<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><!-- generator="wordpress.com" -->
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	>

<channel>
	<title>propagande-culturelle &amp;laquo; WordPress.com Tag Feed</title>
	<link>http://wordpress.com/tag/propagande-culturelle/</link>
	<description>Feed of posts on WordPress.com tagged "propagande-culturelle"</description>
	<pubDate>Thu, 21 Aug 2008 11:00:00 +0000</pubDate>

	<generator>http://wordpress.com/tags/</generator>
	<language>en</language>

<item>
<title><![CDATA[L'appareil festif au service du multiculturalisme : le FFM maintenant conscrit]]></title>
<link>http://cbergeron.wordpress.com/?p=566</link>
<pubDate>Wed, 20 Aug 2008 00:06:48 +0000</pubDate>
<dc:creator>cbergeron</dc:creator>
<guid>http://cbergeron.wordpress.com/?p=566</guid>
<description><![CDATA[
Quoi ? Encore &#8220;Destination Québec&#8221; ? Encore le multiculturalisme de &#8220;l&#8217;in]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:center;"><a href="http://communiques.gouv.qc.ca/gouvqc/communiques/GPQF/Aout2008/18/c5059.html"><img class="aligncenter" src="http://www.carlbergeron.com/blog/FFM190808.jpg" alt="FFM" /></a></p>
<p>Quoi ? Encore "Destination Québec" ? Encore le multiculturalisme de "l'innovation" ? Le business d'Espace Culture ? Bien sûr, des mauvaises langues diront que ce ne sont que des mots. Que le ministre Bachand peut bien rabâcher cette formule à la mode, "destination québécoise", cela ne change rien en autant que l'on puisse toucher comme d'habitude notre subvention. C'est d'ailleurs le raisonnement de la plupart des <em>artistocrates</em> -- selon la formule de Philippe Muray -- qui s'indignent ces jours-ci que des "ignares bitumineux" (Gaétan Soucy) se permettent de séparer les artistes de l'État en coupant dans les programmes fédéraux pour la culture.</p>
<p>Ils ont évidemment tort. Les mots ne sont pas que des mots, ils devraient être les premiers à le savoir. Quand le ministre Bachand accorde des subventions au FFM au nom du multiculturalisme, c'est le cosmopolitisme des milieux cultivés qu'il liquide au profit de l'idéologie. D'ici quelques années, les <em>artistocrates</em> commenceront à se demander s'ils ne se sont pas fait avoir, si on ne les a pas forcés à jouer dans un jeu qui ne pourrait que leur être fatal. Mais il sera trop tard. Ce qui "n'était que des mots" deviendra des critères officiels à partir desquels l'argent du régime sera accordé ou non. Du verbiage de communiqué, on passera à la solidité de la doctrine. On sortira des mondanités éphémères pour entrer dans la durée.</p>
<p>La majorité de nos imbéciles d'<em>artistocrates</em> s'imaginent encore oeuvrer dans un schéma moderniste qui opposerait les "avant-gardistes" aux "obscurantistes". Ils se voient dans une lutte contre la Tradition et la Réaction, alors qu'ils se font bêtement avaler par des monstres tout ce qu'il y a de plus grossier : le Business, l'Innovation, Espace Culture. Ils croient avoir, dans les progressistes sociaux-démocrates, des alliés pour la culture, alors qu'ils n'auront toujours que des défenseurs de la "destination québécoise". Comme dit Alain Dubuc (<a href="http://www.cyberpresse.ca/article/20080819/CPOPINIONS05/808190810/6741/CPOPINIONS"><em>La Presse</em>, 19 août</a>), à la suite de Raymond Bachand : "<em>La culture contribue de multiples façons au développement économique. Elle transforme les villes, les rend plus attrayantes pour le tourisme, mais aussi pour les capitaux et le talent. Elle stimule également la créativité qui aide une société à être ouverte et innovatrice. À l'étranger, c'est une carte de visite qui permet de tisser des liens, de «brander» un pays.</em>"</p>
<p>Être un artiste, si j'avais Alain Dubuc à mes côtés, parlant d'art comme on parle de développement touristique, je me poserais de sérieuses questions. De très sérieuses questions.</p>
<p>À lire également sur L'I. C. :<br />
"<a href="http://cbergeron.wordpress.com/2008/08/10/quand-le-quebec-devient-destination-quebec/">Management inter/multiculturaliste -- Quand le Québec devient "Destination Québec"</a>", 10 août 2008 ;<br />
"<a href="http://cbergeron.wordpress.com/2008/08/07/la-fete-des-enfants-lappareil-festif-au-service-du-multiculturalisme/">La Fête des enfants : l'appareil festif au service du multiculturalisme</a>", 7 août 2008 ;<br />
"<a href="http://cbergeron.wordpress.com/2008/08/06/semaine-italienne-lappareil-festif-au-service-du-multiculturalisme/">Semaine italienne : l'appareil festif au service du multiculturalisme</a>", 6 août 2008.</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Mer clichés]]></title>
<link>http://cbergeron.wordpress.com/?p=551</link>
<pubDate>Mon, 18 Aug 2008 11:43:37 +0000</pubDate>
<dc:creator>cbergeron</dc:creator>
<guid>http://cbergeron.wordpress.com/?p=551</guid>
<description><![CDATA[
L&#8217;exil a-t-il encore un sens lorsqu&#8217;on fait fondre les frontières et le sens de l]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:center;"><a href="http://www.cyberpresse.ca/article/20080817/CPARTS02/808170638/1050/CPARTS02"><img src="http://www.carlbergeron.com/blog/Mer180808.jpg" alt="Mer" /></a></p>
<p>L'exil a-t-il encore un sens lorsqu'on fait fondre les frontières et le sens de l'appartenance ? L'écrivain a-t-il le mandat d'être un "citoyen" ? Une femme anonyme, dans une maison idyllique en bordure de l'océan, peut-elle aborder ces questions et dire quelque chose sur son époque ?</p>
<p>Voilà, sans doute, la "distance" que l'on peut souhaiter à Pascale Quiviger, et à beaucoup, beaucoup d'écrivains d'Espace Culture.</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[La langue de bois]]></title>
<link>http://cbergeron.wordpress.com/?p=537</link>
<pubDate>Fri, 15 Aug 2008 12:20:40 +0000</pubDate>
<dc:creator>cbergeron</dc:creator>
<guid>http://cbergeron.wordpress.com/?p=537</guid>
<description><![CDATA[
La langue de bois est intimement liée à une théorie globale d&#8217;interprétation, qui lui don]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:center;"><a href="http://www.ledevoir.com/2008/08/15/201553.html"><img src="http://www.carlbergeron.com/blog/Inegalites150808.jpg" alt="Inegalites" /></a></p>
<p>La langue de bois est intimement liée à une théorie globale d'interprétation, qui lui donne, par son aspect massif et incontournable, une apparence de solidité et d'assurance. Le propre de la langue de bois est de donner l'illusion de la maîtrise du réel, et de procurer ce sentiment de sécurité à tous ceux qui accepteront de l'exercer et d'en reconnaître les bienfaits théoriques. En l'occurrence, la théorie globale d'interprétation, ici, c'est le marxisme, qui fait tout, mais absolument tout entrer dans la grille de la lutte des classes. Les voyous de Montréal-Nord, qui ont mis le feu à des commerces, qui ont lancé des cocktails Molotov aux policiers et qui ont tiré sur les pompiers et les ambulanciers nous sont donc présentés comme des "jeunes en colère", porteurs d'un message social sur les inégalités sociales dont ils seraient les victimes.</p>
<p>Or, un tel message social supposerait que les "jeunes en colère" veuillent faire partie de cette société sur laquelle ils tirent à coups de fusil et de cocktails Molotov. Alors qu'il n'en est rien. Ils l'ont dit eux-mêmes, ils n'acceptent plus que la société soit présente à Montréal-Nord, à travers policiers, ambulanciers et pompiers, ou de toute autre représentant institutionnel. C'est la loi du ghetto qui doit primer. Alors que viennent faire ici les "théories sociétales" ?</p>
<p>C'est le même point de vue qui est défendu par Vincent Marissal dans son étrange chronique de mercredi ("<a href="http://www.cyberpresse.ca/article/20080813/CPOPINIONS05/808130963">C'est économique, stupide !</a>"). Selon lui, "<em>la criminalité, les gangs de rue, la violence, le rejet de l'autorité</em>" seraient dus à une seule cause : "<em>la pauvreté</em>". Dans un raisonnement d'une rare démagogie, il résume : "<em>À force de se gratter le bobo des accommodements raisonnables ces dernières années, on a commodément oublié que la vraie nature des problèmes sociaux dans une grande ville comme Montréal n'est pas religieuse, mais économique." </em>Ici, Marissal emploie à dessein le qualificatif "religieux" pour mieux camoufler la disqualification qu'il opère du volet symbolique, culturel et politique des choses, au strict profit d'une vision par ailleurs plus <em>économiste</em> qu'économique.</p>
<p>Des emplois, il y en a pour les jeunes en pleine santé de Montréal-Nord. Encore faudrait-il qu'ils acceptent de quitter le ghetto, ce qui est loin d'être acquis. Des jobs à 14$ de l'heure, il y en a en Beauce, à Drummondville et à Québec. L'exil du ghetto ne serait pas facile, car dans les ghettos les lâches, les crapules et les petits bandits sont respectés, alors qu'à l'extérieur du cocon ils sont punis et méprisés. En ne quittant pas le ghetto, sous prétexte qu'on y serait maintenu par une société "inégalitaire" et "raciste", on s'évite également l'effort d'avoir à affronter la société en tant qu'individu libre plutôt qu'en tant qu'atome communautaire.</p>
<p>Tant que l'État continuera d'admettre le "dialogue" avec des voyous et de casquer des sommes faramineuses pour des thérapies communautaires de toutes sortes, le ghetto continuera d'être plus attrayant que la société pour ces jeunes des "quartiers sensibles". Pourquoi travailler et se coucher à 22h la semaine, lorsqu'ils n'ont qu'à foutre le feu en groupe pour avoir l'attention et la compassion "sociétale" des élites de la société ?</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Management inter/multiculturaliste -- Quand le Québec devient "Destination Québec"]]></title>
<link>http://cbergeron.wordpress.com/?p=497</link>
<pubDate>Sun, 10 Aug 2008 20:29:53 +0000</pubDate>
<dc:creator>cbergeron</dc:creator>
<guid>http://cbergeron.wordpress.com/?p=497</guid>
<description><![CDATA[LE GOUVERNEMENT DU QUÉBEC ACCORDE 60 000 $ À LA FÊTE DES ENFANTS 2008 (CNW/Telbec)
Extrait de ce]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://communiques.gouv.qc.ca/gouvqc/communiques/GPQF/Aout2008/07/c2177.html">LE GOUVERNEMENT DU QUÉBEC ACCORDE 60 000 $ À LA FÊTE DES ENFANTS 2008</a> (CNW/Telbec)</p>
<p>Extrait de ce nouveau communiqué sur la Fête des enfants  :</p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;">(...)</p>
<p style="text-align:justify;">La Fête des enfants aura lieu, cette année encore, au parc Jean-Drapeau, où des activités de toutes sortes seront proposées pour rapprocher parents et enfants et <strong>inciter ces derniers à s'ouvrir sur le monde</strong>. Au menu : des activités qui toucheront autant la culture et la science que le sport.</p>
<p style="text-align:justify;">"La Fête s'inscrit comme <strong>le plus important rassemblement familial de la métropole et contribue au rapprochement des diverses communautés</strong>. C'est un événement sans pareil, qui se distingue par <strong>son caractère multiculturel et rassembleur</strong>. De plus, les <strong>festivités conviviales et riches en divertissement favorisent la cohésion sociale</strong>", a affirmé la ministre Normandeau.</p>
<p style="text-align:justify;">"La Fête des enfants se révèle un événement d'importance pour la métropole puisqu'elle <strong>favorise l'intégration socioculturelle des enfants et de leur famille à leur milieu</strong>. L'épanouissement de l'enfant et le développement d'un sentiment d'appartenance à la <strong>communauté montréalaise et québécoise</strong> se retrouvent au cœur des préoccupations de cette belle initiative collective. Ce rassemblement familial démontre, une fois de plus, <strong>le caractère accueillant de la destination québécoise</strong>", a ajouté le ministre Bachand.</p>
</blockquote>
<p>Ce communiqué, comme c'est souvent le cas avec les documents administratifs de l'État québécois, est une pure merveille. Je ne comprends pas ceux qui passent sur ces communiqués sans juger bon de les commenter. Les communiqués gouvernementaux figurent pourtant tout un monde, avec leur novlangue managériale et leurs bons sentiments atroces, leurs formules éculées et leur effarante prévisibilité. C'est la documentation la plus mésestimée et véridique de notre époque. Je lis cette propagande un café à la main, l'air détendu, en gardant bien en tête que toute cette laideur sera de toute façon occultée par des lectures sublimes en après-midi. Mais je ne peux guère laisser la Machine produire ses communiqués sans rien faire. Les lire et les commenter est un devoir, une sorte d'exorcisme intellectuel. Un communiqué managérial qui n'a pas été décortiqué et humilié par une intelligence humaine est un communiqué de trop.</p>
