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	<title>revisionnisme &amp;laquo; WordPress.com Tag Feed</title>
	<link>http://wordpress.com/tag/revisionnisme/</link>
	<description>Feed of posts on WordPress.com tagged "revisionnisme"</description>
	<pubDate>Sat, 30 Aug 2008 10:42:01 +0000</pubDate>

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	<language>en</language>

<item>
<title><![CDATA[Courrier d'un lecteur]]></title>
<link>http://intransigeants.wordpress.com/?p=771</link>
<pubDate>Wed, 30 Jul 2008 14:41:17 +0000</pubDate>
<dc:creator>El Cristero</dc:creator>
<guid>http://intransigeants.wordpress.com/?p=771</guid>
<description><![CDATA[Je publie ci-dessous le courrier assez intéressant d&#8217;un lecteur. La lettre en question ne rej]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignright" src="http://img292.imageshack.us/img292/6362/saintgeorgesvp4.gif" alt="" width="215" height="320" />Je publie ci-dessous le courrier assez intéressant d'un lecteur. La lettre en question ne rejoins évidemment pas nécessairement notre ligne éditoriale, mais elle vaut toutefois le détour et la réflexion. A vos claviers.</p>
<p>Nous publierons demain un manifeste et une présentation plus détaillée du blog pour éclairer vos lanternes sur certaines questions d'ordre idéologique :-)</p>
<blockquote><p><strong><em>A propos de votre blog</em></strong></p></blockquote>
<p>SALVE auteur(s) d'"Intransigeants" !</p>
<p>Comme écrit sur un commentaire que j'ai laissé il y a peu sur votre blog, j'ai récemment découvert votre espace web, et force est de remarquer que je me suis reconnu dans une grande partie de vos positions - je suis arrivé tout par hasard sur votre article sur le "Christianisme Empoisonné" (j'y reviendrais après). A vrai dire, je n'ai pas encore remarqué ce qui nous diviserait, hormis peut-être la revendication d'une certaine paternité politique des années sombres (qui me vaudrait la guillotine démocratique ipso facto) que vous ne partagez peut-être pas (?) :</p>
<p>Alors autant y aller franc, je me revendique Catholique, Révisionniste et National-Socialiste ; les ouvrages de Joseph Merel ("Fascisme &#38; Monarchie - essais de conciliation d'un point de vue Catholique" ainsi que "Nihilisme, subjectivisme et décadence") font partie de mes lectures de référence.</p>
<p>Je n'ai toutefois pas beaucoup "d'activisme" à mon actif, (si ce n'est une auto-formation constante et l'exemple que je peux bien donner aux quotidiens, tout en montrant clairement ma Foi) qu'il soit politique ou "historique". Il est plutôt risqué de trop se montrer lorsque l'on défend certaines convictions : vous n'êtes pas sans savoir qu'il y a peu, un certain Vincent est passé en jugement et a pris un an ferme... Et j'ai peur que la chasse aux sorcières ne commence pour de bon.</p>
<p>C'est pourquoi j'ai mis un peu la politique de côté ; je pense principalement à mon avenir, et je crois que le meilleur moyen de rénover le pays est actuellement de faire des enfants. Avec l'immigration massive, nous sommes entrés dans l'ère de la guerre des ventres, et un enfant (surtout un garçon) blanc mis au monde vaut mieux, je crois, que deux livres révisio. écrits.</p>
<p>Les gens ont le ventre plein et (excusez-moi du terme) les couilles vides, ils n'ont aucune raison d'avoir envie de changer de régime. C'est notre prospérité matérielle qui nous perd car elle nous ôte notre pouvoir de réflexion en nous distrayant. "Panem et circenses" disaient les Latins. Les gens n'auront envie de changer que lorsqu'ils subiront les conséquences néfastes de leurs engagements politiques ; que lorsqu'ils auront froid et faim et lorsque leurs filles se feront violer. En attendant, nous parlons dans le désert, et nous risquons sans cesse de dépenser de l'énergie pour rien. A mon avis, l'une des seules choses qui compte à l'heure actuelle, c'est de fonder une famille, de faire beaucoup d'enfants en leur transmettant une bonne éducation ; ils seront la génération de demain et ils transmettront à leur tour le flambeau.</p>
<p>J'en reviens à votre article du " Christianisme empoisonné ", je vous remercie infiniment de remettre les pendules à l'heure à certains païens un peu trop emprunt d'anti-christianisme bon marché qui voient le croyant comme un agneau inoffensif.</p>
<p>D'ailleurs, s'il est possible de collaborer (ach, sehnsucht ;)) avec vous pour votre blog, ce serait avec plaisir...</p>
<p>Bien entendu, nous pouvons continuer de (bien) nous présenter avant d'envisager une futur collaboration...</p>
<p>Salutations " facistissimes " !</p>
<p>--<br />
Nel dubbio, MENA !<br />
Sempre più duro e sempre più incazzato !</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[La Shoah, on y croit à fond !!!]]></title>
<link>http://intransigeants.wordpress.com/?p=238</link>
<pubDate>Fri, 02 May 2008 12:28:28 +0000</pubDate>
<dc:creator>avouedusaintsepulcre</dc:creator>
<guid>http://intransigeants.wordpress.com/?p=238</guid>
<description><![CDATA[Si si, je vous jure, le précédent post sur le sujet n&#8217;était pas ironique. Nous, les Intrans]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;">Si si, je vous jure, le précédent post sur le sujet n'était pas ironique. Nous, les Intransigeants, on y croit à fond à la Shoah. Même qu'à chaque fois qu'on se réunit, on pleure à chaudes larmes en lisant des extraits de Primo Levi, de Samuel Pisar ou d'Elie Wiesel (<em>La Nuit</em> est de loin l'un de ses plus grands chefs d'oeuvre). Nous avons bien entendu lu Reynouard, Faurisson, A.R. Butz, Irving ou encore les résultats du rapport Zundel mais tout cela n'est qu'un tissu d'arguments irrationnels. Rien n'est vraiment scientifique dans leurs méthodes de fouine qui s'amusent à décortiquer les textes alors que les récits tellement émouvants de Samuel, d'Elie ou de Primo balaient d'un revers de main tous les livres révisionnises. Et il n'y a rien à ajouter non plus à la grande histoire de la "destruction des juifs d'Europe" réalisée par Raul Hilberg. Cet historien juif, d'une grande impartialité, s'appuye sur des documents en tout point incontestables.</p>
<p style="text-align:justify;">C'est bien simple, pour ma part, depuis que j'ai lu <em>La Nuit</em>, j'ai placé au-dessus de la croix qui trônait dans mon salon, une photo de chambre à gaz. Il m'a semblé que la valeur du Sacrifice des Juifs au cours de la Seconde Guerre mondiale dépassait largement celle du Christ sur la Croix. Depuis cette date je comprends enfin mieux ce que signifient les racines "judéo-chrétiennes" de l'Europe.</p>
<p style="text-align:center;"><img class="size-medium wp-image-240 aligncenter" src="http://intransigeants.wordpress.com/files/2008/05/papejuif21.jpg?w=232" alt="" width="232" height="300" /></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Faut-il liquider l’héritage de Mai 68 ?]]></title>
<link>http://jeunesocialistes54.wordpress.com/?p=132</link>
<pubDate>Sun, 27 Apr 2008 21:57:36 +0000</pubDate>
<dc:creator>mjsmm</dc:creator>
<guid>http://jeunesocialistes54.wordpress.com/?p=132</guid>
<description><![CDATA[Il y a un an, lors d’un meeting des présidentielles, Nicolas Sarkozy exposait sa vision de Mai 68]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-family:Georgia;">Il y a un an, lors d’un meeting des présidentielles, Nicolas Sarkozy exposait sa vision de Mai 68. Quelques semaines qui auraient selon lui <em>« introduit le cynisme dans la société et dans la politique »</em>, <em>« abaissé le niveau moral de la politique »</em> (sic), <em>« liquidé l’école de Jules Ferry »</em>, et même porté les <em>« dérives du capitalisme financier »</em> ! En bref, il faudrait <em>« tourner la page de Mai 68 une bonne fois pour toute »</em>.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-family:Georgia;"> </span></p>
<p class="MsoBodyText"><span style="font-family:Georgia;">Tenir des propos d’une telle hargne, réduire ces « 52 jours » à un mouvement purement nihiliste, c’est simplement ignorer le fait que Mai 68 fut l’un des plus grands mouvements de l’histoire sociale de notre pays ; c’est ignorer l’appel des 8 à 9 millions de grévistes de l’époque ; c’est ignorer la réalité historique de cet héritage !</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-family:Georgia;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-family:Georgia;">Car Mai 68 est bien la plus grande révolution culturelle du 20<sup>ème</sup> siècle. Ce fut un grand mouvement égalitaire contre toutes les formes injustes de discrimination et contre toutes les formes autoritaires d’exercice du pouvoir, mais favorable à un pouvoir fondé sur le consentement et la concertation ; un grand mouvement idéaliste contre une société de consommation naissante ; un grand mouvement hétérogène qui a touché toutes les catégories de Français ; un grand mouvement pour de nouvelles conquêtes politiques et juridiques émancipatrices.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-family:Georgia;"> </span></p>
<p class="MsoBodyText"><span style="font-family:Georgia;">Qu’on le veuille ou non, Mai 68 fait désormais partie de notre Histoire. S’inspirer de ces faits, ou au contraire les rejeter, les critiquer, est une chose. Les manipuler faussement pour les reprendre à des fins politiques en est une autre. Nicolas Sarkozy peut s’essayer tant qu’il le veut au révisionnisme historique et tenter de faire oublier cet événement majeur de notre Histoire. Mais jamais nous ne pourrons cesser d’en conserver l’inspiration, le contenu et la ferveur !</span></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Haine vidéo partagée : la manipulation souterraine]]></title>
