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	<title>scolastique &amp;laquo; WordPress.com Tag Feed</title>
	<link>http://wordpress.com/tag/scolastique/</link>
	<description>Feed of posts on WordPress.com tagged "scolastique"</description>
	<pubDate>Thu, 21 Aug 2008 10:41:22 +0000</pubDate>

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	<language>en</language>

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<title><![CDATA[Organon]]></title>
<link>http://lavoixdansledesert.wordpress.com/?p=488</link>
<pubDate>Mon, 23 Jun 2008 14:49:57 +0000</pubDate>
<dc:creator>La voix dans le desert</dc:creator>
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<description><![CDATA[La Renaissance a méprisé la philosophie du Moyen Age, et plus particulièrement le syllogisme, qu]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>La Renaissance a méprisé la philosophie du Moyen Age, et plus particulièrement le syllogisme, qu'elle tenait d'Aristote. On trouve de ces moqueries chez Michel de Montaigne : <em>Le jambon fait boire, or le boire désaltère, donc le jambon désaltère</em>. C'est certes amusant, mais ce n'est pas une critique digne de ce nom, car il suffisait de conclure que le jambon faisait que l'on se désaltère, pour que le syllogisme fût exact.</p>
<p>Si vous vous attardez à lire les drôleries publiées à dessein de railler le syllogisme, vous vous rendez compte de la bêtise de leur auteur. Tenez, Eugène Ionesco, par exemple, qui s'attaque au syllogisme d'Aristote,"<em>Tous les hommes sont mortels, or Socrate est un homme, donc Socrate est mortel</em>", et le remplace par celui-ci : "<em>Tous les chats sont mortels, or Socrate est mortel, donc Socrate est un chat</em>". N'importe quel logicien du Moyen Age aurait, l'<em>Organon</em> à dans la main droite, débusqué les sophistes qui usaient de ce genre de syllogisme, puisque la majeure, <em>Les hommes ou les chats sont mortels</em> n'implique en aucune façon que <em>seuls</em> les hommes ou les chats soient mortels. Le raisonnement d'Ionesco est un sophisme. En quoi peut-il donc être retenu comme un argument contre l'usage en bon droit du syllogisme ?</p>
<p>Le rapport qu'entretiennent les philosophes rationalistes avec le syllogisme est passionnel. Comme ils savent que la véracité du syllogisme repose sur la majeure, qui est essentiellement inductive, ils le raillent comme ils peuvent. Et pourtant, le rationalisme n'en a pas contre le syllogisme en soi, mais contre l'induction. Dès que le rationaliste s'est débarrassé de l'induction, ils se lance dans la déduction, et use alors su syllogisme à tout propos, en abuse, à en rendre ses pages indigestes.  Il refuse d'affirmer comme la majeure d'Aristote que les tous les hommes sont mortels, il attend de le prouver. Or du point de vue de la déduction pure, il est parfaitement impossible de prouver que les hommes sont mortels. Que tous les hommes soient morts jusqu'à présent ne prouve pas que <em>les hommes</em> <em>sont mortels</em>. Ici, le rationaliste devra donc sacrifier sa méthode pour se fier à l'induction ou à l'expérience, sous peine d'être absurde. Mais il est d'autres cas où il ne le fera pas.</p>
<p>Les scolastiques disent que la matière ne peut être éternelle, car c'est dans l'<em>esse</em> de la matière d'être soumise au temps.  Induction. Le rationaliste ne peut souscrire à une telle affirmation. S'il ne croit pas en l'éternité du monde, c'est parce qu'il est catholique, ou qu'il renie sa <em>Méthode</em> un instant.</p>
<p>L'induction permet de commencer un raisonnement et la déduction, de le continuer. L'usage en bon droit de la déduction permet de confirmer ou non la justesse de l'induction. Et on peut affirmer sans crainte, que la capacité inductive du philosophe grandit à mesure qu'il déduit. A l'inverse, la philosophie rationaliste serait parfaitement stérile si ses auteurs ne revenaient pas sur leurs principes de temps en temps. Bien raisonner, c'est de première nécessité, afin surtout de pouvoir améliorer sa capacité inductive, car le génie est inductif, pas déductif.</p>
