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	<title>semaine-sainte-de-seville &amp;laquo; WordPress.com Tag Feed</title>
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	<description>Feed of posts on WordPress.com tagged "semaine-sainte-de-seville"</description>
	<pubDate>Sat, 26 Jul 2008 07:21:41 +0000</pubDate>

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<title><![CDATA[L'origine des confréries de pénitence à Séville]]></title>
<link>http://ethnolyceum.wordpress.com/?p=254</link>
<pubDate>Thu, 08 May 2008 14:31:18 +0000</pubDate>
<dc:creator>Fred</dc:creator>
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<description><![CDATA[Le bon déroulement de la Semaine sainte de Séville est essentiellement l’œuvre des confréries ]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;"><span style="color:#00ff00;"><em>Le bon déroulement de la <a href="http://ethnolyceum.wordpress.com/category/semaine-sainte-de-seville/" target="_blank">Semaine sainte de Séville</a> est essentiellement l’œuvre des confréries de pénitence : il s’agit d’associations de fidèles, dont la principale raison d’exister est de célébrer publiquement le culte de leurs Images sacrées. Mais quelle est l’origine historique de ces confréries ?</em></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Comme José SANCHEZ HERRERO l’a expliqué [1], de nombreuses confréries, avec parfois des motivations très différentes, coexistaient à Séville dès le milieu du XIIIème siècle, c’est-à-dire depuis la Reconquête de la ville par Fernando III. Cependant, les confréries de pénitence n’apparaissent qu’au XVIème siècle et, bien que certaines d’entre elles aient hérité du nom d’une confrérie qui existait précédemment, elles appartiennent à un nouveau type de confréries. L’émergence de ces confréries, avec leurs Images que l’on porte en procession pendant la Semaine sainte et leurs longues files de <em>flagellants</em>, correspond en effet à une évolution du sentiment religieux longue de plusieurs siècles et inhérente aux mutations politiques, économiques, sociales, psychologiques et culturelles.</p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#ff6600;"><strong>1. L'essor du culte à la Passion du Christ.</strong></span></p>
<p style="text-align:justify;">Les catastrophes et souffrances qui s’abattent sur l’Europe aux XIVème et XVème siècles ont d’énormes conséquence sur la psychologie collective : elles engendrent un sentiment d’angoisse qui va se manifester tout naturellement à travers la religion. Ainsi, à Séville, la population est régulièrement frappée par:<br />
-des épidémies de peste (1349-1350, 1364, 1374, 1383);<br />
-des épidémies de variole, de grippe ou de fièvre typhoïde (1400, 1413, 1422, 1440-1442, 1447, 1458, 1467, 1481, 1485, 1488);<br />
-de nombreuses famines, parfois très dures (1302, 1311, 1343, 1355-1356, 1375, 1400, 1413, 1423, 1435, 1444, 1448, 1459, 1467-1469, 1473, 1482, 1485);<br />
-ainsi que des intempéries (mauvais temps, crue du Guadalquivir et tremblement de terre de 1373, tremblement de terre de 1394 et énorme crue de 1435).<br />
Cette répétition de catastrophes, commune à toute l’Europe, et qui ne manque pas d’être interprétée comme une série de fléaux envoyés par Dieu, suscite une nouvelle idée de la mort, en insistant notamment sur les souffrances morales et physiques qu’elle occasionne. Dès lors, cette nouvelle conception de la mort va trouver son exutoire dans la dévotion à la Passion du Christ : les représentations du Christ en croix vont se multiplier, toujours plus dramatiques, ainsi que les <em>Ecce homo</em>, c’est-à-dire les figures de Jésus-Christ portant la couronne d’épine. En souffrant, le Christ semble plus proche de l’homme, comme s’il en partageait le sort. Le culte de la Passion, ainsi vivifié par le changement de mentalité à l’égard de la mort, prend un tel essor qu’il pénètre rapidement tous les services liturgiques et devient l’un des thèmes les plus populaires du christianisme, allant jusqu’à occulter la Résurrection. Par ailleurs, c’est au XVème siècle que le théâtre des Mystères, ayant pour thème la Passion du Christ, connaît son apogée, avec en Espagne des œuvres telles que <em>Fechas para la Semana Santa</em>, de Gomez MANRIQUE, ou encore l’<em>Auto de la Pasión</em> d’Alonso del CAMPO.</p>
<p style="text-align:justify;">
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#ff9900;"><strong>2. Les premières processions de pénitence.</strong></span><span style="color:#ff9900;"><strong></strong></span></p>
<p style="text-align:justify;">Parallèlement, les calamités qui marquèrent le XIVème siècle, en particulier la Peste Noire (1348-1350), ont favorisé l'apparition de groupes de <em>flagellants</em>, qui se fouettent en vue d'expier leurs péchés, espérant ainsi calmer la soif de vengeance qu'ils attribuent au Christ. En fait quelques groupes similaires existaient déjà auparavant, qui imitaient saint Dominique de Guzmán (1170-1221, fondateur de l’ordre des Dominicains) et saint François d’Assise (1182-1226, fondateur de l’ordre mendiant des Franciscains), mais ils se font beaucoup plus nombreux à partir de la Peste Noire.</p>
<p style="text-align:justify;">Ainsi, à partir de 1399, le dominicain Vincent Ferrer (1350-1419) va parcourir les routes d'Espagne et du sud de la France afin d'encourager la pratique de la flagellation, créant partout où il passe des compagnies de <em>disciplinants</em>, et il prononce notamment un discours à Séville en 1410, du haut de la chaire du Patio des Orangers. La nuit tombée, ceux qui le suivent organisent des processions et, le visage couvert pour ne pas être reconnus, ils se flagellent -<em>se disciplinent</em>- et font entendre des chants lugubres. Enfin, la session XIV du Concile de Trente (25 novembre 1551), en encourageant les actes de mortification, confirme la doctrine de Vincent Ferrer selon laquelle la pénitence corporelle est un moyen de sanctification.</p>
<p style="text-align:justify;">
<p style="text-align:justify;">En 1482, la confrérie de l'hôpital de Notre Dame des Anges a fait ériger un calvaire que l'on appelle la Croix du Champ (<em>Cruz del Campo</em>) et qui, comme son nom l'indique, se trouve hors de la ville, sur la route qui mène à Carmona. Dès lors, ce calvaire attire des processions organisées par des confréries telles que Notre Dame des Anges ou le Saint Crucifix. Dans le même temps, le centre-ville connaît lui aussi une activité processionnelle avec les flagellants que la confrérie de la Vraie-Croix emmène en cortège, la nuit du jeudi saint, pour qu'ils visitent un certain nombre d'églises et d'hôpitaux [2]. Encore à cette époque, les flagellants sont moins des confrères que des fidèles, acquis à la doctrine de Vincent Ferrer, qui se réunissent pour réaliser des actes de piété. Cependant, on les appelle déjà des <em>confrères de sang</em> quand ils se disciplinent et des <em>confrères de lumière</em> quand ils se contentent de porter des cierges.</p>