<p>Ainsi, l'État québécois délie les cordons de sa bourse pour des motifs qui, pour l'essentiel, relèvent de la thérapie inter/multicuturelle, telle qu'elle fut "proposée" par Bouchard-Taylor et telle qu'elle est de toute façon déjà appliquée par l'État dans toutes les sphères de l'existence. Il ne faudrait pas que les gens s'imaginent que les commissions de consultation millionnaires que l'on met sur pied pour des raisons médiatiques aient jamais consulté quique ce soit en-dehors du cercle restreint des apparatchiks. Il n'y a pas eu de consultation, il n'y en a jamais eu : Bouchard-Taylor a servi à mettre en scène l'incompétence technocratique du peuple en matière d'immigration, et à justifier une doctrine inter/multiculturelle déjà suivie à la lettre par les bureaucrates. Qu'importe que le rapport fût mal reçu ? Le fric va continuer de pleuvoir sur les disciples de l'inter/multiculturalisme.  La Machine est trop bien huilée et l'État, noyauté par la novlangue, ne roule que dans un sens. Les apparatchiks ont réussi à personnaliser leur doctrine dans la figure de l'Immigré, de telle sorte qu'on ne peut plus discuter leur doctrine pour ce qu'elle est : une doctrine ; mais comme la seule approche qui convienne dans le domaine de l'immigration. Désormais, attaquer l'inter/multiculturalisme revient à attaquer personnellement l'Immigré, tel est le tour de force idéologique de nos savants fous. C'est pourquoi le peuple ne peut pas descendre dans la rue par milliers pour contester cette doctrine qui le tue ; c'est pourquoi le premier ministre ne peut la désavouer publiquement ; c'est pourquoi le politique ne peut plus rien faire face à ce chantage humanitaire sans être taxé d'ignominie meurtrière.</p>
<p>On me reproche parfois d'utiliser le qualificatif "totalitaire" pour désigner la réalité québécoise. C'est que plusieurs personnes confondent facilement "totalitarisme" et "fascisme", comme si une société totalitaire ne pouvait pas être sans une police secrète brutale et un Fuhrer oraculaire. Le totalitarisme, c'est la soumission de la totalité de l'existence à des impératifs idéologiques et technocratiques. Il s'est exprimé de différentes façons au XXe siècle ; il peut très bien touver de nouvelles expressions au XXIeme. Concrètement, son apparition se manifeste par l'impossibilité de tout exercice politique dans la cité, laquelle se voit réduite à une simple toile sociale où s'agitent des citoyens désincarnés, dépourvus de substrat anthropologique et historique. Dans une société totalitaire, l'État surplombe idéologiquement la vie des citoyens et éradique toute forme de plaisir et de liberté, deux notions qu'il falsifie systématiquement. Dans le cas du techno-progressisme québécois, le plaisir et la liberté sont remplacés par le divertissement et la permissivité inconditionnelle. La répression du système s'exerce en faisant croire aux citoyens qu'ils ont triomphé de la répression, ce qui contribue à maintenir les sujets dans une espèce de catatonie morale et spirituelle où seule leur productivité de contribuable docile sera encouragée. Dans un pareil contexte apolitique, les expressions historiques de la civilisation comme le mariage, la famille, la nation et l'école deviennent l'objet d'une haine sans précédent, retournant une partie du peuple contre elles. La division ainsi créée contribue à détruire ce qui garantissait pourtant au peuple une liberté politique enviable face à un État toujours tenté par l'idéocratie.</p>
<p>L'appareil festif, si l'on exclut le festival de jazz (créé il y a 25 ans dans un autre contexte), s'est surtout déployé depuis dix ans au Québec, parallèlement à l'essor de l'inter/multicuralisme dans les officines universitaires et étatiques. Subventionné à fond par l'État, infiltré par des apparatchiks et des fonctionnaires culturels, l'appareil festif a pour mission d'élargir la pespective du "divertissement" et de la "permissivité inconditionnelle". Supposément indispensable au développement économique et à l'industrie touristique, l'appareil festif a pour lui la fatalité de l'économisme mondialisé. Il s'agirait en somme de se "mettre sur la carte" de la World Pride, en proposant au monde une vitrine marketing où s'étaleraient les charmes particuliers du pays. La dérogation aux prescriptions festives condamnerait le Québec à la marginalité et à l'anonymat touristique, ce qui, selon nos comptables ministériels, provoquerait certes un effondrement économique, mais surtout une exclusion immédiate de la grande fratrie onusienne.</p>
<p>Les festivals, plus encore qu'une simple fonction économique et touristique, remplissent donc une fonction "politique" -- au sens que peut encore avoir ce terme dans le monde d'aujourd'hui. C'est-à-dire que le seul lien "politique" que l'on entretiendrait avec l'extérieur serait un lien orienté et prédéterminé par une logique purement managériale et festive, qui n'aurait plus rien à voir avec la nation. Le Québec ne survivrait plus que comme "Destination Québec" (dixit Raymond Bachand, ministre du Développement économique ET du Tourisme), carte postale qu'il serait de notre devoir d'embellir pour projeter une "image accueillante" auprès des touristes de passage. Les festivals sont la porte d'entrée 3-D de cette carte postale, le Show son et lumière d'une nation en déliquescence qui consacre sous les feux d'artifices et les guitares rock son inexistence politique, son incapacité à agir pour elle-même, dans les paramètres qui sont les siens plutôt que ceux de la World Pride.</p>
<p>Le festivalier, en entrant sur le site du Festival, n'est plus un citoyen : il devient partie prenante de la Fête. Une Fête qui, curieusement, et comme c'est le cas avec la Fête des enfants, est ponctuée "d'ateliers de sensibilisation" sur "l'ouverture sur le monde" et le "multiculturalisme". Une Fête où le festivalier ne prend pas congé de l'idéologie mais où il y entre au contraire de plain pied. On comprend donc que le "plaisir", qui est pourtant mis à l'avant-plan lorsqu'il est question des festivals, est une notion entièrement falsifiée pour les besoins de l'opération : le "plaisir" n'est pas réel, car le festivalier ne goûte qu'au "divertissement" -- où on le distrait de sa propre individualité, de sa propre intelligence, de son propre esprit critique pour mieux l'abrutir et le rééduquer. Évidemment, la "liberté" si vantée de nos sociétés contre-culturelles n'est pas plus honorée par les festivals, qui flattent surtout -- à l'aide de publicités suaves et d'une omniprésence sonore -- la vanité de leurs victimes à se croire les auteurs de leur propre émancipation festive.</p>
<p>C'est donc par ce monstre de désintégration existentielle qu'est l'appareil festif que l'État québécois entreprend d'appliquer sa doctrine de l'inter/multiculturalisme. L'efficacité de l'appareil festif n'est plus à démontrer : après toute une décennie de festivals ethniques, où l'État a encouragé symboliquement et financièrement chaque "communauté culturelle" à exalter sa "différence", voici que les festivals plus neutres, qui n'avaient pas de connotation ethnique ou différentialiste au départ, se voient affublés d'une nouvelle mission de rééducation "multiculturelle". <em>L'Intelligence conséquente</em> en parlait le <a href="http://cbergeron.wordpress.com/2008/07/23/changement-de-paradigme/">23 juillet</a> et le <a href="http://cbergeron.wordpress.com/2008/08/04/les-francofolies-un-festival-encore-trop-ferme-sur-lui-meme/">4 août</a> : les FrancoFolies, un festival dont la prétention se résumait à diffuser de la musique francophone, se voit soumis, depuis deux ans, à la logique managériale de l'inter/multiculturalisme par la voie de la "Grande Fête multiculturelle". Les FrancoFolies, en régime techno-progressiste, n'auraient pas d'autres choix que d'accepter des groupes de musique d'autres langues que le français sous prétexte que le français, dans ce festival, se trouverait isolé, appauvri, "fermé sur lui-même".</p>
<p>Il y a un mois c'étaient les FrancoFolies, aujourd'hui c'est la Fête des enfants. On peut se demander en quoi consiste l'affiliation naturelle de ces festivals avec l'inter/multiculturalisme, et pourquoi au juste la Fête des enfants, qui se présente comme un "rassemblement familial", devrait se dérouler à l'aune d'une idéologie. Mais voilà, dans notre société dévitalisée, où toutes les résistances traditionnelles se sont évanouies, l'idéologie s'étend avec une facilité déconcertante dans les moindres recoins de la vie des sujets. Les parents se déplacent donc le jour avec leurs enfants à la Fête des enfants, où ils assisteront à des ateliers de moralisation inter/multiculturelle, puis iront aux FrancoFolies le soir venu pour la "Grande Fête multiculturelle". Ils n'auront été dans aucun festival ethnique, et pourtant ils auront tout de même été exposés à la propagande inter/multiculturelle. C'est dire le progrès prodigieux de cette idéologie dans l'appareil d'État depuis quelques années.</p>
<p>Il faut lire attentivement le communiqué émis par le gouvernement pour comprendre que l'on nage en pleine idéologie, et que nulle part ne surgit la possibilité du sens et de l'emprise du réel. Lorsque la ministre Normandeau affirme que les "<em>festivités conviviales riches en divertissement</em>" favorisent la "<em>cohésion sociale</em>", veut-elle dire par là que le gouvernement voit désormais en les festivals plutôt qu'en l'État et la culture nationale le vecteur officiel d'intégration des immigrés ? Lorsque le ministre Bachand affirme que la Fête des enfants "<em>favorise l'intégration socioculturelle des enfants et de leur famille à leur milieu</em>", que veut-il dire exactement ? N'y a-t-il pas contresens à parler d'intégration quand il ne s'agit que d'intégrer les immigrés non pas à la majorité nationale, <em>mais à leur milieu d'origine</em> ? Ne faudrait-il pas parler dans ce cas de renforcement tribal et de ghettoïsation identitaire plutôt que d'intégration ? Intégrer les immigrés à "leur" milieu n'a aucun sens. C'est pourtant ce langage insensé qui se retrouve dans la bouche des ministres.</p>
<p>Or, en régime techno-progressiste, il importe moins d'intégrer les immigrés à la nation que d'assimiler la nation au grand ensemble idéologique du multiculturalisme mondial. Le tourisme est le visage économique que prend ce raz-de-marée idéologique pour réaffirmer la supériorité pratique des micro-cultures pittoresques sur les cultures nationales, jugées trop rebutantes en raison de leur vernis politique et historique. La culture nationale espagnole devient objet de dérision en Espagne, tout comme la culture nationale française en France, mais et l'Espagne et la France, dans leur forme touristique et pittoresque, sont célébrées partout à travers le monde à l'intérieur de frontières nationales qui ne sont pas les leurs. Ce charivari géoculturel nourrit le flux touristique hallucinant qui depuis une cinquantaine d'années bouleverse l'équilibre sociologique des peuples, en amenant son lot de touristes gastronomes admiratifs dans des zones nationales pourtant sinistrées par la repentance victimaire et la haine de soi.</p>
<p>Auparavant, dans les nations, il y avait des citoyens, qui étaient aussi père ou mère, fils ou fille, consommateur, travailleur. Désormais, dans le monde dévasté des nations transformées en "destinations", il n'y a que des touristes de part et d'autre de la frontière. La fonction parentale, avalée par le ludisme ambiant et la destruction de l'autorité, n'a pas plus de sens que le travail en entreprise, où les sujets continuent d'être infantilisés par des "départements de ressources humaines" qui rejoignent, par leur démence managériale, les apparatchiks de l'État techno-progressiste. C'est pourquoi il n'y a plus, dans les rues de nos métropoles décadentes, inhumaines et brutales, que des touristes-consommateurs, petits êtres pubères à la limite de l'androgynie, dépressifs, loques humaines urbanisées et dépendantes, qui errent d'est en ouest sans autre but que de se consumer dans leur propre insignifiance.</p>
