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	<title>religion-civile-de-la-shoah &amp;laquo; WordPress.com Tag Feed</title>
	<link>http://wordpress.com/tag/religion-civile-de-la-shoah/</link>
	<description>Feed of posts on WordPress.com tagged "religion-civile-de-la-shoah"</description>
	<pubDate>Wed, 08 Oct 2008 00:23:35 +0000</pubDate>

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	<language>en</language>

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<title><![CDATA["La nation et la mort" de I.Zertal, une machine de guerre anti-israelienne écrite par une israelienne]]></title>
<link>http://penserlibrement.wordpress.com/?p=6</link>
<pubDate>Wed, 30 Apr 2008 15:13:22 +0000</pubDate>
<dc:creator>gblond</dc:creator>
<guid>http://penserlibrement.fr.wordpress.com/2008/04/30/la-nation-et-la-mort-de-izertalune-machine-de-guerre-anti-israelienne-ecrite-par-une-israelienne/</guid>
<description><![CDATA[Il y a un problème des antisionistes israeliens que n&#8217;ont pas les antisionistes de la Diaspor]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a un problème des antisionistes israeliens que n'ont pas les antisionistes de la Diaspora: rien n'oblige ces derniers à vivre en Israel.</p>
<p>Par contre, pour les premiers, vivre dans un pays dont ils n'acceptent pas les idées et les valeurs fondatrices, dont ils pensent qu'il est une erreur historique, et même une faute, ne va pas de soi.</p>
<p>De plus , ils vivent avec la menace constante d'être désignés comme traîtres à leurs compatriotes puisque leur pays est en guerre, depuis sa naissance, avec des ennemis qui ne rêvent que de le détruire, et eux, trouvant qu'il ne devrait pas exister, fournissent des arguments à ces ennemis dans la guerre des idées qui fait rage autant que celle des armes.</p>
<p>Leur marge de manoeuvre est étroite face au reproche de déloyauté vis à vis de leurs concitoyens.C'est pourquoi ils mettent beaucoup d'énergie à essayer de démontrer que les véritables traîtres au peuple juif, ce sont les "dirigeants sionistes" (indépendamment de toute étiquette politique, car pour eux, ces dirigeants participent de la même idéologie haîssable).</p>
<p>Si ils étouffent trop dans une société israélienne si à l'opposé de leurs vues, et pourtant très tolérante à leur égard, ils peuvent se tenir chaud dans les petits cercles gauchistes ou on ne risque pas d'entendre de propos patriotiques auxquels ils sont allergiques, et en dernier recours, ils peuvent écrire un livre antisioniste ,ou ils se citent réciproquement avec leurs amis. Leur position n'est pas désespérée, même si les beaux jours de l'internationalisme sont derrière eux, probablement sans espoir de retour.</p>
<p>C'est le choix qu'a fait I.Zertal,  et elle met du coeur à l'ouvrage, en ajoutant une note personnelle:</p>
<p><strong>La tentative de discréditer les batailles emblèmatiques de la lutte armée juive:</strong>(le dénigrement de la bataille de Tel Hai, de la révolte du ghetto de Varsovie, et de l'affaire de l'Exodus.)</p>
<p>On ne peut que être ébahi devant les attaques  auxquelles se livre IZ contre la mise en exergue par le sionisme de ces trois évènements historiques, la pire étant celle qui vise l'insurrection du ghetto de Varsovie. Emportée par sa volonté de détruire les symboles mêmes du judaïsme combattant, qui irritent visiblement sa sensibilité pacifiste, elle va très loin.</p>
<p>Ainsi, dans ces trois cas,elle parle de "déroutes métamorphosées en victoires triomphales. Pour elle, "la révolte des ghettos n'avait aucune chance de se traduire par une victoire sur les nazis, et a abouti au suicide collectif des survivants de la rebellion",et , reprenant les mots de N.Alterman, "pour ce qui est de sauver les âmes juives,la contribution de la révolte fut pratiquement nulle et tendit plutôt à mettre en danger la vie des autres habitants  du ghetto".</p>
<p>Ces commentaires  montrent le degré d'hostilité envers le sionisme qui la pousse à quasiment reprocher aux insurgés un combat qu'elle juge inutile et "dangereux" pour les autres juifs.</p>
