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	<title>sophocle &amp;laquo; WordPress.com Tag Feed</title>
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	<description>Feed of posts on WordPress.com tagged "sophocle"</description>
	<pubDate>Sat, 06 Sep 2008 03:28:55 +0000</pubDate>

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<title><![CDATA[La tragédie grecque à l'âge classique]]></title>
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<pubDate>Mon, 07 Jan 2008 18:52:04 +0000</pubDate>
<dc:creator>V.</dc:creator>
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<description><![CDATA[Puisse ceci servir à quelqu&#8217;un, et s&#8217;il y a des fautes, vous pouvez me le signaler (cec]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>Puisse ceci servir à quelqu'un, et s'il y a des fautes, vous pouvez me le signaler (ceci est une fiche barbare, rédigée par mes soins, et très mal, mais si la forme est déplorable il doit y avoir quelques éléments pour le fond):</p>
<p>La Tragédie grecque à l'âge classique</p>
<p><strong>I-Origine :</strong><br />
<u>a) Le nom :</u></p>
<div ALIGN="justify">  L’origine de la tragédie peut être étudiée dans un premier temps au point de vue de la formation du nom, qui provient du grec <i>tragôidia</i>. Ce nom réunit deux éléments : <i>-ôida, -ôidos</i> qui se rattache à la notion de chant et <i>tragos</i> qui désigne le bouc, dont la présence demeure encore inexpliquée. Fait-elle référence à un animal offert en récompense au vainqueur du concours ? Ou les participants étaient-ils déguisés en bouc en l'honneur des Satyres accompagnant Dionysos ? Un bouc était-il offert en sacrifice au cours de la cérémonie ? Toutes ces interprétations rappellent le lien qui unissait en Grèce antique tragédie et religion.</div>
<p><u>b) Historique :</u></p>
<div ALIGN="justify"> La tragédie grecque est née de l'évolution de plusieurs genres, dont l'apport est apprécié diversement par les auteurs de l'époque.</div>
<div ALIGN="justify">*Les chœurs tragiques dériveraient de<strong> cantates</strong> chantées et dansées en l'honneur de héros morts (plus particulièrement Adraste). Le culte de ce dernier fut interdit par le tyran de Sicyone qui transféra les hommages rendus au héros vers le culte de Dionysos (dieu des ambiguïtés : mort-vie, homme-femme, du vin et de ses excès, de la folie, de l’étranger, de la vie foisonnante et du théâtre). Cette hypothèse est notamment mentionnée par Hérodote.</div>
<div ALIGN="justify"> *Aristote propose quant à lui une autre version dans sa Poétique : la tragédie serait issue d'improvisations, plus précisément des <strong>manifestations dithyrambiques</strong>, dans lesquelles les fidèles (souvent ivres) forment une ronde endiablée, tournant et chantant pour célébrer le dieu. Le dithyrambe passe ensuite à l'écrit et est appris par le choreute (membre du chœur) pour devenir véritablement tragique.</div>
<div ALIGN="justify"> *La tragédie emprunte également à<strong> l'épopée</strong>, avec le modèle très imité d’Homère, sur le plan formel (récit du messager), mais aussi sur le plan du fond, puisqu'elle reprend les mythes (récit portant sur un passé éloigné que le poète n'a pu connaître et rapportant ce que tous doivent connaître :  Dieux, origine de l’homme...) et légendes véhiculés par l'épopée, avec ses héros connus de tous, mais la tragédie se concentre sur un seul épisode. D'autres transformations sont effectuées : les héros cessent d'être des modèles pour devenir des êtres « problématiques », avec leurs faiblesses ; les histoires sont parfois changées pour supprimer les passages les plus horribles car la présence « réelle » des héros sur scène frappe plus que le récit du poète (cette proximité permet de toucher le spectateur, le spectacle restant supportable grâce à l'éloignement temporel du héros issu d'un mythe). Enfin la tragédie va vers une interprétation du mythe.</div>
