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	<title>moqtad-sadr &amp;laquo; WordPress.com Tag Feed</title>
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	<description>Feed of posts on WordPress.com tagged "moqtad-sadr"</description>
	<pubDate>Sat, 26 Jul 2008 20:33:46 +0000</pubDate>

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	<language>en</language>

<item>
<title><![CDATA[Les escadrons de la mort de la CIA tuent en toute « impunité » en Afghanistan]]></title>
<link>http://mecanopolis.wordpress.com/?p=878</link>
<pubDate>Wed, 21 May 2008 23:16:41 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mecanopolis</dc:creator>
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<description><![CDATA[
La semaine passée, un enquêteur des Nations unies a rendu public un rapport préliminaire soulign]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:center;"><img class="aligncenter" style="border:1px solid black;vertical-align:middle;" src="http://www.internationalist.org/ninjas3www.JPG" alt="" width="473" height="190" /></p>
<p style="text-align:justify;">La semaine passée, un enquêteur des Nations unies a rendu public un rapport préliminaire soulignant le grand nombre de décès parmi les civils en Afghanistan, souvent aux mains d'unités hors-la-loi dirigées par la CIA ou d'autres agences du renseignement étrangères.</p>
<p style="text-align:justify;">Cet enquêteur est Philip Alston, un professeur de l'Université de New York agissant à titre de Rapporteur spécial sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires pour le Conseil des droits de l'homme des Nations unies. Son rapport lève un coin du voile sur les gestes illégaux des agences du renseignement, des forces d'occupation et de la police afghane dans leur tentative de réprimer l'opposition à l'occupation menée par les Etats-Unis et au gouvernement que ces derniers soutiennent.</p>
<p style="text-align:justify;">Un rapport plus complet sera publié plus tard cette année.</p>
<p style="text-align:justify;">Alston s'est concentré sur les meurtres de civils par les Etats-Unis et les autres forces militaires internationales, citant 200 morts rapportées lors des quatre premiers mois de 2008. Ce chiffre, toutefois, est basé sur les données colligées par les Nations unies et d'autres organisations internationales et est sans l'ombre d'un doute une grossière sous-estimation.</p>
<p style="text-align:justify;">En plus des civils tués dans les raids aériens - visant souvent sans discrimination des habitations civiles - Alston a fait état de « plusieurs raids pour lesquels aucun État ou commandement militaire ne reconnaît sa responsabilité ».</p>
<p style="text-align:justify;">Dans une conférence de presse qu'il a donnée jeudi, Alston a apporté plus de précision sur ce point : « J'ai parlé à plusieurs personnes en lien avec l'activité d'unités de renseignement étrangères. Je ne veux pas les nommer, mais elles occupent les plus hauts niveaux dans les régions où j'ai mené mes enquêtes. Ces forces opèrent avec ce qui semble être une entière impunité. » Les lieux où des incidents ont été cités dans le rapport indiquent que les agences du renseignement en question comprennent la CIA ou des Forces spéciales américaines.</p>
<p style="text-align:justify;">Le rapport signale quelques incidents comme exemple de meurtres extrajudiciaires. En janvier 2008, deux frères furent tués dans un raid sur la province de Kandahar réalisé par des « membres internationaux ». Alston a trouvé que les victimes « étaient largement réputées, même par des représentants gouvernementaux bien informés, n'avoir aucun lien avec les talibans et les circonstances entourant leur mort sont suspectes. Toutefois, non seulement n'ai-je pas pu obtenir la version des faits d'un commandant militaire international, mais je n'ai même pas pu obtenir confirmation d'un commandant militaire international qu'un de ses hommes avait été impliqué. »</p>
<p style="text-align:justify;">D'autres incidents ont impliqué des raids par des Afghans sous la direction de « services de renseignement internationaux » non identifiés menés à partir de bases dans les provinces de Kandahar et Nangarhar.</p>