<p>Autant on peut comprendre la critique de la tentative de récupération qui a conduit les sionistes à présenter cette révolte comme un acte "sioniste", autant il faut reconnaître que l'esprit de cette révolte, qui était de rompre avec la passivité juive et de préférer mourir les armes à la main plutôt que comme des bêtes, était parallèle à l'idée sioniste de sortie de l'univers de soumission et d'acceptation de l'humiliation et de l'abaissement, même si il n'était nullement accompli "au nom" de cette pensée.</p>
<p>Dans la même lignée de pensée, elle s'en prend à l'épopée de l'Exodus, tentant par tous les moyens de diminuer la valeur de cet épisode:elle présente les juifs  rescapés des camps allemands embarqués à bord comme les instruments manipulés par les dirigeants sionistes, remettant en cause la liberté de leur choix quand à une immense majorité ils se sont prononcés pour rester à bord et  poursuivre leur lutte, tout à fait conscients de l'enjeu  dans l'opinion publique mondiale et dans les négociations internationales sur un "foyer juif" en Palestine, qui ont d'ailleurs abouti peu après. Que cette action ait été un immense succès politique ne compte pas à ses yeux relativement au fait que les passagers de l'Exodus ont du repasser par un camp et attendre des mois avant d'arriver en Israël. Pour elle,toujours dans la mauvaise foi de la critique systématique, c'était un échec puisque ils on été arraisonnés avant leur débarquement en Palestine.</p>
<p>Le dernier exemple développé par elle , la bataille de Tel Haï, ou Trumpeldor,organisateur de la milice de protection des exploitations agricoles juives en 1920, est tué lors d'un raid arabe, est encore pour ellela preuve d'une manipulation des faits par les sionistes, puisque ils "transforment une déroute en victoire glorieuse". Là encore on voit à l'oeuvre la pratique chez elle d'une accusation systématique et le détournement du sens d'un évènement. Ce qui pour elle est une "déroute", c'est une escarmouche ou les juifs ont eu six morts,et dont le sionisme a fait l'emblème du sacrifice patriotique pour la défense d'un territoire, puisque le contexte était que Trumpeldor était conscient de l'infériorité militaire de sa position, mais a accepté de sacrifier sa vie , contre la position de la droite qui prônait le repli et selon la position de Ben Gourion qui disait que si les Juifs commençaient à lâcher du terrain, ils n'en auraient bientôt plus aucun.</p>
<p>On voit bien dans ces trois exemples, choisis par elle,  la volonté de détruire les symboles mêmes  qui soutiennent un sentiment d'unité nationale, au prix d'une torsion infligée  aux faits, un peu comme si quelqu'un essayait de ridiculiser la Marseillaise, le 14 juillet, et l"anniversaire de la victoire de 45.</p>
<p>Ceci situe bien son parti pris contre tous les emblèmes d'une volonté juive de se battre ( c'est inutile, dangereux, ridiculement orgueilleux, etc.) et sa volonté de faire feu de tout bois pour attaquer ce qui est si contraire à son idéologie.</p>
<p><strong>L'accusation de manipulation de la Shoah par le sionisme</strong></p>
<p>Cette accusation est devenue l'axe principal d'attaque de tous les antisionistes,l'idée étant que le sionisme utilise cette position victimaire pour se considérer comme en état de légitime défense perpétuel et pour ne rien vouloir savoir de ses torts envers les autres, les Arabes au premier chef.</p>
<p>Sur ce point, la thèse de IZ n'est pas originale. Elle s'appuie sur une dialectique en deux temps. Dans un premier temps, il est reproché au sionisme, dans sa tentative de bâtir un "homme nouveau", d'avoir nié la valeur de l'existence en Diaspora, et d'avoir eu des attitudes de mépris à l'égard des juifs non sionistes, considérés comme soumis et apeurés, tout en voulant parler en leur nom, car se considérant comme les seuls représentants authentiques du peuple juif.Il y a déjà là une volonté de monter la diaspora contre l'etat juif-voyez comment ils vous traitent-, et de susciter un mouvement hostile qui isole le gouvernement  dans le peuple juif.</p>