<link>http://badbuzz.wordpress.com/?p=41</link>
<pubDate>Sat, 26 Apr 2008 15:58:20 +0000</pubDate>
<dc:creator>badbuzz</dc:creator>
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<description><![CDATA[Bien cachée la manipulation ! Dans son édition du jeudi 24 avril, le quotidien Libération évoque]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>Bien cachée la manipulation ! Dans son édition du jeudi 24 avril, le quotidien Libération évoque largement le sujet du partage de vidéos sur les sites comme Youtube et en particulier le sujet touchant <a href="http://www.liberation.fr/rebonds/322864.FR.php" target="_blank">aux thèses révisionnistes</a>. Marc Knobel, chercheur au Crif et le journaliste Laurent Duguet rappellent à cette occasion l'article 29 de la Déclaration Universelle des Droits de l'homme : <em>«Dans l’exercice de ses droits et dans la jouissance de ses libertés, chacun n’est soumis qu’aux limitations établies par la loi exclusivement en vue d’assurer la reconnaissance et le respect des droits et libertés d’autrui et afin de satisfaire aux justes exigences de la morale, de l’ordre public et du bien-être général dans une société démocratique.»</em> La même Déclaration stipule, dès son premier article, que<em> «les êtres humains...</em> <em>doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité»</em>.</p>
<p>C'est suffisant pour qu'un blog comme <a href="//franceblanche.wordpress.com/2008/04/24/la-grande-tribu/" target="_self">Franceblanche</a> reprenne le sujet et le commente à sa façon en citant de façon sournoise la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme. A la première lecture, on pourrait penser qu'ils sont d'accord avec les auteurs du papier... Ce n'est pas le cas et c'est très troublant quand on s'arrête à sa seule lecture. En fait pour eux, la liberté d'autrui, c'est celle d'étre révisionniste, mais ce n'est pas dit explicitement. Alors je suis allé faire le tour du site et après quelques lectures au hasard, je me suis rendu compte qu'ils luttaient bien pour une France blanche et pure. A titre d'exemple : la liste des juifs connus, forcément à la tête des médias, de l'argent et de la politique, ce qu'ils appellent "<a href="http://franceblanche.wordpress.com/2008/04/24/la-grande-tribu/" target="_self">la Grande Tribu</a>". Bravo la manipulation, la ficelle était quand même un peu grosse. Vivement qu'on la coupe.</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Le Pen en force !]]></title>
<link>http://intransigeants.wordpress.com/?p=69</link>
<pubDate>Sat, 09 Feb 2008 10:59:12 +0000</pubDate>
<dc:creator>intransigeants</dc:creator>
<guid>http://intransigeants.wordpress.com/?p=69</guid>
<description><![CDATA[Trois mois de prison en sursis et 10.000 euros d&#8217;amende pour JMLP pour avoir, d&#8217;après l]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://img163.imageshack.us/img163/7223/jeanmarielepenii6.jpg" align="left" height="320" width="213" />Trois mois de prison en sursis et 10.000 euros d'amende pour JMLP pour avoir, d'après le Tribunal Correctionel de Paris, "falsifié l'histoire" en osant déclarer dans une interview du journal RIVAROL que "<b>en France du moins, l'Occupation allemande n'a pas été particulièrement inhumaine, même s'il y eut des bavures, inévitables dans un pays de 550.000 kilomètres carrés</b>".</p>
<p>Une "condamnation lourde et rarissime en droit de presse" se réjouit le président du MRAP.</p>
<p>Le journaliste Jérome Bourbon de RIVAROL et la directrice de publication du même journal sont respectivement condamnés à payer 2000 et 5000 euros d'amende.</p>
<p>Ce n'est pas tout, ce n'est pas encore finit ...</p>
<p>Les trois condamnés devront verser également un euro de dommages et intérêts à l'association des Fils et Filles de <b>Déportés Juifs de France</b> et 1.000 euros à chacune des autres associations parties civiles (<b>Mrap, Ligue des Droits de l'Homme, Fédération nationale des déportés et internés résistants patriotes</b>).</p>
<p>Elle est belle, la "liberté d'expression" de la France de Sarokozy ... <b>Même des personnes les plus opposées au Front National avoueront quand même que cette peine est totalement disproportionnée par rapport aux lois liberticides qui gouvernent ce pays !</b></p>
<p>La Tribunal a gentillement estimé que Le Pen réécrivait l'Histoire, en ayant "donné de la Gestapo une image positive, l'érigeant en autorité protectrice de la population française, occultant les crimes dont elle s'est rendue coupable".</p>
<p>Les bornes ont largement été dépassées. C'est un procès politique. On essaye de faire de Le Pen un "exemple", mais des procès comme celui là il en a connu des tas d'autres, et cela ne l'a jamais empêché d'obtenir des voix - bien au contraire.</p>
<p>Par contre, ce procès permet évidemment de toucher le FN et RIVAROL là où cela fait très mal, le porte-monnaie bien entendu, en particulier depuis le dernier waterloo électoral provoqué par le machiavélique Sarkozy ... D'où l'importance de soutenir la vraie résistance en allant chercher le journal dans votre librairie préferée ou en faisant un don au parti.</p>
<p>L'équipe des Intransigeants soutien de tout son coeur tous les condamnés et prisonniers politiques européens, l'avant-garde qui continue à résister en mots et en actes à l'<b>Entité</b>. Ce n'est pas à la loi de faire l'Histoire, ce n'est pas aux vainqueurs, mais cette responsabilité incombe bien aux Historiens ! A présent, le fait même de contester la loi Gayssot devient un crime ! Et bientôt, le fait de contester la contestation de ceux qui contestent la loi ?? D'ici là, la France aura probablement explosé, nous l'espérons !</p>
<p>“<b>Ce n’est pas seulement de l’Union européenne et du mondialisme que nous devons délivrer de notre pays, c’est aussi des mensonges sur son histoire, mensonges protégés par des mesures d’exception</b>” Jean-Marie Le Pen, RIVAROL, 2005</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Le « détail de l’histoire » a 10 ans]]></title>
<link>http://alainhubler.wordpress.com/2007/12/26/le-%c2%ab-detail-de-l%e2%80%99histoire-%c2%bb-a-10-ans/</link>
<pubDate>Wed, 26 Dec 2007 12:20:37 +0000</pubDate>
<dc:creator>Alain Hubler</dc:creator>
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<description><![CDATA[Le 26 décembre 1997, le leader du Front national Jean-Marie Le Pen était condamné pour «banalisa]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.flickr.com/photos/hublera/2137412095/" title="Nuit et brouillard de hublera, sur Flickr"><img src="http://farm3.static.flickr.com/2264/2137412095_8fb1a84c9a_m.jpg" alt="Nuit et brouillard" style="float:right;margin:0 0 1em 1em;" height="175" width="240" /></a>Le 26 décembre 1997, le leader du Front national <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Marie_Le_Pen">Jean-Marie Le Pen</a> était condamné pour «banalisation de crime contre l’humanité» et «consentement à l’horrible».</p>
<p>Le 6 décembre, il avait fait allusion pour la deuxième fois au «détail de l’histoire» que constituaient selon lui les chambres à gaz nazies. Ces propos révisionnistes avaient été prononcés lors d’une conférence de presse tenue à Munich en compagnie de Franz Schönhuber, journaliste, écrivain, ancien Waffen SS et ex-patron des Républicains, un parti ultra nationaliste d’outre-Rhin. Cette conférence de presse avait pour objet la présentation d’une biographie écrite par Schöenhuber : <i>Le Pen le rebelle</i>. Les propos pour lesquels Le Pen a été condamné sont les suivants :</p>
<blockquote><p><!--more--><i>Je ne dis pas que les chambres à gaz n’ont pas existé. Je n’ai pas pu en voir. Je n’ai pas étudié spécialement la question. Mais je crois que c’est un point de détail de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale.</i></p></blockquote>
<p>Pour ma part, je pense préférable - et de loin ! – de se souvenir de la fin du texte du film d'<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Alain_Resnais">Alain Resnais</a> <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Nuit_et_brouillard_%28film%29"><i>Nuit et brouillard</i></a>. Un texte écrit par <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Cayrol">Jean Cayrol</a> et dit par <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Bouquet">Michel Bouquet</a>.</p>
<blockquote><p><i>Il y a nous qui regardons sincèrement ces ruines comme si le vieux monstre concentrationnaire était mort sous les décombres. Qui feignons de reprendre espoir devant cette image qui s’éloigne comme si on guérissait de la peste concentrationnaire. Nous qui feignons de croire que tout cela est d’un seul temps et d’un seul pays et qui ne pensons pas à regarder autour de nous et qui n’entendons pas qu’on crie sans fin.</i></p></blockquote>
<p align="center"><b>Nuit et brouillard 1/2</b></p>
<p align="center">[dailymotion id=x24p1i]</p>
<div align="center"></div>
<p align="center"><b>Nuit et brouillard 2/2</b></p>
<p align="center">[dailymotion id=x24pgt]</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Les dessous... de la fille à droite (réflexion sur un blog paleoconservateur)]]></title>
<link>http://charitybernhard.wordpress.com/2007/08/05/les-dessous-de-la-fille-a-droite-reflexion-sur-un-blog-paleoconservateur/</link>
<pubDate>Sun, 05 Aug 2007 19:35:26 +0000</pubDate>
<dc:creator>charitybernhard</dc:creator>
<guid>http://charitybernhard.wordpress.com/2007/08/05/les-dessous-de-la-fille-a-droite-reflexion-sur-un-blog-paleoconservateur/</guid>
<description><![CDATA[En réponse à ce billet d&#8217;Élodie Gagnon.
