Comme moi, cesse donc de te bercer d’illusions. Tu ne seras jamais Duras, Asimov, Maupassant, Borges, Hemingway, Zelazny… certes cela est pitoyable et tu t’en rends bien compte mais il y a pis… tu ne cesseras jamais d’écrire, de vouloir écrire, d’avoir écrit, de ne pas réussir à écrire à cause de cette $°}*¤ d’inspiration qui flageole en permanence. T’es cuit, sache-le. Quoi que tu fasses, ton vice t’accompagnera jusqu’à la mort, même si tu devais le cacher jusqu’à ton dernier souffle. Tu maudiras le jour où la muse t’a planté une plume entre les doigts au lieu d’un gros poil dans la paume (remarque, il y était peut-être déjà). Tu navigueras dans les regrets d’avoir écrit de mauvaises pages, de ne pas les avoir écrites, de vouloir en écrire. Sache d’ailleurs qu’il pourrait t’arriver plus horrible: Avoir du succès. Être édité. Lu. Avoir des entretiens avec des journalistes. Le Goncourt pourrait même te tomber dessus malgré des efforts désespérés pour y échapper.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Tu l’auras alors collée sur le front, ton étiquette «écrivain», ou «poète» ou les deux en même temps (tiens, prends Paul Auster, il est romancier <em>et</em> poète, donc doublement taré, le pauvre). Et là, impossible de renier les faits.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Pour autant, tu auras toujours tes doutes, tes incertitudes, qui te rongeront aux tréfonds de ton lit alors que la blondasse sus-mentionnée te grignotera les lobes des deux oreilles en même temps (sic) / que Mister Univers voudra à tout prix voir la fin de Co-lente-tas avant de te prouver qu’il sait encore faire des galipettes sur moquette.[3]</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Bon, je veux bien t’aider un peu. Veux-tu, comme moi, avoir quand même des débuts de réponses aux questions existentielles posées plus haut? En quelques mots, alors, parce qu’on ne va pas y passer la journée. Surtout ne viens pas te plaindre ensuite, je fais juste ça pour rendre service, si j'ai tort que que tu prends mes réponses pour argent comptant, il ne faudra pas dire que c'est de ma faute.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
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<h3><strong>Qu’est-ce qu’un roman?</strong></h3>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Un roman est un genre d’ouvrage d’épaisseur variable, qui peut friser la taille d’une nouvelle obèse, mais s’en distinguera en tournant de préférence autour du pot, et va jusqu’à se découper en plusieurs tomes de cinq-cent pages chaque histoire de faire chier le monde, en se mettant en orbite autour du même récipient.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<h3><strong>Qu’est-ce qu’une nouvelle?</strong></h3>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Une nouvelle est un texte qui, pris isolément, fait un peu mesquin, même s’il s’enfle jusqu’à ressembler à un roman malingre. La nouvelle va à l’essentiel et évite les digressions inutiles autour des pensées du narrateurs relatives à son bidet bouché. La nouvelle est grégaire et s’accommode mieux de se retrouver en recueil plutôt qu’isolée dans un cahier. Il lui arrive d’aimer être dans une anthologie ou une revue. On le lui pardonnera bien volontiers.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<h3><strong>Faut-il employer une méthode (et laquelle) ou travailler intuitivement?</strong></h3>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Faire les deux et arrêter de se poser la question. Trouver soi-même la méthode la plus valable, et puis c’est tout voilà.</p>
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<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<h3><strong>Comment choisir son éditeur?</strong></h3>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Au pif, c’est plus drôle. S’il demande de l’argent c’est de l’arnaque. S’il a un nom qui se termine par <em>.com</em>, se méfier doublement. Il peut être estimé préférable de ne pas choisir <em>un</em> éditeur mais de taper dans le tas et d'attendre qu'ils se battent pour vous faire signer (c'est beau les illusions, non?). Il est vrai que c’est l’éditeur qui va vous choisir, pas l’inverse, me semble-t-il.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<h3><strong>Sonnet ou vers libre?</strong> [2]</h3>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">C’est plus mes oignons. Mais je suggère de tâter du sonnet et autres formes strictes, ça forge la technique poétique, et le passage à l’abstraction sémantique n’en est ensuite que plus jouissive.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<h3><strong>Comment construire un récit?</strong></h3>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">D’abord, pourquoi? Il y a des livres écrits n’importe comment, est-ce bien la peine de construire le sien? C’est fatiguant, de plus comme vous ne serez jamais édité ça n’a aucune importance.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<h3><strong>J’ai le style d’un cloporte, est-ce grave?</strong></h3>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Oui. Vous insultez les cloportes.</p>
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<h3><strong>Pour ou contre le </strong><em><strong>happy end</strong></em><strong>?</strong></h3>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Contre. Résolument. Rien ne vaut une petite tuerie finale, ça détend les nerfs de tout le monde.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<h3><strong>L’intrigue, c’est quoi?</strong></h3>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">C’est la colonne vertébrale de tout texte de fiction. Elle se prolonge de péripéties qui la renforcent ou l’amoindrissent selon le talent de l’auteur.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<h3><strong>Péripétie, est-ce un gros mot?</strong></h3>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Non, sauf en faisant sauter trois syllabes et en pouffant niaisement à l'énoncé de ce qui reste, et encore. La péripétie nourrit l’intrigue, qui peut être fort vorace. A manier avec précaution dans la nouvelle, où il faut éviter de laisser pulluler ce genre de chose.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<h3><strong>Comment construire de bons personnages?</strong></h3>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">En regardant ses voisins, sa famille, son chef, sa maîtresse, le chef de gare sans lien de parenté avec la précédente. Si ça ne suffit pas? Démerdez-vous, je n’ai pas que ça à faire.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Et ne me remerciez pas, tout le plaisir était pour moi.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
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<p class="MsoNormal" style="text-align:center;" align="center">&#160;</p>
<hr align="center" size="1" width="100%" />
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">[1] En ce second cas, les intéressés ne se retrouveront ni sur Cocyclics, ni sur Alexandrie Online, ni ailleurs, mais se poseront péremptoirement comme écrivains, capables de trouver en eux-mêmes les réponses aux tracas que peut apporter la littérature. Ne me dites pas que ce genre de personnes n’existe pas: ça court les rues, en geignant que l’incompréhension manifeste dont font preuve les éditeurs est la marque de leur talent (il n’y a que les médiocres pour être publiés, tout le monde sait ça, ou les enfants d’enfoirées de célébrités, ou ces saloperies de starlettes à la con).</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">[2] Oui, bon, dans cette énumération, ça n’a pas sa place, n’empêche, hein.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">[3] Faut-il préciser qu’à partir d’un certain âge ce seront situations parfaitement fantasmatiques?</p>
<p class="MsoNormal">&#160;</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[L'article de la question qui tue à mort]]></title>
<link>http://jcheckers.wordpress.com/2007/11/15/larticle-de-la-question-qui-tue-a-mort/</link>
<pubDate>Thu, 15 Nov 2007 11:18:09 +0000</pubDate>
<dc:creator>Jean-Christophe Heckers</dc:creator>
<guid>http://jcheckers.wordpress.com/2007/11/15/larticle-de-la-question-qui-tue-a-mort/</guid>
<description><![CDATA[&nbsp;
Pourquoi diable en vient-on à avoir cette idée absurde d’écrire un roman?