<p>Toute cette masse de touristes qui s'ignorent forme non pas un peuple, mais une "clientèle" que la science managériale de l'État techno-progressiste a pour but de "satisfaire", ce qu'elle fait à merveille puisque c'est elle-même qui a créé ces "besoins" au nom desquels les sujets revendiquent aujourd'hui -- de façon assez cocasse, il faut bien le dire -- leur supposée singularité "hédoniste" et "anticonformiste". Les sujets voient donc du "plaisir" et de la "liberté" où il n'y a que "divertissement" et "permissivité" ; de la vérité où il n'y a que falsification ; de la joie où il n'y a que tristesse.</p>
<p>Les gens n'ont jamais été aussi malheureux. Ils n'ont jamais eu aussi peu d'emprise sur leur vie, sur tout ce qui, dans leur commune humanité, fait d'eux des êtres disposés à l'amour, à la liberté, à la pensée, à la création, au plaisir. Ils sont tout entiers livrés à une Machine décervelante et carnavalesque qui les tue chaque jour davantage. Et il est interdit de nommer cette réalité, car nommer, ce serait déjà aller contre la destruction, ce serait faire une fois de plus le pari du sens ; ce serait interrompre le Show. Et l'on sait que the <em>show must go on</em>, coûte que coûte, peu importe le ridicule tuant auquel il nous livre tous.</p>
<p>À lire également sur L'I. C. :<br />
"<a href="http://cbergeron.wordpress.com/2008/04/13/les-nouvelles-feodalites-sorganisent/">Les nouvelles féodalités s'organisent</a>", 13 avril 2008 ;<br />
"<a href="http://cbergeron.wordpress.com/2008/02/27/le-quebec-lyrique-depuis-1534/">Le Québec lyrique depuis 1534</a>", 27 février 2008.</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[La Fête des enfants : l'appareil festif au service du multiculturalisme]]></title>
<link>http://cbergeron.wordpress.com/?p=477</link>
<pubDate>Thu, 07 Aug 2008 15:25:40 +0000</pubDate>
<dc:creator>cbergeron</dc:creator>
<guid>http://cbergeron.wordpress.com/?p=477</guid>
<description><![CDATA[&#8220;10 ANS À S&#8217;ÉCLATER !&#8221; - LA FÊTE DES ENFANTS DÉVOILE SA PROGRAMMATION 2008

]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.cnw.ca/fr/releases/archive/August2008/07/c2444.html">"10 ANS À S'ÉCLATER !" - LA FÊTE DES ENFANTS DÉVOILE SA PROGRAMMATION 2008</a></p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;"><em>" Toutes les activités conçues dans le cadre de ce 10e anniversaire de la Fête des enfants de Montréal ont été soigneusement préparées dans le but de laisser aux enfants un bon souvenir et une expérience inoubliable et exaltante. <strong>Sous le signe de la diversité culturelle, la Fête des enfants offre une occasion unique de rapprochement interculturel entre les petits et les grands</strong>. Nous vous invitons à venir célébrer en grand nombre et à faire de cette 10e édition un succès record, dépassant l<strong>'affluence de plus de 266 000 visages heureux</strong>, grands et petits que nous avons connue l'an dernier ", a souligné monsieur Marcel Tremblay, membre du comité exécutif de la Ville de Montréal, responsable des services aux citoyens, des relations interculturelles et de la Société du parc Jean-Drapeau.</em></p>
</blockquote>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Semaine italienne : l'appareil festif au service du multiculturalisme]]></title>
<link>http://cbergeron.wordpress.com/?p=472</link>
<pubDate>Thu, 07 Aug 2008 00:29:18 +0000</pubDate>
<dc:creator>cbergeron</dc:creator>
<guid>http://cbergeron.wordpress.com/?p=472</guid>
<description><![CDATA[
]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:center;"><a href="http://argent.canoe.com/communiques/cnw.html?lang=fr&#38;id=20080806113000JI"><img class="aligncenter" src="http://www.carlbergeron.com/blog/Italie060808.jpg" alt="" /></a></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Les FrancoFolies : un festival encore trop fermé sur lui-même]]></title>
<link>http://cbergeron.wordpress.com/?p=455</link>
<pubDate>Mon, 04 Aug 2008 11:25:17 +0000</pubDate>
<dc:creator>cbergeron</dc:creator>
<guid>http://cbergeron.wordpress.com/?p=455</guid>
<description><![CDATA[
Un chroniqueur d&#8217;Espace Culture s&#8217;inquiète ce matin dans Le Devoir de l&#8217;exclusio]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:center;"><a href="http://www.ledevoir.com/2008/08/04/200258.html"><img class="aligncenter" src="http://www.carlbergeron.com/blog/Franco040808.jpg" alt="Franco" /></a></p>
<p>Un chroniqueur d'Espace Culture s'inquiète ce matin dans Le Devoir de l'exclusion, aux FrancoFolies, des talents <strong>francophones</strong> <em>qui s'expriment en une autre langue que le français</em>. Remarquable.</p>
<p>On comprend donc que la Grande Fête multiculturelle, mise en place il y a deux ans, est destinée à grandir d'année en année, jusqu'à engloutir les anciennes FrancoFolies, une approche exclusive digne d'un autre siècle.</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Radiohead et la codification du Show]]></title>
<link>http://cbergeron.wordpress.com/?p=438</link>
<pubDate>Sat, 02 Aug 2008 19:14:36 +0000</pubDate>
<dc:creator>cbergeron</dc:creator>
<guid>http://cbergeron.wordpress.com/?p=438</guid>
<description><![CDATA[Le Devoir, 2 août 2008, p. E6 :

[Le groupe] essaie cette année la tournée &#8220;verte&#8221;. L]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.ledevoir.com/2008/08/02/200034.html"><em>Le Devoir</em>, 2 août 2008, p. E6</a> :</p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;">[Le groupe] essaie cette année la tournée "verte". Le chanteur Thom Yorke <strong>a carrément menacé de rester chez lui si rien n'était fait pour réduire l'empreinte écologique des virées mondiales du groupe</strong>, qui attirent chaque soir des dizaines de milliers de personnes.</p>
<p style="text-align:justify;">L'équipement, des lumières aux consoles, a donc été choisi pour être le plus éco-énergétique possible. Le transport se fait aussi le plus possible par train ou par bateau, plutôt que par avion ou par camions-remorques.</p>
<p style="text-align:justify;">Les gars d'Oxford <strong>obligent en outre les promoteurs à utiliser uniquement des contenants recyclables ou réutilisables</strong>. <strong>Les spectateurs</strong> <strong>sont ainsi mis à contribution</strong>. Les sites des spectacles ont d'ailleurs été choisis pour leur facilité d'accès en transports en commun. Parfois, comme à Berlin le mois dernier, le billet pour le spectacle permettait aussi de se rendre sur place gratuitement. <strong>À Paris, les journalistes qui voulaient un billet devaient impérativement se présenter à vélo</strong>.</p>
</blockquote>
<p style="text-align:left;">Que de règles et de code de conduite pour tous ces rockers rebelles ! On peut se demander à juste titre comment ces esprits "anticonformistes" en sont arrivés à se plier si docilement aux dikats idéologiques de leurs idoles. Depuis que les rockeurs abandonnent peu à peu le créneau de la révolte contre-culturelle pour épouser les causes humanitaires et écologiques, la nature hautement codifiée de ce milieu se révèle dans toute sa splendeur.</p>
<p style="text-align:left;">C'est que le rock jouait la révolte sans jamais l'habiter ; il a toujours d'abord été une affaire de codification sociale. Jadis on allait dans un show pour prouver son appartenance au clan des révoltés, aujourd'hui on y va pour affirmer son adhésion pleine et entière au progressisme organique. Dans les deux cas, il s'agit "d'être un vrai" ; un "vrai" qui s'empresse d'intérioriser quantité de signaux culturels -- ceux de la masse des "amateurs de rock" -- pour mieux se fondre dans une foule qui engloutit ensuite son individualité.</p>
<p style="text-align:left;">La musique n'est qu'accessoire. On ne va pas dans un spectacle où s'entassent des milliers de personnes pour faire l'expérience individuelle de l'appréciation esthétique, mais pour goûter l'énergie des foules, l'ivresse du "message" réitératif, la facilité des slogans et des refrains.</p>
<p style="text-align:left;">Tous ces "contrôles de qualité" écologiques imposés par Radiohead ont l'avantage de leur assurer une foule idéologiquement filtrée à l'entrée. Les plus faibles, les esprits ironiques et inconstants qui bouderont cette série d'épreuves n'assisteront pas au spectacle : seuls resteront les "vrais de vrais" qui auront vaincu tous les obstacles, accepté tous les examens de conformité et proclamé une intégrité sans faille.</p>
<p style="text-align:left;">C'est une sorte d'initiation, qui précède en fait une conversion idéologique totale. On ne peut pas aller à un spectacle de Radiohead pour la musique seulement et revenir chez soi en toute liberté par ses propres moyens, sans interférence idéologique. Au contraire, l'idéologie est partout, et ce dès la pré-vente des billets -- soit on accepte de s'engager sur le chemin de l'initiation, et que l'on va jusqu'au bout ; soit on abandonne dès le départ et que l'on reste du côté des "faux" et des "beaux parleurs".</p>
<p><em>À lire sur L'I. C. :</em><br />
"<a href="http://cbergeron.wordpress.com/2008/05/06/la-transparence-le-sens-cache-du-rock/">La transparence, le sens caché du rock</a>", 6 mai 2008.</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Boomer pride -- Retour sur l'affaire McCartney]]></title>
<link>http://cbergeron.wordpress.com/?p=395</link>
<pubDate>Tue, 29 Jul 2008 04:32:20 +0000</pubDate>
<dc:creator>cbergeron</dc:creator>
<guid>http://cbergeron.wordpress.com/?p=395</guid>
<description><![CDATA[
Paul McCartney sera passé en coup de vent. À peine savait-on, il y a deux semaines encore, que ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:center;"><img class="aligncenter" src="http://www.carlbergeron.com/blog/Mccartney280708.jpg" alt="Maccartney" /></p>
<p>Paul McCartney sera passé en coup de vent. À peine savait-on, il y a deux semaines encore, que l'ex-Beatle viendrait donner un concert à Québec pour les festivités du 400e. Coup de vent, donc, mais pas moins de 250 000 personnes sur les Plaines d'Abraham pour assister à ce que d'aucuns, qui ne manquent pas d'humour, ont qualifié de "concert historique". Si les épithètes ont fusé pour qualifier l'événement, la palme revient sans conteste à un animateur radio de la station CFOM, qui a parlé du "meilleur show sur les Plaines depuis la bataille de la Conquête".</p>
<p>La polémique, déclenchée par une opposition nationaliste par ailleurs très timide, a eu ceci de particulier qu'elle s'est toute entière déroulée dans un cadre rhétorique périmé. D'un côté, vous avez les Curzi, Falardeau et Archambault, qui ont perçu la nationalité britannique de McCartney comme un problème ; et de l'autre, vous avez les Pratte, Boisvert et Roy, qui se sont empressés d'y voir un autre exemple de la xénophobie inhérente au nationalisme. Personne, semble-t-il, n'ayant jugé bon de prendre un recul par rapport à la rhétorique habituelle.</p>
<p>Les quelques nationalistes qui ont signé la lettre de Luc Archambault se sont certes exprimés maladroitement ; leur argumentaire est décalé et n'est pas sans lourdeur ; mais ils ont eu raison de se manifester. Car leur initiative ne relève pas d'une contestation gratuite mais d'une <em>demande de sens</em>, qu'ils adressent à McCartney à défaut de pouvoir influencer directement l'État et l'organisation du 400e. Demande de sens, car au cas où on l'aurait oublié (et il se trouve que plusieurs l'ont oublié), le spectacle de Paul McCartney avait lieu dans le cadre du 400e anniversaire de Québec, et non de je ne sais quel festival anhistorique comme le Festival d'été. On peut bien ne pas poser de questions sur la programmation d'un événement comme le Festival d'été, mais sur celle du 400e ?</p>
<p>Si l'opposition nationaliste a été à ce point attaquée et tournée en ridicule, ce n'est pas parce que son point de vue était historique, mais <em>national</em>. La tentation est grande de voir en les parangons festifs des êtres complètement anhistoriques. Cela est sans doute vrai dans l'absolu, mais ce serait oublier que les parangons festifs ont des prétentions politiques ; en l'occurence, ils font bel et bien un travail sur la mémoire historique, dont le sens leur paraît absolument devoir être soustrait à toute perspective nationale.</p>