<p>C'est  cependant une critique fondée historiquement, et il existe encore des restes de cette attitude( AB Yehoshua déclarant récemment que les juifs de diaspora sont des "Juifs partiels", déclaration pour laquelle il a du présenter des excuses); Il est évident que la glorification du combat ,militaire en particulier, est insupportable à IZ, de même que l'idée de reprocher aux juifs de s'être laisser faire sans se défendre dans la période nazie lui paraît inacceptable.</p>
<p>Cependant,sa position est mitigée, car si elle s'indigne de ces reproches, elle reprend à son compte entièrement  la position de Hannah Arendt  qui s'interroge sur la non-résistance juive dans son livre:"Eichmann à Jérusalem": Arendt relève que les Allemands ont été surpris du degré de la coopération des Juifs; elle considère, avec Raul Hillel, que si les juifs n'avaient pas eu de dirigeants, cela aurait été le chaos, mais il y aurait eu  peut être seulement la moitié des morts qu'il y a eu.Partout ou les Juifs n'ont pas coopéré, ont fui les nazis, ou se sont réfugiés dans la clandestinité, cela a été le cas.</p>
<p>IZ relève le parallélisme de cette position de Arendt et de celle du juge Benjamin Halevi, du tribunal de l'affaire Grunwald_Kastner pour qui "le devoir des dirigeants juifs aurait été d'armer le peuple, sinon avec de vraies armes, du moins en leur faisant connaître la vérité sur ce qui se passait à Auschwitz et dans les autres camps de la mort, leur permettant ainsi de penser et de décider par eux mêmes et pour leur propre famille, ce qui revenait à leur accorder la liberté de choisir leur propre destin.</p>
<p>Cette conception, qui limite la soumission aux dirigeants de la communauté juive, ne règle cependant pas la question de la résignation et de  l'absence d'esprit de révolte dans les périodes qui précédaient la phase finale, celle ou évidemment plus rien n'était possible.Le problème n'est pas que la majorité soit restée impuissante face à l'extrême violence et à la terreur nazie, il est que des voix ne se soient pas élevées, pas seulement celles de dirigeants, pour appeler à toute forme de rebellion possible. L'opposition entre l'héroïsme combattant et l'héroïsme quotidien de ceux qui ont maintenu les organisations d'aide communautaire n'est évidemment pas de mise, mais que il n'y ait eu aucune "division du travail" entre les différents modes de résistance pose question,celle de l'absence d'un esprit de combat communautaire dont on ne peut pas considérer que les dirigeants  doivent être le seul support.</p>
<p>Toujours est il que tous les observateurs s'accordent à dire que le procès Eichmann et le procès Kastner ont marqué un tournant dans cette façon  de voir les choses , dédaigneuse à l'égard des Diasporas, et qui s'était accompagnée d'une inaudibilité des rescapés des camps, tant leur discours heurtait les modèles héroïsants du sionisme.Depuis, le discours sioniste a perdu sa tonalité héroïsante des débuts, et une forme d'identification aux juifs diasporiques est apparue, avec la conscience d'une sorte de vulnérabilité de l'Etat Israelien.</p>
<p>Mais pour IZ, pas question de relier ces conceptions à la phase historique de construction d'un Etat qui devait bouleverser de fond en comble les mentalités de résignation et de faiblesse  héritées d'un mode de vie communautaire,modelé par la tradition et la religion,n'ayant jamais depuis des millénaires été en position d'utiliser la force pour se défendre ou pour soutenir ses buts politiques.</p>
<p>Ce qu'elle ne peut  admettre, c'est que tout mouvement national, visant à la création d'un etat, passe par la construction volontaire d'un "panthéon national",pour obtenir l'adhésion d'une population autour de symboles condensant les valeurs sur lesquelles un peuple se réunit, et qu'il existe une phase ou cette référence collective se forge. Ne comprenant pas ce qu'est un mouvement national, elle interprète cela comme une "manipulation";</p>