Dans la ligné des  Lysiane Gagnon et des Sophie Co]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://elodiegmartin.wordpress.com/2007/07/29/a-mourir-d%e2%80%99ennui/">En réponse à ce billet d'Élodie Gagnon</a>.</p>
<p>Dans la ligné des  <a href="http://www.vigile.net/auteur19.html" target="_blank">Lysiane Gagnon </a>et des<a href="http://www.vigile.net/auteur19.html" target="_blank"> </a><a href="http://blogues.cyberpresse.ca/cousineau/" target="_blank">Sophie Cousineau </a>de ce monde, la blogeuse <a href="http://elodiegmartin.wordpress.com/">Élodie Gagnon</a> réussit à illustrer ce que c'est la mesquinerie, la partisanerie politique, une idéologie encline à encourager <a>les inégalités "naturelles" </a>au nom de la liberté et un <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9visionnisme#R.C3.A9visionnisme_historique">révisionnisme </a>qui place le référendum de 1995 comme n'étant que  l'aboutissement d'un exceptionnel crescendo: Meech en 1990, Bélanger-Campeau en 1991, Charlottetown en 1992, et percée fulgurante du Bloc québécois en 1993.</p>
<h2><span class="mw-headline"><br />
</span></h2>
<p><span style="font-size:12pt;"><br />
</span></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[FRAGMENT 6) Albanie]]></title>
<link>http://fpbmc.wordpress.com/2007/03/26/fragment-6-b/</link>
<pubDate>Mon, 26 Mar 2007 11:47:33 +0000</pubDate>
<dc:creator>fpbw</dc:creator>
<guid>http://fpbmc.wordpress.com/2007/03/26/fragment-6-b/</guid>
<description><![CDATA[1975 : Voyage en Albanie “socialiste”



Remarques, mars 2007
Entre 1975 et 1998 l’Albanie —]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<h1 style="text-align:center;"><span style="color:#993300;">1975 : Voyage en Albanie “socialiste”</span></h1>
<p><span style="color:#993300;"><strong><em><br />
</em></strong></span></p>
<p align="justify">
<p><strong><span style="color:#800000;"><em><span style="font-family:verdana,geneva;">Remarques, mars 2007</span></em></span></strong></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:verdana,geneva;">Entre 1975 et 1998 l’Albanie — comme le Portugal — a changé de nature politique : le 30 avril 1991, La République populaire socialiste d'Albanie devenait la République d'Albanie. Comme le Portugal, l’Albanie fut isolé par une dictature de longue durée (1944-1990) 1).</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:verdana,geneva;">Avec une différence majeure : en Albanie, tous les problèmes sont multipliés par deux, voire trois. Par l’histoire, par sa situation dans les Balkans, toujours en équilibre instable. Le Portugal n’a jamais été coupé de l’Europe. Ostracisé, au plus, durant le règne de Salazar. L’isolement albanais, instauré par le système communiste, a renforcé un isolement historique, de presque cinq cents ans, sous occupation ottomane. L’indépendance acquise en novembrre 1912, le pays n’a cessé d’être occupé (Grèce 2), Serbie, France, Italie, Allemagne…) avant de devenir une République socialiste sous la règne d’Enver Hoxha 3), devenu au fil du temps, un ascète de la pureté dogmatique fantasmée, qui a rompu avec la Yougoslavie du maréchal Tito en 1948, avec l'URSS post-stalinienne en 1961, in fine, avec la Chine post-maoïste en 1977 4). Aggravant l’isolement centenaire du pays. Contrairement au Portugal, le passage à une autre forme de régime politique fut chaotique et douloureux. Les difficultés économiques du passage ont été aggravées par la corruption spécifique à tous les anciens pays communistes.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:verdana,geneva;">Un pays qui pourrait être riche, étant donné ses ressources naturelles (pétrole, gaz, entre autres).</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:verdana,geneva;">Le bloc des souvenirs albanais, restés très vivants parce que souvent racontés, s’est réactivé dans la foulée des souvenirs portugais.</span></p>
<p><span style="font-family:verdana,geneva;">---------------</span></p>
<p style="padding-left:30px;"><span style="font-family:verdana,geneva;"> 1. Le début de la <em>glasnot</em> peut être datée de l’année précédente.</span></p>
<p style="text-align:justify;padding-left:30px;"><span style="font-family:verdana,geneva;"> 2. Bien que le gouvernement grec ait mis fin dès 1986 à l' « état de guerre » entre la Grèce et l'Albanie, dans les années 1990, les tensions gréco-albanaises sont nombreuses. La Grèce ne jouant pas le rôle stabilisateur qu’on attendait.</span></p>
<p style="text-align:justify;padding-left:30px;"><span style="font-family:verdana,geneva;"> 3. En novembre 1941, il créa le Parti communiste d’Albanie qui combattit avec succès et l’occupant fasciste italien et l’occupant nazi en novembre 1944. En décembre 1945, le Parti communiste (Front démocratique) obtenait 93% des voix aux élections à l'Assemblée constituante (sans fraude, semble-t-il suivant les diplomates américains et britanniques). L'assise populaire est certaine.</span></p>
<p style="text-align:justify;padding-left:30px;"><span style="font-family:verdana,geneva;"> 4. La chute des régimes communistes en Europe de l'Est est considéré en 1989 comme un échec du « révisionnisme » et non du socialisme stalinien, c'est-à-dire en fait un communisme sur le mode tsariste.</span></p>
<p style="text-align:center;"><span style="font-family:verdana,geneva;">***</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:verdana,geneva;">J’allais en Albanie par curiosité, un ami en parlait avec sympathie. Ma connaissance de l’Albanie était nulle et s’est peu enrichie. Mis à part Ismail Kadare, lu beaucoup plus tard, et pour des raisons littéraires (le parabolique), confronté à Kafka</span></p>
<p style="text-align:center;"><span style="font-family:verdana,geneva;">*</span></p>
<p><span style="color:#800000;"><em><span style="font-family:verdana,geneva;"><strong>F</strong><strong>rictions idéologiques</strong></span></em></span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:verdana,geneva;">Pour voyager en Albanie, il fallait, soit appartenir aux “Amis de l’Albanie”, soit partir dans le cadre d’un voyage organisé. Ce que je fis au printemps 1975, avec l’association Art et Vie. Le groupe se composait d’enseignants, mais aussi de jeunes maoïstes ou sympathisants de la mouvance ultra-gauche. Une ligne, sinueuse, traversait le groupe. D’un côté, les politisés et sympathisants, partis avec des lunettes idéologiques et les gardant jalousement sur le nez. Oser critiquer un film “socialistement réaliste” dans lequel une femme (comme par hasard), médecin, refusait de suivre son mari, communiste dévoué, désirant aller travailler dans les montagnes parmi les populations déshéritées, était un crime de “sexiste de droite”. De l’autre, des “non politiques”, prêts à tout critiquer, heureux de prendre le socialisme en flagrant délit de pauvreté. Des toilettes de pays sous-développés, des enfants pauvrement vêtus, devenaient symbole du socialisme. Tantôt donc, je défendais l’Albanie et me disais choquée par la manière de photographier les enfants dépenaillés, tantôt je critiquais ce qui me paraissait avoir peu de rapports avec le socialisme. Je ne cessais de répéter, que l’Albanie ne « faisait pas du socialisme », mais de l’accumulation du capital, visible dans le développement intensif de l’agriculture (entre autres).</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:verdana,geneva;">J’eus ma revanche, et j’avoue l’avoir savourée un bref instant, quand un responsable du Parti qui nous faisait une conférence sur l’histoire du PC albanais, qui ne manque pas d'actes que l'on peut qualifier d'« héroïques », sans verbalisme, dit avec fermeté : <em>— Mais non, ce n’est pas du socialisme, nous sommes au début de quelque chose, l’Albanie est un pays très pauvre qui a subi plusieurs occupations, nous en sommes à la phase de ce que Marx appelait l’accumulation du capital.</em> Je vis quelques têtes de maoïstes se tourner vers moi.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:verdana,geneva;">Je perdis l’avantage, quand je posai une question à mes yeux capitale : quel rôle jouait “la culture” dans cette phase, j’avais le sentiment que le pouvoir décidait de tout, car l’important, dis-je pour résumer, c’est la rose et pas seulement le pain. Par “culture”, j’entendais une culture de l’individu et non du seul collectif. Talon d'Achille de tous les régimes communistes. Tout me paraissait un peu trop bien ordonné, le sentiment aussi que les gens avaient peur, c’était assez proche de l’atmosphère en RDA. Proche était un euphémisme, car c’était pire qu’en RDA, pour de nombreuses raisons historiques. Il dénonça dans ma question l’anti-économisme de l'ultra-gauche (ce que je n’étais pas, les étiquettes sont commodes, je connaissais ce procédé tactique depuis longtemps), il convint toutefois que le débat était ancien et la question d’importance. Mais on ne pouvait pas tout faire en même temps.<em> — Certes, mais pour les performances économiques, on n’a pas besoin des socialistes ! Le capitalisme fait ça très bien...</em> Tout se tient, et parce que tout se tient les transformations culturelles doivent accompagner les transformations économiques. Dialogue de sourds. À supposer qu'il y ait eu dialogue. Quant à la question du statut des femmes dans la société albanaise, elle fut sinon écartée sur le mode habituel desdits marxistes, du moins traitée sur le mode très général des intentions, le PCA visait «l'émancipation complète de la femme», il fallait consulter l'appel d'Enver Hoxha dans l'Histoire du Parti 1) » et de toutes les manières, la question des femmes ne pouvait être résolue qu'avec la fin de la société de classes. Attendons donc Godot, avais-je conclu 2). Manifestement, cette question l'embarrassait, il ne désirait pas dialoguer sur les questions « annexes » de l'émancipation des femmes (contraception entre autres).</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:verdana,geneva;">Pour clore la discussion, il énuméra quelques-uns des acquis incontestables du PC. Pêle-mêle : la disparition de la famine, de la malaria, de la tuberculose, l’accès aux soins médicaux gratuits... avec un clin d'œil final, l’accès des filles à l’éducation, au sport, dans un pays où, dans un passé récent, une fille était échangée contre une vache 3). De fait, j’avais vu des jeunes filles courir en short, dans un pays où la jupe et les cheveux longs semblaient devoir être la norme.</span></p>
