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	<title>these-sur-tumulte &amp;laquo; WordPress.com Tag Feed</title>
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	<description>Feed of posts on WordPress.com tagged "these-sur-tumulte"</description>
	<pubDate>Thu, 21 Aug 2008 11:09:52 +0000</pubDate>

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	<language>en</language>

<item>
<title><![CDATA[Lecture]]></title>
<link>http://amontour.wordpress.com/?p=68</link>
<pubDate>Mon, 31 Mar 2008 14:33:32 +0000</pubDate>
<dc:creator>Constance Krebs</dc:creator>
<guid>http://amontour.wordpress.com/?p=68</guid>
<description><![CDATA[
Pierre Ménard me demande de lire une page 48 de mon choix. Naturellement, et pour éviter de me di]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><a href='http://amontour.wordpress.com/files/2008/03/tuumlte-p-48-2.jpg' title='tuumlte-p-48-2.jpg'><img src='http://amontour.wordpress.com/files/2008/03/tuumlte-p-48-2.jpg' alt='tuumlte-p-48-2.jpg' /></a></p>
<p>Pierre Ménard me demande de lire une <a href="http://page48.blogspot.com/">page 48</a> de mon choix. Naturellement, et pour éviter de me disperser davantage, je choisis Tumulte. Et comme c'est mon anniversaire, et que c'est écrit dans mon profil Facebook, Pierre met en ligne l'enregistrement aujourd'hui... Merci, Pierre.</p>
<p>Or, Tumulte se lit dans deux versions, ce qui donne deux pages 48. Une sur le site (fermé depuis, ou presque) - et qui arrive fin juin 2005, soit à peu près 48 jours après le début du roman. Une deuxième, imprimée, qui est, selon la définition qu'en donne Pierre Ménard, aléatoire et répétitive. L'exercice m'amuse car il sort toujours quelque chose du hasard. Et puis c'est un procédé labyrinthique qui fascine tous les afficionados du Net.</p>
<p>Pendant ces lectures - puisqu'il y en a deux, du coup - j'ai mesuré à quel point la lecture à voix haute peut faire prendre conscience d'un texte. Comment une lecture peut être plate, une autre fausse, une troisième qui fait entendre les voix - enfin, j'ai essayé. Comme on se rend compte alors du travail des comédiens, qui arrivent à faire sentir en une inflexion, un soupir, une respiration toute la sensibilité et la tension d'un texte, sa profondeur, comment ils transforment ce texte en autant de personnages qui le rassemblent à leur tour en un Dit.</p>
<p>A quel point, dans le cas de cette page 48 du site, les voix s'identifient, se singularisent, se différencient enfin quand la lecture semble trouvée. Même si celles-ci ne sont qu'implicites. On pense à Beckett. On se redit qu'il faudrait lire Eschyle. [Demander à Bruno quoi - d'abord puis après. Ou à Michel B.]</p>
<p>L' importance du théâtre pour FB, qui court dans ces textes, à petites foulées, précises. Je n'aime pas le théâtre. Ou plutôt je n'aime pas ce que l'on a fait du théâtre, avec ce côté artificiel qu'on a donné à la voix pour qu'elle porte, cet aspect outré des personnages qui ne sont plus que des marionnettes, trop éclairées, trop maquillées, hurlantes, à la gestuelle factice, les décors souvent tartes, mêmes si. J'aime le spectacle qui n'est pas spectaculaire, qui fait oublier la représentation pour faire résonner le texte. Qui atteint la vérité, enfin la justesse. Mais c'est peut-être ça, le théâtre... </p>
<p>Dans le travail de FB, transparaît sans cesse une voix. Elle est dans la tête d'un narrateur, ou d'un personnage (même s'il n'est pas un personnage au sens où on l'entend habituellement, ni articifice, ni convention dans ce terme d'école), elle est off, en quelque sorte, et c'est elle qui recadre le théâtre dans ce que la couverture des livres indique comme étant des romans. "Est-ce que ce n'est pas aussi tout cela, le roman?" (4e de couv de Tumulte, Fayard, sept 05.) Du coup, par cet artifice, pas d'artifice. La voix est là. La lisant, on se l'approprie. Elle prend place, donne du sens à ce qui se déroule.</p>