<p>Le deuxième temps de l'offensive antisioniste,après celui de la dénonciation de la sévérité à l'égard des victimes, dont le sionisme cherchait à se différencier à tout prix, c'est celui de la dénonciation inverse: celle de l'utilisation constante du rappel de la Shoah, pour "faire peur" à la population en agitant soi-disant la menace d'une autre catastrophe et pour justifier des violences à l'égard des populations arabes.</p>
<p>Pour renforcer sa démonstration, IZ recourt elle-même à de multiples manipulations pour étoffer ses affirmations.</p>
<p>L'amalgame,quand par exemple, elle traite comme des expressions du sionisme dans son ensemble des déclarations du Goush  Emounim, organisation d'extrême droite développant les implantations religieuses, ou même des déclarations de Netaniyaou , un peu comme si l'Irgoun avait été la vraie représentante du sionisme.</p>
<p>Surtout, c'est le déni de la réalité, quand elle reprend, comme c'est à la mode chez les antisioniste, les circonstances du déclenchement de la guerre des 6 jours en minimisant les appels à la destruction d'Israel des pays arabes, leurs annonces de la fin proche des juifs, qu'elle ne veut traiter que comme des "façons de parler",(comme si les juifs n'avaient pas appris que les appels au meurtre ne sont pas des paroles en l'air) les initiatives militaires arabes ( survol des installations atomiques israeliennes, pactes militaires Irak, Syrie, Egypte, le blocus de la mer Rouge et donc du port vital d'Eilath )sont considérées comme  des rodomontades sans importance . Au fond, dit-elle, les pays arabes n'étaient pas prêts à attaquer, ils ne l'auraient été que 4 ou 5 ans plus tard, et l'armée israelienne a profité de ces erreurs pour prendre l'initiative. Ce qui montre l'irresponsabilité de ce discours:il fallait attendre que les arabes soient vraiment en position de gagner pour faire la guerre!</p>
<p>Cela lui permet en tout cas d'écrire des pages sur "l'hystérie" de la population, craignant la destruction du pays, hystérie induite dit elle par les dirigeants (toujours eux), oubliant  les menaces de génocide proférées par les arabes , et que Eshkhol était à l'époque premier ministre, hésitant et bafouillant, et que c'était son attitude ambigüe et contradictoire qui inquiétait la population, sentant l'absence de ligne claire face à une menace de guerre annoncée et martelée par les dirigeant arabes, inquiétude qui cèda le jour ou il laissa la direction des opérations à Dayan..</p>
<p>Cette vision de la Shoah comme alibi des gouvernements israeliens permet aux antisionistes et aux pacifistes de développer leur idée clef: l' Etat Israelien est surpuissant par rapport à la région, et il ne court donc aucun danger réel. Les arabes sont faibles, ce sont des victimes de l'agression israelienne, la simple existence des israeliens est une agression, et donc encore plus l'occupation de la Palestine.</p>
<p>Le fait que l'Etat israelien ait gagné d'extrême justesse la guerre de Kippour, qu'il soit en échec face au Hezbollah dont des dizaines de milliers de roquettes attendent de servir, que l'Iran annonce sa volonté de le rayer de la carte tout en construisant une bombe atomique, cela ne veut rien dire aux yeux des antisionistes.Jusqu'à la dernière seconde, ils sont prêts à nier la réalité . Le monde entier est inquiet de ce qui se mitonne dans la région, mais eux,ils n'ont pas peur. Cela leur paraît une intoxication de la population par "les dirigeants sionistes".</p>
<p>On est au bord du négationnisme de Marion Cotillard pour qui on n'est pas vraiment sur que les attentats su 11 septembre aient eu lieu et qui pense que c''est peut-être une manipulation des dirigeants américains ( ou sionistes ,d'ailleurs).</p>
<p>L'etat israelien est leur ennemi,(jamais elle ne précise de quel gouvernement elle parle: c'est l'Etat Juif dans son ensemble, dans son essence, qui est toujours visé), c'est son essence qui est mauvaise, et tout ce qu'il dit est forcément mensonger et manipulateur.. Elle ne se reconnait dans aucun gouvernement, de droite ou de gauche) et se sent plus proche des Palestiniens que des Israeliens,ses compatriotes.</p>