<p><span style="font-family:verdana,geneva;">-------------------</span></p>
<p style="padding-left:30px;text-align:justify;"><span style="font-family:verdana,geneva;"> 1. <em>Histoire du Parti du Travail d'Albanie</em>, Editions NAIM FRASHËRI, Tirana, 1971. L'appel de Hoxha est daté du 6 février 1967. Il témoigne d'une conscience aiguë de l'exploitation domestique des femmes, invitant les hommes à participer aux travaux domestiques.</span></p>
<p style="padding-left:30px;text-align:justify;"><span style="font-family:verdana,geneva;"> 2. J'ai eu tendance à penser que les formes d'exploitation domestique était le fumier sur lequel levaient les formes de sociétés plus ou moins divisées. Avec la complicité de femmes, mères en particulier, qui pérennisent, à leur niveau, des formes de dominations diverses.</span></p>
<p style="padding-left:30px;text-align:justify;"><span style="font-family:verdana,geneva;"> 3. Dans les années 30, 95% les femmes étaient analphabètes.</span></p>
<p style="text-align:center;"><span style="font-family:verdana,geneva;">*</span></p>
<p><strong><span style="color:#800000;"><em><span style="font-family:verdana,geneva;">Barbes et pantalons suspicieux</span></em></span></strong></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:verdana,geneva;">Les incidents “socialistes” avaient commencé à la frontière. L’attente fut assez longue. <em>— Ils coupent les cheveux et les barbes,</em> me dit-on. Je croyais à une plaisanterie. À l’époque, le passage des frontières était — partout et toujours — fastidieux. Parmi les jeunes, l’un d’eux avait une belle barbe à la Marx et les cheveux longs. Il dut effectivement les laisser à la frontière. Privé de sa toison, il paraissait enfantin, poupon, je ne reconnus pas en lui l’ex-barbu, j’ai donc continué à croire qu’il s’agissait d’une blague. Les pantalons aussi auraient fait l’objet d’un examen. Époque du pantalon à pattes d’éléphant, une mode venant d’Italie. Il fallait les resserrer, ne serait-ce qu’avec des épingles de nourrice, sur le modèle des pantalons albanais, très étroits. J’avais échappé à ce type de contrôle parce que femme, ils s’étaient contentés d’inspecter la tenue des hommes. J’arrivai donc à Durrës, dans un ensemble jean, à pattes d’éléphant modérées, un petit mouvement évasif au bas du pantalon. Un ensemble que j’aimais bien, acheté à New York l’année précédente.</span></p>
<p style="text-align:center;"><span style="font-family:verdana,geneva;">*</span></p>
<p><strong><span style="color:#800000;"><em><span style="font-family:verdana,geneva;">L’avventura au pays du socialisme autiste</span></em></span></strong></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:verdana,geneva;">À notre arrivée, nous avons été pris en charge par un guide. Un paysan pauvre que le Parti aurait envoyé en faculté de médecine, assez obtus. Du marxisme, il ne connaissait que le catéchisme du Parti. Aussi, était-il surpris qu’une « capitaliste » (venir d’un pays capitaliste et « être capitaliste » se superposaient), connaisse des textes de Marx et puisse en parler. Cette surprise était en un sens protectrice, car il n’osait rien dire sur mes deux pantalons à la mode. J’étais donc la seule à pouvoir naviguer en pantalon à pattes d’éléphant. Certains commençaient à s’interroger sur ce privilège. Je l’appris après l’incident suivant.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:verdana,geneva;">Nous devions aller à Tirana. Pas matinale, j’arrivai en catastrophe dans le car. Notre guide me regarda et dit : <em>— Tu ne peux pas venir avec ce pantalon</em> (de velours vert à larges pattes d’éléphant), il faut que tu ailles le recoudre. Le chauffeur était au volant. Je lui dis en riant que ce pantalon, je le portais depuis deux jours, et qu’il était trop tard pour en changer. <em>— Je ne remonterai pas dans ma chambre coudre le pantalon. </em>Les co-voyageurs déjà installés dans le car assistèrent à cet échange aigre-doux avec étonnement.</span></p>
<p style="padding-left:30px;"><em><span style="font-family:verdana,geneva;">— Eh bien, tu ne viens pas !</span></em></p>
<p style="padding-left:30px;"><em><span style="font-family:verdana,geneva;">— Eh bien, je ne viens pas !</span></em></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:verdana,geneva;">Le tutoiement, comme on sait, fait camarade. Je descendis du car, sourire aux lèvres. Je remontai dans ma chambre, espérant pouvoir me rendormir. Ce fut impossible, je décidai donc d’aller à Durrës. Je me changeai, enfilai mon ensemble jean et je descendis dans le hall où je demandai comment aller en ville, car nous étions logés à l’extérieur de Durrës, en bordure de plage. Je parlais italien avec l’employée de l’hôtel, une femme charmante qui tenta par tous les moyens de me dissuader d’aller “en ville”, mais sans oser me dire que je n’avais pas le droit d’y aller seule. <em>J’allais me perdre... c’était compliqué... ce n’était pas une ville très intéressante...</em> Etc. Elle rendit compte de l’échange à un homme, grand, assez sec, qui vint répéter les mêmes choses, en anglais. Je ne voulais rien entendre. Je répétais sur un ton amusé et détaché, que je revenais de New York 1) et que donc, après cette expérience, une ville albanaise ne pouvait pas me faire peur. De guerre lasse, je sortis. Je décidai d’aller à pied à Durrës, en suivant le parcours d’un autobus que j’avais entrevu.</span></p>
<p><span style="font-family:verdana,geneva;">Dio ! Quelle aventure !</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:verdana,geneva;">Je passais devant une caserne à proximité de l'hôtel. À une des fenêtres, une femme en uniforme se mit à crier une phrase dans laquelle je reconnus le mot <em>cow-boy</em>. En moins d’une minute, toutes les fenêtres ont eu des yeux. Ça commençait bien ! Je leur fis un signe qui se voulait amical, les yeux disparurent, j’entendis des ricanements. Je continuai à avancer. Sans cheval.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:verdana,geneva;">J’avançais sur la « route principale », quand je vis sur ma gauche une rue montante. Je m’y engageai. À mi-hauteur, je fus entourée par de jeunes garçons, deux d’entre eux, les plus jeunes, avaient des foulards rouges et une tenue bleue. Le plus âgé, treize ans au plus, pauvrement vêtu, me demanda dans un anglais laborieux si j’étais un homme ou une femme. En riant, j’ouvris ma veste pour montrer mes attributs féminins, moulés dans un pull-chaussette. À réponse ambiguë, rires déplaisants. Il me demanda des cigarettes, des bics, ces objets convoités dans tous les pays pauvres. Je percevais quelque chose de sourdement agressif. Comment sortir de cette situation ? Par chance, un homme arriva, les deux enfants au foulard rouge le suivirent, le ton était vif, les enfants baissaient la tête, penauds. Je m'empressai de revenir sur la route principale. L'impossibilité du détour fut un signe qui me ... <em>déstabilisa</em> un peu. Mais sans plus, il me fallait avancer ou faire demi-tour. Je sais aujourd'hui que le détour </span><em><span style="font-family:verdana,geneva;">— </span></em><span style="font-family:verdana,geneva;">possible ou impossible </span><em><span style="font-family:verdana,geneva;">— </span></em><span style="font-family:verdana,geneva;">informe sur l'état d'une ville, d'une société, voire d'un mode penser<em>. Et cetera</em>.<br />
</span>
</p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:verdana,geneva;">Au fur et à mesure que j’approchais de la ville, j’éprouvais une sensation très étrange pour une citadine amoureuse des villes. J’avais le sentiment d’avancer sur un tapis de velours très épais qui aurait absorbé tous les bruits de la ville. Plus je progressais, plus les regards se faisaient lourds. Je croisais deux policiers qui me regardèrent. Je les sentais interrogatifs. J’ai appris par la suite, que seules des huiles, amies de l’Albanie, étaient autorisées à se promener seules. M’a-t-on pris pour l’une d’elles ?</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:verdana,geneva;">J’étais arrivée à Durrës. Je l’explorai comme j’ai l’habitude d’explorer les villes, déambulant, regardant tout ce qui s’offre, m’arrêtant, bifurquant... Je suis entrée dans trois restaurants, choisissant au hasard sur un menu, ne mangeant qu’une ou deux bouchées, pour voir comment mangeaient les Albanais. Pauvre, très pauvre et peu appétissant. On était chaque fois surpris de me voir entrer — et gêné. Je flânai dans un marché aux étals squelettiques. Un sentiment d’extrême dénuement gris. Pis, le sentiment d’une culture spartiate programmée, car nous avions visité ou vu des fermes d'État où abondaient légumes et fruits. Sur le marché, des femmes me demandèrent gentiment d’où je venais.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:verdana,geneva;">Je m’arrêtai dans un jardin à l’ombre d’une statue. Quand je me levai, je vis la face d’un Staline tutélaire. Dans ce jardin, deux jeunes filles me demandèrent d’où je venais, mais furtivement, comme une question en fraude.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:verdana,geneva;">J’arrivai près d’un musée archéologique, en bordure de mer. Je contemplai un amas de débris de poteries d’argile, un homme au visage aimable, me sourit et m’offrit un morceau de poterie que je garde sur ma bibliothèque. Peut-être a-t-il manqué dans la reconstruction d’une pièce.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:verdana,geneva;">Puis, tournant le dos à la mer, je vis une avenue assez large, couverte de grappes serrées d’hommes. J’eus d’abord un mouvement de recul, puis, me lançant à moi-même un défi, je me dis : <em>— Tu ne vas quand même pas, en fin de journée, te dégonfler et faire demi-tour ! </em>Pour comprendre le défi, il faut imaginer cette femme aux cheveux très courts, à la Gertrude Stein, disent des amis se moquant, dans un ensemble jean à pattes d’éléphants frappées d’interdiction, lunettes de soleil sur le nez, s’imaginant, pour se donner du courage, être un cow-boy sur son cheval. Pour avancer, je zigzaguais entre ces grappes de mecs, bien décidés à ne pas faciliter mon frayage dans un territoire manifestement masculin. Jouant des coudes avec la fermeté courtoise d'une femme qui se refuse à tenir compte de la muflerie des comportements de mâles protégeant leur territoire. Je n’entendais pas l’albanais, mais aux tons, aux regards agressifs, je devinais ce qui se disait et ce que pensaient ces bonshommes, dont j’osais fouler le territoire. Ça me rappelait l’Espagne franquiste, où des mecs qui ne supportaient pas de voir une adolescente en pantalon, nous insultaient. Mon père qui estimait n’avoir plus l’âge de se battre pour ses filles, avait fini par nous demander de rentrer à l’hôtel nous mettre en jupe. On préféra fausser compagnie à nos parents et affronter les insultes. Nous aimions provoquer.