<p>Quand les journalistes consensuels se sont lancés aux trousses des nationalistes, ils ne se sont pas contentés d'affirmer que les motivations historiques avancées n'avaient plus aucune valeur aujourd'hui : ils en ont avancé de nouvelles. André Pratte a présenté McCartney comme "<em>l'un des plus grands musiciens de la planète</em>" ; Boisvert, comme un "<em>symbole de la paix</em>" ; et Mario Roy, comme un "<em>monument vivant de la culture du XXe siècle</em>", ayant constitué une "<em>oeuvre intemporelle, majestueuse, universelle</em>". Ils opposaient ainsi une histoire cosmopolite, dite espaceculturelle, à une histoire politique jugée ringarde et trop locale, l'histoire des nations et des conquêtes, qui est si pâle au regard de la lumineuse histoire des arts.</p>
<p>Plusieurs ont même osé la comparaison avec Mozart, ce que faisaient déjà à mots couverts nos chroniqueurs de <em>La Presse</em> en parlant de McCartney comme d'un "<em>monument de la culture du XXe siècle"</em>. Lise Ravary, de la revue <em>Châtelaine</em>, parlait, elle, de "<em>monument de la culture internationale moderne</em>". La course était lancée à celui qui aurait la formule la plus cosmopolite, la plus irréprochable, dégagée, ultramoderne, et suffisamment méprisante pour tous ceux qui auraient l'idée d'accueillir Paul McCartney autrement que la bouche ouverte et les yeux béats d'admiration.</p>
<p>Toutes ces génuflexions à l'attention de Paul McCartney font sourire. C'est évidemment le propre des nains politiques que de surinvestir le champ de la culture. On pourrait également ajouter, si l'on était cruel (et on l'est en effet), que c'est le propre des nains culturels que de surinvestir le champ du showbiz. Car Paul McCartney, des Beatles jusqu'à aujourd'hui, relève beaucoup moins du phénomène artistique que du phénomène sociologique et médiatique. Sans la télé et la presse populaire, les Beatles n'auraient jamais existé. En ce sens, leur musique est bel et bien temporelle, c'est celle des années soixante et de la démocratisation de l'audiovisuel. On voit mal comment la ferveur qui a contribué à "immortaliser" McCartney et les Beatles aurait pu naître sans le contexte unique de l'époque, qui a vu les baby-boomers, dans leur prime jeunesse, jouir à la fois de la prospérité d'après-guerre et de la libéralisation des moeurs. En somme, il y a toute une série de facteurs, tout à fait étrangers à la musique, qui ont fait des Beatles et de McCartney les monuments "majestueux" au nom desquels on nous interdit aujourd'hui de penser le 400e anniversaire de Québec. J'estime utile de rappeler que ce n'était pas le cas de Mozart, qui n'a eu besoin que de sa musique pour être majestueux...</p>
<p>Les baby-boomers, c'est connu, sont de grands nostalgiques, eux qui pourtant n'aiment rien tant que de se réclamer de la rupture. En invitant McCartney, en se portant ensuite à sa défense contre les odieux nationalistes, ils ont simplement voulu affirmer leur appartenance à une histoire <em>générationnelle</em> plutôt que <em>nationale</em>. La première est sociale, espaceculturelle, médiatique, anecdotique et sentimentale ; la seconde est politique, culturelle, légataire, déterminante et rigoureuse. L'histoire nationale transcende les générations là où celles-ci échouent à passer outre leurs réalités domestiques. Mais voilà, se porter à la défense de McCartney équivaut pour les boomers à protéger le mythe de leur jeunesse sacrée contre les profanateurs de culte. C'est prétendre que le culte de McCartney survivra à leur génération et aura valeur de legs, alors qu'ils savent pertinemment que c'est faux -- le mythe des Beatles et de McCartney mourra avec eux, comme celui d'Elvis, qui agonise depuis quinze ans dans un kitsch bling-bling pour attardés mentaux.</p>
<p>Il n'est pas nécessaire d'être un nationaliste fervent, ni même d'être un nationaliste tout court, pour ne pas voir l'intérêt et le sens du spectacle de McCartney au 400e. Il suffit d'être indifférent à l'exaltation des foules et à la sentimentalité puissante des mythes médiatiques.</p>
<p>Les mythes médiatiques proposent un récit de substitution à la trame historique. Les sociétés en déclin aiment à penser que ces mythes sont assez substantiels pour compenser une histoire légataire ressentie comme un manque. Le fardeau du sens ne repose donc plus sur les épaules de la collectivité, de la société, de la nation, mais sur celles de l'individu, de la famille, de l'intime, de la <em>génération</em>. Un historien de l'Université Laval, Jocelyn Létourneau, écrivait à ce propos <a href="http://www.ledevoir.com/2008/07/10/197111.html">un texte emblématique</a> dans <em>Le Devoir</em> du 10 juillet. L'historien, lauréat de la Fondation Trudeau, s'y faisait l'apologue d'une certaine conception post-moderne de l'histoire, où les individus entretiennent un rapport psycho-utilitaire au passé, sans égard pour la responsabilité collective et le patrimoine historique. Selon une méthodologie pour le moins fallacieuse et discutable, Létourneau classe le "passé de la famille" avant "le passé de la nation" dans la "construction identitaire" des sujets contemporains.</p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;">La majorité des Canadiens s'intéressent au passé à partir d'une perspective individuelle pour se situer singulièrement dans un contexte historique, pour donner du sens à leur vie propre ou pour en apprendre davantage sur leurs antécédents familiaux -- et ainsi se raccrocher à une histoire familiale qui leur permet de s'inscrire personnellement dans une durée spécifique et maîtrisable. À l'origine de l'intérêt pour le passé chez une majorité de gens, il y aurait donc le désir individuel de se définir par l'histoire en vue de se mieux comprendre à une échelle microsociale et par rapport à une continuité qui aurait du sens au présent.</p>
</blockquote>
<p>Tout cela est vrai, bien sûr -- même si tout cela ennuie. Or, Létourneau omet de préciser : le passé qu'il évoque n'est pas l'histoire. Le "passé" psycho-utilitaire dont parle Létourneau, à la suite des théoriciens du post-national, ne se situe pas au-dessus des hommes mais derrière. Le passé passe, l'histoire reste ; le passé expire, l'histoire inspire. Ce que les critiques du spectacle ont voulu souligner, il me semble, c'est qu'il y avait dans le spectacle de Paul McCartney trop de passé et pas assez d'histoire, trop de télé et pas assez d'écrit, trop de showbiz et pas assez de culture, trop de fête et pas assez de sens, trop de sentiments et pas assez de raison.</p>
<p>On mesure ainsi toute l'injustice des enragés antinationalistes qui ont fait semblant de ne pas comprendre sur quel terrain voulaient les amener leurs vis-à-vis. Dans <a href="http://www.cyberpresse.ca/article/20080722/CPOPINIONS02/807220428/6732/CPOPINIONS">un texte d'une rare mauvaise foi</a> paru dans <em>La Presse</em>, Daniel Laprès prenait prétexte de cette polémique pour accuser les artistes signataires de soumettre la culture "<em>à l'orgueil national, à la tribu, à la mobilisation de l'ensemble des énergies nationales sous le drapeau</em>" -- alors que ces artistes, soulevant la question du sens (une question que personne n'avait soulevé jusqu'alors), ne faisaient que leur travail de prospecteurs du réel. Laprès est un démagogue. Pour "délivrer" la culture de tout référent sociologique et politique (autrement dit : de toute réalité), il préfère la faire basculer dans l'absolutisme du non-sens, néant confortable qui lui permet de juger toute opposition à l'aune de "l'intolérance", du "fascisme" et de la "xénophobie". Dans une pareille souricière idéologique, toute interrogation, toute réflexion, toute tentative de comprendre, de délimiter, de circonscrire est classée dans la catégorie du "repli" et de la "frilosité". Il va de soi que le courageux Laprès, attifé de son costume de Tartuffe humaniste, en ressort victorieux à tous les coups.</p>
<p>Notre rédacteur pigiste n'hésite pas, pour faire tenir son argumentation défaillante, à fouiller dans le <em>Journal</em> de Saint-Denys Garneau et à y piger une phrase au détour d'une page sur le nationalisme. Jusqu'où ne s'abaisserait-on pas dans l'instrumentalisation des écrivains pour défendre la "culture" ? Laprès ne voit aucune limite : tout ce qui ressemble à de la littérature, à de la pensée, à de l'intelligence est bon pour appuyer son travail de mercenaire. Aujourd'hui c'est Saint-Denys Garneau, demain ce sera un autre auteur. Sa vision de la culture rappelle la vision de Létourneau appliquée à l'histoire : une matière informe, que toute volonté de mise en forme par une instance supérieure "dénaturerait" irrémédiablement dans son essence même. La culture, comme le "passé" chez Létourneau, est psycho-utilitaire et reste à la disposition des individus "à la recherche d'eux-mêmes", désirant approfondir leur "originalité et leur créativité". Managériale, elle devient Espace Culture, ce monstre du XXIe siècle qu'a si souvent désigné et combattu <em>L'Intelligence conséquente</em>.</p>
<p>Espace Culture interdit d'emblée la violence de la forme, du référent, du discours : c'est le pacifisme appliqué aux arts, je l'ai déjà dit ailleurs mais c'est encore plus vrai ici. <em>Give peace a chance ?</em> Dites plutôt : give Espace Culture a chance. Laissez la Machine s'installer, le Show se déployer, l'onguent analgésique d'Espace Culture unifier les déracinés générationnels. Place au Show, au passé dédramatisé, place à McCartney : "<em>le meilleur show depuis la Conquête</em>". Place aux micro-identités, à la chape de plomb des tribalismes et du narcissisme médiatique, place à la Gay pride, à la Multicultural pride, à la Food pride et maintenant à la Boomer pride.</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Sur l'utilisation du mot "populaire"]]></title>
<link>http://cbergeron.wordpress.com/?p=375</link>
<pubDate>Sun, 27 Jul 2008 01:31:06 +0000</pubDate>
<dc:creator>cbergeron</dc:creator>
<guid>http://cbergeron.wordpress.com/?p=375</guid>
<description><![CDATA[
Quelques dizaines de personnes, impliquées à divers degrés dans des organismes militants des dro]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:center;"><a href="http://www.radio-canada.ca/regions/ottawa/2008/07/26/001-manifs-Khadr_n.shtml"><img class="aligncenter" src="http://www.carlbergeron.com/blog/Pression260708.jpg" alt="Populaire" /></a></p>
<p>Quelques dizaines de personnes, impliquées à divers degrés dans des organismes militants des droits de l'homme, se rassemblent pour manifester contre la position du gouvernement fédéral dans le dossier Omar Khadr, et Radio-Canada parle de "pression populaire".</p>
<p>"Populaire" devrait avoir un lien non pas avec les militants professionnels, mais avec le peuple. Or, selon le média que l'on lit ou que l'on consulte, ce qualificatif renvoie à des réalités différentes. Quand Le Devoir, Radio-Canada ou La Presse parlent d'une "pression populaire", on peut comprendre que les lobbys victimaires ou les regroupements militants professionnels qui s'arrogent une légitimité sur le dos du peuple sont en train d'exercer une pression dans un dossier politique quelconque.</p>
<p>Ces organismes ne représentent pas le peuple ; ils ne peuvent donc pas être "populaires". Mais les médias d'aujourd'hui n'ont cure de ces nuances. Car c'est justement sur la négation de cette vérité, ainsi que sur la reconnaissance des organismes victimaires comme acteurs légitimes du débat démocratique, que se construit le pouvoir politique des médias d'aujourd'hui.</p>
<p>Sans la gauche morale qui lui donne un "contenu", comment le consensus médiatique pourrait-il se maintenir face au public ? Comment son imposture pourrait-elle continuer ?</p>
<p>Radio-Canada a besoin d'Omar Khadr, de la même façon qu'Omar Khadr a besoin de Radio-Canada.</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Changement de paradigme]]></title>
<link>http://cbergeron.wordpress.com/?p=349</link>
<pubDate>Wed, 23 Jul 2008 21:53:52 +0000</pubDate>
<dc:creator>cbergeron</dc:creator>
<guid>http://cbergeron.wordpress.com/?p=349</guid>
<description><![CDATA[
 
Jadis, les FrancoFolies fédéraient la diversité musicale sous la langue française. Aujourd]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:center;"><a href="http://www.ledevoir.com/2008/07/23/198900.html"><img class="aligncenter" src="http://www.carlbergeron.com/blog/Diversite230708.JPG" alt="Diversite" /></a></p>
<p> </p>
<p>Jadis, les <strong>Franco</strong>Folies fédéraient la diversité musicale sous la langue française. Aujourd'hui, les FrancoFolies la fédèrent sous une doctrine politique, le multiculturalisme.</p>