<p style="text-align:justify;">Il faut attendre le début du seizième siècle pour que se développe la pratique du <em>Vía-Crucis</em>, à l'initiative du premier marquis de Tarifa, don Fadrique Enriquez de Ribera: en 1520, de retour de son voyage en Terre Sainte, le marquis décide en effet d'instaurer un chemin de croix entre son palais, que l'on commence à appeler la <em>maison de Pilate</em>, et le calvaire de la Croix du Champ. On peut voir là l'une des origines des processions de Semaine Sainte à Séville.</p>
<p style="text-align:justify;">
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#ff9900;"><strong><span>3. L'essor des confréries de pénitence au XVIème siècle.</span></strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">L'émergence des confréries de pénitence est le résultat d'une lente évolution du sentiment religieux : avec les catastrophes et les souffrances que l'Europe a connues, une conception de la mort, beaucoup plus tragique, s'exprime et prend tout son sens avec la dévotion à la Passion du Christ. Aussi les premières confréries de pénitence, que l'on appelle aussi des <em>confréries de discipline,</em> ont-elles des noms très simples et explicites: <em>Saint Crucifix</em>, <em>Vraie Croix</em> ou encore <em>Passion</em>. Par ailleurs, le Concile de Trente renforce le culte des Images, ce qui va favoriser la multiplication des confréries placées sous l'invocation d'un Christ ou d'une Vierge.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Si l'on en juge par les dates d'approbation de règles que nous avons trouvées aux Archives du Palais Archiépiscopal de Séville, la plupart des confréries de pénitence sont apparues dans la seconde moitié du XVIème siècle. C'est seulement en 1586 que le Synode de Séville, présidé par l'archevêque don Rodrigo de Castro, décide que l'existence de toute confrérie sera obligatoirement soumise à l'autorisation du Prélat. Cependant, les confréries avaient déjà l'habitude, bien avant cette date, de faire approuver leurs statuts par l'Archevêché. En 1579, certaines d'entre elles existent depuis peu de temps (Présentation, Expiration, Saint Enterrement ou Nom de Jésus), tandis que d'autres sont d'anciennes confréries <em>de gloire</em>, aussi appelées <em>de lumière</em>, fraîchement reconverties (c’est le cas du O, qui trouve son origine dans la confrérie de sainte Brigitte et des saintes Justine et Rufine, martyres et protectrices de Séville; et de l'Incarnation, qui fut dans un premier temps une confrérie à la gloire de Notre Dame de l'Incarnation).</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Les règles de la Véronique, approuvées une première fois le 27 mars 1558, sont significatives du caractère alors récent des confréries de pénitence: le nom de l'ancienne confrérie de gloire est conservé (<em>Santísima Encarnación del Hijo de Dios y de su Bendita Faz</em>) et l'énumération des fêtes dans le chapitre premier (fête de la Très Sainte Incarnation du Fils de Dieu, le 25 mars; Fête du Saint Sacrement, selon ce qu'ordonneront les moines du couvent du Val, où réside la confrérie; Fête de la Sainte Croix de Mai; Fête de Notre Dame du Val, en septembre; Fête de Saint François et enfin Fête de la Toussaint) révèle que la procession du Jeudi saint n'est pas encore considérée comme un rituel essentiel. Il faut en effet attendre le cinquante sixième chapitre (sur un total de cinquante neuf) pour en trouver mention:</p>
<p style="text-align:justify;padding-left:90px;">"<em>De plus, nous ordonnons et considérons comme une bonne chose que tout confrère, de lumière ou de discipline, qui ne viendra pas à notre procession dans la nuit du Jeudi Saint, soit pénalisé d'un ducat pour payer la cire qu'on utilise pour ladite nuit. Il sera pénalisé à condition qu'il ne soit pas malade, retenu ou absent de cette ville et à condition également qu'il ne soit pas un vieillard: ces dernières personnes seront excusées et seront tenues, le dimanche qui précède, de demander une permission aux autorités de la confrérie...</em>"</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">La confrérie de la Passion fut sans doute à Séville la première vraie confrérie de Semaine sainte, fondée à cet effet, c'est-à-dire dans le but spécifique de rendre un culte à la Passion du Christ, notamment à travers une procession de discipline organisée pendant la Semaine sainte. Le premier chapitre de règles rédigées en 1806 précise que cette confrérie fut instaurée en octobre 1531 par quelques braves hommes originaires de Valladolid. Par sa simplicité, le nom de Passion [<em>Pasión</em>] apparaît comme le plus approprié, puisqu'il suffit à exprimer l'objet de la confrérie: il semble naturel qu'il fût adopté par la première confrérie de ce type. D'autres confréries, plus anciennes, ont en fait suivi l'exemple de Passion et ont rédigé de nouveaux statuts par lesquels elles devenaient officiellement des confréries de Semaine sainte.</p>
<p style="text-align:justify;">La fondation de Passion par des immigrants originaires de Valladolid nous rappelle que les confréries sont apparues alors que Séville voyait sa population tripler (+283,65% entre 1533 et 1588). En effet, en 1579, les confréries se trouvent principalement dans des paroisses comme San Vicente, Santa Ana ou Santa Lucía, qui ont enregistré une très forte poussée démographique sur les cinquante dernières années. Dans le même temps, la ville, en pleine ébullition, se transforme. En particulier, des monastères et des hôpitaux apparaissent: nombre de ces nouveaux établissements vont abriter des confréries de pénitence puisqu'on trouve en 1579 Passion et Expiration dans le Monastère de la Merced (fondé au milieu du siècle), Couronnement et Oraison du Jardin dans le collège de Montesión (fondé en 1559), Solitude et Angoisses dans le couvent du Carmel (fondé en 1513), Conception dans le monastère de Regina Angelorum (fondé en 1553), Espérance dans le couvent Espiritu Santo (fondé en 1544), Nom de Jésus et Sainte Croix de Jérusalem dans la Maison de Jérusalem (fondée en 1543). Beaucoup de confréries, animées par le souci de venir en aide aux nécessiteux, sont également rattachées au moment de leur fondation à un hôpital. Il faut savoir en effet qu'en 1480, 70% de la population sévillane vit dans la pauvreté ou dispose de faibles revenus: la plupart du temps, ces personnes n’ont d’autre espoir que de trouver un asile auprès d’un hôpital. De plus, le cycle des calamités, qui va se poursuivre jusqu’au XVIème siècle, encourage le Clergé et les pouvoirs publics, ainsi que certains corps de métiers, à créer des institutions où l’on pourra assister les pauvres et les malades. Les hôpitaux vont alors se multiplier à Séville : ce sont des établissements qui vivent d’aumônes et de rentes, et qui acquièrent peu à peu des terres et des maisons, et quand le Roi, à la demande de l’archevêque Rodrigo de Castro, fait réduire leur nombre en 1587, on en recense 76 dans Séville. Plusieurs d’entre eux ont participé à la création de confréries de pénitence telles que : Notre Dame de l’Incarnation (1554), Notre Dame du O (1560), Notre Dame de la Présentation (1572), Humilité et Patience (1580), Sainte Entrée dans Jérusalem (1581), Notre Dame de Villaviciosa (1582), et Trois Nécessités (1586).</p>