<p>Etablissons cette différence entre le paradoxe d'une part, et le mystère de l'autre, qui est la pâte dans laquelle s'introduit le levain théologique. Le rationalisme est un refus du mystère, dans le sens scientifique et catholique du terme. Pas de mystère chez ces comiques qui prétendent tout prouver, mais beaucoup de paradoxes, forcément inévitables. Là où les catholiques s'en remettent à la Théologie introduisant une dimension verticale les rationalistes restent coincés dans la dimension horizontale. C'est une philosophie résolument naturaliste, et un raisonnement inductif seul aime le mystère.</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Scolastique et rationalisme]]></title>
<link>http://lavoixdansledesert.wordpress.com/?p=462</link>
<pubDate>Mon, 02 Jun 2008 19:48:13 +0000</pubDate>
<dc:creator>La voix dans le desert</dc:creator>
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<description><![CDATA[-Ludwig Feuerbach, La philosophie de l&#8217;avenir-
(36) &#8220;Alors que l&#8217;ancienne philosop]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:right;">-Ludwig Feuerbach, <em>La philosophie de l'avenir</em>-</p>
<p style="text-align:left;">(36) "Alors que l'<em>ancienne philosophie</em> commençait par la proposition : <em>je suis un être abstrait, un être purement pensant, mon corps n'appartient pas à mon essence</em>; la philosophie <em>nouvelle</em> au contraire commence par la proposition : <em>je suis un être réel, un être sensible ; oui mon corps dans sa totalité est mon moi, mon essence même</em>. C'est pourquoi l'ancienne philosophie pensait <em>dans une contradiction et un conflit continuels avec les sens</em> pour empêcher les représentations sensibles de souiller les concepts abstraits; le philosophe nouveau, au contraire pense <em>en harmonie et en paix avec les sens</em>. L'ancienne philosophie admettait la vérité du sensible (et jusque dans le concept de Dieu qui inclut l'être en lui-même, car cet acte devait malgré tout être ne même temps un <em>être distinct de l'être pensé, un être extérieur à l'esprit et à la pensée, un être réellement objectif</em> (objectives), <em>c'est à dire sensible</em>), mais elle ne l'admettait que d'une manière <em>dissimulée</em>, purement <em>abstraite</em>, <em>inconsciente</em> et <em>involontaire</em>, uniquement parce qu'elle <em>ne pouvait pas faire autrement</em>; la philosophie <em>nouvelle</em> au contraire reconnaît la vérité du sensible <em>avec joie</em>, <em>consciemment</em> : elle est la philosophie <em>sincèrement sensible</em>."</p>
<p style="text-align:left;">La première question qui vient à l'esprit après la lecture de ces lignes, est évidemment celle-ci : à quelles philosophies Feuerbach fait-il référence sous l'appellation générale d'<em>ancienne philosophi</em>e ? L'ensemble du texte nous permet de répondre avec certitude qu'il nomme ainsi la philosophie idéaliste qui est il faut dire, admirablement bien décrite au fil des lignes. On pourrait également y voir le cartésianisme, puisque Descartes est le premier à séparer l'être en deux parties parfaitement hermétiques l'une à l'autre, corps et âme, balayant avec ses principes l'unité de l'être de la philosophie aristotélicienne, et le réalisme scolastique. Ce retour à l'harmonie et à l'unité que Feuerbach appelle de ses vœux par son projet de philosophie nouvelle est une illustration de plus que ce qu'écrivent de plus vrai les rationalistes se trouve de toute façon déjà exposé dans la philosophie scolastique. L'appellation de <em>philosophie sincèrement sensible</em> pourrait parfaitement s'entendre à l'égard de saint Thomas, auteur des <em>Principes de la réalité naturelle</em>.</p>
<p style="text-align:left;">Cette proposition en dit plus long sur le programme de cette <em>philosophie nouvelle</em> :</p>
<p style="text-align:left;">(54) "La philosophie nouvelle <em>fait de l'homme joint à la nature</em> (comme base de l'homme) <em>l'objet unique, universel et suprême</em> de la philosophie, et donc de <em>l'anthropologie jointe à la physiologie</em>,<em> la science universelle</em>."</p>
