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	<title>les-lumieres &amp;laquo; WordPress.com Tag Feed</title>
	<link>http://wordpress.com/tag/les-lumieres/</link>
	<description>Feed of posts on WordPress.com tagged "les-lumieres"</description>
	<pubDate>Fri, 08 Aug 2008 22:46:15 +0000</pubDate>

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	<language>en</language>

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<title><![CDATA[LE TEXTE DE LA LICRA CONTRE L'OFFENSIVE A L'ONU DES PAYS MUSULMANS ET DES DICTATURES  CONTRE LES DROITS DE L'HOMME]]></title>
<link>http://ajhl.wordpress.com/?p=77</link>
<pubDate>Fri, 29 Feb 2008 15:45:37 +0000</pubDate>
<dc:creator>pl</dc:creator>
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<description><![CDATA[              Les démocraties doivent résister à l&#8217;offensive idéologique conjointe des pay]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>              Les démocraties doivent résister à l'offensive idéologique conjointe des pays musulmans et dictatriaux.</p>
<p>L'année 2008 verra-t-elle simultanément le soixantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme par l'ONU et la destruction de ces principes par la même ONU? Tout porte à le redouter, tant depuis un certain nombre d'années, par ses dérives, l'ONU s'est caricaturée</p>
<p>,A Durban,en Afrique du Sud,  s'est tenue en 2001 , la Conférence mondiale contre le recisme,à l'initiative des Nations Unies, dans la ville même où Gandhi avait commencé à exercer son métier d'avocat. C'est au nom des droits des peuples que furent scandés les "mort à l'Amérique!" et "mort à Israël !"; et c'est au nom du relativisme culturel qu'on fit silence sur les discriminations et violences contre les femmes.</p>
<p>Alarmée par les graves disfonctionnements ainsi mis en lumière au sein de sa Commiussion  des droits de l'homme, l'ONU inaugurait en juin 2006un tout nouveau Conseil des droits de l'Homme(CDH), censé remédier à de si préoccupantes dérives. Aujourd'hui, le constat est plus qu'amer: c'est à la consécration même de ces dérives que nous assistons dans la perspective du forum dit de Durban 2 qui se tiendra en 2009. PLus gravement encore, l'élaboration officielle de nouvelles normes marquera ,si celle-ci sont gravées dans le marbre d'une nouvelle et très particulière "déclaration des droits de l'homme", la mise à mort de l'universalité des droits.</p>
<p>Par sa mécanique interne, les coalitions et les alliances qui s'y constituent, les discours qui s'y tiennent, les textes qui s'y négocient et la terminologie utilisée anéantissent la liberté d'expression, légitiment l'oppression des femmes et stigmatisent les démocraties occidentales.</p>
<p>Le CDH est devenu une machine de guerre idéologique à l'encontre de ses principes fondateurs. Ignorée des grands médias, jour après jour, session après session, résolution après résolution, une rhétorique politique est forgée pour légitimer les passages à l'acte et les violences de demain.</p>
<p>Une  triple alliance composée de la Conférence des organisations islamiques( OCI), représentée jusqu'à ce jour par le Pakistan, du Mouvement des  non-alignés, où Cuba, le Vénézuela et l'Iran ont un rôle central, et de la Chine_avec la complaisance cynique de la Russie- oeuvre ainsi à la mise en place d'une véritable révolution prétendument "multiculturelle". Ainsi le rapporteur spécial de l'ONU sur les formes contemporaines de racisme, Doudou Diène,déclare d'ores et déja  qu'énoncer une critique contre le port de la burqa constitue une agression raciste, que la laïcité est ancrée dans une culture esclavagiste et colonialiste et que la loi française contre le port de signes religieux à l'école participe du racisme antimusulman, renommé "islamophobie occidentale";</p>
<p>La confusion des esprits est à son comble quand est dénoncée comme une attitude raciste toute critique de la religion. C'est une menace radicale contre la liberté de penser qui est en train d'être cautionnée par l'ONU. En assimilant au racisme toute critique des dérives de ceux qui parlent au nom de l'islam, parce que supposée relever d'attitudes néocolonialistes, les porte-parole de cettez nouvelle alliance serent un peu plus le garrot qu'ils ont passé au cou de leurs propres peuples et sapent les fondements d'une civilité très chèrement acquise en Europe depuis les guerres de religion. En septembre, 2007, la haut-commissaire  aux droits de l'homme, participait à une conférence à Téhéran consacrée aux "droits de l'homme et à la diversité culturelle". Portant le voile, comme la loi de la République islamique l'exige,la haut-commissaire a été le témoin passif de l'énoncé des principes à venir, ainsi résumés:"offense aux valeurs religieuses considérée comme raciste".</p>
<p>Bien pire, dès le lendemain, vingt et un Iraniens, dont plusieurs mineurs, furent pendus en public. C'est en sa présence que le président Ahmadinejad a renouvelé son appel à la destruction d'Israël, pays membre de l'ONU, créé par cette dernière. Interrogée sur son silence, la haut-commissaire a justifié sa passivité par le respect de la loi iranienne, auquel, en temps que juriste, elle s"estimait tenue, et par souci de" ne pas offenser ses hôtes". Charbonnier est maître chez soi.. C'est le docteur Goebbels qui utilisait cet argument d'opportunité, à la tribune de la Société des  Nations en 1933, pour se soustraire à toute critique d'une institution intern ationale impuissante, mais dont les principes n'étaient  au moins pas dévoyés  comme ceux de l'ONO aujourd'hui.</p>
<p>Les grands crimes politiques ont toujours eu besoin de mots pour se légitimerf. La parole annonce le passage à l'acte. De Mein Kampf à  Radio Mille Collines, de Staline à Pol Pot, les exemples abondent pour confirmer la nécessaire extermination de l'ennemi du peuple au nom de la race, au nom de l'émancipation des masses laborieuses ou au nom d'un ordre supposé divin. Les idéologies totalitaires avaient remplacé les religions. Leurs crimes, les promesses non tenues" d'avenir radieux " ont ouvert grande la porte au retour de Dieu en politique. Le 11 septembre 2001, quelques jours après la fin de la conf"rence de Durban, c'est bien au nom de Dieu que le plus grand crime terroriste de l'histoire fut commis.</p>