<p style="text-align:center;"><span style="color:#000000;">fmaillaut</span></p>
<p style="text-align:justify;">[1] SANCHEZ HERRERO José. «Las cofradías sevillanas: los comienzos», in <em>Las cofradías de Sevilla: historia, antropología, arte</em>, Séville, Universidad de Sevilla, 1985, 201 pages.</p>
<p style="text-align:justify;">[2] CARRERO RODRIGUEZ Juan. <em>Anales de las cofradías de Sevilla</em>, Séville, Editorial Castillejo, 1991, 684 pages.</p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">.</span><br />
<a rel="license" href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/fr/"><img style="border-width:0;" src="http://i.creativecommons.org/l/by-nc-nd/2.0/fr/88x31.png" alt="Creative Commons License" /></a><br />
<span style="color:#00ff00;"><span>Ce texte</span> est mis à disposition selon les termes de la</span> <a rel="license" href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/fr/">licence Creative Commons Paternité-Pas d'Utilisation Commerciale-Pas de Modification 2.0 France</a>.</p>
<p><strong><span style="color:#00ff00;">Pour citer cet article:</span></strong></p>
<p><span style="color:#00ff00;">Frédéric MAILLAUT, « L'origine des confréries de pénitence à Séville », in <em>Histoire sociale d'une confrérie de Semaine sainte de Séville: la confrérie du Gran Poder</em>, </span><span style="color:#00ff00;">EHESS, septembre 1992, 68 pages</span><span style="color:#00ff00;">. [Mis en ligne sur <em><strong>ethnoLyceum</strong></em> le 8 mai 2008]. URL : http://ethnolyceum.wordpress.com/2008/05/08/lorigine-des-confreries-de-penitence-a-seville/</span></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Fête et pénitence à Séville]]></title>
<link>http://ethnolyceum.wordpress.com/?p=253</link>
<pubDate>Thu, 01 May 2008 16:03:32 +0000</pubDate>
<dc:creator>Fred</dc:creator>
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<description><![CDATA[Que signifie la diversité des processions de Semaine sainte à Séville?
1. Les processions de Sema]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;"><span style="color:#00ff00;"><em>Que signifie la diversité des processions de Semaine sainte à Séville?</em></span></p>
<p style="text-align:justify;"><strong><span style="color:#ff9900;"><span style="text-decoration:underline;">1. Les processions de Semaine sainte.</span></span></strong></p>
<p style="text-align:justify;">Point culminant de la liturgie catholique, la Semaine sainte commémore la Passion et la mort du Christ. À Séville, c'est un évènement qui dépasse largement le cadre de la religion catholique, et pendant huit jours, entre le Dimanche des Rameaux et le Dimanche de Pâques, la ville se transforme en un immense théâtre qui ne semble vivre qu'au rythme des processions: quelques quarante mille pénitents, appellés <em>nazarenos</em>, qui appartiennent à cinquante huit confréries différentes, sortent en effet dans la rue pour porter à la cathédrale des <em>Images</em>, c'est-à-dire des statues du Christ et de la Vierge. C'est ce que le poète Federico GARCIA LORCA appelait <em>la alta marea de la ciudad</em> ("la marée haute de la ville").</p>
<p style="text-align:justify;">Le bon déroulement de la Semaine sainte est essentiellement l'oeuvre des confréries de pénitence: il s'agit d'associations de fidèles, dont la principale raison d'exister est de célébrer le culte des Images sacrées, notamment avec la procession de Semaine sainte.</p>
<p style="text-align:justify;">Qui a vu, à Séville, la succession des processions dans la nuit du jeudi saint aura sans doute remarqué les différences de style d'une confrérie à l'autre. Par la variété de leurs styles, les différents cortèges processionnels, pourtant tous articulés sur un même modèle, présentent un certain nombre de caractéristiques qui nous renvoient en effet à deux grands types de confréries:</p>
<p style="text-align:justify;">1/ <span style="text-decoration:underline;">les confréries dites <em>de quartier</em></span> qui, issues de quartiers populaires, se caractérisent par des cortèges colorés, désordonnés et bruyants, importants en effectifs, sans cesse retardés par la cohue qui se presse sur le passage des Images. Ces confréries privilégient le caractère festif de la Semaine sainte, un peu comme si la Semaine sainte était le pendant du Carnaval et de son tumulte.</p>
<p style="text-align:justify;">2/ <span style="text-decoration:underline;">Les confréries dites <em>sérieuses</em></span> qui, généralement désignées par le nom du Christ titulaire (<em>Jésus de la Vraie-Croix; Christ de Burgos, Christ de la Passion, Jésus du Grand Pouvoir, Christ du Calvaire, le Saint Enterrement</em>) et installée dans le centre-ville, suscitent un profond recueillement quand les pénitents, moins nombreux, vêtus de simples tuniques noires, défilent avec silence et retenue.</p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;"><strong>fm</strong></span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="text-decoration:underline;"><strong><span style="color:#ff9900;">2. Le contraste de la fête et de la pénitence.</span></strong></span></p>