<p style="text-align:left;">Il y a ici deux choses à relever. La première c'est l'athéisme de la réforme* voulue par Feuerbach. L'homme et la nature comme seuls objets de la philosophie, c'est affirmer la séparation radicale de la philosophie et de la théologie. A <em>l'arbitraire théologique</em> (pour reprendre une de ses formules), il laisse le soin de palabrer sur les attributs divins, tandis que la philosophie doit parallèlement, ne s'occuper que de l'homme. Pas question ici de voir en la philosophie un appui de la théologie, et en la théologie l'explication surnaturelle de l'homme et de la nature. Au moins Feuerbach est honnête, et emploie le mot réforme (ou peut-être est-ce la traduction française ?); car parler de révolution dans la philosophie quant à cette attitude apparemment  anti-théologique serait au moins une plaisanterie de mauvais goût.</p>
<p style="text-align:left;">Mais puisque Feuerbach ne veut pas subordonner la philosophie à la théologie, puisqu'il lui donne de nobles objets d'études tout en lui refusant le support théologique, c'est donc que cette philosophie va devoir prendre les attributs de la théologie. C'est le grand paradoxe de la philosophie rationaliste, en effet, que de créer <em>de facto</em> l'<em>arbitraire philosophique</em> qui décrète pour lui-même ce qu'il convient qu'il étudie, et comment il convient qu'il le fasse. L'expression <em>science universelle</em> utilisée à la fin du paragraphe indique déjà que la philosophie désirée de Feuerbach fait siens les attributs que la théologie scolastique considérait comme propres à la science théologique. La différence, c'est que la scolastique parlait en théologienne, tandis que la philosophie de Feuerbach doit pour ce faire, emprunter des habits qui ne sont pas les siens.</p>
<p style="text-align:left;">(61) "Le <em>philosophe absolu</em> disait, ou du moins pensait de lui, en tant que <em>penseur</em> naturellement, et non en tant qu'homme : <em>la vérité c'est moi</em>, à la manière de <em>l'Etat c'est moi</em> du monarque absolu, et de <em>l'être c'est moi</em> du Dieu absolu. Le philosophe humain dit au contraire : <em>même dans la pensée, même en tant que philosophe, je suis un homme uni aux hommes</em>."</p>
<p style="text-align:left;">Il faut entendre ici que le <em>philosophe absolu</em> est un cartésien pyrrhonien, qui affirme que la raison peut tout prouver (bien qu'une telle assertion soit un postulat crédule). Une telle expression ne peut qualifier un philosophe scolastique que par le biais de la malhonnêteté, ceci en raison de la subordination de la philosophie à la théologie, bien sûr. Un philosophe pour qui la vérité théologique est une réalité surnaturelle, ne peut se considérer comme détenteur de la vérité, sous peine d'être en contradiction essentielle avec son système de pensée. Un philosophe guidé par sa seule raison, peut également arriver à cette sage conclusion que la vérité ne lui appartient pas. Et affirmer que la vérité n'est pas un attribut humain, c'est se placer dans le domaine de l'induction, c'est à dire au seuil de la théologie.</p>
<p>Deux systèmes théologiques s'affrontent ici : le premier est ouvertement théologique, tandis que le second l'est au contraire de manière <em>dissimulée</em> (pour reprendre un mot de Feuerbach). Le premier, une fois postulée la nature divine et ses attributs, expose les caractères de la nature humaine et les attributs qui lui sont conséquents. Ce système affirme la faiblesse des attributs humains par la grandeur des attributs divins, c'est le système catholique. Le second usurpe une fonction qui ne correspond pas à sa nature, afin de déterminer les caractères de la nature humaine, et ne récupère sa nature philosophique que pour donner à l'homme les attributs de Dieu.</p>
<p style="text-align:left;">Feuerbach décrit le philosophe régénéré par la réforme qu'il souhaite, comme <em>un homme lié aux autres hommes</em>. Et nous avons écrit plus haut que la philosophie de Feuerbach est une philosophie parée d'attributs théologiques. Nous n'avons plus qu'à constater que le Dieu de Feuerbach est l'ensemble des hommes, (ce en quoi il rejoint le positivisme d'Auguste Comte), et que ce Dieu a un clergé : les penseurs de la philosophie <em>nouvelle</em>. Mais encore, cette formulation est impropre, car ce clergé et le Dieu qu'il sert ne sont pas deux essences distinctes. On touche au panthéisme.</p>
<p style="text-align:left;">Il peut-être bon de rappeler à présent, ces deux paragraphes sur lesquels commence l'ouvrage dont nous traitons ici:</p>