<p>Face à cette stratégie, les d"mocraties, d'abord soucieuses de leur balance commerciale, font preuve d'une extraordinaire passivité. QUe pèse le sort du peuple tibétain face aux enjeux des exportations vers la Chine. Quel est le prix de la liberté pour Ayaan Hirsi Ali, ex-députée néerlandaise menacée de mort, après l'assassinat de son ami le réalisateur Théo Van Gogh, accusé d'avoir blasphémé l'islam dans son film "Soumission"? Les exemples s'additionnentqui, de Taslima Nasreen à Salman Rushdie, de Robert Rdeker à Mohamed Sifaoui, apportent la preuve que l'intégrisme islamique impose sa loi par la terreur. Combien d'Algériens, de femmes au Maghreb, au Proche Orient, en Turquie, au Pakistan ont déja payé du prix de leur vie le refus de se soumettre à l'obscurantisme religieux?</p>
<p>Si par malheur, l'ONU devait consacrer l'imposition de tels critères, si le blasphème devait être assimilé au racisme, si le droit à la critique de la religion devait être mis hors la loi , si la loi religieuse devait s'inscrire dans les normes internationales, ce serait une régression aux conséquences désastreuses, et une perversion radicale de toute notre tradition de lutte contre le racisme, qui n'a pu et ne peut se développer que dans la liberté de conscience la plus absolue.</p>
<p>L'Assemblée générale de décembre 2007 a déja entériné des textes condamnant des formes d'expression considérées comme diffamatoires de l'islam. L'enjeu est clair, il est mondial: c'est la défense des libertés  de l'individu qu'il est question.</p>
<p>Soit les démocraties se ressaisissent, à l'exemple du Canada, qui vient d'annoncer son refus de participer à la conférence de Durban 2, estimant qu'elle risquait d'être "marquée par des expressions d'intol"rance et d'antisémitisme", et cessent de s'abstenir ou de voter des  résolutions contraires à l'idéal universel de 1948, soit l'obscurantisme religieux et son cortège de crimes politiqu es triompheront, sous les bons auspices des Nations Unies. Et lorsque les paroles de haine seront transformées en actes, nul ne pourra dire: "Nous ne savions pas".</p>
<p>Premiers signataires:</p>
<p>Elizabeth Badinter, Adrien Barrot, Patrice Billaud, Pascal Bruckner, Jean-Claude Buhrer, Chala Chafik, Georges Charpak, Christian Charrière-Bournazel, Bernard Debré, Chahdortt Dvajan, Jacques Dugowson, Frédéric Encel, Alain Finkielkraut, Elizabeth de Fontenay, Patrick Gaubert, Claude Goasguen, Thierry Jonquet, Liliane Kandel, Patrick Kessel, Catherine Kintzler, Claude lanzmann, Michel Laval, Barbara Lefevbre,Corinne Lepage, Malka Marcovich, Albert Memmi, Jean-Philippe Moinet, Jean-Claude Pecker,Philippe Schmidt, Alain Seksig,Mohamed Sifaoui, Antoine Spire, Pierre-André Taguieff, Jacques Tarnero, Michèle Tribalat, Michèle Vianes, Elie Wiesel, Michel Zaoui.</p>
<p>Signatures de soutien à ce texte par e-mail à</p>
<p>licra@licra.org</p>
<p>Liste complète des signataires sur</p>
<p>www.licra.org</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[OPINION LIBRE:L'ARCHEVEQUE DE CANTERBURY, LA CHARIA, ET LA POUSSEE POLITIQUE DES RELIGIEUX]]></title>
<link>http://ajhl.wordpress.com/?p=66</link>
<pubDate>Sun, 10 Feb 2008 15:07:19 +0000</pubDate>
<dc:creator>gblond</dc:creator>
<guid>http://ajhl.wordpress.com/?p=66</guid>
<description><![CDATA[L&#8217;annonce faite par l&#8217;archevêque de Canterbury, chef de l&#8217;Eglise Anglicane, de ce]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>L'annonce faite par l'archevêque de Canterbury, chef de l'Eglise Anglicane, de ce qu'il pense qu'il "faudra" appliquer la charia, au moins partiellement, en Grande Bretagne, pour "éviter une ségrégation des populations musulmanes", montre l'évolution inquiétante et rapide des idées et l'offensive générale lancée par les Eglises contre la laïcité dans tout le monde occidental.</p>
<p>La coïncidence de ces déclarations consternantes avec celles de Sarkozy affichant publiquement ses croyances catholiques et défendant l'idée que seule la religion peut donner sens aux existences humaines, et avec les prises de position de l'Eglise Espagnole invitant les Espagnols à voter contre la Gauche pour défendre les options catholiques concernant l'avortement et le mariage homosexuel, montre que il s'agit bien d'une volonté de relever la tête des partisans d'un rôle politique de l'Eglise dans la vie des Etats, ce qui est la définition même de la remise en question de la laïcité fondée sur l'idée que la religion est une opinion privée.</p>
<p>On constate ainsi une convergence des trois religions monothéistes dans ce but, et un soutien réciproque qui aboutit à une alliance tacite dont les signes se multiplient. Le paradoxe est que un mouvement de cette sorte, qui possède une dimension positive, par le fait de s'appuyer sur ce que ces religions partagent, ce qui entraîne une diminution du racisme et du mépris des unes envers les autres, aboutit à la désignation d'un ennemi commun, qui est l'autonomie de l'Etat par rapport aux Eglises. Dans tous les domaines, les Eglises revendiquent de plus en plus un droit de regard et leur autodésignation comme référent moral de l'identité et des valeurs de la population.</p>
<p>Le mélange de cette promotion du pouvoir politique de l'Eglise et d'un "politiquement correct" effrayant par son absence de toute réflexion politique aboutit à ces dérives qui nous menacent d'un retour en arrière à l'époque de l'affrontement entre" pouvoir temporel" (les empereurs et les rois en Europe) et "pouvoir spirituel" ( évêques et pape).</p>
<p>Déjà, au Canada, on avait assisté à la même dérive, la justice ayant entériné des jugements selon la "charia". Ce n'est pas un hasard si c'est dans le monde anglo-saxon ,très engagé dans une vue communautariste des rapports entre groupe ethniques, que se développe un tel discours qui aboutit à la dissolution de l'idée d'une Loi identique pour tous, fondatrice d'une nation et des libertés, au profit de la légalisation de traditions communautaires, entérinant les pratiques les plus barbares au nom du respect de l'identité des peuples.</p>