<p style="text-align:justify;">La nuit du jeudi saint incarne magnifiquement ce contraste de la fête et la pénitence, notamment lorsque l'exubérante confrérie de la Macarena succède, sur le chemin de la cathédrale, vers 3 heures du matin, à la sévère confrérie du Grand Pouvoir. Mais c'est sans doute le lundi saint qui reflète le mieux la dualité entre confréries sérieuses du centre-ville et confréries populaires des quartiers périphériques. En effet, le lundi saint est le dernier jour processionnel à avoir été institué, par la confrérie du Musée en 1922: il est ainsi le pur produit de l'extension contemporaine de la ville. Les quartiers anciens du centre-ville s'opposent à ceux, plus récents, de la périphérie, en pleine croissance démographique depuis la fin des années 1960. En faisant station à la cathédrale, les confréries de cette journée illustrent cette réalité dichotomique et, en se réunissant au coeur de la ville en un rituel commun, elles expriment (et donc normalisent) une opposition d'ordre sociologique. Ainsi, venant dans l'après-midi de quartiers excentrés comme le Tiro de Linea et le León, les confréries de sainte Geneviève et de saint Gonzague se déplacent en grande pompe jusqu'à la cathédrale et prouvent du même coup qu'elles ne sont pas si éloignées que cela: ces dernières décennies, la représentation de l'espace urbain s'est considérablement modifiée dans les mentalités et dans les faits, comme si les frontières reculaient et les distances se rétrécissaient sans cesse. C'est la preuve de la grande vitalité de ces confréries, qui parcourent sept ou neuf kilomètres au pas de charge, et bien sûr sans aucune aide mécanique. La périphérie conquiert donc le vieux centre historique pour quelques heures, puis en début de soirée, elle laisse le champ libre aux processions austères du quartier bourgeois de Saint Vincent.</p>
<p style="text-align:justify;">Ce saisissant contraste de la fête et de la pénitence (qui commença à se dessiner au XVIIIème siècle) correspond à une inversion symbolique de la réalité sociale: en privilégiant l'aspect festif du rituel, les confréries de quartier, qui recrutent essentiellement dans les milieux populaires, rivalisent de faste et d'apparat pour exprimer et revendiquer l'identité de leur quartier, tandis que, à travers la sévérité de leur pénitence, les confréries sérieuses suscitent chez leurs membres, plutôt issus des catégories aisées de la population, une véritable démonstration d'humilité. Les Images titulaires de ces confréries servent alors d'emblèmes et elles vont cristalliser un sentiment d'appartenance sociale (<em>voir à ce sujet l'article sur <a href="http://ethnolyceum.wordpress.com/2008/05/01/la-devotion-aux-images-de-semaine-sainte-a-seville/" target="_blank">la dévotion aux Images de Semaine sainte</a></em>).</p>
<p><span style="color:#000000;">Frédéric Maillaut</span></p>
<p><span style="color:#000000;">.</span><br />
<a rel="license" href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/fr/"><img style="border-width:0;" src="http://i.creativecommons.org/l/by-nc-nd/2.0/fr/88x31.png" alt="Creative Commons License" /></a><br />
<span style="color:#00ff00;"><span>Ce texte</span> est mis à disposition selon les termes de la</span> <a rel="license" href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/fr/">licence Creative Commons Paternité-Pas d'Utilisation Commerciale-Pas de Modification 2.0 France</a>.</p>
<p><strong><span style="color:#00ff00;">Pour citer cet article:</span></strong></p>
<p><span style="color:#00ff00;">Frédéric MAILLAUT, « Fête et pénitence à Séville », in <em>Ethnographie de la Semaine sainte de Séville</em>, Université de Paris X -Nanterre, octobre 1989, 200 pages. [Mis en ligne sur <em><strong>ethnoLyceum</strong></em> le 1er mai 2008]. URL : </span><span style="color:#00ff00;">http://ethnolyceum.wordpress.com/2008/05/01/fete-et-penitence-a-seville/</span></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[La dévotion aux Images de Semaine sainte à Séville]]></title>
<link>http://ethnolyceum.wordpress.com/?p=257</link>
<pubDate>Thu, 01 May 2008 14:30:52 +0000</pubDate>
<dc:creator>Fred</dc:creator>
<guid>http://ethnolyceum.wordpress.com/?p=257</guid>
<description><![CDATA[On peut rapidement observer à Séville une véritable dévotion vouée aux différentes images titu]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;">On peut rapidement observer à Séville une véritable dévotion vouée aux différentes images titulaires des confréries, et ce culte déborde le cadre des processions de Semaine sainte.</p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#ff9900;"><strong><span><span style="text-decoration:underline;">1. Une référence urbaine et familiale.</span></span></strong></span></p>
<p style="text-align:justify;">A Séville, les représentations de la Vierge ou du Christ sont omniprésentes dans la rue : <em>azulejos</em> (carreaux de faïence) peints à l’effigie d’un titulaire, petits retables suspendus aux murs des maisons, ou encore photographies et statuettes exposées dans les vitrines des boutiques (qu’il s’agisse d’un bijoutier, d’un marchand de chaussures) ou derrière un comptoir de bar.</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://ethnolyceum.files.wordpress.com/2008/05/macarenavitrine.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-264" src="http://ethnolyceum.wordpress.com/files/2008/05/macarenavitrine.jpg?w=300" alt="" width="300" height="224" /></a> <a href="http://ethnolyceum.files.wordpress.com/2008/05/retable.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-265" src="http://ethnolyceum.wordpress.com/files/2008/05/retable.jpg?w=216" alt="" width="160" height="224" /></a></p>
<p style="text-align:justify;">Chaque fois la représentation iconographique fait référence à une statue précise de la Semaine sainte (par exemple <em>Notre Dame l'Espérance de la Macarena</em>, <em>Notre Seigneur de la Passion</em>, etc.) signifiant par la même occasion les affinités du propriétaire avec telle confrérie. Bien entendu, chaque quartier affiche le portrait de son Christ ou de sa Vierge. Les boutiques des alentours de la rue San Jacinto (quartier de Triana) afficheront plus volontiers l’Image de la Vierge de l’Étoile ou de l’Espérance de Triana ; celles de la rue Arfe (quartier de l’Arenal) l’Image de la Vierge de la Charité, etc. De plus, un commerçant avisé sait qu’en étant exposée dans sa vitrine, une Image suscitera un certain lien, que l'on peut qualifier de sentimental, avec le client, comme l’idée d’appartenir à la même communauté.</p>
<p style="text-align:justify;">En devenant des emblèmes, les Images du Christ et de la Vierge acquièrent une signification qui dépasse largement celle des Évangiles. Chaque Image se retrouve investie d’une nouvelle identité, qui va servir de repère : elle est personnalisée, <em>titularisée</em>, et honorée pour cela. La Hiniesta, la Vierge des Angoisses, la Macarena ou la Vierge du Refuge ne sont pas uniquement des représentations plastiques variées d’une même figure religieuse, en l’occurrence la Vierge Marie. Elles ne sont pas interchangeables, au contraire, car ce sont des entités individualisées qui canalisent chacune une dévotion et un sentiment d’indentification bien particuliers : la Hiniesta est la patronne de la municipalité, la Vierge des Angoisses est la mère des Gitans, la Macarena représente les habitants d’un quartier populaire, et la Vierge du Refuge est la protectrice des toreros du quartier de San Bernardo. Chaque catégorie de Sévillan peut se reconnaître à travers les Images, et c’est dans cette optique que, par leur diversité, les <a href="http://ethnolyceum.wordpress.com/2008/05/01/fete-et-penitence-a-seville/" target="_blank">processions de Semaine sainte</a> nourrissent les différentes mémoires et identités urbaines (sociales, familiales, professionnelles, ou ethniques) en les intégrant –<em>en les unissant</em>- chaque année au sein d’un même rituel. On va donc rendre un culte à telle Image parce que c'est la tradition familiale, ou parce que c'est la patronne du quartier où l'on vit ou encore la patronne du métier que l'on exerce. Aussi, pour affirmer sa dévotion, et donc exprimer un sentiment d'appartenance, on peut devenir membre de la confrérie qui possède l'Image et prépare les différentes activités cultuelles.</p>