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:verdana,geneva;">Arrivée au bout de la <em>Promenade des Mecs</em> 2) (comme on dit <em>Promenade des Anglais</em>), j’eus conscience du coût du défi, la tension nerveuse était grande. Je m’assis sur un banc, regardai l’avenue avec un détachement feint, respirai longuement. Je pesais le double de mon poids. La langue sèche et râpeuse semblait coller au palais. J'avais commencé par être enveloppée, voire happée, par le silence d'une ville étouffée par une dictature politique et j'achevais ma journée sur l'affrontement physique avec une dictature machiste, très archaïque. Leur conjugaison est une expérience indélébile.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:verdana,geneva;">Ma montre avançait sur 18 heures, je marchais depuis le matin onze heures. Je pris le chemin du retour.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:verdana,geneva;">Quand j’arrivai à l’hôtel, détendue par la marche, les groupes étaient rentrés. Je croisai notre guide.</span></p>
<p style="padding-left:30px;text-align:justify;"><em><span style="font-family:verdana,geneva;">— Tu es allée à Durrës, </span></em><span style="font-family:verdana,geneva;">me dit-il sur le ton du maître d’école qui prend une élève en défaut.</span></p>
<p style="padding-left:30px;text-align:justify;"><em><span style="font-family:verdana,geneva;">— Oui et alors ? tu n’imaginais quand même pas que j’allais rester à l’hôtel toute la journée!</span></em></p>
<p style="padding-left:30px;text-align:justify;"><span style="font-family:verdana,geneva;"><em>— Tu n’avais pas le droit,</em> répéta-t-il cette fois comme un reproche amical. Sans me regarder.</span></p>
<p style="padding-left:30px;text-align:justify;"><em><span style="font-family:verdana,geneva;">— Ah ! dis-je sur un ton faussement naïf, je n’avais pas le droit ? Il suffisait de le dire.</span></em></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:verdana,geneva;">Il était furieux, j’appris qu’il avait été sévèrement critiqué par le guide d’un autre groupe, beaucoup plus obtus, le regarder parler donnait des frissons, tant il était raide et dur, arrogant, voire méprisant.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:verdana,geneva;">Les co-voyageurs me questionnèrent, on désirait savoir ce que j’avais fait. Je gardai pour moi, comme un secret, cette journée particulière, où j’avais pu fausser compagnie au groupe qui très vite me pèse, explorer, seule et comme je l’entendais, une ville dans laquelle je n’avais pas le droit d’aller. Et comment aurais-je pu faire comprendre le poids démesuré de l'impalpable de l'oppression feutrée et protéiforme ?</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:verdana,geneva;">Ils s’étaient ennuyés à Tirana, la capitale.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:verdana,geneva;">Pendant un temps, à mon retour, j’ai fait le même rêve : j’entrais à pas lents dans une ville insonorisée qui se refermait sur moi comme un écrin de velours. Je me réveillais, étouffée par un coup de glotte. Quelque chose qui tenait du cauchemar. Ce rêve contient l’essentiel de ce que j’ai capté dans l'intimité de mon corps-peau durant ces heures de déambulation. Le seul fait d’écrire ce souvenir, plus de vingt ans après, m’oppresse encore.</span></p>
<p style="padding-left:30px;text-align:justify;"><span style="font-family:verdana,geneva;"> 1. Le New York des années 70 était une ville dangereuse. <em>Crazy ! Crazy !</em> m'avait dit un chauffeur de taxi israélien. <em>I make Money and I go ! </em>Il avait vu trois meurtres en une journée.</span></p>
<p style="padding-left:30px;text-align:justify;"><span style="font-family:verdana,geneva;"> 2. Dans mon vocabulaire, <em>mec</em> désigne, à la rigueur, un mâle, mais jamais un <em>homme</em> au sens d'<em>andres.</em></span></p>
<p style="text-align:center;"><span style="font-family:verdana,geneva;">*</span></p>
<p><strong><span style="color:#800000;"><em><span style="font-family:verdana,geneva;">Un certain art du camouflage</span></em></span></strong></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:verdana,geneva;">Notre guide évitait de répondre aux questions gênantes ou falsifiait les faits, de manière assez maladroite.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:verdana,geneva;">Nous visitions hôpitaux, écoles, fermes d'État, usines (visite utile et productive pour une intello). Dont une de textile où j’ai compris la valeur du produit final. On y fabriquait une très belle toile pour jean, destinée à l’exportation. Comme en RDA, les produits de belle qualité allaient à l’Ouest. La diabolisation capitaliste ou socialiste, c’est pour la galerie des naïfs.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:verdana,geneva;">Les machines du combinat textile de Berat étaient chinoises. Les conditions de travail du combinat qui portait le nom de Mao Tsé-Toung, étaient dures. La salle des teintures puait, les ouvrières travaillaient dans un brouillard épais de vapeurs, dans la salle de tissage, un bruit d’enfer. Je demandai très sérieusement à notre guide, si on pratiquait la rotation des tâches, certains postes étant moins pénibles que d’autres. <em>— Ne viens pas ici avec tes idées capitalistes !</em> me dit-il avec autorité. Surprise, je lui expliquai que, chez nous, c’était une revendication des travailleurs. Le taylorisme n’était-il pas une invention capitaliste qui visait l’organisation du travail en vue d’accroître la productivité en morcelant le procès de travail, afin d’éliminer les mouvements improductifs ? Il se tut.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:verdana,geneva;">À Skodra, face à une autre usine qui crachait une épaisse fumée jaunâtre, je lui demandai qui avait construit cette usine. <em>— Mais, les Albanais !</em> Je lui fis alors remarquer que les socialistes albanais construisaient comme les capitalistes, sans se soucier des effets dévastateurs des fumées toxiques sur la santé de la population et sur leur cadre de vie, toutes les maisons étaient sales, d’un gris-jaunâtre. Il se tut. J’ai appris un peu plus tard que l’usine avait été construite par les Italiens, ces champions du <em>je-m’en-foutisme écologique.</em></span></p>
<p style="padding-left:30px;text-align:justify;"><em><span style="font-family:verdana,geneva;">— Que faisaient donc les femmes quand les hommes, en fin d’après-midi, occupaient les rues ?</span></em></p>
<p style="padding-left:30px;text-align:justify;"><em><span style="font-family:verdana,geneva;">— Elles apprenaient l’anglais au cours du soir !</span></em></p>
<p style="padding-left:30px;text-align:justify;"><span style="font-family:verdana,geneva;"><em>— Et qui s’occupent des gosses ? </em>Il fut embarrassé.</span></p>
<p style="padding-left:30px;text-align:justify;"><span style="font-family:verdana,geneva;"><em>— Mais, les grands-mères,</em> dis-je en riant.</span></p>
<p><span style="font-family:verdana,geneva;">Je savais que la famille albanaise avait en moyenne quatre enfants et que les femmes n’avaient pas accès à la contraception.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:verdana,geneva;">Quand mes propos le gênaient ou le mettaient mal à l’aise, il interrompait brusquement la conversation amorcée. Comme avec mon copain Cherfi en Algérie, j’inventais des ruses pour poser des questions insidieuses. Un jour d’excursion, je m’arrangeai pour me trouver à ses côtés dans le car et relançai la conversation sur les sujets évités. Je commençai par lui poser la question sur les acquis du socialisme pour les femmes, après avoir écouté les réponses, je posai des questions plus gênantes. <em>— Pourquoi l’interdiction de la contraception ?</em> La contraception ? Encore une perversion capitaliste ! Je lui dis qu’il semblait ignorer l’histoire de la première révolution socialiste. Les femmes qui avaient rejoint le Parti bolchevique avant la révolution, qui avaient participé au travail clandestin, comme agents de liaison, agitatrices, propagandistes… avaient aussi exigé la maîtrise de leur ventre, sans laquelle l’émancipation n’est qu’un leurre. J’égrenais des noms, Alexandra Kollontai, lena Stassova, Inessa Armand, amie et collaboratrice de Lénine, Evguenia Bosch, dont Victor Serge disait qu’elle était « un des dirigeants militaires les plus compétents qui aient émergé dans cette première phase » lors de la guerre civile.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:verdana,geneva;">Dans un pays aussi fidèle à Staline, je passai sous silence son suicide en janvier 1925, quand Trotsky fut limogé de son poste de Commissaire du peuple à la guerre. Je ne dis mot des effets négatifs de l’évolution stalinienne, qui dès 1924 stoppa l’émancipation, je ne dis mot du code de la famille de 1936, codifiant la régression dans la lutte pour l’égalité des femmes, réhabilitant la famille, interdisant l’avortement.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:verdana,geneva;">Ne pouvant échapper à mon lyrisme féministement révolutionnaire (j'en rajoutais!), il écoutait en silence. Je lui parlais aussi des luttes que nous menions, j’insistais sur les difficultés rencontrées en pays capitalistes, pour le droit à l’égalité, à la contraception, à l’avortement… des combats socialistes donc ! Je promis de lui envoyer le tract que nous avions fait dans la section syndicale sur ce sujet.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:verdana,geneva;">Je croisai un regard si démuni que je me tus. Gênée.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:verdana,geneva;">Le lendemain, il me tendit un petit ouvrage, <em>Le Pont </em>d’Anastas Kondo 1), et m’invita à lire les pages concernant les femmes, intitulées, <em>Les femmes qui déroulent les fils d’acier.</em> Le soir, je lus la nouvelle. Un petit hymne, plein de fraîcheur, à l’émancipation des femmes par le travail, écrit par un homme qui semblait aimer les femmes et pointait, sans avoir l’air d’y toucher, l’injustice qu’il leur était faite, leur chef était un homme !</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:verdana,geneva;">Pour n’avoir vu que des femmes dans les fermes collectives, les usines visitées, j’aurais pu relancer la conversation sur les limites de cette forme d’émancipation. Le PC avait, manifestement, besoin de cette main-d'œuvre pour ses ambitieux plans quinquenaux. Étant donné l'arriération multiforme et très générale des mâles (et pas seulement albanais) dans les années 70, on pouvait imaginer, sans grands efforts, les triples journées des mères de famille.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:verdana,geneva;">Je finis par mettre dans ma poche, sous un mouchoir, la question des femmes, les Albanais partaient de trop loin. Si le politique peut accélérer des processus, des prises de conscience, s'il peut juridiquement offrir des espaces d'émancipation, il ne peut pas changer des structures mentales, psychiques, des habitus, par décrets.</span></p>