<p>Même si l'archevêque a pris soin de préciser que cette acceptation de la Charia n'irait pas jusqu'à l'acceptation de châtiments du genre amputation, lapidation, ou flagellation (on le remercie), il ne s'agit que de discuter du degré de cette acceptation, non du principe.</p>
<p>Cette reviviscence de la volonté d'influence politique des Eglises s'appuie sur le phénomène mondial de la déliquescence des idéologies universalistes du siècle précédent (communisme,fascisme, socialisme) ,face auquel la mondialisation n'apporte que insécurité, sentiment d'impuissance, et pragmatisme cynique, sans parler de l'érosion des identités nationales.</p>
<p>La religion réapparaît aux yeux d'une part des masses comme la seule idéologie universaliste capable de résister à l'utilitarisme dont la vie économique donne l'exemple tous les jours. La démocratie n'est plus conquérante, ( la dernière tentative de l'étendre par la force en Irak ayant fait la démonstration de sa vanité). La religion apparaît donc pour certains comme le seul ensemble de pensée cohérent préfabriqué utilisable pour structurer les existences de ceux qui sont perdus devant l'illisibilité du monde moderne, et les hiérarchies religieuses tentent d'en profiter pour restructurer en même temps les institutions politiques, juridiques et sociales de façon à établir des positions stratégiques difficiles à reconquérir pour les partisans de la laïcité.</p>
<p>Certains politiques, soit par options religieuses personnelles, soit par opportunisme cyniquement conscient d'un nouveau levier populiste à manier, n'hésitent pas à jouer cette carte et à accélérer le processus.</p>
<p>Cette orientation rejoint les intérêts politiques de certains Etats, (pays arabes, Chine, etc) qui s'appuient sur l'idée d'une non universalité des Droits de l'Homme pour justifier des régimes dictatoriaux au nom des "traditions" propres à leurs cultures. La démonstration risque d'en être faite bientôt avec l'adoption qui se prépare par la Commission des Droits de l'Homme de l'ONU, dirigée par la Lybie(!), de la vision de ces droits par les Arabes: le sionisme y est décrit comme une atteinte aux droits fondamentaux, mais pas le sort réservé aux femmes dans ces pays<br />
Il ne faut pas laisser sans réplique ces attaques contre le gain précieux qu'a été pour la France, et pour d'autres pays, la laïcité, c'est à dire l'autonomie du politique sur le religieux, face à ceux qui rêvent, catholiques, musulmans et juifs, de nous ramener cinq siècles en arrière au temps ou les Eglises réglaient leurs comptes avec la pensée de façon barbare.</p>
<p>N'hésitez pas à donner votre avis  sur cet article</p>
<p>Georges Blond</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[COMMENT JE SUIS DEVENU FRANCAIS, UN LIVRE DE JACQUELINE REMY]]></title>
<link>http://ajhl.wordpress.com/2008/01/07/comment-je-suis-devenu-francais-un-livre-de-jacqueline-remy/</link>
<pubDate>Mon, 07 Jan 2008 06:40:35 +0000</pubDate>
<dc:creator>gblond</dc:creator>
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<description><![CDATA[&#8220;Un pays, c&#8217;est un peu comme une famille. On est souvent trop près, ou trop loin pour s]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>"Un pays, c'est un peu comme une famille. On est souvent trop près, ou trop loin pour savoir le regarder Comment dessiner cette identité française que nous ne savons plus définir. Coment s'imprègne-t-on peu à peu d'un pays, comment se défait on insensiblement de sa nationalité d'antan pour en épouser une autre, à quel moment la bascule s'opère, quelle relation énigmatique garde-t-on avec son lieu de naissance", c'est ce qu'a cherché à éclairer J.Remy dans ce livre d'interviews qui cherche, par ce détour,à répondre à ces questions: le concept d'identité nationale a-t-il encore du sens; par quelle subtile alchimie nous sentons nous appartenir  à un pays à moins que cela soit lui qui nous appartienne dès lors que nous décidons d'en prendre possession?"</p>
<p>"Tout se passe comme si la France traversait une profonde crise existentielle, comme si elle ne savait plus qui elle est ni quels ressorts l'animent Attribuer un porte- feuille ministériel à l'identité nationale, c'estun peu comme instaurer un secrétariat d'Etat au vice ou à  la vertu. L'identité nationale ne se fixe ni ne se fige. Elle ne relève pas d'un gouvernement, sauf dans les régimes totalitaires, mais de l'histoire d'un pays, de son éthique collective, de l'éducation qu'il entend donner  aux générations qui préparent son  avenir. Ce sont ces valeurs qui font tenir les Français ensemble, celles de la République, héritées des Lumières: laïcité, égalité entre les hommes et les femmes, liberté de pensée et d'expression. Les Français l'oublient parfois,et, tout à leur individualisme, ne savent plus quel projet ils ont en commun."</p>
<p>"Vivre ici quand on est né ailleurs, épouser la nationalité française quand on est issu d'un autre pays, c'est un peu comme aimer deux êtres à la fois".</p>
<p>A travers les témoignages de ces 20 personnalités , souvent connues, qui témoignent, Jacqueline Remy nous fait mesurer qu'un homme ou une femme ne peut être résumé à sa nationalité, de même qu'il ne peut l'être à son son sexe, à son âge, à son ethnie, à sa religion, à son origine sociale ou géographique. On sait aussi qu'un changement de nationalité ne peut se résumer à une formalité juridique ni à  une équation politique. Adopter un pays, sa langue, son peuple, c'est l'embrasser. Une histoire de parfums, de saveurs, de beautés, de culture, d'idéaux, d'icônes et de héros, de paysages et de rencontres."</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[BAYROU REPOND A SARKOZY SUR LA LAICITE]]></title>
<link>http://ajhl.wordpress.com/2007/12/26/bayrou-repond-a-sarkozy-sur-la-laicite/</link>
<pubDate>Wed, 26 Dec 2007 18:21:54 +0000</pubDate>
<dc:creator>gblond</dc:creator>
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<description><![CDATA[D&#8217;après l&#8217;interview de François Bayrou  par Judith Waintraub publiée dans le Figaro d]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>D'après l'interview de François Bayrou  par Judith Waintraub publiée dans le Figaro du26/12/2007</p>