<p ALIGN="justify">La <strong>diffusion</strong> de la tragédie est progressive : on trouve ses premières traces à Sicyone (Péloponnèse) puis ensuite l'Attique (où a lieu la première véritable représentation par Thespis en 534 au cours de Dionysies données par Pisistrate et où, pour la première fois, le chœur tragique cesse de n'être qu'une lamentation pour avoir une intrigue). La tragédie continuera à se répandre pour devenir l'élément le plus important des Dionysies au Ve siècle.</p>
<p><strong>II- Organisation :</strong><br />
<u>a) Les fêtes :</u><br />
<i>1- le moment :</i></p>
<div ALIGN="justify"> Les représentations ont lieu au cours de différentes fêtes en l'honneur de Dionysos, durant lesquelles se déroulent des concours tragiques. Il y a alors trois fêtes : les Lénéennes (en janvier) durant lesquelles sont présentées quatre tragédies, les Dionysies rurales (en décembre) peu connues, et les Dionysies urbaines ou Grandes Dionysies (fin mars) qui étaient les plus importantes. Celles-ci se tenaient à Athènes durant sept jours, les quatre derniers étant consacrés aux concours dramatiques (trois jours pour la tragédie et le dernier pour la comédie).</div>
<p><i>2- l'organisation :</i></p>
<div ALIGN="justify"> Les cérémonies étaient dirigées par un haut magistrat : l'archonte éponyme (tiré au sort pour un an), qui sélectionne les participants, recrute les acteurs, les chœurs et tire au sort les juges au nombre de dix. Il choisit également les chorèges (un par poète), citoyens riches (cette charge représente un honneur fait par la cité) qui auront à leur charge l'entretien, les répétitions du chœur, les costumes et décors tandis que la cité assurera le financement du reste. Pour les Grandes Dionysies, trois poètes sont sélectionnés et doivent chacun présenter une tétralogie, soit trois tragédies, sur un même thème ou non, et un drame satyrique. Les poètes sont leur propre metteur en scène, compositeur et chorégraphe, parfois même acteur.</div>
<p><u>b) Lieu :</u><br />
<i>1- le théâtre :</i></p>
<div ALIGN="justify"> Les représentations ont lieu à l'air libre, la plupart des théâtres se trouvant appuyés à une colline, en bordure de la ville.</div>
<p><a HREF="http://unbalconenforet.wordpress.com/files/2008/01/sans-titre-1.jpg" TITLE="sans-titre-1.jpg"></p>
<div STYLE="text-align: center"><img SRC="http://unbalconenforet.wordpress.com/files/2008/01/sans-titre-1.jpg" ALT="sans-titre-1.jpg" /></div>
<p></a></p>
<div ALIGN="justify"> *<i>théâtron </i>: équivalents des gradins, ils sont en demi-cercle autour de la scène et les premiers rangs sont réservés aux personnes de haut rang, dont le prêtre de Dionysos.*<i>orchestra</i> : scène, lieu où se tiennent les acteurs et le chœur. Elle est circulaire et en terre battue. Plus tard elle pourra être pavée.</div>
<p ALIGN="justify">*l<i>ogeion</i> (lieu d'où l'on parle) : il n'apparaît qu'après l'âge classique. Les acteurs montaient dessus pour prendre la parole afin d'être mieux vus du public.</p>
<p ALIGN="justify">*<i>skènè</i> : baraque en bois présente derrière l'orchestra, elle joue le rôle de coulisse, puis plus tard de support aux décors.</p>
<p ALIGN="justify">*<i>parodos et eisodos</i> : tranchées par lesquelles acteurs et spectateurs entraient et sortaient.</p>
<p><i>2- la machinerie :</i><br />
On trouve principalement trois machines en Grèce :</p>
<div ALIGN="justify"> *l<i>a mèchanè </i>: sorte de grue permettant de faire « apparaître » un personnage au-dessus de la skènè (un dieu, par exemple).</div>