<p>"La mémoire de   la Shoah mine-t-elle Israel?", c'est la question que posent les antisionistes, ou qu'ils font semblant de poser, comme le fait Avraham Burg, dans le débat  publié sous les auspices de TELERAMA avec Alain Finkielkraut, préparant le terrain à ceux qui considèrent que on s'est assez apitoyé sur les juifs, et que il est temps de s'apitoyer sur les arabes.</p>
<p>IZ a une réponse:  "il faut savoir oublier"; puisque on se rappelle"trop", une bonne amnésie serait salutaire."Nous,nous devrions oublier" écrivait Elkana dans un article de Haaretz, pour lequel elle exprime son admiration. Quelle audace, chez cet homme!</p>
<p>C'est le dernier retournement de situation: après avoir reproché aux sionistes de mépriser la Diaspora, et donc les juifs,un dernier cadeau pour ceux-ci: la boisson de l'oubli, et le meilleur des  mondes antisionistes se portera mieux.</p>
<p>Georges Blond</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[La "religion civile" de la Shoah, concept nouveau de l'antisionisme]]></title>
<link>http://ajhl.wordpress.com/?p=86</link>
<pubDate>Tue, 18 Mar 2008 16:25:12 +0000</pubDate>
<dc:creator>gblond</dc:creator>
<guid>http://ajhl.fr.wordpress.com/2008/03/18/la-religion-civile-de-la-shoah-concept-nouveau-du-postsionisme/</guid>
<description><![CDATA[Un nouveau concept est en train de  se développer dans les milieux critiques de la politique israel]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>Un nouveau concept est en train de  se développer dans les milieux critiques de la politique israelienne, en particulier dans les milieux intellectuels pacifistes , israeliens ou européens, qui se trouvent mis en porte à faux par la désaffection de la population israelienne pour le discours  oecuménique des pacifistes, devant la montée de la violence extremiste islamiste, et la confirmation de l'existence d'une frange palestinienne qui ne cache pas son refus d'admettre l'existence d'Israel, et qui revendique une guerre à mort.</p>
<p>Le livre de   georges Bensoussan,"Un nom impérissable", développe la thèse suivant laquelle le sionisme, privé de  "légitimité" par l'épuisement de l'idéal socialiste initial et  de  la mythologie de la construction d'un homme nouveau, tenterait d'en retrouver une en développant un nouvel appareil mythologique autour d'une identité victimaire, centrée sur l'évènement historique de la Shoah.</p>
<p>Ce livre rejoint la thèse de Esther Benbassa, "La souffrance comme identité" qui développe avec complaisance une thèse semblable :celle de l'autoperception du peuple juif comme communauté de souffrance, de la description de l'histoire juive comme "une vallée de larmes culminant dans l'holocauste",et de la définition du peuple juif par Hermann Cohen comme "peuple de la souffrance".</p>
<p>Le corollaire immédiat de cette thèse -et à mon avis  peut-être le  moteur même de la recherche-, c'est  que cette vision du monde  entraîne les Juifs dans une "tour d'ivoire morale" qui les rend insensibles... à la souffrance du peuple palestinien (présentée elle comme réelle a côté d'une sorte d'auto-apitoiement permanent sur un mythe de souffrance qui serait la face inversée d'une élection, donnant droit à tous les hors-droits imaginables-vieux mythe antisémite du peuple qui se croit non soumis aux obligations communes)</p>
<p>Il y a dans la façon dont certains se font les procureurs implacables du sionisme sur le plan des idées, la poursuite du refus fondamental de ce sionisme qui ne peut plus actuellement s'exprimer ouvertement. Comme ils n'osent pas remettre en cause le fait accompli du sionisme, ce qui conduirait à l'idée gauchiste  d' un état démocratique bi -national dont tout le monde sent bien qu'il est un nonsens même plus politiquement correct,  ils expriment leur rejet de ce nationalisme par des critiques de tout et de son contraire.</p>