<p>La polémique  ouverte par  les propos de Nicholas Sarkosy sur la laïcité  et l'identité "chrétienne" française continue.</p>
<p>Nous publions, comme un élément à  apporter à ce dossier, l'essentiel de la réponse de François Bayrou, dont l'argumentation est puissante.</p>
<p>Répondant  à J. Waintraub qui lui demande ce qu'il pense du concept de "laïcité positive" défendu par N. Sarkozy, Bayrou relève la remise en cause de la conception de la laïcité  républicaine autour de laquelle la France s'est construite depuis la Libération.  En disant que la France a "intérêt"  à compter beaucoup de croyants, Sarkozy, dit-il, demande aux religions de fonder la morale du pays. "C'est le retour, qu'on croyait impossible en France, du mélange des genres entre l'Etat et la religion. Pour Bayrou, "la République n'a pas à sous-traiter l'espérance aux religions. La République est en charge de réaliser un monde meilleur et pas d'inviter à l'attendre. Cette conception sociologique de la religion fournissant l'"espérance" qui fait que les peuples se tiennent tranquilles et respectent les règles établies,on croyait que elle était loin derrière nous! Ce n'est pas autre chose que l'opium du peuple que dénonçait Marx... En réalité, l"espérance religieuse et l'espérance civique ne sont pas de même nature. Elles ne sont pas du même monde Au demeurant, la foi, ce n'est pas seulement l'espérance, ce n'est pas seulement pour l'avenir...".</p>
<p>Pour Bayrou, "lorsqu'on suggère que la morale républicaine doit se fonder dans les religions , on change d'approche. D'abord il ne revient à aucune autorité civile de trancher ainsi une question de conscience. Il est aussi anormal de voir un président dire que il faut se référer à la religion que d'en voir un autre affirmer qu'il faut  rejeter toute religion. Cette orientation dans un sens ou dans un autre n'est pas dans ses compétences. De surcroît dans une société plurireligieuse, on prépare les conditions d'un affrontement entre les différentes religions. Car quand elles se contredisent, qui décidera qu'une religion est supérieure à une autre dans le domaine  de la morale et des valeurs?"</p>
<p>De même,  il dit que quand N.  Sarkozy dit que "jamais l'instituteur ne pourra remplacer le pasteur ou le curé" dans l'apprentissage de la différence entre  le bien et le mal,parce que "il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de  sa vie et le charisme d'un engagement porté par l"espérance"  , il exprime exactement le contraire du message porté par Jules Ferry. La morale de l'instituteur n'est pas inférieure à celle du prêtre. Pour Jules Ferry, elle est la morale universelle au genre humain, qui prend garde à ne choquer aucune des familles qui confient leur enfant aux maîtres. La laïcité est un bien très précieux que la France a su définir avant et mieux que les autres. Elle détermine un espace public à l'intérieur duquel on ne fait pas intervenir la religion par l'autorité du dogme, et un espace intime familial, ou chaque être humain cultive ses convictions, une vision du monde , qu'il ne peut imposer aux autres. L'idée qui fonde la démocratie,, c'est la vision géniale que Pascal a exprimée de la distinction des ordres: il y a l'ordre du pouvoir,  l'ordre de la religion et l'ordre de la science.Le pouvoir doit garantir la liberté de prier et la liberté de penser dans les deux autres ordres. Mais l'homme n'est libre que si on empêche toute interférence entre ces ordres distincts. C'est un paradoxe curieux que celui d'un pouvoir qui affiche chaque fois qu'il le peut  sa"complaisance avec le matérialisme financier"et, en même temps souhaite faire de  la religion une autorité dans l'espace public.</p>
<p>Pour François Bayrou, les citoyens républicains et les chrétiens, qui peuvent être les mêmes,ont quelque chose en commun, c'est le "rendons à César ce qui appartient à César, et à Dieu ce qui appartient à Dieu.</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[SARKOZY, LA LAICITE ET L'IDENTITE NATIONALE]]></title>
<link>http://ajhl.wordpress.com/2007/12/24/sarkosy-la-laicite-et-lidentite-nationale/</link>
<pubDate>Mon, 24 Dec 2007 11:19:53 +0000</pubDate>
<dc:creator>pl</dc:creator>
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<description><![CDATA[Le discours prononcé par Sarkozy lors de son voyage au Vatican marque clairement une rupture avec l]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>Le discours prononcé par Sarkozy lors de son voyage au Vatican marque clairement une rupture avec la conception de la laïcité défendue par les chefs d'Etat français  dans la dernière génération.</p>
<p>Ceci pour une double raison: d'abord parce que la référence au christianisme comme source fondamentale de l'identité française constitue un virage  par rapport au souci constant des responsables politiques français de distinguer  d'une part,l'identité politique et citoyenne des Français, qui ne découle pas de la religion, mais au contraire de la lutte pour échapper au pouvoir politique de l'Eglise, et renforcer la séparation du politique et du religieux, et d'autre part, l'identité culturelle, qui elle, est bien liée  partiellement, aux valeurs religieuses et à l'imprégnation des mentalités par la référence fondamentale au christianisme.</p>
<p>Giscard d'Estaing et Chirac, dont on ne peut contester l'appartenance au monde chrétien , ont pourtant bataillé pour éviter  la référence au christianisme dans les textes constitutionnels de l'Europe. La laïcité est au contraire, dans sa dimension d'exclusion du religieux du champ politique, une dimension fondamentale de l'identité française, qui d'ailleurs la différencie en effet de la plupart des Etats européens.</p>
<p>Mitterrand, lui, qui avait relancé la guerre scolaire dans sa tentative  d'attaque contre le secteur privé de l'enseignement, avait aiguisé le conflit en prenant le parti d'une accentuation de la lutte contre l'influence éducative de l'Eglise, rompant l'équilibre institué depuis des décennies.</p>