<p style="text-align:justify;">---------</p>
<p style="text-align:justify;padding-left:30px;"><span style="font-family:verdana,geneva;"> 1. J’ai retrouvé dans mes archives, l’ouvrage avec quelques autres. <em>Le Pont</em> avait un sous-titre : <em>Récits, esquisses et reportages.</em> Un document intéressant sur l’état d’esprit des pionniers, sur le travail de reconstruction et de développement entrepris dans un pays pauvre, sur ses blocages. À la relecture, j’ai retrouvé ce sentiment de fraîcheur naïve, éprouvé la première fois.</span></p>
<p style="text-align:center;"><span style="font-family:verdana,geneva;">*</span></p>
<p><strong><span style="color:#800000;"><em><span style="font-family:verdana,geneva;">La linguistique “marxiste”</span></em></span></strong></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:verdana,geneva;">À Skodra, devant l'usine polluante, il me demanda de bien vouloir jeter un œil sur le mémoire d’une étudiante. Une jeune femme timide me remit une trentaine de pages qui avaient pour objet La négation en français. Je lui dis que je n’étais pas linguiste, mais je pourrais corriger le français. À l’hôtel, le soir, je parcourus le mémoire. J’étais sidérée par les propos, les premières pages étaient un montage de citations de Marx, dont la canonique « Est-ce la conscience qui... », si usée à force d'être citée, qu’elle en était devenue transparente. De ces citations, elle induisait une thèse, à savoir que la négation en français était de l’ordre de la « pure objectivité ». Ce travail me rappelait les constructions pseudo-théoriques à la mode chez les étudiants rémois dans les années 70. Ce type de discours m’exaspérait tellement que j’en devenais teigneuse. Le plus souvent, elles servaient à masquer une recherche superficielle sur le sujet traité.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:verdana,geneva;">J’étais très embarrassée, car démolir sans aider à reconstruire, ressemble à du saccage inutile. Mais pour reconstruire, il fallait du temps et nous repartions le lendemain. Je me contentais donc de corriger quelques fautes de syntaxe. En lui remettant son travail, je me hasardai à faire quelques remarques sur le fond, à savoir que Marx n’était pas linguiste... qu’il valait mieux ne pas le mettre à toutes les sauces... que l’analyse de quelques exemples de négation — dans le discours — aurait suffi à réintroduire le sujet-énonciateur, et donc des formes de “subjectivité”...</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:verdana,geneva;">Subjectivité ! LA notion petit-bourgeoise à éradiquer. Les effets d’une logique du collectif transférée dans la linguistique. Que faire ? J’appris qu’elle avait fait ce travail sous la direction d’un couple de lecteurs français qui enseignait à l’université de Tirana. Elle était si perturbée par les remarques et les quelques exemples apportés, que je mis fin à la critique.</span></p>
<p><span style="font-family:verdana,geneva;">Poor Marx ! On comprend pourquoi il se refusait à être « marxiste »</span></p>
<p style="text-align:center;"><span style="font-family:verdana,geneva;">*</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:verdana,geneva;">Quand nous avons pris congé de notre guide, certains voyageurs lui ont offert des cigarettes, de l’argent et autres menus objets "capitalistes". Je n’avais pas osé y penser, de peur d’humilier le communiste. Je le regardais prendre et dire merci. Un quelque chose de servile. J’en fus gênée. Encore des histoires de pauvreté.</span></p>
<p><span style="font-family:verdana,geneva;">Qu’est-il devenu dans la débâcle ?</span></p>
<p style="text-align:center;"><span style="font-family:verdana,geneva;">*</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:verdana,geneva;">Je n’ai pas aimé l’Albanie “socialiste”. Je n’aime pas les cultures où le geste de liberté le plus insignifiant exige une dépense d’énergie disproportionnée au 'gain'. Pour une femme en particulier.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:verdana,geneva;">La débâcle physique et morale qui a suivi la chute du communisme stalinien ne m’a pas surprise. Les frustrations étaient telles qu’elles ne pouvaient se manifester que sous une forme tristement sauvage. Le totalitarisme autiste, complètement replié sur lui-même, est la pire forme de pouvoir. D’autant que dans le cas de l’Albanie, ce pouvoir autiste renforçait des structures autoritaires, patriarcales, très archaïques dans certains de ses aspects, produisant des formes d’oppression spécifiques. Il aurait fallu ouvrir le pays sur le monde, l’éventer pour l’oxygéner. Bref, l’aider à respirer. Fils et filles d’une culture clanique, renforcée par les occupations, les résistances, les communistes albanais étouffèrent la société civile qui ne demandait qu’à naître. Leur capacité à résister, à se rebeller en témoigne.</span></p>
<p><span style="font-family:verdana,geneva;">Comment faire du neuf avec du très vieux ?</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:verdana,geneva;">Par comparaison, la Chine que je visitais un peu plus tard, était plus vivable, plus drôle surtout. Un effet de l’immensité territoriale, dont la maîtrise politique est impossible ? Certainement aussi, un effet de la millénaire culture chinoise quelque part plus souriante, malgré ses formes d’oppression, nombreuses et diverses</span></p>
<p style="text-align:center;"><span style="font-family:verdana,geneva;">*</span></p>
<p><strong><span style="color:#800000;"><em><span style="font-family:verdana,geneva;">Une escapade heureuse</span></em></span></strong></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:verdana,geneva;">Je terminerai sur un souvenir presque oublié, tant il semble idyllique dans un ensemble de souvenirs lestés de trop de sensations, sentiments désagréables. À la fois précis, et flou spatialement. Une journée pleine de petits bonheurs, d’aménités où se superposent deux espaces. Un espace bucolique avec des ruines archéologiques et un espace modestement urbanisé.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:verdana,geneva;">Dans l’œil encore, la luminosité, toujours et partout singulière, d’une journée printanière, la transparence de l’eau sur les côtes déchiquetées de l'Adriatique, qui avait ravi les yeux de la « capitaliste », habituée aux eaux troubles, polluées des bords méditerranéens. La sensation sur le visage d'un vent léger. Le souvenir aussi d'un retraité qui, sur ces lieux antiques, parlaient de la fée Mélusine avec science.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:verdana,geneva;">L’espace urbain est associé à la liberté octroyée, nous avions le droit de nous promener sans guide, « en petits groupes », mais « pas seul ». Et surtout, le souvenir de la gentillesse des habitants qui nous saluaient, naturellement et non furtivement, quand nous sommes entrés dans un café où toutes les tables étaient occupées par des hommes qui discutaient à voix basse, ils se levèrent et nous cédèrent les places. Sur la façade d'une maison, un dessin, une mère et son enfant, grandeur nature, et des conseils d'hygiène.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:verdana,geneva;">Dans le car au retour, je me souviens encore du silence apaisé. Une manière d'intérioriser une journée singulière ?</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:verdana,geneva;">Etait-ce le jour de l’excursion à Gjirokastër, ville natale du timonier, Enver Hoxha, dont nous avions visité le musée ? Sur le chemin, nous nous étions arrêtés à Vlorë, pour y voir quelques vestiges du passé grec lointain, Vloré étant une des 3 colonies grecques sur la côte d’Illyrie. Je ne saurais le dire. Dans le guide touristique en allemand, acheté sur place, j’ai retrouvé deux pages marquées, les seules, l’une concernait la ville natale de Hoxha, l’autre Vlorë. Des lieux, semble-t-il, qui ont provoqué le désir d’en savoir plus.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:verdana,geneva;">Quoi qu’il en soit, le souvenir presque immatériel d’une autre Albanie. Peut-être aim-<em><span style="color:#800000;">able</span></em></span></p>
<p style="text-align:center;"><span style="font-family:verdana,geneva;">***</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:verdana,geneva;">Ces deux voyages, l'un au Portugal en 1974, l'autre en Albanie en 1975, précipitèrent les processus de dé-naïvisation commencés en Algérie (1960-1962). S’il faut ne jamais renoncer à l’utopique, il importe de ne pas surestimer la capacité humaine à travailler sur le vieux protéiforme qui nous habite et qui vient, si on n’y prend garde, pervertir les projets les plus généreux, les plus audacieux</span></p>
<p style="text-align:center;"><span style="font-family:verdana,geneva;">*</span></p>
<p style="text-align:right;"><strong><span style="color:#800000;"><em><span style="font-family:verdana,geneva;">…. partir de là où on est plutôt que de là où on n'est pas. Ce n'est pas dire : «Je vais voir ce qui se passe au Portugal », c'est prendre durement le temps de dire : « Je suis parti d'ici, et voilà ce que cet ailleurs m'apporte, ou m'enlève, ici. »</span></em></span></strong></p>