<p style="text-align:justify;">Les confréries de Semaine sainte s’organisent autour de la dévotion à leurs Images titulaires. Elles s’identifient donc à leurs Images au point d’être couramment désignées par le nom de leur Christ (le Grand Pouvoir, Passion, Calvaire, Christ de Burgos, la Bonne fin, Amour, El Cachorro, les Peines. ou encore la Soif) ou de leur Vierge (Hiniesta, O, Étoile, Amertume, Chandelière, Macarena, Espérance de Triana ou Solitude de saint Bonaventure). On peut remarquer que le nom de certaines Images de la Vierge pouvait se confondre avec celui du quartier où elle réside : Espérance de Triana, Macarena, Solitude de San Lorenzo.</p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">frédéric Maillaut</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#ff9900;"><span style="text-decoration:underline;"><strong>2. Un processus d’humanisation des Images.</strong></span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Ces statues de bois et de cire, qui ne sont parfois que des simulacres incomplets, se présentent comme des incarnations, si bien que les Sévillans ont l’habitude de les assimiler à des personnes vivantes : chacun d’entre eux établit des relations très personnalisées avec « son » Christ ou « sa » Vierge. À caractère anthropomorphique (et anthropocentrique), cette personnalisation du sacré est en fait indissociable de la culture andalouse : entre eux, les sévillans ne peuvent pas concevoir de relations sociales anonymes et purement fonctionnelles (l’usage de tutoiement est généralisé ainsi que celui des prénoms). Aussi entreprennent-ils des relations du même type avec les Images sacrées, qu’il s’agisse de la Vierge ou de son fils.</p>
<p style="text-align:justify;">Le comportement de la foule sur le passage des pasos est très révélateur de cette tendance à humaniser les Images. La Vierge est toujours traitée comme une femme et les piropos qui lui sont adressés (<em>¡guapa ! ¡olé madre más hermosa !</em>), qui sont de vrais compliments galants aussi bien lancés par des hommes que par des femmes, sont l’expression extravertie d’une forme de dévotion populaire : la Vierge incarne le rôle d’une mère (à la fois la mère du Christ et celle de tous les catholiques), elle est la plupart du temps idéalisée en adolescente et on l’interpelle avec familiarité et tendresse. [...]</p>
<p style="text-align:justify;">De temps en temps, pendant la Semaine sainte, sur le passage d’un <em>paso</em>, ces brancards processionnels sur lesquels trônent les Images, un <em>cantaor</em> (chanteur) installé sur un balcon improvise une <em>saeta</em> (littéralement une flèche) dédiée à l’Image titulaire. Aussitôt, le cortège interrompt sa marche pour l’écouter et la foule rassemblée dans la rue observe un profond silence. Une <em>saeta </em>est un chant monodique, dédié au Christ ou à la Vierge, qui prend le plus souvent la forme d’une strophe de quatre ou cinq vers octosyllabes. Tout en cultivant l’aspect dramatique de la Passion du Christ, qu’elles soient des prières, des récits ou des louanges, les paroles sont personnalisées et s’adressent au caractère spécifiquement sévillan de l’Image. Les <em>saetas</em> dédiées au Christ mettent surtout l’accent sur la douleur physique tandis que celles consacrées à la Vierge évoquent essentiellement sa tristesse de mère. À l’origine, le <em>cantaor</em> n’était qu’un simple spectateur noyé dans la foule qui exprimait spontanément sa foi, puis des professionnels du <em>Cante Jondo</em> sont peu à peu venus chanter, souvent invités sur le balcon d’un notable, si bien que le caractère spontané de la <em>saeta</em> a commencé à s’amenuiser.</p>
<p style="text-align:justify;">La conduite des <em>pasos</em> par des porteurs appelés <em>costaleros</em> (tout moyen mécanique étant formellement proscrit) renforce l’humanisation et l’expression des Images : la démarche du Christ pourra paraître tout à tour hésitante ou décidée, et la Vierge pourra se laisser aller à une petite danse. En outre, les Images sont pour la plupart sculptées grandeur nature, c’est-à-dire à l’échelle humaine, et l’usage de postiches, introduit au XVIIIème siècle, notamment pour les cils et les dents (ces dernières en ivoire), accentue la vraisemblance. Ainsi humanisées, les Images ont une existence propre et évoluent avec le temps, comme si elles étaient vivantes : des artistes locaux les reconvertissent, les restaurent et les remettent au goût du jour, car pour qu’une Image demeure signifiante, il est parfois nécessaire de la réajuster.</p>
<p style="text-align:justify;">Depuis que l’on a cessé de les sculpter avec leurs vêtements, les Images sont des statues à habiller : cela signifie que l’on peut introduire des nouveautés vestimentaires selon les modes. Du coup, n’importe quelle Vierge a une garde-robe (la Macarena possède trois manteaux différents, et il lui arrive de porter le deuil, comme pour la mort du torero Joselito), avec des tuniques, des sous-vêtements, des robes, etc. Seules les femmes sont autorisées à la vêtir et on appelle <em>camareras</em> celles qui ont spécialement la charge de son habillement. Par ailleurs, pendant toute la procession à travers la ville, la Vierge peut tenir dans ses mains les précieux bijoux qu’une femme de la confrérie lui a prêtés : cette tradition mêle à la fois l’humilité de se débarrasser de ses bijoux et la fierté de les avoir confiés à la Vierge.</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://ethnolyceum.files.wordpress.com/2008/05/macarena.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-266 aligncenter" src="http://ethnolyceum.wordpress.com/files/2008/05/macarena.jpg?w=300" alt="" width="300" height="224" /><br />
</a><em>La Vierge de la Macarena</em></p>