<p>Le deuxième point qui introduit une rupture importante, c'est le parti pris appuyé de défense de la religion évoquée comme une source  indispensable de moralité et opposée  à l'athéisme, décrit comme un système de croyance instable, menacé par les idéologies  et donc présentant un danger de "fanatisme", ce qui ne manque pas de sel quand on voit la façon dont tous les intégrismes nourrissent les forces de haine et de violence les plus puissantes de l'époque. L 'Etat, s'il considère que la religion est un élément primordial de la société qui doit être soutenu, ne la considère plus comme un élément de la vie privée de chaque citoyen, une affaire de conscience personnelle, mais comme un élément d'une stratégie éducative qu'il doit promouvoir.</p>
<p>Il est peu probable  que Sarkozy veuille rallumer la guerre de la laïcité, et que des mesures mettant gravement en danger la laïcité soient prises, mais c'est clairement un nouvel état d'esprit qui se met en place. Rétrospectivement, on comprend encore mieux la mise en place du conseil des institutions musulmanes. On retrouve une conception bonapartiste, qui pense que la religion est  un moyen de stabilisation et de contrôle des populations qui  justifie de déléguer une partie de l'encadrement à l'appareil des religions.</p>
<p>Dire que "les racines de la France sont essentiellement chrétiennes" est à la fois vrai et faux. Car le  christianisme a été effectivement le fond de la pensée collective française pendant des siècles, mais  toute la culture française ne s'y réduit pas. Le fond celte préchrétien, l'influence énorme de la culture gréco-latine, le rôle décisif des lumières, et surtout, toute la modernité qui s'est développée hors de la religion,le faible rôle de  cette religion dans la production artistique et culturelle contemporaine, font que rabattre l'identité française sur son passé religieux exprime en fait un choix et non un constat objectif.</p>
<p>En fait, on a le sentiment que le fond de la pensée de Sarkozy, c'est que dans l'époque de perte des repères et des valeurs que nous vivons, seule la religion a le pouvoir de structurer les individus et les rapports sociaux, en tout cas beaucoup plus que l'athéisme, décrit comme ouvert à toutes les dérives . Or, c'est justement ce qui se produit de moins en moins: la religion est de moins en moins structurante pour les individus, et fonctionne de plus en plus comme une nébuleuse de croyances vagues, ou chacun fait son marché, et qui n'assure plus la cohésion intérieure ni collective des individus.Dans le combat pour le maintien des valeurs de la civilisation occidentale,  la position qu'il prend se ramène pratiquement à un appel à une sorte de "réarmement moral" qu'il lance -on se rappelle de l'usage de ce terme dans la lutte contre le communisme, à l'époque de la guerre froide-.</p>
<p>Ceci est inquiétant quand on fait le parallèle avec l'idéologie des chrétiens d'extrême droite aux USA, et leur conviction totale d'être les seuls détenteurs des valeurs morales, avec les lectures délirantes qu'ils font du monde moderne, et les conclusions politiques qui en découlent.</p>
<p>La laïcité n'est ni "le combat contre toutes les religions", ni  "le respect de toutes les religions", elle est la séparation du domaine politique et du domaine du religieux, considéré comme étant du ressort de la vie privée de chacun. C'est cette atténuation de la limite entre vie privée et vie publique qui est porteuse de dangers pour la démocratie. Dans son idée, du temps ou il était ministre de l'Intérieur, de modifier la loi de 1905 qui dispose que "la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte", il y avait déjà en germe la contestation de ce principe fondamental de la démocratie française.</p>
<p>Refuser de donner un pouvoir à l'Eglise n'est en rien "ignorer l'héritage  éthique, spirituel, religieux de son histoire ", "commettre un crime contre ce mélange d'histoire, de patrimoine, d'art et de traditions populaires qui imprègnent si profondément notre manière de vivre et de penser". Inversement, reconnaitre cet héritage n'implique nullement de donner aux Eglises les moyens d'établir et de renforcer actuellement leur influence sur une population dont 10 % seulement se déclarent pratiquants réguliers et près d'un quart incroyants.</p>
<p>Les sourires remplis de satisfaction des hiérarques de l'Eglise qui ont entendu le discours de Sarkozy montrent qu'ils apprécient à sa juste valeur le soutien que leur apporte ce nouveau compagnon de route. L'actualité récente, avec la conversion de  Tony Blair au catholicisme, montre que un homme politique peut à la fois avoir des convictions religieuses fortes et ne pas les traduire par une subordination de son action au soutien actif à une Eglise.</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[ALAIN FINKIELKRAUT: TOUJOURS PLUS D'ENRACINEMENT, TOUJOURS MOINS DE LUMIERES ? ]]></title>
<link>http://ajhl.wordpress.com/2007/11/22/alain-finkielkraut-toujours-plus-denracinement-toujours-moins-de-lumieres/</link>
<pubDate>Thu, 22 Nov 2007 09:26:55 +0000</pubDate>
<dc:creator>gblond</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p>La parution de l'entretien de AF et P.Thibaud dans le monde du 11/11/2007 ou il se saisit de l'opportunité du débat sur l'évolution des rapports juifs/chrétiens  après la Shoah pour exposer et résumer ses thèses  peut être une occasion de faire le point sur les théories qu'il développe et qui sont  au coeur même du débat ,explicite ou implicite dans le monde juif, sur la question de la fidélité, de la transmission, et du maintien de l'identité juive.</p>
<p>Dans son ouvrage,"La défaite de la pensée", paru en 1987, il abordait déja ces questions du rapport des particularismes des cultures et de l'idéal universaliste, qu'il définissait comme l'opposition de l'esprit des Lumières, incarné dans la Révolution Française, et du Romantisme , en particulier allemand, et de sa passion du subjectivisme.</p>
<p><em>Identité culturelle et individualité<br />
</em></p>