<p>Dans ses voix off sonnent presque un théâtre de rue. Non pas au sens de cirque, mais un théâtre qui, de par sa seule présence dans le roman, deviendrait comme un spectacle en pleine rue, fantastique, et auquel on participerait - comme dans un rêve les personnages dialoguent le plus naturellement du monde alors qu'ils se trouvent dans des endroits incongrus dans la vie, et mouvants. </p>
<p>De même ces personnages sans noms ni visages du texte 48, qui se parlent mais s'écoutent à peine, se demandant ce qu'ils font dans cette ville de béton, de ciment, d'escaliers et de portes blindées, de parkings fermés en plein ciel - et mes propres rêves alors, peuplés par la machine, qui n'en sortaient pas car chaque jour la lecture de ces textes que j'identifiais comme à moi adressés, happée que j'étais par l'éblouissement de l'écran et par ce dialogue envisageable avec l'auteur, ou les textes, et la possibilité donnés par les commentaires. [Cette question qui m'avait troublée plus que de raison : "Mais... Pourquoi t'écris pas?", et l'envie que je n'avais jamais formulée clairement, l'impression de lâcher-tout qui m'a saisie, les figures du frère, du père, qui brillent à cause de leur absence.] Les tuyaux que j'imaginais derrière l'écran pour faire toute cette bidouille informatique, ces tuyaux qui formaient mon écran de veille et dont je ne sortais pas puisqu'à l'infini ils se développaient, changeant de couleur, avançant, reculant, et les personnages de ce texte 48 qui essaient eux aussi de sortir de cette ville, englués dans un trou et dans le bruit de ce monde-ci mais sans percevoir ce qu'il y a de l'autre côté - et qui est peut-être la vie.</p>
<p>[Toutes les nuits, réveil vers une heure et demie par des coups sourds, réguliers, lents. Les battements de mon coeur? Non, trop lent. Le voisin sourd qui ne perçoit que les basses, qui aurait oublié sa télé? Non. Par signes, il dénie. Le métro, plus bas, sous la terre? J'ai interrogé les marchands de tickets (il y en avait encore en 2005, maintenant remplacés par des machines). Non, pas de réparation sur la ligne. Les coups sourds continuent. C'est le bruit de la ville. Sur notre colline, on entend les tunnels de tout Paris, les presses qui tournent pour les journaux du matin, les voies qu'on restaure, les coups qu'on donne ici et là, les robots des usines, les ordis des bureaux, les voitures, camoins, bus et trains qui jamais ne s'arrêtent vraiment, les travaux incessants - et l'immeuble à structure métallique répercute. Ca vient jusqu'à mon lit. C'est le Tumulte? Plus tard, j'ai supposé : c'est le pétrin du boulanger du rez-de-chaussée, qui tourne, automatique. Je n'ai pas vérifié. Je préfère garder l'idée d'une ville qui ferait du bruit toute seule, la nuit, quand les gens qui la peuplent y dorment et s'en reposent. C'est un tumulte, ça, aussi.]</p>
<p>Mais non, c'est un mur. Car la vie est ici. Même si on ne s'y plaît pas dans cette ville bruyante, laide, aux perspectives tronquées par des barres d'immeubles et des voies express, et qui fait que les enfants se jettent du haut des tours, qu'ils incendient des voitures, selon une même geste désespérée, vaine. La vie de Tumulte, c'est celle-là. Et l'écran, ce qui s'y reflète. Les nouvelles, journaux, radio, télé pour la plupart : tout passe par l'écran. La ville est là. Les mots, on les garde pour plus tard, en silos, dit FB. </p>