<p style="text-align:left;">(1) "Les temps modernes ont eu pour tâche la réalisation et l'humanisation de Dieu -la transformation et la résolution de la théologie en anthropologie."</p>
<p style="text-align:left;">(2) "Le mode <em>religieux</em>, ou <em>pratique</em> de cette humanisation fut le Protestantisme. Seul <em>le Dieu</em> qui est homme, le Dieu humain, c'est à dire le Christ, est le Dieu du Protestantisme. Le Protestantisme ne se préoccupe plus, comme le Catholicisme, de ce qu'est Dieu <em>en lui-même </em>mais seulement de <em>ce qu'il est pour l'homme </em>; aussi n'a t'il plus de tendance spéculative ou contemplative, comme le Catholicisme; il n'est plus <em>théologie</em> - il n'est essentiellement que <em>Christologie</em>, c'est à dire <em>anthropologie religieuse</em>."</p>
<p style="text-align:left;">Les ressorts du protestantisme ne sont pas vraiment différents de ceux de la philosophie de Feuerbach. Le protestantisme est comme la philosophie <em>nouvelle</em> un refus de la subordination de l'intelligence humaine à la Vérité Révélée via le principe du libre-examen, ou plus généralement, il est une mystique de l'homme qui refuse de se soumettre à Dieu.</p>
<p style="text-align:center;">***</p>
<p style="text-align:left;">Aubry a pu écrire au XIX ème siècle avec lucidité que la philosophie avait rendu un grand service à la théologie, et que la théologie le lui rendait bien à présent. Nous pourrions presque dire aujourd'hui, au regard de tout ce qu'à produit la philosophie rationaliste, que la philosophie rend un grand service à la théologie catholique, car d'une certaine façon, elle prouve ces mots de Donoso-Cortès, que <em>L’homme ne peut sortir des obscurités du dogme catholique sans se condamner à vivre dans une obscurité encore plus profonde. </em></p>
<p class="MsoNormal"><em><span style="font-style:normal;">La philosophie est bien </span></em><span style="font-style:normal;">l'histoire de la folie humaine</span><em><span style="font-style:normal;">, un témoignage qui subsistera tant que les hommes pourront raisonner, que la théologie -j'entends la théologie catholique- sauve la philosophie. Mais il faut bien dire que cette comparaison de la philosophie moderne avec la philosophie antique (à laquelle Aubry faisait référence) s'arrête là. La philosophie moderne ne présente pas un seul Socrate capable d'affirmer son impuissance. En adhérant à la philosophie des anciens grecs, on pouvait aboutir à accepter la théologie catholique (le rôle de la philosophie grecque dans l'élaboration du système scolastique suffit à prouver cette assertion pour qu'on ait à s'y attarder), tandis que s'il lit la philosophie moderne, l'homme doit la rejeter pour aboutir au catholicisme.</span></em></p>
<p class="MsoNormal">_______</p>
<p class="MsoNormal">* Allusion à un autre ouvrage du même Feuerbach, <em>Thèses provisoires pour la réforme de la philosophie</em>, dans lequel ce dernier expose sa vision de la philosophie <em>nouvelle</em>.</p>
<p style="text-align:left;">
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Sagesse scolastique]]></title>
<link>http://lavoixdansledesert.wordpress.com/?p=461</link>
<pubDate>Mon, 02 Jun 2008 16:15:32 +0000</pubDate>
<dc:creator>La voix dans le desert</dc:creator>
<guid>http://lavoixdansledesert.wordpress.com/?p=461</guid>
<description><![CDATA[On raconte que saint Thomas, célébrant la messe, eut une vison du Christ, et qu&#8217;à la suite ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:left;">On raconte que saint Thomas, célébrant la messe, eut une vison du Christ, et qu'à la suite de cela, il refusa d'achever son ouvrage qui lui parut dès lors ridicule au vu de ce que cette vision céleste lui avait permis de mieux connaître son Créateur. On raconte aussi qu'au moment de mourir, il réclama que l'on brûlât la Somme théologique. La foi est la <em>connaissance de Dieu</em>, selon les mots de saint Thomas ; le paradis consiste dans le perfectionnement de cette foi : une connaissance plus parfaite de Dieu. Cette vision avait pu lui faire mieux saisir que l'exercice de sa raison combien imparfaite était son œuvre attachée à expliciter la foi catholique.</p>