<p>La critique féroce qu'il dressait des effets pervers de la décolonisation lui donnait l'occasion de montrer  comment "le thème de l'identité culturelle qui permettait aux colonisés de se dégager de la dégradante parodie du colonisateur, en même temps, les déssaisissait de tout pouvoir face à leur propre communauté . Ils ne pouvaient prétendre se situer en dehors, à l'abri de ses impératifs, à l'écart de ses coutumes, puique c'était justement de ce malheur là qu'ils avaient voulu se délivrer en secouant le joug de la colonisation. Accéder à l'indépendance , c'était d'abord pour eux retrouver leur culture".D'où l'attachement des états à veiller que nulle critique intempestive ne vienne troubler le "culte des préjugés séculaires", et "au triomphe définitif de l'esprit grégaire sur les autres manifestations. "On ne se révolte pas contre soi" et "rendus à eux mêmes, les anciens colonisés se retrouvent captifs de leur appartenance, transis dans cette identité collective qui les avait affranchis de la tyrannie des valeurs européennes.. "A peine ont ils dit "Nous avons gagné"  qu'ils perdent le droit de s'exprimer autrement que à la première personne du pluriel. "Nous, c'était le pronom de l'authenthicité retrouvée,  c'est désormais celui de l'homogénéité obligatoire,c'était la naissance à elle même d'une communauté, c'est la disparition de tout intervalle et donc de toute confrontation entre ses membres. Il n'y avait pas de place dans la logique coloniale pour le sujet collectif,; il n'y a pas, dans la logique identitaire,  de place pour l'individu".</p>
<p>Critiquant le fameux livre de Frantz Fanon, "les damnés de la terre",il relevait que F.F. place l'individualisme" au premier rang des valeurs ennemies ". Dans ce livre, les combattants, au lieu de cultiver stérilement leurs particularités, sont invités à s'immerger dans "la marée populaire". "Abdiquant toute pensée propre, ils retournent dans le giron de leur communauté. La "pseudo-réalité individuelle" est abolie: chacun se retrouve pareil aux autres, porteur de la même identité. Le corps mystique de la nation absorbe les âmes; et AF conclut que" une nation dont la vocation première est d'anéantir l'individualité de ses citoyens ne peut pas déboucher sur un état de droit".</p>
<p>Il concluait que dans le débat entre les deux idées de la nation qui a partagé la conscience européenne depuis la Révolution  française, FF prend parti  pour le "Volk"  ,opposant à la société des individus  le génie national, "l'affirmation échevelée d'une originalité posée comme absolu", rejoignant par là l'idéologie des anti-Lumières  qui sonnent le rappel de tous les  adversaires de la révolution et de l'universalisme rationaliste qui triomphe avec la révolution.</p>
<p>Herder est  le maître à penser  de ce courant qui trouve un echo très favorable en Allemagne ou il sert de drapeau au nationalisme allemand furieux de voir l'hégémonie française s'imposer à l'Europe, militairement et idéologiquement. Les intellectuels allemands s'enrôlent dans le combat contre les idées de raison universelle ou de loi idéale. "Sous le nom de culture, il ne s'agit plus pour eux de faire reculer le préjugé et l'ignorance, mais d'exprimer, dans sa singularité irréductible, l'âme unique du peuple dont ils sont les gardiens."</p>
<p>"Parallèlement, les penseurs traditionnalistes   accusent les jacobins d'avoir profané par des théories abstraites le génie national...</p>
<p>Libérés de leurs attaches , les individus l'étaient aussi de l'autorité transcendante qui  jusqu'alors régnait sur eux . La puissance ne venait plus du ciel,mais d'en bas de la terre, du peuple,de l'union des volontés qui formaient la collectivité nationale.</p>
<p>AF a parfaitement raison d'indiquer là ce qui est aux yeux des conservateurs le "péché originel", "la présomption fatale d'où découle la dissolution de l'ensemble social.</p>
<p>C'est effectivement ce qui les met en rage , l'idée inouïe que pour la première fois de l'histoire de l'humanité, les humains pourraient essayer de fonder une société non pas sur ce qui a toujours été,sur l'immuabilité d'une attribution des roles et des places, mais sur des aussi vieilles idées humaines que la justice, la raison, et si possible,la pensée libre appuyée sur la raison- qui n'est pas le rationalisme abstrait qu'ils caricaturent, mais une raison raisonnable,qui prenne en compte la réalité et les idéaux.</p>
<p>Ce qu'ils s'évertuent à  démontrer comme impossible, une nation existant sans Dieu et sans Roi, est ce qui se développe sous leurs yeux ,et qui aboutit à la Démocratie,l' horreur absolue pour eux, le sacrilège même.</p>
<p>Ce qu'ils affirment que l'on a jamais vu,unenation qui se donne son contrat, c'est ce qui se passe avec les constitutions successives, alors qu'ils continuent à affirmer, contrevérité évidente, que les constitutions , on ne les fabrique pas , on les trouve , que leur développement est spontané,organique et non intentionnel, que elles ne résultent pas d'un dessein clairement conçu par une ou plusieurs personnes.</p>
<p>Que penser, alors des constitutions françaises successives, et du débat sur les institutions. Que penser de la constitution israelienne, ou de celle des Etats Unis, et de tout ce qui est la place du politique  dans l'évolution des sociétés.</p>
<p>Ce que  les "contrerévolutionnaires "du 18 ème siècle et les anti Lumières  qualifient de délire prométhéen,c'est la réappropriation par les humains de leur destin projeté hors d'euxmêmes  dans les figures diverses et emboîtées de l'hétéronomie.<br />
En fait pour eux, l'homme est le produit de son environnement ,et c'est folie de vouloir lui mettre entre les mains la responsabilité de ce qui le dépasse infiniment.</p>
<p>Il est vrai que les utopies révolutionnaires du 20 ème siècle ont montré à loisir la folie que pouvait produireune vision parfaitement et symétriquement opposée a celle ci et qui serait que l'homme peut faire table rase de tout et créer un monde issu de l'arbitraire de ses rêves ou de ses raisonnements abstraits . La vision d'une humanité toute puissante  devant la réalité est aussi fausse que celle d'une humanité réduite à l'obéissance et à répéter indéfiniment ce qui a été fait par les générations antérieures. Les idéologies progressistes ont pu pécher par suffisance et balayer en pensée des réalités bien plus durables que leurs catéchismes bien pensants, mais l'idée d'une dignité liée à l'exercice d'une liberté, et donc d'une responsabilité, est bien plus haute que celle d'une soumission  acceptée et même revendiquée au nom du respect pour les générations qui ont vécu auparavant. La création de l'Etat d'Israel en est un des plus beaux exemples. Fallait il, au nom du passé et des traditions, perpétuer l'abaissement et la dépendance dans lesquels vivaient les juifs, jusqu'à la conclusion de l'extermination?</p>