<p style="text-align:justify;">« Il est absolument inacceptable que des membres lourdement armés d'une force internationale accompagnés de membres lourdement armés des forces afghanes puissent aller là où ils veulent pour réaliser des raids dangereux qui finissent souvent par des morts sans que personne n'en prenne la responsabilité » peut-on lire dans le rapport.</p>
<p style="text-align:justify;">Le quotidien britannique <em>The Independent</em> a donné des informations supplémentaires. Il a noté : « Un responsable occidental bien informé de l'enquête a dit que les unités secrètes sont aujourd'hui encore connues comme des forces de campagne qui furent déployées alors que les Forces spéciales américaines et les espions de la CIA recrutaient des soldats afghans pour les aider à renverser les talibans lors de l'invasion de 2001 sous direction américaine. "Nous avons gardé les plus brillants et plus intelligents parmi les hommes de cette milice, a dit le responsable. Nous les avons entraînés et réarmés et ils sont toujours en action. »</p>
<p style="text-align:justify;">Le quotidien <em>Independent</em> a continué en citant un incident dans lequel les forces britanniques furent impliquées. « Dans la province d'Helmand, là où se trouve la majorité des 7800 soldats britanniques, les Forces spéciales ont été accusées d'avoir tranché la gorge d'un homme dans un raid de nuit qui a mal tourné. Les sources des agences de sécurité déclarent maintenant que l'opération a été organisée par une unité spéciale d'espions. »</p>
<p style="text-align:justify;">Alston a aussi écrit sur les actions de la police afghane. « Elles n'agissent pas en tant que forces faisant respecter la loi et l'ordre, mais en tant que défenseurs des intérêts d'une tribu ou d'un commandant », a-t-il rapporté. Il a cité un incident dans lequel la police afghane a massacré un groupe d'une tribu rivale. Il n'y a pas eu d'enquête par le gouvernement ou les forces d'occupation. Dans un autre incident, la police a tué neuf manifestants et en a blessé 42 autres à Sheberghan en mai 2007.</p>
<p style="text-align:justify;">En général, il a trouvé qu'il y avait très peu d'intérêt parmi les responsables américains ou afghans à suivre les morts civiles. « La complaisance en réponse à ces morts est étonnamment élevée » a-t-il dit.</p>
<p style="text-align:justify;">Lors de la conférence de presse, il a noté « Lorsque je demandais le nombre des morts civiles enregistrées au cours de l'année, je me faisais répondre que ces chiffres ne sont disponibles en Afghanistan - c'est ce que m'ont répondu plusieurs représentants seniors de l'armée - ou encore qu'ils étaient secrets et que l'on ne pouvait me les transmettre. Lorsque je demandais plus d'informations sur certains incidents, dans le but de vérifier si les personnes impliquées avaient bien été punies, on me répondait qu'une telle information n'était pas disponible en Afghanistan et que je devrais plutôt lire les journaux des pays concernés. »</p>
<p style="text-align:justify;">Le fait que la CIA a été impliquée dans des opérations secrètes en Afghanistan n'est ni nouveau ni surprenant. Déjà dans les années 1970, la CIA a développé des liens avec des sections de la population afghane, en particulier des éléments fondamentalistes islamiques, dans sa tentative de miner le gouvernement qui était alors soutenu par l'Union soviétique. Plus tard, la CIA a été très impliquée dans le développement de liens avec les seigneurs de guerre anti-talibans avant l'invasion et l'occupation américaines en 2001.</p>
<p style="text-align:justify;">Après l'invasion, l'Afghanistan, en particulier la base aérienne de Bagram près de Kaboul, est devenu un point de transit pour les prisonniers capturés par les Etats-Unis et que l'on voulait expédier à la prison de Guantanamo, vers des prisons secrètes de la CIA ou vers des pays alliés des Américains pratiquant la torture. Les agences de renseignement américaines auraient également été impliquées dans l'interrogation de prisonniers dans la prison d'Abou Ghraib en Irak.</p>