&nbsp;
&nbsp;
]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="text-align:center;" align="center">&#160;</p>
<div align="center"><b><span style="font-size:14pt;color:#ffcc00;">Pourquoi diable en vient-on à avoir cette idée absurde d’écrire un roman?</span></b><span style="color:#ffcc00;"></span></div>
<p class="MsoNormal">&#160;</p>
<p class="MsoNormal">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Absurde, cette idée l’est d’abord parce que tout bien considéré, le nombre de romanciers en exercice dans notre beau pays est insupportable. Carrément insupportable. Nous sommes trop nombreux à jubiler en exposant du «Chapitre I» en haut d’une page dont nous soignons la présentation à outrance, bouffis d’un incommensurable orgueil. Pour quel résultat? Le plus souvent, nous conserverons précieusement notre divin manuscrit (c’est la belle-sœur qui l’a décrit ainsi, c’est une critique émérite hautement diplômée d’un CAP de manucure, il faut la croire) dans un tiroir. Dans bien d’autres cas, nous allons agacer les services de tel ou tel éditeur qui n’en peuvent plus de voir leur tomber dessus des avalanches de pavés immondes. Les moins téméraires iront déposer leur exaltante prose sur un site internet, ou à défaut sur leur blog. Quelques courageux lecteurs (à moins qu’ils ne soient particulièrement inconscient) pourront en ce cas survoler des pages et des pages d’insignifiance, quoique dans certains cas on puisse découvrir quelques gemmes prises dans la toile. Je ne voudrais pas citer trop de ces concurrents bien plus à même que moi de pouvoir se targuer d'être de véritables écrivains (bien que certains soient boudés par les éditeurs: le talent doit être accompagné d'un bien gros potentiel commercial, sinon il ne sert à rien).</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Quelques privilégiés pourront se vanter, après des mois d’effort, de disposer du sacro-saint numéro d’ISBN qui prouve que l’on est auteur. Quoique, si j’y pense bien, on peut l’obtenir en publiant n’importe quoi auprès de, voyons, au hasard, Le Manuscrit<a title="_ftnref2" name="_ftnref2"></a><a href="http://shadowline.over-blog.com/2-categorie-947661.html#_ftn2"><span></span></a><span></span><a href="#_ftn1" title="_ftnref1" name="_ftnref1" id="sdfootnote2anc"><span class="MsoFootnoteReference"><span><!--[if !supportFootnotes]--><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size:12pt;font-family:'Times New Roman';">[1]</span></span><!--[endif]--></span></span></a> (ce que je fis, mais pour obtenir bien vite ensuite la rupture du contrat). Ou encore en pratiquant l'auto-édition (à quoi je répugne autant, malgré ses qualités, qu'à envisager de me mettre au chant grégorien). Si les chances d’accéder à ce statut envié sont infimes, celles d’emplir un classeur promis à la poussière sont, elles, considérables. Aussi, à quoi bon perdre plusieurs mois à écrire quelque chose qui n’aura ensuite qu’un piètre destin?</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Voyons, il faut être sérieux. Serions-nous Islandais, nous aurions bien plus de prétentions à l'édition (les chances de succès dans la publication sont là-bas infiniment plus importantes). Mais en France! Autant jouer au loto, surtout que c’est le bon jour. Et de toute façon le problème n’est pas là.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Avant de répondre à la question initiale, posons quelques données pertinentes.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Écrire un roman suppose tant d’abnégation et de sacrifices que ça force le respect. Il faut se priver de tant d’heures de divertissements télévisuels, de sorties avec les potes, de galipettes conjugales ou extra-conjugales en clairières forestières où le coucou joue les pendulettes de la Forêt Noire, de lectures de magazines profonds tel Têtu (pour les ignorants, Têtu est aux gays ce que Figaro-Madame est aux… euh…<a title="_ftnref3" name="_ftnref3"></a><a href="http://shadowline.over-blog.com/2-categorie-947661.html#_ftn3"><span></span></a><span></span><a href="#_ftn2" title="_ftnref2" name="_ftnref2" id="sdfootnote3anc"><span class="MsoFootnoteReference"><span><!--[if !supportFootnotes]--><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size:12pt;font-family:'Times New Roman';">[2]</span></span><!--[endif]--></span></span></a>), que l’on doit rester admiratif devant cette volontaire réclusion monacale visant à obtenir des milliers de lignes raturées sur du papier <s>tue-mouches</s>.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Écrire un roman implique que le sujet pris de frénésie à l’idée de surligner «Chapitre Hein?» en préambule à un tas de feuillets froissés soit doté d’un minimum d’imagination et sache subir les assauts maladroits de son inspiration. Ce n’est pas donné à tout le monde. Tout le monde croit pouvoir extirper de ses méninges une bonne histoire (celle des malheurs d’une épouse délaissée par un mâle obtus sur le retour qui lui préfère une stagiaire aux dents longues), sans remarquer que des milliers de nos compatriotes auront eu la même idée, mais une faible proportion saura la développer entièrement (jusqu’à la magnifique conclusion où la stagiaire se retrouve empalée sur un bambou par de sauvages trafiquants d’armes néo-zélandais –ne demandez pas pourquoi, c’est <i>ça</i> l’inspiration, et <i>ça</i> ne se discute pas). Tant de créativité laissera pantois la marchande de fruits et légumes que l’on n’aura de cesse de harceler au sujet de l’œuvre en gestation (les proches en auront aux jusque là de ces fantaisies farfelues et signifieront très vite qu’ils n’ont pas envie d’entendre plus de ces fadaises).</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Écrire un roman nécessite par ailleurs une certaine maîtrise du langage qui outrepasse l’emploi du SMS. S’il n’est pas nécessaire d’utiliser à tout bout de champ un vocabulaire choisi (on peut se passer de mots tels <i>prolégomène</i>, <i>partita</i>, <i>aéronef</i>, <i>cucurbite</i>), il faudra prohiber les <i>lol</i> ou <i>mdr</i> qui sont si peu seyants dans la description <s>d’une partouze</s> d’un déjeuner sur l’herbe. Ne pas oublier non plus qu’une phrase peut comporter divers éléments qui l’enrichiront jusqu’à l’alourdir, comme des verbes, des sujets, et surtout des compléments d’objet indigeste. On saura également distinguer la narration des dialogues, en utilisant ces drôles de petites choses que sont les sauts de lignes, les guillemets (français, j’insiste) et les tirets (il importera qu’ils soient longs, et ce n’est au moment de la frappe qu’on se permettra d’hésiter entre cadratin et demi-cadratin –mais c’est là aborder des questions techniques déjà trop poussées). Je ne souhaite pas m’attarder sur le maniement de la langue (rien à voir avec le baiser, abruti) dont fait partie l’emploi du majestueux imparfait du subjonctif qui passe si bien dans une scène de boucherie sanguinaire (quand la cocufiée découpe en rondelles le teckel nain de son mari pour se passer les nerfs). Il est certain, en tout cas, que savoir bien écrire fera briller dans les yeux de vos proches cette lueur d’intérêt recherchée en vain durant des années (être toutefois conscient qu’ils en profiteront pour vouloir vous faire rédiger leurs lettres d’insultes au percepteur).</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Bien. Mettons que le candidat prosateur soit prêt à se passer de divertissements néfastes, sache cultiver son imagination sans fertilisants, et ne se précipite pas sur le dictionnaire dès qu’il s’agit d’orthographier correctement <i>boudin</i>. Il a décidé d’écrire un Roman. Et j’en reviens à la question. Qu’est-ce qui peut pousser n’importe qui à vouloir participer à la déforestation planétaire? Nonobstant que le chef d’œuvre a autant de chances d’être publié que Michel Drucker en a de devenir prix Nobel de chimie?