<p style="text-align:left;">Ces deux anecdotes illustrent à merveille un pan de la sagesse scolastique. Le reproche que l'on fait aux philosophes scolastiques de vouloir tout prouver (Dieu sait si le reproche s'entend couramment), n'est pas fondé en ce sens que le système philosophique scolastique ne se veut pas absolu, et que dans le détail des propositions générales, on ne trouvera rien qui aille dans ce sens parfaitement rationaliste qui fait de la raison humaine qui réfléchit une machine à trouver (ou créer) la vérité.</p>
<p style="text-align:left;">L'impuissance de la philosophie est déjà considérée par un Socrate : <em>Je sais que je ne sais rien</em>, qui raisonne là en philosophe. Mais plus encore que la philosophie honnête, la théologie scolastique affirme cette impuissance : <em>La vérité est en Dieu seul</em>, dit-elle,<em> tes mots de simple philosophe ne sont que du vent</em>. C'est par un postulat théologique que s'initie la philosophie dans le système scolastique, et un tel postulat empêche automatiquement que la philosophie s'érige en principe absolu de vérité.</p>
<p style="text-align:left;">C'est cette subordination de la philosophie que les rationalistes ne supportent pas. Mais ces penseurs se sont réduits en abandonnant le système scolastique par leur manque de foi ou leur mauvais caractère, à abolir et l'ordre que ce principe énonçait, et les principes qui en découlaient. Chez les auteurs rationalistes, la théologie catholique est bannie de tout développement intellectuel, et c'est partant inévitable de voir au fil de leurs pages les deux matières et leurs caractéristiques confondues entre-elles. (Feuerbach est lucide, qui compare la logique d'Hegel à de la théologie, dans ses <em>Thèses provisoires pour la réforme de la philosophie</em>). Il y a en effet une grande confusion dans les écrits rationalistes qu'il est facile d'observer, entre les attributs de la philosophie et ceux de la théologie, avec toutes les conséquences funestes que de telles désordres peuvent provoquer, mais ce n'est pas là le coeur de mon sujet et je préfère vous livrer ici ces lignes de la plume d'Aubry :</p>
<p>"Chose curieuse que fait remarquer Sanseverino, on a fait à la philosophie scolastique deux reproches entièrement contradictoires et qui se réfutent l'un l'autre. Les protestants lui ont reproché, en faisant de la philosophie la servante de la théologie, d'avoir corrompu la théologie en y introduisant des idées platoniciennes mal comprises, et ainsi d'avoir étouffé la raison humaine. Hegel au contraire, lui reproche d'avoir préludé et ouvert la voie au rationalisme, en donnant pour devoir à l'esprit humain de s'aider de la philosophie pour chercher l'intelligence de la foi.</p>
<p>Ici, comme presque sur tous les points de la doctrine, les objections de nos ennemis de notre foi et de ses docteurs se réfutent l'une l'autre ; et il suffit, pour les confondre, de les mettre en face les uns des autres, et de les laisser se dévorer réciproquement.</p>
<p>Quant au reproche des protestants, que la philosophie scolastique a étouffé la raison, quand est-ce que la raison humaine a été plus libre, plus hardie, mais hardie sans témérité, et sans repentance, que du temps des scolastiques ? quand est-ce, au contraire, qu'elle a été le plus déroutée, plus en contradiction avec elle-même, enfin, quand est-ce qu'elle a fait plus de sottises que depuis que, sous le nom de <em>libre-examen</em>, on est venu lui ôter cette liberté véritable que la vérité lui donne en la préservant des séductions de l'erreur, et lui imposer cette servitude où elle tombe sitôt qu'on la réduit à ses propres forces ?</p>
<p>Quant au reproche d'Hegel et de son école, il est bien remarquable aussi que l'intelligence de la foi a été perdue précisément depuis que le rationalisme a plus largement envahi la société ; c'est la preuve que l'<em>intelligence de la foi</em> est tout autre que le rationalisme."</p>
<p>A. J-B Aubry, <em>Mélanges de philosophie scolastique</em>.</p>
<p style="text-align:left;">
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Bribes de philosophie catholique ]]></title>
<link>http://lavoixdansledesert.wordpress.com/?p=402</link>
<pubDate>Sat, 26 Apr 2008 15:59:47 +0000</pubDate>
<dc:creator>La voix dans le desert</dc:creator>
<guid>http://lavoixdansledesert.wordpress.com/?p=402</guid>
<description><![CDATA[Le catholicisme, le rationalisme et la philosophie politique. 
Nemo sapiens nisi fidelis.