<p style="text-align:justify;">En 2005, les médias américains ont écrit des reportages sur les opérations des escadrons de la mort soutenus par les Américains en Irak et qui étaient déployés pour tuer des personnes suspectées d'être des opposants à l'occupation américaine. Yasser Salihee, un correspondant spécial de l'agence de presse Knight Ridder qui enquêtait sur les escadrons de la mort, a été tué d'une balle dans la tête en juin de cette année. D'autres reportages montrent comment l'armée américaine a modelé les unités irakiennes sur les escadrons de la mort déployées en Amérique centrale durant les années 1980 pour éliminer l'opposition de gauche aux intérêts américains.</p>
<p style="text-align:justify;">Alors que la plupart des actions de la CIA sont cachées dans une aura de secret, un contractant de la CIA a été poursuivi pour avoir torturé un prisonnier afghan à mort en 2003. Ce contractant, David Passaro, a interrogé et battu le prisonnier, Abdul Wali, pendant deux jours, le blessant si sérieusement qu'il en est mort deux jours plus tard.</p>
<p style="text-align:justify;">Dans une autre affaire, le <em>New York Times</em> a écrit samedi que le Pentagone allait de l'avant avec son projet de construction d'un complexe pénitentiaire de 160.000 mètres carrés à la base militaire de Bagram. La prison actuelle, ainsi que d'autres prisons afghanes et américaines, sont apparemment insuffisantes pour détenir le grand nombre de prisonniers faits par les forces d'occupation.</p>
<p style="text-align:justify;">La nouvelle prison pourra aussi être utilisée pour des prisonniers actuellement détenus à Guantanamo. Elle sera conçue pour détenir jusqu'à 1100 personnes.</p>
<p style="text-align:justify;">Article original anglais paru le 19 mai 2008 sur <a href="http://www.wsws.org/" target="_blank"><strong><span style="font-family:Arial;color:#003366;"> World Socialist Web Site</span></strong></a></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Selon The Times, les USA planifieraient une frappe sur les Gardiens de la Révolution iraniens]]></title>
<link>http://mecanopolis.wordpress.com/?p=811</link>
<pubDate>Sun, 04 May 2008 23:11:22 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mecanopolis</dc:creator>
<guid>http://mecanopolis.wordpress.com/?p=811</guid>
<description><![CDATA[L&#8217;armée américaine élabore des plans pour une « frappe chirurgicale » contre un camp d]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;"><img class="alignleft" style="border:2px solid black;float:left;" src="http://www.ouwet.com/wp-content/pasderanflag.jpg" alt="" width="129" height="174" />L'armée américaine élabore des plans pour une « frappe chirurgicale » contre un camp d'entraînement de rebelles en Iran si les Gardiens de la Révolution continuent de tenter de déstabiliser l'Irak, selon des informations transmises la semaine dernière par des sources appartenant aux services de renseignement occidentaux. L'une de ces sources déclare que les Américains sont de plus en plus en irrités par la participation de membres des forces spéciales de la Brigade Al Qods des Gardiens de la Révolution à des opérations en Irak, l'entraînement de milices chiites et la contrebande d'armes dans le pays.</p>
<p style="text-align:justify;">Malgré la posture belliqueuse du vice-président Dick Cheney, l'administration a remisé les plans d'attaque contre les installations nucléaires iraniennes depuis que Robert Gates a remplacé Donald Rumsfeld au poste de secrétaire à la Défense en 2006, indiquent ces sources.</p>
<p style="text-align:justify;">Toutefois, les responsables militaires des États-Unis sont de plus en plus préoccupés par les ingérences iraniennes en Irak et sont déterminés à ce que les récents succès emportés ensemble par les forces irakiennes et américaines dans la ville portuaire de Bassora ne soient pas remis en cause par la Brigade Al-Qods.</p>
<p style="text-align:justify;">« Si la situation à Bassora redevient ce qu'elle était auparavant, l'Amérique devrait en blâmer l'Iran et procéder à une « frappe chirurgicale » au-delà de la frontière sur un camp d'entraînement de militants situé au Khouzestan », déclare une source, faisant référence à une province iranienne frontalière.</p>