<div ALIGN="justify"> *<i>le brontêion</i>  imite le bruit du tonnerre. C’est baril de pierre dont l'intérieur est couvert de métal et qui en roulant produit un grondement.</div>
<div ALIGN="justify"> *<i>l'encyclème ou eccyclème</i> : sorte de plate-forme qui peut avancer afin de donner l'impression qu'un personnage est à l'intérieur d'une maison.</div>
<p><u>c) Participants :</u><br />
<i>1- Acteurs :</i></p>
<div ALIGN="justify"> Les acteurs sont trois au maximum : le protagoniste, le deutéragoniste et le tritagoniste, ils se partagent tous les rôles, qu'ils s'échangent parfois ; ainsi un même personnage peut être joué au cours de la pièce par plusieurs acteurs. Les acteurs sont tous des hommes et leur rôle est signalé par leur costume et leur masque. Le masque, en toile, bois ou liège, permet de distinguer les personnages : blanc pour la femme, sombre et barbu pour l'homme, les vieillards sont chauves et portent une barbe blanche, les hommes mûrs une barbe noire, tandis que les jeunes gens sont imberbes. Les masques du Ve siècle sont sans doute assez inexpressifs. Ils peuvent également avoir pour rôle d'amplifier la voix. Le costume est une robe à manches longues et aux couleurs chatoyantes. Ils portent aux pieds des bottines ; les cothurnes, qui les rendent plus visibles du public n'apparaîtront qu'à l'époque hellénistique.</div>
<p><i>2- Chœur :</i></p>
<div ALIGN="justify"> Il est composé de quinze membres, les choreutes, qui chantent et dansent tous ensemble. Ils sont dirigés par le coryphée qui chante également, mais parle aussi avec les acteurs. Le chœur est masqué et costumé. Il est accompagné par la flûte, associée au culte de Dionysos et dont joue l'aulète, seule personne non masquée dans le théâtre. Le chœur représente la voix d'un groupe, souvent du peuple ou d'une partie de celui-ci (les femmes, ...)</div>
<p><u>d) Structure de la pièce :</u></p>
<div ALIGN="justify"> La pièce se partage entre les parties lyriques, chantées et dansées (divisées en triade : antistrophe, strophe et épode) et parties parlées, dans un mètre plus simple (le trimètre iambique), plus naturel.<br />
Les tragédies présentent à l'âge classique une structure fixe :</div>
<div ALIGN="justify"> *un<i> prologue</i> très court, où un personnage, qui ne réapparaîtra pas dans la plupart des cas, présente l'intrigue.</div>
<p>*le<i> parodos</i> : entrée du chœur chantant</p>
<div ALIGN="justify"> *les épisodes (équivalents d'actes) qui sont : soit des scènes (monologue ou dialogue), soit des<i> kommos</i> (dialogue acteurs/coryphée), soit des<i> monodies</i> (chant d'un acteur)</div>
<p>*le <i>stasimon</i> : chant et danse du chœur entre les épisodes<br />
<i>*l'exodos</i> : sortie du chœur chantant.<strong>III- Les fonctions de la tragédie :</strong><br />
<u>a) Politique :</u></p>
<div ALIGN="justify"> La tragédie par sa capacité à rassembler le peuple autour de ses représentations et par ses thèmes a un rôle intégrateur. Elle lie les spectateurs du présent aux mythes du passé et donc aux héros d'autrefois, elle lie aussi les spectateurs entre eux, en rapprochant tous les membres de la société : femmes et enfants peuvent aller au théâtre, et des aides financières sont fournies par la cité pour que les plus démunis puissent assister aux représentations ; on ignore cependant si esclaves et métèques se rendaient souvent au théâtre, bien que cela soit possible.</div>
<div ALIGN="justify"> La tragédie est également un opérateur idéologique, qui transmet les anciennes valeurs à toutes les couches de la société : par exemple, la domination des hommes sur les femmes, des adultes sur les enfants, des maîtres sur les esclaves, des eugeneis (bien-nés)  sur le peuple ainsi que les valeurs de la classe dominante telles que la gloire, l’honneur, pathei mathos (enseignement par la douleur)</div>