<p>AF  démonte très  efficacement la mécanique de la logique des contre révolutionnaires ( De Maistre, Bonald, etc.) et la ramène à leur but profond:"enseigner la soumission aux hommes, leur donner la religion du pouvoir établi,, substituer "l'évidence de l'autorité à l'autorité de l'évidence". Comme il le remarque,, ils dénoncent fanatiquement la pénétration de l'esprit d'examen dans la sphère religieuse et s'"emploient à mater le doute, à enchaîner la raison". Pour eux ," plus un ordre est ancestral, plus il mérite d'être préservé, et la valeur des institutions est fixée par leur ancienneté, non par leur proximité avec un modèle idéal.".</p>
<p>Contre les Lumières qui ont choisi comme devise "Sapere aude", ose savoir, ose braver tous les conformismes, "aie le courage de te servir de ton propre entendement, sans le secours d'un directeur de conscience ou la béquille des idées reçues", ils proclament leur amour du préjugé: "Le préjugé est bon en son temps, déclare Herder, car il rend heureux. Il ramène les peuples à leur centre,les rattache solidement à leur souche,les rend plus florissants selon leur caractère propre,plus ardents et par conséquent plus heureux dans leurs  penchants et leurs buts".</p>
<p><em>Nation contractuelle ou Nation organique </em></p>
<p>AF expose bien comment le développement du positivisme remet en question les certitudes des Lumières  et comment les sciences de l'inconscient divulguent la logique des lois et des croyances qui échappait aux Lumières, mais l'exemple de l'Alsace,qui  parle allemand et est de culture allemande, et qui pourtant choisit de rester française oblige par exemple Renan  à réviser ses certitudes.  Il est ainsi prouvé que "l'idiome, la constitution héréditaire ou la tradition n'exercent pas sur les individus l'empire absolu que tendent à leur conférer les sciences humaines. Il est ainsi prouvé que le sentiment national ne résulte pas d'une détermination inconsciente, mais d'une libre détermination." . Renan, qui combattait cette idée, fait maintenant de la nation l'objet d'un pacte implicite quotidiennement scellé entre ceux qui la composent. "Une nation est donc une grande solidarité constituée par le sentiment des sacrifices que l'on a faits et d e ceux que l'on est disposé à faire. Elle suppose un passé: elle se résume pourtant dans le présent par un fait tangible:le consentement, le désir clairement exprimé de poursuivre la vie commune.  L'existence d'une nation est un plébiscite de tous les jours." Ainsi, "ce n'est pas le Volkgeist, communauté organique de sang et de sol ou de moeurs et d'histoire, qui soumet à sa loi les comportements individus c'est le concours volontaire des individus qui forme les nations.</p>
<p>Les positions  soutenues par AF dans ce livre penchaient clairement vers la défense de la conception contractuelle de la Nation, celle des Lumières, avec cependant un intérêt et une sensibilité pur les thèses romantiques.</p>
<p>En 1991, dans la revue ethnologique  "Terrain", il écrivait pourtant: "Après coup, il m'a paru que dans ce livre, j'avais adhéré un peu trop naïvement aux Lumières. Certes, l'idéal de l'universalité rest le mien,(...) mais je ne peux plus dire: face aux dégats provoqués par le Romantisme,revenons aux Lumières. Car nous sommes les héritiers de l'un et des autres; les héritiers de ce qu'ils ont chacun de grand,mais aussi de l'impasse ou chacun nous a mis: le Romantisme, avec le risque d'enfermer les hommes dans leurs appartenances, et les Lumières , avec le triomphe de la raison instrumentale et de la technique.</p>
<p>Un début de virage s'opérait là, même si le refus du sectarisme philosophique pouvait se défendre. Dans le même texte, il apportait une nouvelle formulation,belle,  de l'idéal des Lumières ,comme celui de la critique et de l'"arrachement", et le caractérisait comme la part de l'héritage occidental qui méritait d'être conservée.</p>
<p>Mais AF disait en même temps qu'il travaillait à une évaluation plus positive du Romantisme</p>
<p>Dans le livre "L'ingratitude",  la bascule s'accentuait, et le balancier repassait du côté du Romantisme. Par un renversement complet,AF donne ses nouvelles formulations qui laissent de côté la définition des nations qu'il approuvait dans "la défaite de la pensée".</p>
<p><em>Nation politique et Nation culturelle</em></p>
<p>"La Nation dont la France a proclamé la souveraineté à  la face du monde,dit il,  ce n'est pas une identité qui s'exprime, ce sont des citoyens qui récusent le statut de sujet que leur a légué l'Histoire et que leur impose la religion à travers l'axiome paulinien que tout pouvoir  vient de Dieu"." Ce n'est pas un ethnos qui fait valoir ses droits (?), c'est un demos qui s'insurge contre les abus du roi"." La Nation, dit il, transforme les hommes attachés à leurs croyances particulières en hommes universels et rationnels. Bref, la France  a légué au monde une définition de la nation politique et non pas culturelle. Le Français se sent avant tout citoyen dit Louis Dumont,et la France, pour lui, c'est la Démocratie, la république,et s'il est un peu instruit, il dira que la France a montrét au monde la voie des droits de l'homme et du citoyen, qu'elle est l'institutrice du genre humain</p>
<p>Mais pour AF ce gain de liberté signifie maintenant une perte d'identité, et l'homme soumis à ses propres lois renie son passé, son  histoire et son identité culturelle. Ses mots deviennent de plus en plus durs. IL parle de l'"idéologie française", des penseurs "superfrançais" pour attaquer ceux, les penseurs allemands contemporains par exemple,qui veulent "dénationaliser la démocratie", "découpler la loyauté républicaine et la communauté de destin historique, prôner la remise en cause des filiations culturelles au profit de l'assentiment donné  à des institutions et à des symboles politiques relevant de l'universalisable. Il oppose à ces discours universalisateurs le général De Gaulle, "qui plaçait plus haut que tout la sauvegarde des "patries charnelles", il ironise sur le 'postnationalisme" des allemands échaudés par le nationalisme nazi,qui prennent parti contre le nationalisme culturel quebecquois.</p>