<p style="text-align:justify;">Les responsables américains ont conscience que l'Iran ne mettra sans doute pas un terme à son implication en Irak et qu'une attaque américaine, même limitée, pourrait déclencher une escalade des combats.</p>
<p style="text-align:justify;">Bien que les responsables américains de la défense soient fermement opposés à toute attaque sur les installations nucléaires iraniennes, à leur avis un raid sur un des camps de formation de miliciens chiites serait un message fort délivré à Téhéran.</p>
<p style="text-align:justify;">Les Britanniques estiment l'armée américaine a tendance à surestimer les effets de l'implication iranienne en Irak.</p>
<p style="text-align:justify;">Mais disent-ils, il ne fait guère de doute que les Gardiens de la Révolution exercent une influence sur les groupes dissidents de l'Armée du Mehdi du chef religieux radical Moqtada al-Sadr, qui ont été les cibles principales des dernières opérations menées à Bassora.</p>
<p style="text-align:justify;">La chaîne de télévision CBS a indiqué la semaine dernière que des plans sont en cours d'élaboration pour une attaque contre l'Iran, citant un officier qui dénonce le « rôle de plus en plus hostile » de l'Iran en Irak.</p>
<p style="text-align:justify;">Les informations relayées par les médias américains ne précisaient pas quelle pourrait être sur la cible d'une telle action et indiquaient que les installations nucléaires iraniennes étaient probablement l'objectif visé.</p>
<p style="text-align:justify;">Selon les sources du Times, il ne s'agirait pas d'une attaque contre les installations nucléaires. « Le Pentagone n'est pas du tout enthousiaste pour ça. Si une attaque se produit, ce sera sur un camp d'entraînement pour délivrer clairement à l'Iran le message de ne pas interférer. »</p>
<p style="text-align:justify;">Le président George W. Bush est réputé être déterminé à ne pas transmettre ce qu'il considère comme « le problème iranien » à son successeur. Une attaque limitée sur un camp d'entraînement pourrait donner le sentiment d'une action résolue, tout en étant acceptable à la fois par Robert Gates et le commandant US en Irak, le général David Petraeus.</p>
<p style="text-align:justify;">Source : <a href="http://www.timesonline.co.uk/tol/news/world/middle_east/article3868063.ece" target="_blank">The Times</a></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Moqtada Sadr, Le plus emblématique opposant à l’occupation américaine de l’Irak, un scalp idéal pour George Bush en fin de mandat]]></title>
<link>http://mecanopolis.wordpress.com/?p=717</link>
<pubDate>Sat, 12 Apr 2008 16:40:45 +0000</pubDate>
<dc:creator>Mecanopolis</dc:creator>
<guid>http://mecanopolis.wordpress.com/?p=717</guid>
<description><![CDATA[
Pour la deuxième fois depuis l&#8217;invasion américaine de               l&#8217;Irak, il y a ci]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:center;"><img style="border:1px solid black;" src="http://data3.blog.de/media/084/2461084_1e39cda394_m.jpeg" alt="" width="358" height="375" /></p>
<p style="text-align:justify;">Pour la deuxième fois depuis l'invasion américaine de               l'Irak, il y a cinq ans, le pouvoir irakien, puissamment secondé               par les Américains et les Britanniques, a engagé le combat               contre Moqtada Sadr, au printemps 2008 à Bagdad et Bassorah (sud               de l'Irak), en vue de mettre au pas ce jeune dignitaire               nationaliste chiite, dans une quête désespérée d'un succès               politique et militaire qui gommerait d'un coup la pire               catastrophe géostratégique du monde occidental depuis la chute               de Saigon (1975) et du Chah d'Iran (1979), il y a trente ans.</p>
<p style="text-align:justify;">Les pertes militaires américaines en Irak s'élevaient au 7               avril 2008, à 4.023 soldats tués, 430 suicides au sein des               militaires en activité, un nombre sensiblement plus élevé parmi               les anciens combattants, soit un taux de suicide chez les               fantassins de l'ordre de 17,3 sur 100.000 soldats contre 11,10               pour l'ensemble de la population américaine, selon le «Departement               of Veteran Affairs », avec en arrière-plan un surcoût financier               de 420 milliards de dollars et des dommages collatéraux               substantiels de 200.00 civils irakiens tués, près d'un million               de blessés et trois millions de déplacés.</p>