<p>Quand le régime parle d'un artiste appartenant à la "diversité artistique", il parle d'un artiste politiquement enrôlé. En échange de son absence de sens critique et de sa pleine adhésion à la propagande d'État festivo-multiculturelle, l'heureux artiste bénéficie d'une appartenance publique à la "diversité artistique", ce qui lui confère une supériorité morale sur ses semblables et une place de choix dans l'attribution des subventions.</p>
<p>Une analyse lexicographique sommaire nous renseigne que le régime a complètement réussi la falsification de la notion de "diversité", comme il l'avait d'ailleurs fait plus tôt avec celle de "liberté" et "égalité". "Diversité", comme "liberté" et "égalité", sera désormais employé dans les médias de masse et les "plans d'action" gouvernementaux sans égard à sa signification véritable. Dans dix ans, plus personne ne remarquera quoi que ce soit. Ce qui est aujourd'hui matière à étonnement suscitera demain l'indifférence.</p>
<p>Toute guerre idéologique est une guerre d'usure.</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Carte postale de Strasbourg]]></title>
<link>http://cbergeron.wordpress.com/?p=326</link>
<pubDate>Fri, 18 Jul 2008 16:20:18 +0000</pubDate>
<dc:creator>cbergeron</dc:creator>
<guid>http://cbergeron.wordpress.com/?p=326</guid>
<description><![CDATA[
Strasbourg et l&#8217;avenir européen :

Fin des ressentiments identitaires :

Rap, lobbys victima]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:center;"><a href="http://www.cyberpresse.ca/article/20080718/CPOPINIONS05/80717276/-1/CPOPINIONS05"><img class="aligncenter" src="http://www.carlbergeron.com/blog/Carte180708.jpg" alt="Carte postale" /></a></p>
<p>Strasbourg et l'avenir européen :</p>
<p style="text-align:center;">[dailymotion id=x3xp6y]</p>
<p style="text-align:left;">Fin des ressentiments identitaires :</p>
<p style="text-align:center;"><span style='text-align:center; display: block;'><object width='425' height='350'><param name='movie' value='http://www.youtube.com/v/LEt_I4tYFRk'></param><param name='wmode' value='transparent'></param><embed src='http://www.youtube.com/v/LEt_I4tYFRk&rel=0' type='application/x-shockwave-flash' wmode='transparent' width='425' height='350'></embed></object></span></p>
<p style="text-align:left;">Rap, lobbys victimaires, allocations d'État, flânage urbain, idéologie immigrationniste, radicalisme éthique onusien : l'avenir européen. Symbole de réconciliation, de construction. Fin des ressentiments identitaires.</p>
<p style="text-align:left;">À lire également sur L'I. C. :<br />
"<a href="http://cbergeron.wordpress.com/2008/06/28/le-parlement-europeen-lexemple-a-ne-pas-suivre/">Le Parlement européen : l'exemple à ne pas suivre</a>" (28 juin 2008)<br />
"<a href="http://cbergeron.wordpress.com/2008/06/28/lunion-europeenne-ou-le-contournement-des-peuples/">L'Union européenne ou le contournement des peuples</a>" (28 juin 2008)</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Les appropriations d'Espace Culture]]></title>
<link>http://cbergeron.wordpress.com/?p=286</link>
<pubDate>Sun, 13 Jul 2008 16:15:24 +0000</pubDate>
<dc:creator>cbergeron</dc:creator>
<guid>http://cbergeron.wordpress.com/?p=286</guid>
<description><![CDATA[
La dilution de la &#8220;culture&#8221; dans le &#8220;tout-culturel&#8221;, l&#8217;une des mét]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:center;"><a href="http://www.ledevoir.com/2008/07/12/197424.html"><img class="aligncenter" src="http://www.carlbergeron.com/blog/Espace120708.jpg" alt="Espace" /></a></p>
<p>La dilution de la "culture" dans le "tout-culturel", l'une des métamorphoses les plus fascinantes de notre époque, est aussi l'une des moins commentées. Et pourtant ! De quel plaisir inouï les "commentateurs" se privent-ils ! La lecture des "chroniques culturelles", des communiqués de presse des festivals, des oeuvres subventionnées, pour moi c'est du BONBON ; je ne peux tout simplement pas passer toute une fin de semaine sans avoir lu les cahiers culturels du Devoir et de La Presse. Chaque fois c'est la même propagande à faire dresser les cheveux sur la tête, la même vanité, la même mise en scène des faux talents et des fausses originalités, la même célébration puérile et prépubère des <em>bonnes intentions</em>.</p>
<p>Espace Culture a un but : faire le Bien. On pourra me dire, certes avec raison, et non sans une ironie cinglante, que les grands génies de l'art n'ont jamais eu pour préoccupation première de faire le Bien, mais ce serait passer complètement à côté des objectifs d'Espace Culture. Céline, Picasso, Cervantès, Proust, Balzac, tous ces artistes immenses qui se sont faits persécuter d'une façon ou d'une autre par la société de leur époque sont exclus de facto du projet global d'Espace Culture.</p>
<p>Voyez-vous, Espace Culture c'est la beauté déboulonnée des masses démocratiques, la beauté produite en série par la chaîne de montage du tout-culturel ministériel. Dans ce contexte, Céline, Picasso, Cervantès, Proust et Balzac sont bons tout au plus à être récupérés dans la confection de sacs thématiques chez Renaud-Bray, ou pour mettre en valeur telle ou telle place publique qui aurait été évoquée dans leur oeuvre. Pour Espace Culture, l'individualité humiliante du génie doit à tout prix, pour que soit possible l'avènement de la "culture pour tous", être ramenée à un motif décoratif, à un topos esthétisant et mielleux.</p>
<p>Espace Culture ne divise pas, ne sépare pas, n'inhibe pas. Espace Culture dit aux foules ce que les foules veulent entendre : qu'il est du plus haut intérêt esthétique et moral qu'elles passent l'essentiel de leur temps à visiter festivals, "installations", parades, jongleries et autres purs bonheurs de la néo-société festive. Pour accentuer cette osmose forcée, Espace Culture n'hésite pas à "occuper" l'espace de la vie civique, sous prétexte "d'embellir" l'environnement et de favoriser la "compréhension mutuelle" des citoyens.</p>
<p>Par exemple, outre le projet évoqué dans l'extrait ci-haut, la Fonderie Darling a donné son aval à un second projet, intitulé <em>Ombre de Ville 2</em>, qui "<em>applique le concept de mur végétal développé en écologie urbaine</em>". Des espèces différentes de plantes garnissent donc "<em>des casiers d'aluminium, édifiant le long du mur un damier rafraîchissant</em>". L'opération, bien sûr, "<em>s'étend jusque dans la rue avec des bacs donnant à croître d'autres végétaux</em>".</p>
<p>Dans la rue, c'est-à-dire là où les "citoyens" vivent. Cette nouvelle oeuvre d'Espace Culture n'est-elle pas commanditée en partie par le Jour de la Terre ? Elle aurait donc été conçue pour entraîner des "<em>retombées environnementales, écologiques, sociales et économiques</em>" -- on reconnaît ici le jargon managérial propre à séduire les jurys subventionnaires. "<em>Dans ce quartier où le béton règne en maître</em>, explique Le Devoir, <em>les composantes végétales ont notamment un impact positif sur la température et la qualité de l'air. Le projet engendre donc des avantages directs pour les résidants.</em>" Imagine-t-on Balzac, dans un avant-propos aux <em>Illusions perdues</em>, arguer que son oeuvre ne peut avoir qu'un impact positif sur la santé psychologique de ses lecteurs ? Qu'elle améliorerait l'air ambiant et l'harmonie dans un couple, une famille, une nation ? Les concepteurs d'art contemporain et d'Espace Culture peuvent dormir tranquilles : le pouvoir, l'État, le consensus sont de leur côté ; ils ne seront jamais persécutés pour leur travail. Bien au contraire.</p>
<p>Espace Culture, au fond, c'est le pacifisme appliqué aux choses de la culture. Les zélateurs d'Espace Culture ne "veulent pas de problème" et sont fatigués des conflits, des disputes, des mésententes et des règlements de compte -- de tout ce qui, finalement, faisait jadis le sel de l'aventure artistique. Ils ne parlent qu'un langage, à l'instar des lobbys victimaires et des disciples ethnico-égalitaires : celui de l'HARMONIE. C'est pourquoi le volet communautaire et "social" d'Espace Culture est intensément exploité par les apparatchiks du régime. Dans les dernières années, on a ainsi pu assister à la construction de toutes pièces d'une nouvelle "discipline" en sciences sociales : la "<em>médiation culturelle</em>". Un nouveau vecteur "d'employabilité" très prometteur.</p>
<p><a href="http://www.culturepourtous.ca/forum/index.htm">Sur le site de l'organisme Culture pour tous</a>, on peut lire :</p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;"><em>Au Québec, le terme « médiation culturelle » est maintenant utilisé par <strong>un nombre croissant d'intervenants culturels et chapeaute un vaste ensemble de pratiques allant des actions de développement des publics à l'art participatif et communautaire</strong>. Les instances gouvernementales et les municipalités mettent sur pied des programmes visant à <strong>contrer l'exclusion culturelle d'une grande partie de la population</strong>, alors que les organismes et les artistes multiplient des démarches inédites de <strong>rencontre et d'interaction</strong> avec les citoyens. Les multiples formes que revêtent la notion et la pratique de la médiation culturelle, ses obstacles et ses enjeux, posent la question plus générale de la condition et de la mutation de la culture aujourd'hui.</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align:left;">Les gens qui vivraient en-dehors des quadrilatères bobos, où fourmillent théâtres et galeries d'art, seraient donc des "exclus de la culture", auxquels il serait urgent de d'apporter la "beauté" des murs végétaux. Mais surtout, les "exclus de la culture" seraient identifiables par leur "origine ethnoculturelle". Leur dignité souffrante de minoritaires les poserait d'emblée comme des cibles de choix pour la <em>médiation culturelle</em>, qui a des objectifs avoués "d'inclusion sociale" et de "dialogue interculturel".</p>
<p style="text-align:left;">Les mots qui reviennent souvent sous la plume des apparatchiks d'Espace Culture, qui exploitent à des fins idéologiques cette nouvelle "discipline" fumeuse qu'est la <em>médiation culturelle</em>, sont la "rencontre", le "dialogue", "l'inclusion" et "l'expression plurielle des identités". La <em>médiation culturelle</em> serait ainsi le bras actif, technocratique, discret et peu connu du régime techno-progressiste, qui a fait de l'inter/multiculturalisme -- bien avant Bouchard-Taylor -- la doctrine cardinale de son action. Ce concept est d'ailleurs de plus en plus accrédité par l'Université-État québécois, qui <a href="http://www.er.uqam.ca/nobel/aemd/drupal_aemd/node/101">propose des conférences</a> dans les départements de communication sur le thème de la <em>médiation culturelle</em>, ou qui l'insère comme "compétence transversale" dans des programmes existants comme la muséologie et l'histoire de l'art.</p>
<p style="text-align:left;">La progression d'Espace Culture est constante et pourrait être comparée à la progression du désert : chaque année, le désert avance un peu plus et entame l'espace vivant, amenant un vent sec et mortifère qui assèche l'air de la cité. Carrefour idéologique de l'inter/multicuralisme, de l'égalitarisme, du tourisme de masse et de l'anesthésie critique ; creuset naturel des revendications subventionnaires des lobbys culturels ; objet de culte pour une société en manque de repères ; Espace Culture, on le voit, est promis à un avenir fulgurant.</p>
<p style="text-align:left;">Un de ces jours, un <em>médiateur culturel</em> vous arrêtera dans la rue ou frappera à votre porte pour vous parler "d'exclusion culturelle". Il regardera d'un oeil mauvais votre bibliothèque garnie, qui laisse présager un esprit élitiste peu enclin au "partage" et au "dialogue" extra-muros. Une bibliothèque qui, de surcroît, laisse peu de place à la littérature des minorités, étant composée à 99% d'auteurs blancs occidentalo-centristes. "<em>Mais Proust était un homosexuel, ça compte : j'ai tous les volumes de la </em>Recherche", rétorquerez-vous pour votre défense. Mais ce sera peine perdue. Vous serez définitivement fiché.</p>
<p style="text-align:left;">Espace Culture ne peut entraîner qu'une spirale inflationniste des dépenses publiques en matière de pédagogisme interculturel, de culture festive et "d'écologie urbaine". La dimension holistique d'Espace Culture rend difficile sa critique, puisqu'on ne peut que le rejeter d'un bloc, ce qui donne l'impression, chez les récalcitrants, d'un refus massif et irréfléchi. Alors qu'il n'en est rien. Ce qui est massif et irréfléchi, c'est bel et bien Espace Culture et ses "appropriations" infinies, incontrôlables et effarantes des derniers lieux de civilité qui nous restent dans la cité.</p>