<p><em>Sommes nous ,avant toute autre chose,des héritiers,ou bien n'estce qu'une dimension parmi d'autres?</em></p>
<p>Au fil du livre, dont le titre, "l'ingratitude", donne l'axe essentiel, le plaidoyer devient de plus en plus passionné ,et violent,</p>
<p>L'interviewer, le quebecquois Antoine Robitaille, finit par lui poser la question: ce discours n'est il pas purement et simplement un discours conservateur?</p>
<p>La réponse  de AF est ambigüe. La description, très juste , qu'il donne du discours conservateur correspond  cependant tout à fait à ce qu'il dit lui même.</p>
<p>Le conservateur, dit il,né en réaction à la Révolution Française,c'est d'abord l'homme qui proteste contre les droits de l'homme. Burke "soutient que le lengage des droits de l'homme attente aux conditions d'une vie humaine. La Déclaration fait des hommes des individus, alors qu'ils sont avant tout des héritiers, etque l'Etatdoit se concevoir comme une association non seulement entre  les vivants , mais entre les vivants et les morts et tous ceux qui vont naître."</p>
<p>Au rebours de "l'orgueilleuse raison des Lumières", la "sagesse conservatrice" fait crédit aux morts, c'est à dire à la raison cachée dans les coutumes ,dans les institutions,  dans les idées reçues</p>
<p>"A l'homme en général, le conservateur oppose des traditions particulières .A l'abstraction, l'autorité de l'expérience. Au "chimèrique individu", la réalité effective de l'être social. Aux revendications présentes, la piété envers le passé.</p>
<p>Thomas Paine, au contraire, polémiquant avec Burke, "dénonce cette apologie de la provenance, de la circonspection, et de l'humilité. L'égalité et la liberté,, affirme t il en substance ne régissent pas seulement les rapports entre les contemporains, mais ceux que les hommes d'aujourd'hui entretiennent avec les générations défuntes. Le passé n'est plus péremptoire, il est périmé;"</p>
<p>Il déclare: "Je défends les droits des vivants, et je m'efforce d'empêcher qu'ils soient aliénés , altérés ou diminués par l'autorité usurpée des morts".</p>
<p>AF appelle à la rescousse Hannah Arendt et affirme que elle prend,( avec lui), le parti du conservateur dans cette polémique. L'homme nu, réduit à lui même,extrait de toute communauté,de tout ancrage, c'est la personne déplacée, l'apatride, tel qu'on l' a rencontré au XX ème siècle, et qu'elle évoque dans "Les origines du totalitarisme".</p>
<p>Sauf que l'apatride,  ainsi dénommé sur le plan administratif, est tout sauf un homme sans mémoire, sans histoire et sans références. La démonstration est trop belle pour être vraie.Et jusque dans les camps d'internement, ils gardent leur appartenance, leurs affiliations partisanes, etc. C'est au contraire cette description dramatique de l'homme privé de références qui est mythique et mystificatrice, parce que un tel homme n'existe pas, même dans les camps. La référence à l'universel ne dépouille pas l'homme de ses dimensions, elle lui en ajoute une. C'est le consevateur qui crée lui même une abstraction pour pouvoir étayer sa lutte contre les abstractions.</p>
<p>AF  evite pourtant une vision trop simplificatrice et univoque  en affirmant que Hannah Arendt est "à la fois " conservatrice et non conservatrice."</p>
<p>Conservatrice, parce que "elle a peur pour la trame symbolique, la communauté de sens qui nous relie non seulement  à nos contemporains, mais aussi à ceux qui sont morts et à ceux qui viendront après nous. Elle a peur pour le passé , pour le temps humain, pour la continuité  qu'instituent les objets et les oeuvres, pour le cadre durable au sein duquel peuvent se déployer l'action et la création.</p>
<p>Pas conservatrice, car elle n'aspire pas davantage au rétablissement de l'ordre qu'à l'instauration d'une société organique ou les tâches s'accompliraient naturellement, sans discussion,sans intervention, sans projet, indépendamment des volontés individuelles. IL ne s'agit en aucune façon de restreindre la faculté d'agir à ce que la tradition prescrit ou de fondre la multiplicité des personnes dans l'unité substantielle d'on ne sait quel Volkgeist. Le monde dont elle se soucie est bien un héritage, mais cet héritage ne se présente ni comme unmodèle de comportement,ni comme une identité collective.</p>
<p><em>Que conclure de cette évolution de AF, reconnue par lui même?</em></p>
<p>Visiblement, le centre de sa préoccupation s'est déplacé au fil du temps. Sa vision de l'homme s'est de plus en plus rapprochée de celle des anti Lumières , l'homme s'est de plus en plus identifié pour lui à l'héritier. Finalement pour lui, ce sont les déterminations inconscientes (le jeu de la langue, le poids de l'histoire ("l'histoire, c'est le code") qui donnent sa vraie nature à l'individu. Un peu comme les psychanalystes qui identifient leur patient à son inconscient, oubliant que Freud n'avait jamais pensé une telle chose, puisque pour lui,"Là où Ca était, Je dois advenir".  L'arrachement qu'il admirait chez les Lumières est devenu pour lui synonyme de dé-solation, d'abandon des devoirs et des dettes, d'illusion présomptueuse et sa vision du monde a tourné à la nostagie, comme le lui suggérait un peu son ami interviewer. Il est devenu de plus en plus identifié au sentiment de responsabilité dans le maintien des éléments d'enracinement culturel des peuples et des individus, dont il s'affirme de plus en plus comme le gardien.</p>
<p>Pourtant, sa réflexion reste d'une acuité exceptionnelle, la matière de pensée qu'il brasse fournit des matériaux extrêmement riches pour l'élaboration des questions portant sur les questions vitales dans le monde actuel que sont les identités individuelles et collectives, le sentiment national et la nature des nations, la transmission des cultures et la défense des "petites nations". Sa pensée,  qui a  évolué dans le sens d'un conservatisme  éclairé reste vivante et évolutive, et originale dans le paysage politique et philosophique français</p>
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