</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Tant qu’à écrire, on pourrait se tourner vers la poésie. Oui, mais il semblerait que ce soit réservé aux adolescents en mal-être qui inondent leur <s>sky</s>blog de versifications dégoulinantes<a title="_ftnref4" name="_ftnref4"></a><a href="http://shadowline.over-blog.com/2-categorie-947661.html#_ftn4"><span></span></a><span></span><a href="#_ftn3" title="_ftnref3" name="_ftnref3" id="sdfootnote4anc"><span class="MsoFootnoteReference"><span><!--[if !supportFootnotes]--><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size:12pt;font-family:'Times New Roman';">[3]</span></span><!--[endif]--></span></span></a> et puis la filière, comme l’a si bien montré <a href="http://comment-ecrire-un-roman.over-blog.com/article-10479475.html" target="_blank">Aloysius Chabossot</a>, est plus qu’encombrée.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">On pourrait aussi donner un coup de jeune au genre épistolaire, mais je le sais, quand une missive dépasse les deux lignes, plus personne ne la lit.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">On aurait aussi l’occasion de s’attaquer aux formes brèves. Le conte. Pas forcément avec des nains poilus, des elfes, des dragons et de très héroïques chevaliers <s>qui cachent leur nudité musculeuse et follement excitante</s> sous une armure flamboyante. Au moins la descendance sera ravie d’avoir des histoires toutes fraîches au moment du dodo. La nouvelle. C’est bien aussi, ça, la nouvelle. On n’a pas besoin de passer des mois à écrire, quelques jours peuvent suffire. Mais d’accord, la nouvelle, ça se vent à peu près aussi bien que la poésie, du moins dans l’Hexagone, parce que traversez l’Atlantique à la nage, et vous découvrirez que sur la terre de la Bannière étoilée (par exemple), ça marche assez bien. En tout cas, la nouvelle, on pourrait se dire que c’est quand même moins chiant à lire que 900 (neuf cent) pages de drames adultérins.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Il y aurait encore le théâtre. Vous savez, ce truc qui amène une bande d’olibrius à brailler sur une scène en s’agitant dans tous les sens sans même gratifier le public d’un solo de batterie. Mais non.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">On veut un Roman. On veut écrire Son Roman. D’emblée, crac, comme ça, ou après avoir fréquenté les genres susmentionnés, peu importe, il n’y a soudain que le roman qui compte. Même en sachant qu’on se fera jeter de chez les éditeurs, que le chat adorera se faire les griffes sur le manuscrit, qu’on aura pas approfondi les relations avec un membre du sexe opposé ou pas pour cause de gros bouquin en travaux (manque de bol, c’était une rencontre décisive comme on n’en fait pas deux dans sa vie), et qu’on se sera fait détester de toute la famille, parce que le Roman ça rend monomaniaque à un point que ceux qui n’ont pas une plume profondément greffée à la main ne peuvent pas imaginer.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Ben je vais vous décevoir, je ne comprends toujours pas, et je n’arrive toujours pas à répondre à ma question. C’est peut-être le prestige de la majuscule que l’on accorde volontiers au mot Roman, mais pas au mot défécation pour des raisons discutables. Ou alors ça fait bien de caler une armoire avec un gros manuscrit. À moins qu’un virus ne traîne qui s’attaque au cerveau, d’où la prolifération de romanciers français (il y eut jadis épidémie de philosophes français, je me demande si le virus n’aurait pas muté en passant par BHL…). En ce cas que font les autorités sanitaires?</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">N’ayant pas de réponses, j’aurais quand même un conseil.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Si vous avez un jour, par inadvertance, l’idée lumineuse d’attaquer le Roman, cet Everest de tout plumitif, laissez tout de suite tomber. Vous ne dilapiderez pas inutilement votre courte existence, vous laisserez de la place pour que les véritables écrivains puissent respirer<a title="_ftnref5" name="_ftnref5"></a><a href="#_ftn4" title="_ftnref4" name="_ftnref4"><span><span class="MsoFootnoteReference"><span><!--[if !supportFootnotes]--><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size:12pt;font-family:'Times New Roman';">[4]</span></span><!--[endif]--></span></span></span></a><span></span><a href="http://shadowline.over-blog.com/2-categorie-947661.html#_ftn5"><span></span></a><span></span>, et si l’Art vous tente vraiment trop, et vous pourrez même vous lancer dans la peinture. C’est très bien aussi, la peinture. Et ça demande moins de compétences, quand on regarde certaines œuvres contemporaines (exemple joint).</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Sinon, il y a tant de domaines où s’épanouir. Tenez, l’ornithologie, qui ne se cantonne pas à l’observation des pigeons. C’est passionnant, l’ornithologie. D’ailleurs à un moment je voulais m’y lancer, et pas en amateur, mais c’était il y a très très très longtemps. Enfin, si je pouvais convaincre quelques uns de mes contemporains qu’on manque d’ornithologues, je le ferais avec une des deux images suivantes, qui prouve quelle délicieuse passion peut être l’observation des volatiles.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Et puis si vraiment vous vous accrochez au Roman, tant pis pour vous.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<p><!--[if !supportFootnotes]--></p>
<hr align="left" size="1" width="33%" />  <!--[endif]--></p>
<p class="MsoFootnoteText"><a href="#_ftnref1" title="_ftn1" name="_ftn1"><span class="MsoFootnoteReference"><span><!--[if !supportFootnotes]--><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size:10pt;font-family:'Times New Roman';">[1]</span></span><!--[endif]--></span></span></a> N’imaginez pas que j’aie une dent contre eux: en vérité c’est toute la mâchoire.</p>
<p class="MsoFootnoteText"><a href="#_ftnref2" title="_ftn2" name="_ftn2"><span class="MsoFootnoteReference"><span><!--[if !supportFootnotes]--><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size:10pt;font-family:'Times New Roman';">[2]</span></span><!--[endif]--></span></span></a> Je ne fréquente ni l’un ni l’autre. Vous savez, moi, sorti de Pif-Gadget, je n’y connais rien.</p>
<p class="MsoFootnoteText"><a href="#_ftnref3" title="_ftn3" name="_ftn3"><span class="MsoFootnoteReference"><span><!--[if !supportFootnotes]--><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size:10pt;font-family:'Times New Roman';">[3]</span></span><!--[endif]--></span></span></a> Tiens, j’ai laisser traîner je ne sais plus où celles que je produisais à l’époque où il n’y avait pas de blogs ni rien, et à titre d’édification on pourra les rechercher (pas ici, mais c’est fastoche de mettre la main dessus).</p>
<p class="MsoFootnoteText"><a href="#_ftnref4" title="_ftn4" name="_ftn4"><span class="MsoFootnoteReference"><span><!--[if !supportFootnotes]--><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size:10pt;font-family:'Times New Roman';">[4]</span></span><!--[endif]--></span></span></a> Je me sens si peu concerné par la désignation «véritable écrivain», que je suis bien près de suivre mon propre conseil.</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[A la rame (s'il le faut!)]]></title>
<link>http://jcheckers.wordpress.com/2007/11/15/a-la-rame-sil-le-faut/</link>
<pubDate>Thu, 15 Nov 2007 09:50:38 +0000</pubDate>
<dc:creator>Jean-Christophe Heckers</dc:creator>
<guid>http://jcheckers.wordpress.com/2007/11/15/a-la-rame-sil-le-faut/</guid>
<description><![CDATA[
Après le coup de la panne, grand classique parmi les classiques, un autre sujet du même acabit. Q]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;margin:0 0 0.0001pt;">
<p style="margin-top:0;text-align:justify;">Après le coup de la panne, grand classique parmi les classiques, un autre sujet du même acabit. Que je vais là aussi légèrement maltraiter. Forcément.</p>
<p style="margin-bottom:0.42cm;" align="center"><span style="font-size:medium;"><strong>De l'Acharnement<br />
(envers et contre tout)</strong></span></p>
<p style="text-align:justify;">Mettons donc qu'après avoir lamentablement séché sur le paragraphe du match de boxe Priscilla contre Jean-Pierre, l'auteur décide que, quoi qu'il en soit, il convient d'aller jusqu'à la dernière ligne.</p>