Le rationa]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:left;"><strong>Le catholicisme, le rationalisme et la philosophie politique. </strong></p>
<p style="text-align:right;"><em>Nemo sapiens nisi fidelis.</em></p>
<p>Le rationalisme c'est la frénésie de la séparation. Le rationalisme sépare la foi de la raison, la théologie de la philosophie. Loin de considérer que la théologie est mère de la philosophie, il affirme que l'on ne peut véritablement philosopher qu'une fois mise de côté la théologie. La philosophie politique dans le système rationaliste, n'est plus une déduction pratique dans le domaine philosophique de vérités théologiques, mais la découverte par l'exercice de la raison humaine ramenée au naturalisme de principes politiques généraux en adéquation ou non avec les vérités théologiques. Selon ce que notre rationaliste est catholique ou non, selon ce qu'il a un penchant conservateur ou non, les résultats, on le devine, sont en adéquation ou non avec la vérité théologique. Le subjectivisme est la norme de ce système.</p>
<p>Mettons que Descartes soit le premier rationaliste moderne. Il est de toute façon "le père de la philosophie moderne", selon la formule de Locke, et cela en dit assez long il me semble.</p>
<p>Ramon Llull, qui condamnait l'averroïsme en faisant parler dame philosophie : "que d'erreurs Averroès me fait dire, lui qui prétend que je peux déterminer une vérité qui soit fausse théologiquement, quand je ne suis que la servante de dame théologie !", ne faisait rien d'autre que d'attaquer le rationalisme, car pour en arriver à dire que la vérité théologique et la vérité philosophiques peuvent être doubles, c'est à dire que ce qui est vrai pour l'une peut être faux pour l'autre, il faut avoir irrémédiablement séparé les deux matières au préalable. A l'inverse du rationalisme, le système catholique est un système hiérarchisé et ordonné. Non seulement les sciences ne peuvent aller à l'encontre de la théologie, mais encore, elle découlent directement de la théologie.</p>
<p>La philosophie est la science complémentaire de la théologie, et la philosophie politique , une branche de cette vaste science.</p>
<p style="text-align:center;">***</p>
<p style="text-align:left;">L'anti-thèse du rationalisme, c'est le catholicisme. Et c'est parce que la scolastique est une philosophie catholique qu'elle est un adversaire du rationalisme. Mais il n'y a pas que chez Saint Thomas que l'on trouvera une réfutation du rationalisme païen antique ou païen moderne : dans <em>De utilitate credendi</em>, Saint Augustin ne laisse pas pierre sur pierre de leur système, en attaquant l'hérésie manichéenne.</p>
<p style="text-align:left;">Quant aux néo-scolastiques, du XIXème siècle, ils méritent leur nom puisqu'ils sont véritablement les héritiers de la scolastique du Moyen Age, mais leurs pages incorporent aussi une solide réfutation des erreurs modernes. Par conséquent, il faut bien considérer que leurs écrits ajoutent à la synthèse catholique, et ne se contentent pas de suivre un lointain exemple.</p>
<p style="text-align:left;">Il faut parler de <em>philosophie catholique</em>, et ne pas tenir la philosophie scolastique comme seule philosophie catholique. Beaucoup des Pères de l'Eglise ont vécu avant le Moyen Age, et on peut parfaitement imaginer plus tard un courant nouveau qui surgira des entrailles de l'Eglise, qui ne s'appellera pas scolastique ni néo-scolastique, tout en étant aussi orthodoxe. La philosophie scolastique est particulièrement honorable, vu qu'elle a su se maintenir contre vents et marées, c'est à dire qu'elle demeure d'un grand secours contre toutes les bêtises actuelles.</p>
<p style="text-align:center;">***</p>
<p>Le rationalisme moderne a un précédent dans le rationalisme antique. De sorte qu'il est marqué du double sceau du paganisme et de la régression. Les rationalistes ruinent l'édifice catholique et surestiment par là les écrits des anciens païens, qui ne sont plus considérés comme l'exercice impuissant de la raison naturelle. Si le naturalisme antique est une norme pour les rationalistes, notons outre le mépris de la Révélation, le caractère rétrograde des constructions intellectuelles qu'un tel état d'esprit a engendré et continue d'engendrer depuis Descartes.</p>
<p>Aubry note à juste titre dans ses <em>Etudes sur la foi </em>:"Le rationalisme est une racine de paganisme, car c'est l'homme déchu en révolte contre le principe surnaturel de la foi et refusant au nom de la raison, d'accepter la parole de Dieu révélée."</p>
<p style="text-align:center;">***</p>