<p>Pourtant dans ce dialogue de voix off, où l'on ne voit rien - c'est une pièce radiophonique, mais qu'on lit -, en quelques lignes, FB atteint le fantastique. De là cette étrange impression que les personnages (les voix) ne sont pas placés artificiellement sur un plateau mais qu'ils se déplacent, comme toi, comme vous, comme moi, comme nous, dans une ville. Qu'ils s'y trouvent si mal à l'aise que les mots leur viennent en aide - et qu'on décolle vers le fantastique, grâce à une langue soudain hors du cadre. Hors champ.</p>
<p>C'est proche d'une sensation de rêve. L'écriture de Tumulte a commencé au milieu d'une insomnie, en pleine nuit. Entre veille et sommeil - et par de nombreux récits de rêves, construits comme des exercices. Comme des exercices d'atelier d'écriture. Lisant ces textes, d'abord sur écran noir, ce qui accentue le côté nocturne, puis (à ma demande et sans doute d'autres fatigués par leur lecture de signes blancs sur fond noir), sur écran blanc, le lecteur est happé par leur teneur. Le sens n'apparaît pas tout à fait. On flotte, entre éblouissement et attention. Puis on relit, sur le même support, ou un autre. On croit comprendre (mais pourquoi vouloir comprendre toujours? C'est si bon de se laisser porter par le rythme et la musique des mots).</p>
<p>Le rêve n'est jamais que l'immersion de soi dans un décor mouvant, flottant, changeant, mais qui semble réel. Le fantastique fonctionne comme l'inversion du rêve : c'est l'apparition soudaine de l'incongru, de l'invraisemblable, de la folie dans le réel le plus cru. Pour qu'il fonctionne, pas de fantaisie. Juste une rigueur, et un ton, toujours basée sur la narration: rythme, tempo qui tiennent la phrase à flot, à la limite de la bascule. Que le lecteur ne sente presque pas la bascule dans le fantastique, que le rythme et la tension lui fasse oublier le vocabulaire et le déplacement qu'il induit.</p>
<p>Puis, grâce à Pierre Ménard, la lecture à haute voix donne un autre sens. Révêle la sensation d'étouffement que ressentent ces voix de la page 48. Me renvoie à ma propre sensation de noyade dans un océan mouvant de mots, de signes, de lettres, d'images. Enfin le sens émerge. Le temps passé m'a remise à flots. Et ma voix a pu me révéler celles des acteurs qu'on n'identifient pas davantage. Dans ce théâtre qu'ils jouent pour eux-mêmes, ils se perdent. Butent sur des murs, s'y cognent. Ca résonne. Les bifurcations sont proches.</p>
<p><em>disposition spatiale<br />
&#124;perspective scène&#124;<br />
françois bon &#124; tumulte</p>
<p>C’est une impasse, dit l’acteur (il revient du fond de la scène).</p>
<p>J’ai regardé, c’est un mur, au fond, et rien sur les côtés. Du ciment, lisse, très haut, rien à faire, dit l’acteur.</p>
<p>On s’imagine toujours être dans une impasse, dit l’actrice, face public, au proche. Parfois c’est seulement dans la tête : on ne voit pas la solution, et pour le sol que vous avez sous les pieds, ce n’est pas celui qui convient.</p>
<p>J’ai vraiment palpé les bords, dit l’acteur. Le premier mur il y a une chicane, on passe la chicane, c’est une allée. Par dessus les murs de ciment on ne voit rien, ce qu’il y a de l’autre côté je ne sais pas. Je suis allé au bout, peut-être je me disais il y aura une autre chicane. Non, rien, c’est lisse.</p>
<p>Quelqu’un, demande l’actrice.</p>
<p>Ils sont partis, dit l’acteur. Il y a des traces. On le sent bien, quand des gens sont passés. Il y a une porte de métal sur le côté, au bout, mais là fermée. J’ai regardé par la serrure, de l’autre côté une cour, avec encore des murs, les mêmes.</p>
<p>C’est dans la tête, dit l’actrice. Tu as considéré toutes les solutions. Repartir d’où on vient, on ne veut pas. Et puis même, ça ne marcherait pas. On voudrait rebrousser chemin, on ne retrouverait personne : les autres aussi ont suivi leur route. Alors on est là, on essaye de faire le point, de visualiser en somme : qui on est, où aller, et ce qu’on cherche.</p>