<p style="text-align:left;">Le 10 juillet dernier, le maire de Montréal et "la" ministre de la Culture dévoilaient la première phase du Quartier des spectacles, qui verrait l'aménagement d'une gigantesque Place des Festivals -- un chef d'oeuvre dans le genre. Je termine donc ce texte en vous recopiant <a href="http://www.ledevoir.com/2008/07/10/197169.html">la description qui en a été faite par Le Devoir</a>. Difficile de ne pas imaginer, dans cette description, l'ébauche générale de la néo-société espaceculturalisée. Cette Place des Festivals a été conçue pour s'étendre, tranquillement mais sûrement, dans les quartiers avoisinants, puis dans la ville toute entière. Elle <em>s'enracine</em> désormais au centre-ville (des installations électriques permanentes ont été prévues dans le souterrain du quartier) et aucun pouvoir ne pourra plus l'en déplacer sans encourir un "séisme" au sein même du fonctionnariat culturel.</p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;"><em><strong>Une transformation complète</strong> </em></p>
<p style="text-align:justify;"><em>«<strong>Nous avons commencé la transformation complète de ce secteur de Montréal</strong>, a expliqué hier aux journalistes l'architecte Real Lestage, de la firme Daoust-Lestage, <strong>idéatrice de la mutation</strong>. Nous sommes en train de réaliser une grande <strong>salle de spectacle à ciel ouvert</strong> en plein centre-ville.» </em></p>
<p style="text-align:justify;"><em>Il a décrit sa future place-fontaine de huit hectares comme «la plus importante du genre au Canada». Les jets d'eau, à pulsion variable, seront éclairés en rouge et blanc, «pour imiter un rideau de scène» et non pas l'unifolié. Le revêtement du sol sera fait de matériaux nobles, dont beaucoup de granit bicolore. </em></p>
<p style="text-align:justify;"><em>Sur la maquette, <strong>la rue Jeanne-Mance rétrécit à trois voies et est carrément fermée à la circulation les jours de grands rassemblements</strong>. L'artère jouxte une nouvelle rangée d'arbres et des stands de services temporaires (nourriture ou souvenirs) masquant l'affreuse colonnade du Musée d'art contemporain de Montréal. </em></p>
<p style="text-align:justify;"><em>La jonction avec la portion ouest de l'îlot Balmoral se fait grâce à un terrain vert incliné menant vers <strong>la future Maison du jazz</strong>, elle aussi en préparation dans l'immeuble Blumenthal (rue Sainte-Catherine), et l'immeuble Wilder (rue De Bleury), toujours orphelin de projet celui-là. Les plans montrent deux immenses constructions au nord de l'îlot, histoire de bien fermer le quadrilatère, comme l'exige la norme traditionnelle d'aménagement d'une place publique. </em></p>
<p style="text-align:justify;"><em><strong>Le chantier a déjà nécessité le déplacement de 50 000 mètres cubes de terre</strong>, dont une portion contaminée. <strong>La visite d'hier a également permis de constater l'insertion d'une immense salle électrique et mécanique en sous-sol.</strong> Ce relais aura son vis-à-vis de l'autre côté de la Place des Arts pour former les pôles centraux d'un <strong>vaste réseau souterrain de services de branchement high-tech pour les festivals</strong>. </em></p>
<p style="text-align:justify;"><em>Les plans dévoilent trois types de lampadaires, <strong>certains vraiment gigantesques pour bien éclairer les foules</strong>. <strong>Une grande oeuvre d'art haute de cinq étages complète la grand-place de Montréal</strong>. Les détails du concours national ou international seront dévoilés plus tard.</em></p>
</blockquote>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[L'éditorialiste Mario Roy : le tourisme de masse est une avancée de la civilisation]]></title>
<link>http://cbergeron.wordpress.com/?p=288</link>
<pubDate>Sun, 13 Jul 2008 14:22:35 +0000</pubDate>
<dc:creator>cbergeron</dc:creator>
<guid>http://cbergeron.wordpress.com/?p=288</guid>
<description><![CDATA[&#8220;Ah ! les touristes&#8230;&#8220;, La Presse, 13 juillet :

Certes, on peut dénigrer le touri]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>"<a href="http://www.cyberpresse.ca/article/20080712/CPOPINIONS03/807120708/6742/CPOPINIONS">Ah ! les touristes...</a>", La Presse, 13 juillet :</p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;"><em>Certes, on peut dénigrer le tourisme de masse : le grand intellectuel Umberto Eco a déjà dit que le bas peuple inculte devrait être banni des musées! Mais il reste que <strong>ce continuel brassage de foules est incontestablement un grand générateur de connaissances, de fréquentation culturelle, d'ouverture, de compréhension mutuelle et de pur bonheur</strong>. C'est d'abord cela que <strong>l'humanité perdrait</strong> en se déplaçant moins.</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align:left;">Conclusion ? Plus d'Espace Culture pour faire prendre la mayonnaise des foules "en continuel brassage", plus de charters de la mort, plus de iPods et de iPhone, plus d'Américains propriétaires de lofts "pied-à-terre", plus d'anglais nasillard, plus de lunettes fumées "yeux de mouches", plus, plus, toujours plus de sottise, d'ennui et de déshydratation de l'âme. Un pur bonheur.</p>
<p style="text-align:left;">J'ai dû sortir de chez moi hier après-midi pour aller m'acheter un livre dans une librairie (le Renaud-Bray de la rue Saint-Denis). Et j'étais effrayé de la CIRCULATION DE MASSE qui y avait cours. Tous ces indigènes montréalais en bermudas et en robe-jogging American Apparel avaient apparemment intériorisé le TOURISME comme mode de vie et de consommation au sein de leur propre ville. C'est donc que l'on peut très bien être touriste chez soi, sans même prendre l'avion.</p>
<p style="text-align:left;">Le tourisme de masse est le signe le plus visible de la perte de la citoyenneté et de l'occultation de la vie nationale, la preuve la plus indéniable de la perte du réel. On devient automatiquement touriste quand la seule histoire dans laquelle on est en mesure de s'inscrire et de se reconnaître est celle du "mass market" onusien ; quand notre esprit répète sans sourciller, machinal, les slogans de "l'ouverture" et de "la compréhension mutuelle".</p>
<p style="text-align:left;">La meilleure chose qui pourrait arriver à l'humanité, c'est que les foules nomades se défassent et que les individus soient tenus de rentrer chez eux. Alors seulement pourra-t-on respirer un peu et retrouver le sens de la cité, des frontières, de l'altérité. Quant à la "génération de connaissances" et à la "fréquentation culturelle", je crois que ces deux notions se sont toujours mieux accommodées d'un homme retiré et sédentaire, penché sur un livre, engagé avec sérénité dans la vie de l'esprit, que d'une foule amorphe et envahissante, qui empêche, par sa seule présence parasitaire, toute réflexion à des kilomètres à la ronde.</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Comment transforme-t-on le désir masculin en problème social ?]]></title>
<link>http://cbergeron.wordpress.com/?p=285</link>
<pubDate>Sat, 12 Jul 2008 02:31:04 +0000</pubDate>
<dc:creator>cbergeron</dc:creator>
<guid>http://cbergeron.wordpress.com/?p=285</guid>
<description><![CDATA[Dans Le Devoir d&#8217;aujourd&#8217;hui, on pouvait lire que la compagnie Molson Ex se faisait tra]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.ledevoir.com/2008/07/11/197272.html">Dans Le Devoir d'aujourd'hui</a>, on pouvait lire que la compagnie Molson Ex se faisait traîner dans la boue par des idéologues victimaires féministes. Ces apparatchiks, qui ont visiblement encore trop de temps à perdre et pas assez d'argent public à dépenser, lui reprochent ses "publicités sexistes".</p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;"><em>Publicité sexiste et méprisante pour les femmes -- Serge aime le sport, les autos et... les jolies filles</em><br />
<em>Molson Ex soulève un tollé en recourant à une publicité qui rappelle les calendriers de garage</em></p>
<p style="text-align:justify;"><em>La bière Molson coule à flots... et les plaintes aussi. À elle seule, une campagne publicitaire du géant brasseur jugée «à la limite de la pornographie» par ses détracteurs a fait l'objet d'une <strong>centaine de plaintes</strong> reçues par le Conseil d'éthique de l'industrie québécoise des boissons alcooliques, soit presque autant que ce que l'organisme a recueilli au total l'an dernier.</em></p>
<p style="text-align:justify;"><em>(...)</em></p>
<p style="text-align:justify;"><em>Dans une lettre adressée au vice-président au marketing de Molson Canada, le président du Conseil d'éthique de l'industrie québécoise des boissons alcooliques, <strong>Claude Béland</strong>, a souligné «le nombre élevé de plaintes» contre l'entreprise, «<strong>qui est accusée de sexisme, d'exploitation du corps des femmes et de mépris</strong>». «Après avoir analysé les plaintes et en avoir sérieusement débattu, <strong>les membres du conseil ont été unanimes à considérer que votre promotion est profondément sexiste et méprisante pour les femmes</strong>. Elle n'est nullement compatible avec les normes d'éthique <strong>que devraient suivre</strong> les entreprises qui font la promotion de l'alcool», pouvait-on lire.</em></p>
<p style="text-align:justify;"><em>(...)</em></p>
<p style="text-align:justify;"><em><strong>«C'est dégueulasse»</strong>, a affirmé <strong>Estelle Lebel, directrice de la revue Recherches féministes et membre du Groupe de recherche multidisciplinaire féministe (GREMF)</strong>. «C'est du niveau des calendriers de garage. On dirait qu'on avance d'un pas et qu'on recule de deux. [...] C'est exactement la définition de la <strong>femme objet</strong>», a-t-elle ajouté.</em></p>
<p style="text-align:justify;"><em>(...)</em></p>
<p style="text-align:justify;"><em>«Il n'y a pas de recours; on considère que c'est le publicitaire qui s'autocensure. C'est un <strong>rapport de force entre les mouvements sociaux et les publicitaires</strong>», explique Estelle Lebel. «Généralement, le publicitaire réagit aux plaintes et finit par retirer la publicité parce qu'il ne veut pas de problèmes.» Elle déplore que, devant des compagnies qui «poussent leurs publicités le plus loin possible», <strong>il revienne à la population d'assurer le rôle de vigile et de dénoncer les abus</strong>. Inondés d'images, les gens perdent leurs repères, a-t-elle estimé. «On devrait obliger les compagnies à adhérer à des codes d'éthique», a-t-elle proposé, plaidant toutefois pour l'éducation plutôt que pour la censure. <strong>Elle formule également le souhait de voir davantage de femmes siéger aux comités d'éthique</strong>.</em></p>
<p style="text-align:justify;"><em>Selon la compagnie Molson Coors, le nombre anormalement élevé de plaintes contre elle <strong>s'explique par une action concertée du Centre d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) de Rimouski</strong>. Dans une entrevue accordée mercredi au Journal de Montréal, la porte-parole de ce géant du houblon, Marieke Tremblay, a fait savoir que la priorité de l'entreprise était de rejoindre son public cible, soit <strong>les hommes de 18-34 ans</strong> qui, selon des études, ont «parmi leurs cordes sensibles <strong>le sport, les voitures, la musique, la fête et les belles filles</strong>».</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align:left;">Il va sans dire que <em>L'Intelligence conséquente</em> appuie à 100% la compagnie Molson Ex dans cette nouvelle tentative du régime techno-progressiste de criminaliser socialement son public-cible : les hommes de 18-34 ans. De fait, il se trouve que le régime techno-progressiste aimerait bien transformer tous les hommes de 18-34 ans en gastronomes égalitaires, qui préfèrent cultiver du basilic dans leur cour arrière, les matinées de printemps, plutôt que de suivre le hockey. Par conséquent, il ne peut que répudier les "représentations sociales véhiculant des stéréotypes sexistes", comme dans les délicieuses publicités de Molson Ex, ces "représentations" s'enracinant un peu trop à son goût dans le sens commun des classes populaires.</p>