<p style="text-align:justify;">Là aussi va se poser la lancinante question. Pourquoi ?</p>
<p style="text-align:justify;">Parce que. Cette réponse en deux mots se suffit à elle-même et justifie la poursuite, malgré les scabreuses péripéties (stylo à sec, auteur à sec, plus de papier, ordinateur plombé de virus, conjoint acariâtre), d'un texte dont la qualité sera notée de 0 à 20 selon le lecteur (celui qui écrit tend – ou devrait tendre – à s'attribuer une note en dessous de la moyenne, sinon au ras des pâquerettes, afin de se doper la volonté pour corriger et recorriger ensuite le torchon brouillon jusqu'à la perfection ce qu'il soit au moins lisible par sa concierge)[1].</p>
<p style="text-align:justify;">S'il s'agit d'un roman et qu'on a déjà bâclé les cent premières pages, il convient de ne pas renoncer aussi tardivement. Au bout de dix feuillets, d'accord. Mais arrivé là, après plusieurs semaines de labeur, ce serait pure folie.</p>
<p style="text-align:justify;">S'il s'agit d'une nouvelle et qu'on en a déjà franchi la moitié, à quoi bon s'arrêter ? Quelques pages de plus pour la boucler, ce n'est tout de même pas insurmontable, et s'il doit y avoir perte de temps, elle sera minime. Certes, l'on vient de rester en panne durant deux semaines, hésitant entre « Oh ! » dit-elle et « Ah ! », dit-elle. Bon, et alors ? Ce n'est pas une raison.</p>
<p style="text-align:justify;">On va me dire, oui, mais s'acharner à écrire un roman qui de toute façon ne sera pas publié parce que a) si les éditeurs publient de la… de la… enfin on m'aura compris, arrivé à ce niveau d'indigence ils regarderont à peine le titre b) franchement s'il avait de la valeur ça se verrait c) c'est trop usant d'inonder le monde des lettres de lourds manuscrits…[2]</p>
<p style="text-align:justify;">Hola ! Il n'y a pas que la publication dans la vie, faut pas tout de suite rêver du Goncourt ni de sa photo en une de Lire. Est-ce que vous n'imaginez pas un tout petit instant l'immense satisfaction d'avoir réussi à boucler deux-cent pages ? Rien que la satisfaction personnelle d'avoir réussi à tirer tout ça de ses tripes, c'est quelque chose.</p>
<p style="margin-bottom:0;" align="center"><span style="color:#004a4a;"><span style="font-size:medium;"><strong>Ecrire, c'est s'acharner.</strong></span></span></p>
<p style="text-align:justify;">Même si on doute. Surtout si on doute. Est-ce que quand vous partez en vacances, vous faites demi-tour à la vue du premier bouchon ? Non, vous vous acharnez, principalement sur l'avertisseur d'ailleurs [3]. Pourtant, le village de vacances avec vue sur la centrale nucléaire que vous avez choisi sera tellement nul que vous préféreriez de loin regarder Fort Boyard chez vous, et même tous les jours. Mais ce n'est pas le problème.</p>
<p style="text-align:justify;">
<p style="text-align:justify;">Donc, en plein doute, il faut continuer. Même au ralenti, en relisant tout depuis le début avec une moue dégoûtée. On ne peut pas savoir ce que ça donnera, à la fin. Nul ? Pour l'instant, oui, peut-être. Mais le premier jet n'est pas tout, puisque ensuite, comme il se doit, il faudra corriger, affiner, et que du jus de chaussettes qu'on avait réussi à presser, on pourrait très bien tirer un bon champagne. Après tant heures à transpirer du cerveau que c'en est effrayant rien que d'y penser, mais rien ne se fait sans quelque effort. Un roman, on peut très bien mettre plusieurs années à l'achever, il n'y a là rien de déshonorant. Ça peut juste devenir lassant, à la longue. Bah ! si on voulait écrire plus vite, fallait choisir de s'occuper de la rubrique culturelle du bulletin communal.</p>
<p style="margin-bottom:0;" align="center"><span style="color:#004a4a;"><span style="font-size:medium;"><strong>Écrire, c'est s'acharner à écrire.</strong></span></span></p>
<p style="text-align:justify;">C'est tout bête, mais c'est un principe de base.</p>
<p style="text-align:justify;">Peu importe ce qu'on écrit. Du roman, de la nouvelle, du théâtre, un journal intime, des pensées philosophiques, un guide des curiosités de la région. Peu importe, vous dis-je.</p>
<p style="text-align:justify;">Il n'y a qu'en s'acharnant non seulement qu'on arrivera à un résultat (oh, le mignon petit roman !), mais aussi qu'on progressera (effectivement, le chapitre 221 est meilleur que le premier, question de pratique assidue).</p>
<p style="text-align:justify;">Si on aime écrire, ce qui est douce folie un peu contraignante (je peux vous dire que ça occupe parfois tant l'esprit qu'on néglige alors bien des choses à ne surtout pas négliger), que l'on échoue dans le roman, on peut se lancer dans la nouvelle. Si on n'aime décidément pas la nouvelle, pourquoi ne pas tenter le théâtre ? Là non plus ? La poésie, peut-être ?… Bon… le bulletin municipal ?…</p>
<p style="text-align:justify;">Il y a autant de raisons qui poussent à vouloir écrire que de moyens de s'exprimer Et, devrais-je dire, quand on a commencé à y prendre goût, de toute façon on s'acharne.</p>
<p style="text-align:justify;">Parce qu'on n'y arrive pas mais qu'on veut y arriver.</p>
<p style="text-align:justify;">Parce qu'on y arrive mais qu'on veut faire mieux (objectif, le Goncourt).</p>
<p style="text-align:justify;">Parce que.</p>
<p style="text-align:justify;margin:0 0 0.0001pt;">
<p style="text-align:justify;margin:0 0 0.0001pt;">
<p class="MsoNormal" style="text-align:center;" align="center">
<hr size="2" /><em> </em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><em>[1] Pas de concierge ? Dommage. Se rabattre sur la boulangère. Ou la coiffeuse, même si on aura du mal à la sortir de Gala.</em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><em>[2] Trouvez vous-même le prétexte redondant. Si je prends le cas du roman, c'est que la majorité des écrivains en herbe ne rêve que de s'y frotter. J'ai toujours trouvé que des textes courts étaient plus propices à l'apprentissage. Mais hélas la nouvelle n'est plus à la mode…</em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><em>[3] Alors que ça ne sert à rien, de même que les rugissements de moteurs. Mais, hein ! si vous aimez les concerts improvisés de musique concrète, ça vous regarde.</em></p>
<p class="MsoNormal">
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[La panne !]]></title>
<link>http://jcheckers.wordpress.com/2007/11/14/la-panne/</link>
<pubDate>Wed, 14 Nov 2007 16:44:56 +0000</pubDate>
<dc:creator>Jean-Christophe Heckers</dc:creator>
<guid>http://jcheckers.wordpress.com/2007/11/14/la-panne/</guid>
<description><![CDATA[&nbsp;
&nbsp;
&nbsp;
Poursuivant mes considérations théoriques, je m&#8217;en vais aborder un suje]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:1cm;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:1cm;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:1cm;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:1cm;">Poursuivant mes considérations théoriques, je m'en vais aborder un sujet d'importance pour tout écrivain en herbe :</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:1cm;"><b><span style="color:#993300;"> </span></b></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:center;" align="center">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" align="center"><b><span style="font-size:14pt;color:#ffcc99;">Que faire quand ça ne vient pas en plein milieu d'un premier jet ?</span></b><span style="color:#ffcc99;"></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:center;" align="center"><span style="font-size:14pt;color:#993300;"></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:1cm;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:1cm;">Je ne veux pas, naturellement, doctement professer une méthode infaillible. En écriture, chacun ses manies, ses méthodes qui, même si elles se recoupent forcément, ne dispensent pas au droit à l'originalité. Il y en a qui ne pourront pas écrire une seule ligne sans avoir au préalable fait une petite sieste (ce qui vaut mieux que se jeter un godet d'alcool pour se mettre en train). Il y en a qui, privés de leur instrument, sont soudain bien moins virtuoses. Ces charmants mais névrotiques à-côtés ne sauraient cacher que les auteurs manient tous, même s'ils s'en défendent, des règles communes. Que bien sûr je me garderai d'aborder. D'autres ont excellemment abordé les détails techniques de l'écriture, pas besoin de me mettre à faire un récital dans ce répertoire (d'abord je chante faux).