<p style="text-align:justify;">Les Images sont tellement considérées comme des individualités riches de leur propre signification qu’elles ont parfois fait l’objet d’attentats : en 1932, parce qu’elle avait osé sortir dans la rue le jeudi saint, on tira au pistolet sur la Vierge de l’Étoile, comme si elle était vivante et comme si cela pouvait la tuer. Depuis, on la surnomme la <em>Valiente</em>, la Valeureuse. Au cours de la même année, la Vierge de la Hiniesta fut visée par un incendie criminel parce qu’elle était la patronne de la municipalité.</p>
<p style="text-align:justify;">Enfin, le phénomène de personnalisation des Images est entretenu par un certain nombre d’histoires qui circulent à leur sujet. Ces histoires ont souvent une dimension mythique, car en expliquant l’origine de l’Image, elles justifient son caractère personnel et unique. Ainsi, on raconte que le visage pathétique du <em>Cachorro</em> est celui d’un gitan qui vivait à Triana et qui fut mortellement blessé par une épée au cours d’une rixe. Le sculpteur Francisco Antonio Gijón aperçut le malheureux sur son lit de mort, et frappé par l’expression terrible de son visage, il la reproduisit aussitôt sur une feuille de papier avec un morceau de charbon, et s’en inspira ensuite pour la réalisation d’une nouvelle Image de Crucifié qu’on lui avait commandée. Aussi, lorsque le Vendredi saint de 1687, la confrérie du Patrocinio étrenna son nouveau Christ (le Christ de l'Expiration, ci-dessous à gauche), tous les habitants de Triana crurent reconnaître le Cachorro. Cependant, il suffit de comparer le visage du Cachorro avec celui, très analogue, du Christ de l’hôpital de la Charité, exécuté par Pedro Roldán en 1672 (ci-dessous à droite), pour comprendre que le jeune Gijón fut surtout influencé par l’œuvre de Roldán dont il avait été le disciple. [...]</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://ethnolyceum.files.wordpress.com/2008/05/christdelexpiration.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-267" src="http://ethnolyceum.wordpress.com/files/2008/05/christdelexpiration.jpg?w=300" alt="" width="300" height="224" /></a> <a href="http://ethnolyceum.files.wordpress.com/2008/05/jesuscaridad.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-268" src="http://ethnolyceum.wordpress.com/files/2008/05/jesuscaridad.jpg?w=214" alt="" width="159" height="224" /></a></p>
<p style="text-align:justify;">[...] La plupart de ces histoires expliquent l'origine de l'Image. Elles ont donc une valeur mythique: elles justifient ainsi un ordre des choses et participent à individualiser chaque Image en rattachant sa destinée à celle de la confrérie, comme le récit d'une rencontre amoureuse où l'on préfère voir un signe du destin plutôt qu'un simple hasard. La rencontre entre l'Image et la confrérie était prédestinée: c'est ce lien qui donnera tout son sens à la dévotion des confrères.</p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><em>Pour en savoir plus, lire également:</em></p>
<p style="text-align:justify;">MORENO Isidoro. <em>La semana santa de Sevilla: conformación, mixtificación y significaciones</em>, Séville, Biblioteca de temas sevillanos, 1986, 235 pages.</p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">.</span><br />
<a rel="license" href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/fr/"><img style="border-width:0;" src="http://i.creativecommons.org/l/by-nc-nd/2.0/fr/88x31.png" alt="Creative Commons License" /></a><br />
<span style="color:#00ff00;"><span>Ce texte</span> est mis à disposition selon les termes de la</span> <a rel="license" href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/fr/">licence Creative Commons Paternité-Pas d'Utilisation Commerciale-Pas de Modification 2.0 France</a>.</p>
<p><strong><span style="color:#00ff00;">Pour citer cet article:</span></strong></p>
<p><span style="color:#00ff00;">Frédéric MAILLAUT, « La dévotion aux Images de Semaine sainte à Séville », in <em>Ethnographie de la Semaine sainte de Séville</em>, </span><span style="color:#00ff00;">Université de Paris X -Nanterre, octobre 1989, 200 pages</span><span style="color:#00ff00;">. Mis en ligne sur <em><strong>ethnoLyceum</strong></em> le 1er mai 2008. URL : http://ethnolyceum.wordpress.com/2008/05/01/la-devotion-aux-images-de-semaine-sainte-a-seville.</span></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[In Memoriam: Julian Pitt-Rivers]]></title>
<link>http://ethnolyceum.wordpress.com/?p=132</link>
<pubDate>Wed, 30 Apr 2008 15:01:25 +0000</pubDate>
<dc:creator>Fred</dc:creator>
<guid>http://ethnolyceum.wordpress.com/?p=132</guid>
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C’est sur la plage de Peñiscola, en Espagne, que j’appris la mort de Julian PITT-RIVERS, à]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://ethnolyceum.wordpress.com/files/2008/05/pitt-rivers.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-263" src="http://ethnolyceum.wordpress.com/files/2008/05/pitt-rivers.jpg?w=240" alt="" width="240" height="300" /></a></p>
<p style="text-align:justify;">
<p style="text-align:justify;">
<p style="text-align:justify;">
<p style="text-align:justify;">C’est sur la plage de Peñiscola, en Espagne, que j’appris la mort de Julian PITT-RIVERS, à Paris, en août 2001, et je m'en suis voulu de ne lui avoir jamais donné de nouvelles (en particulier, et je savais que ça l'intéressait, j'avais des informations à lui fournir sur la dévotion sévillane à <a href="http://ethnolyceum.wordpress.com/2008/04/22/veronique-et-le-sang-du-sacrifice/" target="_blank">sainte Véronique</a>). La notice biographique publiée dans le quotidien espagnol me révéla à quel point il avait eu une vie passionnante.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Je m’étais souvent demandé quel âge il avait. Quand je l'avais rencontré une dizaine d'années plus tôt il était toujours fringant et débordant d'enthousiasme. En fait, il était né en 1919, comme mon propre grand-père. Sa mère était actrice et son père, avec qui il ne s'entendait pas, fut interné en 1940 pour ses liens avec Oswald Mosley, fondateur de la Bristish Union of Fascists. Pendant la seconde guerre mondiale, il interrompit ses études pour se battre en Afrique du Nord puis en Europe dans le corps des Royal Dragoons. Après la guerre, il fut le percepteur du jeune Fayçal II, roi d’Irak qui sera assassiné en 1958 après avoir tenté de créer une Fédération arabe d'Irak et de Jordanie. Il quitta Bagdad en 1947 pour Oxford où il obtint son doctorat en Anthropologie sociale en 1953. Son travail de terrain dans un village en Andalousie, Grazalema, fut publié en 1954 sous le titre <em>The People of the Sierra</em>, avec une préface de son professeur Edward Evan EVANS-PRITCHARD. C'est aujourd'hui un grand classique, l'une des premières monographie d'anthropologie sociale consacrée à l'Espagne et il l’a dédiée à son ami Julio CARO BAROJA qui l’avait aidé à mener son terrain. En effet, il n'était pas si facile entre 1949 et 1952 de réaliser un travail de terrain en Andalousie. Après la guerre civile, le pouvoir franquiste voyait d'un mauvais oeil l’anthropologie et tout ce qui pouvait s’apparenter à des enquêtes. Les Républicains essayaient de s'organiser dans la clandestinité dans les campagnes et un anthropologue pouvait être vite suspecté d'espionnage. Julian PITT-RIVERS s'inspira de la monographie sur les Nuers d'EVANS-PRITCHARD et il fut ainsi le premier à appliquer à l'Europe les méthodes de l'ethnographie classique. À travers la vie du village, il s'intéressa particulièrement au mouvement anarchiste qui, selon lui, dérivait du fossé entre le gouvernement central et la communauté villageoise.