<p style="text-align:justify;">Face au bilan calamiteux américain en Irak aux effets               corrosifs sans doute comparables à la défaite soviétique en               Afghanistan (1980-1989), Moqtada Sadr, le plus emblématique               opposant à l'occupation américaine, apparaît, au même titre               que Cheikh Hassan Nasrallah, chef du mouvement chiite libanais               Hezbollah, comme le scalp idéal qui justifierait a posteriori               l'équipée américaine en Irak et légitimerait toute la stratégie               américaine au Moyen-Orient.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>I- La bataille de Najaf en 2004</strong></p>
<p style="text-align:justify;">En Août 2004, à Najaf, ville sainte chiite,               l'administration néo-conservatrice avait caressé le projet de               défaire le chef religieux dans son propre sanctuaire, en pleine               campagne présidentielle américaine visant à la reconduction du               mandat du Président George Bush.</p>
<p style="text-align:justify;">Dans la foulée de la destruction du fief sunnite de Falloujah               (avril 2004), la bataille de Najaf, marquée par l'intervention               massive des mercenaires de la firme américaine «Blackwater»               avait constitué la première épreuve de force entre Américains               et les adversaires chiites de l'occupation américaine de               l'Irak, regroupés autour de Moqtad Sadr.</p>
<p style="text-align:justify;">Par son ampleur, la combativité des miliciens sadristes, et               son dénouement, Najaf est apparue rétrospectivement comme               fondatrice d'une nouvelle légitimité de Moqtada Sadr, le               propulsant au centre du jeu politique irakien, surclassant de loin               les autres protagonistes. Les combats avaient en effet cessé par               suite de l'intervention de l'Ayatollah Ali Sistani,               l'autorité suprême chiite en Irak, qui redoutait un désaveu               de ses coreligionnaires surpris par son silence qu'ils               assimilaient à une complicité passive. L'ayatollah Sistani               s'était en effet envolé vers Londres à la veille des combats               et n'était retourné que pour ordonner un cessez le feu.</p>
<p style="text-align:justify;">En Avril 2004, qui passe pour avoir été l'un des points les               plus chauds de la confrontation américano-irakienne, 80               mercenaires avaient été tués dans les batailles de Falloujah,               de Bagdad et de Nadjaf, dont 14 dans la première quinzaine               d'Avril. C'est d'ailleurs la capture et la mutilation de quatre               mercenaires à proximité de Falloujah, dans le secteur sunnite de               l'Irak, qui a déclenché les batailles d'avril.<br />
Récidiviste, Blackwater s'illustrera trois mois plus tard dans la               deuxième grande bataille d'Irak, la bataille de Najaf, dans le               sud de l'Irak, lieu saint chiite et fief de Moqtada Sadr. La firme               avait assuré la protection du quartier général de la coalition               provisoire irakienne à Najaf. Le Washington Post avait affirmé               à l'époque que la défense du bâtiment avait été assurée par               des hommes de Blackwater et qu'au plus fort de la bataille, les               mercenaires s'étaient fait ravitailler en munitions par trois de               leurs propres hélicoptères, s'attirant les félicitations               publiques du général en charge des opérations de sécurité en               Irak, alors que les mercenaires ne font traditionnellement pas               partie de la chaîne de commandement de l'armée américaine.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>II - La bataille de Bassorah en 2008</strong></p>