<p style="text-align:left;">Il est pour le moins hilarant de voir Estelle Lebel, une <a href="http://www.com.ulaval.ca/personnel/professeurs/estelle_lebel/index.php">apparatchik féministe entretenue par le Système</a>, évoquer la "vigile de la population" contre les publicités des compagnies, comme si la "population" avait eu jamais quoi que ce soit à foutre de ces scrupules puritains qu'on lui prête par nécessité idéologique. La "vigile de la population", dans le langage d'Estelle Lebel, ne représente rien d'autre que des "mouvements sociaux", qui s'arrogent un rôle de "vigile citoyenne" au nom de citoyens qu'ils ne fréquentent même pas. Les "mouvements sociaux" n'ont rien à faire de la société réelle et des gens ordinaires ; ils ont des intérêts idéologiques à défendre.</p>
<p style="text-align:left;">La suggestion de Molson, selon laquelle la hausse du nombre de plaintes seraient due à une manoeuvre de l'un de ces "mouvements sociaux", est parfaitement crédible, même si elle reste à confirmer. Les "Centres d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel" sont habitués à jouer avec les chiffres : ce ne serait donc pas nouveau. <a href="http://www.rqcalacs.qc.ca/">Sur le site de leur "Regroupement"</a>, on peut lire que pas moins de 34% des Québécoises auraient subi une agression sexuelle depuis l'âge de 16 ans, soit 1 220 000 femmes -- c'est presqu'une femme sur deux. C'est du délire. Nous avons affaire probablement aux mêmes hystériques du MCCCF/SCF/CSF qui jugent que le moindre "<em>acte de pouvoir, avec ou sans contact sexuel",</em> peut constituer dans les faits "<em>une agression sexuelle</em>" (<a href="http://www.brisonslesilence.com">Source</a>). Toutes les mystifications statistiques sont bonnes pour prouver la "discrimination systémique" contre les femmes, et pour justifier un renouvellement indéfini des budgets des organismes victimaires.</p>
<p style="text-align:left;">Que les hommes soient obsédés par le corps des femmes, et que les femmes soient obsédées par l'idée d'apparaître sur un piédestal, c'est vieux comme le monde. Comme si ces "femmes-objets" ne jouissaient pas, elles aussi, de diffuser leur nudité à une ampleur médiatique, comme si elles ne savaient pas ce qu'elles faisaient. Les idéologues victimaires, obsédés par l'idée de javelliser les médias et de les soumettre à la didactique progressiste, dissimulent mal leur envie de pénaliser le désir à sa source et de venir à bout de la différence sexuelle. Car à moins d'accepter de vivre dans un régime communiste, la comédie sexuelle continuera à tous les niveaux, avec ses campagnes publicitaires, ses coups de gueule, ses ruses amusantes, ses déviances.</p>
<p style="text-align:left;">La dernière chose à faire, en l'occurence, <a href="http://www.radio-canada.ca/radio/maisonneuve/11072008/103625.shtml">c'est d'imiter Radio-Canada et d'en faire un "débat social"</a>. Il n'y a pas de débat. Le génie du régime est de prendre au sérieux le premier "diagnostic" venu, et de le relancer dans la sphère médiatique pour "créer l'événement". Le problème à soulever n'est pas, de leur point de vue, la psychiatrisation ainsi organisée du désir masculin, mais la liberté commerciale elle-même, qui ne serait plus compatible avec les "normes citoyennes" progressistes.</p>
<p style="text-align:left;">Vous trouverez ci-joint quelques exemples des pubs de Molson Ex. Difficile, après les avoir visionnées, d'imaginer des gens du peuple porter plainte auprès d'organismes "citoyens" (d'ailleurs, ils ne sont même pas au courant que de pareils organismes existent). Il n'y a qu'une seule catégorie de la population que de telles pubs peuvent déranger, et ce sont les "regroupements" professionnels d'enragés égalitaires.</p>
<p style="text-align:center;"><span style='text-align:center; display: block;'><object width='425' height='350'><param name='movie' value='http://www.youtube.com/v/B08FFodwpQE'></param><param name='wmode' value='transparent'></param><embed src='http://www.youtube.com/v/B08FFodwpQE&rel=0' type='application/x-shockwave-flash' wmode='transparent' width='425' height='350'></embed></object></span></p>
<p style="text-align:center;"><span style='text-align:center; display: block;'><object width='425' height='350'><param name='movie' value='http://www.youtube.com/v/wwe43GCwQ-s'></param><param name='wmode' value='transparent'></param><embed src='http://www.youtube.com/v/wwe43GCwQ-s&rel=0' type='application/x-shockwave-flash' wmode='transparent' width='425' height='350'></embed></object></span></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Espace Culture et l'illusion managériale du "nouveau"]]></title>
<link>http://cbergeron.wordpress.com/?p=279</link>
<pubDate>Mon, 07 Jul 2008 12:10:05 +0000</pubDate>
<dc:creator>cbergeron</dc:creator>
<guid>http://cbergeron.wordpress.com/?p=279</guid>
<description><![CDATA[
]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:center;"><a href="http://www.ledevoir.com/2008/07/07/196757.html"><img class="aligncenter" src="http://www.carlbergeron.com/blog/Comique070708.jpg" alt="Comique" /></a></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[D'un bombardement à l'autre]]></title>
<link>http://cbergeron.wordpress.com/?p=276</link>
<pubDate>Sun, 06 Jul 2008 14:05:03 +0000</pubDate>
<dc:creator>cbergeron</dc:creator>
<guid>http://cbergeron.wordpress.com/?p=276</guid>
<description><![CDATA[
La Presse, 6 juillet, p. A2 :

Les Montréalais ont eu bien des occasions de danser hier. Après av]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:center;"><img class="aligncenter" src="http://www.carlbergeron.com/blog/Bombarde060708.jpg" alt="Bombarde" /></p>
<p>La Presse, 6 juillet, p. A2 :</p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;"><em>Les Montréalais ont eu bien des occasions de danser hier. Après avoir été invités à se trémousser sur des rythmes africains et caribéens par les organisateurs de la Carifête, c'est la Corée du Sud qui leur a lancé le même appel en soirée en leur offrant un spectacle pyrotechnique sur le thème "M'accorderiez-vous cette danse ?" Les feux d'artifice ont explosé sur des musiques pour le moins éclectiques, passant du cancan au tango et au disco, en plus d'un peu de mélodies traditionnelles coréennes. Fait inusité, <strong>l'entreprise qui a présenté le spectacle, hier, a été fondée en 1952 au lendemain de la guerre de Corée</strong>, quand a recommencé la course à l'armement. Ce n'est qu'en 1964 qu'elle a <strong>changé sa production de bombes destructrices pour celle de bombes esthétiques</strong>.</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align:left;">Il faudrait voir de plus près le recyclage, par les néo-humains du 21e siècle, de l'arsenal militaire du temps historique en arsenal festif. Ce n'est pas la première fois que je lis un truc de ce genre. Je sais qu'une falaise en Gaspésie, qui servait autrefois à l'armée de camp d'entraînement, est aujourd'hui utilisée par l'industrie touristique du sport extrême. Je ne serais pas surpris d'apprendre que la touristisation de l'armée et de ses outils de combat est une pratique coutumière dans les pays occidentaux.</p>
<p style="text-align:left;">Certains Montréalais d'élite, qui n'ont pas encore l'esprit grillé par la propagande techno-progressiste, savent d'instinct qu'il est périlleux de fréquenter le centre-ville en période estivale. L'arsenal festif est désormais trop imposant pour espérer échapper à l'une ou l'autre de ses offensives : feux d'artifices pétaradants, défilés multiethniques, financement humanitaire et écologiste, police égalitaire, congrès multimédia...</p>
<p style="text-align:left;">Les défilés ethnicisants comme la Carifête peuvent d'ailleurs être vus, sous leur apparence festive, comme des parades militaires que le nouveau pouvoir multiculturel déploierait sciemment dans la cité pour asseoir son autorité sur la population. La Carifête, ou encore la Fête des italiens machin chouette, les contribuables québécois s'en contre-fichent bien, et pourtant ils sont impuissants à en empêcher le financement régulier par l'État.</p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;"><em>Une habituée du défilé, Savory Jalet, a regretté qu'autour d'elle <strong>les spectateurs aient presque tous la peau noire</strong>: "Ce serait un événement merveilleux pour favoriser <strong>les rencontres et les échanges interculturels</strong>, mais <strong>les Blancs ne viennent pas</strong>. Ils <strong>ne sont pas bien informés</strong> de ce qui se passe ici." (La Presse, "Des milliers de personnes au rendez-vous de la Carifête, 6 juillet, p. A6)</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align:left;">Comment ne pas voir que c'est ainsi que le régime se renforce ? Plus les Québécois se montrent écoeurés de la soupière inter/multiculturelle qu'on leur sert, plus la nécessité de renforcer cette orientation idéologique se manifeste. Ils ne sont pas bien informés ! Ah bon ! Et pourtant la propagande d'État sur les festivals de ce type ne cessent d'être parachutée sur tout le territoire national, à chaque saison, sous prétexte d'ouvrir les Québécois "à la différence".</p>
<p style="text-align:left;">Les Québécois ne vivent plus sous un régime politique représentatif. Ils ne sont plus entendus. Ils aimeraient que ces fêtes ethniques de merde (souvent organisées en anglais, de surcroît), qui siphonnent les fonds publics, disparaissent du radar subventionnaire d'Espace Culture. Ils aimeraient que les immigrés entreprennent de devenir des Québécois, plutôt que d'aller à rebours de l'intégration nationale. Il est vrai que plusieurs immigrés profitent de leur "immunité différentielle" -- garantie par la Charte des droits et les politiques inter/multiculturelles -- pour cultiver leur "ethnicitude" sur plusieurs décennies. Des participants de la Carifête n'ont-ils pas affirmé avoir été de toutes les éditions de l'événement depuis 34 ans ?</p>
<p style="text-align:left;">Il est toutefois difficile d'éliminer ces festivals multiculturels, puisqu'il s'agirait dans ce cas d'attaquer de front la logique touristique. Citée dans l'article de La Presse sur la Carifête, Catherine McCullum, touriste irlandaise, s'exclame avec ravissement : "<em>On m'a toujours vanté le multiculturalisme de Montréal et là, au détour d'une rue, je tombe sur un événement pareil ? C'est le comble </em>!" Oui, nom de Dieu, c'est le comble de tomber sur des pitounes métis en paillettes, qui sont par ailleurs les mêmes que celles de la Carifête de Toronto, de New York ou de... Dublin. On pourrait s'étonner que les touristes dépensent pour aller voir à l'étranger ce qui se trouve déjà chez eux, dans leurs propres métropoles inter/multiculturalisées, mais ce serait mal comprendre le tourisme.</p>
<p style="text-align:left;">Comme l'inter/multiculturalisme (dont il est le bras marchand), le tourisme n'a que faire de la différence réelle. Il est là pour permettre la visite impersonnelle des espaces nationaux, transformés avec la fin de l'Histoire en destinations touristiques, où le touriste post-humain peut retrouver avec bonheur le même niveau d'abrutissement familier. Le tourisme consiste en effet à vérifier, sur un mode festif et jovial, que tout le monde sur la planète est devenu comme soi : mort, iPodé, interculturalisé...</p>
<p style="text-align:left;">Une réflexion politique sérieuse ne peut pas faire l'économie des festivals multiculturels et des installations festives à grand déploiement. Ils sont là pour une raison : pour bombarder l'ennemi et venir à bout des résistances.</p>
<p style="text-align:left;">Identifier cet ennemi, les raisons pour lesquelles il est attaqué, la cartographie des résistances, est une première étape pour comprendre la réalité où nous sommes plongés. Une contre-attaque politique majeure n'est guère possible tant que ce travail de débroussaillage intellectuel n'est pas fait.</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Champlain, ancêtre pluraliste]]></title>
<link>http://cbergeron.wordpress.com/?p=268</link>
<pubDate>Thu, 03 Jul 2008 18:53:21 +0000</pubDate>
<dc:creator>cbergeron</dc:creator>
<guid>http://cbergeron.wordpress.com/?p=268</guid>
<description><![CDATA[
Billet surréaliste sur le blogue de Richard Hétu. Champlain, qui avait appris à négocier avec l]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:center;"><a href="http://blogues.cyberpresse.ca/hetu/?p=70421750"><img class="aligncenter" src="http://www.carlbergeron.com/blog/Champlain030708.jpg" alt="Champlain" /></a></p>