</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:1cm;">Tout de même, j'aimerais aborder ce délicat problème, celui de la panne sèche en rase campagne, alors qu'on allait changer de paragraphe (1).</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:1cm;">Là.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:1cm;">D'un seul coup. Parce que ça ne prévient pas.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:1cm;">Vous venez de traverser plusieurs pages sans éprouver le besoin de respirer.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:1cm;">Et d'un coup la machine se grippe.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:1cm;">Pourquoi ?</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:1cm;">Peut-être, sans le reconnaître encore, pressentez-vous que vous faites fausse route, qu'une bonne idée ne l'était pas, que le scénario est tout bonnement inintéressant. Dans ce cas, une pause sera nécessaire le texte en cours ne mérite peut-être pas d'être mené à terme. Il faut y réfléchir. D'accord, c'est dur, surtout de se dire qu'on vient de passer une semaine dessus à se creuser le dictionnaire de synonymes pour éviter les répétitions, tout ça pour laisser tomber. Mais parfois ça vaut mieux.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:1cm;">Ou alors, c'est la panne inexplicablement inexplicable. Les idées tiennent la route, le plan est parfait, on sait où on va, mais d'un seul coup clac : on se met à écrire un paragraphe sans arriver à le terminer. Puis on le réécrit. Une fois, ça irait. Mais là, coincé pour coincé, on est tenté de le reformuler une dizaine de fois, et tout autant de fois de le biffer. Rien à faire, ça échappe. On sait ce qu'on veut dire, mais on n'arrive pas à trouver la bonne façon. Même si la scène narre le paiement des provisions à la caisse du supermarché, ce qui n'est quand même pas si difficile, on ne peut tout simplement pas arriver à l'écrire. Je ne vous dis pas la honte. Heureusement que l'aspirant écrivain ne rédige pas en déclamant phrase après phrase à un public choisi. On n'entendrait soudain plus que des " Heu… ", et le visage empourpré du prosateur ne laisserait planer aucun doute sur son incapacité à aller plus loin.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:1cm;">Donc… Avant d'appeler au secours, que faire ?</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:1cm;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:1cm;"><b><span style="font-size:12pt;font-family:'Times New Roman';color:#ffcc00;">1- Prendre la fuite.</span></b><span style="color:#663300;"></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:1cm;"><a title="sdfootnote2anc" name="sdfootnote2anc"></a>Possible, mais c'est reconnaître l'échec. Comme on a sa fierté d'un côté et le stylo encore dans la main (2) on préférera rester rivé à sa chaise, l'œil fixe sur le dernier bout de phrase qu'on vient d'inscrire. Avec, insistante mais désespérée, cette volonté d'avancer. D'où la réécriture multiple, répétitive à deux mots près, d'un paragraphe dont on n'arrivera pas à se sortir.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:1cm;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:1cm;"><b><span style="font-size:12pt;font-family:'Times New Roman';color:#ffcc00;">2- Prendre l'air.</span></b><span style="color:#663300;"></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:1cm;">Solution dérivant de la première, mais permettant de garder sa fierté. On se dira qu'on a bien travaillé, et qu'un peu d'oxygène ne ferait pas de mal. Le gros mensonge que voilà…</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:1cm;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:1cm;"><b><span style="font-size:12pt;font-family:'Times New Roman';color:#ffcc00;">3- Puiser l'inspiration dans un liquide quelconque à 40° d'alcool, en fumant comme un pompier.</span></b><span style="color:#663300;"></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:1cm;">Que diable, ce n'est pas nécessaire de vouloir risquer le cumul d'une cirrhose et d'un cancer. Et puis ça fait tellement cliché. Enfin, ce sera sans doute inefficace, car l'ébriété n'est pas mère du chef d'œuvre. Sinon, le nombre de comas éthyliques serait bien plus élevé.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:1cm;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:1cm;"><b><span style="font-size:12pt;font-family:'Times New Roman';color:#ffcc00;">4- Faire un détour.</span></b><span style="color:#663300;"></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:1cm;">Autrement dit, se mettre à écrire n'importe quoi. Ou presque. C'est une méthode que je me suis mis à pratiquer, parfois avec une telle véhémence que le roman L'Étoile des Chiens pourrait être considéré comme une vaste mise en application. Même si je veux me convaincre que je savais ce que je faisais.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:1cm;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:1cm;">Bien, mise en situation.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:1cm;">Vous étiez en pleine rupture entre Priscilla et Jean-Paul, mais votre plume s'arrête au moment fatidique où ils vont se balancer des gnons au milieu de la place du marché. Plutôt qu'attendre d'être capable de les pousser à se mettre des pains en public (le motif, on s'en moque, puisque c'est juste pour l'exemple), on pourra introduire un élément annexe. Se mettre à parler, je ne sais pas moi, d'une discussion animée toute proche entre deux marchands de poisson pas frais. Bref, on pourra tenter une diversion. La situation étant bloquée, faire comme si l'on se trouvait sur un chemin de montagne obstrué par un éboulement : on passera à côté. Le mieux qu'on puisse espérer, c'est que le détour ne soit pas trop long, et que promptement on reprenne le pugilat entre Priscilla et son Jean-Pierre. Mais, en décrivant une situation sans rapport quoique concomitante, on pourra aussi attraper une meilleure idée pour la suite et, rebondissant dessus, poursuivre sans défaillir jusqu'au majestueux point final.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:1cm;">De toute façon, l'objectif de la diversion n'est pas tant de faire avancer le texte que d'éviter à son auteur de reculer ou pire, de renoncer.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:1cm;"><a title="sdfootnote3anc" name="sdfootnote3anc"></a>J'aimerais ajouter que la diversion peut être très utile, non seulement quand ça fait plus de trois jours qu'on mordille le crayon sans tracer le moindre mot, mais quand subitement on ne sait plus ce qu'on va écrire ensuite – ce qui est le cas des individus qui, comme moi, se lancent trop souvent sans savoir vraiment où ils vont (3). C'est Chandler qui conseillait, je crois, de faire surgir un type avec un flingue quand on n'arrivait pas à s'en sortir. Le temps qu'on sache pourquoi il braque son 38 tour à tour sur Priscilla et les deux poissonniers, on aura bien trouvé moyen de débloquer le cours de la situation initiale. Il sera difficile de faire comprendre pourquoi, alors qu'une arme à feu menace de la mener tout droit dans une boîte oblongue, elle beugle à Jean-Pierre qu'elle le plaque avant de tourner les talons. Mais qu'importe ! Puisque, sans s'en rendre compte, on l'aura bouclée, la scène de rupture. Evidemment, il faudra ensuite tenir compte de la présence du patibulaire tueur à gages, mais, en ce qui le concerne, il y a des solutions. On coupera au montage (en n'oubliant pas un raccord subtil pour que ça ne se remarque pas). Ou, trouvant ce tout nouveau personnage intéressant, on lui attribuera une fonction (il aura été payé par un ex de Priscilla, trafiquant notoire de ravioli fourrés à la coke), nécessitant de l'intégrer dans le cours de l'histoire, la rendant peut-être même un tout petit peu plus intéressante.