<p style="text-align:justify;">Quatre ans plus tard, la bataille de Bassorah, en Mars-Avril               2008, intervient dans un contexte radicalement différent, alors               que le 2me mandat de George Bush touche à sa fin et que               l'administration américaine fait l'objet de pressions               multiples visant au retrait du corps expéditionnaire d'Irak.</p>
<p style="text-align:justify;">Coïncidant avec l'envoi d'une flottille navale américaine               au large de Beyrouth et la démission de l'Amiral William               Fallon, commandant du théâtre des opérations du Moyen-Orient,               la bataille de Bassorah tend à accréditer l'hypothèse d'une               action militaire contre l'Iran ou la Syrie, les deux               obstructeurs à l'hégémonie israélo-américaine dans la zone,               à tout le moins à faire monter d'un cran la tension régionale,               sur fond de grandes manœuvres militaires syriennes et israéliennes               dans la zone frontalière des deux pays et d'informations de               presse faisant état du renforcement de la coopération militaire               russo-syrienne. La reprise des hostilités en Irak survient en               outre sur fond de tension syro-saoudienne résultant tant du               blocage de l'élection présidentielle au Liban que des               suspicions nourries par la Syrie sur une éventuelle connivence               des Saoudiens et des Jordaniens avec les services israéliens dans               l'assassinat, en mars à Damas, d'Imad Moughnieh, le chef               militaire du Hezbollah, faisant craindre un règlement de compte               entre Chiites et Sunnites à l'échelle régionale.</p>
<p style="text-align:justify;">Plus précisément son objectif vise à briser l'emprise du               dignitaire chiite et son prosélytisme religieux sur cette métropole               située à la jonction stratégique du Koweït et du Chatt el               Arab, la voie d'eau séparant l'Irak de l'Iran, de sécuriser               les gisements pétroliers du sud de l'Irak, de même que l'axe               routier Bagdad-Koweït long d'un millier de km par où transite               le ravitaillement des troupes américaines via cette ville               portuaire qui constitue avec le terminal de Fao, l'un des deux débouchés               maritimes de l'Irak.</p>
<p style="text-align:justify;">Né en 1973 à Koufa, ville sainte proche du sanctuaire de               Najaf, disposant du titre de Sayyid qui signe son appartenance à               la descendance du prophète, Moqtada Sadr occupe une place singulière               dans l'échiquier irakien. Frappé d'un triple sceau de légitimité               -spirituelle, nationaliste et populaire-, il est le seul dirigeant               irakien d'envergure nationale à n'avoir jamais transigé sur               ces principes, encore moins pactisé avec ce qu'il considère être               ses «ennemis», contrairement aux autres factions irakiennes</p>
<p style="text-align:justify;">Si les Kurdes passent pour les supplétifs des Américains et               les Chiites inféodés à l'Iran, notamment les partisans de M.               Abdel Aziz Hakim, chef de l'Armée Islamique du Salut, les               Sunnites paraissent, eux, partagés entre partisans du mouvement               clandestin «Al-Qaeda» et sympathisants de la guérilla baasiste               épaulée par d'anciens agents des services irakiens.</p>
<p style="text-align:justify;">Moqtada Sadr émerge, lui, du lot en tant que dirigeant               religieux nationaliste, disposant d'une large autonomie qui le               place à l'abri d'une allégeance contraignante, à la               remorque d'aucune puissance. De par son profil et son parcours,               il est le scalp idéal irakien d'un président américain en fin               de mandat, une «prise de guerre» à l'effet de magnifier le               bilan de sa «guerre mondiale contre le terrorisme», à l'effet               de magnifier son bilan présidentiel tout court.</p>