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Il s'intéressait aussi aux codes de l'honneur et de la honte qui, pour lui, étaient au centre des cultures méditerranéennes (<em>The Fate of Schechem or The Politics of Sex</em>, 1977). Dans cette étude lumineuse, devenue également classique, la logique de l'honneur, reliée à certaines institutions telles que le pouvoir, le mariage, l'hospitalité ou la pudeur, renvoie à l'idée que l'honneur des hommes dépend de la pureté sexuelle des femmes qui leur sont proches (c'est-à-dire la mère, la soeur, l'épouse et la fille).</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Entre 1964 et 1969, Julian PITT-RIVERS partagea son temps entre Chicago et l'École Pratique des Hautes Études à Paris où il avait été invité par Claude LÉVI-STRAUSS. Puis il fut rattaché à l'Université de Nanterre. C'est là, en 1988, que l'on me donna son numéro de téléphone. J'étais en maîtrise d'ethnologie et je voulais faire un mémoire sur la <a href="http://ethnolyceum.wordpress.com/category/semaine-sainte-de-seville/" target="_blank">Semaine sainte de Séville</a>. Il m'invita très aimablement chez lui, rue de l'université, à Paris, et je dois avouer que j'étais très impressionné. Est-ce du fait de mes origines modestes? Je me suis toujours senti comme étranger au monde universitaire et il sut me mettre à l'aise. Il était amical, aimait plaisanter et se montra très disponible. Bien qu'il eût décidé de prendre un peu de distance avec l'université, il accepta de diriger mon travail. Mon sujet lui plaisait et l'inspirait: "Pourquoi ne pas intituler votre mémoire <em>La couronne d'épine et les larmes de la vierge</em>?" s'amusa-t-il avant de se résoudre à un titre plus académique "qui plaira bien à Nanterre" ajouta-t-il malicieusement. La conversation, détendue, nous amena à parler de Séville puis de tauromachie. Les courses de taureaux l'intéressaient, il en parlait comme d'un sacrifice rituel, d'une métaphore sexuelle et d'un rite de fertilité intégré au catholicisme espagnol et il m'offrit une copie dédicacée de quelques uns des articles qu'il avait écrit à ce sujet. Il me confia que le meilleur texte sur la tauromachie était celui écrit en 1946 par Michel LEIRIS: « <em>De la littérature considérée comme une tauromachie</em> ». Je venais justement de lire ce texte qui introduisait <em>L'âge d'homme</em>, un bouquin que j'avais bien apprécié. Il était curieux et voulut en savoir plus sur moi: il s'amusa ainsi de savoir que j'étais protestant, que je travaillais au Ministère de l'agriculture tout en faisant mes études et me raconta qu'il avait une propriété dans le Quercy. On parla de politique et de construction européenne: il était profondément attaché à la diversité culturelle et pour lui c'était en protégeant les différences régionales que l'Europe devait se construire et il prenait bien sûr l'exemple du droit à la tauromachie en Espagne ou dans le sud de la France. Enfin, il me fit une lettre d'introduction auprès de Salvador RODRIGUEZ BECERRA, qui dirigeait la <em>Fundación Machado</em>, rue Jimios à Séville, et, avant de nous séparer, il me confia que l'observation de terrain était essentielle, qu'il fallait oublier toutes les théories et qu'il suffisait finalement de se poser des questions de bon sens: Qui? Quoi? Comment? Quelle utilité? Pour quelles raisons et quels résultats? On se rapprochait là d'une démarche fonctionnaliste et, à partir des réponses à ces questions, il s'agissait ensuite de voir si on pouvait élaborer un système.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">La dernière fois, que je le vis, c'était en 1991 à Séville, le lundi saint. J'étais avec deux amis, Jean-Michel et Gilles, et après voir vu la confrérie de la Vraie Croix, dans le quartier de Saint-Vincent, nous attendions, en fin d'après midi, la sortie de la Confrérie du Musée. Une confrérie ancienne, probablement fondée en 1575, très populaire, si bien que les Sévillans sont nombreux à se rassembler sur la petite place du Musée pour assister à la sortie. Nous guettions donc l'ouverture des portes de la chapelle et, comme je dépassais tout le monde d'une bonne tête, je savais que je ne perdrais aucun détail de la procession. À quelques mètres, une autre tête émergeait de la foule. C'était Julian PITT-RIVERS qui me fit signe avec un grand sourire, de façon à ce que l'on se retrouve après le passage de la confrérie. Le cortège s'égrena, avec son contraste particulier: la partie qui précède le <em>paso</em> du Christ de l'Expiration est austère, avec des pénitents vêtus de noirs et sans accompagnement musical, tandis qu'avec la Vierge des Eaux viennent des nazaréens en tuniques blanches et cagoules noires et surtout un orchestre qui jouent de célèbres marches dédiées à la confrérie. La procession s'éloigna vers la place de la Campana et nous nous retrouvâmes. Sa femme Françoise était avec lui; elle avait à la main un exemplaire de mon mémoire: <em>"c'est le meilleur guide pour comprendre la semaine sainte</em>", me dit-elle. Un compliment qui me fit rougir. C'était le dernier mémoire de maîtrise qu'il avait accepté, si gentiment, de diriger. Et moi, misérable, incapable comme d'habitude de donner des nouvelles, je ne l'ai ensuite jamais revu.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:center;"><a href="http://ethnolyceum.files.wordpress.com/2008/04/jpr-sacrificedutaureau.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-262 aligncenter" src="http://ethnolyceum.wordpress.com/files/2008/04/jpr-sacrificedutaureau.jpg?w=196" alt="" width="254" height="388" /></a></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Véronique et le sang du sacrifice]]></title>
<link>http://ethnolyceum.wordpress.com/?p=236</link>
<pubDate>Tue, 22 Apr 2008 17:53:41 +0000</pubDate>
<dc:creator>Fred</dc:creator>
<guid>http://ethnolyceum.wordpress.com/?p=236</guid>
<description><![CDATA[Cet article est dédié à la mémoire de Julian PITT-RIVERS.