<p>Dans un texte bien moins connu que <em>L'avenir de l'intelligence</em> ou <em>Mes idées politiques</em>, Maurras nous parle de son admiration pour la philosophie positiviste, sous le titre sobre d'<em>Auguste Comte</em>. Et c'est de lui-même qui parle lorsqu'il évoque la personnalité de Charles Jundzill, cet homme qui a perdu la foi de ses pères, et qui rêve comme Comte de <em>réorganiser</em> la société : "Il ne croyait plus, et de là venait son souci. On emploierait un langage bien inexact si l'on disait que Dieu lui manquait. Non seulement Dieu ne manquait pas à son esprit, mais son esprit sentait, si l'on peut s'exprimer ainsi, un besoin rigoureux de manquer de Dieu : aucune interprétation théologique du monde et de l'homme lui était supportable". Autrement dit, le positivisme est un rationalisme.</p>
<p>Le chrétien se demande donc immédiatement, en lisant les idées de Jundzill, de Comte ou les lignes admiratrices de Maurras, de quel <em>ordre</em> peut-il bien s'agir lorsque ces braves gens parlent de <em>réorganiser la cité</em>, puisqu'il sait bien qu'il ne peut y avoir d'ordre hors de Dieu. De même lorsqu'ils s'inquiètent du maintien de la morale. La morale sans Dieu mérite t'elle cette appellation ou <em>conformisme</em> ne serait-il pas plus adapté ? (Et de noter la contradiction de la part des positivistes de vouloir à la fois se séparer des kantiens démocrates, et de retomber dans leur pattes, ne sachant rien proposer d'autre que la morale kantienne. Mais comment le pourraient-ils, ayant évacué la théologie ?) Le projet de Comte, de réorganiser sans Dieu ni roi (lisez : <em>roi de droit divin</em>, et ne cherchez plus pourquoi Maurras a pris parti pour les d'Orléans.) n'a en commun avec le programme chrétien de <em>tout restaurer dans le Christ</em> que certains points matériels de finalité. Le chrétien souhaite tout comme le positiviste que la société se tienne, et que la morale soit respectée, mais les convergences s'arrêtent-là. Les divergences sont celles du système, des principes, des points autrement plus importants.</p>
<p>La bêtise de Comte ira jusqu'à recréer un Dieu, un Dieu impersonnel, le Grand-Etre, qui n'est rien de plus que l'Humanité. Une chaîne horizontale. Une caricature de Dieu. La boucle est bouclée.</p>
<p>Le mal que Maurras ou ses semblables ont fait à la philosophie politique est aussi grand que celui d'un Jean Jacques Rousseau. Le suisse a perturbé les cœurs, quand Maurras lui, a désaxé les intelligences. L'habitude a été prise durablement de considérer la philosophie politique comme indépendante de la théologie, à tel point que le réactionnaire vulgaire ne cherche plus l'avis de notre mère l'Église sur tel et tel point mais ne se fie qu'à sa raison pour le servir en syllogismes qui répondront à ses questions. Il ne se souvient qu'il est catholique qu'une fois l'essentiel de sa recherche terminée. Alors, il compare ses déductions avec celles de la Sainte Église. Oui, seul son cœur est catholique. Son intelligence, elle, est naturaliste, elle fonctionne sans Dieu et sa Parole, tout comme celle de Jundzill. Décrivant le disciple de Comte, Maurras décrit fort bien ces âmes qui, constatant les ravages pratiques exercés par les pages de Rousseau et Kant, ne trouvent à leur opposer qu'un petit cœur sensible, qui ont le bon goût, celui de l'ordre, de la morale, de la société remise sur pied, mais n'ont que cela, ou même parfois, n'ont que le dégoût de l'inverse.</p>
<p style="text-align:center;">***</p>
<p style="text-align:right;"><em>Nemo major, nisi christianus.</em></p>
<p style="text-align:left;">Il faut lire Donoso-Cortès. Résolument, car c'est un auteur catholique, qui n'hésite pas à consacrer un tiers de son chef d'oeuvre <em>Ensayo sobre el catolicismo, el liberalismo y el socialismo</em>, à exposer la grandeur du catholicisme, quand tout le livre place la doctrine catholique comme le nœud théologique duquel découle toute philosophie politique.</p>
<p style="text-align:left;">Dans l'<em>Ensayo</em>, donc, il y a un passage d'anthologie, qui reprend le livre de Guizot, <em>Histoire générale de la civilisation en Europe</em>.<em> </em>L'espagnol déplore que le protestant place le christianisme non pas caractère principal des civilisations mais la traite comme un des autres caractères communs de nos civilisations, comme le sont les institutions politiques ou les mœurs, et il condamne ce naturalisme. Et Guizot se défendant d'une telle accusation, voit Nicolas arriver à la rescousse de Donoso-Cortès dans <em>Du protestantisme et de toutes les hérésies</em>. (Nicolas expose longuement sa critique des lignes de Guizot, dont l'expression d'une curieuse intention, celle de créer un front uni de protestants et de catholiques contre le socialisme  menaçant).</p>
<p style="text-align:center;">***</p>