<p style="text-align:right;"><span style="color:#800000;"><em><span style="font-family:verdana,geneva;">Jean-Luc Godard</span></em></span></p>
<p style="text-align:center;"><span style="font-family:verdana,geneva;">***</span></p>
<p style="text-align:center;"><em><span style="font-family:verdana,geneva;">feliepastorello-boidi</span></em></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Qu'est-ce que le nazisme?]]></title>
<link>http://insomniaque.wordpress.com/2005/10/29/quest-ce-que-le-nazisme/</link>
<pubDate>Sat, 29 Oct 2005 19:28:00 +0000</pubDate>
<dc:creator>njl</dc:creator>
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<description><![CDATA[
Résumé critique : Qu&#8217;est-ce que le nazisme? de Ian Kershaw
D&#8217;origine britannique et s]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><font size="2"></font><font size="2"><font face="Verdana"></p>
<p align="center"><strong>Résumé critique : <em>Qu'est-ce que le nazisme?</em> de Ian Kershaw</strong></p>
<p align="justify">D'origine britannique et sommité du Troisième Reich mondialement reconnue, c'est cependant en tant que spécialiste du Moyen Âge que Ian Kershaw débute sa carrière d'historien. En 1975, il obtient un poste comme professeur d'histoire contemporaine et délaisse définitivement sa fonction de médiéviste lorsqu'il est invité par Martin Broszat – grand historien allemand de la période nazie – à participer à un projet d'histoire sociale relatif au nazisme. Après avoir publié en 1983 <em>Popular opinions and political dissent in the Third Reich. Bavaria, 1933-1945</em> et qui amène un regard nouveau sur l'opinion publique durant le régime hitlérien, I. Kershaw termine en 1985 la première édition de l'œuvre retenue pour ce résumé critique, soit <em>Qu'est-ce que le nazisme? Problèmes et perspectives d'interprétation</em>.</p>
<p align="justify">Le présent travail comporte trois volets : d'abord, les intentions et la thèse de Ian Kershaw sont exposées, lesquelles sont suivies d'un résumé de chacun des chapitres du livre et pour terminer, d'une évaluation de la nouveauté de l'ouvrage et de la cohérence de l'ensemble de l'œuvre.</p>
<p align="justify">Dans un premier temps, présentons les grandes lignes des intentions de l'auteur. Comme l'énonce le titre de l'ouvrage, Ian Kershaw s'applique à dégager les problèmes fondamentaux d'interprétation du IIIe Reich, à exposer de façon précise les aspects controversés, à présenter les divergences de point de vue entre les historiens et finalement à évaluer leurs positions. De plus, cet ouvrage ne traite que des thèmes jugés les plus importants par l'auteur et se limitant tous à la période hitlérienne, ce qui fait que, par exemple, l'évaluation d'un <em>Sonderweg</em> allemand (c'est-à-dire la « voie particulière ») ou le lien entre le « grand capital » et le nazisme ne sont abordés que succinctement. En ce qui a trait à l'édition française en particulier, Kershaw espère apporter une contribution à l'historiographie en langue française sur la période nazie puisque le nombre de travaux dans ce domaine n'y abonde pas.</p>
<p align="justify">À maintes reprises dans son ouvrage, Ian Kershaw avance des indices qui nous renseignent sur sa thèse, cependant un passage la formule explicitement : « Composantes essentielles d'une explication du IIIe Reich, « intention » et « structure » doivent faire l'objet d'une synthèse, plutôt que d'être mises en opposition. Il semble que les « intentions » de Hitler aient surtout contribué à créer le climat général dans lequel la dynamique du régime pouvait se transformer en une prophétie autoréalisée. » [1] Ce passage est aussi cité dans l'ouvrage <em>L'État hitlérien et la société allemande : 1933-1945</em> de Norbert Frei qui déclare que de nombreux auteurs, et non les moindres, ont souligné la complémentarité de l'approche « intentionnaliste » et celle « structuraliste ». Qui plus est, Kershaw fait remarquer lors d'un entretien : « En affirmant que je n'ai pas une démarche hitléro-centriste, je n'enlève rien à l'importance du Führer. Mais je pense qu'il fut lui-même emporté par des forces, par ce processus, plus qu'il ne le contrôla. » [2]</p>
<p align="justify">Par ses propos, l'auteur laisse sous-entendre qu'il penche davantage du côté « structuraliste » et qu'il rejette de fait toutes les analyses « hitléro-centristes ». Même s'il déclare vouloir établir le pont entre les intentions et les structures et malgré le fait qu'il ne nie pas que l'Holocauste, sans Hitler, ne se serait probablement pas produit, Ian Kershaw est d'avis qu'avec le temps, le IIIe Reich se développa progressivement en un régime « polycratique » où le Führer perdit peu à peu le contrôle.</p>
<p align="justify">Il nous apparaît pertinent à présent de résumer chacun des chapitres de l'ouvrage en y relevant l'idée principale. Présenté dès le premier chapitre, l'objectif poursuivi par Ian Kershaw est celui de proposer une explication du nazisme en y dégageant les principaux problèmes d'interprétation qui sont liés entre autres, à la récente <em>historikerstreit</em> (« querelle des historiens »). La dimension historico-philosophique divise désormais les historiens entre partisans d'une interprétation « structuralo-fonctionnaliste » et ceux adoptant l'approche « intentionnaliste ». En ce qui a trait à l'aspect politico-idéologique, il implique les divergences d'explication du nazisme, déterminées notamment par le partage de l'Allemagne en deux zones durant la Guerre froide. Finalement, Kershaw examine la dimension morale, soit la difficulté d'analyser le Troisième Reich sans porter un jugement moral sur la compréhension des événements, particulièrement l'Holocauste. C'est cette dimension qui a suscité les plus vifs débats lors de la <em>historikerstreit</em>.</p>
<p align="justify">Doit-on analyser le nazisme comme une spécificité allemande ou bien plutôt comme une faiblesse du système capitaliste existant alors en Allemagne? C'est en quelque sorte l'idée principale du second chapitre. Ian Kershaw présente sommairement les concepts de totalitarisme et de fascisme selon ou non une interprétation marxiste, évalue par la suite le nazisme en fonction de ces concepts ou d'un phénomène unique. L'auteur termine ce chapitre par une conclusion personnelle : le nazisme est un phénomène unique en son genre, mais cette spécificité allemande ne doit pas être uniquement attribuée à la personnalité du Führer.</p>
<p align="justify">Ian Kershaw expose au cours du troisième chapitre les diverses interprétations portant sur le lien entre capitalisme et nazisme, c'est-à-dire quelle fut l'influence de l'industrie allemande sur la politique du régime nazi. Selon Kershaw, il faut prendre en considération la nature « polycratique » du régime afin de replacer le « grand capital » dans l'ensemble complexe de la structure du pouvoir du IIIe Reich et de rejeter les analyses accordant soit une importance extrême aux facteurs économiques, soit une primauté excessive du politique sur l'économie.</p>
<p align="justify">Dans le chapitre qui suit, Kershaw évalue tour à tour l'interprétation accordant la primauté au « facteur Hitler », à savoir celle privilégiant l'intentionnalité du Führer, de même que celle qui, diamétralement opposée, est qualifiée de « structuraliste », de « fonctionnaliste » ou encore de façon péjorative de « révisionniste ». Pour chacune de ces interprétations, il en analyse l'évolution et expose la prise de position adoptée par les spécialistes de la période. L'auteur conclut finalement qu'Hitler ne fut ni le « maître du IIIe Reich » ni un « dictateur faible » et les intentions de ce dernier, tout comme les structures du régime, ne doivent pas être mises en opposition, mais plutôt utilisées conjointement.</p>
<p align="justify">Après avoir analysé le rôle de Hitler vis-à-vis des structures du régime, Kershaw présente dans le cinquième chapitre les interprétations divergentes – liées à l'opposition « intentions» et « structures » – quant au rôle du Führer dans le cheminement qui aboutit à l'Holocauste. Encore une fois, Ian Kershaw adopte une position médiane entre une interprétation « hitlériste » concevant l'extermination des Juifs comme un plan longuement mûri et une interprétation « structuraliste » insistant sur l'improvisation des décisions d'Hitler. Toutefois, sans nier les intentions du Führer, Kershaw est d'avis que ce n'est pas banaliser l'atrocité d'Auschwitz que de vouloir comprendre la façon dont le pouvoir charismatique d'Hitler réussit à radicaliser les structures du régime en y imprégnant sa rage envers les Juifs.</p>
<p align="justify">Ian Kershaw poursuit en utilisant le même procédé que dans les chapitres précédents, c'est-à-dire celui d'exposer les interprétations pour ensuite les évaluer. L'auteur en arrive à une conclusion semblable, à savoir que si le rôle d'Hitler fut plus important en politique étrangère qu'en politique intérieure ou encore en politique anti-juive et qu'on peut davantage songer à interpréter un « programme » du Führer, il n'en demeure pas moins qu'une interprétation satisfaisante doit autant considérer les intentions d'Hitler que les facteurs internes et externes du IIIe Reich et ce, même en politique étrangère.</p>
<p align="justify">Se détachant du débat structuralisme/intentionnalisme, Ian Kershaw présente dans son septième chapitre trois interprétations différentes de l'évaluation du IIIe Reich. D'abord, les historiens marxistes – pas uniquement, mais dans une forte proportion – refusent l'idée d'une « révolution sociale » qu'aurait engendré l'établissement du IIIe Reich. Des historiens libéraux, comme Ralf Dahrendorf ou David Schoenbaum, soutiennent que les changements sur les structures de l'État furent si profonds que l'idée d'une « révolution sociale » leur paraît pertinente. Quant à la troisième interprétation, elle insiste sur le fait que certains changements furent modernisateurs et d'autres réactionnaires et que, par conséquent, on ne peut qualifier le nazisme de « révolution sociale ». Kershaw rejette lui aussi cette idée de révolution, toutefois il est d'avis que, même s'il fut négatif, le nazisme entraîna plusieurs conséquences sur la société allemande qu'on ne peut cependant qualifier de forces modernisatrices, mais de « progrès » ou de « modernité » dans un sens neutre puisque probablement n'importe quel autre régime aurait produit ces progrès, l'Allemagne étant déjà une société capitaliste très développée.</p>