  
Frédéric Maillaut
Pendant la sema]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:right;"><span style="color:#00ff00;"><em>Cet article est dédié à la mémoire de <a title="In Memoriam" href="http://ethnolyceum.wordpress.com/2008/04/30/julian-pitt-rivers/" target="_blank">Julian PITT-RIVERS</a>.</em></span></p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://ethnolyceum.files.wordpress.com/2008/04/vero_valle22.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-249" src="http://ethnolyceum.wordpress.com/files/2008/04/vero_valle22.jpg?w=300" alt="" width="300" height="202" /></a> <a href="http://ethnolyceum.files.wordpress.com/2008/04/vero_valle1.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-247" src="http://ethnolyceum.wordpress.com/files/2008/04/vero_valle1.jpg?w=300" alt="" width="271" height="202" /></a><a href="http://ethnolyceum.files.wordpress.com/2008/04/vero_valle2.jpg"> </a></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">Frédéric Maillaut</span><br />
Pendant la semaine sainte de Séville, les mystères (<em>misterios</em>) sont des <em>pasos</em>, composés de plusieurs statues, des <em>Images</em>, qui mettent en scène un épisode précis de la Passion du Christ. La multiplication aux XVIème et XVIIème siècles de ces <em>pasos</em> répond à la volonté du Concile de Trente de rendre le dogme catholique accessible au plus grand nombre, même aux illettrés.</p>
<p style="text-align:justify;">Pour obtenir de meilleurs effets dramatiques, les sculpteurs de l'école sévillane n'hésitèrent pas à chercher de nouveaux thèmes iconographiques en dehors des évangiles. Leurs sources sont donc très variées: évangiles apocryphes (de <em>Pierre</em>, de <em>Nicodème</em> pu encore les <em>Actes de Pilate</em>), littérature franciscaine (les <em>Méditations de saint Bonaventure</em>), la <em>Légende dorée</em> de Jacques de VORAGINE et le théâtre religieux du Moyen-Âge (le <em>mystère</em> est aussi un genre théâtral qui a dominé le XVème siècle, fournissant en Espagne des oeuvres telles que les <em>Fechas para la Semana Santa</em>, de Gomez MANRIQUE, ou encore l'<em>Auto de la Pasión</em>, d'Alonso del CAMPO. <span style="color:#000000;">fmaillaut</span></p>
<p style="text-align:justify;">La confrérie de la Vallée (<em>El Valle</em>) qui sort en procession le jeudi après-midi possède ainsi un <em>paso</em> appelé la <em>Croix sur l'épaule</em> (photo ci-dessus). La composition de ce paso, qui date du XVIIIème siècle et qui est anonyme, est le fruit d'une curieuse synthèse: il met en scène simultanément l'épisode apocryphe de Véronique (sixième station du <em>Via Crucis</em>) et la rencontre avec les trois Filles de Jérusalem mentionnée par Luc (23:28) et correspondant à la huitième station du <em>Via Crucis</em>. Ainsi, Véronique essuie le visage en sueur et en sang du Christ, alors qu'il porte sa croix sur l'épaule et qu'il semble se diriger vers les trois Filles pour leur parler, et l'empreinte reste miraculeusement imprimée sur le linge. Chaque année, la confrérie place entre les mains tendues de Véronique un linge différent, avec un nouveau visage peint par un artiste local.</p>
<p style="text-align:justify;">La confrérie de la Vallée est l'héritière de l'ancienne confrérie de la Sainte Face qui rendait au XVème siècle un culte à un linge avec le visage du Christ. La figure de Véronique, que l'on retrouve incarnée par une jeune fille dans le cortège de la confrérie de Montserrat (vendredi saint, photo ci-dessous), résulte d'une tradition apocryphe assez confuse: d'après la <em>Légende dorée</em>, l'épisode de la sainte Face est antérieur à la Passion du Christ. Il semble également qu'on la confonde avec la femme atteinte d'une hémorragie depuis douze ans que Jésus a guérie (Matthieu 9:20) et qui, parfois appelée Bérénice, vient témoigner lors du procès devant Pilate (<em>Évangile de Nicodème</em> 7, et <em>Actes de Pilate</em> 7:11). Notons que Véronique a également accompagné jusqu'en 1928 l'<em>Image</em> de Jésus des Peines (confrérie de Saint Vincent) sur son chemin de croix.</p>
<p style="text-align:justify;">Véronique est populaire à Séville et, par analogie avec le geste qu'elle fit pour essuyer le visage en sang du Christ, elle a donné son nom à une passe de tauromachie, la <em>verónica</em>. En ce sens, l'image processionnelle de la Véronique renvoie à la corrida de Résurrection  qui a lieu dans l'après midi du dimanche de Pâques et qui, comme l'a démontré Julian PITT-RIVERS, conclut vraiment le rituel de la semaine sainte. Que l'on sacrifie Jésus-Christ ou le taureau, le sang du sacrifice est essuyé par un linge et, dans les deux cas, c'est Véronique que l'on appelle à la rescousse.</p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">© </span><span style="color:#000000;">fredmaillaut </span></p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://ethnolyceum.files.wordpress.com/2008/04/vero_montserrat1.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-248 aligncenter" src="http://ethnolyceum.wordpress.com/files/2008/04/vero_montserrat1.jpg?w=300" alt="" width="300" height="224" /></a></p>
<address>Cette jeune fille incarnant Véronique précède le mystère de la Conversion du bon voleur (Confrérie de Montserrat).</address>
<address> </address>
<address><span style="color:#000000;">.</span></address>
<address><strong></strong></address>
<p style="text-align:center;">
<p><span style="color:#000000;">.</span><br />
<a rel="license" href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/fr/"><img style="border-width:0;" src="http://i.creativecommons.org/l/by-nc-nd/2.0/fr/88x31.png" alt="Creative Commons License" /></a><br />
<span style="color:#00ff00;"><span>Ce texte</span> est mis à disposition selon les termes de la</span> <a rel="license" href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/fr/">licence Creative Commons Paternité-Pas d'Utilisation Commerciale-Pas de Modification 2.0 France</a>.</p>
<p><strong><span style="color:#00ff00;">Pour citer cet article:</span></strong></p>
<p><span style="color:#00ff00;">Frédéric MAILLAUT, « Véronique et le sang du sacrifice », in <em>Ethnographie de la Semaine sainte de Séville</em>, </span><span style="color:#00ff00;">Université de Paris X -Nanterre, octobre 1989, 200 pages</span><span style="color:#00ff00;">. [Mis en ligne sur <em><strong>ethnoLyceum</strong></em> le 1er mai 2008]. URL: http://ethnolyceum.wordpress.com/2008/04/22/veronique-et-le-sang-du-sacrifice/</span></p>
]]></content:encoded>
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