<p>Ce serait une ville, dit l’acteur, on apercevrait quelque chose, par dessus les murs ? Ce serait une enfilade, un labyrinthe, un truc fait exprès, on trouverait la solution : il nous a fallu combien de cours, d’enfilades, de portes de métal et chicanes pour que je vous trouve, vous, ici, qui attendez ? Moi je ne veux pas me laisser faire.</p>
<p>On reste sur place en fait, dit l’actrice. Votre paysage mental est riche, fait de visages, de fenêtres et de lieux. Vous prenez habitude, vous continuez votre vie, et puis il vous semble que la ville et les autres s’éloignent. Pour vous, toujours là, au même endroit, mais cette fatigue, oui, parfois. Et les autres, lentement, comme si grandissait le chemin qu’il y avait à faire, vers la ville, vers les visages, pour faire les courses les plus simples, même, ou l’appel que vous lancez.</p>
<p>Vous voulez dire qu’il y aurait là un téléphone ?</p>
<p>Peut-être rien que cela, une distension, un espace plus large, et forcément les objets, les choses : dépouillées.</p>
<p>Si c’est une impasse, en remontant par là on trouverait une bifurcation ? Je vous laisse (il part).</p>
<p>Rien n’a bifurqué jamais, si vous êtes fidèle à quelques voix, et si peu de visages ; chacun les connaît bien, en soi-même. Et puis le ciel s’était fait plus blanc, et tendu comme une toile. Et puis le sol, sous les pieds, oui, bombé. Dans cette période-là j’avais avancé. Moi aussi je suis allée voir, là-bas, au bout, la porte de fer. Dans la serrure, on aperçoit une autre cour pareille, et des murs encore. J’ai repensé, à moi-même, et à ce temps où cheminer vers les autres devenait plus lointain, plus large. On a cette fidélité au dedans de soi-même, voilà.</p>
<p>marelle : série saltimbanques _ précédent _ suivant _</p>
<p>© François Bon _ 28 juin 2005</p>
<p></em></p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Boucles et kaléidoscope]]></title>
<link>http://amontour.wordpress.com/?p=13</link>
<pubDate>Wed, 06 Feb 2008 07:39:30 +0000</pubDate>
<dc:creator>Constance Krebs</dc:creator>
<guid>http://amontour.wordpress.com/?p=13</guid>
<description><![CDATA[
Quand je vais travailler, je prends le métro. Dans le métro, s&#8217;il n&#8217;est pas trop bond]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://amontour.wordpress.com/2008/02/06/boucles-et-kaleidoscope/14/" rel="attachment wp-att-14" title="algues.jpg"><img src="http://amontour.wordpress.com/files/2008/02/algues.jpg" alt="algues.jpg" /></a></p>
<p><i>Quand je vais travailler, je prends le métro. Dans le métro, s'il n'est pas trop bondé, c'est-à-dire quand je peux déplier les bras de sorte à ne pas avoir le livre collé aux yeux, je lis. Forcément, c'est une lecture morcelée, aux bribes interrompues par les changements et l'arrivée. Quelquefois, quand il ne pleut pas trop, je poursuis ma lecture dans la rue. Et j'arrive, prête pour une journée de boulot. En ce moment, peut-être à cause du sentiment que j'ai d'être tout le temps en retard sur tout, </i>Prison<i>.</i></p>
<p>A la lecture de textes antérieurs à Tumulte, on est frappé par l'architecture en boucles des textes de François Bon. Comme des vagues, qui avancent et refoulent légèrement avant de fouler le sable à nouveau, le texte avance, monte - pour aboutir en un contrepoint qui clôt le paragraphe.</p>
<p>Puis un autre paragraphe l'enchaîne, qui montre le même événement, le même lieu ou le même personnage, sous un autre angle, selon une voix différente, avec un autre regard - comme légèrement décalé à chaque fois, ou vu de côté. Mais montant toujours, repoussant les algues qui flottent à la surface vers la grève. Laissant derrière elles un petit tas noir, emmêlé, qui sèche sur le sable - les sanglots étouffés du lecteur impuissant? la boule qui prend à la gorge et qui étouffe? la colère et l'énergie?</p>