<p align="justify">L'histoire de la résistance au nazisme fut d'abord interprétée différemment en Allemagne de l'Ouest qu'en Allemagne de l'Est. L'auteur évalue diverses interprétations du concept de la résistance à partir de toute réaction quotidienne face au nazisme, la résistance organisée par les élites (approche « fondamentaliste »), celle aussi du citoyen ordinaire (approche « sociétale ») et il termine ce chapitre en se demandant s'il y eut réellement une « résistance sans le peuple » comme l'a énoncé pour la première fois Hans Mommsen. Ian Kershaw répond par l'affirmative, c'est-à-dire que malgré une certaine opposition, le régime hitlérien reçut un soutien populaire plus important en comparaison avec plusieurs régimes autoritaires, ce qu'il explique par l'idée que si on pouvait contester plusieurs choses dans l'Allemagne nazie, on se félicitait aussi des nombreux changements.</p>
<p align="justify">Le neuvième chapitre n'apparaît pas dans la première édition de 1985 puisqu'il traite de la « querelle des historiens » de 1986 où l'idée d'une « historicisation » du IIIe Reich est débattue, soit celle de déterminer s'il est possible de traiter la période nazie comme n'importe quelle autre époque de l'histoire. Kershaw est d'avis qu'il faut appliquer des méthodes historiques dites « normales » à l'histoire sociale et politique du IIIe Reich, même si un détachement absolu par rapport à cette période est difficile puisqu'elle appartient encore au passé récent.</p>
<p align="justify">Au chapitre suivant, Ian Kershaw présente les essais de révision de la période nazie par trois éminents historiens, soit respectivement Ernst Nolte, Andreas Hillgruber et Michael Stürmer. Nolte tente d'insérer l'Holocauste dans la série de génocides que connut le XXe siècle sans lui accorder une spécificité, Hillgruber s'intéresse à la poursuite du combat sans relâche même lorsque les défaites s'accumulaient et Stürmer étudie la nature de l'identité historique allemande. Selon Kershaw, même si ces théories révisionnistes ne reçurent pas un très grand appui lors de la <em>historikerstreit</em> et qu'il leur reproche de ne pas respecter la spécificité du IIIe Reich, il est légitime que de nouvelles interprétations du passé nazi se développent en autant qu'elles servent à améliorer la connaissance historique de cette période.</p>
<p align="justify">À la suite de la réunification de l'Allemagne en 1990, apparut un nouveau courant historiographique, d'où l'intérêt de ce chapitre qui ne faisait pas partie des premières éditions. Kershaw y expose les nouvelles interprétations du nazisme par rapport à l'identité nationale, à la modernisation et au stalinisme. Il termine ce onzième chapitre et, du même coup, cet ouvrage en posant une question qu'il croit fondamentale à toute analyse du IIIe Reich : comment le nazisme et l'Holocauste furent-ils possibles dans une société moderne et industrialisée? Encore de nos jours, c'est la dimension morale qui soulève la plus grande polémique et Ian Kershaw est d'avis qu'il faut laisser de côté l'idée de l'impossibilité d'une compréhension d'Auschwitz et des politiques antihumanistes du Troisième Reich pour aborder cette période en utilisant conjointement les phénomènes de « normalité » et de génocide dans une perspective intégrant autant l'approche « intentionnaliste » que celle « structuraliste ».</p>
<p align="justify">Dans la troisième partie du présent travail, les nouveautés de l'ouvrage qui ont suscité notre attention sont évoquées et la cohérence de l'ensemble de l'œuvre est aussi brièvement analysée. En ce qui a trait à la nouveauté de cet ouvrage de Kershaw, c'est avant tout celle de ne pas donner de réponses définitives aux questions fondamentales soulevées, mais plutôt de permettre au lecteur de se forger une opinion informée sur le régime nazi. À chacun des chapitres, l'auteur présente les divers courants historiographiques qui ont façonné la compréhension du IIIe Reich et il expose aussi les divergences d'interprétation entre d'éminents spécialistes de cette période. En outre, Kershaw ne prétend pas répondre à toutes les questions et il souligne que certains aspects mériteraient une meilleure analyse advenant le cas où il décidait de récrire son ouvrage au complet. Un autre point intéressant à relever est son souci de prendre en considération le développement de la recherche historique sur le IIIe Reich lors de la réédition de l'ouvrage. Pour la première édition en langue française, par exemple, il a rédigé à nouveau certains passages du chapitre « Hitler et l'Holocauste » à la suite des suggestions de Philippe Burrin, un auteur d'origine suisse. Finalement, il faut souligner que la manière dont est bâtie la plupart des chapitres en facilite la compréhension.</p>
<p align="justify">Ainsi, Kershaw présente souvent en premier les interprétations de divers spécialistes sur le sujet pour ensuite évaluer les questions soulevées. De plus, il rejette rarement une théorie dans son entier et si cela se présente, il explique la raison pour laquelle elle n'est plus valable aujourd'hui, compte tenu du développement historiographique. Comme nous l'avons souligné précédemment, Ian Kershaw adopte une approche médiane et il rejette de ce fait l'idée de prendre totalement position dans le débat structuralisme / intentionnalisme. S'agit-il alors d'un défaut de l'œuvre ou d'un manque de cohérence? C'est l'aspect dont traite le chapitre suivant.</p>
<p align="justify">Lors de la première lecture du livre, l'harmonie générale nous semble sans équivoque, c'est-à-dire que le lien entre les diverses idées est mené de façon logique et l'ouvrage est écrit dans un style clair et concis. Selon notre première impression, il est effectivement de propos de lui accorder ces qualificatifs, auxquels il faudrait rajouter notamment un enchaînement cohérent entre les différents chapitres, une explication simple mais précise de certaines subtilités (comme le concept de <em>Resitenz</em>, introduit par Martin Broszat) et le développement cohérent des intentions de l'auteur énoncées en début de livre. Cependant, par suite d'une analyse plus poussée, la position « entre deux eaux » de l'auteur nous cause quelque irritation. À trop vouloir concilier les deux approches, celle « intentionnaliste » et celle « structuraliste », l'œuvre semble perdre un peu de sa cohérence puisque l'on a rarement une réponse précise et définitive de l'auteur aux questions fondamentales présentées. Le reproche que l'on peut porter à cet ouvrage est celui de ne pas toujours s'en tenir à sa thèse principale, celle d'une synthèse des approches, et d'être à l'occasion davantage structuraliste même s'il n'est pas toujours facile de déceler si l'auteur adopte réellement un point de vue précis sur un aspect à l'étude. Il nous apparaît tout de même difficile de reprocher à Ian Kershaw sa position plutôt conciliante ou médiane à partir du moment où notre réflexion sur les divers aspects traités par l'auteur nous porte à croire qu'il s'agit de la meilleure façon d'aborder l'étude du IIIe Reich.</p>
<p align="justify">En conclusion de ce résumé critique, et après avoir apprécié l'ouvrage selon trois éléments, soit les intentions et la thèse de l'auteur, un abrégé des chapitres et la présentation de ce qui nous semble être la nouveauté du livre et l'évaluation de sa cohérence, il nous est possible d'avancer qu'au-delà d'une simple lecture, une analyse plus en profondeur s'impose à ceux qui désirent perfectionner leurs connaissances sur le Troisième Reich. Cet ouvrage répond aux principales questions fondamentales de la période nazie tout en laissant au lecteur le soin de se forger une opinion personnelle puisqu'il dispose d'un vaste éventail d'interprétations divergentes sur le sujet, d'une imposante bibliographie d'ouvrages récents et pour chaque chapitre, d'un renvoi de notes comportant souvent des débats historiographiques. Finalement, une analyse historiographique de cette œuvre de Ian Kershaw mérite d'être rédigée, notamment pour tenter de comprendre les raisons qui ont amené l'éminent historien à adopter cette perspective particulière.</p>
<p align="center"><strong>Bibliographie</strong></p>
<p align="justify">Frei, Norbert. <em><a target="_blank" href="http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2020134063/qid=1130612026/402-3781498-8560944">L'État hitlérien et la société allemande : 1933-1945</a></em>. Paris, Éditions du Seuil, 1994. 368 pages. (Coll. « XXe siècle »).</p>
<p align="justify">Kershaw, Ian. <em><a target="_blank" href="http://www.amazon.com/exec/obidos/tg/detail/-/0199251118/qid=1130612087/sr=1-8/ref=sr_1_8/104-2295299-8954337?v=glance&#38;s=books">Popular opinions and political dissent in the Third Reich. Bavaria, 1933-1945</a></em>. Oxford, Clarendon Press, 1983. 425 pages.</p>
<p align="justify">Kershaw Ian. <em><a target="_blank" href="http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2070403513/qid=1130612165/sr=8-5/ref=sr_8_xs_ap_i5_xgl14/402-3781498-8560944">Qu'est-ce que le nazisme? Problèmes et perspectives d'interprétation</a></em>. Paris, Gallimard, 1997 [1985]. 536 pages.</p>
<p align="justify">Roman, Thomas. « Eurozine – article – Entretien : Ian Kershaw ». <a target="_blank" href="http://www.eurozine.com/article/2002-10-24-roman-fr.html">http://www.eurozine.com/article/2002-10-24-roman-fr.html</a>. octobre 2002. Consulté le 2 mars 2004.</p>
<p align="justify">[1] Ian Kershaw, <em><a target="_blank" href="http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2070403513/qid=1130612165/sr=8-5/ref=sr_8_xs_ap_i5_xgl14/402-3781498-8560944">Qu'est-ce que le nazisme? Problèmes et perspectives d'interprétation</a></em>, Paris, Gallimard, 1997 [1985], page. 162.</p>
<p align="justify">[2] Thomas Roman, « Eurozine – article – Entretien : Ian Kershaw », <a target="_blank" href="http://www.eurozine.com/article/2002-10-24-roman-fr.html">http://www.eurozine.com/article/2002-10-24-roman-fr.html</a> octobre 2002, Consulté le 2 mars 2004.</p>
<p></font></font></p>
]]></content:encoded>
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