<p><u>b) Religieuse :</u></p>
<div ALIGN="justify"> Les cérémonies au cours desquelles sont présentées les tragédies sont les héritières des cultes agraires célébrant la fertilité/fécondité, qui rassemblent la population autour d'un imaginaire issu des mythes, qui même s'il a disparu d'une Athènes très urbaine, contribue au rassemblement de la population et à sa continuation. Elle permet également d’accéder au jeu avec le faux et la folie (un acteur est quelqu’un qui agit comme s’il était un autre), dont Dionysos est le représentant et donc de participer ainsi à son culte.</div>
<p><u>c) Catharsis :</u></p>
<div ALIGN="justify"> C'est Aristote qui définit l'objectif de la tragédie dans la Poétique, à savoir la catharsis. Le spectacle doit provoquer la terreur et la pitié des spectateurs face au spectacle des passions, afin de les dissuader d'emprunter cette même voie. Elle montre dans ce but les conséquences catastrophiques des passions. Ainsi l'imitation (mimésis) par les acteurs d'actions spécifiques provoque la crainte et la pitié du spectateur qui est alors prêt à la « purgation » (catharsis). L'âme peut donc être purifiée par les excès d'un message mythique.</div>
<p><strong>IV- Les thèmes :</strong><br />
<u>a) L'inspiration :</u></p>
<div ALIGN="justify"> Les dramaturges tirent leur inspiration de l'histoire et de la politique, mais surtout, dans une grande majorité des cas, de la mythologie, avec ses grands cycles épiques (cycle troyen, thébain...). Ainsi le suspense n'est pas de mise dans la tragédie, puisque les personnages et le dénouement sont toujours connus des spectateurs, même si les auteurs peuvent faire varier des éléments d’un mythe.</div>
<p><u>b) La fatalité :</u></p>
<div ALIGN="justify"> La tragédie illustre à travers ses diverses formes la présence de la fatalité, bien qu'elle ne soit pas définie par les Grecs (Aristote ne s'y intéresse pas). Les hommes agissent dans un monde gouverné par les  Dieux et dont ils ne maîtrisent donc pas la causalité, leurs destins semblent ainsi soumis à des forces supérieures, même lorsqu'ils ont l'impression d'être libres, et c'est lorsqu'ils arrivent au plus profond du malheur qu'ils prennent conscience de la nécessité de leur destin (gouverné par les  Dieux, ou l'hérédité pour certaines familles). Lorsque le héros cherche à se révolter contre les  Dieux, il fait preuve de démesure (hybris) et se dirige ainsi vers son malheur, ce qui s'inscrit dans l'un des motifs de la tragédie : le héros coupable et innocent en même temps (puisque enchaîné à son destin, mais provoquant aussi son malheur en se révoltant contre ce dernier).</div>
<p><u>c) Scènes « classiques » :</u></p>
<div ALIGN="justify"> Certaines scènes sont des passages obligés d'une tragédie, et sont attendues du public : l'agôn (scène d'affrontement rhétorique entre deux personnages), la scène de reconnaissance (entre Oreste et Electre par exemple), la supplication, le récit du messager.</div>
<p><strong>V- Les principaux auteurs :</strong><br />
<u>a) Eschyle : (526-456)</u></p>
<div ALIGN="justify"> Premier des tragiques grecs classiques, son théâtre est centré sur la religion et la morale, avec un message fort : les  Dieux punissent l'hybris (démesure), cependant un pardon est possible.</div>
<p>Pièces intactes : (entre autres)<i> L'Orestie</i>, qui comprend<i> Agamemnon, Les Choéphore </i>et<i> les Euménides</i><u>b) Sophocle : (495-406)</u></p>
<div ALIGN="justify"> Premier à employer trois acteurs, il donne souvent une portée philosophique à ses pièces, cependant il marque une évolution par rapport à Eschyle en se centrant davantage sur l'homme toujours digne, bien que jouet des illusions.</div>