<p>Enfin, tout se recompose aux yeux du lecteur qui soudain prend du champ. Le récit s'est doucement mis en place, avec au centre tel ou tel. Ainsi de <i>Prison</i>, Brulin qu'on imagine derrière ses cheveux longs et ses lunettes cassées, puis qu'on voit en "voyage" avec la "Cosworth" qu'il a "prise" - mais d'ailleurs, s'agit-il de Brulin ou de celui qu'il l'a remplacé, Tignass, peu importe, puisque les textes qui se rejoignent ici se retrouvent par la voiture. C'est la Ford qui marque le carrefour, c'est elle dont on parle, qui a transporté ses voyageurs, non pas vers la mer et l'île de Ré projetée, mais d'un délit vers la faute, le crime et la taule.</p>
<p>Dans <i>Le Crime de Buzon</i>, pareil. Les gars qui ensemble sortent de taule, l'un invitant l'autre à venir habiter quelque temps chez sa mère avec lui. Ce qu'implique pour lui au long de ce voyage le retour à la maison, les chiens, la grange, les premières lectures avec le vieux dans la grange (évidemment on pense à Chaissac qui malgré la misère et la crasse a su faire éclore sa sensibilité et son humour). Comment ce retour est vécu par lui selon ses différentes humeurs, selon l'attitude qu'aurait eue le copain, si le copain est encore là ou pas. Comment il revit les moments d'avant la prison, d'avant la bascule.</p>
<p>Déjà dans <i>Sortie d'usine</i>, ce mouvement cirulaire, giratoire, du transpalettes. Le Fenwick entrait dans la longue bâtisse où des hommes travaillaient, il allait au bout de la chaîne, là où sont exposées les photos les plus crues, où s'activent les mains les plus calleuses ou tronquées; il prenait un truc à balancer, une palette, de la ferraille en général, il faisait une sorte de huit allongé pour passer partout.</p>
<p>Pas de chauffeur nommé, dans la machine. Le cariste n'a pas d'existence, de toute façon, c'est le transpalettes qui est comme aimanté par les tâches à accomplir (du moins dans mon souvenir, je n'irai pas vérifier maintenant).</p>
<p>Le transpalette continue ses allers et retours, ses va-et-vient parmi les hommes qui se découvrent, se connaissent mieux, s'apprécient parfois. On l'oublie. Mais l'architecture du roman s'accomplit comme un destin tragique. La boucle revient. Un coup, un choc. Tout rouge, noir. Puis le transpalette qui sort, un corps allongé en travers. Pas dans le même sens que ce qu'il trimballe d'habitude. Sortie d'usine.</p>
<p>La boucle forme l'architecture de la tragédie. Toujours elle fait pressentir au lecteur  ce qui va advenir. Elle maintient le suspense. On a des éléments, mais ils sont flous encore. On a besoin d'en savoir plus (c'est un vieux truc d'auteur, ça, et d'éditeur qui veut vendre, mais Bon ne travaille pas comme ça). On ne comprend pas tout, on sent qu'il faut prendre du champ, alors on avance dans sa lecture, et on achoppe sur une autre boucle, un autre regard de biais. Le sentiment, confus, qu'il va y avoir au bout une bascule, qui va tout précipiter dans - quoi? le néant? la prison? le crime? le  destin? -, du fond duquel on ne pourra pas sortir indemme.</p>
<p>Mais aussi, dans cette bascule, vient comme un balancier le sentiment que tout ça, ce qui décrit, annoncé, arrivera - ou pas. C'est arrivé la plupart du temps (dans <i>Prison</i>, Brulin est "planté", dans <i>Crime de Buzon</i>, le crime est prévu - c'est le premier mot du titre), comme on sait que le tragique est le moteur de toute pièce classique. La tragédie annoncée pourrait ne pas arriver. Chaque acte, chaque scène, revenant en boucle selon une structure figée, montre ou prévoit à travers le regard de tel ou tel personnage et ce qu'il veut bien en dire à ce moment-là de la pièce, ce qui va faire que le coup de thèâtre, cette bascule, devienne...</p>