<p style="text-align:justify;">Les combats de Bassorah ont fait 700 morts dans les rangs               sadristes en mars et 40 autres à Sadr City, la banlieue populeuse               du Nord-Est de Bagdad, et l'un des fiefs de chef chiite,               dimanche 6 avril et lundi 7 avril, à la veille de la grande               manifestation commémorant le 5me anniversaire de la chute de la               capitale irakienne aux mains des Américains. A la veille de cette               manifestation, le premier ministre Noury al-Malki a menacé de               bannir Moqtada Sadr de la vie politique irakienne si le dignitaire               religieux n'ordonnait pas la dissolution de sa milice, forte de               60.000 combattants et regroupés au sein de «l'Armée du Mahdi».</p>
<p style="text-align:justify;">Se voulant comme une démonstration de force contre               l'occupation américaine en même temps qu'un plébiscite               populaire en faveur du dignitaire religieux, une manifestation prévue               pour le 9 avril, commémorant le cinquième anniversaire de la               chute de Bagdad, a été annulée. En réplique, les partisans du               chef chiite ont dressé des barricades sur la route menant à leur               fief de «Sadr-city »et menacé de rompre la trêve qui les lie               au gouvernement central depuis Août 2007. Près d'un millier de               soldats gouvernementaux ont préféré rallié les rangs de               l'Armée du Mahdi» plutôt que de réceptionner la reddition               des armes des insurgés.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Le scénario pourrait donc se dérouler selon un schéma               contraire à celui conçu par les stratèges républicains:</strong></p>
<p style="text-align:justify;">-D'abord, Moqtada Sadr n'a pas pour vocation d'être une               victime sacrificielle que l'on immole pour apaiser la colère               des dieux, selon les rites anciens des sociétés primitives, ou               dans le cas d'espèce, pour satisfaire les ambitions post-présidentielles               de George Bush.</p>
<p style="text-align:justify;">-Ensuite, Moqtada Sadr n'est pas un «Imam radical», comme               la presse occidentale se plait à qualifier quiconque s'oppose               à l'hégémonie américaine.</p>
<p style="text-align:justify;">C'est un religieux chiite, dont la famille par le double               assassinat de son père (2000), l'Ayatollah Mohamad Sadek               as-Sadr, et de son oncle (1989) a payé un lourd tribut à son               opposition à Saddam Hussein, l'ancien protégé des               Occidentaux. Non un «exilé de l'extérieur» mais un résistant               de l'intérieur tant à Saddam qu'aux Américains. La dénomination               de la banlieue populeuse du sud de Bagdad du nom patronymique de               sa famille «Sadr-city » témoigne de la ferveur populaire dont               il bénéficie au sein des classes défavorisées de la société               irakienne. Moqtada Sadr est en somme le contraire des nouveaux               dirigeants irakiens, notamment les kurdes et une fraction des               chiites, tel le banquier Ahmad Chalabi, venus au pouvoir dans les               fourgons de l'armée américaine.</p>
<p style="text-align:justify;">Au regard des états de service de sa famille, l'assassinat               de deux dignitaires religieux, son patriotisme ne saurait souffrir               la moindre suspicion. Il ne saurait prêter même à la moindre               contestation, contrairement à bon nombre de nouveaux dirigeants y               compris chiites, tel l'ancien premier ministre Iyad Allaoui,               ancien militant bassiste, opportunément reconverti dans la               collaboration avec les services occidentaux, dont il a été un               agent attitré, à l'instar de M. Ahmad Chalabi.</p>
<p style="text-align:justify;">-Enfin, Moqtada Sadr, dans la léthargie arabe, est               certainement un agitateur d'idées, certainement pas un               perturbateur. Le jeune chef rebelle, fougueux, est le grand               perturbateur de la mise au pas américaine de l'Irak. C'est le               principal grief qui peut lui être adressé.</p>