<p>Pièces intactes : <i>Ajax, Antigone, Les Trachiniennes, Œdipe roi, Électre, Philoctète, Œdipe à Colone</i><u>c) Euripide : (480-406)</u></p>
<div ALIGN="justify"> Auteur plus individualiste, il met en scène les personnages en insistant sur leur psychologie et il fait preuve d'inventivité pour renouveler les mythes en ajoutant ou retranchant des épisodes, tout en gardant une dimension morale et politique.</div>
<p>Pièces intactes (entre autres) <i>Médée, Les Héraclides, Hippolyte porte-couronne (</i>ou<i> couronné), Andromaque</i></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Antigone, Eros et politique]]></title>
<link>http://venezuelatina.com/2007/12/10/antigone-eros-et-politique/</link>
<pubDate>Tue, 11 Dec 2007 01:00:38 +0000</pubDate>
<dc:creator>Jean-Luc Crucifix</dc:creator>
<guid>http://venezuelatina.com/2007/12/10/antigone-eros-et-politique/</guid>
<description><![CDATA[
Samedi dernier, je suis allé voir Antigone de Sophocle, dans la version sulfureuse de la troupe Pr]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-446" src="http://venezuelatina.wordpress.com/files/2008/08/antigona11.jpg" alt="" width="440" height="205" /></p>
<p>Samedi dernier, je suis allé voir Antigone de Sophocle, dans la version sulfureuse de la troupe <em>Prosopon et Ius</em>, que dirige Carlos Danez.</p>
<p>Du théâtre brut, à petit budget, qui fait penser à une espèce d'<em>Arte Povera</em> sur planches : aucun luxe, aucun chichi, mais une mise en scène crue, réalisée avec les moyens du bord. Une pauvreté de moyens que venaient compenser une créativité délurée et une provocation constante.</p>
<p>Des seins, des sexes, on en a vus, dans cette Antigone-là. C'est que les interprétations de pièces classiques par <em>Prosopon et Ius</em> se sont toujours nourries d'une vision libertaire de la Grèce antique, une vision pré-judéo-chrétienne qui n'en a que faire de nos tabous. Antigone, femme, ne pouvait manquer de faire la part belle à l'éros comme entité cosmique primordiale, force primitive, principe animateur et ordonnateur de l'univers. En un mot, figure centrale de la culture et la société grecque.</p>
<p>Les acteurs pouvaient être de qualité diverse (et ils l'étaient). N'importe, tous jouaient excellemment de leur corps, portés par un jeu d'illumination subtil qui montrait et cachait, selon le moment. L'ajout inopiné, à la fin, d'un serpent s'enlaçant autour des corps ajoutait encore à cet érotisme débordant, mais juste.</p>
<p>Par ailleurs, l'emploi d'un langage direct et spontané, inspiré de la culture populaire vénézuélienne (« <em>¡no jodas!</em> »), venait renforcer le parti-pris du metteur en scène : rendre la tragédie brute, brutale, essentielle.</p>
<p>Au total, c'était une interprétation juste et forte de la tragédie de Sophocle. D'autant plus forte qu'elle résonnait dans un pays secoué depuis des années par la politique. Impossible en effet, dans ces conditions, de ne pas penser à un certain président en voyant le roi Créon vociférer au nom de l'autorité et de l'ordre. Impossible de ne pas penser à une certaine opposition en entendant Antigone argumenter l'illégitimité de la décision royale en se réclamant de la loi divine et éternelle...</p>
<p>Anti...gone ou anti...chaviste? Voilà Sophocle poussé, par la force des choses, là où il n'aurait jamais pensé se rendre, au cœur du socialisme de XXIe siècle! Quant à Carlos Danez, directeur de la troupe, il devait bien se rendre compte –il n'est pas idiot– que le simple choix de monter Antigone est un acte éminemment politique dans le Venezuela de 2007.</p>
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