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:1cm;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:1cm;">Pour conclure…</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:1cm;">Le bien fondé de cette page peut ne pas être évident, sa pertinence nulle, mais j'avouerai avoir connu cette triste situation : dans une nouvelle, A allait rencontrer B. Et là, je calais. Je m'enlisais. Je tournais en rond. Je n'avançais pas. Pourtant je savais ce qui devait se passer ensuite. Mais je ne savais plus comment m'y prendre. J'ai alors tripoté plus de dix fois le même paragraphe sans rien en tirer. De telle sorte que j’ai senti que j’allais avoir besoin d'une dérobade. A moins que, ce que j’évitais de penser, je me fusse soudain retrouvé empêtré, englué, simplement parce que l'histoire était mauvaise.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:1cm;">Et pour tout dire, franchement, je me posais la question.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:1cm;">Et franchement, pour tout dire, je crois bien que la réponse était oui.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:1cm;">C'est quand même plus pittoresque que dix doigts sur un clavier, et je suis dans mon grand retour aux méthodes antiques anciennes.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:1cm;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:1cm;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:1cm;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:center;text-indent:1cm;" align="center">&#160;</p>
<hr align="center" size="2" width="100%" />
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:1cm;"><i>(1) L'autre délicat problème, c'est la panne devant une page blanche. Mais il faut être vicieux pour se mettre devant une page blanche sans avoir déjà la moindre idée de ce qu'on va y écrire.</i></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:1cm;"><a title="sdfootnote2sym" name="sdfootnote2sym"></a><i>(2) C'est quand même plus pittoresque que dix doigts sur un clavier, et je suis dans mon grand retour aux méthodes antiques anciennes.</i></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:1cm;"><a title="sdfootnote3sym" name="sdfootnote3sym"></a><i>(3) On pourra les traiter de crétins ne sachant pas rédiger un plan. D'accord. Je suis un crétin. Mais moi, les plans, ça me coupe les pattes. Une fois que j'aurais le plan, le schéma, le synopsis, je ne trouverais même plus intéressant de rédiger tout ce qui devrait prendre place autour du squelette.</i></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:1cm;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:1cm;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:1cm;">&#160;</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Faire l'écrivain]]></title>
<link>http://jcheckers.wordpress.com/2007/11/14/faire-lecrivain/</link>
<pubDate>Wed, 14 Nov 2007 16:36:08 +0000</pubDate>
<dc:creator>Jean-Christophe Heckers</dc:creator>
<guid>http://jcheckers.wordpress.com/2007/11/14/faire-lecrivain/</guid>
<description><![CDATA[&nbsp;
On me l&#8217;a parfois demandé, en tant qu&#8217;expert de la chose, alors qu&#8217;en tant]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">On me l'a parfois demandé, en tant qu'expert de la chose, alors qu'en tant qu'expert, ma foi, je me pose là…</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Donc… je réponds quand même à cette brûlante question, afin qu'on ne m'embête plus avec.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><strong><em><span style="font-size:14pt;color:#993300;">Que faut-il pour faire écrivain ?</span></em></strong><span style="font-size:14pt;color:#993300;"></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Inutile de préciser que les lignes à venir sont de pures idioties.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Quoique.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><strong><em><span style="color:#993300;">Les impératifs sont :</span></em></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="color:#993300;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;background-attachment:scroll;"><strong>1. Du papier</strong>, ou n'importe quel support permettant l'écriture, quoique nous devions déconseiller le sable mouillé d'une plage à marée basse.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;background-attachment:scroll;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><strong>2. Un crayon, stylo,</strong> ou n'importe quel outil permettant de tracer les signes délicieux qui constitueront, pour finir, votre extraordinaire best-seller vendu 2,65€ TTC aux copains (tirage limité, paru aux presses de la boutique à photocopies du coin, attendu que les éditeurs se sont bousculés pour vous trouver d'un intérêt moindre que Loana). Le doigt peut être utilisé dans le sable d'une plage à marée basse, mais nous avons déjà dit que ce n'était pas vraiment pratique.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;background-attachment:scroll;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><strong>3. Le talent</strong>, en certaine quantité. Vous avez parfaitement le droit de croire que vous avez du talent et ne pas en avoir, puisque ça ne vous empêchera pas d'écrire. D'être édité, oui, mais c'est une autre question.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;background-attachment:scroll;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><strong>4. Le courage.</strong> C'est qu'écrire sur le sable d'une plage, quand la marée monte…</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;background-attachment:scroll;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><strong>5. L'obstination.</strong> A savoir, recopier perpétuellement quelques mètres plus loin ce qui va être dévoré par la marée montante, ça demande de l'obstination. Ou alors une bonne dose de connerie. Est-ce que Zola écrivait sur la grève, lui ? Non. C'est bien pour ça qu'il a pu se faire publier, parce qu'essayez de trimballer une plage chez un éditeur… Courage et obstination seront également de règle chez les génies qui ont découvert tout seuls qu'un crayon et du papier, c'était vraiment mieux. Sans se rendre compte au départ qu'en se lançant dans le roman, ils en prenaient pour très très long, et que ça pouvait devenir vraiment exaspérant. L'écrivain est donc courageux, obstiné, et maso. Surtout qu'il se rend bien vite compte que le premier jet n'est qu'une étape, et qu'ensuite, c'est galère pour corriger, affiner, laisser mûrir, recorriger, raccourcir, sabrer, tailler dans le vif, greffer une scène, allonger de quelques pages, les supprimer, avoir des regrets, se saouler, réécrire, recorriger, recopier (trop saoul, a vomi sur le manuscrit), taper sous oueurde, retaper sous oueurde (un bug ayant remplacé le texte par des ###########), en avoir franchement plus que marre, retourner se saouler, dégriser au poste de police (cet épisode donnant des idées pour un nouveau roman), reprendre le torchon de zéro, corriger, affiner, laisser mûrir…</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;background-attachment:scroll;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><strong>6. Le côté torturé, tête-à-Houellebecq, BHL en gastro, c'est en option</strong>, mais forcément ça en jette dans les réceptions mondaines, beuveries estudiantines, et autres soirées grégaires. Laissera de marbre les proches qui ne supportent plus la négative-attitude de l'écrivain méconnu qui se la joue maudit-incompris, et sera fort peu opportun pour draguer la sublime jeunette / le beau ténébreux qui n'ont pas forcément envie de causer avec quelqu'un qui a l'air de préférer se pendre chaque soir plutôt que de ricaner devant Bataille et Fontaine (ah ! c’est vrai qu’ils ont été éjectés ; trouvez une émission équivalente, ce doit être facile !).