<p>Billet surréaliste sur le blogue de Richard Hétu. Champlain, qui avait appris à négocier avec les Amérindiens, ne l'aurait pas fait par simple réalisme tactique, nous dit-on, mais par idéalisme pluralistique. Déjà, il jettait les bases du Québec d'aujourd'hui : tolérance, pluralisme, dialogue, compassion. Aujourd'hui en 2008, avec l'absolutisme relativiste, le pluralisme idéologique, la police de la pensée gouvernementale, l'égalitarisme dingo, l'anéantissement de la liberté d'expression, les Commissions de consultation et de délation, nous réalisons enfin le "rêve" de Samuel de Champlain, fondateur de Québec. N'est-ce pas merveilleux ? L'Histoire est un long Progrès, et nous en sommes l'apex !</p>
<p>Bon 400e à tous !</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[La Chiliquoisie vous aime]]></title>
<link>http://cbergeron.wordpress.com/?p=265</link>
<pubDate>Mon, 30 Jun 2008 12:05:06 +0000</pubDate>
<dc:creator>cbergeron</dc:creator>
<guid>http://cbergeron.wordpress.com/?p=265</guid>
<description><![CDATA[Une femme qui se présente comme &#8220;Chiliquoise&#8221; signe un papier délirant aujourd&#8217;h]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>Une femme qui se présente comme "Chiliquoise" signe un <a href="http://www.ledevoir.com/2008/06/30/195847.html">papier délirant</a> aujourd'hui dans Le Devoir, où elle s'adonne sans vergogne au chantage victimaire le plus fiévreux qui soit. Saluons au passage, une fois de plus, le jugement de la responsable de la page Idées du Devoir, Marie-Andrée Chouinard, qui, comme on le sait, ne peut s'empêcher de se jeter avec la rapidité du chacal sur le moindre texte qui en appelle à la repentance occidentale.</p>
<blockquote><p><em>Lettres - Cher Québec<br />
Claudia Valdivia, <strong>Chiliquoise, Chilienne d'origine et Québécoise d'adoption</strong><br />
24 juin 2008</em></p>
<p style="text-align:justify;"><em>Cela fait 35 ans que <strong>je vis ta vie</strong>. Que je goûte ton être, tes 400 années d'histoire. Histoire qui n'est pas mienne. Pourtant, aujourd'hui, j'en fais partie.</em></p>
<p style="text-align:justify;"><em>Et comment puis-je la partager avec toi? <strong>Avec tant d'immigration que tu dédaignes tant</strong>? Avec <strong>tant de talent laissé dans les oubliettes de l'État</strong>? De quoi as-tu <strong>peur</strong>, Québec? De ma différence? De ma ressemblance? De ma culture? De mon intégration? De ma compréhension de ton histoire? À laquelle j'appartiens, et ce, malgré moi? <strong>Moi qui t'aime tant</strong>. Moi qui te chante tout le temps: «Mon cher Québec, c'est à ton tour de te laisser parler d'amour...» À la Gilles Vigneault, il va de soi! Moi qui connais plus ta langue que la mienne et qui la défends <strong>malgré les tiens qui se cachent derrière des paroles telles que: «Bonne chance...»</strong> Je te dis quand même «Bonne fête», car je dis, comme une grande utopiste, que <strong>la liberté, elle commence là où elle se termine</strong>. Je bois à ta santé! Au bonheur que nous léguerons à nos enfants, car le monde est ouvert <strong>aux rencontres des peuples, des origines, des religions, des cultures, des différences</strong>. Et surtout, parce que <strong>nous voulons tous, vieillards et enfants, vivre et nous épanouir dans «le meilleur des mondes»</strong>! À ta santé, Québec! Qu'elle te soit honorable et respectueuse de tous les humains qui la composent.</em></p>
</blockquote>
<p> </p>
<p>Est-ce une blague ? Un canular ? Ce monde d'amour dont nous parle cette Chiliquoise est un "meilleur des mondes" où "<em>la liberté commence là où elle se termine</em>". Dites donc, ça promet. Des volontaires ? Non ? Vous hésitez ?</p>
<p>Mais que se passe-t-il ? Seriez-vous fermés d'esprit ? Vous avez peur, hein ? PEUR DE LA DIFFÉRENCE ? Sales petits fachos, allez. Ne me forcez pas à déposer une plainte à la Commission des droits de la personne : ouvrez les vannes de l'État ; continuez à payer vos impôts ; à démolir vos programmes d'histoire pour m'accommoder, moi, la Chiliquoise toute-puissante ; et allez tous vous faire foutre.</p>
<p>Vive la tolérance ! Vive la différence ! Vive le monde nouveau !</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA["Ne soyez pas une nation svp..." - André Pratte]]></title>
<link>http://cbergeron.wordpress.com/?p=253</link>
<pubDate>Tue, 24 Jun 2008 13:04:32 +0000</pubDate>
<dc:creator>cbergeron</dc:creator>
<guid>http://cbergeron.wordpress.com/?p=253</guid>
<description><![CDATA[
Une Fête nationale qui ne serait pas politique, voilà qui est curieux. Pourquoi pas abolir la Fê]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:center;"><a href="http://blogues.cyberpresse.ca/edito/?p=375"><img class="aligncenter" src="http://www.carlbergeron.com/blog/Pratte240608.jpg" alt="Pratte" /></a></p>
<p>Une Fête nationale qui ne serait pas politique, voilà qui est curieux. Pourquoi pas abolir la Fête nationale et lui substituer une Fête interculturelle, "Le Solstice d'été" ? D'ailleurs c'est déjà commencé. Le 21 juin dernier, le festival <a href="http://www.nativelynx.qc.ca/">Présence autochtone</a> tenait "<em>la cérémonie civique du Jour national des peuples autochtones</em>", qui réunissait "<em>dignitaires des gouvernements, dirigeants des Premières Nations et le maire de Montréal</em>".</p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;"><em>Des personnalités autochtones telles que chefs de file spirituels et sommités de la scène culturelle sont invitées à entretenir les participants <strong>des grands principes qui unissent les peuples</strong>. Elle est suivie du <strong>Solstice des nations - Fête à fête</strong> en collaboration <strong>avec le Comité de la fête nationale à Montréal</strong>.</em></p>
</blockquote>
<p>Ce "fête à fête", nous dit-on, souligne le passage d'un feu de joie, celui du 21 juin (Jour national des peuples autochtones), à celui des feux du 24 juin, Fête nationale des Québécois. Pourquoi, puisque les Québécois interculturalisés ne forment plus le corps souverain du territoire, le "fête à fête" ne serait pas prolongé à toutes les fêtes dites "nationales" des autres "communautés" ? Toutes ces "fêtes" réunies par les bons sentiments interculturels permettant de constituer une gigantesque guirlande festive, qui décorerait notre calendrier national, transformé entre-temps en calendrier de l'ONU.</p>
<p>Parions que les récriminations <em>xénophobes</em> et <em>intolérantes</em> des quelques Québécois restés encore lucides sur leur sort malgré la propagande seront promptement enterrées sous les tam-tam, les "<em>pas de politique svp...</em>" et les plaintes à la Commission des droits de la personne.</p>
<p>Peace !</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Joie !]]></title>
<link>http://cbergeron.wordpress.com/?p=250</link>
<pubDate>Tue, 24 Jun 2008 01:19:07 +0000</pubDate>
<dc:creator>cbergeron</dc:creator>
<guid>http://cbergeron.wordpress.com/?p=250</guid>
<description><![CDATA[
Tout ce qui affaiblit Espace Culture, tout ce qui fait de la peine aux chroniqueurs d&#8217;art con]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:center;"><a href="http://www.ledevoir.com/2008/06/23/195148.html"><img class="aligncenter" src="http://www.carlbergeron.com/blog/Sculptures230608.jpg" alt="Sculptures" /></a></p>
<p>Tout ce qui affaiblit Espace Culture, tout ce qui fait de la peine aux chroniqueurs d'art contemporain, aux imposteurs du fonctionnariat culturel ; toutes les nouvelles qui annoncent une "installation-performance" de moins ; tout ce qui, dans l'univers, concourt à être défavorable aux programmes de maîtrise ès Subversion de Concordia et de l'UQAM mérite, dans l'immédiat, une salve d'applaudissements et de remerciements.</p>
<p>Pendant ce temps, <a href="http://blogues.cyberpresse.ca/lortie/?p=583">Marie-Claude Lortie se désole</a> de la lenteur de Montréal à rejoindre les autres capitales du monde dans leur course effrénée à l'insignifiance et à la néantisation ludique : "<em>Pourquoi,</em> demande-t-elle, <em>on ne repeint pas les silos du Vieux-Port en rose ? Pourquoi on ne met pas un toit vert sur le stade ? Pourquoi on ne construit pas des béquilles géantes pour nos viaducs ? Ça serait drôle, non ?</em>"</p>
<p>Eh bien non, ma chère MC : ça ne serait pas drôle. Ni intéressant. Ni beau. Mais puisque justement l'art contemporain consiste à être drabe, ennuyeux et laid à mourir, il est à parier que ces critères, loin d'être vus comme des repoussoirs, seront considérés comme des qualités propres à relancer la machine à subvention.</p>
<p>D'ici là, amis humains, goûtons notre modeste victoire sur les robots d'Espace Culture. Il y aura quelques "sculptures urbaines" de moins cet été, c'est déjà ça de pris. La saison n'en sera que plus légère et agréable.</p>
<p>Champagne !</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[En bref...]]></title>
<link>http://cbergeron.wordpress.com/?p=240</link>
<pubDate>Thu, 19 Jun 2008 11:38:25 +0000</pubDate>
<dc:creator>cbergeron</dc:creator>
<guid>http://cbergeron.wordpress.com/?p=240</guid>
<description><![CDATA[
]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:center;"><a href="http://www.ledevoir.com/2008/06/19/194682.html"><img class="aligncenter" src="http://www.carlbergeron.com/blog/Diversite190608.jpg" alt="Diversite" /></a></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Discrimination positive]]></title>
<link>http://cbergeron.wordpress.com/?p=238</link>
<pubDate>Wed, 18 Jun 2008 12:13:59 +0000</pubDate>
<dc:creator>cbergeron</dc:creator>
<guid>http://cbergeron.wordpress.com/?p=238</guid>
<description><![CDATA[
Vous êtes président d&#8217;une compagnie dont les employés sont presque tous en burn-out ? On v]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:center;"><a href="http://www.ledevoir.com/2008/06/17/194290.html"><img src="http://www.carlbergeron.com/blog/Diversite180608.jpg" alt="Diversite" /></a></p>
<p>Vous êtes président d'une compagnie dont les employés sont presque tous en burn-out ? On vous a dit qu'il fallait animer la place en engageant des "artistes" ?</p>
<p>Vous êtes directeur d'un festival ? D'un événement quelconque ?</p>
<p>Ne perdez pas de temps à chercher à droite et à gauche. Voici enfin un guide où les artistes hétérosexuels de race blanche sont absents, et où l'on passe directement à l'essentiel : la Différence. Voici enfin un guide qui nous dit à qui distribuer les contrats.</p>
<p>L'État a financé cela, juste pour vous. Avec vos taxes et vos impôts. Pourquoi ne pas en profiter ?</p>
<p>SUIVEZ LE GUIDE.</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Les anglophones de la Basse-Côte-Nord souffrent]]></title>
<link>http://cbergeron.wordpress.com/?p=235</link>
<pubDate>Mon, 16 Jun 2008 22:09:48 +0000</pubDate>
<dc:creator>cbergeron</dc:creator>
<guid>http://cbergeron.wordpress.com/?p=235</guid>
<description><![CDATA[
 
N&#8217;importe quoi&#8230;
]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:center;"><a href="http://www.cyberpresse.ca/article/20080616/CPACTUALITES/806160930/1019/CPACTUALITES"><img class="aligncenter" src="http://www.carlbergeron.com/blog/Anglophones160608.jpg" alt="Anglophones" /></a></p>
<p> <br />
N'importe quoi...</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA["L'instinct maternel n'existe pas"]]></title>
<link>http://cbergeron.wordpress.com/?p=230</link>
<pubDate>Sun, 15 Jun 2008 14:32:25 +0000</pubDate>
<dc:creator>cbergeron</dc:creator>
<guid>http://cbergeron.wordpress.com/?p=230</guid>
<description><![CDATA[
L&#8217;instinct maternel est une &#8220;construction sociale&#8221;, hein ? Un &#8220;stéréotype]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:center;"><a href="http://www.ledevoir.com/2008/06/14/193997.html"><img class="aligncenter" src="http://www.carlbergeron.com/blog/Pere150608.jpg" alt="Pere" /></a></p>
<p>L'instinct maternel est une "construction sociale", hein ? Un "stéréotype figeant les rôles sociaux dans des déterminants biologiques" ? Une nouvelle "imposture" faite à la femme moderne ? N'est-ce pas ?</p>
<p>Ça doit être pour ça que les femmes les plus "émancipées" deviennent TOUTES, à 37-38 ans, les tripes en feu, obsédées par l'idée d'avoir un premier enfant ? Alors qu'elles ont passé les vingt années précédentes à dire combien elles s'en foutaient -- le "besoin d'enfant" étant, paraît-il, une chimère patriarcale ?</p>
]]></content:encoded>
</item>

</channel>
</rss>