<p>...qui change tout. Tragédie grecque de la vie ordinaire, qui bascule vers le fantastique ou vers la tragédie - ou qui reste ordinaire.</p>
<p><i>A suivre... les enfants se réveillent, petit déjeuner, et m'engouffrer dans le métro. </i></p>
<p>[Le fantastique, même structure. Tumulte et rengaines comme des refrains, idem]</p>
<p>[Ainsi du fait d'écrire, au centre du récit, à placer ailleurs, mais vient de la même boule centrale que la tragédie. L'écriture comme fiction.]</p>
]]></content:encoded>
</item>
<item>
<title><![CDATA[Jour des morts]]></title>
<link>http://amontour.wordpress.com/2007/11/02/jour-des-morts/</link>
<pubDate>Fri, 02 Nov 2007 18:53:07 +0000</pubDate>
<dc:creator>Constance Krebs</dc:creator>
<guid>http://amontour.wordpress.com/2007/11/02/jour-des-morts/</guid>
<description><![CDATA[Le jour le plus triste de l&#8217;année avec le jour de Noël, peut-être&#8230; A l&#8217;Ile-Bouc]]></description>
<content:encoded><![CDATA[<p>Le jour le plus triste de l'année avec le jour de Noël, peut-être... A l'Ile-Bouchard, seul bled où j'ai jamais vu pareille chose, on y fait la fête,  avec flon-flon et brocante, en général. Ailleurs, il fait gris et humide, le jour baisse vite.  On allume le feu. Bref, c'est le moment ou jamais de donner naissance à un projet de longue date.</p>
<p><b>Le projet</b></p>
<p>Une thèse, qui va s'élaborer en ligne, sous les yeux des uns et des autres, de l'auteur du texte étudié, du directeur de thèse, des critiques, et des amis. Du moins je l'espère. Le fantasme des lecteurs, déjà, pointe.</p>
<p>Le projet consiste à mettre le nez dans les difficultés, les joies, l'atelier d'un blogueur. Pour ça, pas besoin d'aller chercher loin : suffit d'ouvrir le capot de son ordi,  d'appuyer sur une touche et de jouer deux ou trois clics avec ce qu'on appelle communément une souris - et en route.</p>
<p><b>Pourquoi? </b><strike>(la gestion des fines insécables n'est pas parfaite, à soigner)</strike></p>
<p>Parce que le texte étudié est celui d'un blogueur averti, écrivain confirmé, qui a jeté son Tumulte dans la Toile comme on plonge, écrivant dans le train, dans son garage, dès qu'il avait une heure, ou deux. Parce que quand j'ai vu ça, ce trou qui s'ouvrait et se remplissait, et tissait une toile, et des liens, photos, citations, plans lancés comme des lignes - et finalement, qu'il risquait d'en sortir quelque chose, de ces quelques textes quotidiens. Peut-être même qu'il risquait d'en sortir un roman, ou supposé tel. Du moins le bonhomme pouvait prétendre à ça.</p>
<p>Parce que l'édition qui me tient lieu de métier, telle que, ne me satisfait pas. Parce que faire un livre en papier équivaut pour moi à un travail à la chaîne. Pas tout à fait, on travaille à façon, mais  quand même. J'ai rarement eu la chance de travailler pour des éditeurs qui publient des textes qui me plaisent. Dans ce cas, coordonner les compétences de chacun pour la bonne mise en page d'un livre est vite répétitif.</p>
<p>Parce que, dans la maison de mon enfance, j'ai rencontré un éditeur qui avait une vision sur l'édition. Jean-Pierre Arbon a été l'un des premiers à proposer d'éditer des livres de trois manières différentes : imprimés sur du papier, mis en ligne sur Internet, et importés sur un livre électronique. Cinq ans chez 00h00 (zéro heure) m'ont réconciliée avec l'édition. Extraordinaire.</p>
<p>Parce que depuis on n'a jamais tenté ce genre d'expérience. Et que Tumulte me permet, enfin, d'envisager l'édition en fonction du mouvement du Net, de la réactivité des lecteurs, de la lumière de l'écran (fondu au noir). Et de voir comment se tissent, en direct, l'écriture et l'édition d'un roman de mai 2005 à juin 2006.</p>
<p>ck</p>
]]></content:encoded>
</item>

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