</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;background-attachment:scroll;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><strong>7. Le sens de l'humour</strong>, quoique incompatible avec la tête de désespéré génial que vous tentez d'aborder (voir point précédent), sera bien évidemment utile pour railler Pif Gadget qui vous a encore refusé une nouvelle policière sous des prétextes fallacieux, et Albin Michel qui vous suggère de vous lancer du haut de la tour Eiffel plutôt que de continuer à leur envoyer vos romans sans débuts, sans milieu, et sans fin quoique d'une brièveté remarquable (dix pages, on ne cesse de vous le répéter, ça ne fait pas un roman).</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;background-attachment:scroll;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><strong>8. L'humilité.</strong> La conscience humble de n'être la géniale Loana vous permettra de supporter la floppée de refus que vont vous adresser les éditeurs. D'abord, qu'est-ce qui vous a poussé à prendre ce pseudo ridicule, <em>André Mineur</em> ? Un conseil, conservez toutes les lettres de refus, et tentez ultérieurement de les faire publier en recueil. On ne sait jamais, ça pourrait marcher. Il y a des bouquins parfaitement idiots qui se vendent très bien. [Votre courroux suite à cette dernière phrase dénote votre manque d'humilité : il va falloir faire des efforts…]</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;background-attachment:scroll;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><strong>9. L'originalité.</strong> Ayez un style bizarre, des idées baroques, évitez de réécrire <em>Roméo et Juliette </em>simplement en y ajoutant de crues scènes de sexe. À défaut, ayez une apparence bizarre, exacerbez le point 6. Si vous vous retrouvez en tête de gondole en ayant pondu une modernisation romanesque de <em>Titus Andronicus</em> (un Shakespeare limite gore), ce sera bien de la malchance. Si on vous embarque pour l'asile, les autres écrivains (qui s'en réjouiront secrètement) ne manqueront pas de relever gravement que vous aurez été jusqu'au bout de vous-même, avec un courage et une obstination inébranlables et remarquables.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;background-attachment:scroll;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><strong>10. L'inspiration</strong>, de préférence en bord de plage à marée basse alors que vous n'avez ni papier ni stylo. Les éditeurs et les autres écrivains en herbe rêvant d'être publiés ne vous remercieront jamais assez, les uns de ne pas avoir encombré leur poubelle avec un manuscrit de plus, les autres parce que comme ça, ils auront peut-être leur chance.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Là, ça suffira pour aujourd'hui en matière d'âneries, je retourne illico me remettre au travail, je suis en retard dans mon chef d'oeuvre.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Le Pays des Kangourous]]></title>
<link>http://jcheckers.wordpress.com/2007/11/14/le-pays-des-kangourous/</link>
<pubDate>Wed, 14 Nov 2007 16:31:50 +0000</pubDate>
<dc:creator>Jean-Christophe Heckers</dc:creator>
<guid>http://jcheckers.wordpress.com/2007/11/14/le-pays-des-kangourous/</guid>
<description><![CDATA[&nbsp;
&nbsp;
Comme il m’arrive de vouloir passer pour intelligent, j’en viens à pondre des pag]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal"><span style="color:#99ccff;">Comme il m’arrive de vouloir passer pour intelligent, j’en viens à pondre des pages théoriques autour de / sur / sous / la pratique littéraire active (sic) et ses effets secondaires. Celle-ci est la première que je propose sur ce blog-ci (sur l’autre, elle y est depuis belle lurette).</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">En matière d’écriture, j’ai une certaine méthodologie, pardon, une façon de procéder où se mêlent rigueur et fantaisie. Ça semble devoir ressembler à quelque chose comme :</p>
<ul>
<li class="MsoNormal">Une amorce (un début de      texte, un fragment de brouillon, pas trop court, une taille de deux pages      semble me convenir), dont</li>
<li class="MsoNormal">je commence par isoler les      composantes premières – personnages, lieux clés, situations      préalables –,</li>
<li class="MsoNormal">puis les implications de      tout ça (par quoi le récit va devoir nécessairement passer, les      potentialités de développement, comment untel ne peut pas se comporter,      quelles sont les relations existantes ou à envisager entre les      personnages, etc.),</li>
<li class="MsoNormal">ceci aboutissant à une      pré-structure en forme d'arbre dont les ramifications possibles sont      sujettes à un questionnement de pertinence, à base de « si, alors,      mais pourquoi » et autres interrogations douteuses,</li>
<li class="MsoNormal">et menant après élagage des      branches pourries à l'élaboration d'une trame raisonnablement (sic)      solide,</li>
<li class="MsoNormal">après quoi, il n'y a plus      qu'à se lancer dans la rédaction.</li>
</ul>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Clarifions le propos en concrétisant.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Prenons l'exemple d'un roman fictif dont le nom de code sera <i>Zébulon</i>. Ce sera plus pratique pour comprendre le mode de fonctionnement de la chose, et ce qu'on peut attendre comme résultat.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Au départ, le professeur A, marié, deux enfants, compte en banque respectable, épouse dévouée, calvitie en progression, tombe amoureux de la nouvelle laborantine, Priscilla*, vingt ans affichés au compteur (trafiqué, puisqu’elle en a vingt-sept), libertine et mutine, qui est en concubinage avec un éboueur agrégé de lettres classiques. La première scène narre les émois du chercheur qui couve des yeux sa Priscilla pendant un pot de fin d'année, en plein cœur du labo, au milieu d'une impressionnante collection de virulentes et suspectes souches virales diverses enfermées dans des flacons bien fragiles ma foi.**</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Nous pouvons d'ores et déjà estimer raisonnable que la situation sera source de tensions entre le professeur A et son épouse, que je prénommerai Hildegarde, et éventuellement entre Priscilla et Jean-Pierre de Taye, l'éboueur diplômé qui se trouve également être le digne descendant d'une noble lignée remontant à Louis le Pieux.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Il faut prendre en compte les différents caractères en présence :</p>
<ul>
<li class="MsoNormal">le professeur A, soudain      pris par la crise de la quarantaine alors qu'il va sur ses 57 ans ;</li>
<li class="MsoNormal">Hildegarde son épouse,      délaissée (que voulez-vous, il court après le Nobel et n'a pas de temps      pour des étreintes fiévreuses), mélancolique, qui rêve régulièrement du      facteur, des pompiers de la caserne la plus proche, d’un légionnaire, et      de son jardinier – un grand classique inépuisable – ;</li>
<li class="MsoNormal">Priscilla, qui trouve que      son Jean-Pierre de Taye ne sent pas la rose en rentrant du travail,      préfère de toute façon les hommes un peu mûrs capables de l'inviter au      restaurant en moyenne cent-quatre fois par an, et a bien des difficultés à      intégrer le concept de « fidélité » ;</li>
<li class="MsoNormal">Jean-Pierre, pour finir, ne      rêve que d'une chose, faire du monticule de caillasses constituant les      vestiges du château familial (situé peu importe où, mais loin) la demeure      de rêve pour lui, sa future épouse, et leur nombreuse progéniture à venir.</li>
</ul>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Il devient dès lors des plus probable que le professeur A finira par culbuter Priscilla sur la paillasse.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Que va-t-il alors se passer ?</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Deux hypothèses alcalines, pardon, basiques, non, zut, simples :</p>
<ul>
<li class="MsoNormal">c'est sans lendemain,</li>
<li class="MsoNormal">une liaison s'installe.</li>