<p style="text-align:right;"><em>Nemo christianus, nisi qui ad finem usque persevaverit</em>. (Tertullien)</p>
<p style="text-align:right;">
<p style="text-align:left;">
<p style="text-align:center;">
]]></content:encoded>
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<title><![CDATA[La scolastique, Aristote et Platon]]></title>
<link>http://lavoixdansledesert.wordpress.com/?p=363</link>
<pubDate>Thu, 10 Apr 2008 16:26:37 +0000</pubDate>
<dc:creator>La voix dans le desert</dc:creator>
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<content:encoded><![CDATA[<p>Les rationalistes ont assez répété que la scolastique s'appuyait sur Aristote comme sur un roc inébranlable, pour qu'il soit presque couramment admis qu'elle n'ait aucun autre appui que celui de l'école aristotélicienne. Un tel mensonge rend plus simple la critique de la scolastique, qui paraît ainsi complètement fermée, et bêtement bornée, accrochée à des doctrines anciennes révolues sur certains points. Un Voltaire ne s'est par exemple pas privé de railler l'attachement aux écrits d'Aristote, dans son <em>Dictionnaire philosophique</em> entre autres écrits, tandis qu'un Goethe s'attachait à démanteler l'<em>Organon</em> et les conceptions du syllogisme de celui que Saint Thomas appelle Le Philosophe dans son <em>Faust</em>.</p>
<p>Certes la scolastique est aristotélicienne. Comme dit l'abbé Aubry dans ses <em>Mélanges de philosophie catholique</em>, "la nature de tout système philosophique dépend de la solution qu'il donne au problème de l'origine de nos connaissances". La scolastique, reprenant la conception péripatéticienne de l'induction et du syllogisme, mérite donc pleinement le nom d'aristotélicienne. Et vu ce fondement aristotélicien, pour un scolastique "toute la philosophie procède d'Aristote ou doit s'accorder avec elle". Notons ici la différence d'avec l'averroïsme, qui malgré l'admiration dithyrambique de son initiateur s'écarte d'Aristote en ces points cruciaux.</p>
<p>Néanmoins, il est faux de penser que la scolastique soit exclusivement aristotélicienne. Leibnitz, dans son <em>Systèmes de théologie </em>note plusieurs arguments contre cette opinion commune, repris par Aubry dans ses <em>Mélanges</em> :</p>
<p>Les scolastiques ont toujours affirmé la primauté de la raison pour résoudre les problèmes philosophiques, ce qui les empêchait de prendre pour argent comptant tout écrit du philosophe. Pour la même raison se sont-ils d'ailleurs écartés de l'opinion d'Aristote sur l'éternité du monde, la nécessité des actes divins, et n'ont pas manqué de reprocher à Aristote ses égarements. On leur doit la règle du discernement déterminant que si les écrits des Anciens ont leur valeur, celle-ci ne peut être considéré comme exempte de toute erreur, et sa conséquence logique, à savoir : le devoir de corriger les erreurs des Anciens et d'ajouter à leurs insuffisances.</p>
<p>Les scolastiques se sont à l'occasion servis de Platon pour combattre Aristote. Saint Augustin ayant effectué un grand travail de lecture catholique de la philosophie platonicienne, c'est le néo-platonisme tel qu'enseigné dans les écoles médiévales qui a servi à contrecarrer les erreurs d'Aristote. Aubry cite en exemple la doctrine des<em> "types divins" </em>qui définit que Dieu "porte en Lui les idées de toute chose, et que dans ces idées Il connaît tout ce qui est hors de Lui, et qu'Il n'aurait pas pu créer de rien, s'Il n'avait, de toute eternité, porté dans Son intelligence les idées des choses qu'Il devait créer."</p>
<p>Aubry poursuit son bref exposé : "Quelques philosophes modernes [l'auteur écrit au XIXème siècle], surtout les Ontologistes, ont pris occasion de cette doctrine, pour soutenir que les scolastiques avaient combattu dans le camp de Platon parce qu'ils ont enseigné, d'après lui, que l'intelligence humaine acquiert la connaissance des choses par l'intuition qu'elle a de ces types qui sont en Dieu. Mais c'est faux car premièrement, Platon n'a jamais enseigné que notre intelligence voit les types des choses en cette vie, et secondement, les scolastiques pour exprimer l'origine de la connaissance humaine, ont suivi non pas Platon, mais Aristote." Comme quoi, les rationalistes rêvent d'enfermer la scolastique dans un schéma de philosophie issu exclusivement de l'école péripatéticienne ou des écoles platoniciennes.</p>
<p>Conclusion : "Il est donc prouvé que les scolastiques ne se sont pas emprisonnés dans les doctrines d'Aristote, de manière à en être esclaves ; mais qu'ils y ont adhéré de manière à les enrichir de découvertes considérables, à découvrir et à réfuter les erreurs qu'elles couvraient."</p>
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