<p style="text-align:justify;">Les nouveaux dirigeants irakiens, tant Chiites que Kurdes,               pensaient pouvoir glaner le pouvoir à Bagdad, dans le sillage               docile de l'occupation américaine. Mais l'arrogance, la               corruption et les erreurs dont ils ont fait preuve et qui               constituent la marque caractéristique du zèle des opportunistes,               a nourri un mécontentement populaire et grossi d'autant les               rangs des partisans de Moqtada.</p>
<p style="text-align:justify;">Sa légitimité religieuse est autant sinon plus authentique               que celle des dignitaires religieux chiites, les exilés de               l'extérieur, planqués à Londres au temps de la répression.               Sa légitimité se nourrit d'ailleurs directement,               paradoxalement, de l'illégitimité de ses contestataires. Car               il n'est pas sain de développer, depuis son lieu d'exil               londonien, toute une littérature sur les Droits de l'Homme et               les injustices dont a pâti le chiisme irakien à travers               l'histoire du pays, pour finir par apporter sa caution à               l'assaut des forces américaines contre un des hauts lieux saint               de l'Islam chiite, le sanctuaire de Najaf.</p>
<p style="text-align:justify;">Une telle attitude d'incohérence discrédite le discours de               son auteur. Cela a été exactement le cas des trois chiites               commis d'office par les Américains au premier gouvernement de               l'Irak post-saddam: Le premier ministre Iyad Allaoui, le               ministre de la défense Hazem Chaalane, ainsi que le conseiller               pour la sécurité Mouaffac Al-Roubai, tous trois titulaires               d'un doctorat en médecine, tous trois d'anciens membres               actifs des comités irakiens des Droits de l'Homme depuis leur               exil londonien et prosateurs des souffrances des chiites irakiens.</p>
<p style="text-align:justify;">Face à l'assaut américain contre le sanctuaire de Najaf, défendu               par Moqtada Sadr en Août 2004, la seule protestation émise a émané               des organisations en lutte contre l'hégémonie israélo américaine,               le Hamas palestinien, le Hezbollah libanais, la confrérie des Frères               musulmans en Egypte, ainsi que les chefs des mouvements islamistes               du Maroc et de Tunisie respectivement Cheikh Yacine et Rachid               Ghannouchi. Un mutisme comparable à celui observé à l'égard               du Hezbollah, en 2006, lors de la guerre destructrice d'Israël               contre le Liban. Un mutisme identique à celui observé au               printemps 2008 face à l'assaut américain de Bassorah.</p>
<p style="text-align:justify;">A trop laisser la place vacante aux islamistes sur le champ de               bataille, à déserter le terrain, la vacance finit par se prendre               et avec elle la direction des opérations d'autant plus aisément               que l'Amérique a renoncé depuis longtemps à son rôle d'«honnête               courtier» entre Israël et les Etats arabes et que face à une démission               arabe quasi-généralisée, les combattants islamistes, tant               sunnites que chiites, demeurent, par les armes, au péril de leur               vie, les seuls contestataires du nouvel ordre américain.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong><a href="http://renenaba.blog.fr/2008/04/10/irak-moqtada-sadr-un-scalp-ideal-pour-ge-4024496" target="_blank">René Naba</a></strong></p>
<p><strong>Pour aller plus loin:</strong></p>
<p>Irak: L’hécatombe des «faiseurs de guerre»<br />
<a href="http://renenaba.blog.fr/2007/06/28/">http://renenaba.blog.fr/2007/06/28/</a></p>
<p>Syrie/Sommet arabe: Le contournement du dernier récalitrant arabe<br />
<a href="http://renenaba.blog.fr/2008/03/19/">http://renenaba.blog.fr/2008/03/19/</a></p>
<p>Blackwater, armée fantôme et entreprise prospère<br />
<a href="http://renenaba.blog.fr/2007/05/28/">http://renenaba.blog.fr/2007/05/28/</a></p>
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</item>

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