</ul>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Dans les deux cas, Hildegarde et/ou Jean-Pierre peuvent avoir vent de l'affaire (par exemple via Gudrun, doctorante islandaise qui en pince pour son directeur de thèse, [le professeur A, qui voudriez-vous que ce soit ?] et les a aperçus alors qu'ils faisaient une expérience un peu bizarre dans la pénombre d'un début de soirée, au moment où elle se résignait à quitter sa blouse avant d'aller au cinéma regarder pour la centième fois son Godard préféré, <i>Le Mépris</i>, en compagnie d'elle-même).</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">L'option <i>sans lendemain</i>, quoique séduisante, me semblant moins riche en développements potentiels (sauf si Priscilla, par un funeste hasard, tombait enceinte), je décide qu'une liaison s'installe. Et que H et JP ne seront pas au courant tout de suite, car nos tourtereaux vont savoir rester discrets (aidés en cela par divers séminaires aux Antilles, conférences en Polynésie, et une table-ronde sur les rétro-virus phosphorescents à Venise). Ceci étant en parfaite cohérence avec le caractère de nos personnages, je peux me permettre de considérer que mon choix est judicieux.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Mais un beau jour, Gudrun (personnage marginal, mais décisif pourtant) décide à la fois de rentrer chez elle, à Stykkishólmur, et de faire payer au professeur A son mépris. Elle disparaît donc subitement, mais non sans avertir épouse et concubin. On appelle ça un coup de théâtre ou un rebondissement (mais vous pouvez appeler ça une biquette si ça vous chante). Lequel était pourtant inévitable (sinon comment justifier la présence de Gudrun ?).</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">La situation devient intéressante. Que va-t-il diable donc bien maintenant se passer juste après la page de pub ?</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Hildegarde et Jean-Pierre vont-ils se rencontrer ?</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Hidegarde, elle-même d'extraction à particule (on le découvre à l'occasion), succombera-t-elle alors au charme discret de Jean-Pierre ?</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Divorcera-t-elle ? A combien se montera la pension alimentaire ?</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">S'arrangeront-ils pour que Priscilla la séductrice périsse dans d'atroces souffrances, après ingestion d'un plat de nouilles, nappé d'une délicieuse sauce au roquefort délicatement relevée d'arsenic et assaisonné avec une souche fabuleusement résistante de la peste noire ?</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Que vont devenir Bobby et Pamela ?</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Qui espionne JR ?</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Priscilla éliminée, sauront-ils garder assez longtemps leur terrible secret, ce qui leur permettrait de fuir en Patagonie ?</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Ou bien, symétriquement, le professeur et sa bimbo lubrique se débarrasseront-ils de leur entourage (ils ont des lots d'un vaccin mortel de chez mortel, fruit d’une erreur funeste alors qu’il était censé protéger de la grippe aviaire, gardés dans un coffre-fort ouvert au sous-sol juste à côté de la machine à café) ?</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Fuiront-ils eux aussi en Patagonie (le pays des kangourous, selon Priscilla) ?</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Durant combien de temps ladite Priscilla saura-t-elle cacher sa double vie (strip-teaseuse hard dans un casino clandestin auquel on accède par une porte dérobée dans la station de métro X) ?</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Voilà beaucoup de questions ouvertes. Face à ce flot, toute réponse (justifiée) entraîne l'élimination des questions devenues superflues, etc. Naturellement, on peut encore chipoter et poser de nouvelles questions, mais si on continue comme ça, comme le bouquin ne s’écrira pas tout seul, il est préférable de réfréner les points d’interrogation.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">D'humeur peu morale, je décide que le professeur A et sa Priscilla d'amour vont, aveuglés par une passion meurtrière, éliminer consciencieusement leurs familles, voisins, amis, fuir à temps vers le pays des kangourous (entretemps devenu le Libéria), y fonder sous de fausses identités un hospice pour orphelins lépreux, y avoir un fils (qui sera lépreux aussi, mais pas tout de suite orphelin), lequel au soir de sa vie trouvera au fond d'une malle en carton les confessions de sa mère, écrites peu avant qu'elle succombe à une attaque foudroyante de fièvre ebola, et se suicidera de désespoir en apprenant du même coup que son père était en fait le professeur B (dont on n'aura pas entendu parler jusque là, mais qu'importe, n'avais-je pas dit que Priscilla était libertine et peu fidèle ?).</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Voilà notre roman bouclé. S'il s'était agi d'une nouvelle, le déroulement se serait interrompu bien plus tôt, ou aurait été perturbé de sorte qu'une chute inattendue survienne avec la soudaineté de l’éclair dans un bas ciel d’orage au soir d’un été assommant de chaleur.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Il se serait interrompu plus tôt : laissant le lecteur en pleine perplexité au moment où, par exemple, Gudrun ayant tout dévoilà, dévoilé (zut !) pardon, Hildegarde s'apprête à dézinguer mari et maîtresse, mais on s'arrêtera juste avant le moment fatidique, ce qui paraît-il se fait quelquefois.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Il y aurait eu une chute : Ingrid dévoile, Hildegarde et Jean-Pierre se fâchent, mais le professeur A se rend compte que c'est Ingrid qu'il désirait de tout son être jusqu'au bout de l'ongle sale du petit orteil droit, et ils filent à l'aéroport, s'étant enfin trouvés, direction le pays des kangourous qui se trouve, ça tombe bien, être l'Islande. (Les autres personnages et le lecteur en sont comme deux ronds de flanc, quand même, ils sont gonflés ces deux-là !)</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Maintenant, il va falloir trouver un titre à notre roman/nouvelle.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">C'est le plus difficile. J'ai beau me creuser la tête, je ne vois pas. C'est dire si c'est difficile. J'en aurais bien un, mais il ne me plaît pas, finalement.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Ce serait <i>Le pays des kangourous.***</i></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Ici s'achève mon exposé. Je ne l'accompagne pas de schémas biscornus, ça ferait trop, et puis j'ai une vraie histoire à écrire. C'est l'histoire d'un professeur qui tombe amoureux de la toute jeune fille de sa logeuse, et qui…</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><i> </i></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><i>PS : il faut noter que je ne suis même pas mes propres préceptes… et que je saute le plus souvent dans la rédaction sans avoir mis au propre la trame. Je me fais confiance : ayant longuement réfléchi, j’estime pouvoir me dispenser de noter mes réflexions. D’autre part, les repentirs sont ainsi moins douloureux, et je n’ai pas à me justifier de changements de cap qui pourraient paraître saugrenus.</i></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">&#160;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><i> </i></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:center;" align="center">&#160;</p>
<hr align="center" size="2" width="100%" /><i>  </i></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><i>* Hommage à Pierre Desproges.</i></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><i>** On ne voit ça que dans les films.</i></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><i>*** Tout le monde sait que c'est le Mexique, cette île grande comme un continent, située au milieu de la Méditerranée – j'espère ne rien vous apprendre , sinon ce serait très grave.</i></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><i> </i></p>
]]></content:encoded>
</item>

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