<p>On reproche au sionisme d'avoir ignoré la Shoah, et après, de lui donner une place trop importante. On lui reproche d'avoir nié la faiblesse juive, et après on  lui reproche d'identifier les juifs à cette faiblesse. On lui reproche sa dureté, de ne faire que des victimes autour de lui, et maintenant , de larmoyer sur les souffrances juives.</p>
<p>Finalement, rien ne trouve grâce  aux yeux de ces  historiens, qui rejoignent les "nouveaux historiens "israeliens dans leur travail de 'déconstruction" qui leur permet d'être aussi vierges de toute compromission morale que remarqués pour leur "courageux anticonformisme".</p>
<p>Leur conceptions générales, plus ou moins orientées par une construction intellectuelle "de gauche", ne sont pas vraiment compatibles avec un mouvement nationaliste comme le sionisme; ce nationalisme ne peut trouver aucune place dans leurs grilles de lecture, et  si ils  l'admettent du bout des lèvres pour ne pas se couper des peuples et des autorités morales qui le comprennent intuitivement , cette acceptation les met en contradiction avec tous leurs schémas de pensée, ce qu'en tant que intellectuels, ils supportent particulièrement mal.</p>
<p>L'identité juive ne se résume pas à la persécution, la culture juive est une des plus anciennes et des plus importantes du monde , mais, politiquement, le destin juif a été un destin d'angoisse et de négation , de persécution et d'exclusion, dont les Lumières n'ont pas suffi à les extraire. On ne peut oublier que les raisons de la naissance du rêve sioniste ont été les conditions épouvantables d'existence des Juifs de l'Est, et les poussées d'antisémitisme en Europe Occidentale.C'est le fait politique du nationalisme juif qui est inadmissible pour des gens qui ne peuvent admettre que la lutte des classes ou la révolution comme issue  moralement concevable à un malheur politique. Le nationalisme, sauf pour les pays colonisés, ne rentre pas dans leurs cadres de pensée</p>
<p>Le fondement de la légitimité de l'Etat Israelien reste là:L'antisémitisme polonais de 1967 qui a conduit à l'émigration les derniers juifs ou presque de Pologne date quand même de 20 ans après la naissance d'Israel,il n'y aplus de vie possible pour les juifs dans le monde arabe; comme le disait le rabbin Eisenberg:"Tout ça n'est pas grave. Il n'y a de danger pour les Juifs que dans deux endroits: Israel et la Diaspora.</p>
<p>La bataille qui s'engage dans la période actuelle entre Israel et ses adversaires, est au moins autant une bataille dans le champ des idées que dans le domaine des armes. Le combat des Arabes depuis le début de l'existence d'Israel est celui d'une affirmation de l'illégitimité de celui-ci, au nom de la légitimité ( apparue ensuite) du nationalisme palestinien.Or, ces deux légitimités sont égales, c'est pourquoi il faudra un compromis,faute de quoi on s'acheminera vers une lutte à mort .</p>
<p>Présenter les juifs comme des oppresseurs impitoyables et en même temps larmoyant sur leur sort, vise à les déconsidérer et à les déligitimer  dans une opinion déja très orientée par la victimisation médiatique   du peuple palestinienà laquelle participent les démagogues variés du monde antioccidental,qui usent et abusent de la vision moralisatrice qui est si efficiente dans le monde occidental et pas du tout dans le leur.</p>
<p>La société israelienne vit certainement une crise morale et politique avec l'accentuation de ses lignes de division internes, mais elle veut continuer à vivre;</p>
<p>Le sens de son existence est d'abord le droit qu'elle a d'exister en vertu du principe du droit des peuples à disposer d'eux mêmes, qui est exactement aussi valable pour eux que pour les anciennes colonies parvenues à l'indépendance, et d'affirmer leur identité dans cette liberté. La contestation de ce droit, directe ou camouflée, doit être combattue sans relâche, y compris chez ceux qui cherchent à plaire à tout le monde , même à leurs ennemis.</p>
]]></content:encoded>
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